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Full text of "Pratique des examens militaires en Chine"

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J 



VARIÉTÉS SINOLOGIQUES N^ 9 



PRATIQUE 



UES 



EXAMENS MILITAIRES 



EN CHINE 



TAR 



LE p. ETIENNE Zl (SIU), S. J- 



»•— a»»'- 



• - * - 

CHANG-HAI 

IIPRIIERIEOE LA IISSION CUTHOLIOUE 

A l/ORFHKM.tAT DR T*nL->K-WÈ. 



18%. 



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25^716 



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• • • 

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• • 



• • 



• • 









••• • . 

•• •• 
• •• 



• • • 



• ■ 



PRÉFACE. 



-»>;<s^>*^ 



A la différence de l'Europe^ où les gracies se répar- 
tissent entre maintes facultés, de lettres, de droit, 
de sciemjes mathématiques, physiques, naturelles etc. , 
il n'y a en Chine que des grades littéraires (35C wcn) et 
des grades militaires (iC ou); par suite il n'existe que 
deux sortes d'examens, Ixs examens littéraires mit 
déjà été décrits dans le N^ o des Variétés sinologiques; 
Pratique des examens littéraires. Nous traiterons ici 
des examens militaires. 

A rouons que les grades militaires ma/nqumit de 
prestige en Chine, sans doute à cause du peu de cul- 
ture intellectuelle qu'ils exigent; il ne faudra donc 
2)as s'élo)iner si les examens qui y conduisent prê- 
tent parfois au ridicule. Sans prétendre me faire 
leur arocal, qu'on me permette cependant une remar- 
que pour établir qu'ils eurent Jadis leur raison d'être. 
Araid l'invodion des armes à feu, la force physique 
Jouait un grand rôle dans les combats, l'arc était la 
meilleure ressource. Avec ces inoyens, si arriérés au- 
hurd'liui^ les Homains ont conquis le monde, et en 



11 

des temps plus proches du nôtre, ta présente dynastie 
des :k M Ta-ts'ing a dominé l'Empire Chinois. 

On objectera peut-être que la force physique et Varc 
ayant perdu leur action prépondérante dans les ba^ 
tailles, et rien ne donna Ht à penser qu'ils la recourrenl 
de sitôt, un examen pour les r/ rades militaires, portant 
sur l'exercice du fusil et du canon, serait plus logique. 
Je n'aurai garde de le nier. Mais c'est r affaire des gou- 
vernants. Notre tâche, à nows, n'est pa.s d'indiquer 
les réformes à opérer; moins scabreuse, elle se borne à 
décrire les choses telles qu'elles se passent aujourd'hui 
encore. 

Sc-kinfj:, le 2 Fécrier 18î)o. 
Etienne ^ Zi , S. J. 



REMARQ.UES GÉNÉRALES 



-♦^♦- 



1. L'élude présente étant une sorte fraj>pendicc h la «Pra- 
tique des examens littéraires» [VnriiHà.< s^inolorjifiuosi, X® 5), on y 
supposera eonnus grand nombre de principes et de notions qui ont 
été exposés dans ce dernier oinrage, et on y renverra au besoin. 

2. Afin d'éviter toute confusion entre les deux sortes d'exa- 
mens, aux termes qui se rapportent aux grades littéraires on 
ajoutera le caractère ^ on pour former ceux qui dénotent les 
grades militaires correspondants. Ainsi le grade de Bachelier mi- 
litaire sera appelé jÇ ff ;}^ Oa->îi>ot(-/N'a/ ; celui de Licencié, ^ 
^ ^ Ou'liiu-jen, et celui de Docteur, JÇ jffi ^ On-lain^che, De 
même, l'examen pour le premier grade s'appellera, JÇ ^ ^ 0»(- 
l'onQ'che; pour le second, f^ ^ IS On-hiang-clio, et pour le troi- 
sième, 5Ç ^ IjÎ Ou-hoei-clie f*t ;^ j^ ^ Oa-tien-che, etc. 

3. Ceux qui possèdent un grade littéraire ne sont pas admis 
à concourir pour un grade militaire, et réciproquement, a moins 
d'une exception spécinle, comme il scva indiqué ci-après. 

4. Les mesures de longueur et les poids employés dans ce 
mémoire sont les mesures et les poids légaux, à savoir, le f^ ich'^e 
ou pied dit ^ jg /^ i/Hif'tnao-lch'o, égal à ()'"^^()7i, dont cinq for- 
ment un ^ honfj - 1,7)37: et la livre .ou Jp liin, conformément au 
poids |§ 4^ Is'ao-p'ing ou ^C ^ ^'T^ t'ien'p'infi'iclicng universel- 
lement adopté dans cette province du jx. ^ Kinng^sou, égale à 
585gT^ 79. i;ne autre valeur de la livre conformément au poids 
légal dit J^ ^ k'OH'-p'infj est égale à r)97gr^ lv\ Ce poids, du 
reste, n'est employé intégralement pour les examens qu'à Pé^hing^ 
la livre, dans les provinces, n'étant généralement prise qu'aux ^/lo 
(A tff P^'^^^^^^) <Ig sa valeur, en sorte que dix livres, hors de Pé- 
king, n'en valent réellement que huit. 

5. On s'est servi dans le cours de cette étude de l'ouvrage 
^ jj^ j^ ^ Ou-lch'ang-t'iao-li (édition de i8G't) qui jouit d'une 
grande autorité, étant composé et reconnu par le Ministère de la 
(fUerre £^ ^ Ping-pou, h Pé-hing. 

6. Les examens militaires, comme les examens littéraires, se 
rapportent aux trois grades de Hachelier, de Licencié et de Docteur, 
qui feront l'objet des trois parties de ce travail. 

7. Le présent opuscule, composé en latin par l'auteur, a été 
traduit en français par le P. C. de Hussy. (^uant aux illustrations, 
à part rjuelques croquis extraits des ouvrages chinois ou japonais, 
j'en suis redevable au P. L. (iaillard. Je le prie d'accepter l'ex- 
pression de ma n^connaissance [)our ses dessins et les notes qui les 
accomi^agnaient. 



r PARTIE. 



DE L'EXAMEN POUR LE BACCALAUREAT. 



CHAPITRE I. 



NOTIONS PUELIMINAinr:?. 



orOÇ*^'*^ 



§ I. DES CANDIDATS. 

Dcnominalion; Cig:(^ des Candidals. — Lour Patron. — Leurs 
Uépondanls, Dii\;ct(»ur cl Exaniinatour. 



§ II. SIMET DES EXAMENS. 

Tir il l'arc à cheval ri h piod. — L'arc raidc. le grand 
coutelas, la pierre. — Transcri[>tion de lémoire. — Phases 
histori(|ues. 



S III. NOMENCLATURE. 

Arc. — ;/j Li, mesure de la raideur. — Flèche. — Cibles. 
Carrière pour le tir à cheval. — L'arc raidc. — Le coutelas. 
La pierre. 



§ IV. NOTES DONNEES AUX EXAMENS. 

<f Passable». — ((Eien». — «Très bien». — Choix parmi les 
premiers. 

1 



CHAPITRE:!. 



> » .-• 1 



NOTIONS PRELIMINAIRES. ; .« 



^:*?c 



§ I. DES CANDIDATS. 

L'examen pour le grade de Baclielier a lieu tous les trois 
ans, à l'époque de l'examen triennal "^ :% soci-k'ao (Prat. ex. 
lit., p. 79). Il comprend aussi trois épreuves successives, devant 
le Sous-préfet J|^ ^ hien-U'ao, devant le Préfet jj5f :% fou-k'ao 
et devant l'Examinateur provincial |^ ^ y^ien-k'ao; mais il n'y 
a pas d'épreuve correspondant à l'examen ^ ^ k'O'h'ao (Prat. 
ex. lit., 97). 

Les Candidats à cet examen sont appelés |^ ^ ^ ou-t'ong" 
cheng ou simplement "^ ^ ou-t'ong, pour les distinguer des can- 
didats littéraires "^ ^ \s;en^l^ong. 

Il n'y a pas de limite d'Age Ç\\(^e par la loi pour exclure 
quelqu'un de cet examen ; mais il est certain qu'un gradué mili- 
taire une fois arrivé h GO ans ne sera plus admis aux examens 
ultérieurs, ni aux ^ |^ hiang-cliP ni au ^ fj^ lioei-che : ainsi 
deux déclarations successives de l'Empereur ^ |^ Kien-long por- 
tent expressément (années 9*^ et IS*-' de son rèirne. 17 4 i. 1753) 
cette sanction : JéÇ BB ^ M. 13 ^ iS W ^P ^'^ + «. ^ M. 
SA^^IiÇetSIfLip jgj?; -i-,^ :tt t^'MtU (!)• 

Les gradués militaires avaient autrefois un gymnase spécial 
1^ J^ ou'hio fondé par l'Empereur ^ jq K'ai-yuerij des J^ 
T'ang, en sa 18" année (730 P. C), et une pagode militaire jÇ ^ 
ou-)niao, où l'on honorait |^ :ic 5V Ki^ng-t'ai-kong, ministre du 
fondateur de la dynastie j^ TcJieon (1122-219): mais dans les pre- 
mières années de la dynastie actuelle ce gymnase fut supprimé, 
et les gradués militaires ont, avec les lettrés, Confucius pour 
patron, comme on le verra plus loin. 

Les Candidats militaires ont les mêmes Répondants Jg -jj^ Im- 
pao^ le même Directeur ^ Éjp hio-clie et le même Examinateur pro- 
vincial ^ ^ hiO'l'ai que les candidats pour les grades littéraires. 



(1) En Tannée 20 de TEnipercur 3® jt Tao-lonng (1846), le Gouverneur de In prr- 
▼ince du iK M Koang-tong ^ nommé ^ J^^'Ji^ Hoang JVyen-tong, futdégTiUlé pour avoir 
demandé à FEmpcreur d'accorder un titre honorifique à un bucholior militaire, ^ J9( 
>K Fou Tcheng-meit qui, à 84 anit, avait pasaé un bon examen pour la licencOi mais toute- 
fois sans être reçu. 



4 DE L EXAMEN POUR L^. BACCALAUnEAT. 

.•; •• • 
• ••• 

S II SU4ET*C L'EXAMKN. 

L'examon so di'^ls^ oir trois parlii-s on sessions : gf j§ l^cûU' 
tch'ang, ZL ifi o)\Jt^i*1i\i]Tii, et ^^ Jjj .'nm-tch 'nwj. La première consiste 
dans le ti^r Jt^l*aîx>V cheval !§ ^ U'i-clu'*; la seconde dans le tir a 
Tare à^^f^ ^ ^ pou-rhôj plus trois exercices en arfs gymnastiquos 
^ ^*i^i^llonr/, à savoir, tirer l'arc raide ^ ^ U'ai-lionn, brandir 
. /•l<i Jpr^i^*^! coutelas ^ ^ nu-tao, et lever la pierre Jg Ç touo-chc, 
%^: *ZlLa troisième partie», enfin, consiste à écrire de mémoire |^ J^ 
*• 'rm^'Siè un paragrai)he de l'ouvragre sur l'art militaire JÇ ^ 
Ou-hinQ (1). Les deux premières ]Kirlies de l'examen sont dites 
^h i% \K'a\-tch'miri «examen extérieur», parce qu'elles ont lieu en 
plein air, tandis que la troisième est apj^elée p^ j^ Xci-tch*ang 
«examen intérieur», ayant lieu à couvert. Ce proirramme d'exa- 
men se retrouvera pour la Licence et le Doctorat, comme on verra 
plus tard. 

Ajoutons ici cjuelques détails historiques. Ce système d'exa- 
men, avec le tir à l'are et les exercices gymnastiques ne date pas 
de la dynastie tartare actuelle; il était d<'jà en vigueur sous celle 
des fljj Mina (1308-lG't3). La dynastie actuelle commença par 
l'adopter sans modification, mais son fondateur, l'Empereur JSJ f§ 
Choen-lclic, en Tan 17 de son règne (1060^, ordonna de supprimer 
les exercices gymnasticiues, les(iuels lurent rétablis par l'Empereur 
J^ H5 K'anfj'lii, en sa 13'' année (177 '0- l*uis l'Empereur ^ Jf 
kia-k'inrj, (an. 18, 1813) supprima l'exercice» du coutelas (2), 
lequel fut de nouveau rétabli j)ar l'Empereur ^ ^ Tao-koang au 
début de son règne (3). 

Quant à la troisième partie de l'examen ^^i^^ ti'Snn'tch'nng, 
on donnait autrefois à composer d(»s dissertations ^ tch'è ou 



(1) Cet ouvnigo JpJ 3?it Ou-kiun si' crunposo de trois opiisciikn. Le proinicr, en trrfxe 
clinrîtreR, h pour nutour rr\^ jMi '"^"'w ^^m; le seeoiul, en six cluniitrcs, n }>our nuteiir-^ j^ 
Ou Ki, et le troisième, on quatre clr.pitjos est athiliue à tS 2- Jont/tMiu, qui avait été 
préfet militaire Pj Sô Si-ihi. mnis il est plus j rol'a'>lo (ju'il ji été conipoRé par den mi- 
nititres ilu roi }Vci »le T'jfi ^f J^ 3E «l'aiiré» It s méthodes stratégiques anciennes pf ^ ^ 
KoH'pintjyfi. Los trois aiiteurs de cet on\ n>iro apimrtenaicnt i\ )ii dynastie des /SI TcJieou 
(1122-210). On les appelle qucl(iuef(iis ]tÇ ^^ ^H ^ ()u-liin(jitin-t».\ 

•2) ^ jsg + A ^ iK nt< ± m-m m m m n m^^ t& ?i iï 

ig.m réf + -b ^-W 5IIF ^!i W, f? n--^. i«î + H i^.% W. W 

S ^m m i^J.]^ M 35 m-Ai). u yj. m ^ ^s 7r,nr i^à m :it u 

(3) i& i£ r + 5 ^p îii ± st.ti M ^ ei lîo >f m 7ï - ]®,^^ 
â m * H ^ ® ^î,i/j &i: £i 31 7j ia fiî m «• 



1. NOTIONS PRELIMINAtBBS. 



fSi 'Inen sur des questions de l'art militaire; mais, sur 4a pOKiposi- 
tion du Censeur impérial ^ *= Lou Yen, approuvée pBT le Oinn- 
celier impérial J^ Jj^ K'iiuj Koei, l'Empereur ^ J^ Kia-k'ing, en 
la 12** année de son règne (1807), ordonna qu'à Tavcnir, au Ueu 
de dissertation, on écrivit de mémoire un passage du "f^ j|{ Ou^ 
king d'environ cent caractères: g^ ^ ^Jg ^ Wi^^%Wî.%lR 
«, ffii ffi - S, *5 •& Ife ^. 



§ III. NOMENCLATURE. 

Quelques mots sur les instruments dont les Candidats se 8er< 
vent à l'examen . 

1** L'arc ^ hong, pour le tir à cheval ou à pied, est ordi- 
nairement apporté par les candidats eux-mêmes. 

Voici quelques détails, qui en feront connaître la matière et 
la forme, ainsi que les flèches et le reste de routillage. 




niOQULS D'UN AUC ^'ON TENDU (PETIT). 

B. Extrémités '-^ ^FJ Koutj-chiut. 
A. Entailles ^ ?p Koii;;-k'uju. 
O. Choval'-ts ^ 2â Kony-Unu 

Substance ^ 



2^1. D. Poignée ^ ^ Kong^. 

Corde ^ ^ Kong-hie», 

L'arc entier ^ ^ Kong-ckm. 
^fljj Kovrj'Vai, 



L-ngiiôur totalo du ptl'U arc 

Ijonguciir de A B ». ^. 

Longueur de lî K 

Longueur de la poij^tié.» M D 

Longueur totale de l'arc moyeu.... 
Plu8 grande largeur 

Écartenient des [ ^^rand arc 
deux branches \ Mui/en ,, 
: l P 



(non tendues) 



*etU 



>» 



0,03 
0. 27 
0,21 

1,78 
0, 1"» 

0.95 
0, ÎMÎ 
1,08 



E[>:iiiweur en K .„ „. ... 0, 01 

Largeur du plat en K^ 0, 085 

Eiiaissour en J „ „. _. 0, 01 

Dirgeur on J... o, 023 

Longueur totale du grand arc. ... l, 81 
Plua grande largeur. „. 0, 048 

Grand arc 0, (SO 



Flèche 1 

gcomé trique : | 



Moyen ,, 0, 57 



Petit 



il 



0,46 



6 DE L EXAMEN POOR LE BACCALAURÉAT. 

La section du petit arc ci-dessous est à-pcu-près circulaire 
à la poignée. 

Poignée Arc, i>lat 






0"'0«5 



0™03 




Partie recouverte 
eu poaiu (d'alligator?) 



Chevalc t 



Aie, tranche 



O'"044 



Corpo (le l'arc 




On'018 



Arc i»lu8 pttît 



Un dcB chevalet» sur lesciucîs repose la corde de l'arc tendu. 

L'arc est plaqué d'une lame de corne, de 2 millimètres 
d'épaisseur, cessant à la courbure : cette lame se trouve à l'in- 
térieur quand l'arc n'est pas Icndu ; à l'extcricur, au contraire, 
quand il est tendu. La face opposée est renlbrcée d'un nerf de 
bœuf qui y est collé. 

La corde de l'arc, grosse comme le petit doigt ou un fort 
crayon, est constituée par une douzaine de licclles entourées d'une 
autre ficelle qui maintient le faisceau; elle a une boucle à chaque 
extrémité. 





La longueur de chaque boucle avec le nœud est O™,*?."); celle 
de hi corde entn.' les nœuds, r",l() et la longueur totale, i'",00. 

Un (jnind arc, sans corde, pèse 1^,105; un moyen, 0^650; 
un petit, Oî^'iTO. 

Pour bander son arc (grand arc, à flèche), le Licencié s'as- 
sied sur une chaise, place une extrémité de l'arc en bas, la 
corde dans l'entaille, le fait ployer à deux mains sur son genou, 
tandis que son fils boucle la corde dans l'entaille du haut. 




CROQUIS DUN ARC BANDE. 



I. NOTIONS PRELIMINAIUES. 



.7 



Un mot maintenant sur la raideur de l'arc. Cette qualité se 
mesure par le poids requis pour bander Tare et se rapporte aune 
unité spéciale do Ibrco, -j] li, éirale à dix livres Jy hin. Si l'on deman- 
de par exemple de combien de ((forcos» fj li est tel arc, ^-^fj "^ 
kiAi'hong, on pourra répondre ^ "jj ^ t^an-li-hong, que c'est un arc 
de trois ((forces», c'est-à-dire qui demande un poids de trente livres 
pour le bander. D'après un décret de T Empereur ^ ^ Kien-long 
(an. 25, 1700) l'arc pour le tir à cheval ,R^ ^ ma-kong doit être de 
trois "jj li, et celui pour le tir à pied j^ ^ Pou-kong, de cinq ^ li, 

2^ La flèche s'appelle en général ^ tsicn et ^j ^ ma-tsien ou 
'0 ^ pou-tsienj suivant qu'elle doit servir au lir à cheval ou à pied. 



15 



C 



Uuum 



A. Têto ^ ^ Tsifii-ioun. li. Carpa ^ $^ TitiaiLtii. C. Queii«: '^ fô Tsien-kouo. 



Une flèche pour le tir à cheval, pèse SO^'»"^ ^ 0"*.98 de longueur 
totale et 0™,0't de circonférence. En voici le fac-similé, d'après 
nature. 




Point- eu fer 0"'03 



liase O^OSi 



'i'oilo rouire enroulée 




Bois. Turtie ent ).irôa d? biaano 





Boia 



0,05 
l'iume 



Partie empennée 0"'^'2(\ 



Croupe. — Barbes 0,05 



Une flèche pour le tir à pied pèse 355^^ a 0'",92 de longueur et 
O",032 de circonférence. Elle est un peu renflée au milieu. Rien de ri- 
goureux dans ces mesures i)risCs sur nature pour les croquis ci-joints. 
Ainsi une autre petite flèche pour le tir à pied pèse 45?^, a 1" de 
longueur, et la partie empennée a {)'"3G d'étendue. 



s 



DE l'EXAMB» POUH I^E BACCALAURÉAT. 




Bteane enroulée 0™OOC 



Mince lame <le fer 0"»057 



CW013 




Partie cnii>ennée 0^'2i\ 



Coui.e. — Barbes 0,017 



** La cible est appelée en général î{5£ ^ pa-tse, ^ J^ mu^pa 
p0ttr le tir à cheval et ^ îflg pou-pa pour le tir à pied. 

A Chang-'hai, pour l'examen du baccalauréat, les cibles (pour 
le tir à cheval) sont des mannequins on paille, entourés de papier 
blanc, en forme de tonneaux fort alloncrés, d'environ 1™00 de haut, 
enfilés dans une perche, cerclés d'une ligne noire, en haut et en 
bas, portant au centre un rond rouge assez grand, au-dessus d'une 
demi-lune de même couleur, 

A Nan-king, pour l'excimen de licence, il y a aussi trois de 
ces but» : chacun porte trois ronds peints en rouge et est formé 
d*UDe natte de roseaux, enroulée sur elle-même, et haute de 
plus de 2"*50. Il est de la grosseur d'un homme corpulent. Deux 
petits drapeaux rouges flottent en haut et le signalent au tireur. 

La cible pour le tir à pied est formée d'une toile blanche, 
tendue sur un cadre de 5 pieds 5 pouces de haut (1'" 02) sur 2 
pieds 5 pouces de large (0'" 90 }• Elle est lîoséo à terre, assu- 
jettie au moyen de cordes et à environ 50 j)as du tireur. Il y a 
un grand rond orné de dragons et peint en rouge, indi(|uant le 
point à percer ; cependant quand le tireur n'atteindrait pas ce rond, 
mai» seulement la toile en un autre point, le coup serait encore- 
pompté. Nous donnons un fac-similé de ces cibles, pages 9 et 10. 



NOTIONS PRELtUlN'AlBES. 




CIBLE DE CHAXtl-HAI. t'IliLE DL A.ljVA7,M.' (TIIl A CHEVAL}. 

Dans le tir à cheval, il faut que la Hcchc, non seulement 
touche la cible, mais qu'elle y reste fichée. Dans le tir à pied, il 
faut qu'elle perce la toile; si elle touclic seulement la cage ou 
les petits drapeaux, cela ne compte pas. 

-l 



DE l'examen pour LE BACCALAURÉAT. 




CIBLE rOUR LE TIR A PIED. 

4° La carrière où courent les chevaux s'ajipelle H ^ ma-lou, 
Bi 'M wa-fao (voie du cheval) ou t^ tsien-lou (voie de la 
flèche); à Nan-hing on Tappelle aussi j'^ t'ctn. Elle consiste en 
un fossé rectiUgne de O^SO de profondeur et 1™ 50 de largeur, 
garni des deux côtes d'un parapot de 0'"40 de hauteur, lequel, 
au point de départ, forme une sorte de bouche appelée ^ ^ Q 
ma-lou-k'eou ou J^ p Caii-A'eou. La direction de cette piste est 
toujours du sud au nord, où se trouve le mandarin président. 

Pour l'examen de Baccalauréat, la carrière a environ 200 
^ hong ou 1000 pieds de longueur. Du côté de l'ouest, à C pieds 
environ de distance du fossé, sont placées trois cibles, à 300 pieds 
à peu près l'une de l'autre. 



-^ 



CARIUKKE rOUK LE TIll A CHEVAL. 



I. NOTIONS PnÉLIUINAIRES. 11 

5* L'arc qui sert aux exercices gymnastiques s'appelle ^ 
yng-kong, ^ ^ king-kong^ fgl ^ hao-kong ou encore ^ ^ hio- 
kong. Sa raideur ou la force requise pour le bander se mesure 
par un poids appelé en général ^ ^ ou ^0 hong-tchoei. Il y a 
trois arcs difTérents : g JJ t'eou-hao. " JJÈ eul-hao et H SU san-ftao, 
soit n"!, n'Zetn'S. Le premier est égala i2 -jj li ou 120 livres {/f 
fttn], le seconda 10 lieu 100 livres, et le troisième à 8 ft ou 80 livres. 

6° Le coutelas, J] tao ou ^ JJ ta-tao, en fer forgé, mesure 3"05 
de longueur, et 0, 22 environ de circonférence. 

Il y en a aussi trois numéros de 120, 105 et 80 livres. 




Voici un instrument composé de deux rouelles en pierre tra- 
versées par une perche, avec lequel s'exerce la jeunesse, qui désire 
affronter les épreuves des Ex-^mens. mililftires. {C'est une prépa- 
ration musculaire à l'escrime avec la lourde hallebarde en fer). 




On élève au-dessus de la léte cette machine, à peu près du même 
poids, et on la fait pivoter sur un seul bras, dressé perpendiculai- 




7" La pierre enfin s'appelle ^ji] :g tcho'Che ou ^ ;5 hao-ehe. 
Elle est en forme de parnllLlipipède rectangle, muni sur deux cô- 
tés opposés de cavitf^s, ^ Jf. ft'eou-ch'*OM ou ^ ^ Icft'a-cheou, 
pour insérer les mains alin do la soulever. Il y en a également 
trois numéros, de 300, 250 et 200 livres. 



12 DE l'examen pour le baccalauréat. 



§ IV. DES NOTES DONNÉES À L'EXAMEN. 

Il y a trois noies pour indiquer quel succès on <i eu h l'exa- 
men. La première ^ j^ ho-chv, «conformément à la règle» ou 
«passable», se donne à celui (|ui a passé d'une manière suffisante. 
Ainsi par exemple, au lir à l'arc, il est requis que sur trois flè- 
ches, une au moins touche la cible. La , suivante ïfl j^ lan-hao 
«bien» est donnée à cohii qui a plus que le minimum, mais non 
pas le maximum «très bien» ^ if choang-hao. 

Le choix entre ceux qui ont bien passé s'appelle ^ J^ t'iao- 
ts'iu, ^ 31 riao-siuon ou ^jT A i'T* ^ éîS t'iao-jou-haô-lse-hao. 

Passons maintenant aux examens. 



13 



CHAPITRE II. 

I 

EXAMEN MILITAIHE DEVANT LE SOr.^-PHÉFET, 

^ U '^ ^>^' IIIi:X'K'A(>. 



§ I. PREPAHATIFS DE L'EXAMEN. 

Epoque des examens. — Bureau de la guerre. — Ccrlificat. 
Signature et sceau. 



§ IL PREMIÈRE 8ESRI0N, j^ ipj T'EOV-TCIVAyG. 

Division en bandes. — Cheval. — Tir. — Fautes contre les 
règles. — Proclamation de son nom par le Candidat. 



§ III. DEUXIÈME SESSION, ZL iU l'^rL-TnrAXG, 

Local des examens. — Tir à pied. — Pander l'arc raidc. 
Brandir le coutelas. — Lever la pierre. 



S ÏV. TROISIEME SESSION, £ Jg SAX^TCirAXG. 
Cahiers. — Thème. — Manière décrire. — Répétition, 



S V. PROMULGATION DU RÉSULTAT. 

Liste générale. — Le premier. — Les dix jïremiers. — Nombre 
des Candidats. 



15 



CHAPITRE II. 

EXAMEN MILITAIRE DEVANT LE SOUS-PRÉFET, 

JÇ H ^ OU-IIIEN-K'AO. 



-oO}<^0«- 



§ I. PREPARATIFS DE L'EXAMEN. 

Cet examen a lieu d'ordinaire immédiatement après l'examen 
des Candidats littéraires, devant le même Sous-préfet, qui indique 
d'avance le jour fixé par une petite proclamation. Chaque Candi- 
dat doit alors aller au Bureau de la guerre, ^ ^ pi^^g-fding (1), 
acheter un certificat, $§ |^ kié-tan, au prix de 400 sapèques envi- 
ron. Ce prix est double de celui qu'on demande aux Candidats 
littéraires, et la même différence se retrouvera ailleurs. Ce certi- 
flcat est à peu près le même que pour les Candidats littéraires, 
avec la différence qu'en certains endroits les caractères ^ ^ 
Vong-cheng sont remplacés par ^ Jf ou-t'ong (2). Le Candidat 
remplit les vides par les détails de son âge, sa taille, son lieu 
d'origine, les noms de ses parents des trois dernières générations, 
les noms de cinq concurrents répondant l'un pour l'autre jg[ ^ 
hou-kié, etc. ; puis il le donne à signer à son Répondant ^ f^ 
ling-pao, et le porte au Directeur des lettrés pour qu'il y appose 
son-sceaUjCe qui, h Nan-king, exige un paiement de 640 sapèques. 
Le certificat en règle est enfin reporté au Bureau de la guerre. 



§ n. PREMIÈRE SESSION, li ig T'EOU-TCH'ANG. 

Au jour fixé, dès l'aurore, les Candidats en habits de céré- 
monie (3) vont attendre le Sous-préfet, ordinairement au champ 
d'exercice des soldats, ^ J^ kiao-tch'ang. Le Sous-préfet est le 
plus souvent accompagné d'un mandarin militaire comme assis- 
tant, et en leur présence les Candidats sont répartis en bandes 
(^ p'ai) de dix. 

^^^■^M^W^— ^1^^™» ■ — ^^M^— I I I^M ■ ■■■■■ ■ ■■■—l.-.— l. . ■■■■ ^^ _ ■ ■ ■ ^ 

fl) De même que les exiimens littéi aires ressortissent au Bureau et au MinUtôre des 
rites JH ^ li-fang et IfS, PM» fi-pou, uinsi les ex >meiiR militaires ressortissent au Bureau 
et au Ministère de la guerre ^ J^ piag-favu et ^ pi; ping-pou. 

(2) Au sujet de ce certificat. Voir Pratique des Examina Ullér., pp. 19 et suivantes. 

(3) Pour les examens militaires le costume ne comx)rcn(l que le chapeau, la robe ot 
les bottes de cérémonie, sans le par-dessus Tv ^ tcai-Vao. 



10 DE l'examen POCU LE liACCALAUKÉAT. 

L'appel nominal, ^^ ^ tien-ming, est alors fait par le Bureau 
de la guerre pour la première bande, qui se rend au lieu où l'on 
doit monter à cheval (^f ,B| j^ fa-ma-tcli^ou). 

Le cheval appartient au Candidat ou bien c'est un cheval 
loué. A Xan-kinff, aux jours ordinaires, la location d'un cheval 
pour s'exercer se paie iO ou 50 sapèques, mais p.our l'examen on 
fait payer une ])iastre. 

Le Candidat, tenant de la main gauche l'arc avec une flèche, 
et ayant deux autres flèches lîcliées obliquement dans la ceinture 
par derrière, monte à cheval et se lance dans la carrière en fai- 
sant le tour de la partie courbe. Au moment voulu, il tire contre 
la première cil)h*. S'il l'atteint, les satellites qui sont à TalTût 
frappent (îuelques coups d<' tambour. Le Candidat tire de même 
les deux autres flèches (ju'il porte à la ceinture contre la seconde 
et la troisième cil)le, et en cas de succès on frappe de môme le 
tambour (1). Le Candidat, encore à cheval, se nomme k haute 
voix (^ ^\ pno-nu*/if/) ; il descend alors et remet le cheval à un 
autre (ij^ ,1^ cheou-mu). Si, dans la course, on perdait une flèche 
ou le chai)eau, ou si l'on tombait de cheval, ce serait considéré 
comme une faute contre les convenances, ^ ^ clie-i, et l'on serait 
exclu de toute épreuve ultérieure. 

Le Candidat, descendant de cheval avec son arc à la main, 
se rend devant le Président, ({ui se tient h l'extrémité d'arrivée 
de la carrière; il lui fait une trénuflexion, se nomme de nouveau 
çt se retire modestement. Un autre procède de la môme manière 
et ainsi de suite jusqu'à ce (jue la i)remière bande ait terminé 
cette épreuve. On fait alors ra])i)el de la seconde bande, etc. 

Cette épreuve du tir à cheval terminée, le Président n'en fait 
pas connaître le résultat, mais il indique le temps fixé pour le tir 
à pied, soit le même jour, soit le lendemain. 



S IIL DEUXIEME SESSION, Zl m EUL'TCirAXG, 



Le tir à pied a lieu généralement dans le Ya~men du Sous- 
l)réfet. portes closes, sous la présidence de cet oflicier assisté 
d'un mandarin mililaire. l/app<'l est aussi fait par le Bureau 
de la guerre et les Candidats sont également répartis en bandes 
de dix. 

L'appel d'une bande étant fait, on se rend devant le Pré- 
sident et un des Candidats se présente, tenant son arc de la 
main gauche et ayant cinq flèches par derrière dans la ceinture. 



(1) Il y u i»rt'Sfiii" pait.'iit, «Lms le t. ni toi ro de ^ HX. Son fj-kia)if/ on i\q v^ jll\ 
Stni'tcheou , l*rov. de îX w|c KitDuj-.^ou^ »lo jeunes étourdis (jui saisissent les flèches au vol, 
d'où il résulte souvent des blessures i)lu*« ou moins graves. 



II. EXAMEN MlLI'l 



: DBVANT le SOLS-PllÉfET. 




DE L EXAMEN PULR 




A. AVANT LE T!Tt. 

Après avoir mis au pouce de la main droile l'anneau ^Jj kiué (1), 
prenant un air grave et modetiti^, il se tient quelques instants 
le côté droit tourné vers le Président (Fig. .1). It saisit une 
flèche, la place sur la corde, écarte les pieds, se penche de cûté. 




rougcatrc. On y 



II. EXAUEN UILITAIHE DEVANT LE SOUS-PHÉFET. 




». LE TIR. 

tend l'arc, et, les yeux fixés sur la ciltlo, lâche la flèche (Fig. B). 
S'il a touché le but, \c lamhoiir rclciKil. Il rapproche alors les 
pieds, garde les mains êtonihies [Vi'^. C) [i] et reste droit quelques 
moments pour se rcmpllri'; jjuis il tirn um' arconde flèche, et ainsi 
de suite jusqu'à la cinquième, Kiilin il va se présenter au Prési- 
dent, comme dans le tir ii clu'Viil, et un autre prend sa place, etc. 

L'examen une fois lermiiii'-, on ouvre les portes, et l'assemblée 
est congédiée sans musique ni lU-eharçes dartillcrie. Le résultat 
n'est pas publié. Le SouH-iin-l'ct iiuliijiie à ee moment le temps fixé 
pour les exercices gymciastiques. 

Ces exercices ont lieu d'oidiiiairt; au Ya-men du Sous-préfet, 
immédiatement après l'examen du (îr à pied ou le jour suivant. — 
Appel par bandes comme préi'i'demmcjit. — La première bande se 
place devant le Sous-pri-'lel: eliai|ne Caiulidat l'un après l'autre, 
choisit un arc raide parmi ceux de.-; dois X'" ijui ont été préparés. 



(1) Cu tro» figitrfii . 
Élit, de ITan-ling. 



rtmiUUlre ^ f& C 



DE L EXAMEN FOUIt LE ItACCALAUnEAT. 




C. APRÈS LE TIR. 
Tenant l'arc de la main gauche, il ('tend lo Iirns comiih-tement, 
puis de la droite il lire la lorde jiisi|u";'i |K>i'tO«' de son visiitre, 
en sorte que lare soil cnliùrenieiit bandt', »7| ^ \in-i»an, ^ jjg h'ai- 
man, ce qu'il fait à trois reprises, a|)rèa quoi ii va se présenter 
au Sous-pr(?fel comme précédemment. 

A cet exercice succède celui du coutelas. Olfe arme, à .Vaii- 
hing, a 8 pieds cl plus de longueur. Le Candidat lélévc et la fait 
tourner dans sa main (^ ^g tchaiHj-hon). puis devant son visaffc 
(© ffi mien-Zioa) et cnlin dorricrc le doH j^J ^t voi-hoa). I! ne 
suffit donc pas d'élever lo coutelas; il faut encore le hrandir. $Bt. î£ 
ou-koa,, et ne le laisser jamais touclier la terre. Kn terminant, le 
Candidat fait une génuflexion au Président et se nomme. 

Enfin, pour terminer, vient l'exercice de la pierre. Après les 
formalités ordinaires, eliuque Candidat clioisil une des trois pierres. 
Plaçant ses mains dans les trous des côtés, il doit la soulever 
d'un pied au moins (^ (2" SS ISl — H. f'""-;"'-'*-'' i-tc/t'e), ce qu'il 
fait trois fois. Souvent on la pose sur ses genoux, ou bien on 
marche en la portant, mais le plus souvent, en la portant, on la 
pousse des genoux. Cet exercice se termine comme les précédents 
et avec lui finit IV-mmcH e.v/ériem-, ^ ig v:\ilch'ni\'j (Voir p.'i). 



ir. EXAMEN MILITAIRE DEVANT LE SOUS-PRÉFET. 21 

§ IV. TROISIÈME SESSION, H Mi SAX-TCirAXG. 

Celte troisième session, appelée, eomme on l'a dit. oxamen 
intérieur, ^ jg nei'idi'anq, a ordinairement lieu dans une salle 
du Ta-men du Sous-préfet, avec j)ortes closes. Après l'appel nomi- 
nal, on remet aux Candidats le cahier de composition, |^ y^ che- 
kiuen, semblable à celui des Candidats littéraires, avec la seule 
dilTérence que les Candidats doivent écrire les deux caractères JÇ 
•Sic Ou't'ong, «Candidat militaire», dans les deux cercles sur la 
couverture [Pratique des examens lilt., p. 36). On donne alors le 
thème de l'examen, pris du gÇ i^ Ou-kinfi, pour la transcription 
de mémoire, ^ ^^ nié-siéj en indiquant où il faut commencer et 
où il faut (inir. Il comprend ordinairement cent et quelques ca- 
ractères. Cet examen, du reste, n'est guère que pour la forme 
(^ ^ kiU'\çen), car c'est à jieine s'il y a un seul Candidat qui 
puisse écrire de mémoire; on copie généralement d'un exemplaire 
en petit format qu'on a apporté, et il en est même beaucoup qui, 
incapables d'écrire convenablement, se font aider par d'autres. 
La tâche finie, on remet son cahier et l'on sort, l'un après l'autre, 
sans cérémonie. 

Il arrive quelquefois qu'à la fin de la séance, le Sous-préfet 
donne une liste de quelques Candidats qui devront faire une répé- 
tition (Jg 5 ti'fou) de l'exercice de l'arc raide ou du tir à pied. 
Il n'y a pas de banquet après l'examen. 



§ V. PROMULGATION DU PiESULTAT. 

Au bout d'un jour ou deux, la liste générale, ^ ^ ich^ang- 
ngan, est publiée avec musique et trois coups de canon. Cette liste 
n'est pas disposée en cercles comme pour l'examen littéraire, mais 
en lignes verticales, et elle comprend les noms de presque tous 
les Candidats qui sont par suite admis aux examens ultérieurs. 

Le premier sur la liste j)eut, comme à l'examen littéraire, se 
regarder comme sûr d'obtenir le grade [Pratique des examens litt., 
p. 46). Les dix premiers ont aussi le droit de rendre visite au 
Sous-préfet pour le remercier, mais cela n'est pas obligatoire. 

Ainsi se termine l'examen devant le Sous-préfet. Le nombre 
des Candidats y varie de 60 à 200. 



23 



CHAPITRE 111. 

EXAMEN MILITAIRE DEVANT LE PRÉFET, 
fC jjï ^ OU-FOU-K'AO. 



§ I. PREPARATIFS DE LEXAMEN. 

Epoque. — Certificat. — Candidats des Bannières. — Deux 
Répondants. 



§ II. PREMIÈRE SESSION, |f j^ T'EOU-TCH'ANG 
Local de l'examen. — Appel. — Tir à cheval. 



S III. DEUXIÈME SESSION, H J^ EUL-TCirANG. 

Tir h pied. — Exercices gymnastiques. — Certificat de la 
déclaration personnelle. — Fac-similé. — Traduction. 



S IV. TROISIÈME SESSION, H ^ SAN-TCU'ANG. 

Transcription de mémoire. — Publication de la liste. — Le 
premier. — Les dix premiers. — Nombre des Candidats. 



S V. EXAMENS SUPPLÉTIFS. 



25 

CHAPITRE III. 

EXAMP^N MILITAIRE DEVANT LE PRÉFET, 

}^ ^ OU'FOU'K'AO. 



§ I. PRÉPARATIFS DE L'EXAMEN. 

Cet examen, comme le premier, a lieu après l'examen des 
Candidats littéraires devant le Préfet, et l'on procède comme pour 
Pexamen devant le Sous-préfet, ;K j|f, ^ ou-hien-h'ao. Il sera 
donc inutile d'entrer dans beaucoup de détails. 

Les Candidats commencent par aller au Bureau de la guerre 
acheter un certilicat, f^ || kié-tan, dont ils remplissent les blancs 
comme pouij le premier examen. 

Pour les Candidats des Bannières, ]^ A k'i-jen, en garnison, 
SJ ^ tclwu-fang, dans les provinces, les choses se passent comme 
pour Texamen littéraire (Pratique des examens litt., p. 53). Ils n'ont 
pas à subir Texamen devant le Sous-préfet, mais sont examinés, 
par rapport au tir k cheval et h pied et aux trois exercices gym- 
nastiques, par leur chef, ordinairement un Général de brigade 
Mandchou, glj ^ ^ fou-tou-t^ong ; puis ils sont présentés au Préfet 
et passent l'examen devant lui avec les autres Candidats. 

Répondants, — comme pour les Candidats littéraires {Pratique 
des examens litt., p. 51). Il y en a deux : l'un, Jg ^ jen^pao, invité par 
le Candidat, et l'autre, 26 fS i^'ai-pao, désigné par le Directeur des 
lettrés. Le certificat, signé par eux deux et muni du sceau du Direc- 
teur des lettrés, est porté au Bureau de la guerre de la Préfecture, 



§ II. PREMIÈRE SESSION, ^ ^ T'EOU-TCWANG. 

Au jour indiqué par le Préfet, les Candidats des différentes 
Sous-préfectures, ainsi que les Directeurs des lettrés et les Ré- 
pondants, tous en costume de cérémonie, se rendent au champ des 
exercices militaires. ^ Jjj hidO'lch'ang^ où ils attendent le Préfet, 
qui vient accompagné d'un mandîirin militaire comme assistant. 

L*appel, ^ ^ tien-miiuj, est l'ait par un employé du Bureau de 
la guerre. Les Candidats répondent «présent» [^ yeou) et les Répon- 
dants déclarent à haute voix qu'ils sont garants pour tel Candidat. 

L'appel terminé, on j)rocè(le a l'examen du tir à cheval par 
bandes de dix, et tout se fait comme dans le premier examen. 
On ne donne pas de liste ; on indique seulement le temps fixé 
pour la seconde session, qui a lieu d'ordinaire immédiatement 
ou, au plus tard, le jour suivant. 



u 



DE L EXAMEN POUR LE BACCALAUREAT. 



S III. DEUXIÈME SESSION, ^1 i^ EUL-TCirANG. 

L'examen sur le lir h pied et les exercices gymnastiques, qui 
remplit cette session, ne diffère en rien du premier examen. 
Nous n'avons donc pas à nous y arrêter. 

Après cet examen extérieur, tous les Candidats, d'après une 
disposition qui n'a été adoptée que récemment dans diverses Pré- 
fectures de cette province du ^L |S J^^^'f^9-^'>ou, sont tenus d'écrire 
publiquement une déclaration personnelle, j^ fit f(i ts^in-kong^tan. 
~ Voici, avec la traduction, le modèle de la déclaration, dont 
l'original, imprimé en bleu, mesure 0'", 28 de hauteur, sur 0™, 19 
de largeur. 

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3^ 



Iir. EXAMEN MILITAIRE DEVANT LE PRÉFET, 27 

TILWUrTIOX, 

«Certificat où, d'après les règlements, le Candidat, après Texa- 
men extérieur, inscrit les noms de ses ancêtres de trois généra- 
tions pour être comparés avec la teneur du cahier de Texamen 
intérieur. 

Nous, N., Préfet de Song^kiang, province du Kiang-sou, par 
rapport à l'examen triennal, statuons ce qui suit. Vu que, par 
ordre de l'Examinateur provincial N., l'examen militaire doit 
avoir lieu, nous avons donné ordre à nos différents Sous-préfets 
de nous rendre compte des examens passés dans leurs Sous- 
préfectures, et nous avons fixé l'époque des examens à passer 
devant nous. iMais, de peur que celui qui passe l'examen intérieur 
ne soit pas le mémo qui a passé les examens extérieurs (genre de 
fraude difTicile h constater), nous ordonnons qu'après les examens 
extérieurs, tous les Candidats écrivent en notre présence les dé- 
tails de leur âge, visage, noms des ancêtres de trois générations, 
etc., et que la promotion ne se fasse qu'après avoir comparé cette 
inscription avec l'écriture de Texamen intérieur. Faute de cette 
pièce, le Candidat sera considéré comme ayant commis une fraude 
et passible d'être mis en jugement. Que Ton soit bien au fait de 
Timportance de ce certificat. 

N., Candidat militaire, de la Sous-préfecture de N., District 
de N. Age taille visage barl3e. 

Bisaïeul N., Aïeul X., Père N., Maître N., Répondant N. 
Canditats répondant l'un pour l'autre, N. N Voisins, N. N. ; 

Du règne de l'Empereur Koang-siu, année... mois... jour 

Donné à la Préfecture.» ' , 



§ IV. TROISIÈME SESSION, H i^ SAX-TCWANG. 

Appel et remise aux Candidats du cahier, puis indication du 
passage du fÇ i^ Ou-king à écrire de mémoire. La transcription 
finie, les Candidats remettent leur cahier. 

Au bout d'un jour ou deux, une liste est publiée dans laquel- 
le les noms des Candidats reçus sont mis en lignes verticales, par 
ordre de Sous-préfectures. 

Ici aussi, le premier sur la liste a, pour ainsi dire, la certi- 
tude d'obtenir le grade, et les dix premiers ont le droit de rendre 
visite au Préfet. A Xan-king, pour toute la Préfecture de ^1 ^ 
Kiang^ning, qui renferme sept Sous-préfectures, il y a près de 
500 Candidats pour cet examen. 



28 DE l'examen pour le baccalauréat. 

§ V. EXAMENS SUPPLÉTIFS. 

S'il y a des Candidats qui aient été dans l'impossibilité de 
passer Texamen devant le Sous-préfet, et qui désirent y suppléer, 
^ ^ poU'k^aOj le Sous-préfet, quelques jours avant l'examen à 
la Préfecture, donne une proclamation dans laquelle il indique le 
jour où ils pourront passer l'examen supplétif. 

Les Candidats vont au Bureau de la guerre acheter un certi- 
ficat, mais ils ont à payer un prix plus élevé que pour l'examen 
régulier. Il en est de môme pour l'apposition du sceau. 

La manière de procéder dépend entièrement du Sous-préfet. 
De Texamen extérieur on ne fait ordinairement que le tir à pied 
et l'exercice de Tare raide, mais la transcription de mémoire n'est 
jamais omise. Cet examen supplétif se termine en un jour. Le 
résultat est publié le lendemain, et les noms des Candidats approu- 
vés sont écrits sur la liste générale à la suite des autres. 

Si un Candidat a passé Texamen devant le Sous-préfet, mais 
a manqué Texamen devant le Préfet et qu'il veuille y suppléer, la 
chose n'est pas plus difïicile. Le Préfet, avant l'arrivée, de l'Exa- 
minateur provincial, ûxe un jour pour l'examen supplétif, qui se 
passe comme l'examen devant le Sous-préfet. 

Enfin il peut y avoir des Candidats qui veuillent suppléer aux 
deux examens du Sous-préfet et du Préfet. Dans ce cas, avant 
l'arrivée de l'Examinateur provincial, les Candidats achètent un 
certificat, mais à un prix beaucoup plus élevé, puis ils sont exa- 
minés, et par le Sous-préfet et par le Préfet, sur les matières 
choisies par ces fonctionnaires. 



29 



CHAPITRE IV. 



EXAMEN MILITAIRE DEVANT L'EXAMINATEUR 
PROVINCIAL, îÇ 1^ :# OU-YUEN-ICAO. 



§ I. PRÉPARATIFS DE L'EXAMEN. 
Fixation de l'époque. — Certificat. — Division en bandes. 



§ II. DES ÉPREUVES. 
Première épreuve. — Seconde épreuve. — Troisième épreuve, 



§ III. PROMOTION AU GRADE. 

Certificat rouge. — Nombre de lauréats. — Transfert à la 
préfecture. — Promotions indues. — Répétitions. — Cérémonial. 



3r 



CHAPITRE IV. 



EXAMEN MILITAIRE DEVANT L'EXAMINATEUR 
PROVINCIAL, fÇ K ^ OU-YUEX''K\\0. 



S I. PREPARATIFS DE L'EXAMEN. 

Vers la fin de Texamen triennal, ^ ^ soei-h^ao, pour le 
grade de Bachelier littéraire, que préside TExaminateur provin- 
cial, ce dignitaire annonce le jour pour Texamen militaire à passer 
devant lui. 

Les Candidats militaires se rendent au chef-lieu de la Préfec- 
ture, où tous les Répondants et les Directeurs des lettrés doivent 
se trouver avant eux. Ils achètent un certificat, qu'ils reportent 
au Bureau de la guerre, après en avoir rempli les blancs et y 
avoir fait apposer la signature des deux Répondants, ainsi que le 
sceau du Directeur des lettrés. 

En même temps, au local de l'examen, on indique Tordre 
des épreuves pour les différentes Sous-préfectures et pour les Can- 
didats, qui sont répartis en bandes de dix. Au jour fixé, dès l'au- 
rore, les Candidats en costume de cérémonie se rendent au local 
de l'examen et y attendent l'Examinateur, qui vient accompagné 
d'un mandarin militaire comme assistant. 



§ II. DES EPREUVES. 

Avant de procéder à l'examen, l'Examinateur provincial, 
d'après un règlement en vigueur depuis longtemps, remet à tous 
les Directeurs des lettrés un exemplaire du certificat que ceux-ci 
lui rendent, après l'avoir fait signer par les Candidats militaires. 
— Ci-joint, avec la traduction, le modèle du certificat, dont l'ori- 
gnal, imprimé en bleu, mesure 0™, 36 de hauteur, sur 0™, 33 de 
largeur. 



32 DE l'examen pour le baccalauréat. 




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TRADUCTION. 

« Certificat de Déclaration personnelle faite par les Candidats 
militaires. 

L'Examinateur impérial N., au sujet de l'examen : Nous avons 
lu avec respect le passage suivant dans l'ouvrage 4* M !& ^ 
Tchong-tch'ouAcheng^k'ao, publié par ordre de l'Empereur : «Avant 
que les Candidats militaires passent les examens extérieurs, on 
donne à chacun un exemplaire de déclaration personnelle, sur 
lequel il inscrit de sa main son lieu d'origine, les noms de ses 
ancêtres depuis trois générations, son âge, sa physionomie, afin 
que cet écrit puisse être comparé avec la déclaration faite à 
l'examen intérieur, etc.» Conformément à cet ordre, on distribue 
la présente feuille aux Directeurs, qui devront la communiquer à 



IV. EXAMEN MILITAIRE DEVANT l'eXAMINATEUR PROVINCIAL. 33 

leurs Candidats militaires respectifs, pour que ceux-ci, en confor- 
mité avec la loi établie, y inscrivent leur âge, leur physionomie, 
leur lieu d'origine et les noms de leurs ancêtres depuis trois gé- 
nérations; puis les feuilles seront remises aux mornes Directeurs 
des lettrés, qui devront les réunir et nous les faire passer. Qui- 
conque ne voudrait pas observer ce règlement serait irrémissible- 
ment exclu de l'examen intérieur. Que tous soient informés de ce 
qui concerne ce certificat. 

Candidat militaire N; Age, taille moyenne visage 

barbe originaire de la Sous-préfecture N. 

Bisaïeul — Aieul — Père — ; promu à l'examen de la Préfec- 
ture avec le N®...; à la Sous-préfecture avec le N®... 

Année de l'Empereur Koang-siu.,. mois... jour... 

Donné au secrétariat de l'Examinateur provincial. 

N. B. Ce certificat doit être remis deux jours avant les exa- 
mens extérieurs.» 

Après l'appel, on procède au tir h cheval, de la môme ma- 
nière que dans le premier examen. Celui dont aucune flèche n'atteint 
la cible est rejeté et n'est pas admis aux épreuves suivantes. 
Cette' disposition avait été annoncée dans une proclamation de 
l'Examinateur et, par suite, il est inutile d'indiquer expressément 
quels Candidats ne pourront pas continuer roxamon. 

Le lendemain à l'aurore, a lieu l'appel pour l'examen de tir 
à pied. Les Candidats, en costume de cérémonie, sont, comme 
d'ordinaire, divisés par Sous-préfectures et par bandes de dix. 
Chacun tire cinq flèches et il faut toucher la cible au moins une 
fois pour avoir la note >^ ^ ho-cho, et être admis aux exercices 
gymnastiques qui ont lieu le môme jour ou le jour suivant, et se 
pratiquent comme précédemment, avec la seule différence qu'il y 
a cette fois plus d'apparat en présence de nombreux mandarins 
associés à l'Examinateur. 

Les examens extérieurs terminés, l'Examinateur provincial 
se rend au local de l'examen intérieur [Prutiqne //e.s oxiimons litt,, 
p. 62), où l'on fait l'appel des Candidats par Sous-préfectures. On 
leur donne le cahier et ils se rendent chacun h la place qui lui est 
assignée. On indique alors le passai^e du gÇ jg ou-kimj à écrire 
de mémoire. Mais cett(* épreuve» n'est réellement pas sérieuse, et 
celui ([Ui ne sait jias écrire trouve facilement un camarade qui le 
fasse à sa place. La transcription terminée, tous les Candidats 
sortent et attendent la publication de la liste. 



§ III. PROMOTION AU GRADE. 

Le lendemain est publiée la liste des Candidats rec:us, par 
ordre de Sous-préfectures. Celui qui y trouve son nom est, par le 

5 



34 DE l'examen pour le BACCALAUIIÉAT. 

fait, Bachelier. Aussitôt, comme le Bachelier littéraire, il achète 
le certificat rouge, |l|$ hong-kiê [Pratique des examens lilt., p. 67), 
sur lequel il fait apposer la signature de ses Répondants et le sceau 
du Directeur des lettrés. Il traite avec ce dernier de la somme à lui 
payer comme à son maître, et du montant des frais pour insertion 
de son nom dans le registre du gymnase, ^ -flf hio^tché. 

Le nombre de Bacheliers à recevoir est fixé pour toutes Jes 
villes. Ainsi, par exemple, pour les deux Sous-préfectures de J^ 7Ç 
Chang'yuen et de ÛC ^ Kiang-ning, qui dépendent de A'an-/a« g, il 
y a respectivement 2G et 25 Bacheliers, y compris cinq à transférer 
à la Préfecture, ^ J^ pouo-fou {Pratique des examens litt,^ p. 67). 
Dans cette promotion militaire il n'y a pas de Bacheliers f|^ ^|- 
t-c/ie?ig^ comme pour les lettrés {Pratique des examens litt., p. 73). 

Dans quelques viMes où les Candidats sont peu nombreux, 
il arrive souvent que l'Examinateur, par respect humain, reçoit 
des Candidats qui en sont peu dignes, afin de compléter le nom- 
bre fixé, i^i ^ hio-ngo. Cela est toutefois en opposition avec un 
décret de l'Empereur jlg ^ Tao-hoang (an. 6, 1826), où on lit ce 

qui suit : îfW*iaifeSÇ«ftNFi»JIiS«îS». 4nA«i 

:f t. ÉP fï «% ^^# ï^ ië^ 3fc «t- «'Que tous les Examina- 
teurs provinciaux qui examinent les Candidats les choisissent avec 
soin. Si les Candidats sont peu nombreux, qu'ils laissent le nombre 
fixé incomplet, plutôt que de le remplir n'importe comment. » 

Après la piomulgation de la liste, on fait encore une répéti- 
tion du tir à pied ou de l'exercice de l'arc raide. Une nouvelle 
liste est alors publiée, dans laquelle l'ordre de mérite peut être 
quelque peu changé, mais aucun nom de la première liste n'est 
supprimé. 

Au jour fixé pour la réunion des nouveaux gradués, U ^ f'^'^^* 
les Bacheliers militaires, revêtus de la robe qui leur est propre, ^^J 
lan-chan, et portant le bouton, ^ ]|[ tsio-ting, rendent visite à 
l'Examinateur provincial, pour le saluer et en recevoir un présent 
{Pratique des examens litt.^ p. 74). 

Les nouveaux gradués militaires, comme les gradués pour 
les lettres, envoient des messages de faire part et font la céré- 
monie d'entrée au gymnase i)ublic et de la visite à la pagode de 
Confucius, ce qui toutefois n'est pas obligatoire (1). 

'Il lîieii quo Confucius fi\t un lettic.il Cbt Ct pendant aussi le pntrun des grtuluet 
milit.iiies. C'est donc \h\y erreur que l'on dit que les nouveaux Bncbeliers inilitoirtVB »o 
rendent à la psigude militaire, ^ JW on-mi<iu, pour saluer foili yZ J Ko'ni-foa-UCy 
patron des gens de gueiTo {Pratique fh» cramnia fi(f., p. 0, (1) *. 



35 



CHAPITRE V. 

EXAMEN MILITAIRE TRIENNAL, 
^MM OU-SOEI-K'AO. 



S I. EXAMEN TRIENNAL. 

Nécessité. — Exemptions. — Dispenses. — Disposition de 
Koang-siu. — Matière de l'examen. — Classement. 



S II. EXAMEN TRIENNAL SUPPLÉTIF. 

Manière de suppléer à l'examen. — Cet examen ne confère 
pas les mômes avantages que l'examen littéraire correspondant. 






37 



CHAPITRE V. 

EXAMEN MILITAIRE TRIENNAL, 
fi, M M OU-SOEl-K'AO. 



■ MM — I 



§ I. EXAMEN TRIENNAL. 

Toutes les fois qu'a lieu Texamen triennal, '^^ soei'k'aOj pour 
les gradués littéraires, il se fait aussi pour les gradués militaires. 
Ces derniers, n'ayant pas droit à être rangés dans la catégorie des 
"^ ^ kong-cheng {Pratiqun c/e.s examem^ litt., p. 84), ne peuvent 
pas en être exemptés de ce chef. Les causes d'exemption pour eux 
sont d'abord, comme pour les gradués littéraires, d^avoir 30 ans 
de promotion ou 70 ans d'âge, puis d'être en service dans les 
camps, 1^ jg soei-yng, ou enfin d'être promus à la licence. 

Les raisons sudîsantes pour dispenser de cet examen sont 
les mêmes que pour les gradués littéraires [Pratique des examens 
litt. y ]). 80), mais on ne peut pas user de dispense plus de deux 
fois. Si en effet on manque cet examen trois fois de suite, on est 
dégrade par le fait même et on ne peut nullement prétendre re- 
couvrer le grade, comme on peut le voir dans une déclaration de 
TEmpereur ^ ^ Koang-^ia (an. 8, 1882) : # ^ $ gÇ ^S ^',H 

* îft iS ^ *»^ # » 13 « ?li¥ m m ^' «Tous les Bâche- 
liers, tant civils que militaires, doivent tous les trois ans subir 
une fois l'examen soei-k'ao; s'ils ne s'y présentent pas et qu'ils ne 
puissent alléguer une raison qui les excuse, ils devront être dé- 
gradés suivant la loi. Si quelqu'un y a manqué trois fois et a déjà 
été dégradé par l'Examinateur, il ne doit pas, s'autorisant de sem- 
blables exemples, demander témérairement la restitution de son 
titre» [Pratique <le>i examnn^ /?//., p. 79). 

Lorsque l' Examinateur provincial a fini d'examiner les Can- 
didats pour les lettres et les Bacheliers à l'examen triennal, il 
indique le jour pour l'examen des Candidats et des Bacheliers 
militaires. Ceux-ci alors achètent un certificat et y font apposer 
le sceau du Directeur des lettrés, moyt^nnant quelques centaines 
de sapèques payées /^ses employés. 

Au jour ïixé tous les lîacheliers militaires, en costume de céré- 
monie, se rendent au local habituel. Cet examen est souvent présidé 
par un mandarin civil, le Préfet par exemple, au lieu de l'Exami- 
nateur. — Api^ol et fornialion de bandes de dix. — Examen du tir 



38 Dfi L*£XAMEN POUR LE BACCALAURÉAT. 

à pied avec troià flèches ou. bien exercice de Tare raide, après 
quoi on fait immédiatement l'examen intérieur de transcription. 
Le tout est ordinairement termina en un jour et parait peu sérieux. 
Au bout d'un jour ou deux, est publiée la liste des Candidats 
reçus pour chaque ville, avec distinction de trois classes. Au 
jour de la réunion, ^ ^ /^*'o, ceux de la première classe et 
les dix premiers de la seconde rendent visite à l'Examinateur 
provincial avec les nouveaux Bacheliers militaires, et reçoivent 
une récompense. 



S II. EXAMEN TRIENNAL SUPPLETIF. 

SI «m Bachelier a omis- de passer Texamen ttiennal en son 
iMipir,^ It est tenu d'y suppléer et cela pour chaque fois qu'il y 
âttTâ manqué V au moins jusqu'à deux fois. Celui donc qui aura 
Miis cet examen une fois, ^ -^ ^ k'ien i-ts'e^ tire trois flèches 
à fiei devant l'Examinateur ou son délégué, après quoi il écrit 
et mëaioire an passage du ^ i||^ ou-king. S'il a omis Texamen 
triennat deux fois X Zl rk ^'i^^ euZ-te'e, après Texamen sup- 
(llétif «pii vient d'être décrit, il tire encore trois flèches et écrit 
Mi autre passage du même livre. On voit que cet examen sup- 
pléa ii*a d'onéreux que la dépense qu'il occasionne. 

N. B. il est à remarquer que, pour les Bacheliers militaires, 
eet examen triennal, même quand il est passé de la manière la 
phis bHllante, ne procure aucun des avantages qu'il donne aux 
Baclieliers littéraires, car il n'y a pas pour eux de titre de J| ^ 
tiâH'^heng ou de J^ ^ tseng-'Cheng {Pratique des examens litt.^ 
p. 93), et ils restent toujours simples Bacheliers. 



ir PARTIE. 



DE L'EXAMEN POUR LA LICENCE. 



CHAPITRE I. 



NOTIONS PRELIMINAIRES. 



S I. EPOQUE ET LOCAL DE L'EXAMEN. 

Institution de cet examen. — EJpoqiie. — Examen de faveur. 
Local de Texamen. — Nombre des épreuves. 



5 II. EXAMINATEURS ET AUTRES FONCTIONNAIRES. 

Examinateurs. '• — Présidents. — Vice-présidents. — Surveil- 
lants en chef. — Employés inférieurs. 



S III. DIVISION DU LOCAL. 

Nombre et dénomination variable des enceintes du local des 
examens. 



§ IV. DES CANDIDATS. 

Bacheliers militaires. — Bacheliers des garnisons tartarcs. 
Bacheliers traducteurs. — Phase historique. 



S V. CHIFFRE DES PROMOTIONS. 
Chiffre original. — Chiffre supplémentaire. — Chiffre total 



'i^ . . 



41 



CHAPITRE I. 



NOTIONS PRP]LIMINAinES 



§ I. EPOQUE ET LOCAL DE L'EXAMEN. 

Cet examen pour la Licence doit son origine à Tusurj^atrice 
de la dynastie J^ T'ang, JÇ glj 3^ Ou-tsé-tUcn, en la troisième 
année de la pc'riode ^ -'^ Tch'ang-nrjan de son rèirne (703 ap. J.-C); 
il s'appelait alors 5Ç ^ ^"f Ou-km-h'o. Plus lard, sous la dynastie 
des Bfl '^^*"î7, l'Empereur jj^ ^ TcWeng-hoH, en la 14° année de son 
règne (1478), à la demande d'un eunuque nommé y^ jj|[ Wang-tche, 
l'établit formellement sous le nom de ^ ^\\ '^ "^ Ou-hiang-hoei^ 
che, «Examen militaire pour la Licence et le Doctorat.» Il a lieu 
régulièrement dans les mêmes années que les examens littéraires, 
c'est-à-dire dans les années marquées des caractères cycliques •^, 
^, '^, *^ /.se, mao, ou, y eau, et après ces examens, c'est-à-dire 
vers le commencement de la 10° lune, comme on le verra bientôt. 

Toutes les fois qu'il est concédé aux lettrés un examen de 
faveur pour la Licence, ,@, ^\ Xgen-h'o, les Bacheliers militaires 
jouissent du même privilège. 

L'examen a lieu pour chaque province dans la ville capitale, 
à l'exception des provinces du ^ |^ Xgnn-lwoi et du {g ^ Tche^ 
li, dont les Candidats se rendent respectivement à Xan-king et à 
Pè'king. Les Candidats des Bannières, /\ ]^ Pa-k'i, et ceux de la 
Mandchourie, ^ 3^ Fong-l'ien, se rendent aussi à Pé-hing. 

L'examen de Licence, comme celui de Baccalauréat, se divise 
en trois examens partiels ou sessions. La première session, ^ j^ 
T'eoU'lch'ang, pour le tir h l'arc à cheval, a lieu les 5, 6 et 7 de 
la 10** lune; la seconde. Zl iU I^^^l'tch'aug, pour le tir à pied et 
les exercices gymnaslicjues, -^ || KU-yoag, les 8, 9 et 10 de la 
même lune, et enfin la troisième, ^ ]|,j San-icli^ang, pour la trans- 
cription d'un passage du fÇ i^ Ou-hing, le l'i. En cas de pluie ou 
de grand vent, les examens peuvent être quelque peu retardés. 



§ II. EXAMINATEURS ET AUTRES FONCTIONNAIRES. 

D'après la loi, dans chaque province, le Gouverneur est pro- 
prement Président, ^ ^ Kien-lhi, et Examinateur, ^ :^ TchoU" 
k^ao, pour cet examen. Mais l'Empereur ^fg J£ Yong-tcheng, en la 
7* année de son règne (1729), décréta que, toutes les fois que le 

G 



42 DE l'examen pour la licence. 

Gouvorncur examinerait des Candidats, il eût h prendre comme 
assistant un (Ti'néral de division, |^ ^ T'i-i'ni, ou un Général de 
brigade, ^£ ^ Tchon-l'ai (1). 

Dans les provinces où il n'y a pas de Gouverneur, le Vice- 
roi est en même temps Président et Examinateur. Au 7^. ^ Kiang^ 
nan, bien qu'il y ait deux Ciouverneurs, c'est toujous le Vice-roi 
qui préside. D'autre part à Pè-king, pour les examens de tir, 
l'Empereur nomme quatre Présidents Mandchous, appelés ^ ^ 
:)^ E /v/e7î-c/ié-/a-/e/i'en^ et deux adjoints ^ ^j" ;^ g Kiao-clté-ta^ 
tch'en, qui sont Examinateurs avec le Grouverneur de Pé-king, Jff ^ 
Fou-yn, et le Sous-gouverneur, /jrf y^ Fou'ich'eng. Pour l'examen 
de transcription, on nomme deux autres 'Examinateurs, '^ ^ '^ 
Tchou-k'ao-ho<m, un premier j£ Tchvng, et un second ^l| Fou, 

En outre du Président, il y a des Vice-présidents, ^ ^ T'i- 
t'iao. A Parking, le Ministère de la guerre en nomme quatre, 
dont deux ^landchous et deux Chinois, qui sont désignés comme 
«Vice-présidents extérieurs» î^h ^ |Ï5] \Vni-l'i-t*ino, tandis que 
le Vice-gouverneur de Pè-hing est de droit a Vice-président inté- 
rieur» ^ ^ ^ Xoi-ri-l'iao. A \an-liing, c'est le Trésorier de 
jï ^ Kiang-ning ({ui est Vice-i)résident extérieur, et l'Intendant 
régional du sel, \j^ \^ jj^ Yen-siioi-tna, Vice-président intérieur. 
Ailleurs, cehi dépend de la constitution de la province ou du Pré- 
sident de l'examen. 

De même que pour les lettrés, il y a des «Surveillants en 
chef» l|^ ^ Kicn-che. A Pè-hing, il y a quatre Censeurs impé- 
riaux, \^ ^ Yii-cho, pour l'examen extérieur, nommés par l'Em- 
pereur, et deux, l'un ^lanJchou et l'autre Chinois, pour l'examen 
intérieur. A \an-hing, celte fonction est remplie par l'Intendant 
des taxes sur les grains, î^ jg Liang-tao. 

Il y a encore, pour cet examen, d'autres employés spéciaux: 
les f^ B| 1^ Fci'})ia-honn^ chargés de veiller sur la course des 
chevaux: les ^ 5j| *f^ Tchang-haO'Jioaii, de faire des signes pour 
presser les cavaliers; les !£ nï 1^ Ki-tsicn-hoan, de compter les 
flèches qui ont atteint le but; les J^ ^ 'jû' Kion-hou-hoan, de frap- 
per le tambour quand une flèche a touché le but; les EP ^" 'j^' 
Yn-pi-hoaii, d'apposer le sceau au bras^ etc. Tous ces employés 
appartiennent à l'examen extérieur. Mais il en est encore d'autres 
destinés à l'examen intérieur^ comme le Ep ^ '^ Yn-hiuen-koan, 
qui appose le sceau sur les cahiers de composition ; le ^ ^ 'j^ 
CheoU'khie)i-hoan, qui reçoit ces cahiers; le ^ jj^ '^^ Mi-fong-hoan, 
qui cache les noms des Candidats sur les cahiers de composi- 
tion; le ^j|[ 5^ f^,' (licou-trhang-honn, qui garde ces cahiers^ etc.; 
ces employés se trouvent aussi à l'examon littéraire de Licence. 



(1) ^ '-^1 m m -^ u ' i;ï ii.h ^i mii^ i± m^ 
^ - rj- isj ^ 5h m-y^ ^ ^ !ii m m ik, n m ^ ai m^ wi 
^ m "^ i^ *iife-ïK ^ fil) 'M - fi n z-Vf m- 



1. NOTIONS PUÉLIMINAIUES. 43 

S m. DIVISION DU LOCAL. 

Pour dvilcr la confusion et épargner le temps, l'examen exté- 
rieur, à Pé-hing, se fait dans un seul local (1), mais divise en quatre 
enceintes, ["^ .se-we/^ distiniruées par les caractères ^, !^j ^ij. 



tch'en" 



^ tchung^ 



tch'erij sîeou, Itô^ tchanrj (2). Ainsi on les appelle ^'^^ 
lse'\Kei, î§ ^ [^ }^ieoH't<e'Wei, JciJ ^-l [^ liê-tse-M'ei, 5ê ^ IS 
fse-wei. Quand rEmj)ereur nomme des Examinateurs et leurs Ad- 
joints, d'après une disi)Osition du Ministère de la guerre approuvée 
par l'Empereur j^ 3fe Tao-hoaiuj (an. 2^, 1873), il désigne en 
même temps à quelle enceinte ils appartiennent. 

A Niin-king, le local d(* l'examen (3) ne renferme que trois 
enceintes, à savoir 4« [g tchong~\K'pi, ]!^ \i^ tong-wei et "g p^ si^ 
wei, c'<^t-à-dire l'enceinte du milieu où préside le Vice-roi lui- 
même avec un Ciénéral de division, l'enceinte de l'Est où préside 
le Vice-président intérieur avec le ^ rji '[0^ Tou-tchong-hiè, et l'en- 
ceinte de l'Ouest où préside le Surveillant en chef avec le i^^^ 
Tch^eng-chcou-liiè, Dans les autres provinces, l'examen se fait aussi 
de la môme manière, avec distinction d'enceintes séj)arécs. 



§ IV. DES CANDIDATS. 

Outre les Bacheliers et les Klcn-cJunig militaires, jj^Ç ^ ^ Ou- 
kien-cheng [Pratique des exn))ie}i>i litl., p. 9*2), admis de droit à 
l'examen de Licence, il en est d'autres en faveur de ({ui il est fait 
exception : — les gradués littéraircîs, s'ils sont dans les Bannières, 
j^ \ K'i jen; — les secrétaires ou copistes de 7*^ et de 8° ordre des 
différents yamens, pfi ^* ichong-chou et ^ ||j,^* j^ pi-fiê-che (4). et 
les J^ ^ Yn-cheng (Prniitine de.^ exuiiiens Utt,, \). î)'i); tous sont 
admis a cet examen, d'après des dispositions de JÇ^ ^^ K'aiig-hi (/du, 
48, 1709) et de ^^Kia-k'ing (an. 18, 1813) ; — sont admis aussi 
d'après une disposition de l'Empereur jg ^ Tao-koang (an. 24, 
1844), tous les Bacheliers littéraires en garnison dans les provinces 
de l'Empire, U i^J iehou-fang, et les Bacheliers traducteurs, |§|^ 
4 H fs^^^'i'^^heng-yiten ; ils peuvent passer l'examen de Licence 
militaire, mais, une fois reçus, ils perdent leur ancien grade (5). 

(1) 11 est en dohoM de la j>orte |j§ fl^ i" té'c!tenf/-iiun, «levant la i>a}{o«lo ^ ^ lU-se, 

(2) Ces quatre cnractères fonneat le quatrième vers du poëinc "j* ^- jt tsicii-tse- 
wen (V. Zott. Curg. Utt. sia. II). 

(3) Il est dans le nord de la ville murée; on r;ipp.dle communément i\\ '^ Hiaoïtng. 

(4) Les coi'istes ^ iPrî ^^ pi-tu-c'ic d«j î)'- ordre /L t»U hinni-p'in ne jouissent 
pas de ce privilège; ils doivent jiasser d'ahord l'oxani'.'n do lîaccalauiéat. 

(5) D'après la luémc disposition, Jea J^ijjncié.s littéruiros do la garnison tarture et les 
Licenciés traducteurs sont admis à passer Texamen du Djctontt militaire. 



DE L LXAUKN l-OCIl I.A LtCENCl 




I. NOTIONS PRELIMINAIRES. 



45 



Au sajet des hommes des Bannières, nous donnerons ici quel- 
ques détails historiques. Au commencement de la dynastie actuel- 
le, tous passaient les examens militaires, pour Thonneur du corps. 
Mais TEmpereur J^ ,^ K'ang-hi (an. 47, 1708) restreignit la per- 
mission de passer ces examens aux Bannières chinoises ^ g 
Han-kiun. En la 1ère année de son règne (1723), l'Empereur |§ j£ 
Yong^tcheng concéda le même privilège aux Bannières mandchoues, 
en supprimant les exercices gymirastiques; puis, dans sa 12* an- 
née (1734), il révoqua cette faveur (1). Enfin l'Empereur ^ ^ 
Kia^k'ing (an. 18, 1813) admit tous les hommes des Bannières 
indistinctement à cet examen militaire, et décréta que les Tartares 
qui tiennent garnison dans l'Empire, |J |JÇ tchou^fang^ pourraient 
le passer dans leurs provinces respectives. 

II est à remarquer qu'à cet examen il n'y a pas de promotion 
spéciale pour les Candidats mandarinaux, 'g' ^ Koan-cheng, 
comme dans l'examen littéraire {Pratique des examens litt., p. 113). 



§ V. CHIFFRE DES PROMOTIONS. 

Le chiffre des Candidats à recevoir dans les différentes pro- 
vinces a été fixé depuis longtemps. En voici le tableau : 



Jlg yi Choen-Vien, 

Ùl ÎÈf Kiang-nan,,,. 
^ ÎL Tché^kiang,., 
fa a Fou'kien, ... 

■ .H^ "g Chen^si 

•fl* ;|jf Kan^sou 

}jf ^ Ho^nan 

llj yg^ Chan^tong, ... 
fL "g Kiang^si, ... 
H yH Koang-tong.., 
H ^ Yun^nan. ... 

llj "g Chan-si 

H )\\ Se-tch'oan..., 
Jff U Koang-si. ... 

§fl 4t HoU'pé 

jj^ 1^ Hou-nan. ... 
j; jtj /iCoeî-(c/ieou.. 



it. H Tche-li, 108 
3^ 5Ç Fong-i'ien, 3 



111. (2) 

...63. (3) 

...50. 

...50. 

...50. 

...50. 

...47. 

...46. 

...44. 

...44. 

...42. 

...40. 

...40. 

...30. 

. • . <c tj • 

9A 

^3 



779. 



m n ^ jh.£ic jib- 

(2) (8) Voir page suivante. 



46 DE l'examen pouh la licence. 

Le chiffre des promotions pour la garnison tartare était fixé 
comme il suit. 

1^ If Chen-si , ...10. 

"tl' ]^ Kan-wu 8. 

fr ^* Kiang-nan 8. 

im 74> F } ' 7 .^ Man-tcheoUj G. 

/lira lZ4^ ■*■ ^ (v^/i t(./f>«... ... ... ... .•• ... '. i«r •• A 

'** ■'^ ' ( llan-klun, 1. 

jjfjg ;jt Ilou-pé 6. 

^ m hoang-tong 5. | y;^„.^i„„^ 3 

f&r ^ Tché'kiang 4. 

lll U Chaii'Si 4. 

JpJ j^* Uo-nan 3. 

[il ^ Chan-tong 3. 

j|| Se-ich'oan 1. 

Ce tableau toutefois est maintenant à peu près inutile, car 
le nombre des Candidats ayant beaucoup diminué, le chilTre des 
promotions se règle, comme pour jlp 3Ç Choen-Vien, conformément 
à la disposition déjà citée de ^ ^ Ilien-fong (an. 5, 1855). 

A l'occasion de la rébellion qui sévit au commencement du 
règne de )^ ^ Hien^fong, cet Empereur prescrivit une souscrip- 
tion populaire pour subvenir aux frais de la guerre. Dans le but 
de l'encourager, il augmenta le nombre des promotions, et cela à 
perpétuité. Il statua que toute province, qui fournirait une contri- 
bution de 300.000 taëls, aurait droit à un Licencié de plus, litté- 
raire et militaire. ^ M H 4p, |j| ?f| @^ JB ^ Jg ^ ||, ^ !^ 

ffl Si H + m M, *P 3!t a «li ^ !È SS - «. Le résultat fut 
que le nombre des promotions fut considérablement augmenté, 
comme on peut le voir par le tableau suivant : 

H jl| Se-tch'oan 20, 

fr. î^ Kiang-sou 18. 

^ ^ Koang-tong 14. 

Man-tcheoUj Mong-hoUj 6. 
f^ Ji Choen-Vien 10. \^ ^ Ilan-kiun 2. 

jg ^ Tche-li 2. 



(2j Dans cette Bomme ne sont pas compris les hommes des Bannièi'es ; leur chiffre 

%f^ Ait 

était autrefois fixé à 13 pour les Mandchous et les Mongols, et à 40 pour les Cliinois iH ^ 

if«n-/«'«n; mais, le nombre des Candidats ayant diminué considérablement, l'Empereur 
m*, Sa Jlien-fony (an. 5, 1855) décréta qu'un en recevrait un sur dix, plus un, si le nombre 
des Candidats divisé par dix laissait un reste sui>érieur à 5. 

(3) Il y avait souvent autrefois une promotion de 31 pour le Jl /X Chnng-kitng et 
de .32 pour le r flC Hia-kiany ; mais, en l'année 12 de l'Empereur |r] îp T^onf^tche 
(1873 , le Ministère de la guerre recommanda qu'on ne fit qu'une jn-oraotion indistincte 
pour les deux provinces ensemble. 



I. NOTIONS PRELIMINAinES. 



47 



jg j^ Fou-kien 


10. 


il] U Chan-si 


10. 


"?C ^ Ngan-hoei 


10. 


;3fr ^ Tché-hiang 


10. 


f£ U Kiangsi 


10. 


îjjg 4t Hou-pé 


10. 


^ ]§ Ilou-nan 


. ...10. 


jj* j|f Kan-sou 


. ...10. 


§ ^ i'un-nan 


. ...10. 


Jl j|t| KoeiAcheou 


. ...10. 


1^ "g Chen-si 


• ... t/ . 


fpf fg Ho-nan 


. .. o. 


^ U Koang-si 


• • ■ • Vr • 


^ ^ T'ai-wan 


... 3. pour ^ ^ IS iche-tïie'hao 


\h '^ Chan-tong 


9 

• • • • ^i* • 



190. 

Pour plus de clarté, nous ajoutons un tableau des chiiïrcs 
totaux, de promotions pour cet examen. 





Chiffres anciens 


Augmentation 


Total 




M SI tnten-ngo. 
Ht 


ta Si lUi-ngo. 


itt IS Uong-ngo. 

121 


|[g ^ Choen-t'ien 


10 


^ ]g Kiang-nan 


63 


28 


91 


jg ^ FoU'kien 


50 


13 


63 


j^ ÛC Tché-hiang 


50 


10 


60 


1t M Kan-fiou 


50 


10 


60 


jg j|| Se-tch'oan 


40 


20 


GO 


P^5 Ù Chen-si 


50 


9 


59 


^ ^ Koang-tong 


44 


14 


58 


\^ È Ho-nan 


47 


8 


00 


^ If Kiang-si 


44 


10 


54 


^ ^ Fun-na/i 


42 


10 


52 


iJj "g Chan-si 


40 


10 


50 


jlj ^ Chan-tong 


46 


2 


48 


gf If Koangsi 


30 


6 


36 


jM * //o«-pë 


25 1 


10 


35 


jj(g p| Ilou-nan 


24 


10 


34 


^ ^ Koei-tcheou 


23 


10 
190 


33 


779 


969 



Ce total ne comprend pas les Candidats des Bannières dont un 
sur dix est reçu, comme on l'a dit plus haut. 

Passons maintenant à la pratique de l'examen. 



49 



CHAPITRE II. 



AVANT LEXAMEN. 



§ I. EXAMEN ^ Jf LOU-I. 

Pas d'examen jf| ^ K'o-h'ao. — Époque de l'examen ^ Jg 
Lou-i. — Matière de cet examen. — Classement. 



§ II. PREPARATIFS. 

Présentation du nom. — Certificat. — Irrégularités. — Frais 
de voyage. — Nombre de concurrents. 



51 

CHAPITRE II. 

AVANT L'EXAMEN. 



-00><^0»- 



§ I. EXAMEN ^ Jf LOU'I. 

Les Bacheliers littéraires qui sont Candidats pour la Licence 
ont à subir un examen préparatoire, ^^ K'o-lCao, [Pratique des 
examens litt,, p. 97), mais il n'a pas lieu pour les Candidats mili- 
taires; l'examen triennal, "^^ Soei-U'ao, leur en tient lieu. Delà 
vient l'expression J[^ ^ f^ ^.^ i-soei-tsû-hU}. 

D'après les règlements généraux de l'examen ^^ K'o-h'aOy 
[Pratique dcfy examens litt., p. 123), tous les Bacheliers militaires 
qui, à l'examen triennal, forment la première et la seconde classe, 
— ■ ^^Zl^i'^^^W* eul'teng, ainsi que les dix premiers de la troisième 
classe H ^ + ^ san-teng che-mimf, peuvent se présenter directe- 
ment à l'examen de Licence, mais les autres avec les Kien-chemj 
militaires, ^ j^ ^ O a- ki en-chenu, doivent préalablement passer 
l'examen dit f|J jg; Lou-i (Pratique des examens litt., p. 123), qui 
a lieu à la fin de la 7" lune et au commencement de la 8^ devant 
l'Examinateur provincial. Cet Examinateur, ai)rès avoir terminé 
l'examen ^^Lou-i pour les lettrés à la capitale de la province, 
lîxe un jour et examine presque immédiatement les Candidats mi- 
litaires à son choix, sur le tir à pied ou sur l'exercice de l'arc 
raide; après quoi, il leur lait écrire de mémoire un passage du 
^ ^ (JU'kimj et aussi d'une Instruction impériale, ce qui n'a pas 
lieu dans l'examen militaire triennal. Enfin il publie la liste du 
résultat séparément pour les difi'érentes villes. 

Ceux dont les noms sont sur celle liste sont admis h l'examen 
de Licence. On les appelle JS ^ SC ^ i-niian-ou-cheng, pour les 
distinguer de ceux qui, .à l'examen triennal, avaient été rangés 
dans la première ou la seconde classe, ou dans les dix premiers 
de la troisième classe, lesquels sont appelés JE ^ ^ ^ tcheng- 
ngan-ou-cheng , 

Après avoir subi l'examen JJJ Jg; Lou-i, les Candidats retour- 
nent chez eux pour attendre l'époque de l'examen de Licence, qui 
a lieu au commencement de la 10® lune, comme on l'a dit. 



§ II. PREPARATIFS. 

Peu avant l'époque fixée pour l'examen de Licence, les Can- 
didats présentent leur nom, ^ ^\ pao-ming, au Directeur des 
lettrés et en reçoivent un papier, qui servira de certificat, sur 



52 DE l'examen pour la licence. 

lequel ils inscrivent le poids corresponiiant à l'arc dont ils se servi- 
ront (1), et apposent leur signature avec celle de cinq Répondants 
pris parmi les concurrents (2). Lorsque le Directeur des lettrés a 
recueilli tous les noms, il en forme une liste qu'il envoie au Tré- 
sorier provincial, ^ ^ Fan-rai. 

De môme que pour les lettrés, les Bacheliers qui sont en 
deuil de leurs parents ou qui, pour leur inconduite, ont été mal 
notés au catalogue du gymnase public, ^ ^ tchou-liué, ne 
peuvent pas se présenter à l'examen à moins d'avoir terminé leur 
deuil, ^ ^ man-foUj ou d'avoir obtenu, par une conduite exem- 
plaire, que leur mauvaise note fût officiellement effacée, P| ^ 
k'^ai'liué. 

Les Candidats militaires qui donnent leur nom, reçoivent de 
leur Sous-préfet, comme ceux des lettrés, une petite somme d'ar- 
gent pour les frais d'examen ^ Si ^ pin-hing-fei. Ils ont aussi 
le droit, en voyage, d'arborer sur leur barque un drapeau jaune 
portant, par exemple, $ Q* 2C ^ ^ ^ Fong-tche-Kiang-nayi" 
hiang-che «Par ordre de l'Empereur, examen de Licence du 
Kiang-nanyi^ ou bien, Jl^ '^ ^"^Choen^-l'ien'-hiang^che «Examen 
de Licence de Choen-t'ieny), 

Le nombre des Candidats dans chaque province varie de 1000 
à 2500; pour le Kiang-nan, il est ordinairement d'environ 2000. 

(1) Le puiils minimum correspondant à Tare e^t, comme on Ta dit plus haut, de 3 jj 
U pour le tir à cheval et de 5 jJ ii pour le tir à pied. Ce règlement, proposé par uu 
Gouverneur du ff. JSfe Kiang-soUy nommé ^ S Sic Tch*en Hono-ineou, a été approuvé 
par l'Empereur jfë |g| KHenlontj (an. 25, 1700). 

(2) Nul n'est admis à lexamen sanii cette gutantie mutuelle. Déclarations des Em- 
pereurs lï JE Yony-tcheny (an. 11, 17:33) et $^ ^ ICien-long (an. 3, 1738). 



•■i * 



53 



CHAPITRE III 



L'EXAMEN. 



■»*f;^t^o»- 



§ I. PREMIERE EPREUVE. 

Cérémonial. — Division des enceintes. — Cibles. — Sacri- 
fices. — Appel. — Tir à cheval. — Présentation au Président. 
— Boule. — Conformité à la règle. — Apposition du sceau au 
bras gauche. 



§ II. DEUXIEME EPREUVE. 

Salle où se tient le Président. — Cibles. — Tir à pied. — 
Conformité à la règle. — Arcs en dehors des types réglementaires. 
— Exercice du coutelas. — p]xercice de la pierre. Force en grande 
estime. — N®' exigés pour les instruments des exercices gymnasti- 
ques. — Apposition du sceau au bras droit. 



§ III. TROISIEME EPREUVE. 

Choix entre les Candidats. — Cahier de composition. Fac- 
similé des diverses formules au premier feuillet. — Traduction. 
— Entrée au Kong-yuen. — Thème. — Passage à écrire de mé- 
moire. — Traduction. — Transcription. — Répétition. 



55 

CHAPITRE III. 

L'EXAMEN. 

§ I. PREMIÈRE ÉPREUVE. 

A Nan-kinfj, avant de commencer l'examen, le Président avec, 
tous les fonctionnaires, se rend à la pagode de g| ^ Koan-ti, dieu 
de la guerre {Pratique dos examens litt,, p. 9, note 1), où il fait 
trois génuflexions et neuf prostrations devant sa tablette; puis il se 
rend à la terrasse dite Jlï S tsiang-t'ai {i)^ pour sacrifier au grand 
étendard du héros, devant lequel il fait une génuflexiori et trois pros- 
trations. Bientôt il indique dans une proclamation quelles sont les 
I^réfectures qui passeront Texamen et dans quelle enceinte. A Nan- 
hing en 1891, la distribution des Préfectures était comme il suit. 



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(l) A i\ran-Ain^, cette terrasse est située au lieu même de Texamen, qui, aux joun 
ordinaires, lert i rexercico des soldats. 



5f6 



DE l'examen pour LA LICENCE. 



«Le Vice-roi de Nan~king, Lteou, Président de rexamen, a 
distribué les Candidats par Préfectures dans les trois enceintes 
comme il suit : 

Enceinte du milieu : Les garnisons tartares, Kiang-ningj 
Tchen^kiang, Siu^tcheou, Liu-tcheou, Tch'ang^tcheou. 

Enceinte de l'Est : Sou-tcheou, Song-hiang, T^ai-ts^ang, 
Yang^tcheou, Hoai^ngan, Hai-icheou, T'ong-tcheou, T^ai-pivg, 
Koang-té, Se-tcheou, 

Enceinte de l'Ouest : Ngan-k^ing, Hoei-tcheou, Tch'e-lcheou, 
Lou^ngan, tch^ou^tclieou.in 

Pour la manière de procéder, cet examen diffère peu de l'exa- 
men de Baccalauréat; il y a seulement plus d'apparat et une ob- 
servation plus scrupuleuse des règlements. 



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Échelle du croquU ; l"«"'- = 4«*«««- 

EXAMENS MILITAIRES POUR LA LICENCE {XAN-KING). 
Croquis de la disposition générale du champ d'examens. 



. « 



ni. L^BXAMBN. S7 

Le iomg 4e la carrière de tir eont placées trois cibles, appe- 
lées officiellement ^ piao, distantes Tune de Tautre de 35 ^ kong 
(V. plue haut, aux Remarques générales) (1). Ces cibles cylindriques 
ont 6 i^eds i pouces de hauteur et 4 pieds 5 pouces de circonférence. 
Près de ehaouoe d'elles est une petite tente #]« H siao^p'ong, dans 
laquelle se tiennent un employé |B ^ 1^ hUtsien^hoan chargé de 
pMfidre acte 'des fiches x^ui se fichent dans la cible, et <iueJques 
satellites qui, lorsqu'une flèche atteint le but, frappent quelques 
coups de tambour {jg |^ leUkou), et agitent un petit drapeau rouge 
iiÊ tt î/An^-^'t) en signe de triomphe. 

A Nari'king, on voit beaucoup de Candidats, avant le jour de 
l'examen se prosterner publiquement devant la carrière, lui oflfrir 
de Tencens et des cierges. Quelques-uns lui sacrifient un coq, ce 
qui se fait de la manière suivante : Tun d'eux coupe la tête du 
coq, et un autre tenant le corps au bout d'une ficelle, asperge de 
sang la carrière. Cette superstition semble être faite pour deman- 
der la protection de Tesprit de la carrière contre les accidents qui 
pourraient arriver dans la course. 

Au jour fixé, vers 4 h. du matin, on tire un coup de canon; 
vers 5 h. on en tire deux et les Candidats doivent alors, en costume 
de cérémonie, se rendre au lieu de l'examen. Enfin, vers 6 h. 
on tire trois coups de canon et le Président avec les autres offi- 
ciers arrivent. 



LEGENDE 
du croquis ci^contre. 

1. T^ntoB où ni^nt les AssesMun examinant si le but est atteint par lo c;ivalier. 

2. entrée du, cavalier dans la piste. — 2' sortie. 

3. 7«ctres où Ton plante le but à frajiper ( Cf. 13). 

4. (kand Tmi^, ouvert au sud, pour les mandarins Examinuteun. 

5. Tente ponr d*aatres Assesseurs surveillant les épreuves de tir. 
G. But 6» toila à percer de flèches par le (Candidat se tenant en X. 

7. Baiq[ii«t où Ton dépose les lattes de contrôle on cas de succès pour chaque flèche 
tirée* 

8. Raleliers où sont rangées ces lattes. 

9. lioDfleau en pierre indiquant au Candidat d*où il doit tirjr. 

10. Coade «t poteaux, ou barrière pour contenir la foule. 

lO'. Soldat Jouant (*e la trompette quand le but a été percé par le cavalier à son 
passage. 

11. Soldat donnant tin roulement de tambour quand le but (placé en 3) a été touché. 
t2. Endroit où se tiennent les Candidats ]>our soulever la pierre, manœuvrer la halle* 

barde ou bander Parc d*épreuve. 
l'S. Tertre oentral où Ton place la boule rouye lors de cette épreuve. 

(Il A Ma$Mm0, on a mesuré la distance entre deux cibles ; on n*a, de fait, trouvé 
que 45 m, 

8 



58 DE l'ESAVEN PODR la LICBNCB. 

Immédiatement se fait l'appel, dix par dix, legud, & iVan- 
king, a lieu dans un pavillon à l'est du logement du Président. 
(Voir ci-contre un spécimen de la liste d'appel. Dans l'ori- 
ginal le cadre et les indications sont imprimés en bleu; les 
noms, l'âge et le signalement s'écrivent en noir- Largeur 0", 27; 
hauteur 0-,22.) 

Après l'appel, dix Candidats se rendent au lieu où ils doivent 
monter à cheval St H â A-ma-ich'ou. 




CANDIDAT Sl-R SON CHEVAI, (AU KEPOSl. 

Le premier monte à cheval avec trois flèches. Il lance 
son cheval et tire une première flèche. (Gravure, page 60.) 
Si elle reste fichée dans la cible, un des satellites frappe le 
tambour tandis qu'un autre agite le petit drapeau, et l'employé 
dont on a parlé en prend note dans son calepin. (Voir la figure 
ci-contre. L'original est imprimé en bleu et t^orit en noir, comme 
le précédent. Largeur 0",27; hauteur 0°, 23.) 



III. h EXAMEN. 



59 





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LISTE D'APPEL. 



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CALEPIN POUR M.VRQUEK LE TIR. 



DE l'examen pour LA LICENCE. 



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m. l'examek. &1 

• Si la (lèehe touche seulement la cible sans y rester fixée, elle 
■'e«t aollcment signalée. Le cavalier tire ses deux autres flèches 
k Is- seconde et la troisième cihte, et il se nomme à haute voix en 
fMtant k cheval. II met alors pied à terre, donne son cheval àan 
palefrenier, et se rend modestement avec son arc (1) devant le 
Président où il se nomme en fléchissant le genou, puis il retourne 
k l'endroit où il était monté à cheval. 

Le second et les autres, jusqu'au dixième, de ta première 
bande JH ^ t'eou'p'ai, procèdent de la même manière; puis on 
rMommence, en sorte que chacun doit courir deux fois et se pré- 
senter deux fois devant le Président. Autrefois on faisait encore 
une seconde répétition, mais l'Empereur ^ [^ K'ien-long, sur la 
proposition d'un Gouverneur du j|i;|^ A' l'a» gi -sou, nommé ^£^ 
Tch'en Hong-meou, adopta le système actuel d'une seule répétition. 

La seconde bando succède à la première et procède de la mê- 
me manière; et abisi de suite jusqu'à la dernière. 

L'examen de Licence présente unu particularité qui ne se 
trowait pa» dans l'examen précédent. Après le tir à la cible qui 
vient d'être décrit, on tire sur un ballon, appelé ici f^ ^ ti-k'ieou 




«boule terrestre», gros comme une petite citrouille, de 0™ 60 en- 
viron de hauteur et de 0" 30 environ de diamètre, 11 est recouvert 
en cuir, peint en rouge éclatant, et fort luisant à cause du vernis 
qui le recouvre. 8a forme rappelle celle de certaines «mottes de 
beiirre*. Au milieu, il est plein de balln de riz, alourdie par un 
peu de sable. Il y en a un seul à chaque piste, au tertre du cen- 
tre nn peu surélevé pour l'occasion. 

(I) ïltaitrt qaelqiMfuU que le Frcsjik'nt UetnnTiilo l'arc i>our fitiin (^ )fê Ulume- 

m), «V B Ik nddiiir raqalie. 



62 



I POUll LA LICENCE. 



La flèche employée pour renverser ce ballon pèse tlQsr^ a 
l^jûS de longueur et 0"',0i de circonférence; le eorps a la couleur 
naturelle du bois blanc, sauf la partie empennée qui est peinte en 
rouge. Elle a une tête arrondie, recouverte de peau, dont le plus 
fort diamètre AB, sorte de disque fait au tour, a 0",065, et la 
longueur CD, 0°",0i5. 




Dans le tir, il faut non seulement toucher le ballon, mais le 
faire tomber de son support. Tous les Candidats, dans le mêipe 
ordre que précédemment, tirent contre ce ballon, non pas à angle 
droit, mais la tète tournée un peu obliquement (Gravure p. 64.). 
Il pivote assez facilement quand on le touche de côté; touché 
au milieu, il tombe aisément. Si le ballon tombe, on frappe Je 



m. l'ezauen. 63 

lain fa our,gt .l'oa .agite le drapeau. Le cavalier se nomme immédia- 
^ment, puis, descL-ndant de cheval, il va se présenter au Prési- 
dent, et ae nomme de nouveau en flt^chissant ie genou. 




CANDIDAT SUR SON CHKVAI. (AU IlErOS). 



! En somme, tous les Candidats tirent sept Haches, dont six 
centre les cibles et uno conlro le hallon (1). Si, sur ces sept 
floches, trois ont atteint le but, cela est compté comme «conrormc 
à!Ia!, régie, » c'est-à-dire comme le minimum exigé et suffisant 
ppuf; qu'on soit admis aux examons uUérieurs (?]. 



I fl) CtMt une erreur coniiunno de croire q 
dh de Vetttata. Lo contraire a cté cipT,.'iaûmi 

4. «.asoTi. a M » Si - a. ai 

(21 Crtto rigle, pro|>o^e par U Qoitvcnicur m S M« ^oh'cn Jlong-mtov, diSjà cité. 
fut aptironvfe par l'EmjicrL'ur fl |s K'icn-lang (un, -'5, lïtlOJ. 



li UD touche i:\s le ballon est ex- 
I>:ir l'Empereur £ 9E Kta-fing 



DB l'examen pour la licence. 




m. l'examen 6h 

Celui qui a ainsi BatisTait à la rj'^lc, aiissttât après avoir fait 
sa dernière gënufluxion au l'i-é^idcnt en so nommant, su présente 
à un employé spécial, à côtiî du Président, lequel lui appose au 
bras gauche un sceau, qu'il devra garder avec soin afin de pou- 
voir ensuite prouver son identité et continuer les examens. 

Autrefois ce sceau était toujours apposé sur ic visage même, 
et l'Empereur ]i^ JEYong-tcheng (an. 11, 1733) défendit qu'on l'en- 
levât par ablution du visage ^ ± ^ ^ m^,^ U^^ Mais 
un Gouverneur de la ))rovince du ^ ^ Ngan-hoei, nommé ^ ^ 
Kao Tsin, représenta que le sceau ainsi apposé, était très laid et 
dillicile il conserver, et il proposa de l'appliquer dorénavant au 
bras, ce que l'Empereur |£ |^ K'ien-lang sanctionna (an. 21, 
1756). Ceux donc qui reçoivent ce sceau sont admis h l'examen 
suivant, et ainsi se termine la première épreuve. 



S II. DEUXIEME EPREUVE. 

Avant de décrire cette seconde session, il snra bon de donner 
quelques détails sur la salle où se tient le Président avec les au- 
tres olUciers, ainsi que sur la cible établie suivant les prescriptions 
de la loi. 

A/Vaii-Ainj, le Président avec les Vicc-prcsidenls, siège au milieu 
de la salle qui regarde au Sud, et de chaque câté, sur deux lignes 
parallèles, se tiennent, en costume de cérémonie, six ou septLicenciés 
ou Docteurs militaires, chargés de vérilier la raideur, (le nombre do 
j[/fi)des arcs que les Candidats apportent avec eux pour le tir à pied. 





A côté d'eux se trouve un support assez semblable à un porte- 
parapluies avec six bâtons rouge brun g ti-lt'emi. et un c'tui cy- 
lindrique ou tonnelet en bois fj^ toiKj. peint en noir au dehors. 



66 DE l'examen pour la licence. 

Quant à la cible, appelée ici oflîciellement ^ hou, elle doit 
avoir 5 pieds 5 pouces de hauteur sur 2 pieds 5 pouces de largeur. 
Autrefois elle était placée à 80 ^ kong de l'archer. En 1693, dans 
la 32® année de son règne, l'Empereur j^ fS^ K'ang^hi la rappro- 
cha à 50 ^ kong, et enfin plus tard l'Empereur ]^ m K'ieri'long 
(an. 25, 1760), sur la proposition encore de ^^^ Tch'en Hong^ 
meou, réduisit cette distance à 30 ^ kong, où elle est restée jus- 
qu'à ce jour. 

Le matin, à l'heure ordinaire, les Candidats se rendent au lieu 
de Texamen. On fait encore l'appel, dix par dix, et chacun montre 
le sceau apposé h son bras gauche. L*examen porte sur le tir à pied 
et se fait deux par deux. Ainsi deux Candidats, tenant à la fois leur 
arc de la main gauche, avec six flèches par derrière dans la 
ceinture, se présentent devant le Président et se placent, l'un à 
sa droite et l'autre à sa gauche, le visage tourné vers l'Ouest. 
Un petit lionceau en pierre, posé h terri' . marque l'endroit d'où 
doit tirer le Candidat. Chacun se tient droit, prend une flèche 
par derrière, la place sur l'arc, écarte les pieds, courbe un peu 
le corps, élève les mains avec l'arc, le regard Cixé au Sud sur sa 
cible. Enfin il tend l'arc et lâche la flèche, après quoi il reste 
immobile un instant, puis se redresse. Les flèches, trop légères, 
volent au vent, s'il souffle lors de l'épreuve, rendue fort chanceuse 
de ce fait seul. 

Si la flèche atteint le but, un employé qui est près de la 
cible en prend note, un satellite frappe le tambour, et un autre, 
à côté du Président, prend un bâton dans le support et le met 
dans l'étui, ce qui rend facile le contrôle du succès et de Tin- 
succès. Le Candidat tire de même successivement ses six flèches (1). 

Autrefois les dix Candidats d'une bande tirciient l'un après 
l'autre la première flèche, puis la seconde et ainsi de suite jus- 
qu'à la sixième; mais, sur la proposition d'un Gouverneur du 
Jl U Koang^si, nommé ^ -^ ^ Suon Yong-ts^ing, l'Empereur 
]^ ^ K'ien^long (an. 51, 1780) statua que chacun tirerait ses six 
flèches de suite. Si, sur les six flèches, deux se fichent dans la 
cible, cela est considéré comme «conforme à la règle». 

Comme on l'a dit plus haut, il y a deux Candidats à passer 
l'examen en même temps, mais ils no tirent pas leurs flèches au 
même moment. Dès que l'un d'eux a fini de tirer ses six flèches, 
le satellite ch<irgé des bâtonnets, compte combien il y en a dans 
l'étui et annonce à haute voix au Président combien de flèches 
ont atteint le but. Le Candidat se présente alors au Président et 
se nomme à haute voix en fléchissant le genou. Et ainsi de suite 
jusqu'à la fin de la bande. 

(1) On devait autrefois tirer neuf flèches. Le cliifTre de six, actuellement en mage, 
fut aussi proposé par le Gouverneur du {JC ]£^ Kiaiifj-sou ^ ^ Slc Tch'en Hong-meou 
et approuvé par rEmpercur $£ l^ K^icn-long (an. 25, 1760). On voit par ce qui précède 
que tous les règlements relatifs au tir dans Tcxanicn de Licence sont dus à ce Gouverneur. 



11. L EXAMEN. 




Le tir à pied est suivi imm<^dialcmcnt de texamen sur les 
exercices gyinnastiques ^ ^ A''i*-i;oii;/. Après l'appel, les dix 
Candidats de la première bande se rendent dans la salle devant 
le Président, et le premier choisit un arc. Il faut dire qu'en outre 
des trois arcs réglementaires N° 1, N" 2 et N" 3, respectivement 
de 12, 10 et 8 ij U, il y en a trois autres, do 13, 14 et 15 ;)j 
li (1). (Voir XOTA, a la tin du paragraphe, page 73.) 



(1] Ceatn 

cela ligoifie que le Cuadiiln 
nlitt, i« 13, 11 ou 13 ')] 



ffi SE ^ lc'i-ou-!u,o-ko 



ri'glciiipntniica. Si lionc oa Ut daug un rap- 

. 0» H œ S! «3 i'.i.w,w»..-i»„, 

arcs r^ElsmenUirea, peut en bander' de pliu 



DE l EXAMEN POUII LA LICENCE. 




DE L EXAMEN POUIl LA LICENCE. 




DE LEXAUËN POQR LA LICESCB. 




On a donc à choisir entre ces six arcs, et c'est le plus bou- 
vent le N* 1 que l'on prend. Le Candidat, devant le Prëside&t, 
tenant l'arc de la main gauche par le milieu, étend le bras. Il 
tire la corde de la main droite et la lâche aussitôt, ce qu'il fait 
trois fois, puis il se nomme en fléchissant le genou devant le Pré- 
Bident. Au premier Candidat succède le second et ainsi de suite 
jusqu'à la fin de la bande et des bandes suivantes. 

Cet exercice terminé, la première bande se rend à l'empla- 
cement au-dehors où ont été préparés trois grands coutelas. 




Le premier en choisit un, ordinal romcnt le N" 1, c'cBt-à-dire celui 
de 120 livres. Il le soulève, d'abord des deux mains, puis d'une 
seule main, et l'agite soit au-dessus de sa t6te, soit au-dessus de 
son dos en tenant le corps incliné. Cet exercice dure de deux h 
cinq, minutes. Une fois qu'on a pris le coutelas, il faut le hien te- 
nir, car si, faute de force ou par manque d'haleine, on le laissait 
toucher la terre, ce serait une infraction aux règles qui exclurait 
de l'examen. Ici comme précédemment on se présente au Prési- 
dent et on se nomme en fléchissant le genou. 

Cet exercice est suivi immédiatement de celui de la pierre 
dont il y a trois N", en gardant toujours le même ordre. Une règle 
(H tchoang) est plantée à côté de la pierre pour marquer la hau- 
teur d'un pied & laquelle il faut l'élever pour être «conforme à la 
règle» (JÇ iJ S # cfte-pi-fti-ichoan^l 



DE l'ëxamex porn i 




On soulève donc la piorre ù deux mnins, ordinairement le 
N" 1 , de 300 livres, et la plupart s'aident des genoux pour la porter 
^. la hauteur voulue. On va, comme toujours, se nommer en 
faisant une génuflexion au Président. 

A Nan-hing il est dcR Candidats qui posent la pierre sur leurs 
genoux et invitent de leurs concurrents à placer dessus le coutelas 
N° 1. Soutenant alors tout ce poids sur les genoux, ils se cour- 
bent et prennent un papier sur lequel ils (icrivent quatre grands 
caractères, comme par exemple, f^ fl jSjff- Tche-je-kao-cheng «Que 
votre avancement soit haut comme le soleil,» ou bien, ,^.^MS 
Ngen-chen-yu-loit «Vos bienfaits sont abondants comme la pluie 
et la rosée,» etc. Déposant alors le fardeau, ils vont offrir l'inscrip- 
tibn au Président, à qui ils Font une gi^nuflexion en se nommant. 

I] faut remarquer que si, dans les trois exercices gymnasti- 
ques, on prenait les instruments N° 3, c'est-à-dire les plus aiséfl, 
d'ùprèa une déclaration de l'Empereur i^ |^ K'ien-long, on ne 
passerait pas pour avoir satisfait à la règle et l'on serait rejet*. 



ni. l'examen. 73 

n faut qu'on puisse prendre les N®' 1 ou 2; par exemple l'arc N® 1 
avec ie coutelas et la pierre N^* 2, ou bien tous les trois N" 2. De 
plus, un décret de l'Empereur ^ -^ Tao-hoang (an. 13, 1833) 
porte que si Ton a pris Tare N** 3, de 8 rjj II, et que Ton ne puis- 
se pas prendre le coutelas et la pierre N** 1, on sera réputé n'avoir 
pas satisfait à la règle et rejeté pour les examens ultérieurs. 

Celui donc qui a satisfait à la règle en tout, après le dernier 
salut fait au Président, va se présenter à l'ofTicier chargé de lui 
mettre le sceau au bras droit, pour pouvoir être admis au troisième 
examen. 

NOTA. L'Empereur ^ j^ K^en-lonij (an. 45, 1780) a 
donné la déclaration suivante (1): «L'arc raido N** 1 pour l'examen 
est de 12 ^ li. Mais il y a souvent des Candidats qui prétendent 
à la légère pouvoir bander un arc de 17 ou do 18 "jj li, et quand on 
vient à les mettre à l'épreuve, il se trouve qu'ils ne le peuvent 
nullement. Cela est sans importance, mais à l'avenir, quand même 
un Candidat pourrait dépasser l'arc N" 1 de 12 ;^ li, il ne faudra 
jamais dire qu'il a pu dépasser l'arc de 15 ^ U. Que ceci fasse 
loi.» En conformité avec cette déclaration, en l'année 15 de l'Em- 
pereur ^ 5E TaO'koang (1835), quelques Candidats à cet examen 
dans le ^ {§ Yun-naii ayant été signalés pour avoir bandé l'arc 
de 16 ]/j li, le Gouverneur de cette province, qui était en môme 
temps Examinateur, reçut une punition. 



§ III. TROISIEME EPREUVE. 

Après le second examen, le Président avec les Vice-présidents, 
en conformité avec un décret de l'Empereur ^ ^^ Tao^koang 
[an. 11. 1831), choisissent 22 sur 100, ou moins, s'ils ne peuvent 
pas trouver cette proj)ortion, de Candidats (jui ont obtenu la note 
ip. jlf tan^hao, «bien» ou j( ^ choang-liao, «très bien.» Ce choix 
étant fait, d'après un décret de l'Empereur |^ [^ KHen-long 
(an. 53, 1788), on publie les noms de ceux qui ont été choisis 
pour qu'ils puissent se présenter à l'examen intérieur, et aussi les 
noms des autres, avec indication des raisons qui les ont fait rejeter. 

Les premiers doivent aller immédiatement au bureau propre, 
acheter pour OO sapèrjucs, un cahier de composition, dont nous 
reproduisons ci-après la couverture et le dos. Celui-ci, imprimé en 
rouge sur l'original, mesure pour l'encadrement 0'".27 de long 
sur ()'",()8 de large, et pour la surface totale 0'".3I sur 0*", 11. 



"» ^ se ® ^^B ^ll-i-HiJ nm 8«i£ 595 ± ï^ # a 

10 



DE I. R.\AMES PHI 



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La couvcrUiro.impi-in 
II y il des vides pour ii 
altpint le but. tant nii lir 
dn ;fj ii do. l'arc que i<in 
hrandi et celui de la pici-r 
pas à remplir ces vides, 
ployiis spéciaux (1). 

On donne en im'nie lemjis aux Candiilals un modèle d'après 
lequel ils devront inscrire sur le pieniier fenilli'l du cahier leur 
nom, leur orisine. etc. Cette tnsen|)tioLi l'aile, ils rendent le cahier 
au hureau, où l'on t^cril le N" du sièse qu'ils doivent occuper. 



ivnies dimcnsionfi. 

es nèch.s qui ont 
|u'au tir à ]iied. le nombn' 
c |^oid^^ du eoulclas qnon a 
i Houlevée. Le Candidat n'a 
cette inscription étant Tatle par des em- 






I qui 



III. L EXAMEN. '•> 







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J^a rorniulc ci-dessus iisilre à Pê-hing et imprimée en rou^e, 
mesure 0'",l'7 de haut sur ()'",ll de large. 

Le modèle ei-après sert pour les Candidats ordinaires du 
Kiunii'iiuii. — Le reelo (hauteur ()"\27, largeur 0'",11) porte la 
formule A dont voici la ti'aduction : 

«Troisième éprtuive. Kinng-nan. Préfecture de \. Sous-pré- 
fecture de N.. N., Candidat de la catégorie N. (p. ex. ^ ^ Ou- 
i'iioiui, jjfÇ ^ /[: (hi-hum'i'.henrj, etc.). 

\. H. Il faut que les caractères de cette ligne atteignent au 
bas de la paire. » 

\'oiei maintenanl la traduction de la formule \\ (hauteur 
0'".;^7 largeur ()'". 1 1, i)lus 0™,06 pour la bande latérale), à in- 
scrire au verso du ])remier feuillet : 

aKiaiui-nan, Préfecture de X., Sous-préfecture de N. : Le Can- 
didat N. . devant subir l'examen militaire de Licence en ia pro- 



76 



DE I. EXAMEN POLH LA LICENCE. 




À 





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FOKMrLE POUR LES CANDIDATS ORDINAIKES DV KIAKO-NAN. 

vincc du Kiciug^nau, en Tannée 17 de Koang^siu (année siU'- 
mao du cycle'; n'ayant, ni de sa personne, ni par les siens, encouru 
aucune condamnation infamante, ne portant point le deuil: n'ayant 
commis aucun crime, n'étant point coupable de contumace: de plus 
n'empruntant point mensongèrement le lieu d'origine ou le nom 
d'un autre; en ce moment inscrit ci-dessous son âge, son signale- 
ment, son lieu d'origine et les noms de ses ancêtres jusqu'à la 
troisième génération. 

1*^. 11 est âgé de... ans. de taille moyenne, a le visage.... 
la barbe...: il appartient à la Préfecture de..., habite dans la ville 
de... ou dans telle partie de la campagne. 

2^. Bisaïeul. X. ; aïeul, N. : père, N. 

3*. Il a appris le |£ |E Ou^king, 



m. L EXAMEN. 



77 



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FORMULE POUR LES CANDIDATS DES GARNISONS TARTARES DU KIANGNAN 

N B. Pour les trois générations, il faut avoir soin d'indiquer 
si les ascendants survivent ou s'ils sont déjà morts.» 

La formule ci-dessus a les mômes dimensions. 

Vers le 1 4 de la lO** lune, on fait l'appel devant le local de 
l'examen ^ j^ Kong-yuen, A Xan-hing, l'appel se fait à la fois 
dans deux endroits dilïérents, ^ ^ tong~lou et U |^ si-lou. Les 
Candidats du J^ jX.Chang'kiang vont au 5^ f^ Kong-yiien de l'Est, 
tandis que ceux du 1» Jï Hia-kiang, avec ceux de la garnison 
tartare, se rendent à celui de l'Ouest. 

Chaque Candidat, à l'appel de son nom, reçoit son cahier; 
passant par la porte H f^ long-men, il est soumis à l'inspection, 
et doit montrer les sceaux apposés sur ses deux bras. Il se rend 
alors à la place indiquée sur son cahier. 



78 DE LEXAMEN PUL'R LA LICENCE. 

Quand Tappel commonce, le Président donne le thème à gra- 
ver sur bois et à imprimer sur des feuilles qui sont distribuées 
aux Candidats (1). Voici, avec sa traduction, le fac-similé du 
thème donne h Xnn-kinn en 1891. — Hauteur ()'".5r), lartrour 0'".i5. 





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jit m M'j K ^ '^' 
"^ t. - m ^ 





& ± ^ m m it 

«Examen de Licence, la IT*-' année de Koanfj-siu, année Siu^ 
mao du cycle. — 3*^ épreuve. — Transcription de mémoire d'un 
passage du ^ |g Ou-hing. Commencer par ^ S'J — !^ ;2l 4'-"? 
terminer par pT J^ $ fë*^ 



(1) A i'^-AÎMi^, le Gouv.rneur de /IH 5\ Choen-Cicu envoie le tlituie à VËmi)crear 
le jour suivant, lÔ. 



III. I. EXAMEN. 



79 



Autrefois les Candidats étaient ohlijjos de transcrire ce thème 
avant d'écx'irc le passasse indiqué: mais t-ette disposition a été 
abolie par l'Empereur (^ j^ T'omj-lrho ^an. 1, 186'2); ils écrivent 
donc simplement le passaero inditiué. qu'il ne sera pas sans intérêt 
de donner ici avec la traduction, afin (|u'on )niisse se faire une 
idéi' de la valeur de ce jÇ j^ Ou-lthni. 

T K X ï R . 

jlfc» Rii ^ *n # ;ê i: ?^ ^ ^ 

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^# m: Jtu -jï fl i:. w HH. +. 

^, :S '^ # X ^ ^ ^ >iJ 

«Ë gîi. m. lift ffl iiij #. ® w 
m jib w. *. 3L jt ^ ?^ jt 

¥i ^. M iij i£, i:, jit .n, ft 

TI!M)r<T[()\. 

«Mais il V a cerlainement dans rarmée des hommes comme 
1rs l)raves soldais du roi qui sans l'aliguc portent un trépied, qui 
courent léçrèrenient comme des chevaux de guerre: il y en a cer- 
tainement qui peuvent arracher l'étendard et tuer le général en- 
nemi, ('hoisir les hommes de cette sorte, les séparer des autres, 
les aimer et les ennoblir, voilà ce (|ui s'appelle l'esprit de Tarmée. 
Pour ceux qui sont adroits dans le maniement des cin({ armes (1), 
qui, robustes et agiles, l'emportent pour la i'orce et l'habileté et 
se mettent en t^te de dévorer l'ennemi, qu'on les comble d'hon- 
neurs, afin qu'ils puissent mieux s^issurer la victoire. Que l'on 
traite bien leurs parents et leurs femmes; qu'ils soient encouragés 
par l'espoir des récompenses et retenus par la crainte des peines. 
Tels sont les soldats dune forte armée qui pourront résister long- 
temps aux ennemis. Si l'on peut reconnaître clairement ces prin- 
cipes, on pourra vaincre des ennemis deux fois plus nombreux.» 

Cet exercice de transcription n'est pas sérieux, et on se fait 
souvent aider par un autre. Le Docteur ^g ^ Tchao I, dans son 

(1) On Ht .lan«le jpj jjfi Trjtrou-Ii: ^ J^ .71 :fer ;5g, ;J , ^, :^, 5^ ^; 
iP^ $ je 5 :^îM i^ ^îffiï "^ ^ '^- Ainsi le8 ciiHj arme» «le notre texte doi- 
veut être Z3Ç Kovo.la pique, >t Chou, la lance longue, ^ A"*, la lance moyenne, Q" ^ 
TtieoH-nieoiif la l&nce courte et ^ ^ Kmuj-che^ la fliche, toutes amies très anciennes. 
Il n^st pas étonnant d'ailleurs que nous trouvions ici ces armes, puisque Tauteur du ^ 
J8: Ou-king d'où ce texte est tiré, était ^ ^ On K'i. lequel vivait au temps de la dyuav 
tie des ^ Tcheou{\VJ2 210). V. plus haut, p. 4. Note 1. 



80 DE l'examen poun la licence. 

• 

ouvrage ^ H^ B lË y^n-pou-je-ki {Pratique des examens litt., 
p. 199), raconte qu'en 1765, ayant été nommé Examinateur à Pé- 
king pour cet examen par l'Empereur |^ |^ K'ien-long, il a vu 
combien peu sérieux était cet exercice. Il est nombre de Candidats 
assez ignorants de la composition et du sens des caractères pour 
écrire g siuen «chercher», au lieu des deux caractères — • Jg^' i^ian, 
«un matin» ;;^ — pou-i «pas une fois», au lieu de 2; P'^^ «grand», 
etc.; mais ces Candidats ayant déjà la note «très bien» pour les 
examens extérieurs, il faut nécessairement les recevoir. 

Pendant la transcription môme, on publie dans le local de 
Texamen intérieur quelques centaines de noms de Candidats qui 
auront à répéter Texamen. Ceux donc qui, après avoir lini d'écri- 
re et remis leur cahier, trouvent leurs noms dans cette liste, res- 
tent à l'intérieur : c'est ce qu'on appelle -g ^ lieou-l'ang. Quant 
à ceux qui n'y trouvent pas leur nom, ils reçoivent une éclisse et 
sortent après l'avoir remise à un employé à la porte. Ceux qui 
restent sont examinés, soit sur les exercices gymnastiques, soit 
sur le tir à pied, tirant des flèches à l'intérieur vers la porte f| P^ 
long-men. Les flèches ainsi tirées à l'intérieur sont vulgairement 
appelées Jf^ 7)} ^ yn-kong-tsien. 

Cette répétition finie, les Candidats reçoivent comme d'ordi- 
naire une éclisse et sortent. La troisième et dernière épreuve est 
terminée. 



81 



CHAPITRE IV. 



APRES L'EXAMEN. 



-•oîeioo- 



S I. CLASSEMENT. 

Notes sur les cahiers. — Règle pour le choix. — Valeur de 
la transcription de mémoire. — Prc^paration de la liste. — Abus. 



S II. PUBLICATION DU RESULTAT. 

Fac-similé de la liste. — Sa traduction. — Cahiers envoyés. 
Modèle de cahier. 



S ÏII. APRÈS LA PROMOTION. 

Révision. — Déclaration personnelle — Banquet S| ^ $ 
Yng^yang^yen . — Abus. 



11 



83 



CHAPITRE IV, 



APRES L'EXAMEN. 



-«o>0{04^ 



S I. CLASSEMENT, 

« 

Dès que les cahiers ont été recueillis, le premier feuillet, où 
se trouve le nom du Candidat, est replié et cacheté (jjjf Jf mi- 
fong). Ensuite un employé spécial, d'après le N** de la place que 
le Candidat a occupée, appose sur le cahier le cachet de la note 
«bien» ou «très bien»; il marque en outre sur la couverture du 
cahier combien de flèches ont atteint le but dans le tir à cheval, 
si le ballon a été renversé, combien de flèches ont atteint dans le 
tir à pied, de combien de -)] li était l'arc qu'on a bandé, enfin de 
(jucl poids étaient le coutelas et la pierre qu'on avait choisis. 
Tous ces détails une fois notés exactement, les cahiers sont enfin 
remis à l'Examinateur. 8i celui-ci a quelque note à y mettre, il 
doit se servir d'encre jaune, et pour l'apposition du sceau, d'encre 
violette, conformément à une disposition de l'Empereur {g |^ 
K'ienAong (an. 36, 1771). 

Pour la promotion, l'Examinateur se ionde toujours sur la 
valeur des examens extérieurs. D'après un décret de l'Empereur 
jlg % TaO'koang (an. 13,1833), il prend d'abord parmi les cahiers 
qui sont notés «très bien», et s'il n'y en a pas suffisamment 
pour donner le nombre voulu, parmi ceux qui n'ont que la note 
« bien » (1). 

Si l'Examinateur, laissant de côté des cahiers notés « très 
bien», donne la préférence ù d'autres n'ayant que la note «bien», 
il mérite d'être puni, comme il arriva, à Pé'king, l'année 14 du 
même Empereur (1834), li doux Examinateurs ;g| f^ Koei Ling et 
31 1^ Kong T'ang, qui se livraient à cette pratique. 

On voit donc que cette transcription de mémoire n'a pas une 
grande importance. C'est, du reste, ce (jue l'Empereur Jj[ ^ 
TaO'hoang a déclaré lui-môme (an. 13, 1833) : «Le succès dans 
l'çxamen militaire dépend principalement des épreuves extérieures, 
car la force ou la faiblesse déployées dans l'exercice de l'arc 
raide établissent mieux qu'autre chose Texcellence ou l'impuis- 
sance du sujet. Quant à la transcription de mémoire du Ou-king, 



* & 



81 DE l'examen polk la licence. 

c'est une chose superflue sur laquelle on ne doit nullement se 
baser pour admettre ou rejeter un Candidat. Faire le contraire 
serait donner de l'importance à une chose insignifiante» (1). Tou- 
tefois, bien que cette transcription ne soit guère que pour la 
forme, il y a trois cas dans lesquels elle peut faire rejeter un 
Candidat : 1** Si l'on ne sait pas écrire (;î; lÈ SÇ pou-neng-sié); 
i"* si l'on corrige d'une manière confuse au point d'être à peine 
lisible (^3g tou'siè); 3** si Ton écrit sur le cahier sens dessus dessous 
(M ^M taO'Siè). Ces trois cas sont contre la règle {^ ^ wei-c/ic) 
et, par suite, conformément aux décrets des Empereurs ^ J| 
Kia'h'ing (an. 12, 1807) et |^ f& T'ong-tche (an. 1, 1862), ils 
empêchent que qui que ce soit, même avec la note «très bien» 
pour tous les exercices extérieurs, puisse être reçu. 

Lorsque l'F^xaminateur a fini le relevé de tous les examens, 
il prépare la liste, dont la promulgation a lieu ordinairement trois 
ou quatre jours après la troisième épreuve. On déplie le premier 
feuillet du cahier qui avait été replié, en commençant par le 
sixième. V\\ employé écrit alors sur un long papier appelé ^ ^ 
lou'l'iao le nom du Candidat avec son rang et son lieu d'origine. 
Tn autre employé les lit à haute voix et présente le papier k 
l'Examinateur, qui le donne à un copiste pour inscrire le nom sur 
la liste. Les extrémités de cette liste sont ornées, comme pour 
. les lettrés, Tune d'un dragon et l'autre d'un tigre, et on l'appelle 
aussi H J^^ long-hou'pang. 

Tous les noms des lauréats, a partir du 6*, étant inscrits 
sur la liste, on allume dans la salle des bougies dites 3t tË fli 
ou-hoa-tchou et le copiste écrit dans le vide laissé en tête de la 
liste les noms des cinq premiers (ÎlJQ; Ou-fe'oei) en commençant 
par le 5® {Pratique des examens litt., p. 153). Cependant les satel- 
lites de service apportent tous une bougie allumée pour éclairer 
le copiste écrivant le nom du premier ; de là le nom àe IffjQJj^ 
kiai'yuen^tchou «bougies du premier Licencié» donné à ces 
bougies (2). C'est une superstition populaire fondée, dit-on, sur 
des observations faites de temps immémorial, que si l'on garde 
une de ces bougies chez soi, en cas d'accident, on n'a qu'à 
l'allumer pour que tout tourne bien. 



(2) Il existe pren^iue pai-tout une déplorable cuutuine. U savoir que, uue fois ter- 
minée lïuscnption des noms sur la liste, les satellites et les gens de service, même en pré- 
Hencc des mandaiins, s'arrachent les bougies allumées alors dans la salle, et les mandarins 
non seulement ne rcrapôchont pas. muis encore y prennent plaisir. 



IV. APIŒS LEXAMEN. 85 



S II. PUBLICATION DU RESULTAT. 

Le Président ayant apposé sa signature et son sceau sur la 
liste, elle est portée en grande pompe avec musique et coups de 
canon, escortée par les mandarins et les troupes, jusqu'au pavil- 
lon préparé à cet effet (ij^ ^ pang-p'ong), où elle est suspendue 
et exposée pendant trois jours, après quoi, elle est déposée dans 
les archives du Trésorier provincial (^ ^ Fan-^t'ai). 

Nous donnons ci-après, page 86, avec sa traduction, en regard, 
un spécimen de la liste des nouveaux Licenciés à Nan^-hing en 
1891, laquelle est composée de plus de vingt grandes feuilles (Pra- 
tique des examens lilt., p. 153 Note 2), sans compter deux feuilles 
aux extrémités pour les peintures du dragon et du tigre. Les no- 
tations en rouge y sont les mêmes sur l'original, que sur la liste 
des Licenciés littéraires (Ihid. p. 155). 

Il est à remarquer que, dans cette promotion militaire, il n*y 
a pas d'accessits, et par suite il n'y a pas de liste correspondante, 
ou glj 5^ fou-payig [Ibid. p. 156). 

Quant aux dénominations, elles sont les mêmes que pour les 
lettrés. Ainsi, par exemple, le premier sur la liste s'appelle |^ Hff 
jQ Ou'kiai-yuen ; les cinq premiers, |S Jg j^ Ou-king-k'oei, etc. 

Le Président de l'examen compose une préface ("^ ^ tsien- 
siu) et le Vice-président un petit épilogue ( ^ M, heou^-p'a) au 
passage du gÇ jg Ou-king qui a été donné à écrire de mémoi- 
re. Ces deux compositions sont imprimées avec le texte original 
et forment un petit cahier qu'on appelle iC ^ SÇ ^ Ou-hiang- 
che-lou. Le Président veille en outre à ce que, conformément à 
un décret de l'Empereur ^ $ Kia-kHng (an. 6, 1801), le thème 
soit imprimé avec les noms des nouveaux Licenciés, et l'indication 
de leur âge, du nombre de leurs flèches qui ont atteint les divers 
buts, et du poids qu'ils ont choisi dans les trois exercices gym- 
nastiques. Ce second cahier s'appelle |$ @ ^ ^ Ou-t'i-ming^ 
lou. Nous donnons (pag. 88) le fac-similé d'une page de ce cahier 
pour la promotion de Nan-king en 1885. Elle a 0'°,24 de haut 
sur 0°,15 de large. 

Le Président fait parvenir un exemplaire de chacun de ces 
deux cahiers à TEmpereur, qui les envoie au Ministère de la 
Guerre. 



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IV. .\I>IU:S L KXAMEN. 



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«Le Vice-roi des deux Kùin(i, IJeon . Celte 17® année de 
l'Empereur Koang-siu (1891), a eu Hou au Kiang-nan le concours 
pour la Licence militaire. D'après les règlements reçus, la pro- 
motion sera de 63 Licenciés, auquel nombre on ajoutera, en vertu 
d'une faveur concédée à titre perpéUiol, 18 Licenciés pour le 
Kiang-sou et 10 autres pour le Xgnn-hoei, En dehors de ces 
chiffres, 8 hommes des Bannières auraient pu être admis, mais, 
les Candidats de cette classe ayant été peu nombreux, d*après 
la règle d'en admettre un sur dix, il y en aura 7 reçus à cette 
promotion. La somme totale de la promotion sera donc de 98 
Licenciés militaires. Maintenant, nous portons à la connaissance 
de tous, en les inscrivant sur la liste, les noms des nouveaux 
Licenciés : 

1*''. Li Tien-yuen, Hachelier militaire, de Po^tcheou; 

2*. Song Tien-liang, Bachelier militaire, de Mo^yang; 

3*^. Tcheng Ting-pang, Bachelier militaire, de Feou^yang ; 

98*. Siao Lien-guon, Bachelier militaire, de Feou-yang, 
La 17** année de Koaiig^ynn, 10" Lune. '27® jour». 



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IV. APRÈS l'examen 80 



§ m. APRES LA PROMOTION. 

Quand, au Ministère de la Guerre, on a reçu de toutes les 
provinces les cahiers dont on vient de parler, vers la 4*^ lune de 
l'année suivante, on en fait une révision générale [^ ^ mo-U'an) 
dont on envoie le résultat h l'Empereur (1). Celte révision se fait 
i\ssez sévèrement. Ainsi, en la 27® année de ^ ^ Tao-koanrj (1847) 
les Réviseurs trouvèrent que sept nouveaux Licenciés de la pro- 
vince du "y* "^ Kan^son avaient pris Tare de 8 ;fj li, avec le cou- 
telas et la pierre N® 2 ou N** 3, et non pas N" 1, ce qui n'est pas 
permis (V. pag. 73). Ils en firent part à l'Empereur et ces sept 
Licenciés furent privés de leur titre. De même, en la 14^ année 
d® ::)t tt ^oang-siu (1889), un Censeur impérial, nommé ^ gÇ 
Tch^eny Pin, étant Surveillant en chef à l'examen (Je Pé^-king dans 
l'enceinte ^ ^ @ Sou'lse-v;ci, avait noté d'une manière erronée 
sur la couverture des cahiers, soit le nombre des flèches ayant 
touché le but, soit le poids des instruments choisis dans les exer- 
cices gymnastiques. Il fut dégradé pour ce fait. 

Le lendemain de la promulgation de hi liste, tous les nouveaux 
Licenciés militaires, au moins pour les provinces du ^1 î© Kiang- 
nan, du ix W A'ia^.7-**i et du ^ :|[^ llou-pè, se rendent au 
"^ ^ Kong-yuen (2), où, de leur main propre (3), ils écrivent {^ 
§t tsing-hong) une déclaration personnelle, portant l'année de leur 
promotion, leur nom, leur lieu d'origine, leur âge, leur stature, 
les noms de leurs ancêtres de trois générations, etc. Le Président 
de l'examen doit avoir soin de transmettre cette déclaration, avec 
les cahiers mentionnés plus haut et toutes les notes des Examina- 
teurs, au Ministère de la Guerre, afin que, conformément au dé- 
cret de l'Empereur ^^ Kia^k'ing (an. (i. I801\ toutes ces ])ièces 
soient soumises à la révision. 

Celte déclaration personnelle est exigée et, d'après une dispo- 
sition de l'Empereur ^ |^ K'ien-long (an. 26, 17GI), aucun l^i- 
cencié ne peut se présenter aux examens ultérieurs sans lavoir 
donnée. Si quelqu'un se refusait obstinément à la donner, le Vice- 
roi ou le Gouverneur devrait le déférer au Ministère de la Guerre 
pour être puni. 

Après la publication de la liste, il est donné un banquet olïi- 
ciel, appelé jj^^^ Yng-yang-^yen, \ Xan^king, ce banquet a lieu 
dans le local môme de l'examen (^ j^ Kong-yucn). Le Président, 
avec les mandarins qui ont eu quelque fonction à remplir dans 
l'examen, tous en costume de cour, conduit les nouveaux Licen- 
ciés, aussi en costume de cérémonie, devant la tablette de TEmpe- 



(1) A Pé-kinij, cette révision se fait immédiatement après la publication «le In liste. 

(2) A Pc-Â'êWj!/, cela se fait au la-wcn du frouverneur de f$( y^ jfif Chorn -fini -fou. 

(3) On peut cependant inviter un antre h la faire en son nom. 



00 i)i: LKXAMFN l'ora la lickntk. 



reur dans ie [p^ ^ Konfj-JnunK II y fait trois gc'nufloxions et neuf 
prostrations, après quoi, les nouveaux Licenciés font une prostra- 
tion au Président et aux Sous-examinateurs, les saluant comme 
leurs maîtres. A Xan-khin, ils reçoivent alors chacun une somme 
d'argent (10 taëls) qu'on api)elle ;}vf; ^ ^ pei'jian-yn. 

Toutes ces cérémonies une fois terminées, on prend enfin part 
au banquet, au son de la musique. A la lin, après avoir fait une 
libation, le Président se lève, et alors les satellites et les gens de 
ser\'ice se saisissent de toute la vaisselle et des ustensiles qui ont 
servi au banquet. C'est ce (|u*on appelle ^ ^ ts'iang-yen, «le 
rapt du banquet», al)us criant, mais partout invétéré. Quiconque a 
atteint le 60" anniversaire de promotion à ce grade, est invité 
de droit a ce banquet. C'est ce qu'on appelle S& Sfi ^ ^ ich'ong^ 
fou-yng-yang-t/en. Enfin les lauréats, rentrés chez eux, font part 
de leur succès à leurs amis et connaissances au moyen d'une 
grande pancarte en papier jaune. 



Iir PARTIE. 



DE L'EXAMEN POUR LE DOCTORAT. 



CHAPITRE I. 



NOTIONS 1>REL1MINAIHE.S 



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r 

Division du sujet. — Epof[uc. — Série des t3preuvos. — Pré- 
sidents et Examinateurs. — Billet du Gouverneur. — Frais de 
voyage. — Direction par le Ministère de la Guerre. — Nombre 
de concurrents. 



93 

CHAPITRE I. 

NOTIONS Pin'lLlMINAIKKS. 



■<s»^qp i>i' 



Bien qu'il n'y ait pas de litre d'Académicien pour les gradués 
militaires, les Licenciés militaires, pour obtenir le titre de Doc- 
teur, ont a passer deux examens, Tun préalable, qu'on appelle ^ 
# se Ou-hoei-che, et Tautre définitif, appelé jÇ ® ^ Ou-tien- 
che, et chacun de ces examens est précédé d'une répétition, ^ ^ 
Fourche, d'abord du |^ ^ fj Ou-hiang-che, puis du ^ -g* gjf Ow- 
hoel'che môme (Cf. Pratique des examens litt,, p. 169). 

L'examen "§[ ^ Hoei-chc a lieu les mêmes années que pour 
les lettrés, c'est-à-dire dans celles qui correspondent aux caractè- 
res cycliques 3:^ ê' ^^ jft tch'eou, tch'en, wei^ siu, et dans la 
10° lune (1). aux mêmes jours que pour Texamen de Licence mi- 
litaire. Il n'a lieu qu'à Pé-hing et consiste, comme les autres, en 
trois épreuves, |g j^ t'eou-lch^ang, Zl J^ euUich'ang et H.^ 
sanAch'ang, 

Le Président de cet examen "^ ^ Hoei-che, qui pour les let- 
trés s'appelle ^"^^ Tche-kong-^hiu, s'appelle ici ^^$ Tchc- 
ou'kiu. Il est nommé ^jar l'Empereur et pris parmi les Chinois; 
il n'est toutefois Président que de l'examen intérieur. Comme 
Examinateurs à Textérieur, on appelle des j^ ^ :^ g Kien-ché- 
tuAch'en et des |S ^ ::fc iS KiaO'Ché'ta--tch'en: et pour l'intérieur, 
des i :^ 'ê^ TchoU'k'ao-koan. Ce sont les Censeurs Impériaux 
eux-mêmes ^ ^ ^ ^ Kien-che-yu-che qui font les fonctions de 
Surveillants en chef. Tous ces officiers sont nommés par l'Empe- 
reur. Du reste, pour le nombre et le titre des divers officiers, il 
n'y a pas de différence avec l'examen pour la Licence militaire à 
Ig 5Ç Choen-t^ien, examen dont il a été question plus haut. 

L'examen "§[ "^ Iloei-che est suivi de l'examen ^^ Tien-chc, 
institué au temps de la dynastie des §^ Ming, par l'Empereur ^ 
îll Tch'ong-tclieng (1628-16'ii), à la demande de jgx;l!8 ^'' yuen^- 
/oi/. Il H lieu à la 10* lune. Le Président de cet examen est 
l'Empereur lui-même ou un Prince de la famille impériale délé- 
LTué par lui. 

Ceux qui veulent passer cet examen, en donnent d'abord avis 
au ÏJureau de la Guerre de leur Sous-préfecture, puis ils reçoi- 
vent du Sous-préfet un billet ('^ ^ ^se-^ce7^) du Gouverneur provin- 
cial, avec une somme d'argent pour frais de voyage, qu'on ap- 



(1) L'Emi)ereur ^ S Hienfoiiff (an. 1), 1859) changea l'éiKHiue de cet examen de 



rsi » 



lu *.^ lune II lu y*' ; \t\i'u l'Enipereur |pj XQ T'ong-h-ht (un. 1, 18(>2) le i-cik)!!» u lu 10* lune. 



94 DE LEXAMKN POLll LK DOCTOHAT. 

pelle ^ ^ ^ kong^kiU'fei. L'Empereur jlg ff^ Clioen-tclie (an. 8, 
1651) a en outre accordé aux Licenciés du § ^ Y'un-nan et du 
Jl; ;Hi Koei-tcheou l'usage des chevaux des stations postales, IP^J^ 
i-?7ia; et TEmpereur ^^ KHen-long (an. \2, 1777) a concédé le 
même privilège aux Licenciés du Nouveau territoire ^ ^ Sin-kiang. 
La direction de cet examen appartient au Ministère de la 
Guerre. Par suite, quand les Candidats se rendent h Pé-king, ils 
arborent sur leur barque ou sur leur voiture un petit drapeau jau- 
ne portant cette inscription, $> ^ ^ % "^ ^ Fong-tclie-ping^pou^ 
Hoei'Che «Par ordre de l'Empereur. Examen Iloei-che, du Ministère 
de la Guerre.» En 1889, il y eut pour tout l'Empire 5437 Candi- 
dats à cet examen, sur lesquels 135 seulement furent promus. 



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CHAPITRE II. 

DE L'EXAMEN PHÉALADLE POUR LE DOCTORAT, 

pi; ^ lïC OU-IIOEI-CHE. 



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!5 î. REPETITION DE I/EXAMEN ^^U OU-IIIANG-CHE. 

Dispositions des Empereurs ^ ^ Tao-koang et J^ ]£ Hien* 
foiig. — Obligation. — Mode de procédure. — Punition. 



S H. EXAMEN 5<; # |S Ol-HOEl-CUE PROPREMENT DIT. 

Disposition de l'Empereur ^ ^ K'ien-long. — Distribution 
dans les quatre enceintes. — Epreuves. — Répétition. — Nombre 
des Candidats à recevoir. — Examen pour ceux qui ont échoué. 
— Choix. 



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97 



GHAPITRE IL 

DE L'EXAMEN PRÉALABLE POUR LE DOCTORAT, 

S # St OU'HOEI-CHE, 



§ l. RÉPÉTITION DE L'EXAMEN |Ç ^ f^J OU^HIANG-CIIE. 

En la 15' année de son règne (1835), TEmpereur JJ jt Tao- 
koang décréta que les Licenciés militaires qui seraient reçus h |g 
55 Choen^t'ierij après la promulgation de la liste et sa révision 
par le Ministère de la Guerre, feraient immédiatement une répéti- 
tion de Texamen. Cette répétition, appelée |$ $ A 9 |j$ Ou-hiU' 
jen^foU'Che a toujours depuis été pratiquée à Pè^king, mais elle 
ne Tétait pas originairement dans les provinces, et ce n'est qu'en 
1856 que l'Empereur J^ JJ Ilien-fong, (an. 6, 1856), sur la pro- 
position du Censeur impérial ^ ^ jp£ Li Pei-kou, Tétendit à 
toutes les provinces. 

Cette répétition est imposée avec tant de sévérité que celui 
qui l'omettrait trois fois sans juste raison, perdrait son titre de 
Licencié et redeviendrait simple Bachelier. Il aurait toutefois le 
droit de passer de nouveau Texamen de Licence, s'il le voulait. 

Les Candidats, une fois arrivés k Pé^hing, doivent, dans l'in- 
tervalle du 1" au 15 de la 8* lune, reniettre le billet du Gouver- 
neur au Ministère de la Guerre; ils en reçoivent un papier, qui 
servira de certificat, sur lequel ils remplissent tous les vides avec 
l'indication de leur lieu d'origine, les noms de leurs parents de 
trois générations, la signature de cinq Répondants pris parmi les 
concurrents dé la môme province, le nombre de ^ H de leur arc, 
etc., etc.; puis au jour fixé, ils le remettent en personne au même 
Ministère (jg ^ kouo^t'ang), pour servir à Tappel. 

Cependant l'Empereur nomme deux ou trois Princes impé- 
riaux pour examiner les notes de l'examen de Licence. Si à cette 
répétition la raideur de l'arc bandé par le Candidat ou le poids 
du coutelas qu'il brandit et de la pierre qu'il soulève ne s'accor- 
de pas avec ce qu'ils étaient à Texamen de Licence, il est exclu 
de l'examen ^ ^ //oei-c/ie pour cette fois. Au concours suivant, 
il n'en aura pas moins à subir cette répétition avec les nouveaux 
Candidats, et à être examiné de nouveau sur l'exercice gymnasti- 
que où il y avait eu discordance avec son examen antérieur. Si, 
par trois fois de suite, il ne peut pas arriver au niveau des notes 
de son ancien examen, il est dépouillé de son titre de Licencié. 

13 



nS DE I. EXAMEN POm LE DOCTORAT. 

restant toutefois lîacliolior. avec faculté tlo repasser l'examen de 
Licence. Quant à ceux qiri ont' sul)i cette ivprtition dune manière 
satisfaisante, ils soiTt admis à l'examen ^ "^ Hoei-clip, 



S II. EXAMEN ^ # IS Ol'UnEl^flli: PROPREMENT DIT. 

Avant que la ré|)étition de l'examen de Licence dont on vient 
c\e parler eût été établie, l'examen préalable '^ gÇ Iloei^che avait 
déjà été imposé à tous les Candidats au Doctorat par l'Empereur 
% JE. ^v'?e/i-/orïf; (an. ^5, 17G0), avec cetle clause que quiconque 
l'omettrait trois fois de suite sans raison suilîsunte serait puni ou 
..dégradé; en cas de raison sullisante. le \'iCe-roi ou le (iouverncur 
provincial devrait en donner avis au Minist-'j-e de la Guerre. 

Les Candidats sont répartis par Provuices dans Jes quatre 
enceintes (0 ^ tio-wei) dont il a été q.ueslion dans l'examen de 
Licence à Pê-kinri, afin d'être examinés séparément. 

Les 5, 6 et 7 de la 0** lune, ils sont examinés sur le tir à 
-cheval, tant contre des cibles (jue contre le ballon: et les 8,9 et 1-0, 
sur le tir a pied et les itrois exercices gymnastiques. Le mode de 
procédure dans cet examen est absolument le même que dans 
l'examen ]K ^ ^ Ou'hiimj^clw, qui a élé décrit précéderanjent. 
Il est seulement à remanjucr que dans cet examen, qui se fait 
sous la direction du Ministère de la Guerre, on exige que ; les 
poids pour le coutelas et la pierre, et les «forces» -)] li pour l'arc 
raide soient exactement ce qui a été spécifié. 

Le 11, on fait un choix de 22 sur 100 de ceux qui ont eu les 

notes «très bien» et «bien» et on publie leur,s noms sé]>arénnent 

pour cha(|ue enceinte, afin qu'ils puissent faire la répétition 4^.^ 

le^ K Â'07ifif-ï/ue/i. Il y en a ordinairement de quatre a jcinq 

. cents pour les quatre enceintes ensemble.. . i 

Le 12, on préparc les cahiers de composition, sur la couver- 
ture desquels les Candidats écrivent leur nom, leur lieu d'origine, 
etc. Le 13, le Président et les Examinateurs entrent dans le ^ g^ 
Koufj^yupn. Le li. on fait d'abord dans le ;p; |^ Komj'ifuen ufte 
répétition de l'exercice de l'arc raide pour ceux qui sont dans lu 
dernière liste ^ ^ WaO'pantj; puis immédiatement la transor^)- 
tion d'un passage du gÇ ^ Ou^kinq sur le passage indiqué par 
les Examinateurs. Le lendemain, 1."), le Président l'ait savoir à 
l'Empereur sur quel endroit on a fait la transcription. 

Le Président (»nlin porte à la connaissance de l'Empereur, par 
nations et par | rovinces.le nombre des Candidats qui ont été choi- 
sis après avoir obtenu les notes «bien» et «très bien.» L'Empereur 
fixe alors le nombre des lauréats pour chaque nation et chaque 
province. — Ci-joint un sj)écimen de la liste faite par rF]mpereur. 



II. DE L EXAMEN PKEALABLE POUU LE DOOTOnAT. 



»9. 



' Ncwiibiv den CniMlidats à recevoir 'fixé par rfcTïliperour |Kmr' 

# H /fo€/-f^«; en 18ï)i. . 

TÎI ,^ Miui-'U'heoa 

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l'V^ ES itf ^l'Si . . . . ... ... ... ... ... ... ... 

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1 
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6 
5 
7 
8 
i3 
3 
i 



128 



La liste des lauréats est ensuite dressée et publiée d'après les 
chiflres fixés par TEnipereur. 11 n'y a pas de banquet. Le premier 
sur la liste est appelé |ëC "É" 7C Ou^liooi-i/uen ; les cinq premiers, 
1^ # fâ ^^li-hoei-'k'oei, et les autres. 5C ^ dt On-hong-che, Quant 
à ceux qui ont échoué dans cet examen, ils peuvent se présenter 
au Ministère de la Guerre pour être admis dans les camps, re- 
cevoir quelque salaire et ensuite obtenir (juelque titre militaire, 
comme celui de np ||| Tfi'Len^lsotnj i Sous-lieutenant), s'ils le méri- 
tent. Ce même Ministère indi<iue un jour où ces Licenciés devront 
subir un examen, afin de l'aire un choix et une classilication qu'on 
appelle ^ jS ^ ^ Kieti-siueU'tenfj'li. 

Ainsi, en 189i, le Ministère de la Ouerre émit la petite pro- 
clamation suivante : & ^ fn^^ ^ ^ "^ ^ » M ^ fS î^^ 

^ m-^ a mm um ^, ^^ ^, -sï.*b m ^ P'j ^riE ù m f# 

fêf » mm «fflf 2 ^ M.# n Ê m-^ Jn- «rroclamation du 
Ministère de la Guerre : En l'année de l'examen Ilotn-clio, du 
cycle Kia^ou, dans laquelle on fait le choix et la classilication des 



100 DE l'examen pour le doctorat. 

Licenciés qui sont exclus de la promotion : Notre Ministère a fixé 
le 23 de la lO** lune pour informer l'Empereur. Ainsi donc que 
tous les Licenciés qui veulent se présenter pour ce choix sachent 
qu'ils auront, ce jour-là, à apporter un arc et des flèches, tant pour 
le tir H cheval que pour le tir à pied, et devront se rendre dès le 
point du jour au champ d'exercice militaire des Gardes-du-corps 
de la bannière blanche unie, à l'intérieur de la porte 7ong«ngan^ 
où se feront l'appel et Texamen. Qu'on ne s'y trompe pas. Pro- 
clamation.» 



101 



CEkPlTKWAlh 

^ V « ^ 

DE L'EXAMEN DÉFINITIF DE DÔétÇiîlAT, 
fC ^ K OU-TIEN-CHE. 



' - -■' - -. 













§ I. REPETITION DE L'EXAMEN |S # SÇ OU-HOEI-CHE. 
Révision. — Mode de répétition. — Sanction. 



S II. EXAMEN IS IR St OU'TIEN'CHE PROPREMENT DIT. 

Fonctionnaires. — Thème. — Préparatifs. — Cérémonies. — 
Examen devant l'Empereur. — Punitions. — Dispositions des 
Empereurs Kia-k'ing et TaO'koang. — «Votre esclave.» 



§ III. PROMOTION AU GRADE. 

Cérémonies. — Promulgation de la liste. — Dénominations. 
Titres divers. — Procession. •■ — Banquet ^ ^^ Hoei-ou^yen. 
Indemnité. — Remerciements à TEmpereur. 



S IV. DISTRIBUTION DES CHARGES. 

Proclamation. — Distribution des charges aux Bannières. 
Épilogue. — Conclusion. 









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-10f3 

CHAPITRE III. 

DE L'EXAMEN DÉFINITIF DE DOCTOllAT, 
iC jR è5 OV-TŒS-CHE. 



■ «■■ Mf ■ 



§ I. RÉPÉTITION DE L'EXAMEX gÇ -^ tS Ol-liOEi-CUE. 

Après la promulgation de la liste, les Réviseurs comparent 
soigneusement les notes des Examinateurs avec celles qui ont été 
inscrites sur la couverture des cahiers; et l'Empereur nomme deux 
ou trois Princes impériaux pour examiner une seconde fois les 
nouveaux lauréats (|S 3f i S IS Ou-hong-^che^ fourche). Cette 
répétition d'examen, instituée par l'Empereur f^* |^ K'ien^long 
(an. 40, 1775), a lieu le 25 ou le 20 de cette même 9" lune. 

Les Examinateurs donnent surtout leur attention aux exercices 
gymnastiques, et vérifient si le poids du coutelas et de la pierre 
et la raideur de l'arc correspondent aux notes données dans le 
dernier examen. En cas de désaccord, le Candidat est puni par 
l'exclusion de Texamen JfSi^ Tien-che pour cette fois; et pour le 
passer la fois suivante, il devra encore être examiné préalable- 
ment sur le point où il avait été trouvé en faute. En cas de désac- 
cord reproduit trois fois, il était autrefois immédiatement dégradé, 
mais depuis la G* année de l'Empereur Jg jÈ Tao^hoang (1826), il 
est seulement privé du titre de |^ ;^ i Ou-kong-che, et retient le 
grade de Licencié, avec faculté de devenir mandarin militaire^ mais 
sans pouvoir jamais aspirer au Doctorat. Quant h ceux qui ont réus- 
si dans cette répétition, ils sont admis à l'examen gg ^ Tien-che. 



S II. EXAMEN ^ g^U OU'TIEN'CIΠPROPREMENT DIT. 

La veille de l'examen fg^ ^ Tien-che, c'est-à-dire le dernier 
jour de la 9" lune, TEmpcreur nomme quatre Examinateurs (|K^'^ 
Tou'hiuen-koan), quatre Présidents d'examen (S Sï *&' Kien-che^ 
koan), quatre Receveurs de cahiers (§ ^ 1^ C/îeo«-/iiuen-/ioan), 
quatre Scelleurs (^ ^ 'If M i^fong^koan) , quatre Collecteurs (IJjf 
j/i*^ Cheou'tchang-koan), et douze Écrivains jmur la liste de pro- 
motion en Mandchou et en Chinois (i^ }j^ "j^ T'ien-pang-koan). 

Le Ministère de la Guerre marque les cahiers de son sceau, 
et les Examinateurs choisissent un thème pour transcription de 
mémoire du |^ ^ Ou-hing^ qu'ils soumettent à l'approbation de 
l'Empereur. Le thème approuvé, on le donne h graver sur bois et 
à imprimer, ce qui est fait par six graveurs et cinq imprimeurs. 



104 DE L*EXAIfEN POUR LE DOCTORAT. 

Ce môme jour, dans la partie occidentale du palais impérial 
>fc ft ® T'ai^houO'tion, on prépare une table couverte d'un tapis 
jaune pour recevoir le thème; aussi une autre table semblable au 
milieu du portique devant le palais, et enfin à l'extérieur du i^or- 
tique, de chaque côté, de petites tables pour les Candidats. 

Le l®"" de la 10" lune, de grand matin, un mandarin de la 
Chancellerie impériale ^ ^ Xci-ko, apporte les feuilles du thème 
(S IK t'Uiche) et les place sur la table au côté Ouest du palais. 
Tous les Candidats, conduits par les Mandarins du Ministère de la 
Guerre et de la Cour des cérémonies {^ {^ ^ Hong^lou-se), entrent 
par les portes latérales de -^ p^ Ou-men dans la cour du palais où 
ils se tiennent rangés des deux côtés, en face les uns des autres. 
Là aussi se placent les Examinateurs et les autres fonctionnaires. 

Un officier de la Chancellerie impériale prend les feuilles du 
thème sur la table et se rend au seuil du palais où il les remet à 
un officier du Ministère de la Guerre qui les reçoit en fléchissant 
le genou, puis se rend au portique du palais. Là il fléchit le genou 
devant la table couverte dun tapis jaune, y dépose le thème et 
fait trois prostrations. Alors, à Tappel d'un héraut, les Examina- 
teurs et les autres dignitaires font trois génuflexions et neuf pros- 
trations devant la table, ce que répètent tous les Candidats. Cette 
cérémonie terminée, un Mandarin du Ministère de la Guerre prend 
les feuilles du thème et les distribue aux Candidats, qui les reçoi- 
vent en fléchissant le genou, après quoi ils font trois prostrations. 
Ils se rendent alors au lieu désigné où ils écrivent le passage in- 
diqué du H^ |g| Ou^king, Les cahiers sont remis aux Receveurs; 
puis les noms des Candidats étant cachés, ils sont donnés aux 
Examinateurs. 

Le lendemain, 2 du mois, des officiers du Ministère de la 
Guerre conduisent tous les Candidats au palais ^ JË ^ Tae^koang" 
ko et au pavillon «de la sagette» (^ ^ ftiien^t'ing) pour s'exercer 
aux cérémonies auxquelles ils auront à prendre part. 

Le 3, l'Empereur sort de son palais et entre par la porte de 
la ville JS $ P^ Fou-hoa^mei^, où les Candidats Tattendent à ge- 
noux, puis il se rend au palais ^ :)t |^ Tsc-koang-ko, où, avec 
la «liste jaune» (^ flfl- hoang'tcli'é), il suit les exercices de tir, 
tant à cheval qu'à pied. Les Présidents, les Examinateurs et les 
Mandarins du Ministère de la guerre, en costume de cérémonie, 
se tiennent respectueusement au côté oriental du palais, le visage 
tourné vers l'Ouest. Chaque Candidat tire devant l'Hlmpereur trois 
flèches à cheval et deux à pied (Voir la fig. pp. lOG, 107). Chaque 
fois qu*un Candidat vient tirer l'arc, un Mandarin tartare du Minis- 
tère de la Guerre s'approche de l'Empereur et, fléchissant le genou, 
il lui dit à haute voix : iS^ 4* |$ $ ^. ,|| ^ «Le nouveau Licencié 
militaire N. tire une flèche à cheval,» et de même pour le tir à pied. 
Chaque fois qu'une atteint le but, on frappe le tambour et, pour 
le tir à pied, on mot un bâtonnet dans l'étui. Le tir terminé, 



III. DE l'examen OÉKINITIF UE DOCTORAT. 105 

l'Empereur retourne par la même porte |g l|l P^ fou-hoa-men où 
les Candidats s'agenouillent encore sur son passage. 

Le 4, des Mandarins du Ministère de la Guerre conduisent 
les Candidats à Textérieur de la porte :^ ^ P^ king^yun-men, où 
ils s^agenouillent au passage de l'Empereur, qui vient lui-même 
au pavillon «de la sagette» (^ ^ tsien^l'ing), présider l'examen 
sur les exercices gymnastiques. Les Candidats sont répartis en 
bandes de dix, et doivent faire montre de leur force avec Tare, le 
coutelas et la pierre, absolument de la même mianière que dans l'exa- 
men ^ gjÇ hoei-'Che. S'il y avait désaccord avec Texamen antérieur 
]K)ur les X®' de l'arc, du coutelas ou de la pierre, ou si le Candi- 
dat ne pouvait pas atteindre au minimum exigé do «conformité h 
la règle», il serait puni par Texclusion de l'examen pour cette fois, 
vt la foîs suivante, il devrait suppléer (fl| fr ^ ^ pou-hing- 
tien^che). C'est là une différence avec l'examen ^ "^ tieyi^rhe 
littéraire, où personne n'est refusé [Pratique dos pxameuti litl.j 
p. 107 Xole 2).- 

Au sujet de cette punition, l'P^mpereur donne le décret 
suivant :)K*HI8SÇ + îCÂ$^7ï7fft,^:^;f«=±ii£ 

?* :iç -i^- oj H JE ^m }\\ -^ 4^-7j ij T^ ^ iL mis. ^ -^^m « 

4J ^-i^ ^ s? fê" IB St "^ lî* «Xous, en ce jour, de notre palais, 
nous avons examiné les Licenciés militaires promus, touchant 
Tare, le coutelas et la pierre. Quant à la «force» de Tare, sont 
en désaccord, du Tche-U, X., X.; du C/l<^n-^•/, X., X.; du Se^lch^oan, 
X., X.: et quant au poids du coutelas, sont en désaccord, du 
Koang-tong, X., X.: du Yun-nan, X., X. Comme punition, ils 
seront exclus une fois de l'examen r/en-r/ie.» 

Personne, à cet examen, ne doit demander de bander un arc 
plus pesant que les X"* réglementaires. L'Empereur ^ JjJ Kia- 
ii*ing présidant une fois cet examen (an. 10, 1805) un Candidat du 
■$ Wi Sgan-hopi, nommé «^ ^ {H ^upn Wen-yong, après avoir 
bandé l'arc raide de 12 jfj li, vint demander, en fléchissant le 
genou, qu'il lui fût permis de bander l'arc de 14 ;fj li, L'Empe- 
reur, en courroux, s'écria : « Pourquoi ce ( -andidat, s'il peut 
bander Tare de H ;;^ (t\ ne Ta-t-il pas demandé lors de l'examen 
^ tu hoei^te ou de la répétition ^ gÇ /*oic-c/ie, au lieu doser 
témérairement venir maintenant le demander devant la Majesté 
impériale? C'est vraiment inouï; mais, pour une première fois, 
qu'on lui pardonne.» Cette n)anière de faire fut du reste bientôt 
condamnée oiTicieJiement. Car, en l'année 5 de l'Empereur ^ ^ 
Tao^koang, il fut décrété qu'au moment de l'examen, nul Candidat 
n'osât, pour montrer son habileté, aller fléchir le genou devant 
les Princes impériaux ou les grands otficiers et demander à tirer 
d'autres flèches ou à bander un arc plus raide. 

Ce même jour, \ de la lune, une fois l'Empereur rentré dans 
son palais, le Ministère de la Guerre conduit les Candidats en sa 
préaence. .A cotte audience, d'après un décret de l'Empereur 

13* 




LX.\MI;N POl'H T,R DOCTORAT MIL 

(l'iipW>!i l'OllVI-RÏ' 




A COLR D\ PAI.AIS IMPERIAL. 



108 DE L'EX/L\aeK pour le doctorat. 

Jift s men^fong (an. 2, 1852), ilè doivent se nommer jd :f ^OU" 
tfiai «votre esclave.» L'Empereur classe alors les Candidats et les 
Examinateurs préparent la liste. 



S 111. PHOMOTION Al* GRADE. 

Le r» de la même lune, jour de la notification de la liste, les 
innii^ncH impériaux sont envoyés devant le palais i^ ^] SBi t'ai^ 
houn^tivn, dans le parvis duquel se tiennent sur deux lig'nes les 
PrinceH impériaux et les mandarins de premierordre en costume de 
lour; les autres mandarins, tant civils que militaires, semblable- 
nient v(>tu8, se tiennent dans la cour du palais, et après eux tous 
\vH nouveaux Docteurs, aussi en gi'and costume, portant le bouton 
^'•^ H ^ "Arf ^ m san^tche-hieou-'ijê-ting [Prulique ( f es examen (f 
litt,, p. 191). Un mandarin de la Chancellerie impériale place alors 
la liHt<î jaune sur une table au côté gauche do palais' 

Bientôt arrive l'Empereur et la musique se fait entendre. Les 
Examinateurs avec les autres mandarins lui font trois génuflexions 
vi neuf prostrations. Alors un mandarin de la Chancellerie im- 
périale prend la liste et, au seuil du parvis, la remet à un man- 
darin du Ministère de la (iuerre, (jui la reçoit en fléchissant 1p 
yenou et la porte au milieu du parvis du palais, où il la dépose 
Mur une table couverte d'un tapis jaune, puis il se i\Uirc après a- 
voir fait trois prostrations. 

Le maître des cérémonies conduit aloi*s les nouveaux Docteurs 
di'vant l'Empereur et, à la voix d'un héraut qui proclame :^ ^ 
f/eim^lcUc, « il y a ordre de rEmpereur»^ tous les Docteurs se 
mettent a genoux. On lit alors ce décret impérial - J^ ^ ^ ^ 

f Sfî ^ B,* i» ^ 4p.j8 M 3R T se *,« - tP H ft îi ± 

"Nous, par choix fortuné du ciel. Empereur, faisons savoir ce qui 
Huit: L'année N. de Koang-siu^ tous les Licenciés militaires qui 
sont venus de tout TEmpire, ont été examinés au palais; nous 
accordons aux Docteure de la 1ère classe le titre de jÇ ^ J: JJ 
Î8 ou-/^'ni-c/ie-lfi-fi; à ceux de la 2® classe, (elui de ;^ jg «j^ ^J 
fk ou-tsin^die-tcli oii-chen, et à ceux de la 3® classe ^ celui de ^ 
W ÎÈ dr ffi îâ* ^'^^O'OU'ti^in-che'tch'ou^chen,)} 

Le héraut proclame aloi*s le nom du l*"" de la V^^^ classe: 
celui-ci se lève, s'avance un peu et se met à genoux, ce que font 
également le 2* et le 3* de cette classe, à l'appel de leur nom. 
On proclame ensuite les noms de quelques-uns de la sec^onde et 
<le la troisième classe, mais ils ne se lèvent pas. 

Le premier Docteur s'appelle |^ Jf)^ X Ou-lcfiofing-ifuen; le 
second ft^ ^ QK Ou-pang-yen ; le troisième ^ ^ ^ Ou^i'ari'-hoa; 
le quatrième, qui est le premier de la seconde classe, ^ ^Hi 



m, DE l'examen définitif i)F. doctorat. 109 

Ou-tcli'oan-hu. Toua les aiitrrs s'appellent simplement j^ ji i 
Oi(-f«iii-c/if. 

Tous UGUX ijiii sCr ti-ouvL-itt dans une de ces trois classes ont, 
par le fait môme, le titre de ^ ^ c/i^-uet «Oarde-du-corps.» Ainsi 
le !"■ de la 1^" classe a le titre de tiarde-du-corps de 1"« classe 
(_ ^ f$ fi i-ti-no-d<p-w>>. 3" ordre aupt^r.) (1): le ?' et le 3" de 
cette même classe ont celui de Garde-du-corps de 2° classe ("^ 
^ ^ eul-teng'Che-wei, 4° ordre Slip.). Les Docteurs do la 2" cUsse 
(~ Ç eitl-hia) ont le titre de (ianle-du-corps de 3' classe (^ ^ 
f^ K$ nan-leng-clip-wei, 5" ordre SHp.\ et ceux de la 3* classe {3 
^ ëan-kia] ont celui de Garde-du-corps à «plume bleueu (Ê fSi 
^ D$ (an-dng-c/ie-wei, 6° ordre sup.)- I-ea autres Docteurs ont, 
soit le titre de ■î^-'^fll yng-cheou-ppî «Capitaine dans les camps» 
(5' ordre sup.). soit celui de ^ *^ ^ w^i-c/ieOM-pci' «Capitaine 
préposé au transport du riz du tribut» (5" ordre inf.). 

Ainsi, en 18fl4, ont été promus: — Gardes-du-corps : de 1*" 
classe, 1; de 2' classe, 2; de 3* classe, 20; à plume bleue, 32, 
soit, en tout, 55 qui sont restés à {'é-king^ cbargés de fonctions 
militaires; — Capitaines : dans les camps, 52; pour le transport 
du riz, 20; qui tous sont retournés dans leurs provinces. 

La proclamation des nouveaux Docteurs terminée, ils font 
trois génuflexions et neuf prostrations à l'Kmpercur, qui se lève 
ensuite de son trône et se relire. 

Un oUicier du Ministère de la Guerre dépose alors la liste 
jaune sur un pl.iteau appelé ^ jj ijuii-p'-an. Tenant ce plateau à 
deux mains, il sort avec les nouveaux Docteurs et tous les man- 
darins par les portes :J; ft P^ t'aî-hoiio-mpn et ^ P^ ou-men; là, 
flécbissant le genou, il met la liste dans la cbaise ornée de dra 
gons (^ 1^ long-t'ing); cette chaise, accompagn<!e par les fonc- 
tionnaires de l'Escorte impériale (^ ^ fj§ loan-i-wpi), au son de 
la musique, est portée à l'extérieur de la porte ^ $ P^ Ich'ang- 
ngari'men. La liste est suspendue là i)our trois jours dans le pa- 
villon préparé à ccl effet {i0 ^ pùiig-p'ong) . après quoi, elle est 
mise aux archives. 



Il) 'Sonn •louiiont ici lo tnliicnu ilci glabnlei vt ilea rationals <les 9 onlrei il« ninlula- 
miiitjûroi (Cf. Fr. ex. lit. p. 11. not. 1.). 



c-ioi-^^--' SI n "--■>-"i. 

' ' ^l-jj^ Honfl-paif^lui piene iirëoicu 
P ' ^MJdlt ','AnN-Âiiii-tf»ir DOnil nnig 
3 I SSS lniH-pno-rhe Weu tr«iiii| 

* tllT4r5 Ti'inp-tiii-tJir Weu o|in<|ii 

* I A&ÏÏl ChnfHiiHp-liHg eriiilMl. 

<> I «en TeJ,-é.k'i«.liBg \Arne blnii 

* l «ftlH .S,.--iin.(,-«s or. 

* I HitXR, Lnm-km-llag Aoti. 
'*' Wail(Zrou-.v„.f;ny ■ ntscnt. 



S? 


K'iJiag 


iiuloumi<. 


Se-iK 


f«li> leo. 




l'w 






Hoa 


feli. tieri». 




Hioog 


tirai» tibetnniiH. 














ffiJI 






iii+ 







110 OE I.E.\A«EV l'OI 11 I.E DOCTORAT 

I><!8 ([uo lEscortft impûriak- et les nouveaux gradui5» ont passé 
la i»orte ^ fj im-men, on prési-nlc au pioniier Docteur une armu- 
rr. cnBijUf el cuirassu ^g tp h-oei-liia;, dont il se re\H pour être 
aocontpagné procossioninïlh'iiu'nt i'i son lo^is par les soldats et Ittt 
9iilclltl<<s~ 




<'()STrME Dl' PREMIKK UOCTRI'U MILITAIRK, 

,r.,.,ù.i-,u.„,o.i.™".«±«»H«. 

Le lendemain. G, un grand hj»ni|ucl. dit -^ pÇ ^ hoei-ou-yen 
<M «ani au Minisl<^rc de la (liionc (1). et l'Empereur désire spë- 
«^(tlcment un grand mandiirin pour lu présider, avec le titre de 
^ ^ ;J|; g /r/mu-î/i'ii- 1,1 -/(/l'en. Avant de se mettre à table, le 
J*î^idcnt, les Kxjiniinaleurs et les autres l'onctionnaircs, avec les 
MMIVORUX Docteurs, lous en costume de cour, font ti-ois génufle- 
xions et neuf prostrations en l'Iionncur du t'Kmpereur: puis les nou- 
X^MtUX Docteurs saluent les examinateurs comme leurs maîtres. 
A|tirès le banquet, tous font encore une génullexion et trois pros- 
tiraltons devant la tablette (le IKnipereur. 

Le 7, on remet cinq laels d'argent à chacun des nouveaux 
IVorteurs qui, sous la conduite de leur chef, le premier sur la 
K«l<^, présentent une adresse de remerciement à l'Empereur (J^ -ft 
m A chnng-pino-sié-n(i''ii]. Cette cérémonie a lieu comme il suit. 



•1) Quiii)iH[iiB iittejiit If Oi'' iiniiivcRniiv ilp M iiromution. est invitC H eu bonquiT 



m. DE l'examen définitif de doctohat. lit 

Au temps fixe, les nouveaux Docteurs viennent se placer en deux 
files devant une table qui a été préparée à la porte ^ f^ oa^men. 
Le premier Docteur, la face tournée vers l'Ouest, porte l'adresse; 
fléchissant le î^enou, il la pose sur la table et se prosterne trois 
fois. Un héraut de la Cour des cérémonies rassemble les nouveauxr 
Docteurs devant la table et leur fait faire trois génuflexions et 
neuf prostrations, après quoi, ils se retirent respectueusement, l'n 
mandarin du Ministère de la Guerre conduit le premier Docteur 
à la Chancellerie impériale où il remet l'adresse de remerciement, 
pour être présentée à l'Empereur. 



S IV. DlSTHIlirTION DES C1IAUGE8. 

Après toutes les cérémonies de ' la promotion, le Ministère 
de la Guerre donne une. proclamation relative à la distribution 
des charges. En 189i, elle était comme il suit: Je fl? ^, j|{; 

<>Ç « J8 a. « f# «ï ffl ;i 5g fil m â^ £ + 3L «.f!f » * 

1^. « Proclamation du Ministère de la Guerre : Promus dans le 
dernier examen Tien^che, 55 Gardes -du -corps, à savoir, Tchang 
llong-tchou, etc. Le 29 de la 9° lune, à 6 h. du matin, qu'ils se 
rendent, en costume de cérémonie, à la porte siphon, extra-muros, 
et se présentent à noire bureau, ])Our être conduits de là au bu- 
reau des Gardes-du-corps, à l'effet d'être mis en charge. S'ils 
ne venaient pas ce jour là, ils seraient immédiatement exclus.» 

Cette même année 1894, ces Docteurs militaires, qui avaient 
été nommés Gardes-du-corps. se présentèrent successivement à 
leurs supérieurs à Pé-^king et furent répartis sous les trois Banniè- 
res supérieures {Pratique deti examens litl,, p. 53) pour y exer- 
cer leurs fonctions à leur tour, savoir: — 8ous la Bannière jaune 
bordée, Gardes-du-corps : de b'** classe, 1; de 2® classe G; à 
plume bleue, Il ; — sous la Bannière jaune unie : de 2* classe, 1 ; 
de 3* classe, 7; à plume bleue, 10; — sous la Bannière blanche 
unie: de 2* classe, 1; de 3* classe. 7; à plume bleue, 11. Aussi- 
tôt nommés, les Gardes-du-corps sont mis sous les ordres de leurs 
Capitaines respectifs et entrent en fonction. 

En terminant, nous pouvons nous l'aire cette question : à quoi 
bon avoir des gradués militaires? 8i, en etïet, nous consultons le 
Catalogue des mandarins militaires 1^ |g ^ S£ tchong'-tcii ou^peim 
la)}, imprimé ofliciellement chaque trimestre et offert à l'Empe- 
reur, nous voyons que, dans le nombre énorme de mandarins 
militaires, il y en a fort peu qui aient un grade. Le fait est que ni 
soldats ni chefs ne se tirent des rangs des gradués militaires et 
que ceux-ci ne se destinent point à Tarmée. A quoi servent donc 



W'I DE l'examen POLU LE i)o<:ronAT. 

\pH irradcH militaires? Ecoutons un mandarin do l'ê^king, charge 
d« contrôler les actes des G Ministères {|& ^ rp ki^che^tchong) 

nomm/? S ^ tVl ^^" ^'^^ (^)« ^I"'- en l'année 19 de J|[ 36 ^^^ 
hoanq f 1839s prc^senta à l'Kmpereur un mémoire où il parlait ainsi :' 

f( jî A,É«*»« JE:t,:f ^l« ^,¥ «F ^ ;ïî 5e**• 
«! # ô ^f-^ ia«»ft.Jta»1#«=«S^, etc. «Les Licen- 
ci/îH militaires qui, généralement bien pourvus de vêtements et de 
vivrcB. connaissent à peine les caractères, pour la plupart ne 
remplissent pas leur devoir: ils se mêlent des alTaires publiques, 
m* |K>sent en dominciteurs arrogants dans leur pays, ou bien se 
prévalent de leur titre pour susciter des procès, etc.» 

iW. que l'on disait ici des Licenciés militaires, s'appliquerait 
également bien aux autres gradués, qui, dès qu'ils ont obtenu leur 
titre, ne cherchent que leur intérêt privé par tous les moyens 
)K>88ibles. Par suite on ne doit pas s'étonner qu'au temps de l'Em- 
pereur J^ S iii^^'fong (1851-1861), quand la rébellion sévissait 
dans presque tout l'Empire, il y ait eu de grands mandarins qui, 
frappés de ce que les gradués militaires n'apportaient aucune aide 
|K)ur la guerre et voyant que les examens n'étaient d'aucune utilité 
})Our la formation de l'armée, pro])Osèrent à l'Empereur de suppri- 
pier tous ces examens. Mais par respect pour une institution léguée 
par les ancêtres (j||[ ^ JSft ^ lsoU'lson<]'ich'eng'fa.).T\cn n'y a été 
changé et ils sont conservés intégralement. Plût à Dieu que pour 
défendre ce vaste empire, un autre système fût adopté, en rapport 
avec la pratique des peuples de l'Europe î Tel est le vœu de tous 
les amis sincères de la Chine. 

(1) Ce mandarin avait pour nom vuJgHiro ^ fK Yu-tche ; il était originaire de 
'h SouB-pi-éfccture de ^ jï Ttin-kianff {itrcfecture i\e ^ /H Tnie n-trheou, itrovince du 
FoU'kien ) ; il fut pi*omu académicien la 22" année du règne do jB St Kia-kHng (1817); 
puii. la 21* année de ÎS /L Tao-koang (1841) fut nommé Intendant régional ( jR S 
tao-Vai ) à Chanff/uii. L année suivante, <iuand \c6 Anglais dan» la «guerre de ropiani» 
bonibanlèreut ^ Î|*A Ou-ëona près CiuaiuHMi^ il «'«nfuit à ^ Ql H^ng-kiawj, Voir 
la Chi-onologio de Ch^iuylutL f^ f& Jl jft Ifê ïë ' 



• ♦ .^ 



TABLES. 



-«o:4<o«- 



I. 



DECRETS IMPÉRIAUX ± H CIIASG-YU 

ET 

DÉCISIONS MINISTÉRIELLES |p ^ POU-I. 



IL 



EXPRESSIONS TECHNIQUES 

CONTENUES 
DANS LE CORPS DE LOUVRAGE. 



III. 



TABLE DES MATIERES. 



â*^ 



TABLE 1. 



' j 



-<K>:*;cyo. 



TABLEAU 

Par ordre de date des 

DECRETS IMPÉRIAUX J: fff CHASa^YU [ 

ET DES 

DÉCISIONS MINISTÉRIELLES % H POV-^l, 

CONCiSRNANT LES EXAMENS ET CITÉS DANS CET OPUSCULE. 



•'> •'■ 



ty ». 



A\ B. Le premier ehilTre indique Tannée de règne; le«econd, 
placé entre parenthèses, l'année correspondante de l'ère chrétien- 
ne (1) ; le troisième, la page. 



SOUS L'EMPEREUR jlg ^ CHOEX^TCHE. 

8 (1651) L*usage des chevaux de poste est accordé aux Licen- 
ciés du Yun^nan qui vont à l'examen. ... ... ;.. 94 

17 (1660) Suppression de Texamen sur les exercices gymnas- 

^l«JUC7v« ••• ••• ••• ••• •■• ••• ••• ••• ••• 9 ■'• m 



SOUS L'EMPEREUR Jg BR K'ANn^H!. 

13 (1674) L*examen sur les exercices gymnastiques est rétabli. 4 
32 (1693) La cible de tir à pied est placée à 50 ^ hong de 

m C*K^i^AlC7ft • ••• ••• ••• ••■ ••• •«• ••• ••• ••• ••• vVf 

47 (1708) Sous les seules Bannières chinoises on pourra passer 

les examens militaires 45 

48 (1709) Certains copistes et les Jf^ ^ yn-chen sont admis 

aux examens pour la Licence militaire 43 



(1) 8*U Êê timive un ooan «le Touvriif^e quoique* iiombree qui ne eoMcordent '|ia9, II9 
fiai vent ^tre oorri^éi par le |>ré«ent tibleau, 



116 TABLES. 

SOUS L'EMPEREUR ^ ]£ YOXG'TCIIESG. 

1 (1723) Permission aux Bannières Mandchoues de passer les 

examens militaires. ... 45 

7 (1729) Tout Gouverneur, examinant des Candidats, doit 

prendre un Général pour assistant 41 

11 (1733) Signature de cinq concurrents en garantie mutuelle 

pour l'examen de Licence 5? 

id. On ne doit pas enlever le sceau apposé sur le visage. 65 

12 (1734) La faveur faite en 1723 aux Bannières Mandchoues 

de passer les examens militaires est retirée 45 



SOUS L'EMPEREUR ^ fg| K'IES^LOSG. . 

3 (1739) Confirmation de l'acte de 1733 prescrivant signature 

de cinq concurrents à Texamen de Licence 52 

9 (1744) Les Bacheliers de 60 ans ne sont plus admis aux 

, examens de Licence ... ... 3 

i8 (t7^S3) Lès Licenciés de 60 ans ne sont pfus admis aux exar 

mens du Doctorat. .■...'..- ...**..! 'i 

21 (1756) Le sceau s'applique aux bras, non plus au 'visage. 63 

24 (1759) Dans les exercices gymnastiques on ne peut sans 

irrégularité user de touis Ibs instruments N** 3. ... 72 

25 (1760) Oi\ détermine la raideur de l'arc pour le tir à che- 

val et à pied... » ..." ... 7 et 52 

id. Une seule répétition du tir à cheval dans reixamen 

'' ■ "• Ha 1 Ai*tii\c»f^ .. t .;....' .1»; i»j 

\A V M-À A\/dJV^\^. ••• .a. ... .». *•. .•* .... ... ... W 1 

id. Les Candidats, dont trois flèches sur sept atteignent. 

le but, pourront se présenter aux exaltions ùltëri'èùrs. 63 
id. Distance de la cible pour le tir à pied fixée à 30 

^^# Mm\^i€'ë ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ^^^# 

id. Six flèches a tirer à pied au lieu de neuf flèches... 66 
id. L'examen //oet-c/ie est indispensable ,,, 98 

26 (1761) Aucun Licencié ne se présentera aux examens ul- 

térieurs sans avoir donné sa déclaration per3on-' . 

36 (1771) Détermination de la couleur d'encre que les Exami- 
nateurs doivent employer ., , y. .a- 83 

40 (1775) Institution de la répétition de l'examen Hoei-che.., 103 
42 (1777) Les chevaux de poste sont accordés aux Licenciés .^ 
du Sin-Kiang pour leur voyage. ... .... ... ..." 94 

45 (1780) Les Candidats n'ont pas h niarquer s'il peuvent 

bander un arc plus raide que celui de 15 ^ h'... 73 

51 (1786) Chacun tire à pied six flèches de suite 66 

53 (1788) Publier les noms des Candidats admis avec rndica- 

(1 vil vit' •!$ Ivlllric;^. ••• ••• <•• t>» f.«. .••' t.*. -•■.. fO 



I. DÉCrtETS IMI'KIUAUX ET DÉCISIONS MIMSTÉIUELLES. 117 

6 (1801) Le Ihcmc sera iniprinn' avec les noms des nouveaux 

L» • r ^ Q r 

IL.'V.ll\.*txO«»a» ■•• •■■ ••• ••• ••• ••• ■•• m • m ••• VJ Km 

id. La déclaration personnelle ainsi (jue les cahiers de 

transcn})tion sont soumis à la révision 89 

12 (1807) Au lieu de la dissertation, transcription de mémoire 

d'un passay:e du ^^ ^ <)U'hinrj .'> 

id. Qui ne tou(^lie pas la balle nest pas exclu de l'exa- 
men G3 

id. Détermination des cas où linfériorité de la transcri- 
ption jKuit faire r«'joter un Candidat.. 8'i 

18 (1813) Suppression de l'exercice du coutelas 4 

id. Les irradués littéraires des Bannières sont admis à 

l'examen pour la Licence militaire 43 

id. Tous les hommi^s des Bannières sont autorisés à 

subir les examens militaires ..» 4.") 

id. Les Tarlares en irarnison dans l'Empin^ peuvent 

passer l'examen dans leurs ])r()vinces 45 



SOIS L'LMPKnEl'R jg % TAO-KOASG. 

(1820) L'exercice du coutelas est rétabli 4 

5 (1825) DéFense aux Candidats de demander, au moment 

de l'examen, à bander un arc plus raide 105 

G (1820) Ne pas recevoir des Candidats indignes pour com- 
pléter le nombre lixé 3i 

id. Si, dans la répétition, les Licenciés ne peuvent réussir 

trois fois, ils sont seulement privés du titre de 

()a-lwn(j~rho 103. 

11 (1831) Choix de 2\> Candidats sur 100 pour établir la liste 

de promotion .-73 

13 (1833) Si l'on ])rend une fois l'arc n" 3, il faut prendre le 

coutelas et la pi(M-n' n" 1 73 

id. Pour établir la liste de promotion, les Examinateurs 

prendront d'abord les cahiers notés ''très bien." ... 83 
id. Le succès d<* l'cvxamen militaire doit dépendre prin- 
cipalement des épreuves extérieures 83 

14 (1834) Deux Examinateurs sont punis, pour avoir fait passer 

d'abord les cahi(»rs seulement notés ^'bien" 83 

15 (1835) Punition d'un (iouverneur jmur avoir laissé bander 

un arc de» IH 'j] H 73 

id.* Institution de la répétition de l'examen pour les Li- 
cenciés reçus à l^r-ltinrf 97 

23 (1843) Quand l'Empereur nomme les Examinateurs de Pé- 

15 



118 TABLES 

king, il leur désigne» .lussi renceinto 43 

2\ (t8'i4) Les Hacheliers littéraires en garnison et les Bache- 
liers traducteurs peuvent passer l'examen de Licence 

I 1 A 1 1 J vClr 1 J\,* •■• ••• ••« ••• ••• ••• ••• ••• ••• •■• « ^^ 

id. Ils peuvent se ])résenter aussi à l'examen du Doctorat. 43 
?6 (tS'iG) Dégradation d'un (Gouverneur qui avait admis un 

Bachelier de 8'* ans à passer l'examen de Licence. 3 

27 (I8i7) Sept Licenciés du /v.ui-xou» sont privés de leur grade. 89 



SOI 'S L'EMPEREl'R ^ g HIEN-FOXO. 

2 (1852) Les futurs Docteurs, à l'audience impériale, doivent 

se nommer «Votre esclave» 108 

3 (1853) Droit d'admettre un Licencié militaire de plus, ac- 

cordé moyennant contribution de 300.000 taëls. ... 46 
5 (1855) Les Candidats des Bannières formeront le dixième 

des promotions 46 

G (1856) Répétition de l'examen pour la Licence exigée pour 

tfVj \M l;lv^lll|/tlv'« ••• ■•• ••• ■•• •■• ••• ••• ••• ••• iM m 

9 (1859) L'époque de l'examen Hooi-che est reportée de la 

f / 1, J vl llvyCllct.C'»«* ••• ■•• ■•• ••• •«• ••• ••• ••• vO 



sors L'EMPERErU ig if{ T'OXa-TClIE, 
1 (1862) Dispense de transcrire le thème donné par les exa- 

1 1 J 1 II C% %^ SM lZ^«««fl ••• ••• ••• •■• ••• ••• ••• ••• ••• é %r 

id. Trois cas dans lesquels la transcription doit être 

E C I V.» K V. \^ m ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• ••• *«• **^ ^^ * 

id. Epoque de l'examen Iloei-che iixéc à la 10® lune.... 93 
12 ^1873) Le nombre des Candidats militaires des deux pro- 
vinces du Kiang-nan, ])our la promotion à la Licence, 
pourra varier sans limite et suivant leur mérite. ... 46 



SOUS L'EMPEREUR ^ j^ KOASG^SIU. 

8 (1882) Les Bacheliers militaires sont tenus de passer Texa- 

men triennal ]^ ^ Soei-h'no 37 

14 (1888) Un Censeur impérial est dégradé pour avoir donné 

une note imméritée 89 



K ^v./ « 



119 



TABLE IL 



EX1»HES810XS TECHNIQUES 



CONTENUES 



DANS LE COUPS DE L Ol VHAGE 



-•»Oj<teî'*^- 



.V. B, On ne trouvera pas dans et* tableau les noms propres 
de personnes ou de lieux, non plus i[uc les expressions, du reste 
fort rares, renfermant plus de cinq caractères. 



G 



F 



flIîWp Chanhouting, 109. 
Jl î^ iH JS Chang-piao-sié-ngen. 

110. 
^ fll Che-i, 16. 
U^ Che-k'iuen, 21. 
^5 (ÈJ X ift Che-pi-ki-tchoang. 71 . 
IHi-7 Che-tse, 109. 
^ti Che-wei, 109. 
SSlIf Cheou-k'iuen-koan, 42, 

103. 
H/i H Gheou-ma, 16. 
l^lit^ Cheou-tchang-koan, 42, 

103. 
H jrf Choang-hao, 12, 73. 
^iSlI Choei-tshig-ting, 109. 
^ Chou, 79. 

E 

^ijl Eul-hao, 11. 

Zl ^ Eul-kia, 109. 

HijJ Eul-tch»ang, 4, 16.26,41, 

93. 
Zl ^ Euî-teng. 51. 
H^ ^ ÎK Eul-teng-chc-wei, 109. 



m 

m 
Ml] 






^ Fa-lo, 34, 38. 
S^'ë Fa-raa-koan, 42. 
^ jg Fa-ma-tclrou, 16, 58. 

n? ^ B Fan-i-cheng-yuen. 43 
If Fan.t*ai, 52, 85. 
Fou, 42. 

Fou-che, 93, 105. 
ÎJÎP^ Fou-hoa-men, 104, 105 
^ Fou-k'ao, 3. 
^ Fou-pang, 85. 
^ Fou-tcheng. 42. 
ai DE Fou-tou-t^ong, 25. 
^ Fou-yn, 42. 

H 



fS.B| Hai-ma, 109. 
81^ Hao-che, 11. 
^^ Ilao-kong, 11. 

;Ç ITa--kiun, 45, 46, 99. 

tp llan-yj, 18. 
^ gg TTeou-p^a, 85. 
^U "iang-c'e, 3. 
JÈf,^ Hie^-kvo, 3. 
^ Bip Ilioche, 3. 



1*?0 TAItLES 

$^ Ilio-ngo. 3 4. ic^Hv E Kiao-ché-la-lchen. 

$^ Ilio-tC^i. 3. 'iv\ 03. 

^ Ilio-lché, 3. ^ipi Kiao-tch'anir, 15, 25. 

riiong, 109. j^'ïfî Ki('-tan, 15.^25. 

#!* lîo-cho. 12. 33. fô?^ Kion-cho, 42. 

^M Hoan--tché, 104. ^kUf: Kion-che-koan, 103. 

^^Iloei-chc. 3, i)3, 07, 08. Ê M X* E Kien-chc-ta-tch'cn, 

99, 105. 42, 03. 

^ :K ^ Iloei-ou-ycn, 1 10. ^ g^ ^^^p ^ Kien-che-yu-che, 74, 

*I*ê lîong-kio, 34. 03. 

JIM^ Ilong-lou-se, 104. Bf ^> fV KitMi-koii koan, 42. 

ICW^ Homr-paoche. 109. ^^f, Kion-lin. 41. 

J^ llou, 100. j^É^âï Kien.siuen-leng-li, 

Si^ llou-kié, 15. 00. 

^C n '?C Kien-cul-ls"e, 38. 

% — "JK K*icn-i-ts'e, 38. 

^ n/i Ki('ou-])'in, 43. 

Jp kin. Il, 7,11. 
fg- >^ 1-chenir, 34. ^/j ^ Kinir-kong, 11. 

ÇÇJil I-ma, 94. ^\M:f\ King-yun-mcn, 105. 

jg^ JÇ^ I-ngan-ou-chcntr. 51. ^ r^ Kio-kong, 11. 
J^âîflîl I-soei-tso-k^o, 51. JJ, ;J Kiu-Aven, 21. 

— ^ 1-teng. 51. r]^ Kiiu'', 18. 

— ^fè^ I-tcng-che-wei, 100. 41^' K^o-k^ao, 3, 51. 

'g' ^ Koan-chcng, 45. 
J B3 5^C H^ Koan-lbu-lsc, 34. 

gg ^^ Koan-li. 55. 
^^ Jen-pao. 25. /X Êfî K*oei-kia, 110. 

3 Konir. IL 5, 10, 57, 66. 
J[\^ ^ ^ft' Kong-chao, o. 

^ ^ Kong-che, 79. 
Pg i^ K'ai-kong, 4. ^ :& Kong-chen, 5. 

^^ K'ai-liué. 52. îî 4î Kong-cheng. 37. 

^ K*ai-man. 20. ^ g^ Kong-hien, 5. 



I 



PB SJ ft^ï^'^i"t^'h'ou-hao-kong, pJ ^(S Kong-k'cou, 5. 

67. ^^^'f\ Kong-kiu-fei, 94. 

^^ K'eou-cheou, 11. ^ ']& Kong-pa. 5. 

^ Ki, 79. ^ flff Kong-l'ai, 5. 

I^^^t* Ki-che-lchong, 112. ^ Ff^ Kong-lchoei, 11. 

^ ;^ ^ Ki-li-kong, 7. *4 f $ Kong-tchoei. 11. 

lE ^ *& Ki-tsien-koan, 42. 57. "^ ^ Koncr-lien, 5. 

^ iJ K4-ché, 4. ;g; j^ KonZ-vuen, 77, 89, 90, 98. 

% A K'i-jcn, 25, 43. % Kou, 00.^ 

îftlB^ K'i-ling, 109. ^h^^\h Kou-ping-fa, 4. 

ti'H K4-yong, 4, 41, 67. ;^. Zp K^ou-pMng, IT. 

JU Jl Kia-ngo, 47. 3c l^o"<^- ^0. 

^TC J5 Kiai-yuen-tchou. 84. iS ^ Kouo-l'ang, 97. ^ 



VIOLE: 



lit 



L 

jg ^ Lan-chnn, 34. 

S-jfîJ Liin-imo tlic. 109. 

WM Lci-kou, :)7. 

H ^ 1g Leou-kin-tinç, 109. 

a SU Leou-vn-lini:. 109. 

ij Li, 7, 11,52, C."i. «7. 73.8ô(. 

8:.. 98. 105, 
ma Li.fans, 15. 
SI fie Li-pou, 15. 
Mît [<Jaiii>.tao. '|2. 
M ¥ K Lio-tse-wei. 43. 
M ^ Lieou-t'ang. 80. 
Jl 4 Lin-chenî, 38. 
*S Lin-pao, 3, 15. 
»«[îe Loan-l.wei, 109. 
fil j^ffi Long.hou-pang. 8'i. 
Bl n I-onj-mun 77, 80. 
Il ;? Lonî-l'ini.', 109. 
ajB Lou-i, 51. 
Sm. Lou.fiao, 8i. 
» Lucn, 5. 

M 



s q Ma-kong, 7. 


iS iS Ma-lou, 10. 


J^ ï& n Ma-Iou-k'eou. 10. 


S É M«-po. 8. 


gît Ma-t«o, 10. 


^ ^ .Ma tsien, 7. 


«m Man.fou, 52. 


lk%Né-M, 1,21. 


iJHlï Mi-rong. 83. 


StJtgMl.fong.ko.-,n. 12 


ÎH ^Ê Micn-hoa, 20. 


« a Mo-k'an. 89- 


N 


ftfflSd.ko, 104. 


S JS iN'ci-lch'ans, 4, 21. 



ftlïM Nci.fi-l-iao, 42. 

,e. a M S Ns:en.cheii.ju-lou,72. 

.g. IB NSM-k'o. 4'- 

)^ ^ Nou-lsai, 108, 



g. Ou, 11. 

gS;^ Ou-chtng. 75. 

^flï^ Oii-fou-k'ao, 25. 

iS WIS Ou-liiang-chc,!I, 93, 97, 

98. 
a imS Ou-liiang-che-lou, 85. 
ï^ #P ^ â Ou-hiang-hoei-che, 

H. 
g.U^ Ou-hien.k'ao, 15, 25. 
51;^ Ou-hio, 3. 
â'fl; Oii.hoa, 20. 
5.^^ Ou-hoa-tchou. 84. 
K # S Ou-hoai-che, II, 93, 97, 

98, 103. 
Bt#M Ou-hoei-k'oei, 99. 
1^^JC Ou-hoei-yuen, 99, 
k IWtC Ou-kiai-yucn, 85. 
JÇ fiiou-tii-n-rlKnï,43,51,75. 
JjgOu-kfng, 1, 5, 19, 21,27, 

33'. 38. 11. 51, 76, 78,79,85, 

98. 103, 101, 
SÇ lÈt Ou-king-k'oel, 85. 
itffi H -F Oii-king-san-tse. 4. 
JÇ» A Ou-kiu.jcn, II. 
k * A S IjÎ Ou-kiu-jen-fou-che, 

97. 
S»S Ou-klu.k'o, 41. 
j;.)tt Ou-k'oei, 84. 
R R d: Oukong-chc, 99, 103. 
fiVmU Ou-kong-ohe-fou- 

elle, 103. 
'ffl Ou-men, 104,109,110,111. 
Rjjiri Ou-miao, 3, 34. 
*»ffiOii-pang.yen, 108. 
R # :t Ou-sieou-tsai, II. 
sa* "u-wei-l'ao, 37. 
s: JS ffi Ou-tan-hoa, 108. 
^.j] Ou-tao, i. 
jÇ1êliMO"-l»'>'anS-t''»o-li.lI- 



100 

1 ^ ^^ 



TABLE^^. 



tfC flif M Ou-tch'oan-lou. 108. 
fÇiW5c Ou-lohoang-yuon, 108. 
iCS^^ Ou-t'i-mincr-lou, 85. 
|Ç IB ^ Ou-lien-cho. il, 93, 103. 
^jit Ou-t^ong, 3, 15, 21. 
kiK Ou-rong-che, II. 
K St ^ Ou-t'ong-chcng, 3. 
^jtti Ou-tsin-chc. II. 109. 
^ É ± S ® Ou-tsin-chc-ki-tu. 

108. 
|Ç îi ± ffl ^ Ou-tsin-chc-tch^ou- 

cheng, 108. 
BÎ Bc :^ Ou-yuon-k'ao, 31. 

P 

/\-^ Pa-k»i. il. 
A g Pa-lchc, II. 
$e+ Pa-lsc, 8. 
$ Fai, 15. 
aîflt Pai-pao, 25. 
t^^ Pang-p'ong, 85. 
#flg Paiiff-p'ong, 109. 
Ï5 Pao, 109. 
^ ig Pao-minc:. 16, 51. 
^:^ Pei.hoar20. 
*PS?« Pei.pan-yn, 90. 
âîlÔiA Pi-tic-che, 43. 
^ Piao, 57. 
a^ Piao, 109. 
I^M Ping-fang, 15. 
^^^ Ping-hing-fci, 52. 
^^ Ping-pou, II, 15. 
^It Pou-ché, i. 
^JIR Pou-fou. 109. 

É^ Pou-k'ao. 28. 
^ ^ Pou-kong, 7. 
:^ fê !^ Pou-neng-sié 
^îêE Pou-pa, 8. 
;i]^ ^ Pou-tsicn, 7. 
^^ Pouo-fou, 34. 

S 

H SE ^an-hao, 1 1. 
^Ç San-kia, 109. 



8't. 



-- ^ i^ San-li-kone:. 7. 

H^ 8an-tch'anff.^ 4, 21, 27, 

H, 93. 
H tt "ft* ^ IH San-tche-kicou- 

yo-ting, 108. 
H ^ + ^ San-teng-che-ming, 

51. 
H^ ^ IS ï^an-teng-che-wei .109. 
K ^ Se-wei, 43, 98. 
W 8ft Si-lou, 77. 

W^ Ki-wei, 43. 

>1^ ^ Siao-p'ong, 57. 

^^B3 Sieou-tse-wci, 43, 89. 

]êS?^ Soei-k'ao. 3, 31. 37, 51. 

81 .g 8oci.yng, 37. 

9^^ XI Sou-kin-ting, 109. 

T 

J^ 7] Tatao, 11. 

iC fu j^T'ai-houo-tien, 104,108. 

ifc ft P? T\ai-houo-mcn, 109. 

SR é Tanhao, 12, 73. 

li Tan, 10. 

j:^ p T'an-k'eou, 10. 

J} Tao, 11. 

^'^ Tao-sié, 84. 

^è Tao-t^ai. 112. 

JfTî :^ Tch*a-cheou, 11. 

î^^'g' Tthanir-hao-koan, 42. 

^ :fÊ Tchang-hoa, 20. 

5!l ^ ^ Tchang-tse-wei, 43. 

^^ Tch*ang-ngan, 21. 

^ ^ P^Tch'ang.ngan-men,109. 

i^j;j5" Tche-che, 11. 

fë B]^?l'Tche-ie.kao.cheng,72. 

JB^® Tche-konir-kiu. 93. 

J9lk$ Tche-ou-kiu, 93. 

;^ Tché. 11. 

^ Tch^ë, 4. 

W^îHI Tch^e.k*iu-ting, 109. 

JE Tcheng, 42. 

jE ^ ;R ^ Tcheng-ngan-ou- 

cheng. 51. 
^•^ Tchen-t'ai, 42. 
M'^^lâ Tch'eng-chcou-hié, 43, 



II. EXPIŒSSIONft TECHNIQUES. 



123 



i^^S Tch*en-tse-wci, 'i3. 

É9 jMI Tcheou li\ 79. 

1^ Tch^eou, 65. 

4rtfS{ Tch*eou-ycn, 61. 

i^ Tchoang, 71. 

tj3 ^ Tchong-chou, 43. 

4* ^ # îï Tchong-tch'ou-pei- 

lan, 111. 
4* fli itt^Teliong-tch'ou-tcheng- 

k'ao, 32. 
rf» g Tchonir-wei, 43. 
É-4fc#SCé Tclrong-fou-hoci- 

ou-yen, 110. 

fi*t*ftê Tch^ong.fou-yng- 

vang-ven. 90. 
Kl^ Tchou-fang, 25, i3, i5. 
til 9t"^ Tch^ou-hao-kons:, 67. 
±^ Tchou-k'ao, 41. 
+. ^ 'g'Tchou.k'ao-koan,i2,93. 
^^ ïchou-liué, 52. 
î ^ ::t E Tchou-yon-ta-tclrcn, 

tlO. 
fôlSP^ Té-cheng-men, 43. 
BiSJg T'cou-hao, 11. 
Si# T^eou-p'ai, 61. 
0^ T-eou-tch*ang, 4, 15. 25, 

41. 93. 
^3i Ti.kMeou, 61. 
ISIf — . i^ Ti-san-tch'ang, \. 
^^ T'i-fou, 21. 
HiÈ T'i-t'ai, 42. 
JSH T'i-tche, 104. 
Hm TM-t'iao, 42. 
tt A J3^ ^ St T'iao-jou haotse- 

hao, 12. 
:ft3g T'iao-siuen, 12. 
^M T'iao-ts'iu, 12. 
SI se Tien-che, 93, 103, 105. 
K fi Tien-ming, 16, 25. 
9k ^"Ë Tien-pang-koan, 103. 
3Ç^ff T'ien-p'intr-tch'entr. H. 
IIJ8 Ting-tai, 109: 
^ Tong, 65. 
UCÏfîTong.lou, 77. 
J^m Tong-wei, 43. 
jj£ ^f: T'ong-chcnî?, 15. 
pé'g^ Tou-k^iuen.koan. 103. 



^Hh'fâi Tou-tchong-hié, 43. 

Jg :5' Touo-che, 4. 

;^:^ Ts'ao-pang, 98. 

^H 4^ Ts'^ao-p^ino', IT. 

^*lî?l Tse-koang-lvo, 104. 

'M X Tsc-wen, 93. 

Jg- /^^ Tscng-cheng, 38. 

îlÇ SE Tsiang-t'ai, 55. 

^ ^ TsMang-yen, 90. 

^ Tsien, 7. 

^ &i Tsien-kan, 7. 

^^ Tsien-kouo, 7. 

^^ Tsicn-lou, 10. 

•^ ^ Tsien-siu. 85. 

^^ Tsien-tMng, lOi, 105. 

lïJS Tsion-toan, 7. 

^ f^ ^ Ts'icn-tse-wen, 43. 

-f-i^ TsMen tsong, 99. 

^ ^ Tsieou-meou, 79. 

W^^ Ts'ing-kin-che, 109. 

^ jgt Ts'in-kong, 89. 

jjîifît^Ts^in.kong-tan, 26. 
^^ Tsio-tiiig, 31. 

il^^ iS i^ T^sou-tsong-tch'eng. 
fa, 112. 

w 

^^^ Wai-t'ao, 15. 
^hijli Wai-tch'ang, 4, 20. 
5Mif9 Wai-tM-t'iao, 42. 
jÎ J\, Wci-che. 81. 

IS'ïffiS) Woi-choou-pei, 109. 
i^^ Tsong-ngo, 47. 
•^ ^ Wen-l'ong. 3. 



r 



Y 



fSiM Vang-k-i, 57. 
: Mm UW. Vcn-juni-je-ki, 80. 

É?^<^ Yen-siun-lao. 'i2. 

^ Yeou, 25. 

^ m Veou-tcho, 108. 

jg>?^ Yn-cheng, 19. 

^ ^ 1A' Vn-k^iiion-koan, 42. 
; 51 fi Vn-Lian, 20. 



124 TABLES. 



^ Yn-kong-lsicn, 80. jH ^ ^ Yng-yang-yen, 89 

l^^è Yn-pi-koan, 42. ^ Si Vu-che, 42. 

S*3Hi Yng-cheou-pei, 109. ^^ Yucn-k'ao, 3. 

^4 Yng-kong, 11. j^; ^ Yucn-ngo, 47. 

^sSK Yng-lsao-lch'é II. .^^ Yun-pSin, 109. 



I 



*«» 






III. 

TABLE DES MATIÈRES. 



. - 1. 



».i.' . 



Préface, page I. 
Remarques générales, p. III. 



PREMIÈRE PARTIE. 



DE L'EXAMEN POUR LE BACCARAURÊAT. 



CHAPITRE I. 

I 

NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 

.^3 ii;i;> ^ — • -'' \, %\. Des Candiddta. p. 3. ' ' 

;• 
Dénomination; âge des Candidats. — Leur Patron. — Leurs 
Répondants, Directeur et Examinateur. 

S II. Sujet des examens, p. 4 à 5. 

Xir à Tare à cheval et à pied. — L'arc rakie, ie grand 
coutelas, la pierre. — Transcription de mémoire. — Phases 
historiques. 

^ .^. . • . . S III. Nomenclature, p. 5 à 11. 

Arc. — "jj Li, mesure de la raideur. — Flèche. — Cibles. 

— Carrière pour le tir à cheval. — L'arc raide. — Le coutelas. 

— La pierre. 

§ IV. Notes données aux examens, p. 1?. 



« • *t 



«Passable». — «Bien». — . «Très bien». — Choix parmi les 
premier^.., >,. 

- .. - . 

iO 



i26 TAULES. 

CHAPITRE IF. 

AXAMES MIÏ-ITAIRE DEVANT LE SOUS-PRÉFET, ^ fSf^ ^ OU'ffIEN'K*da 

SI. Préparatifs de V examen, p. 15. 

Époque des examens. — Bureau de la guerre. — Certificat. 
-— Signature et sceau. 

§ II. Première session, g[ ^ t'eou^tch'ang. p. t5 à 16- 

Di vision en bandes. — Cheval. — Tir. — Paute$ contre les 
règles. — Proclamation de son nom par le Candidat. 

S lïl. Deuxième session, ZZ 1^ eul^tch'nng. p. 16 à 20, 

Local des examens. — Tir à pied. — Bander Tare raide. — 
Brandir le .coutelas. — Lever la pierre. 

§ IV. Troisième .ss.s.^Jifm^ ^ jfL san^tcti'ang. p. 2t. 

Cahiers. — Thème. — Manière d'écrire. — Répétition. 

1^ V. Promulriation dn résultat, p. 21. 

Liste générale. — Le premier. — Les dix premiers. -. — Nombre 
des Candidats. 



CHAPITRE III. 

•"'• EXAMEN l^IILITAÎRE DEVANT LE PRÉFET, ^ fff ^ OV-FOU-K^AfK 

Jîi I. I^réparatifs de l examen, p. 25. 

Époque. — Certificat. — Candidats des Bannières. — Deux 
Répondants. 

§ II. Première session, gf j^ t'eou-tch'ang, p. 25. 

Local de l'examen. — Appel. — Tir à cheval. 

§ III. Deuxième session, ^ J^ eul-tch'ang. p. 26 à 27. 

Tir à pied. — Exercices gymnastiques. — Certificat de la 
déclaration personnelle. — Fac-similé. — Traduction. 



III. TABLE UE« MATlÈHEîs. l'27 

S IV. Troisième session, ^ j^ san^tck^ani}. p. 27. 

Transcription de mémoire. — Publication de la liste. — Le 
premier. — Les dix premiers. — Nombre des Candidats. 

§ V. Examens supiAétifs, p. 28. 



CHAPITRE IV. 

&X.\.M£N MILITAIUE DEVANT l'eXAMINATEUR PllOVlNClAL. 

1$ K ^ OU'YUEN'K'AO. 

% I. Préparatifs de lexameri. p. 31, 

Fixation de l'époque. — Certificat, — Division en bandes. 

§ II. Des épreuves, p. 31 à 33. 

Première épreuve. — Seconde épreuve. — Troisième épreuve. 

S III. Vromoiion au (jrade. p. 33 à 3 4. , ^. 

Certificat rouge. — Nombre de lauréats. — Transfert à la 
préfecture. — Promotions indues. — Répétitions. — Cérémonial. 



CHAPITRE V. 

EXAMEN MILITAIRE TRIENNAL, fC ^ ^ OU'SOEÏ-K'AO. ^ 

S I. Examen triennal, p. 37 à 38. 

Nécessité. — Exemptions. — Dispenses. — Disposition de 
Koang^siu. — Matière de Texamen. — Classement. 

Jj II. Examen triennal supplétif, p, 38. 

Manière de suppléer à l'examen. — Cet examen Hc codrère 
pas les mêmes avantages que l'examen littéraire correspondant.* 



♦28 Tables. 

SECONDE PARTIE. 

DE L'EXAMEN POUR LA LICENCE 



t' -t 



CHAPITRE I. 

NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 

S I. Époque et local de V examen, p. 'il. 

Institution de cet examen. — Epoque. — Examen de faveur. 
— Local de Texamen. — Nombre des épreuves. 

S II- Examinateurs et autres fonctionnaires, p. 41 à 42. 

Examinateurs. — Présidents. — Vice-présidents. — Surveil- 
lants en chef. — Employés inférieurs. 

S III. Division du local, p. 43. 

Nombre et dénomination variable des enceintes du local des 
examens. 

• 5 IV. Des Candidats, p. 43 à 45. . ^ ' 



* l'i 



Bacheliers militaires. — Bacheliers des garnisons tartares. 
— Bacheliers traducteurs. — Phase historique. 

S V. Chiffre des promotions, p. 45 à 47. 

ChiUre original. — Chiffre supplémentaire. — Chilïire total. 



CHAPITRE II. 

AVANT l'examen. 

S I. E,xamen ^ jj Lou-i. p. 51. 

Pas d'exam«n H ^ K'o-k'ao. — Époque de l'examen ^ jg 
LoiM. ««Matière de cet examen. — Classement. 

§ II. Préparatifs, p. 51 et 52. 

Présentation du nom. — Certificat. — Irrégularités. — Frais 
de voyage. — Nombre de concurrents. 



tu. TABLE DES MATIÈUES. i29 

CHAPITRE III. 



l'examen. 



§ I. l^cemière épreuve, p. 55 à 65. 

Cérémonial. — Division des enceintes. — Cibles. — Sacri- 
fices. — Appel. — Tir à cheval. — Présentation au Président. 

— Boule. — Conformité à la règle. — Apposition du sceau au 
bras gauche. 

§ II. Deuxièyne épreuve, p. 65 a 73. 

Salle où se tient le Président. — Cibles. — Tir à pied. — ' 
Conformité à la règle. — Arcs en dehors des types réglementaires- 
---Exercice du coutelas. — Exercice de la pierre. Force en grande 
eslirhe. — N"* exigés^ pour les instruments des excerciees gymiiMM*' 
(fues. — Apposition du sce^u au bras droit. ^ ^ 

§ III. Troisième épreuve, p. 73 à 80. 

Choix entre les Candidats. — Cahier de composition. Fac- 
similé des diverses formules au premier feuillet. — Traduction» 

— Entrée au Kong-yuen, — Thème. — Passage à écrire de mé- 
moire. — Traduction. — Transcription. — Répétition. . : . 



CHAPITRE IV. 

APRÈS l'examen. 

§ I. Classement, p. 83 et 84. 

Notes sur les cahiers. — Règle pour le choix. — - Valeur defy 
la transcription de mémoire. — Préparation de la liste. — r Al)tsfi«> 

§ II. Publication du résultat, p. 85 à 88. 

Fac-similé de la liste. — Sa traduction. — Cahiers envoyés* 
— Modèle de cahier. 

§ III. Après la jyromotion. p. 89 et 90- 

Révision. — Déclaration personnelle. — Banquet m ^ ^ 
Yng^yang-yen, — Abus. 



J30 TABLES. 



TROISIÈME PARTIE. 



DE L'EXAMEN POUR LE DOCTORAT. 



ClIAPITUK I. 

NOTIONS PHÉLIMINAIUES. 
p. 03 et 1)4. 

Division du sujet. — Epocfiio. — Série des épreuves. — Pré- 
Bîdents et Examinateurs. — Billet du Gouverneur. — Frais de 
voyage. — Direction par le Ministère de la Guerre. — Nombre 
de concurrents. 



CHAPITRE II. ^ 

DE l'examen PHÉALABLE POUR LE DOCTORAT, ^ 'Ê' l^C OU-HOEl-CHE, 

S I. Répétition de Vexamen JêÇ ^ lîS Ou-hiang^che, p. 97 et 98/ 

Dispositions des Empereurs ^ -^ Tao-koaiig et j^ 3|{ Hfen* 
fong. — Obligation. — Mode de procédure. — Punition. 

§ II. Examen ^ "^ "^ Ou-hoei^che proprement dit, p. 98 à 100, 

Disposition de l'Empereur ^ |^ K^ien-long. — Distribution 
dans les quatre enceintes. — Épreuves. — Répétition. — Nombre 
des Candidats à recevoir. — Examen pour ceux qui ont échoué. 
— Choix. 



CHAPITRE III. 

DE l'examen définitif DE DOCTORAT. |^ ^ gS OU-TIEN-CHE. 

S I. Répétition de Vexamen |^ 'ê' S£ Ou-hoei^che, p. 103. 
Révision. — Mode de répétition. — Sanction. 



m. TAHLE DES MATIÈRES. 131 

S U. Examen ||( Jg M Ou-tien^che proprement (lit. 103 à 106, 

Fonctionnaires. — Thème. — Préparatifs. — Cérémonies. ^^ 
Examen devant l'Empereur. — Punitions. — Dispositions des 
Empereurs Kia^k'ing et Tao^koang, — «Votre esclave.» 

§ III. Promotion au grade. 108 a ill. 

Cérémonies. — Promulgation de la liste. — Dénominations, 
-r- Titres divers. — Procession. — Banquet 'É' |§Ç ^ Hoei-ou-i/en. 
— Indemnité. — Remerciements à l'Empereur. 

S IV. DMribution des charges, p. 111 et 112. 

Proclamation. — Distribution des charges aux Bannières. ^^ 
Epilogue. — Conclusion. 



TABLES. 



" •m%» f 



I. 

DÉCRETS IMPÉRIAUX J^ ||^ CHANGYU 

ET 
DÉCISIONS MINISTÉRIELLES ^ '^ POUI, 

page 115 à 118. 



II. 

EXPRESSIONS TECHNIQUES 

contenues 

dans le corps de l'ouvrage 

page 119 à 1?4. 



III. 

TABLE DES MATIÈRES. 

page 125 à 131. 



ERRATA 

page 132. 



ERRATA. 






pag. li. 10* lig. au lieu de 105 mettre 100. 

., 34. 12* lig. au lieu de Bacheliers.... mettre demi-Bacheliers. 






VARIÉTÉS SINOLOGIQUES N^ 10. 



HISTOIRE 



DU 



ROYAUME DE OU 



(1122 — 473 AV. J.-C.) 



PAR 



LE P. ALBERT TSCHEPE, S. J. 



CHANG-HAI 



LIBRAIRIE DE LA IISSION CATHOLIQUE 



1896. 



- • • 



VARIÉTÉS SINOLOGIQUES N^ IQ. 



HISTOIRE 



DU 



ROYAUME DE OU 



(1122 — 473 AV. J.-C.) 



PAR 



LE P. ALBERT TSCHEPE, S. J. 



CHANG-HAI 



LIBRAIRIE OE LA IISSIOII CATHOLIQUE 



1896. 



PRÉFACE. 



J'offre au public ce travail, très modeste d'allure, 
sur Vantiqy£ Royaume de OU (1122 — 473 av. J.-C). 
Évangélisa/nt depuis des années une partie du terri- 
toire et spécialement la capitale de cette Principauté, 
son histoire captiva de bonne heure ma curiosité. 
Parmi les rares loisirs économisés dans mes courses 
apostoliques, f avais amassé quelques notes, examiné 
plusieurs monuments, compulsé certaines pièces, re- 
cherché, acquis, puis analysé quelques ouvrages indi- 
gènes, relatifs à ces époques si différentes de la nôtre. 

Mes papiers disparurent dans les incendies et 
pillages qui rava/fèrent, il y a cinq ans, la soixantaine 
de chrétientés que f administre. Les haines antireli- 
gieuses de la Chine ne sont pas moi'>is brutales que 
celles d'Europe : et, bien que plus souvent encouragées 
par la classe officielle et la caste des Lettrés, elles 
ne s'illustrent point par un meilleur respect pour les 
arts et les sciences, les éléments ou les produits de la 
culture intellectuelle. . . 

Lé calme rétabli, j'eus à réparer les ruines maté- 
rielles. Puis je me dévouai à la même tâche, au profit 



II 

fie mes mcmuscrits et documents, dispersés ou anéan- 
tis par l 'émeute. 

Besogne ardue. La pénurie des documents origi- 
naux la faisait déjà assez laborieuse par elle-même ! 
Cette étude, on le verra, ne prétend point avoir recons- 
titué le passé à titre définitif; le plus vif désir de 
V auteur serait de provoquer quelques corrections 
utiles, d'ouvrir la voie à des recherches fructueuses, 
de fournir aux érudits l 'opportunité de produire au 
jour quelque pièce ignorée sur la question. 

L'idiome chinois m'est devenu plus familier que 
le français, lequel, du reste, n'est point ma langue 
maternelle. Les PP. Faipoux et Le Gall m'ont généreu- 
sement aidé de leurs conseils et de leur expérience : je 
saisis l'occasion de les en remercier de mon mieux. 

Ou-sij 4 septembre 1896. 



i 

' k 



INTRODUCTION. 



Dans la composition de cette "Histoire du royaume de Ou^* je 
me suis servi des livres suivants: 

1°.— tfc ^ ^ $^; <^ ^ ^ H KHn-ting tcJi^oen-ts^ieou tchoan-chouo 
wei-tch^oan. C'est l'ouvrage déjà cité et apprécié par Legge, Vol. 5, 
p. 136, de ses Prolegomenn. J'ai cité presque toujours les pages d'après 
la petite réimpression, qui est plus maniable et plus portative dans les 
voyages. Dans l'identification des noms géo^rraphiques, je me suis 
adressé à cet ouvrage, qui e><t plein de recherches et consciencieuse- 
ment l'ait. 

2^. — ^ iS^ tfc ^ TsouO'tchoan tou-lin. C'est une des meilleures 
éditions du fameux ouvrage historique Tsaico-iclioan ^ j^ de Tsono 
E'ieoU'ming ^ £ W« 

Sur la valeur de ce grand historien de l'antiquité, comparez ce- 
que dit Legge, ibid., pp. 22 et suivantes, où se trouve aussi tout: 
Tappiireil critique. 

Cet ouvnige a eu bien des éditions. Une des meilleures, et des: 
plus répandues dans ce pays-ci {Tch^ang4cheou-foa\ est celle qui a été 
annotée par Ton Yu i^: J| (222-284,) de la dynastie des Tf^n ^- 
(265-419 P. C.) A l'époque de la dynastie des Song (960-1280), un 
lettré nommé Ltîi Yaoseoa >^ ^ $ * augmenté les notes et les 
explications de Tou Tu (Legge, p. 26, notes). Trois lettrés de la 
dynastie des Ming (1368-1644), nommés Tclumg Sing J| tS, Sueyt 
Koang ^. ^ et Han Fan $f. Jjî;, y ont fait encore des additions très 
utiles. Il en est résulté un ouvi-age qu'on peut api)eler parfait dans 
son genre. Avec ces notes on peut lire avec facilité et goût sensible 
l'ouvrage de Tscmo KHeou-ming ; autrement, cet historien serait sou- 
vent incomi)réhensible, surtout pour de5 étrangers. Je cite cet ouvrage 
d'après l'édition ordinaire de Sou-tcheou^ qu'on trouve partout. Ce 
sont cinquante petits volumes chinois. 

Cf. Mémoires sur la Cliine^ Vol. VI, p. 137. 

3°. — )§ £ i|i S T-mg-kien Kang-mou. C'est un ouvrage 
Ijien connu, et justement apprécié. Je me suis servi de IVxemplairô 
réimprimé à Cfiang-haî au Vovg-xven choti-kiu O 35C S JhJ- 



« * 

( 11 ) 

4-—^ # ra ^ ^ lia B — + — S, f>'* IVeUclMO aien^chèn. 
kouo-yv^ eul-clœ-i tiuen ; jJiiftlI^^êâïlR Sou-tcheou lovb-yn^ 
i^avg U^ang-paiK T^gge cite Wylie comme autorité et dit que les 
sinologues attribuent communément c<»t ouvrage au môme fameux 
TaotiO'Uieou-ming. La plupart des auteurs cliinoîs sont du même 
avis. Eu tout cas, il n'a pas la môme perfection de stylo classique que 
le TsotiO'tchoan, L* édition chinoise est bien médiocre; très souvent 
elle ne dit rien pour expliquer les difficultés. Le premier commentaire 
e«t de Wci TcJiao :^ D3 Ia^ second de Song Siang Jfc ^ auteur de 
kl dynastie Song. 

Sous la dynastie des Ming^ il y a quatre lettrés qui se sont occupés 
de Tédition ordinaire de cet historien ; ce sont: Tcluing I-koen ^ — ^, 
Li Oie-tch^eng ^ flf jgj^, Kouo Tse4c/uing §15 •? Jï^ et Tcheou 
Koang-]cao J^ 5È liS» ^^"^^ édition est de Sou4cheou, du grand 
entrepôt de livres chinois. J'ai cherché de tous côtés une meilleure 
édition ; mais inutilement. Y a-t-il même une meilleure édition de 
cet imjKjrtant ouvrage historique? Je n'en sais rien. 

5°-— H 5W È lÛ iE 86 il ^ P^ei-yn clie-ld tcheng-i tsi-kiai 
^ M S ^J ^ ^ Nan-king c/iou-kiu ta^ang-pan. Cette édition est 
tic Nan-king ; et une des meilleures que je connaisse. C'est le fameux 
ouvrjige de Se-ma Ts4en, le père de l'histoire, 1* historien par excellence 
( I C3-85 AiCi) — Cfk Mayers, Chinese readti^s manuol^ No. 660. 

C°. jS BP ^ 18 $ iK Tcliao I Ou Yué tch'oen-t^ieou. 

L'ouvrage date^ dit-on^ de la dynastie des Han; c^est le seul 
Hpécialement fait sur l'ancien royaume do Ou. C'est un livre précieux, 
puistpi'il est si ancien et d'un homme du pays, qui s'est donné de 
la peine pour transmettre cette histoire aux générations futures^ Mais 
l'auteur n*est pas un écrivain <le génie comparable à Tsouo K4eou-ming 
La préface est de Siu-t4en-hou ; elle est datée de l'empereur Ta4é 
f: ^ (1279-1308) de la dynastie des Yuen tartares. 

Mon exemplaire ne porte pas 1* année de la réimpresBion; il 
n*indi(iue [ms non plus dans quelle ville eUe a eu lieu. Je n'ai pu 
trouver d'autres exemplaires ni à Sou-tcheou, ni à Chang-hai, ni 
ailleurFé Cependant l'ouvnige n'est pas si rare, dit-on, parmi les 
lettrés de ce jmys-ci ; on pourni donc, un jour ou l'autre, se le procurer» 
D'après tout ce que j'ai pu comjxirer, il est véridîque dans ses sources; 
mais il manque de critiqu»^; il raconte aussi des niaiseries, etc. Voici 
la traduction de la préface de Siu-Heu-hou ^ 5c !&• 

^^ Les d(îux royaumo-s de On et de Yué furent autrefois désîgn^'^ 
rtiiih 1*' i>nm (\v " ré^ionw ^>ud-Est, du rôté de la mt^r la plus éloign^/e-»" 



** Au temps de kiir gloire et de leur puissanco, ils rivali.Siiient avec l<%s 
^" royîiumea supérieurs (c'est-à-dire essentioll(;nient cliiuois). A la 
" réunion de.s princes ù Hoang-tcM, Fou4cli^ai (le fameux roi de Oa\ 
" voulant honorer l'empereur, quittii son titre uaurpé de roi ; et 8'apj)ela 
^seulement vicomte (■? tsé)] c'est soas ce titre qu'il donna ses ordres 
^^ aux différents princes réuni?. Quand le roi de Yué (Keou-ta4en) eut 
" anéanti le royaume de Ou^ il fit un traité d'alliance avec les quatre 
^^ grands royaumes, pour soutenir ensemble la dynastie impériale. Le 
" but qu'ils se proposaient était de rester soumis à l'ancienne et véné- 
" rable famille des Tcheou. Ils comprirent vraiment l'ordre du ciel. 
^^ Quand Confucius écrivit ses annales, sous le titre de Printemps et 
** Automne, il parla môme des petites principautés, mentionnant 
*^ et enregistrant toutes choses^. A plus forte raison, quand il s'agissait 
" des g»Uiéalogies régulières, devait-il parler des descendiints du grand 
^ Yu et du fameux Heou-t-d 1 En fuit de géographie, il tnentionne 
^''Koei-ki (célèbre capitale du royaume do Yué), le grand lac T'ai- 
"liou, les divers fleuves et les autres pièces d'eau de plus grande 
^^ importance. 

" Dans le catalogue de la dynastie des Tcheou, cette région est 
*' nommée à la première place parmi les neuf provinces. Tout cela 
^^ prouve qu' on la tenait en estime dans tout l'empire. Comment donc 
^' poinrraît-on laisser de côté ses mémoires historiques et ne pîis les trans- 
" mettre fidèlement à la postérité ? 

" Cet ouvrage-ci. Annales des royaumes de Ou et de Yui^ a ctt- 
•^fait par Tchao I. Dans les catiilogues des Classiques et autres 
*^ livi'es importants faits à l'éi^que des dynasties Sœi et T'ang^ il est 
" dit que cet ouvrage avait douze petits volumes. Maintenant, il n'en 
*^ reste que dix; il serait donc censé incomplet. Mais il y est dit aussi : 
^^ Yang Fang ^ jff a fait un abrégé de ces annales, en cinq volumes, 
" où il a retranché tout ce qui était trop diffus. — Un nommé Iloang 
*-'• FoU'tch^oen S "ia $ ^ ^^^ *^crit l'histoire de Ou et de Yué, en 
"dix volumes. A présent peu de lettrés ont étudié ces deux 
"historiens; c'est l'ouvrage de Tchao I qui est en vcgue. La 
" plupart des connaisseurs trouvent cependant que le style ne ressemble 
" guère à celui de la dynastie desHan. 

•' L*écrivaîn Li ^, qui est originaire de Ean-tan % Çp, dans son 
*^ ouvrage intitulé Dix mémoires et résumés de différentes cartes et 
^^ histoires^ nous apprend que Yang Fang a fait un abrégé des annales 

' Ce n'est pas exact» comme nous le constaterons souvent dans le cours de notre 
\utolre. 



( IV ) 

^^ (le Tchao I ; ([ue Hoang Fou-tch^oen a fondu les deux textes etl titi 
'' sc^ul; qu'il a vérifié et comparé les deux versions ; puis a édité son 
'^ livre sous le titre d' Histoire annotée de Ou et de Yui\ 

^^ Dans le commentaire du Che-ki ^ ^ de Se-ma Ts^ien 1^ J5 
*' 3^1 il est dit (^ue Siu Koang ^ ]|| cite dans ses écrits un autre livre 
*^ traitiint du royaume de Ou, sous le titre de Rccits des royaumes de Ou 
" et de YuL Mais aS'omo Yn |g [g, (sous la dynastie des Tân 265- 
*^ 4'20 P. C.) affirme que ce travail n'existe plus. D'autres livres 
^^ encore, comme le commentaire des Pièces choisies de littérature (1), 
'^ racontent le trait du fameux Ou Ki-tcha qui rendit de Tai^eat 
'^ trouvé en chemin. lie rœueil Ou-ti ki, ou Catalogue des terres de Ou^ 
" parle de l'hintoire comme arrivée au bourg de Y-ting du temps du kh 
^^ UO'liu, L'ouvrage Choei-king ;fc 0, ou livre des fleuves, contient 
" dans son commentaire plusieurs faits de l'histoire de Yué. Ces trois 
" auteurs citent pour témoins de leurs affirmations les annales de Ou et 
" de Yué, Mais le texte actuel ne contient rien de semblable ; et le 
" commentaire n'en dit rien non plus. Yang Fang aurait-il retranché 
"ces narrations? Ou bien Hoang Fou-tch'oen, dans sa révision, 
■*^ n'aurai t-il pas trouvé authentiques ces divers récits ? 

*' Le livre de Tchao I est le premier qui ait paru ; l'époque des 
" llan orientaux (25-221 P. C.) n'était pas encore bien éloignée des 
^^ temps anciens. Tchao Yé était un homme du paj's qu'il décrit, 
" puisqu'il est né à Chan-yng (2); c'est pourquoi Icis documents recueillis 
" et transmis par lui sur ces deux royaumes sont bien plus authentiques 
" assurément que ceux d^ autres auteurs. On j^eut donc s'appuyer sur 
" lui. D'une part, il parle de choses célestes, astronomie, météorologie; 
" de l'autre, il examine les changements, les révolutions survenues 
" dans ce pays. Il discute et fait des recherches sur tout ce qu'il y a de 
" plus obscur et de plus ancien. Il illumine et éclaircit tout, comme un 
" homme d'un esprit supérieur. Quant aux raisons et aux pronostics 
" de la grandeur ou de la décadence de ces deux royaumes, les rois 
^^et leurs ministres, à diverses reprises, en confèrent et discutent 
"longuement. Tout ce que conseillaient Ta-fou4chong ;^ ^ Q, 
" Fan-li Jg "f^, et autres ministres éminents était de nature à faire 
" de leur prince le chef de tous les royaumes, Pom* avoir, une seule 
" fols, négligé l'avis de Ou-tse-siu, la ruine du pays est survenue, 

^ C'oeit le lils aîué de Liao Tchao-ming qui a fait ce recueil : Wen'siuen'-tsi-ping 
lll 1^ Actuellemout Chao hinyfou ^ ^ M dans la province de TcKé* 



( V ) 

"^ com}>lcte et irrémédiable. Tous ces récits véridi(}ue6 ])euvent vraiment 
'•^ servir d'exhortations et d'avertûaeraents aux géuératious futures; car 
^' il ne faut pas Feulement contenter en curiosité en lisant ce qui s'est 
*•"• i>aaeé dans ces deux contrées il y a deux mille an.*. 

" L'ouvrage de Tcluio I a été imprimé dixns l'ancien royaume de 
^^ Yué, il y a longtemps; et les planches en sont perdues. 

'* Quand donc Lieou-heou §|] {^, de Pien-leanc]^ \ vint au pays 
"comme inspecteur académique {hio-V-ai)^ il encouragea et récompenav 
" les fortes études. Il fit des recherches sur les anciens livres, il remit 
^^en honneur les documents oubliés ou négligés. Il employait les 
" revenus des terres appliqués à l'académie pour faire réimprimer ces 
'^ anciens ouvrages. 

''Dans ce travail de réédition, ce haut dignitaire ne méprisji 
'^ pas mes faibles connaissances; il m'ordonna de réviser et de fixer 
"le texte authentique; il m'imjx)3a auaîi d'écrire cette préface. Il 
'' est bien convenable que les gens de Yué connaissent l'histoire ancienne 
*' de leur pays. Cette édition comble bien des lacunes. Je ne pouvais 
"refaser ma coopération à cette glorieuse entreprise; j'ai donc revu 
'*le texte, et éclaîrci les endroits obscurs; c'est vraiment trop de 
*' présomption de ma part; j'indique aussi la prononciation et j'ajout-e 
" des notes. De plus, j'ai fait des recherches, pour m' assurer si les 
•^ anciens documents historiques et divers mémoires étaient d'accord, 
"ou non. Le résultat a été mis à la suite du texte; j'y ai tout 
" consigné. Hélas ! il y a des versions et des explications qui ne sont 
" ni absolument sûres ni tout à fait claires. Evidemment, je n' ai 
" nulle prétention d'imposer mes opinions ou de les r^arder comme le 
" dernier mot de la question ; d'autant moins que je n'ai pas l'ouvrage 
" de Hoang Fou-tch'-oen pour le consulter. J'ai dû m'en tenir jl 
" l'ancien text<3, laissant aux lettrés à venir le soin de faire de nouvelles 
" recherches. 

" L'inspecteur académique Lieou-heou s'appelle K'c-tchang ^ ^ ; 
^'son surnom est Cfie-ta j^ ;^. 

" Moi, Siu-t4en-hou, qui ai écrit cette préface, je suis originaire 
" de la capitale de ce pays de Yué ; je suis docteur ès-lettres ; mon 
"surnom est Cheou-tche g ^. L'an 1306, la 3^°^^ lune." 

7**. — S ffl ifiF â? Sou-tcheoU'fou tche. Histoire de la ville do 
»Sou-tcheou. Où a-t-elle été imprimée ? On ne l'indique pas. A quelle 
éi)(>[ue? On n'en dit rien non plus; mais la date est certainement 



* Actuellement K'uifoiKjfou Bn ^ /fif • 



tt 



( VI ) 

pastrrieure à K^aDST-bi. \j\ partie historique est Rins doute la même 
dans toutes les éditionp. Elle ne a>n tient pas bciiucoup de dotai Ih so 
rM[)[)ortiint directement à notre sujet; je cite cej^ndant ce recueil i)Our 
des notes plus exjîlicites. 

îSou-tcheou est l'ancienne capitale du royaume de Ou ; c'est sous 
SCS murs que p'est décidé le sort tragique de Fou-tcA^ai^ son grand et 
dernier roi. Encore maintenant, la mémoire de ses divers princes est 
religieusement œnserrée, soit dans les dictons et traditions populaires^ 
.«oit sur des monuments publics dont il sera fait mention dans le cours 
de cette histoire. 

8^,~(rt.) 'B Wfff^^ IWang-tcUou-fou iche. 
C*-) I^ iS9 !^ îS y(irig-hoH'1dcn ichc. 

<S') %l B fé -îê Ou't^mg „ 

(^.) n ^ m ^^ o^^'^'^i 

(^) ^.^iUlê:^ Kln-koei 

(/) ït^Ul^< Kiang-yvg,, „ 

if/') ÎS igi »S îS ^'^'^^g ^) 

(/O ÏH m !fô ÎÈ ^^v-fc^' .. .. 

J*;ii pîu-couru les lii^luires l(X5iile5 de ces huit ville,s, en extrayant 
tout ce qui m'a paru ofiVir un véritable intérêt. Do fait, ma 
cueillette est afsez mince ix)ur ce qui concerne les tempe anciens. 
L'historique est le mùm<.^ diins toutes les éditions. Mes exemplaires 
sont tout récents; ils sont aussi récenuuent achetés, puisque notre 
biblioth»>que a été incendiée-^ il y a quatre ans. 

9^, — tS M ë Mci4i tcJie. Histoire de Mci-li^ en 4 volumes. 
Elle a été réiiapriinée la 4^""*^ année de Tao-koang ^ ;JÈ dans la 
(»agode même do Mti-li, 

tPai eu connaissance de cet ouvrage, en Mara 1895, quand je 
visitai de nouveau les monuments relatifs à T^aipc : Gomme je de- 
mandais d(?s renseignements sur cet ancien roi, le gardien en chef me 
dit que je pourrais les trouver dans le Mei-li tclic. Jamais je n'avais- 
entendu ixirlor de ce recueil. Aucun des livres historiques que j'ai lus 
ii*en fait mention. Je fus pourtant assez heureux pour m'en procurer 
un exemplaire ; je le trouvai dans une grande famille, à Ou-sL Cet 
ouvrage est maintenant très nire. »r5es pri^faces nous fournissent des 
détails utiles; j'en traduis donc une bonnii partie. La 1*^ est de Ou 
Ts^uen-li ^ jj^F ï^i gouverneur de œtte province, qui fut aussi en 
juCmuo t<imp.s grand-trésorier, pn''t<air de l'armée, un des contrôleurs de 
l'administration, second cen.«<.',nr, <'tc. La date est de la 62^°*® ana^H:- 
dt* I)}av(/-Iu\ V'oici coninir il ptu'le : 



( vil ) 

'* La colline où se trouve le tombeau de T-ai-pé b' appelait autrefoiii 

" Hoang-chan ^ lU (montagne de l'empereur); actuellement elle 

" 8'api)elle HoTig-chan f^ llj parce que, sous la dynastie des Han, un 

" homtne nommé Lian^ Hong ^ S§, fameux pour sa vertu et ses talents 

" littéraires, s'était retiré en cet endroit^ Il a un canal appelé Pe- 

^^tou-ko fâ m fjSf, ou canal de T^ai-pt ; c'est un témoin encore 

" subsistant de siècles depuis longtemps dispanis. T^ai-pè vivait îi 

*^ Ou'tch^eng ^ j^ et fut enterré sur la colline de Hong-chan, à 

" environ dix ]y de là, vers Test. Ce pays est parseirié de collines qui 

"nous rappellent combien les anciens "saints"' étaient respectueux, 

"économes, simples et faciles dans leurs relations; ni ramasseurs 

" d'argent ni dépensiers. Ils choisissaient des montagnes pour leurs 

" tombeaux, grand avantage pour le jneuple ; car on épargnait ainsi 

** le terrain des laboUteurs, et l'on n'avait pas besoin de i)ort^r de la 

" terre pour hausser ces tombeaux. Depuis plusieurs milliers d'années 

*' (3,300 ans et plus), le monument sépulcral, la ptigode, les sacrifices 

" à T'ai-pé, se sont perpétués de génération en génération ; la joie 

^' de vToir ces objets, l'empressement à accomplir ces rites, tout cela 

" continue depuis la dynastie des Ts'in jusqu'à celle des Ming. Dans 

" le cours des siècles ces monuments furent tantôt plus délaljrés, tantôt 

^' bien réparés, comme il arrive ordinairement dans les choses humaines. 

" Quand moi, descendant direct de T'ai-pé, je fus nommé gouverner 

" de cette province, je trouvai à Sou-tcheou, à la porte occidentale, 

" nommée 2ch^ang-men ^ f^, une pagode en l'honneur de T'ai-pé. 

" Jel^ai déttuite et rebâtie à neuf. De plus, j'ai acheté un certiiin 

" nombre d'arpents de terre dont les revenus serviront pour les dépenses 

" uikîeKsaires aux sacrifices. Dans un voyage d'aff'aires, je pajssai par 

" Ou -si ; je demandai aux anciens du pays des renseignements exacts 

** sur la pagode de Mei-li et le tombeau de Hong-chan. Nous autres^ 

" à une distance de plusieurs milliers d'années, nous |)ouvons suivre 

" la trame de l'histoire, jusqu'à sr)n origine; car depuis les descendants 

" les plus éloignés jusqu'aux premiers ancêtres, chacun tient aux 

" sacrifices accoutumés du printem}^ et de l'automne. J'ai recueilli 

"et mia en ordre ces souvenirs, pour en composer une histoire en 

" quatre volumes^ Les générations futures auront donc où s'instruire^ 



chainl) 

flans laquelle ce **r()i" aurait vc'oii, d'«})rès (iilîiTciits auteurs, n'est qu'un petit 

bitu^' un peu plus haut que la j»;ig<xlo. Un lioiniMe n'y trouve guère pl.jce de be lo«/»f» 
^/'«t flou'j uuf léf;ende furui(V (hui:^ la suite des tciups 




( VIII ) 

" I^s dœiiment.s de la Cour font foi que des membres de notro^ 
^^ famille ont ou, de tout teraj^ de hautes dignités; il y en a même 
^' de trùs-célèbres. Sloi, quoique fail)le et incapable, je voudrais 
" continuer le fil glorieux de notre famille. Je suis une nature simple 
** et sans fard ; je ne m'oocui)e que de mon oflSce; nuit et jour, je m'y 
^^ applique avec un soin resi)ectueux. U hiver et l'étt^ ont déjà passé 
^^ huit fuis, depuis (juc je suis gouverneur de Sou-tcheou; le i^euplo 
*' de cet ancien royaume de Ou vit en paix ; les n'^Jttw de chaque 
''^ année sont bonnes. J*ai donc du temp.s libre pour mettre en onlre 
*'' les notes (pi» j*ai recueillies sur Mei-Ii. Ce travail est j)0ur moi un 
^^ vrai l)onheur. Le.s exemples des anciens '^Siiint'î,*' quoique non 
*^ transmis par les livres classiques, ont été niconté.s par d'autres auteurs 
^^ qui aimaient à amscrver les choses de l^lntiquité. De plus, les 
" documents et restes de documents anciens sont des i)reuves authenti- 
" ques et irrécusables. La ville de Ou-si a eu de tout temps beaucoup 
" do nobles et de dignitaires. Si l'on voulait chercher et ramasser 
" d'anciennes pierres parmi les décombres, ou trouverait dans les brous- 
"ftiillcjs bien des fragments précieux; cliaque Cîiractére découvert 
^' serait une ]>erle de grand prix. Depuis que j'ai composé cette 
" histoire, ceux de notre famille qui sont en charge devront, en passant 
*' par ici, se rappeler qu'ils sont dans le pays de T*ai-i>é, qu'ici se trouve 
"son tombeau. Qu'ils s'indignent contre eux-memôs, en pensant à 
" ses hautes vertus qui subsistent toujours dans le souvenir des peuples; 
*' qu'ils soient, comme lui, ])leins de respect et d'humilité, sans jamais 
" défaillir; et qu'amsi notre famille continue à suivre les traces de ses 
" glorieux ana'tres." 

La préface est da4ée de la 7^'"* lune, 71*"'' année de l'empereur 
K-ang-hi ]]^ ]^. Sorti de charge, ce grand dignitaire ne retourna pas 
<lans le Liao-tong sa patrie ; il resta à Sou-tcheou. Son histoire fut 
révisée par l'académicien Ou Mei-ngan ^ ^ ^. Celui-ci la montni 
à Tou-chao ifii fQ, autre académicien, originaire de Mei-li, un des 
écrivains attitrés de la cour impériale. Ce dernier y ajouta une 
préface qui est la seconde, et est ainsi concjue : 

" Ce pays re(^'ut de T'ai-pé le nom de Ou. S'il est devenu célèbre, 
** si par ses richesses et ses gloires littéraires il surpasse toutes les pro- 
^' vinces de l'empire, ces bienfaits nous viennent de T*ai-pé; ils ont 
" leur racine à Mei-li." 

Ij'iîcrivain exalte ensuite l'administration do Ou-ts^uen-lî ; en 
sorte que sii préface est plutôt un panégjTicpie de ce gouverneur. 
Notons, en passimt, quelques détails histori([ues: K^ang-hi envoya à 



[ IX ) 

^u Ts^uen-ii une pièce de vers, pour le féliciter de sa bonne adminis- 
tration; plus tard il lui envoya une inscription en quatre caractères: 
H iS ^ f? Uio-tao hoan-tchovn^ c'c.st-à-dire : l'instruction et la 
doctrine ont pénétré partout (sont piirvenuea au comble). Cette 
iDScri[)ti()n fut placée au temple de Confuciuî^, à Sou-tcheou. 

La 3^™** préface est de IVai Yong-isHng i(lf ^ f^^ préfet de Sou- 
tcheou. Il était originaire du Liao-tong, comme Ou Tbhien-li, et 
de sa connaissance. Après avoir vu l'ouvnige de ce haut dignitaire, 
il conçut un grand désir de voir un pays si riche de vieux souvenirs. 
Il ordonna à un membre de sa famille qui résidait à Mei-li de faire 
imprimer cette histoire; et c'est encore la famille IVai qui fit réparer 
la pagode de T'aî-pé, la 2*°*® année de l'empereur Yong-tcheng. 

La 4^""* préface est de Ts^ai Min-hluen I5? ^ ;(g. Sa famille 
était établie à Mei-li depuis quatre ou cinq générations; cVst elle qui 
prenait soin de ce temple. Son grand-père Kivg-houg ^ I^JJ l'avait 
réparé et agrandi. Ce monument est un témoignage authentique que 
Mei-li est bien l'ancienne ville de T*ai-pé. Cette ville f?i fameuse méri- 
tant bien d'avoir son histoire, Min-hiuen reçut de son grand -père l'ordre 
de l'écrire. "C'est pourquoi (dit-il) je m'adressai au bachelier 
" Ts^'ien Sou-joen ^ ;^' jP|, originaire de Che-Jong + ||$; j'achetai 
*' un vieux livre qui décrivait la ville, le> faubourgs, les chemins et les 
" villages de ce pays. De dynajstie en dynastie les louanges et les gloires 
" de ï'-ai-pé y étaient consignées, et aussi les règlements relatifs à ses 
'^ sacrifices. Seulement, ce n'étaient que des résumés succincts et des 
" inscriptions antiquas, dont le sens n'était pas bien clair. Je trouvai 
" chez le bachelier hou Koang-temj Jffi ^ Jjg un autre livre dont le titre 
^' est Hoang-chan-kou-isi ^ lU 1&* 1^, c'est-à-dire Antiques souvenirs 
" de la montogne Hoang-chan ; là se trouvent indiquées les montagnes, 
*Hes Ibrèts, et autres choî^es remarquables du pays. J'avais là une 
"ample moisson de données historiques. Tous les jours j'allais, en 
"compagnie de lÂ-t^ien-keng ^ ^ ;K, chercher les anciens fonde- 
" meuts et les traces de cette capitiile. Je pus déterminer les limites 
'* plus ou moins grandes dt? la principauté de T^ai-{)é ; je reconnus les 
"collines et les cours d'e^iu; j'y constatai l'existence des bourgs et 
" hameaux, celle des ponts et barrages; je consultais en même temps 
" les anciennes histoires, les annales particulières des villes, et j'en 
" faisais un ré^^umé. J'avais prié Ichao IVen-kH |g ^ tt de dresser 
" une carte du pays. Ces deux lettrés sont aussi originaires do Mei-li* 
"J'avais enfin caché ce recueil au fond <îo mon armoire; car je n'osai» 
*' a})peler ce travail une véritable histoire* Mais le descendant de 
"ï^ai-p<5, Ou IVuen-li, gouverneur de ce pays, craignant que les 



( ^ ) 

^^ exemples do vertu de son ancêtre ne tombassent un jour en oubli^ 
" désira qu'ils fuspent publiés^ et portés à la connaissance de tous. Il 
^'<îonfia donc à l'académicien Ou Mei-ngan le soin de rechercher les 
^^ anciens eouvenirs. A moi il demanda mes notes, et de sa propre 
" main les mit en ordre. Ai)rès un an, le livre était composé, et me 
>'fut communiqué. L'ordre m'y sembla jmrfait; le fond en est 
'^ solide; les faits historiques y sont bien résumés; le style en est 
'^ distingué ; c'est un vrai miroir d'anciens et beaux exemples transmis 
^' aux générations futures. Ce n'est pas moi, homme si borné et si 
*^ peu lettré, qui eusse i)U faire un ouvrage pareil. Mais son excellence 
" ne se flattait pas encore d'avoir fourni un livre parfait; le lettré 
'• Vun-Tc/i^oan ^ )\\ fut chargé de le revoir et de le corriger. Le 
" préfet de Sou-tcheou Ou Kiai t^ing ^ '^ ^ dut encore examiner 
'^ et oompircr le texte. C^est alors seulement que Pouvrage fiit livré 
••à r impression; et T exécution m^en fut confiée. Ah vraiment! 
'' ]iouvaip-je soupçonner que la composition d^un livre fût à ce point 
'^^ difficile! II fallait le talent ominent et l'immense érudition de son 
'*' iExcellence le Gouveroeur et d'autres lettrés pour y sufiire. Moi, 
''homme inculte et ignorant, je pasaiis mes jour» d'une manière 
^^nonchalante: et j'étais incapable de faire l'histoire de Mei-li que 
^^ mou grand-père m'avait demandée. Maintenant que je la vois 
'^ achevée, j'en suis ravi." 

10°. — j^ Ig Yu€ tsHué. C'est un vieux bouquin, oomjvosé de 
quatorze petits fiiecicules chinois qui, reliés enR3mble, forment à peine 
un volume présentable. Le titr« est curieux : j^ Ts^iitê. signifie couper 
couper court, exterminer k>s malfaiteurs, mettre fin «aux usurpations. 
Donc le k^^us e«t à }>eu près : hauts faits (du royaume) de Yué, qui 
oxU^rniine les lUiiltUiteurs. 

Il contient des énnmérations de différents monuments, de 
montiignes, de canaux, d'étangs, de portes des villes, de kiosques, 
de toml)eaux, etc.. Il y a là quelques détails historiques bien précieux 
qu'on chercherait vainement ailleurs; je les ai notés avec soin. Mais 
ce n'est pjis un ouvrage littéraire; il est fait sans goût. Quelques 
auteurs l'attribuent à Ise-lwng -p ^, qui aurait voulu suppléer à 
nopjbre de déUiils concernant k-s nn-aunies de Ou et de Yué, que sou 
maître Confucins avait omis dans sa chronique. Les lieux communs 
sur Li vertu, la vertu pcT^iécutée, la haute politique des anciens 
"saints" etc., sont fastidieux, et Wintcnt le pur lettré chinois. — 

Voici ce qu'c.i dit Téditeur : *' Cet ouvrage e^t bien connu de tout 
"le monde; mais on ne s;iit qui l'a fait. D'aucuns ont prétendu que 



( xr ; 

**■ Toan MoH-fie Jî8 Tf: RS (autroment T-^-kons) disciple de Confncius 
*^en était rantenr; mais ce u'est pîi5î le style de fv>n é[)oque. Cette 
** opinion t'est peut-être formée parce qu'il h été jimlKi^^^adenr dans le,s 
*' deux royuumea de Ou et de Yué. Se-ma Ts^ien mentionne auf«i 
•^ cette croyance. Mais la chose nV5t pas |>oâ*iUle; car ce livre parle 
*' de la dynastie des ILm (qui commence 296 A.t-., tandis que 
" Confucius vivait do 55 1 à 479). On en ip^nore donc le véritable auteur. 
*' Au temps des Han, un écrivain l'aunx réédité, en y ajoutant du sien. 
*' Ce qu'il y a de certain, c'e^t qu'il a été réimprimé en 1208, à Eœi- 
" tclieou-fou ^ jtl Jj^T dans le Se-tcli'oan ; ])lus tard imprimé de 
*' nouveau à Koei-ki, Tancienne capitale de Y'ué. Mon exemplaire, 
"(continue l'éditeur) vient de Li-yang ^ p^, d'un nommé Lii^ 
'' aao-heng g, iï? U^'' 

Ainsi parle le nouvel éditeur Tcliang Kia-yng 5B ^ )6L ^^ 'S'e- 
tclioan H j||, qui l'a fait imprimer sous l'empereur Kia-ising ^ Jg 
(1522-15C7), dynastie des Ming; c'est-à-dire en 1532. 

Maintenant ce livre est très rare. 

11°. — Jtd g ^ LiC'kouo tché. Histoire do divers royaumes, 
depuis l'emperètir PHng-wang ^ 3E Cï^^O à 719 A.C.) jusqu'à TsHn 
3g Che-hoavg Jâ Es, C?46-209) qu'elle appelle dédaigneusement Liu- 
tcheng, fils de Liu Pou-wei S /fi :$ ^ 

C'est un livre d'un style simple, mis à la portée de tous. L'auteur 
a atteint sou but; car cet ouvrage est très en vogue. Il n'est pas dans 
le gfînre des grands historiens qui font de hautes considérations sur 
lîi vertu, la politique, la chute des empires, etc. Il raconte des faits 
historiques, purement ot simplement, sans prétention. 

La préface est de IVai Yuen-fang ^ JÊ ;tt, datée de l'année 
î ^ Jcn-chen de l'emperem* K-kn-long fg @|, c'est-à-dire 1792. 

C'est dans les volumes 13, 14, 15, 16 et 17, qu'il parle du 
royaume de Ou. 

^-^•~S Ul ft Boeî-chan ki Mémoires sur la montagne Hoei- 
chan, la montagne célèbre de Ou-si. La préface de la nouvelle édition 
est de Li Uo-tcltang ^ ilQ jj, frère de Li Hong-tchang. Elle est faite 
dans le grand et pédant style des lettrés, qui sentent le^besoin de 
parler d'eux-mêmes; elle n'est qu'une exaltation de ses mérites, et de 
la valeur de son incomparable armée toujours victorieiife,. Les braves 
de Hoai-ngan fJÈ $ et du Uou-nan gjfl f^, qui sont glorieusement 
tombés sur les champs de bataille, ont reçu une récompense digne 



ï- On snit que ce mépris affecté des lettrés pour Ts*în Che hoang vient de ce qu'il 
avait fait brAler tous les livres «^Idnois qn'U avait pu reiKrouirer. 



(: xir ) 

d'eux; il leur a ol^'enii de iVmpereur un arc de triomphe dreffié sur lift* 
flanc de C(*tt(» rionbigne lloei. 

Le livre ite a^ntierit que très peu de renf^^i^jnenients relatifs au 
royaume de Ou. Entre aiitre>' choses, il explique d'une singulière 
façon le nom de la ville do Ou-si M ^ Vol. 4, pao:e 15: Il raconte 
que POUR la dynastie Tcheou, et sous Tempereur IViu Che-hoang, on 
trouvait de l'étain J^ (si) sur cette montai^ne. Au temps des Han, 
il n'y en avait plus; d'^ù l'on api^la désormais la ville: Ou-si jk f^. 
sans étain. Plus tard, sous l'usurpateur Wang-mavg J ^ on en 
trouva de nouveau; d*i)ù le nom: Yeou-si :^ |g (de Pan 33 A.C. à 
l'année 23). Depuis, on n'en a plus trouvé. De là vient le proverbe; 

^'^^JiJ^U^'^Jiyî^ Yeoii^si, pîng ; Hen-hia4cheng, 
()U'Si\ ning ; iHen-hia tsHng^ qui peut aîasi se traduire; si l'on trouve 
(le rétain, il y aura guerre, guerre partout; si l'on n'en trouve point, 
la paix régnera, la paix universelle. Mon édition est de 1880. 

13°. — ^ ^ lig, Ou-ti k}\ Mémoires sur le i>ays de Ou. Ce livre 
a été compa^ sous la dynastie des T'ang Jg, en l'année 877. Il fat 
revu et augmenté sous la dynastie des Song 51^, en l'année 1187. 
Mon édition est une réimpression faite à Sou-tcheon, en 1873 ; il est 
donc facile de se la procurer. Elle contient beaucoup de détails sur la 
ville de Sou-tcheou. J'ai cité ce recueil à divers endroits; mais c'iest 
l)lutôt un cahirr qu'un livre. 

14°.—^ îl la ^ If ÊC Ou'kiu7t t^oa-hing siu-ki. Cartes et 
documents sur la cai)itale (du royaume) de Ou, édition complétée. 
C'est un ouvrage édit(3 eu 1085, i)ar l^chou Tchang^wen 3c ê 3SCî 
natif de Sou-tclieou. 

Il raconte, <lans sa préface, que depuis la d)T)astie des T^ng, îl y 
avait une loi qui obligeait d'envoyer à la cour, tous les trois ans, le 
relevé de la i)opulation, des terres labourables, des impôts, etc* La 
dynastie dcfl Song avait la même loi. Dans ces relations, il fallait 
indiquer aussi les changements de nom des villes, des bourgs, etc., 
noter l'augmentation ou la diminution de la population, etc.. Ainsi 
les documents ne manquaient pas. C'est sur l'ordre du gouverneur 
de Sou-tcheou que cet ouvrage a été entrepris. Ce sont trois petits 
volumes chinois sur l'étendue de la ville capitale, sur difFérentes 
autres villes et lx)urgs principaux, sur la population, l'agriculture, 
les pro<luits du l>ays, les mœurs, les sidles d'examens, les tribunaux, 
les jardins publics, les magîXijins et d»,^p6ts, les moyens de communication 
jusqu'à la mer, etc.. Mais ce n'est pas un livre; c'est plutôt un. 
catalogue, qui contient ce[)endant divers renseignements précieux,. 

Il en a été fait une réimpression à Sou-tcheou, en 1873* 



NOTIONS GEOGRAPHIQUES. 



SUK L'AXCIKN KOYAUMK DE 0<'. 



Pour P intelligence de cette histoire, il faut avoir sous les yeux !;»♦ 
eixrte intitulée Tch^oen-isHeou ti-li k'ao-vhe i^ou 1^^^ 3 ÏSC K B 
dresst'ie par les Pères Ignace Lorando et P'an s.j.,enl892. Elle est exacte, 
sauf pour la partie méridionale du royaume de Ou ; car Uang-tclieou 
44 ^W appartenait aa«8i à ce royaume ; tandis que sur la carte cette ville 
est marquée dans celui de Yuo. Au sud il faut donc agrandir le territoire 
de Ou. Uang-icheoii^ Yen-tcheoii j^;H|) Tloei-tcheou ^ji\ etc.; bref, 
la partie nord de la province de Tcht-kiang «J^jf Jt, tout le sud du 
Ngan-hoei jf ^, la moitié nord du Kiang-si £c g, tout cela faisait 
partie du roj'aume de Ou. 

Le recueil Sou-tcheou-fou tche, Vol. 3, page 1, indique les fron- 
tières de cet état comme il suit: ^-^ A l'est, il touchait à la mer et aux: 
îles Yong-tong ^ ^, c'est-à-dire aux îles Tcheou-cluin ^ il] à l'est de 
'* Ning-p^ouo % ^» A l'ouest, il s'étendait jusqu à Yu-leou ^^^H ^ 
"et Yu'tchang jj| $; au sud, il touchait à la principauté de Ngai 
'^ ^"^3^1 ^^ ^u royaume de Yué qui se trouvait dans la province actuelle 
*^ du Tché-kiang. Mais il est à remarquer qu'une partie de cette 
^^ province actuelle était au royaume de Ou ; c'est-à-dire Hang-tcheou 
"et tout le nord-ouest. Au nord, il s'étendait jusqu'à Siu ^, 
" Tchong-ou ^ § et T-ouo-kao ^'^ ^ 4l, c'ast-à-dire jusqu'au lac 
'' Hong-tclit §1 ^ JiS9 et la rivière Uoai ^ JiJ, Le royaume de Ou 
*^ comprenait donc à peu près le Kiang-nan ^ ^ actuel; c'est-à-dire les 
"deux provinces du Kiavg-sou JX R et du Ngan-hoei ^ ^. 
*^ Mais la partie ouest du îîgan-hoei était au royaume de Tch^ou J|, le 
" voisin occidental de Ou, et son rivaL 

1 Yu-leou, actuellement Ho-kieou S JWi sur la rive droite du fleuve Hoai ut 
ÏPf ; Yu-tcbang est près des villes Fong ®L et Tch^ao Jfei non loin do même fleuve. 

La ville de Ngai est maintenant Ning-tcheou J§i j\\t dans le Kiang-si, sur le 
fleuve Sieon-ho. 

T'ono-kao se trouvait à Test du lac Tch'ao h tu ^ infl.7 dans le Ngan-ho ei ; c'est i» 
Veu près la ville actuelle de Chtou-tcheou ^ 7f(*^ 



(■ xr\' ) 

^' La rire siîil (ou droite) du Yang-^fic-Kianq ïj^, -J- {J n]»parte- 
*' Rait au royanmcule On, sur un*^ priuido étendue, c'est -à-ilire jui»qu'îi la 
^' frontière de la provinces actuplhi du Ifou-van vS9 fff j do sorte que 
•' touto la r«»gion sud du Kiang, même h nord du Kiang-si actuel, était 
^' au rovaunie de Ou." 

• 

D'aprOs le-» lettres chinois, tout ce pays serait Ut provinc4^ de Yang- 
tcheoii j^ '/|*|, l'uuti des neuf qui étaient i^ma le Fceptre du grand Vu 
^; elle dut venir comme les autre.s oflrir à ct^-t empereur le tribut 
annuel. Mais ce récit des lettrées manque de bases liistoriques 
comme nous le montrera toute cette histoire. D'après les documents 
authentiquesetchinois, la Chine proprement dite étaitalors confinée dans 
le cours moyen du Flrjang-ho JJ fli]"- Tout ce qui étîxit en dehors de 
ce bîissin n'était juts chinois, mais simplement Iwirhare et sauvage. 
I^eu à peu rélcment chinois b'est étendu, et a absorlié ces sauvages. 
Mais à l'époque qui doit nous occuper, les habitants de Ou ne sont pas 
chinois; au contraire, ils sont mé{)risé« et détestés. 

Les anciens lettrés disjiient: le ciel a cn?é cinq espèces de 
sauvages, les 3fan ^ ou habitants du Kiang-nan, les 3Iiao ^ 
habitants du Koei-tcheou ^ ^fl, les IVo g| ou Jaix)nai?, les Hoet 
ou Mongols, et les Ta ^ ou Tartares. Ainsi le veut le proverbe^ 
Tous ces l>arbarcs, naturellement, ont été créés pour servir les Chinois; 
les anciens saints l'aflSrment. Mais bien souvent, comme encore 
maintenant, le contraire a été vrai ; les Chinois out dû se soumettre 
aux prétendus sauvages, en dépit des fières paroles des lettrés. 

Voici quelques détails concernant plusieurs villes principales.^'^ 

Nan-hing (ou Kiang-ning-fou) ^ ;^ (J3[ ^ jjj) n'existait pas 
au temps du royaume de Ou. Cette capitale de Chine date du roi 
Wei j^ (339-328 A.C.) du royaume de Tch'ou. Le fameux Ts'in 
Che-hoang jugea la position favora))le pour uuc ville inn)ortante^ et 
r^igrandit. 

L021-J10 -y^ ^, au nord du Kiang, existait au temps du Tch^n- 
ts'ieou. Tc/i^ang-c/ioa ^ ^ no date que de la dynastie des ïsin 
(205-317 P.C.), et .s'af)pela d^ibord Ifai-yii f§ J^ , à cause de la 
montivgue voL^ine, dont nous parlerons dans cette histoire. 

L'île de Tch^ong-ming ^ PJJ date de la dynastie des T-ang ^ 
(620-907 P.C.), et s'appelait ifow-^&'ûm-rAa Jgj ^ ip. 



1 Ces renseignements sont tirÂî du précieux livre Litai ymkojnao imf\}J&'^ 

y Tûlume 1: page 50. J'ai enfin trouve^ cet ouvrage qiic j'avais autrefois cherché en 
A«rn Ix^gge en parle, vol. 1, pag»î V.\A. 



( XV ) 

Song'lciang'fou i^ *^ ^ date du temj>s du royaume de Ou, 
tx)inine nous le verrons dans le coura de ce travail. 

Ckangrhai J: ^, ville si célèbre actuellement, n*étaît qu'un 
bourg irès fréquenté, sous la dynastie des Song (960-1280). La 
dynastie des Yuen % en fit, dès son élévation au trône, une sous- 
préfecture. 

Tan-yang fl- i® est une ville très ancienne; puisqu'elle existait 
au temi)8 du Tch'oen ts'ieou.. 

Kîn-tan ^ Jg[ date de l'empereur Ts'in Che-hoang, et s'appelait 
JS^iu-ngo {{^ f^, comme nous le verrons en parlant des canaux du 
Kiang-nan. 

Li'Yang ^ ^ est mentionnée dans les vieux livres. Ou-tae-siu 
ÎBL ^ ^ en rentrant de sa fameuse expédition de Tch'ou, passa par 
cette ville avec son armée victorieuse. 

Hoai-ngan fH $ existe depuis le temps de Tch^oen-ts'ieou. 

Eai'tcheou fff ji\ était, dès ce temps-là, un état indépendant, du 
nom de Tan-tse-kouo *JJ|} ^ g. 

Yang4cheou ^ jftj, d'apn^s les vieux livres, aurait déjà existé 
comme ville importante, dès les tem|)s de Yao ^ et Choen ^. Il 

est au moins prudent d'en douter; mais certainement c'est une ville 
fort auc'enne. 

Kao-yeou îR ^ et l^ai-tcheou ^ j^^ (jui dépendent d'elle 
existaient au temps du Tch'oen-lVieou. 

T^ong-tcheou ^^^\\ est mentionnée dans notre récit, à propos d'une 
-entrex^e des princes, présidée par le roi de Ou. 

Siu-tcheou-fou j^ jli iiï est une des plus anciennes villes du 
Kiang-nan. On prétend que, sous l'empereur Yao, c^était un état 
indé[)cudant du nom de Ta-pong-che ^ ^ J^. 

"^ Ngan-lcHng-fou ^ ^ J{'f était, au temps du Tch'oen-ts'ieou, un 
état indépendant nommé Uoan-houo t% P- 

Hoei-tcheou'foti ^^ ']\\ )^ faisait i)artie du ro)'aume de Ou. 
Ning-kouo-fou j^ ^ jîï, T-ai-jj^wg-tou ^ ^ /^, et Tch^e-tcheou- 
fou ^ jHi /(ï existaient, et appartenaient au même royaume de Ou. 

Ou'hou hien |K jSB lié <-'tait un petit état indépendant appelé 
KieoxL'Ue j^% |^. 

Liu-tchcou-fou ^ *^\ j^ était aussi un petit état indépendant, 
mm le nom do Chou-kouo ^f 0, depuis le temps du IWoen-ls'ieou. 

' Oommo on peut s'en reudre compte, une grande partie du Ngan-hoei actuel 
c<»stà dire le uord- ouest du Yang tbc-kiangi ai^partcnait au rovanme de Tcli'ou. 



( XVI ) 

Ou'tveùtcheou H ÎK îlfl ^ qui dépend maintenant de Liu-tcheoii- 
fou, était également une principauté libre, nommée Tch^ao ^, que le 
ïoyaume de Ou s'annexa. 

TMaO'hien ^ ^^ qui dépend aussi de Liu-tcheou-fou, appar- 
tenait de même à cette principauté de Tch^ao. 

T^ouo-kao ^ ^, que nous mentionnons dans cette histoire, se 
trouvait dans la l^inlieue de la ville précédente. Le fameux empereur 
Tch*eng-t'ang (1766-1753 A. C.) y relégua le dernier prince de la 
dynastie Hia J. 

Fong-yang-fou Mk ^ J& ^^ ^^^ ^^ pïus anciennes villes du 
Kiang-nan ; puisqu'au temps du ïch'oen-ts^eou elle passait déjà pour 
très ancienne; son nom étiiit Tou-ckan-cke kouo ft |lj |^ B- 

Hoai-ynen-hien 1S S II? maintenaïit sous la dépendance de 
Fong-yang, appartenait au royaume de Song. 

Hong^hien jg; m, autre sous-préfecture de la même ville, est 
aussi très ancienne; puisqu'on dit que T empereur Yao la donna en fief 
au grand Yu j$ (2205-2197). 

CheoU'tcheoa-fou % j^ ^ est de même très ancienne; et for- 
mait alors les deux petits états indépendants, Lou /; et Leao |^. 

Fong4^ai'hien IH $ jR, de la mêtne préfecture, est Tancienne 
ville de Tcheou-lai ^ jjjç dont nous parlerons à différentes reprisePâ 
Le roi de Ou 1* annexa. 

SoU'tcheoU'/ott ^ ji] M est très ancienne, et formait le petit 
état indépendant nommé Sou-kouo ijg g. 

Tng4cheou-/oti |^ jt| jj^ est des anciens temps aussi ; à l*époque 
du Tch'oen-tsHeou, c*était le petit état itidépendaût appelé Hou-ise 
Kouo JiQ ^ g. 

Ho'làitoU'liien S £S SS ^^^® ^^ '^ dynastie Tchcou (1122 avant 
J. C). Au temps du Tch^oen-ts'ieou, elle appartenait au royaume de 
Leao 1^. 

PO'tcJieou ^ ;|+| date aussi du commencement dt^ la même 
dynastie. A Pépoque du Tch'oen-ts4eou, c'était la ville do 2Wao gjl, 
du royaume de Tch^eng ^. 

Koang-ti'tcheou H ^ îHi fi' appelait Tong-joei {g \^ au temps 
du TchS)en-t84eou. 

Tch^outcheoU'/ou ij^ jt| jj^ était prôs de la frontière des deux 
royaumes de Ou et de Tchcou. 

Lou-ngan-tcheou •; $ j+j était déjà une ville importante, au 
temps du grand Yu ; car cet empereur la donna à son ministre Kao-yao 
J^ ^. Au temps du Tch'oen-ta^ieou elle formait uu «fcat indépen4»nt. 



( XVII ) 

li'antîqne ville de Se-tcheon-fou îH ^ jjîf faisait alors partie du 
minuscule royaume de Siu |$ -^ (£. 

Une grande partie du Kîang-eî jictuel appartenait au royaume de 
Ou, comme Nan^ch^ang-fou ^ ^ )^. 

Ning-tcheou ^ ^ efit P ancien ne ville de Ngat '^ où se réfugia 
K4ng-ki le fils du roî de Ou nommé Leao qui jiérit assassiné. 

fTao-tcheoti-fou ^ ^ jjj est une très ancienne ville du royaume 
de Ou. 

P^OHO-yang ^ p^, située prés du lac de ce nom, s'appelait Fan ^. 
A}'aDt battu l'armée de Tch^ou, le roi de Ou prit cette ville. 

Koangstn-fou ^ fg jj^f appartint tantôt au royaume de Ou, 
tantôt à son rival Tch^ou. 

Nan-làang-fou ^ j^^ j||F et Kieou-kiang ji, £n eurent aussi le 
môme sort. 

Fou-tclieou-fiyti K| jfl /jj, JAng-lziang-fou É fï JjSf , Oioei-tcheait- 
fi^^ ^Mi Y^^n^cheou-fou ^ jj\ jjÇ, Ki-ngan-fou "ê ^ ij^, Kan 
tcheoti-fou !g ^ H^, Nan-ngaiirfou ^ ^ )(5f, toutes ces villes étaient 
aussi au royaume de Ou. 

Kien-tch^ang-fou ^ ^ f^ on formait la frontière sud-ouest. 

Comme V on voit, à l'époque qu'embrasse notre histoire, le territoire 
de Ou s'étendait beaucoup plus au sud que ne Pindique la carte des 
Pères Lorando et P^an. 

Dans la province actuelle du TcM-hiang ^ 2Ci ^^ villes suivantes 
appartenaient aussi au royaume de Ou: Ilang-tcheou-fou !^ V^M^ 
Km-hing-JouJ^ f^ f^.^ Hcu-tcheou-fou ^ f\J^ ^"^ sud-ouest du lac 
T*ai-hou, et YenAcheoa-fou ^j^ M ^ l'ouest de Hang-tcheou. 

Bref; au sud, le royaume de Ou était plus étendu que ne l'indique 
la carte ; il prenait une grande partie du Tché-kiang et du Kiang-si. 






HISTOIRE DU ROYAUME DE OU. 



•>*-5- 



CHAPITRE I. 



DEPUIS LRS ANCfEHS TEMPS JUSQUM L'ÉPOQUE VRAIMENT HXSTOUrgfJH 

(585 A. C.) 



Sources = Ou- Yué tchSDen-ts'ieou, vol. 1, page 1 et suivautts. 
= Che-ki, de Se-ma Te^en, vol. 31, page 1, etc. 
=T'ong-kien kang-mou, vol. 18, page 8, etc. 
= Mei-li tche; Oiir-ei, Kin-koei, Ou-tsing, Yang-hou 
tche. 



Les premiers temps d'^UDe pareille histoire ne sanraient être «jne 
fabuleux. Je traduis ce qu'yen disent les annales de Ou et de Yué. 
L'auteur Tchao I a, ce me semble, le mieux résumé ce qui en a ét^ 
écrit. Tous les écrivains postérieurs n'ont fait que le copier. 

'^ Le premier des princes de Ou est T^ai-pe -Js^ fÉJ, qui descendait 
" de HeoU'tsi J^ ^ contemporain et frère du fameux Yao ^ 
*^(ver8 2356 A.C.)^*^ T^ nière de Heou-tsi se nommait Kiany- 
^^ yuen H Jg, princesse de Tai ]§i5 (actuellement dans la province du 
*^ Chen-si ^ H) et première femme de Ti-kou ^ ||. Jeune, et encore 
*^ vierge, étant allée se promener à la campagne, elle vit l'empreinte 
^ des pieds d'un géant. Elle en fut grandement réjouie dans son 
*^cœur, et prit plaisir à examiner ces traces de pas. Elle y 
"mit elle-même ses pieds; alors son corps reçut une commotion^ 
" comme provenant d'un homme et elle se trouva enceinte. Craignant 
"d'encourir la peine d'une femme corrompue, elle oflOrit aa««itot 
" un sacrifice pour demander un fila, disant : parce que je n'ai pas de 
"fils, jai marché. sur les traces du sublime Seigneur Ji ^^*^ Ainsi, 
" c'est le ciel qui lui accorda cet enfant. 

^ L'empereur Yao était fil» de la seconde femme oa ooncubine, nommée ICing- 

tott Si $* Heou-tsi et Yao sont donc demi-frêre8> 

< Il est probable que cette expression, dans les anciens livres, s^îfie Dieu ou 
l'Etre Suprémo- 



( -^ ) 

*^ Elle était (X)itrtaat iuqtilùte ; elle le jeta donc dans uu passage 
" étroit et fort fréquenté. Des boeufs et des chevaux paasèrent par là ; ils 
'^ ne récrafièrentpa/^; au contraire, ils se rangèrent de côté avec respect 
** et le laissèrent intact. Après cela, on exi)08a i' enfant dans une foret 
^^ sauvage, où il fut trouvé par des bûcherons. On l'exposa encore sur la 
^^ glace d'un lac. Des bandes^d'oiseaux vinrent le couvrir de leurs ailes, 
" et le sauvèrent de la mort. Kiang-yuen le regarda alors comme uu 
^^ enfant surnaturel, elle le reprit et l'éleva avec tous les eoins d'une 
*' mère. Quand il fut grand, il reyut le nom de KH ^, c'est-à-dire 
^^ le rejeté. Dans son adolescence, il aimait à planter des arbres, à 
^^ semer du millet, du sésjime, toutes sortes de œréales. Considérant 
'^ les cin<| espèces do terre,^^^ la bleue, la roiçe, la jaune, la noire ; de 
^^ plus, examinant si le terrain était sec ou marécageux, sur des 
^^ hauteurs ou dans la plaine, il cultivait d'après la nature de chaque 
^^ plante, soit le millet l^se ^^ soit le millet à panicules Tsi ^, soit 
*^ le nénuphar Ktu |!^, soit le blé, les fèves, ou le riz. Quand arriva 
*^ la grande inondation (le déluge), remi)ep*ur Yao choisit un plateau 
" pour s'y réfugier avec son i)euple. Il pria son frî^re K4 d'instruire tout 
^^ ce monde et de lui enseigner à vivre sur ces montagnes. Il établit 
^^ donc divers lots de terre, d'après la nature du terrain ; puis, pendant 
^^ trois ans, il communiqua au ))euple toutes les ex{)érience8 qu'il avait 
^^ faites en agriculture. Aussi ne voyait-on jtlus de faméliques errant 
^^ par les chemins. Pour récompense, l'empereur YîU) le nomma ministre 
^^ de l'agriculture ; il lui donna T'ai -^j comme tief ; et lui accorda le 
" titre de Heou-tsi, c'est-à dire celui qui préside au millet. ^-^ Son nom 
^^ de famille était Ki ^, car il descendait du premier empereur 
^^ chinois Hoang-ii ^* ^.''^ Heou-tsi obtint donc une principauté, 
^^ et devint roitelet. A sa mort, son fils Pou-tchè ^ ^ lui succéda, 

"Quand la dynastie des Hîa g (2205-1766 A.C.) tomba en 
" décadence, la famille de Heou-tsi perdit sa dignité, et dut s'enfuir 
"chez les Tartares Jong-t^ai ^ ^. Un des descendants, appelé 
^^KmgMem ^ftl, (vers 1797; voir Zottoli, Il VoL, page 21) était 
'^ d'un caractère si bénin^qu'i; lui en coûtait de marcher sur Kherbe, et 
"qu'en conduisant son char il évitait par respect de froisser les 
" roseaux du chemin.^^^ Eong-lieou dut lui-même rester en exil, par 

^ Le texte omet la cinquième ootiletir de U formule chinoise^ le blanc 

' Le millet est la nourriture principale dnns 1^3 r^iouM du Nord. 

^ Le nom de Ki a été douné à oette famille» parce qu*elle vivait près da fleirre 

Kichoei i^ :^« 

-* Notons en passant- la grande vertu des letlréa chinois dans les livres ; elle est 
U plus tjue dans la prutit^ue de la vie. 



( 3 ) 

^^ crainte du tyran Ti-kié ^ ^ (1818-17GG). Il demeura chez les 
^^ Tartares, et y opéra un changement de moeurs complet ; en sorte que 
^Me peuple devint tout autre, et eut une administration civilisée. 
^^ Lonqu^il mourut, son ûh King-iaie g^ lui succéda. 

^* A la huitième génération, son successeur fut Kou-kong-tan-fou 
^^ "â" & C W) ^^ '® Grand roi Taùwang -j^ J vers 1327. 
^^ Celui-ci suivit les traces de Kong-lieou et de Heou-tei, pratiqua la 
^^ vertu, et se montra juste ; aussi fut-il en grande vénération chez ces 
^^ sauvages. Les Hiun-yu jong-ti H 9K 7!c i^ti autres aborigènes, 
^^ furent jaloux et l'attaquèrent. II offrit de leur être soumis, et leur 
^^ envoya en présent des chiens, des chevaux, des boeufs et des brebis. 
^^ Mais ils ne cessèrent pas t>our cela leurs incursions. II leur envoya 
^^des peaux, des soieries, des métaux, des jades et autres pierres 
^^ précieuseF. Ik continuèrent à le vexer par leurs déprédations. Il 
^^ leur demanda enfin ce qu'ils voulaient. Ce sont vos terres que nous 
^^ voulons, répondirent-ils. Kou-kong dit alors ce grand mot, resté 
^^ célèbre: Un prince sage ne garde pas à son usage ce qui devient uu 
^^ détriment pour son peuple au lieu de lui être utile pour sa subsistance; 
^ oe serait perdre sa principauté, et nuire aux habitants; je ne reste 
^plus ici! Ayant doue bien réfléchi, il quitta Ping ^jSi ^^\ passa la 
^^ montagne Leang m, et s'établit dans le pays de Ki-tcheou i^ ^. 
^^11 avait dit à son peuple: Pourquoi voulez- vous m'accompoguer? 
^^En quoi suis«je meilleur que leurs chefs? Bestez donc avec eux; et 
^^ laiesez-mot partir seul ! Mais tous, parents et enfants, frères aînés et 
^ frères cadets se mirent en route à sa suite ; ils s'entr'aidaient les uns 
^^ les autres, portant les vieillards impotents sur leurs épaules, tenant 
^ par la main leurs \yet\ts enfants; emportant leurs chaudrons et leur» 
*^ marmites en terre cuite, etc. En deux mois ils élevèrent un rempart 
^. en terre, et formèrent un bourg ; deux ans plus tard c'était nue ville 
^^ de premier ordre ; le nombre des habitants avait quintuplé. 

^^ Eou-kong eut trois fils: Tainé Pai-pé j; fg ; lei^cond Tchong- 
^^ yong jljf D|, nommé austd Ou-tchong ^ f{i ; le troisième Ki-li $ JÉi 
" qui fut Wang-ki 3£ $> père du fameux empereur JVen^uHing % 3E 
'^ (vers 1122 Â.C.). Ce troisième fils prit pour femme la princesse 
ii.w T'ai-jen ic tt^ ^ ^'^ ®^* ^^ enfant qu'il appela Tch^ang g; à 

1 Ping est aotueHeinent la TiUe de Tsi-hkn 9^ wk^ dans la préfecture de Sin- 
?^«9 ^ ^1 proTiDoe da Chen-si. l-a montagne Leang est dans le territoire de 
Hia ytmg JE |^« Le paya de Ki-tcbeou est maintenant appelé Ki chcm-hien |^ lU j|S. 

s Cette princeBte éutt de la principauté de Tehe jK* Voir Zottoli, III, p. 22\^, 
Ode 2^^9 T'ai-xiing, vew 3^***« 



( 4 ) 

^'eon tour, celui-ci eut un fila nommù CAengr-cAoe? H ^. Voyant 
'^ que TchSuig était un homme éminemment sage, Kou-kong voulut 
^^ on faire sixi héritier; Ciir, disait-il, qui serait plu« cajmble que Tch^aug 
*''' [>our faire fleurir le royaume? C'est pourquoi il changea son nom en 
*^ celui de Ki-li, qui signifie jeune héritier. T'ai-pé et Tchong-yong 
^••comprirent P intention de leur père, sachant bien qu'héritier signifie^ 
^^ successeur. Auspî, quand Ivou-kong tomba malade, les deux princes 
^^ s'éloignèrent, sous le prétexte d'aller chercher des herbes médicimiles 
^* Kur la montagne Heng-chan Hg llj (diins le Uou-koang). Ils se 
'^ retirèrent chez les King-man JiJ ^, ou sauvages des broussailles, nom 
^^ des sauvages méridionaux. Là, ils se coupèrent les cheveux tout ras; 
^' ils se tatouèrent; ils prirent les mômes vètement« que les gens du 
'^ {)ay8; montrant ainsi publiquement qu'ils ne voulaient pas succéder 
^* à leur père. 

" A la mort de Kou-kong, T^ai-pé et Tchong-yong rentrèrent 
^' dans leur patrie, pour rendre les derniers honneurs à leur père ; le 
'^ deuil fini, ils retournèrent chez les sauvages King-man. Ceux-ci 
••Mes reconnurent iK)ur princes, et leur furent soumis; comme déno- 
^^ mination de leur principauté, ils adoptèrent les deux caractères Keou- 
^* ou 43 ^. Ï8ouo-k4eou-ming (vol. 48, p 2), dit que T'ai-pé r^nait et 
gouvernait d'après les lois du Tcheou-li JQ jjjg; mais son frère Tchong- 
yong s'accommoda aux usages des indigènes, et ne sut ni les relever 
ni les civiliser — Mais n'est-ce pas le lettré chinois qui perce là? T4d- 
pé est un des saints chinois des lettrés. Ceux-ci n'admettront jamais 
qu'un de leurs anciens saints ait vécu à la manière des barbares; il est 
pour eux bien plus simple de nier l'histoire. 

Ct'iwndant les livres historiques de la dynastie des Ean ^ 
racontent absolument les mêmes détails que ci-dessus. Une question 
très controversée chez les lettrés, c'est de savoir ce que signifie le 
caractère Keou ijdevant celui de Ou? Plus tard, ce pays et ce royaume 
ne furent connus que sous le nom de Ou. Pourquoi s'appelle-t-ii 
donc Keoîi'Ou dans les anciens documents? L'opinion la plus probable 
est que Keou est une particule préfixe prise du langage des l)arbare8; ce 
serait donc une phonétique sauvage. Tout comme on disait plus tard 
Yu-yué, au lieu de Yué ; or le mot Yu est regardé comme une phonétique 
particulière aux barbares de Yué (Cf. Mei-li tche, page 3 ). Le vieux bou- 
quin Yué-tsHué j^ ^, vol 3, p 1, dît auœi que les gens de Ou étaient 
des Sauvages |g J,^, et ennemis de la Chine. Une autre explication 
nous est donnée dans les livres: quelques gens de Ou demandèrent à 
T'ai-pé pour quel motif il avait ajouté ce nom de Keou ? Moi, répondit- 
il, quoique fils aîné de ma famille, je n'ai pas de successeur. Celui 



( 5 ) 

qui, après moi, doit hériter de cette principauté est mon frère Ou- 
tchong; voilà pourquoi je Tai appelée Keou-Ou; c'est-à-dire celui qui 
prend la succession de Ou; n* est-ce pas juste et convenable ?^*^ 

Les annales continuent leur récit, comme il suit: ^'Les sauvages 
King-man trouvant en T'ai-pé un homme juste, lui obéirent volontiers; 
ils l'accompagnèrent, au nombre de plus de mille familles, pour all(;r 
fonder Keou-Ou." D'après ce texte, T'ai-pé se serait d'abord établi 
dans le Hou-koang j^ ^', î^ aurait plus tard quitté ce pays pour venir 
à Ou-8i« D'autres historiens disent que T'ai-pé est venu dès le 
commencement dans les pays de Ou. Nous verrons bientôt que les 
doux opinions peuvent s'expliquer assez facilement ; et que la contra- 
diction est plus apparente que réelle. Poursuivons notre récit. 

^^ Dans l'espace de quelques années, le peuple augmenta en nombre 
" et en richesse. Vers la fin de la dynastie des Yn ^ (vers 1200 avant 
" J,C.), quand le gouvernement impérial ét^ût en pleine décadence, les 
*' divers princes tfanx^eaient le droit des armes. Craignant qu'ils ne 
** vinssent jusqu'au pays des King-man, T^-pé fit élever des remparts 
" d'une circonférence de trois ly et deux cents pas, pour protéger sa 
" capitale. Plus tard la principauté comprenait plus de trois cents ly 
^^ dans la direction Nord-ouest ; mais son influence morale devait être 
^ sans limites. Son nom était Kou-ou -^ ^, c'est-à-dire Ou l'ancien ; 
" tout le peuple s'y appliquetit à l'agriculture. 

Le Mei-li-tche (vol. 2, p. 2,) dit qu'alors on haussait le terrain de 
trois tchang ^ (30 pieds !), pour assurer la salubrité des habitations 
à bâtir; car tout le pays était marécageux. 

Le Sou-tcheou-fou tche ajoute, à son tour, ce qui suit : le pays de 
Meî-li est plus haut que le reste du pays. C'est bien une preuve qu'il 
fut peuplé le premier. En retirant la vase des canaux on exhaussa 
insensiblement le terrain. Le territoire de Mei-li est même trop élevé 
maintenant pour la culture du riz; c'est pourquoi on a pris de la terre 
des champs qui sont trop hauts, et l'on a fait des buttes qu'on trouve 
partout dans les environs de Mei-li (vol. 44, page 1). 

Voici maintenant quelles étaient l'étendue et la position de ce 
pays: A l'ouest, cette principauté s'étendait jusqu'au canal impérial 
(actuel); à l'est, jusqu*au lac Ts^ao-hou W iffl> ^ 9^ donne une 
distance de soixante ly. Au sud, sa frontière était à lA-ho ]|B[ îpf ; au 
nord, à la montagne de Koa-ktao-chan B$ IS lU) ce qui fait une 
distance de quarante-cinq ly. Autrefois, ce territoire appartenait à la 

1 D'après cela, œ caractère Keou stnrait réquivalent de Kiu vit prendre, saisir. 
MArae aclueUeinenti on emploie souvent ces deux caractères l'un pour l'autre, avec le 
même sens. 



( 6 ) 

vill« de Ou-ai. Mais celle-ci ayant été divisée, la 4*°'' année de 
Yong-tcheng, en deux Sous-préfecturee Ou-si et Kin-koei, ce pays est 
Houmis au mandarin de Kin-koeL Celui-ci a Tobligation d'aller, deux 
fois Tan, à la 2^^ lune et à la 8*"*, offrir des sHcrifioes à T*ai.pé.<*> 

T'ai-pé régna quarante-neuf ann; et n'eut jmà de fils. (Cf. Mei-Ii 
tche, vol. 1, p. 31). Beprenons la suite de notre histoire. 

'^ Quand Kou-kong fut sur le point de mourir, il ordonna à 
^^ Ki-li de laisser la couronne à T^ai-pé. Mais celui-ci la refusa par 
^^ trois fois, et s'obstina à décliner cet honneur. De là le dicton 
*^ populaire : TSd-pé a trois fois refusé l'empire. 

^^ C'est donc Ei-li qui prit en main le gouvernement. Il renouvela 
** les exemples des anciens grands rois et pratiqua P humanité, la justice. 

^^ A la mort de Ki-li, son fils Tch^ng lui succéda et fut surnommé 
^^ Sî-pé fS iàt c'est-à-dire le grand chef occidental. (C'est le fameux 
" Wen-toang 3!t 3E)- 

Les commentaires observent très bien que les successeurs de 
T'ai -pé n'étaient que de petits princes; comment donc expliquer ici 
que Tch^ang est appelé le grand chef occidental? Tse^kia ^ J[ répond 
que Ki-li avait déjà reçu ce titre de l'empereur 2ï-f . ^ ^ 
(1191-1154), par la collation du sceptre de jade et les cratères de vin. 
O^est donc par droit d' héritage que Tch^g (Wen-wang) avait cette 
dignité. 

Les annales disent de lui : ^^ H suivit les traces de ses illnsfares ancê- 
^' très Kong-lieou et Kou-kong ; il honora les vieillards, et aussitôt tout 
^^ l'empire se tourna vers lui ; la plus grande paix régna sous son sceptre. 
^^ Le sage Pé-i f^l ^ vint des extrêmes côtes de la mer pour se mettre 
•* sous sa houlette. 

^^ Quand Wen-wang mourut, son fils Fa ( lui succéda (ce fut le 
" roi Ou'toang fC ï) ^ ^' ^ servit de ses frères Tcheou ^ et Tchao fi 
^^ comme auxiliaires, et alla renverser la dynastie Yn (1766-1122). 
^^ Ainsi tout l'empire fut pacifié. Il prit le titre d'empereur, et 
^ décerna à son aïeul des honneurs posthumes en l'appelant VxU-wang 
^^ -JS^ 2, c'est-à-dire le grand roi; à T^-pé il décerna le titre de gmnd 
^ chef de Ou, nom sous lequel il est peut-être plus connu. T^i-pc^ 
^^ chef de souche, a été enterré à Mei-li, dans la plaine du delta.^^ 
..-■■■ ... — ' ■ ■ ■ ■ . - 1 I ■ I 

^ La viUe de Oa-si ne date que de la djnutie des Han. La circonférence de sei 
murs n'était d'aboid que de deux Iv et dix-neuf (mis. Il n'j avait qu*nne porte. Lei 
faubourg avaient plus de orne Ij d'étendue. (Ct*. Yué ts*iué, vol 2, p. 7). 

2 D*aprèB tous les auteursi l'ancienne capitale de THii-pe était an boor^g; actuel de 
Mei'li, à dO ly Hud-etit de Ou-ai, et 60 \j nord de Hon-tcheou. Plus tard» comme on le 
verra, le puissant roi Uo-lia transporta sa capitale à 8ou*tcheou mème^ ville devenue 
si fameuse dans les annales de la Chine, et qui encore maintenant compte parmi les 
cités les plus célèbres de Tempire* (Cf- Mei li tclie, vol. % p. 3). 



^ * ) 

Lecommcataire dit que le tombeau de ce dernier est sur la colline 
de Tong-hoaTig'cJmn % S lU) 4^^ ^^ S^^^ ^^ P^y^ appellent main- 
te&ant Hong-chan )4 lU* H dit encore qu'on y peut voir les ruines 
de sa maison et un ancien puits. J'ai visité le pays ; on m'a montré 
le puits; il est actuellement dans la cuisine, et donne encore une 
très bonne eau; sur les anciens fondements de la maison a été construite 
k pagCKle aotifelle. 

Tchong-yong, frère de T*aî-pé, aurait, dit-on, mené la vie 
évémitique sûr la montagne de TcHfang-chou ^ ^ avant de lui 
soooéder. C'est pourquoi il fut enterré à cet endroit. Cette montagu(3r 
08 tnore au nordf de la ville, et s'appelle Yu-c/ian $f^ ]l\^^\ La bru 
du dernier roi de Ou, une princesse de TVi ^ est aussi enterrée là ; 
HQ pie de la mo&ta^ne s'appelle encore TsH-niu'Jbng ^ ic St-i^^ P^^ 
de la princesse de Ts4. 

Voici la liste des rois de Ou, telle que ta donne le recueil Ou-ti-ki 
(page 14), avec la durée de leur règne : 

*lSaftH+*-^ ».^^WmA Paùpà, régna 49 ans; il n'eut 
pas de fib; son frère cadet lui succédar 

f¥iÊ ittt^^lk Tchong-yong ; on ne sait pas au juste a>mbien <1' an nées 
il occupa le trdoe. 

Ilfii£ ÔftH+H:;^ iPîiajilC Tcheou'ifao-îvang^ régna 37 an.<. 
ftS ftiBtB+ÎL4? -JJ^é^jt Hiongsoei r.'^gna 49 ans: fila 
du précédent. 

^1^ ffft £+^ -F^S^â THoO'tfchen^xégxiA 59 ans, fils du précédent. 
HCÏ ^ËflH+Ai XKâtA ICoan-oa régna, 3S ans, fils du 
précédent. 

9HL ttftH+A#¥ fi!âL>^â: I-tcJàou régna 30 ans, frère aîné 

du précédent. 

Wn ^ËttH+AÎ^ jpjl^iar. Pi^u régna 36 ans, neveu du 

précédent. 

512 ftft£-p^ ^^HA Ts'ùhiuen régna 50 ans, fils du 

précédent. 

«fil ^ftn+ll^lp Jg^îirlIJt Ko-lou régna 27 ans, fils du 

piéoédent. 

#îll ffitt— +IB* ÎSmiC Kchtch'oan régna 24 ans, frilro 

cader du préoédent. 

jfBIt :jÊ«r+B^ ffSÉUîA ^î'oo-i régna 24 ans, fils du 

préoédent. 



1 Yettifm "âr BE7 disciple de Confncios, a Aussi son tom})e&u sur cette colline. 
C'at Se ma Ta'ien qui l'affirme ; il uy a pag lieu de le contredire. 



l ^ ) 

t!k% ^£fl[H+^ l^^^:iL TcJt'c-i régna 30 ans, neveu d« 
j»rûcéJtint. 

^m -ÊftH+iL^ ^to^jt Kiai^se régna 35 ans, fils du 
jjrécédent. 

tàtH ^ii:i&^t¥ ^UM:ÎL TchcAsi rogna 27 ans, fils du 

précédent. 

ttSI :aEflr+|H^ l&fôSîfjï: Tchou^fan régna 14 ans, fils du 

précédent. 

fôif ^tt+'t^ l^fô^jt 5"w-fet régna 17 ans, frère cadet du 

préa'îdent. 

fôB^ 4ÈÛII1+— ^ •? S^t Ft^-7nci régna 21 ans, frère cadet 

du précédent. 

ï« ttû+H^ ^fi*Jt »?K?JW« FFany-fao régna 13 

ans, fils du précédent. 

H es ftttn+^ iF*SSA ifo-Ziw régna 20 ans, fils de Tchou- 

fan. Il tua le roi précédent, son neveu. 

^m ffiflr+H^ Së^SS^M^C Fou4ch'ai n^a 23 ans, 

fils du précédent: avec lui finit le royaume de Ou détruit par Eeou<* 

tsien, roi de Yué. 

e±îfZ+£iJÎ&Hatf;^"&Z:+ia^ En tout 25 rois, qui ont 

occvipé le trône 624 ans. 



o^ 



ESSAI DE CKITIQUE SUR LE RÉCIT PRÉCÉDENT. 



Naturellement il y a du fabuleux dans ce que les auteurs cités 
nous racontent. Mais qu'y a-t-il de certain, et de vraiment historique? 
Ce n'est pas facile à détermiacr puisque les documents font défaut. 
Tous les auteurs que j'ai pu consulter ne disent que les mêmes choses; 
comme de coutume, ils se copient l'un l'autre. Dans toutes les éditions 
classiques des quatre Livres, où les commentateurs discutent longue- 
ment sur tous les personnages loués ou seulement mentionnés par 
Confucius, on ne dit pas autre chose sur T'ai-pé. De ses successeaFs ou 
ne dit absolument rien. 

Nous n'avons donc en tout que quatre dates: L'avènement de 
Cheou-mong, en 585 avant Jésus-Christ, est historiquement certain* 
NoiLs donnerons son histoire au chapitre suivant. Avec lui, le royaume 
de Ou apparaît dans l'histoire chinoise comme un état puissant, dont 
les princes chinois proprement dits veulent ee servir contre le royaume 
de Tch^ou ^ (dan? le Uou-koîing actuel). 



(^ ) 

Une autre date bifitorique est l'année 654, où Kiu-pei "fi] jS^ le 
grand-père de Cheou-mong est mentionné par les auteurs Chinois. 

H y a encore Tannée 1122 avant J.C., époque à Imiuelle Ou-wang 
pacifia Tempire et prît officiellement le titre reconnu d'empereur, 
distribuant les titres honorifiques et les différentes dignités. C'était 
d'après Se-ma Ts4en, à la cinquième génération depuis T'ai-pé et son 
frère Ki-li, auquel ï'ai-pé avait cédé la couronne. 

Enfin T^ai-pé lui-même, étant le fils aîné de T'ai-wang, nous 
ramène environ à Pannée 1327 avant Jésus-Clirist. 

Le reste est table rase; rien du tout de certain siu* ces siècles qui 
déparent Cheou-mong et Kiu-pei de leur ancêtre T'ai-pé. 

Celui-ci est-il lui-même un véritable personnage historique? Il 
y a bien des légendes sur sa naissance et sa vie ; elles sont incohérentes. 
Toutefois, sa personnalité me semble vraiment historique. Bien 
longtemps je n'y crus guère; maintenant je suis pour l'affirmative. 
Si Ton niait son existence, il faudrait nier aussi celle de Yao et de 
Ghoen* Alors il n'y aurait plus aucune base pour l'histoire ancienne 
chinoise ; chose qu'on ne peut admettre. T'ai-iié semble bien perdu dans 
les obscurités des temps anciens; mais les fondements d'une maison 
ne sont pas visibles non plus ; pourtant ils existent, et sont nécessaire- 
ment présupposés. 

En Chine aussi l'écriture date de la plus haute antiquité. N' importe 
à quelle époque vous vouliez en placer l'invention et la rédactit)n 
définitive, il faut accorder qu'elle doit au moins se fonder sur des 
documents très anciens. Des génàxlogies aussi longues ne se retiennent 
pas de mémoire; elles ne se falwiquent pas tout d'une pièce, surtout chez 
les Orientaux, où la généalogie est si religieusement gardée, à cause 
du rôle qu'elle joae dana la vie religieuse et civile. 

De plus, la tradition chinoise est unanime sur l'existence de ce 
héros, sur le pays où il a vécu, et sur plusieurs autres points. Confucius 
est certainement une autorité assez respectable pour mériter croyance, 
quand il parle d<tî T'ai-ixi comme d'un ancien sage chinois qui, par 
fies exemples, a contribué à former cette grande nation. Confucius 
a élagué bien des fables des anciens livres chinois, dont il a donné, 
pour son temps, une édition critique. Il a cependant conservé T^ai- 
pé ; il en parle comme d'un vrai sage ; il le propose comme un modèle. 
Gomment donc en nier l'existence.^ Ainsi, dans le Luenyu, vol. 4, ]>. 
2 (Zottoli, II, p. 262), il dit: "Tai-pé i)eut vraiment être appelé un 
homme d'une vertu parfaite; trois fois il a refusé la couronne. Mais 
1*» peuple n*a pu le célébrer d'après son mérite." Ici, rexistenco do 



( 10 ) 

T'ai-i)é est Ripposée parfaitement sûre, et tm dehors de toute espèce de 
doute; c'est un homme connu de toHS. Il ne s'agit pas d'admettro 
toutes les décorations dont on le pare; c'est évident. L'antiquité 
j)artout est vénérable ; les générations postérieures eut coutume d'orner 
à l'envi les ancêtres ou les héros dont elles se font gloire. 

Son nom propre ftit4l vraiment T'aî-pé? C^est encore une 
<|ne8tion dii^cutable. Tous les auteurs chinois qui ont comm^iié k» 
r|uatre livres et le texte que je viens de citer en particulier; œiDC 
qui ont commenté le Ohe-M de Se-ma Ts^ien, tons disent que le 
fondateur de la grande et si vénérée dynastie des Tcheoa Phonara 
du titre de T^i-pé. Cela peut signifier qu'il a ratifié un titre déjà 
reçu ; cela peut aussi dgnifier quMl lui accorda un titre honmfique 
qu'il n'avait pas eu précédemment^'^* De plus^ ces deux caractères 
T'ai'pe ^ fg signifient ^le grand oncle"; j( s'écrit aoni ^ qai 
se compose de l'eau }f;, des deux mains jointes ^, et de ^f^ grand ; le 
sens est, d'après Fan-ming^ ^le plus excellent, le bon parmi IbS bona^* 
(Williams, 848). 

D'après le I-king, livre qui est tout entier tx>nsacré à Pexplication 
des anciens caractères et symboles, le diagramme fVu ngmfie ^la 
^prospérité de la paix^' (Zottoîi III. p. 550): A Tintérieur do 
royaan>e (le bas du diagramme représente la partie intérieme) est 
le sage puissant qui gouverne; au dehors sont les faibles, les inférieurs 
qui obéissent à leur prince. 

Pi fé signifie *' l'oncle,^' " le grand onde." Avec ce sens, le mot est 
maintenant encore en usage. Mais il signifie aussi nn titre honorifique : 
*^ oncle vénérable et vénéré*' puisque le frère du père est vénérable» 
Dans le temps du Tcli^n-ts4eou, c*est-à-dire avant ConfocinBi les 
empereurs donnaient ce titre au plus puissant des princes. 

T'aî-pé peut auesi signifier "le grand aîné." i% est Fainé des 
frèr*« ; Mong ^ le cadet ; Ki ^ le troisième. De fait, le frère cadet 
de T^aî-pé fut Mong-tchong; l'autre fut Ki-1' 

Nous avons vu plus haut que "T^aî-pé avec son frère s'enfuit 
cliez l(\s Kini;-mun." Ces sauvages (c'est-à-din* 4iun chinois, barbares) 
sont considérés communément comme lei? habitants y>rimitifs du 
royaume de Tch^ou, qui se trouvait dans la proviuce actuelle du Hou- 
koanf;, à, l'ouest de la province du Ngan-hoei. Mais b'il b'était 
<l'iil>)rd établi dans ce pay?î-Ki, si loin de Ou-si et de Sou-tcheon, il 
Ti(» s(^rait pas venu dans cette dernière contrée? Cest l'objection dont 
nous avons parlé plus haut. 



ï L'empereur Oi-wang le lui donna en 111^2 avant J.C 



( H ) 

Cette (lifficiiitt^ disparaît, qnaiid on considère que ce sont des 
«uteurs chioois proprement dits, c'est-à-dire des lettrés éloignés du pays 
«n question, qui confondent les deux contrées de Ou et de Tch^ou. 
Quand il s'agît de pays éloignés, encore à demi barbares, et peu fré- 
quentés, des confusions semblables arrivent bien souvent. Que de fois 
des Européens, même instruits, ne confondent-ils pas les difierentes 
contrées de la Chine, et surprennent piîssa\>Iement ceux qui sont plus 
au courant! A plus forte raison cha«^ semblable devait-elle arriver à 
des lettrés chinois qui, de tout temps, ne se sont guère piqués d'être de 
grands géographes; surtout quand il h' agissait de pays sauvages, 
indignes de fixer l'attention d'hommes civilisés comme eux* On le 
voit, la difficulté n'est ptis fort sérieuse. 

Mais les auteurs chinois eux-mêmes ont encore donné une ex- 
plication plausible. Ainsi, le commentaire Tcheng-i JE ^ remarque 
que "les King-man, ou gens du royaume de Tch^ou, ont fait la 
conquête du royaume de Yué (en 334 avant J.C.); ils se sont donc 
incorporé aussi l'ancien pays de Ou, qui appartenait alors, comme 
province conquise, au royaume de Yué. Les lettrés nommèrent donc 
tous les pays du royaume de Tch^ou "King-man," comprenant sous 
cette dénomination et le Hou-kouang et le Eiang-nan et le Tché- 
kiang, trois grandes provinces fort différentes entre elles. 

T'ai-pé et son frère s' étant retirés chez ces sauvages devinrent 
sauvages eux-mêmes; car, disent les auteurs chinois, " ils se coupèrent 
les cheveux ras et se tiitouèrent." Les textes sont formels là-dessus; 
mais qu'un ancien sage et '^ saint" des lettrés se soit fait sauvage, 
c'est un peu humiliant pour ces gens qui se disent les seuls civilisés 
parmi tous les mortels ! Aussi le fameux Hou-ngan-lcouo ^ ^ B> <le 
la dynastie des Song, dit-il bravement dans son Tsouo-tch'oan, page 3, 
**T*aî-pé s'habillait et portait le chapeau d'après les mœurs de la 
^* dynastie Tcheou; les King-man le trouvèrent de leur goût, et 
" Pimitèrent au nombre de plus de mille familles. Quand T'ai-pé 
"fiit mort, Tchong-yong lui succéda; il se coupa les cheveux tout ras 
*^et se tatoua; aller nu était censé beau. Dès lors toutes relations 
"avec les Chinois furent rompues." 

Ici, Tious voyons la fiorlé du lettré chinois blessée au vif: il 
falsifie donc un t^xte ^.diiiis de tons les anciens auteurs. Pour lui, 
l'argument à priori est pTeniptoire: un lettré, un chinois, ne peut 

jamais se faire sauvage; or TSii-pé est un chinois, un wiint, donc 

Pour lui, c'est la se'i'e vérité p'^^sible; ainsi tous les tcxîos aDcieiifc» tout 
faux. 



( 12 ) 

Ije commentaire du Che-ki dit : " Comme il IraTaîllaît tonjonra 
dans l'eau, il ee coupait les cheveux ras et se tatouait le ooqn pour 
ressembler à un dragon, et ainsi n'être pas attaqué par les bêtet 
aquatiques." Cest une explication quelconque^ sûrement puérile. 

Mon humble avis serait d'admettre les testes donnés par les 
anciens auteurs, tels qu'ils sont; et de dire que T^i-pé et son frère 
adopU>rent les mœurs de ces ^^ barbares" sans qu'ils fussent pour cela 
devenus eux-mêmes des barbares. Si les auteurs disent que T^-pé 
«"est tatoué, il n'est pas nécessaire d'en conclure qu'il n'ait pliw porté 
d'habit^". Car, de nos jourâ, les Aïnos, an nord du Japon, se tatouent 
soit la iigure soit les mains, portent des habits et ne sont nullement 
sauvage?. Pour éviter la note infamante de '^ barbare," il n'est pas 
nécessaire d'être chinois. Peu importe l'opinion des lettrés, pour 
qui il n'y a pas de milieu, tout ce qui n^est pas chinois est sauvage. 

Voici maintenant une autre question: les annales disent que 
T^ai-pé est le fils de Heou-tsi. Sur celui-ci on raconte bien des 
merveilles qu'on n'est pas obligé de croire. Mais ne sendent-ce pas 
de lointxiins échos des temps anciens.^ H'y aurait-il pas là quelques 
lamlieaux d'antiques traditions ? 

Le ^' livre des vers," III, ode 11, (Zottoli, III, p. 245) raconte 
et célèbre la conception et la naissance extraordinaires de Heou-tâ, sa 
conservation et sa grandeur, etc.; bref, il en fait le sauveur de son 
peuple. Le même livre, IV, ode 10 (Zottoli, III, p. 297), exalte 
encore les hauts faits de Heou-tsi, le père de T^ai-pé, et l'ancêtre si 
glorieux de l'illustre dynastie des Tcheou* 

Conlucius, malgré sa sévérité i>our ce qui ne lui sembifdt pas 
authentique, ou ne méritait pas d'être transmis aux générations futures, 
a cei>endant conservé ces chants. Depuis ils sont restés dans les livres 
"saints"; et sont encore maintenant appris par cœur par toute la jeunesse 
chinoise et commentés par les lettrés. L'édition impériale, au 18^* 
volume des vers, a huit longues pages pour expliquer ce poëme. On 
y dit, comme conclusion, que *' tout est merveilleux dans la dynastie des 
Tcheou; évidemment c'est le ciel qui l'a établie et choisie par une 
prédilection spéciale ; quiconque résisterait à cette dynastie, désobéirait 
au ciel lui-même." Ce principe est très- vrai, dans ce sens que toute 
autorité vient de Dieu, et que tout homme qui résiste à l'autorité 
légitime résiste à Dieu lui-même. 

Tchou m ^ 3g, le coryphée des lettrés actuels et du libéralisme 
littéi-îiiiu (pli (Lite de la d^Tiastîe des Song, dit qu'il ne sait que faire 
de Cette ]>oésie. Les lettrées actuels n'y voient guère autre cliose que ce 
qui i*n o^t écrit dans Tédilion impériale, voluiui* iS, ivig«-8 1 et 2. 



( i:î ) 

Cependant le docteur Tchang, au même endroit, page 2, (au 
Vetso) émet une idée un peu plus philosophique: ^^Âu commencement 
du ciel et de la terre, dit-il, il n'y avait pas encore d'hommes eu ce 
monde. L'homme eet certainement né d'une transformation que le ciel 
et la terre ont produite par le jE^t fH (vapeur, haleine) ; car tout ce 
qui est différent des choses communes, a néceasairement une origine 
pon commune.*' Ainsi, d'après ce docteur, ce poëme célébrerait la 
création de l'homme, lequel ne serait pis le produit naturel de la terre. 
Il me semble qu'on pourrait y voir encore un travestissement do la 
doctrine juive sur le iiitur sauveur du genre humain, qui devait naître 
d'une vierge, échapperait à ses persécuteurs, etc. etc. 

Après les louanges si extraordinaires données à la dynastie des 
Tcheou et à son fondateur, les flatteurs ont raconté des merveilles 
semblables sur les chefs d* autres familles royales ; par es:emj)le, sur 
Han-kao-tsou^ fondateur de la dynastie des Uan. 

Ajoutons quelques détails pour clore cette discussion : Le cinquiè- 
me successeur de T^-pé fut Tcheou-tchang J^ jgË, (voir Sou-tclicou- 
fou tche, I, p. L) L'empereur Ou-wang l'investit de la souveniineté 
de Ou, et lui accorda le titre de ^p (tec) quatrième dignité de Imute 
noblesse, qu'on traduit ordinairement par ^'Vicomte.'' OiHcieliement 
les princes de Ou n'ont jamais eu d'autre titre reconnu par l'empereur; 
mais, à l'exemple des divers princes qui prenaient un titre corros[)ou(lant 
à leur puissance, ceux de Ou s'appelaient rois, au moins depuis Clieou^ 
mong, et furent ainsi nommés par les autres chefs de principauti^«<. 

Bia-t4en-hou, dans son histoire, dit que divers auteurs avaient 
déjà donné ce titre de roi à T^ai-pé; mais qu'il a rétabli Taneien 
texte, où il ne figure pas avec cette appellation. 

On sera peut-être content d'avoir quelques renseignements exacts 
«ar le tombeau de T^-pé ; c'est pourquoi j'ai extrait du livre Mei-Ii 
tche le dessin ci-joint ; d'après ce que j'ai constaté moi-même, il est 
exact. Le tombeau est haut d'un tchang quatre tche J^ (environ 14 
pieds); sa circonférence est de trente-cinq pas. Autrefois^ les gens 
du pays l'appelaient 0u-wang4eng j^ 3E ®^*^ \ actuellement le peuple 
des environs dit simplement: Wang-fen c'est-à-dire tombeau du roi 
(volume 2, p. 32). 

La pagode de T^ai-pé, construite sur l'emplacement même de sa 
maison, date de temps immémorial. Son culte y prit de l'accroissement, 
quand Tché48ong fi ^ empereur de la dynastie Song (1091 P.C.) 

^ Butte da roide Ou. 



( M ) 

TOMItKAU 1>K T'AI-I'K. 




( ]-C- > 

dbnna à cette pagode riiiecription " Tohe-it ^ ^ " c'fcst-à-dlw»- 
] ''homme de la "[>arfaite vertu."' L'ein|)ereur KSiiig-hi donim à la 
pagode de T^ai-i)é qui est à Sou-tçhe^^u une iuKcription semblable ea 
quatre caractères *^ Tche-té-ou-m^vg 3^ f|Jj îïl 2 " c'est-à-dire IMuim- 
Uie de la " vi*rtu parfaite et i4JCom4»arablu **] cette pagode date de la. 
dynastie des Han. 

Détiiil historique assez^ curieux : Pour ne pas être obligé de faire- 
toujoure le voyage de Mei-li, on. avait autcefiiis bâti à Oursi, dans la. 
]SUO latéi;ale nommée Lçoa-hiang §| ^ u^ie petite pag^xle où le- 
luandarin [)0uvait avec facilité aller ollVîr l(« «icrifice:»^ Mais il semble 
que THii-piî n'en était pas content. Depuis ]ohgtomi)8, c'est à Mei-IL 
que le uiandiirin va deux fois l'un lui oiTrir le» avcrifices accoutumés; 
il lui fait les neuf pivisirations, et lui brûle des baibonnets d'eucens^ 
comme aux autres idoles. Oiize arpents de l'ancien terri toixse de T^i- 
^ sont es;empt8 d'impôt.. 

Pai^soette pigode il y a encore toutes portes d'autres idoles. Il y 
a d'eus; ûnuilles de Tao-ohe ^ j;, l'une à l'est, l'autre à l'ouest, qui 
cultivent les terix», fout les suiienstitîonwS, reçûvent les visiteurs, y ont 
i^me école,, etc^ (Mui-U tçh^, yol> 2,. p. 3,1).. Actuellement les Qllo^?es- 
i$out encoiio.aip^L 

Dernier dictai];:. A ciiiquantQ. ly sutl-ouest de Ou-si, sur. le bord; 
du lac T^ai'hoa -Js^ fjjj dans la circonscription d,e Fou-ngan 'j^ $ |ft,, 
jftès de la montiigne Siu-chan ^ [Ij où^Ou-tsc^siu fut jeté datis le lac,, 
et où il a &i pagode, le peuple presque tout entier b'uppelle Ou, et^ 
pr^»tend être la defKîendiincQ directe de T^al-pé et de sou frery.. (]\I.ei-U. 
t^^he, vol.. 2, p.. 12). 



K rr ) 



tlIAPlTRE lï 



i.Ë llOI CUEÙÙ^yiOKG II ^: (5S5-5(;o Avant J.C.) 



• ^URCES:^TcIiiio ï, annales de Où et de Yué, page 5 et 

suivantes. 

= Clie-lvi'(1e Se-ma Ts4en, volume 3Ï. 

=^ Tsouo-tchWn, édition de Tou Ling, vol. 21, p. 

12— vol. 27, p. V. 
• ==ï'ong-kien Kang-mou, ou la grande histoire de 

Chine, vol. 13, p. 17 — vol, 14, p- 1 et suivante?; 
=Toiig-kicn Karîg-mou, Edition impériale, Vol, 22, 

p. 11 — voK 20, p. 1-5. 

Tous ïca ïiute^iVs chinois ï-econnaii^sent (Jue Thistoire Vraim(»nt 
'ilocumen taire et "certaine couinitmcé au moins avec Cheou-mons. 
Des travaux tels que le Tsouo-tchSvAn et le Che-ki eu eont den 
preuves évidentes. ïchao I esstiie de donnet* une chronologie détaillée 
de ce règne; mais c'est en vain, je crois, car on ne peut guère fixer 
(l'une manière sûre ce qtii se pjvssa dans chïtcune des annét^. Les 
faits sont les mêmes, mais Tordre varie suivant les auteurs qui les ont 
racontés, 

Uieou-mong ^Tg'. porte ohcofe le nomd'ô Tch^en fjf. Sont-ce des 
noms vniîmeïii chinois? Bien des écrivaiùs eu doutent; ils disent que 
ce sont des phonétiques représentant le nom barbai-e dé ce roi. Ce 
(^uô nous raconterons de lui i)0urrait de fait confirmer tîette opinion. 
liCS gens de Ou et leur roi sont toujoni-s considéré? comilie indignes 
d^etre raia sur le mémo rang que les chinois; ni leurs habilB ni leur 
langage n'étaient chinois; donc le houi du prince non plus. 



i ./ '• ' 



< 18 ) 

Un des faits les plas remarquablee de son règne est sa vbite à la 
cour de Venipereur Kien H (584-570), puis à la oour du duc de Lou 
igi, et à celle du roi de Tch^ou j^. Lô Tsooo-tch^oan place cette visite 
en l'année 575, c^e^t-à-dire la quinzième du duc Tch^ng. D'après le 
le Chf-kl, ce serait en 570. Ces deux dates sont plus probables 
que cella de Tchao I; celui-ci prétend que ce fut la première année 
de son règne. Or, à cette époque, l'empereur n* avait plus aucun pouvoir ; 
et personne ne se souciait de lui ; pourquoi le roi de Ou se serait-il 
empressé d'aller offrir ses hommages à cetta ombre d'empereur? Il 
n'en avait rien à oraindre ni à espérer. Mais le fait est certain; tous 
les auteurs le consignent. Cheou-mong alla d*ab(»xl visiter l'enàpereur; 
puis il passa au royaume de Tch^ou pour saluer les princes %t étudier 
les ^^riteb" chinois qui sont la quintessence de la civilisation orientale. 
Le duc Tcli^eiig j^) ^6 Lou, eut une entrevue avec lui à Tchông-li. 
'Cette ville appartenait au roi de Tch^ou^^\ Cheou-mong s'infonna à 
fond des ^^ rites" et de la musique de Tcheou-hong ^ &> le célèbre 
fondateur du duché de Lou. Le duc s'empressa de le renseigner 
exactement sur les moeurs des anciens; il fit aussi chanter devant le 
noble visiteur les poésies des deux antiques dynasties Gbang et Tcheou, 
et celles (le la maison princière de Lou, 

Cheou-mong émerveillé s'écria, parait-il: ^^moi, homme de peu, je 
vis panui les sauvages ; nous ne savons que nouer nos cheveux sur la 
tête; comment aurions-nous d'aussi beaux vêtements?" Il s'en alla^ 
disiint avec des soupirs: ^^Ces rites sont vraiment magnifiques!'' 
(T'ong-kien kang-mou, vol. 13, p. 17). 

Ce récit porte bien la marque de fabrique d'un lettré chinois, 
infatué de sa civilisation unique dans le monde, laquelle ravit et con- 
vertit quiconque a le bonheur de la voir de ses yeux. Cependant le 
fond peut bien être vrai; car ce sont les Chinois qui ont absorbé tous 
Ie5< peuples primitifs de ces immenses contrées qui forment la Chine 
nctuolle^ et se les ont assimilés. 

D'après Tchao I, le royaume de Ou aurait été dans une certaine 
VîtfSÈilité à l'égard du royaume de Tch'ou, son puissant voisin. A la 
<leuxième année de Cheou-mong, il mentionne que le roi de Tcheou 
fit la guerre au roi de Ou, et le vainquit. 

Dès lors, les guerres entre ces deux pays sont acharnées; elles se 
renouvellent à peu près tous les ans. lie roi de Tcheou semblerait 
avoir été l'ennemi commim, attaquant tous ses voisins; ceux du nord^ 
c'est-à-dire les princes chinois; ceux de l'est, c'est-à-dire le pays de Ou. 



SI Ri Actuel lezneiit, c'est Heninnn hien fS Mf K) Bur la rive droite de la 
ivièrc Hoai; province du Ngon-hoci. 



( 19 ) 

II êtîiît donc de lenr coiniuun intérêt de se réunir contre co. terri f)!e 
advi^reaire. I^h princw chinois, en fins poHtiqiieii^ tachèrent d'enifilciycr 
le ri»î de Ou en guise <le bélier ; c'est pourquoi il8 d fignèi"ent l'admettrit 
à leurs cours?, à leurd léunioufi, quoi qu'il fût un ^^eauvîige." îSans o; 
motif, jamain ils ne lui auraient accordé une telle i'avenr; ils en 
attendaient une utilité évidente et i^alpable. 

Le Teouo-tch'oan de Tou Ling (vol. 22, p. 8.) raconte que, dès 1 i 
deuxième année de eon rèj^ne, Clieou-mong fit laconquètt^ de l^an ;jJ5 
d'alx>id, puiH bientôt de TchcoH-lai j\i\ 3j£, deux villes qui étnient 
floos la suzeraineté de Tch^ou-*^ C'était au printemps; la petite 
principiiuté de T^ii fo soumit au vaînqueur^*\ Ki-wen-tse Jp ^ -^ 
ministre du duc de Lou h^écria: ^^Les Chinois ne savent plus gouvi^rner 
leur pays; aussi voilà les sauvages méridionaux qui viennent nous 
envaliir; et persoime ne nous aide, personne n'a pitié de nous." Tout 
cela venait de la faiblesse de l'empereur et de son lieutenant, le roi de 
Ifcm Ç. Mais le roi de Ou de\Tiît encore porter à celui de TchS^u 
des coups plus sensibles; et cela, avec l'aide de gens originaires? du 
pays. Voici comment Tsouo-k'ieou-ming raconte les faits (Cf. ïou 
Ling, vol. 21, p. 12-vol. 22, p. 9.) 

Le roi Tchoang ^ 3E (l^^ Tch^>u) voulait prendre une dame 
Hia-ki X jiS de la famille impériale, pour en faire sa concubine. 
UU'tck^'eng 2^ S) ^^ ^® ^^ officiers, lui en fit des remontrances 
re^'pectneuses, disant: " Cela n'est pas permis; vous», le chef des princes 
^^ (d'après les prétentions de ce roi), vous réunissez vos subordonnés 
^^pour punir les méfaits; ai vous prenez cette femme, vous mon- 
" trerez un cœur souillé de désirs impurs; vous commettriez un 
"•crime digne d'être puni à son tour. Les "saints livres" disent: 
il faut pratiquer une grande vertu, ix)ur se garder des actions 
coupables C'est ainsi que Wen-wang a pu fonder la dynastie des 
** Tcheou. Une grande vertu fait des-efforts sur soi-même; quiconque 
ne b'exposo pas au danger évitera le mal. Si vous, chef des prince?, 
vous commettez une telle action, ce n'est pas se garder soi-même. 
** Pensez-y bien." 

Ayant entendu l'exhortation de ce bon apôtre, le roi abandonna 
8on projet. Alors son grand ministre Tse-fan ^ ^ voulut avoir 
lui-même cette femme. Ou-tch^eng lui dît: *^ Cette personne 
" porte malheur; die a fait mourir jeune Tse-man J- Ç{, votre 

1 T*an cftt actuellement Tan-tcbeDg-liien» dépendant de I-tcUau-fou fft t\ Jn 
dans le Chan-tong* Xcheou-lai était eituée à trente ly au nord de la ville actuelle d^ 
Cheoii-tcheou, qui dépend de Fong-yang-fou (Ngan-hoei). 

* (Toogkien Kang-mou, toI. 14, p. 1— Édition impériale. toI. 23, p. 7}- 



u 



ii 
ii 



\ -20 ) 

^ frère aîné, qui aviiit on àvôô elle iL* inativaiHefl relati-iris; elle à èau4 
'^'' la mort de son nuiri Yu-cftou ^ j^ après troîa ans de mariage ; ellei 
"^•"a encore ciué la mort de Ling-heon tQ[ ^ prince de Tchl'en P|[. qA 
^' avait eu avoc elle un commence îllcj^itî me; elle ax^nsé celle de llia- 
''^ van g ^, le fil*? qu'elle avait eu de ce f/rince; elle a 6ui?^ l*exîl de 
" K'ofi'j Jj\^ et de / jX, dtuix ministres de Lîiig-heou, qu* avaient ert 
^^ au^Ni avfu elle des rela1î<ihs onip.ihles; elle a enfin catisé la mine de 
"^•^ la principuué do Tchl'en qui a été ané vntîe to^it entière piir le 
" roi de TcliN'U. 0«>mment ne pfustecon naître que ctîtte femme porte 
'" tuallieur? 11 e^t déjà aspez ditticile pour Tliomme de vivre dans ce 
^^\\:\» monde; pourquoi aller soi-même chercher une mort violente? 
'*'.ll y a bien o^autn*s belles persuunee: pourquoi vous taut-il tout 
'' justement celle-là ? *^ 

Après l'exhortation du bon apôtre, Trè-fan al)andonna aussi son 
idée. lie roi de TcliV>u donna cette i'étnme à un de ses offlcierR, 
nommé Siavg-lao j|| ^. Celui-ci nlouïrut à la bataille de Pi jÇjS, 
mîis qu'on pû% retrouver son Cadavre ; sob fils Hi-yao Jg^ J^ se mit à 
Vivre incestueuseraen t avec sa marâtre^ 

Eu fin le masque du vertiKîUX Ou-tbh*en lomba; îl envoya dire à 
•cette femme: retournez chez vous, je viendmi hie marier avec vous, 
il avait au^i déi)êcbé un messàgeV venant soit-disànt de la princiimuté 
de Tchemj gj la pjitrie de cette créattire, pour lui dire : retournez vit<^ 
chez VOUS) le ceixmeil de votlro époux àitive; il faut aWlumeût que 
vous alliei le recévoih Zf/a-K bommùûiqua cette nouvelle au roi; 
•èelui-ci n^y ajoutint pas foi demandai Oit-tcli^éû ce qu*il en létait. 
Le ministre réiv)ndit: "C*i*st très vrai; notre j^risoililier de guerre 
'•' Tche-yong ^ ^ est fils di^ l'aùcicn favori du roi dô Ain ^ ; il eet 
^^ frère de Tchoiig-hany-pk «f fx fû é^^néral et grand favori du roi dô 
*^ Tcheng QJ. Puisque le général aime tendrement son frère/ il se 
^' servira du roi de Tcheng pour échanger «m frère contre bott^ prison- 
"nier de gucire, rrsté chez le roi de Tsin, tît renvoyer te ceixîueîl dé 
^' Siang-lao. Le roi de Tcheng a peur du roi de Tsin, depuis la bataillé 
" de Pi ; ainsi il consentira certainement à servir d'intertûédîalre dans 
" cet échange, pour gagner les bonnes grâces de Tsin**^' ïlpmpé par 
ce discours, le roi laissti ]>artir Hia-ki; celle-ci se mit eil toUte, disant 
a son entonnige: "Si je n'obtiens ])as le cercueil de mon mari, jô 
ne puLs revenir ici." îSur ce, Ou-tch'en envoya descjuicîmx au roi de 
Tcheng ôt demanda Hia-ki pour ferume ; le roi ki lui promit. Ou- 
«A 'en trouva une occasion favorable pour aller la retrouver. Ce qui 
firécède s'était passé eous le roi Tchoang, qui mourut peu après; 
i>on succcbi^ur Kong j^ déclara la guerre au duc de Lou. AviaDt dô 



Kvrer fa bataille de Yàng-kiao* fg ||g, il envoya Ou-teh^en coraiifw^ 
amhiiflRadeiir chez le roi de Ts^i ^ pour Tinforraer de 8r»n entreprise, et 
lui demander du flecours. Ou-tcl)*en emmena av(^c lui tout*5 sa maison : 
arrivé au n)yaume de TcJfeng |^ il remit les cadeaux i>our le roi de 
Th4 à l^)fïicier qui l'>icccompa;^aait dans cette ambiLS^^ade^ prit la 
£imeu9e Hia-ki, et 6'enfuit. D'ulwrd, il voulait se rendre au royaume 
de Ts*i; mais ayant appris que ce pays venait d'être vaincu, par le roL 
(Je Tsin §, il dit: "Je ne demeurerai pas dHns une contrée qui ne sait 
fsa vaincre ses ennemis"; Il se dirigea donc vers le royaume de Tsi'n 
§, où, par l*TBntremise de KHo-tofie ^ ^^M devint gouverneur de liw 
ville de Yng JflJ. 

Le premier ministre de Tch'ou voulait envoyer das ouleaux: 
précieux au roi de Tsin -§, pour Teng^iger à ne pis donner de digniu; 
à ce félon^ Mais le roi Kong l'en empêcha en disi^nt: ^'Cet homme a 
conscience de soa méfait actuel ; m^iis ce qu'il a fait pour mon [>ère a 
v*té un service loyal; cet acte a alTermi notre royaume et partant couvre 
Lieu des fautes. Puifi, b'il peut rendre d'utiles services au roi de Tsio^ 
celui-ci ne le renverra pas à cause de vos présents; b'il est incapable, il 
sera bientôt congédié par k coi. lui-même. Ainsi, pourquoi lui -chercher 
querelle ? " 

Voyons maintenant comment Ou-tch'en en vînt à aider le 
çnyaun^e de On conti:e sa propre patsie: ce léoit est dans Tsouo-tch^>an 
de Tou. Ling, volume 22, piige 9. ^ Précédemment, c'est-à-dire eu 593, 
l'armée de Tch*ou avait assiégé et pris la. capitale du royaume de Song, 
5{j^ Le premier ministre Tne-tchong ^ ^^ pour récompense, avait 
demandé des terres dans les deux villes de Cbcn ^ et de Liu g . Le roi 
avait d'abord consenti; mais Ou-tch^en b'y était sespectueusement 
opposé, disant: ^^C^est im{)ossible; ces deux villes avecjeucs territoires 
fournisseat les solidUts m^ssaices pour proté^^ notre frontière du. nord ; 
si vous retirez ces territoires pour les distribuer, les deu;c !viUet) seronjl^ 
comme paralysées ; alors les royaumes de Tain -^ et de Tcheng ^.avan- 
ceront jusqu'au, fleuve Hun ^ (c'est à-dire jusqu'au cœur de Tch^ou)." 
lià-dessus, le roi avait retiré sa, parole, et refusé la faveur demandée. 
Tse-ichong ^ H éiiait. t'ufieux contre Ou-tch'en. CeluL-ci avait 
un autre ennemi dansr la personne de Tse-fan ^ g^, auquel il avait 
habilement extorqué la trop fameuse^ Hia-ki.. Quand donc le roi 
Kong (589-558) fut monté sur le. trône, Tse-tchong et Tî^-fan firent 
waafiacrcr toute la pjirenté de Gu tch'en, c''est-à-dire Tse-yen ^ Ifl, 
T^^e-lang ^p ^, lou-ki ^ jgi et de plus Hé-yaoS^^ ^ û}s<ie S iang- 
tao lH ^•. On avait en même temps partagé la fortune- des vie times^ 
ï^^oog avait cris les propriél6< de Tse-yen ;. il avait distribué I<îs> 



( 22 ) 

terres Te Tse-t'ang à ses propres amis Chen Ytig ftt Jîl> ^^ Wang T^^pi 
ï 'F ^* Quant à Tae-fan, ii b'était arrogé les biuiis de Hé-yao et <le 
Fou-k'i. 

Sur oe^ Ou-tch^eu avait écrit aux deux ininistreR une lettre ainm 
conçue: Vous servez votre maître en fourbes et en voleurs; et vous 
aK8a»dnez an si grand nombre d'innocents! Je V(h» feni tant de 
misères, que vous en mourrez. 

Alors Ou-tch^eng demanda au roi de Tsin ^ d'aller, en qualité 
d'ambassadeur, dtins le pays de Ou ; ce qui lui fut accordé. Le roi de 
Ou fut enchanté de Ou-tch^n; et c'est ainsi que ces deux n)yauraes 
nouèrent des relations amicales. Ou-tch^n avait une suite nombreuse, 
composée do cent-vingt-cinq hommes et neuf chariots. Il enseigna 
aux gens de Ou à se servir des flèches et des chars de guerre ; il réussit 
si bien que le roi de Ou put bientôt se soustraire à la tutelle du royaume 
de Tch^ De plus, Ou-toh'en fit venir près de lui son fils Kou^ 
yong K Jlf et le fit nommer gnwd-m^tre des cérémonies, sorte de 
ministre des afiSiires étrangères chargé des relations avec les prineeF. 

Bientôt le royaume de Ou b'enhardit ; il attaqua et prit les petite» 
principautés de TMao J^ et de Siu ^ qui dépendaient de TchHm. 
Tse-tchong se fatiguait à mort pour sauver ces deiix petits fiefa, mais 
ce fut en vain. Le roi de Tch^ou étant ensuite occupé dans une 
réunion des princes à Ma-ling jB| K, les gens de Ou occupèrent la 
principauté de Tcheou-lai f\ ^P Tse-tchong as^i^eait alors la 
capitale du royaume de Tcheng ^; il dut abandonner cette entreprifie 
pour aller résister aux gens de Ou. Cette année-là, les doux ministres 
durent jusqu'à sept fois courir au secours des pays envahis par les gens 
de Ou. Ceux-ci subjuguèrent les tribus sauvages qui jusque-là avaient 
été soumises au roi de Tch^u. Ainsi le royaume de Ou devint puissant , 
et commença à traiter d'égal à égal avec les princes supérieurs, ou 
chinois du nord. 

^^^En Tannée 581, les rois de Tsin et de Ou firent un traité 
à P^ot$ î^/'^ Tous les princes y étaient assemblés, pour prendre des 

1 Nous aTons va, plus haat que Tcheoulai était une ville de TchW Cest le 
bourg actuel de T'êaihmo4ekeng $ H Mi «" sud de la rivière Hoai« dans la 
provinœ de Ngan-hoei. Ce bourg se trouve à trente I7 au nord de C heoa-tdieoa, (Cf. 
édition impériale^ vol. 23» p. 9). Il 7 est dit que Tcheou-lal a une position stratégique 
très-importante. Pour pénétrer dans les difiérentes provinoes, ce serait la clef 
nécessaire. 

• Cl T'ong-kien Eaog moo, vol 14, p. 2— Tou Ling, vol. 22, p. 14--Bdition 
impériale, vol. 23, p. 9-^ encore Toh'eng tckoan-Uang PS 10 H page^ 18. 

» Ville du royaume de Wei {jf > au sud ouest de TcKan^yiuen Aien fi @ K- 



( ^••î ) 

mcfiires de di'^fenpe commune contre le terrible roi do Tch'ou. Le roi 
de Tain, nommé King ;j^ (o89-579) voulait avoir une entrevue avec 
celui de Ou; mais celui-ci ne vint pas au rendez-vous; ils se rencon- 
trèreat plus tard (575) à Tchong-li @ ((J.^'^ Son successeur, nommé 
Tao •[$ (571-556) désira aassi avoir une entrevue avec le n>i de Ou ; 
celui-ci avait pour cela fixé la ville de Ki4ché fQ j^^'^ (en 570) ; mais 
il n'y vint pas non plus; la rencontre se fit à Tsi J^ (la 9*™® lune 
de l'année 567)/'^ 

Pendant longtemps les princes de Ou se contentèrent d'un rang 
inférieur; et n'osèrent prendre place parmi les chefs d'états propre- 
ment chinois, ou des provinces du nord. Le roi de Tsin les y poussait 
pourtant; et cela pour abattre le royaume de Tch^ou, son rival. 
Hais quand oehii-ci fut affaibli, le roi de Tsin lui-même vit son 
autorité sur les diverses principautés lui échapper à son tour. (Cf. Edi- 
tion impériale, vol. 25, p. 17.) Ce n'est qu'a la cinquième année de 
Siang-kong ^ (567) que le nom du royaume de Ou est mentionné, 
pour la première fois, dans les " Annales " de Confucius. Il y dit 
Fèchement, comme de coutume, " qu'au printemps deux oflîciers de 
Lrm eurent une entrevue avec les gens de Ou, à Hjg CIian-tao**^^K 
L'édition impériale, en revanche, (vol. 25, p. 17) cite beaucoup de 
textes d'auteurs qui commentent ces quelques motj>. Tsouo-k'ieou-ming, 
en particulier, donne les détails suivants: ^^Le prince de Ou envoya 
Oheou-yui ||| jg chez le roi de Tsin, pour lui expliquer comment il 
n*avait pu se trouver à la réunion de 570, à K4-tché; il lui mandait 
en même temps de lui procurer une autre occasion de saluer ces mêmes 
princes dans une de leurs assemblées, et de conclure un traité d'amitié 
avec eux. En conséquence, le roi de Tsin commença les préparatifs 
de cette réunion; il envoya des ofiîciers de Lou et de Wei pour 
i^entendre sur le jour et l'endroit favorables à cette assemblée générale. 
Cette entrevue préparatoire avec les officiers eut lieu à Chan-tao" au 
printemps de l'année 567. (Cf. Tou-ling, vol. 25, p. 15). 



1 Voir plus hant la note conoernant cette ville. 

' Ki-tché, ville de Wei ; c'est actnellement K^iu-kang A ||| qui dépend de Koang- 
fmsfim 9k ^ M^ province de Tche-li. 

'TbÎi du même royaume, est actuellement à l'ouest de Toenk'Uou (@ ff.^ 
dépendant de Ta-myngjciu, y^ j£i )ff^ môme province de Tche-li. 

« Cesl la ville actuelle de Se (cheou fQ M) préfecture de 9L |% jj^ Fangvtwg^ 
fou province du Nganhœi. Elle était au rovaume de Ou. (Edit. inipér.. vol. 25» 
p. 16.) 



( -ii ) 

La mison bien prohible, ainou certaine, ix)ur Liquelle le n^i ih 
Ou n'avait pu se rendre à la réunion de K4-tché (en l'année 570), 
c'est qu'en 569 il avait une grande guerre avec le royaume de Tch'ou. 
Voici ce qui en est raoonté^*^ : ^^ Au printemps de 569, Tse-tchong fit 
une invasion dans le royaume de Ou, à la tête d'une armée choisie. 
Il prit Kitou48e H^ 'St^\ et avança jusqu'à la montagne de Heng-cluin 
df |Il^'\ De là, il envoya Teng4eao % ]£ avec ordre de pénétrer 
plus avant dans le pays de Ou; celui-ci avait trois cents soldats 
dont la cuirasse était faite de cordes de soie vernies; trois mille 
autres avaient des cuirasses plus grossières et moins solides. Les 
gens de Ou les attaquèrent dans un défilé et prirent le chef vivant. 

Des premiers cuirassiers quatre-vingts seulement échappèrent; des 
autres il resta un peu plus de trois cents. Tse-tchoDg apprenant ce 
désastre rentra bien vite dans son pays ; il offrit aussitôt un sacrifice à 
ses ancêtres dans leur temple, pour leur annoncer son retour. Trois 
jours plus tard, l'armée de Ou envahissait le royaume de Tch^ou et né 
tardait pas à prendre la ville de Kia ^. Double malheur; car cette 
ville était aussi forte que Teng-leao étût bon général. Les gens 
sages remarquèrent que dans cette expédition le gain ne compensait 
pas la perte; on en rejeta la faute sur Tse-tchong; celui-ci en tomba 
malade et mourut de chagrin." 

Kachkang Jg ^ dit que le roi de Tch'ou avait fait envahir le 
royaume de Ou pour le punir de son traité d'alliance avec les princes 
chinois. II avait compris que cette ligue était dirigée contre lui ; ausasi, 
voulant l'empêcher de devenir trop forte, il se jeta résolument sur le 
plus puissant des princes. C'est la première inviision du royaume de 
Ou dont fasRent mention les annales de Confucius. 

Tchao I (vol. 1, p. 5) raconte qu'en 568, la 17^* année de son 
règne, Cheou-mong choisit Hou-yong, fils de Ou-tch*en, pour son 
premier ministre. La raison est bien simple: c'est grâce à ces deux 
hommes que le pays de Ou était devenu le rival du royaume de Tch^ou, 
le plus puissant de toute la Cliine à cette é{X)que. Dans ce duel à mort 
1<^ gens de Ou devaient encore remjwrter de grandes victoires sur le 
1 ijyaume de ïch^ou. Ils ne parvinrent pas ce^^ndant à l'abattre com- 



^ T*ou-liDg, vol. 25> p. G^Edltion impériide» vol. 2ô» p. 7. 
2 Kieou-tae est actuellement Kieon-tse-koDg, à 40 ly à Test de Ou-boa-hieu 
"M SKI SSi pn'fecture de T'aip'ing fou (Ngan-hoei). 

^ Cest probablement Hongchtxn ^ llj) qui se trouve tl GO ly au nord est de la 
ville de Timgtou hien m ^ ÎSS) même préfecture de T*ai p ing fou. 



( 25 ) 

plètx^Tnont; d'alionl à caiipe de leurs diRpensionf? inte8tine.s, enpuite parce 
que leur politique cliangeaiit d'objectif, ils m tournèrent contre leurs 
eunrjinÎH du nord, négligeant les autres plus voisins. 

La 25**"* année de son règne, le roi Cheou-mong mounit; c'était 
en 560. Confucîus dit brièvement: "En automne, à la neuvième 
lime, IWen ^ vicomte de Ou mounit," enregistrant ainsi pour la 
première fois la mort d'un prince de Ou, C'est que depuis l'entrevue 
de Tni, le roi de Ou était devenu une connaissance, et au besoin uu 
auxiliaire très utile. Mais tous les auteurs remarquent que le duc de 
Lnu, la fine fleur des princes chinois, n'avait jamais eu de traité 
d'amitié avec ce barbare. Quoi qu'il en soit, l'annonce de sa mort fut 
enregistrée. Bien pla<», le Tsouo-tch'oan raconte que le duc de Lou alla 
pleurer Cheou-mong dans le temple de la famille Tcheou, où était la 
tablette de Wen-wang le fondateur du duché. Cela était conforme 
aux "rites" ; car à la mort d'un prince dont le nom était étranger à 
la maison ducale de Lou, le duc allait pleurer hors de sa capitale, et se 
tournait alore vers le pays du défunt. S'il portait le même nom, le 
duc allait pleurer dans la pagode des ancêtres. Si le défunt descendait 
du même fondateur de dynastie, le duc pleurait dans le temple de ce 
fondateur. Si le défunt était de la même branche de famille, le duc 
pleurait dans la pagode paternelle. Pour tous les princes qui portaient 
le nom de Ki jg, c'est-à-dire le môme que celui du duc, celui-ci allait 
pleurer dims la pagode de la maison Tcheou. Et comme les princes de 
Ou descendaient de T*ai-pé, qui lui-même était de la famille Tcheou, 
ayant été api)elé ''grand onclt" par l'empereur Wen-wang comme 
nous l'avons vu plus haut,^*^ le duc en pleiuunt Cheou-mong agit con- 
formément aux rites. 

On ne parle pas des funérailles de Cheou-mong; on ne dit pas 
non plus fii le duc y envoya un représentant, comme c'était la coutume 
entre princes chinois. Ces enterrements étaient retardés de trois à six 
mois, et quelquefois plus encore, afin de laîsFer aux princes voisins et 
amis le temps d'arriver. Ils se faisaient d'une manière très solennelle; 
ceux qui y assistaient aidaient aussi à en supporter les frais toujours 
considérables. 

Les commentaires donnent plasieurs raisons pour expliquer le 
silence des annales sur cet enterrement. La plus probable sans doute 
est que Cheou-mong n'était pas Chinois; on avait honte d'être en 
relation avec ce barbare, même après sa mort. En maint endroit 
du Tsouo-tch'oan cela est clairement indiqué. 

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* Ton ling, vol. 27, p. 6,— Evïit. iin]» , vol 2^>, p 10. 



( 27 ) 



CHAPITRE IIL 



LE ROI TCnOV-FAN ^ H (560-547.) 



Sources: — T'ong-kîen Kang-mon, vol. 15, p. 5. 

Tou-ling, vol. 27, p. 9 — vol. 30, p. 5, etc. 
Edition impériale, vol. 26, p. 18 — vol. 27, p.. 26. 
Tchao I, annales de Ou et de Yué, vol. 1, p. 5, etc. 
Se-ma Te^en, vol. 31. 
Lié-kouo tche, voL 13, p. 35. 

Se-ma Ts^en dit que Tchou-fan monta sur le trône la treizième 
année du duc Siang, de Loti. Cela nous donnerait l'année 559 pour 
date de son avènement. Il y a toujours quelques difficultés de 
chronolc^ie pour ces vieux temps. Mais tous les auteurs disent qu'il 
régna treize ans. 

Confucius, dans ses annales, l'appelle Ngo j}. Les autres 
écrivains le nomment Tchou-fan, qui est probablement son nom bar- 
bare. 

Tchao I dit : ^^Cheou-mong avait quatre fils: Tchoti-fan ^ ||, 
Yu4si fê ^ (') Yu-mei ^ ^ et Ki-tcha ^ ^. Ce dernier était 
lopins capable; et Cheou-mong aurait désiré lui céder la couronne; 
mais Ei-tcha refusa en disant : ^^ D'après les anciens rites il y a un ordre 
établi pour la succession (qui doit revenir à l'aîné); comment aller 
contre les anciennes coutumes, pour satisfaire le désir d'un seul 
homme ?" 

Là-dessus, Cheou-mong s'était adressé à Tchou-&n : ^^ Je voulais, 
dit-il, laisser la couronne à Ei-tcha; vous n'oublierez pas cette parole 
que moi, homme de peu, je vous dis aujourd'hui." Tchou-fan 
répondit: ^^T'ai-wang, l'ancêtre de notre famille Tcheou, connaisBant 
les qualités éminentes de Si-pé |f fjg (Wen-wang), passa son aîné pour 
transmettre la succession à son plus jeune fils ; il a ainsi enseigné la vraie 
doctrine, et montré comment il faut se choisir un successeur. Mainte- 

1 Le P. Zottoli emploie ce même caradhrt ^^ mais le prononce TchsL — De 
mène, au lieu du nom Eitcha, on trouve Kita^ (^ ^)« 



( 23 ) 

nant, je vais abandonner la couronne à Ki-tcha, et j'irai cultiver les 
champs en quelque endroit solitaire." Cheou-mong reprit: "Autrefois la 
vertu (l'autorité, l'influence) de la maison Tcheou ^'étendait jus- 
qu'aux quatre mers; actuellement, vous n'avez plus qu'un petit coin 
de terre dans le voisinage des barbares Kînjç-man ; comment pourriez- 
vous briguer la couronne impériale? De plus, n'oubliez pas les 
conseils de nos ancêtres, et certainement vous vous sentirez obligé de 
laÎBBer la succession à Ki-tcha." Tchou-fan le lui promit en disant: 
"Comment oserais-je ne pas vous obéir?" Sur ce, Cheou-mong 
mourut tranquille. 

Tchou-fan était fils de la femme légitime, et de plus Paîné de 
tous ses frères; c'était donc à lui de s'occuper, à la mort de son pi^re, des 
affaires de la maison, et de prendre en main le gouvernement du 
payp. Quand le roi fut enterré et le deuil fini, il offrit la couronne à 
Ki-tcha, disant: "Dans sa dernière maladie, notre père n'avait pas 
do repos ; même le matin, il ne pouvait dormir, je le voyais bien à la 
pâleur de son visage; il avait le cœur tout occupé de son Ki-tcha; trois 
jours de suite, le matin, je l'entendis soupirer et gémir. Il finit par 
me manifester sa volonté en ces termes: "Sachant que le prince Ki-tcha 
est le plus capable de vous quatre, je crois devoir laisser les aînés pour 
choisir le plus jeune comme successeur ; mais combien une parole sembla- 
ble a de la diflSculté à sortir de la bouche ! " Moi donc, j'avais déjà 
en mon cœur adhéré à son désir; toutefois, sa majesté défunte u'oeait 
jamais agir d'après ses idées personnelles, et ain^i notre père m'a laissée 
le gouvernement. Comment ne pas obéir à ses ordres? Je veux 
absolument remplir les intentions du roi notre père; ainsi, Ki-tcha, 
la couronne est à vous." 

Ki-tcha remercia, et dit: "Vous êtes le fils de la femme légitime, 
et notre aîué ; c'est à vous de gouverner, sans qu'il soit besoin pour vous 
d'aucun privilège; comment pourrait-on changer l'ordre établi par nos 
ancêtres et par les coutumes du pays? " 

Tchou-fan reprit: " Quiconque sait sépandre les bienfaits d'une 
sage administration n'a pas besoin de b'inquiéter de l'ordre établi par 
les anciens rois pour la succession au trône. De plus, T^i-wang 
changea l'ordre établi de son temps, et choisit Ki-li ^ jg pour 
empereur; tandis que nos deux ancêtres (T'ai-i)é et Tchong-yong) 
vinrent s'établir au milieu des sauvages King-man, où ils fondèrent un 
nouveau royaume. C'est alors que la grandeur de notre maison Tcheou 
atteignit à son apogée. Les anciens n'ont pas cessé d'avoir ces paroles 
à la bouche; et vous-même vous avez coutume de les rcjïétor souvent." 



( ■^••' ) 

Ki-tului refiisi de nouveau, en disant: ^^ Quand mourut Siven- 
long 3|[ S. le comte de IVao ^ (595-576), il n'y avait que des lils 
de concubines (c'est-à-dire: la œndition de ces princes était difFérente 
de la vôtre). Moi, Kî-tcha, quoique je sois d'tmje vertu Lien faible, 
je voudrais imiter Uin-che JJjj J|^, et m'en fuir comme lui/^^ Tous 
les sages louent sa modération. Votre • seigneurie doit régner, c'est 
justice; qui oserait prétendre à votre couronne?" 

Les gens de Ou voulaient absolument Ki-tcha pour roi ; mais il 
refusa de nouveau, et s'en alla cultiver la terre dans un endroit bien 
retiré (c'est-à-dire à Ki»ing-yug) ; où le peuple enfin le laissa en reix*. 

C'est ainsi que dans le pays de Ou s'établit Pusage de céder la couronne 
à son frère." 

Il me semble qu'on n'est pas obligé de [croire à ce beau combat 
de générosité entre les deux frères. Ki-tcha est un des ^^ saints" des 
lettrés chinois ; aussi ont-ils à qui mieux mieux fait sur son compte 
des amplifications littéraires; et encore maintenant ils continuent à 
l'exalter juFque par-delà les nues. Quant à son frère sÂné Tchou-fan, 
ce n'était pas précisément un modèle de vertu. Tchao I lui-même 
dit qu'étant roi, il se montra hautain et plein de mauvaises passions ; 
S était sans respect pour les diables et les esprits. Enfin, ayant été 
grièvement blessé, il invoquait la mort à grands cris. Sur le point 
lie mourir, il aurait, dit-on, mandé à son frère Yu-tsi: ^''Laissez la 
couronne à Ei-tcha, c'est ma volonté." En même temps il le nommait 
wigneur de Yen-ling jg gf^ d'où lui vînt le titre de Yen-ling Ki4chaP^ 

Ces amplifications célèbrent la vertu de Ki-tcha, mais nous 
donnent peu de faits historiques touchant le royaume. Heureusement 
Tfouo-k'ieou-ming nous dédommage un peu. Tou-ling, vol. 27« 
p. 9, raconte ce qui suit: ^^En 558, le roi de Ou fit la guerre à celui 
de Tch^ou, dont le général était Yaiïg-yeou-ki H A S* ^ ministre 



> Tou-ling, vol. 23, p. 11, etCi raooDte au loog celte histoire; en Toici le résumé: 
Fîtien accompagnait le roi de Tsin ^ duos une expédition contre le roi de Ts^ifk ^ 
qaand il mourut en chemin. Les gens de Ts*ao retinrent Fmitckcm ^ ^ pour 
administrer le comté; tandis quMls envoyèrent Ilittrche JPC IHf chercher le cercueil de 
no père. Pendant ce temps, Fou-tchou tua le prince héritier» et régna à sa pluce. 
Le roi de Tsin ^ fit saisir i^ou tchou, et envoya Hin-che salner Temptreur pour eo 
reoToir Tinvestiture du comté ; mai» celui-ci 8*enfuit chez le roi de Song. Alors Fou- 
tcfaoït Alt relâché par le roi de Ttdn, et garda sa couronne naurpée. 

* Yen-ling fut plus tard nommé Pi-ting A fM* ^est actuellement notre 
yjéfeduTO de 2'chan£^ teheou-f ou *ffi *M f^» Toutefoisj le territoire d'alors comprenait 
encore Khngynghiai jX 1^ JK ^l^^^ possède le toml>eau de Ki tcha, à Chen-kiang^ 



( 30 ) 
VANfi-VEOU-KI. 



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( 31 ) 

Tie-keng ^ ^ vînt lui-mome à son aecours. Le grncral dit au 
nuDistre : Le roi de Ou profite de la mort de notre roi, et croit que nou^J 
De pourrons pas lui tenir tOte ; dans son orgueil, il nous méprise ; bien 
ittr qu'il ne prendra pas toutes les précautions ni^cessairep* Mettez 
donc en trois endroits dilBférents des troupes en embiu>cade, et attendez- 
moi ; de mon côté, j'irai l'attirer dans le piège. Tse-keng suivit ce 
conseil ; il y eut bataille à Yong-p'-ou J|f {j}J ;^*^ l'armée de Ou fut 
Complètement battue ; le prince Tang j|[ lut même tait prisonnier. 

L'homme sage dira que le roi de Ou n'observait pas la loi 

naturelle, en ne tenant pas compte du deuil national; et qu'il mérita 

cette punition. Le livre des vers dit : quiconque est sans miséricorde 

et n'observe pas la loi du ciel aura des révolutions continuelles, sans 

: jamais obtenir la paix." 

" En 556, il y eut une réunion des princes à Hiang fy (ville du 
royaume de Tcheng %\ sous la présidence du roi de Tsin.'-^ Le roi 
de Ou y assista, comme Confucius le remarque expressément. Il 
s'agissait de réparer le désastre de Yong-p'ou, et d'abattre la tyrannit^ 
du roi de Tch'ou.^'^ Fan-siuen-tse fë.^'P» ^® ministre de Tsin, 
blâma fortement le roi de Ou de ce qu'il ne pratiquait pas la vertu, 
3t le renvoya sans subsides. Il fit aassi saisir Ou-leou ^ 5, prince 
'de Kiu ^^ à cause de ses relations amicales avec le roi de Tch'ou. Il 
voulait encore faire prendre Kin-iche Jgfj j^ prince des tribus 
sauvages; il lui fit en public les reproches les plus violents: "Viens, 
lui dit-il, sauvage du nom de Kiang H ; autrefois le roi de TsHn ^ a 
dbaasé ton aïeul Ou-li § fQ, et l'a confiné dans le pays de Koa- 
iScheou JJx ^.^^^ Ton ancêtre avait des habits de joncs et de paille : 
il demeurait au milieu des arbrisseaux épineux; de là il vint se 
^ttre sons la protection de nos rois. Notre prince Hoei ^, avait des 
-tsrree incultes, il en donna la moitié pour vous nourrir. Mainteneut 
ii08 feudataires ne servent plus leur suzerain comme autrefois, à can^ 
*àd vœ commérages. Demain matin ne te présente irsa à l'assemblée : 

ifeinon je te ferai saisir." 

■ 

^>^ — ■ 

1 Yoog-p'on, ville du royaume de Tch'ou; actuellement au sud de Ou-wci-tcheon 
A jHi) dans le Bgan-hoei. 

3 II se nommait Tao i$) et r<%na de 572 à 547. 

' Ton-ling, vol. 27, p. 11— T*ong-kien kangmou, vol. 15, p. 6. 

* ActneUementp c'evt Tenghoans-hieii )l|[ ^ JSi'i dans la préfecture de X;fàn-n 
tfheoH 3C IS /Hî province du Kan-ftoti "H* Jff • (Voir le recueil TcJwn^^pienlictjU' 

ifiv ««toi 1: IB S W if ft vol. 1, p 7.) 



( 32 ) 

Le Prince Buwarb Kiu4c^ 




( 33 ) 

Eiu-tcbe répondit : "Autrefois le roi de Ts^n abusant de sa fî^rcc 
noQB chaasa de notre pays^ dont il avait envie. Votre roi Hoei qui 
comprenait bien les principes d^huxianité, dit à nos ancêtres : " Voufr 
aatrefif sauvages des quatre régions (du nom de Kiang H) voua êtes 
aussi les descendants des grands officiers du temps de Tempereur Yao r 
il ne serait pas juste de tous laisser exterminer/^ Ainsi il nous donna 
les terres méridionales, remplies de renards et de loups ; nos ancêtres; 
en arrachèrent les ronces et les épines; Ma en chassèrent les renards 
et les loups. Devenus sujets de vos anciens rois^ nous sommes restés 
fidèles jusqu^à ce jour, sans jamais nous révolter. Quand plus tard 
votre fiemieuz ici Wen "^ aDa avec le roi de TsHn $^ attaquer lo 
pays de Tehenff %j et que le roi de Ts^in fit traîtreusement alliance 
avec celui de Tcheng, leur commun ennemi, alors eut lieu la grande 
bataille de Hicu> H^/'^ Votre armée de TVtn ^ prit rennemi de front ; 
nous autres^ barbares, nous l'^attaquâmes par derrière; de sorte que pas 
un homme de JVin jj| n^échappa, grâce à nous autres; c'était comme 
quand on force un cerf; voe gens de Tsin le saisirent aux cornes; nouK 
autres, par les pieds; ensemble nous l'^avons jeté à terre ; quel crime 
avons-nous donc commis? Depuis ce temps, chaque fois que 
votre roi eut des affidres sur les braar jamais nous n^avons manqué de 
Paider; nous avons obéi à ses ministres, du même cœur qu'à la 
bataille de Hiao ; comment aurions-nous osé nous séparer de vous, et 
voua trahir? Si les prince» feudataires ont changé de sentiments 
envers vous, la faute ne tombe-t-elle pas sur vos généraux ? Et vous 
cnz nous blâmer l Nous autres sauvages^ nous n^avons ni les mêmes 
vêtements, ni la même nourriture que vous autres,, chinois ;^^^ nos 
cadeanx ne ressemblent pas à vos cadeaux, ni notre langage au vôtre ; 
oomment donc pourrions-nous faire ces commérages dont vous parlez ? 
D'ailleurs ne pas assister demain à votre réunion ne me causera pas lo 
moindre chagrin f 

Là-deams, il chanta les vers de ^k mouche verte,^' et s'en aHa/^^ 



^ C'était en 035 — Hiao ctt un défilé dans le Bo-nan, à cinquante Ij an nord de 

TmiP^di^'hien ^ 9t ]fk préfecture de Hofian-foUf M îH i^- On y voit encore 
la montagne Hiao-chan» avec nn bourg Bomaoé Cbe hao-iehen^ ^ !& ^ 
CEdBtioo impériale^ voL 16, p.19.) 

* Le oommentaire dit que les Jong mangeaient la TÎande crue ; qu'ils avaient des 
fêteaients de joncs tout comme maintenant les Chinois le disent encore des Miaot^e 
qui sont aussi regardés comme des sauvages- 

* T^imgyni H tR est la Gd^»"* ode du 3^« liyre des Vers (Zottoli, III, p. 20») 
Gnie oda exhorte à ne pas croira à la calommisb 



( 34 ) 

Fan siucn-tse reconnut son tort, s'excusa, et nippe a Kîu-tche à 
rassemblée. Le premier ministre montra en cela sa noblesse de 
caractère. Mais il faut avouer que dans cette réunion Tao ^, roi de 
7sin §, f?e montra bien incapable : il ne sut que blâmer le roi de Ou, 
corarae ignorant la vertu ; il déclara rompre avec lui ; puis reprit de 
nouveau les anciennes relations avec ce prince. Il menaça de saisir 
Kiu-tche, à cause de ses rapports avec le pays de Tch^ou ; mais finale- 
ment il continua à le traiter en ami. 

Quant à la guerre contre le royaume de TsHn |^, les officiera des 
divers princes suivaient l'armée du roi de Tsîn §; mais celui-ci ne se 
mit pas à la tête de ses troupes; on s'avança jusqu'au fleuve Kiug f^ 
Kjms le . traverser ; les deux généraux se querellèrent; et l'on s'en 
retourna sans avoir rien fait. C'est pourquoi cette campagne n'est pas 
mentionnée dans les annales de Confucius. Les lettrés disent que ce 
silence était un blâme sévère à l'adresse du roi Tao *{$. Depuis ce 
tempû, les liens qui unissaient les divers princes au roi de Ikin §, leur 
chef, se relâchèrent de plus en plus; ils finirent même par ne plus 
venir aux réunions d'usage." 

*^'^Dans l'été de l'an 548, le roi de Tch'ou envoya une flotte 
attaquer le royaume de Ou; mais c'étaient des troui)es sans discipline 
militaire; le général n'avait proclamé ni récompenses pour les 
vaillants, ni peines pour les lâches, aussi rentra- t-il sans avoir obtenu 
aucun résultat.^"^ 

Tchou-fan résolut de se venger. L'année suivante (547) il 
excita les gens de Chou-kieou ^ ij|, fief de Tch'ou^ à se révolter contre 
k'ur suzerain. Lui-même, à la douzième lune, alla assiéger la ville de 
Tclàao J^, au royaume de Tch'ou. Le commandant de cette ville 
nommé Nieou-tch^en ^ E ^î^ ^ s^s soldats: le roi de Ou est vaillant, 
mais il est imprudent ; si nous ouvrons la porte, il va pénétrer lui- 
inêiue; je lui décoche une flèche, et il est mort; alors enfin nos 
frontièies seront en paix. Ce qui fut dit fut fait; Tchou-fan entra 
sans précautions; Nieou-tch'en, caché derrière un petit mur, lui 
envoya une flèche dont il mourut. (Tou-ling, vol. 30, p. 6, et p. 15.) 

Le roi de Tch'ou voulut alors punir les gens de Chou-kieou, il 
conduisit son armée jusqu'à Hoang-p'ou ^ Î3Î u^e de leiu:s villes; de 
là il envoya deux officiers, Chen-yng-ckeou èfc ^ ^ et Che-iH4i ^ 
fîf) $. Les habitants du pays allèrent à leur rencontre, leur firent 
l^eaucoup d'honneurs, affirmant n'avoir aucunement fait défection, et 



1 T'ongkien kongtnou, vol. 15, p. 6. 

2 Touling, vol. 30, p. 3, 



( 35 ) 

proposant de renouveler leur traité d'alliance. Lea deux officiers 
revinrent auprès de leur roi ; mais celui-ci persistait à vouloir punir 
les coupables. Alors Wei-tse jH ^p le premier ministre prit ainsi leur 
défense: " Une répression plus forte n'est pas nécessaire; ces gens 
affirment leur fidélité; ils veulent renouveler leur alliance ; les attaquer 
serait attaquer des innocents. Betournons chez nous; laissons nos 
soldats se reposer, et attendons les événements. Si finalement ces gens 
ne se révoltent pas, que demandons-nous de plus? S'ils se révoltent, 
ils n'auront plus d'excuse ; nous, au contraire, nous aurons de la gloire 
à les punir." 

Ayant entendu ce ton conseil, le roi de Tch'ou s'en retourna 
chez lui avec son armée. (Tou-ling, vol. 3o, ]>. 5 — Edition 
impériale, vol. 27, p. 26.) 



•i»^ 



( 37 ) 



CHAPITRE IV. 



LE ROI YU-TSI e ^ (547-543.) 



Sources: — ^Tchao I, vol. 1, p. 7. 

T^ong-Uen Eang-mou, vol. 16, p. 1. 
Lié-kouo tdie, voL 14, p. 24, 35, 41. 
Tou-Iing, vol. 32, p. 12, etc. 
Edition impériale, voL 28, p. 19, etc. 

Nou8 avons vu que Tchou-fan, sur le point de mourir, ordonna à 
«m frère Yu-td de céder ses droits au trône à Ea-tcha,^^^ qui alors 
vivait loin de la cour. Mais celui-ci persista à refofer la couronne. 
Alors, dit-on, Yu-tsi fit cette prière au ciel : ^ Faites-moi mourir au plus 
tôt^ afin que mon jeune frère soit forcé d'être roi ; car c'est la volonté 
de mon père et de mon frère, tons deux défunts ; ce dernier a même 
été au-devant de la mort, pour hâter Tavèment de Ki-tcha." 

Son entourage lui fit observer que tout homme désire mourir âgé, 
tandis que lui voulait en finir au plus vite ; n'était-ce pas contraire aux 
usages de tous les peuples? Yu-tsi répondit ^^ Notre ancêtre écarta du 
trône l'aîné de ses fils, pour y établir le plus jeune; et alors notre dynastie 
fut solide et floriaaante. Maintenant nous sommes trois frères qui 
devons r^er successivement ; si je parvenaiB à un âge avancé, Ki- 
tcha n'aurait plus le temps de gouverner à son tour; c'est pourquoi je 
désire mourir au plus tôt." ^^> Voilà de la vertu dans les livres des 
lettrés: ^^in hypocrisi loquentium mendacium" I. Tim. 4 2. 

^^ L'histoire de Ou et de Yué" a une chronol(^e si confuse qu'on 
ne peut pas suivre Tchao I dans ce qu'il y dit sur Yu-tsi. D'après lui, 
ce roi aurait gouverné dix-sept ans; mais tous les auteurs ne lui 
donnent que quatre ans de règne ; ils indiquent aussi l'année et les 
circonstances de sa mort. Quand on voit un auteur comme Tsouo- 
k4eou-ming diflférer tellement dans son récit d'avec celui de Tchao I, 
on en est bien étonné. Du reste, son éditeur Siu-t*ien-hou a fait 
cette remarque depuis longtemps. 



* Tchao I, vol. 1, p. 7— Tong-kicn Kaog-mou, vol. 15» p. 14. 
' Lîé>kouo*tcfae» vol 14, p. 24. 



( 38 ) 

L'ouvrage intitulé Nien-piao ^ ^ dit clairement que Yu-tsî ne 
régna que quatre ans. Il est probable que Tchao î a fait des deux 
frères et suœesseurs Yu-tâ et Yu-mei une peule personne; ainsi 
s'explique comment il a pu donner au premier dix-sept ans de règne ; 
ou bien il y a des fautes d'impression ou des lacunes dans le texte. 

Eu 545, la seconde année de Yu-tsi, le roi de Tch^ou (559-544) 
assembla les divers princes, pour aller attaquer le royaume de Ou. 
Voici le texte même du recueil Lié-kono tche, vol. 14, p. 35: ''Le roi 
JOang J^ envoya une flotte attaquer le royaume de Ou; ce dernier 
s*y attendait; anssi se trouva-t-il prêt à repousser Tinvasion; la flotte 
s'en retourna donc sans avoir rien accompli. Yu-tsi était courageux 
et ne craignait nullement la mort." 

Si Ton compare les deux récits, le texte de Tchao par^ut bien 
singulier. Nulle part, jusque-là, il n*a été dit que le roi de Tch'ou 
ait été chef des princes, ni qu'il ait eu autorité pour les réunir en 
assemblée; de plus, tous les princes chinois étaient continuellement 
harcelés par ce terrible roi de Tch'ou leur ennemi juré; ils 
s'appuyaient sur le roi de Ou pour contrebalancer sa puissance. Com- 
ment donc se seraient-ils assemblés sous là présidence d'un tel ennemi 
pour attaquer leur ami le roi Ou? On pourrait peut-être expliquer le 
texte qui parle des '^divers princes" ^ ^, en disant que l'historien 
entend par-là les petits princes feudataires placés sous la suzeraineté du 
roi de ïch'ou. Ainsi disparaîtrait la difficulté causée par ce texte. 

Suivons maintenant le vaillant Yu-tsi: Furieux d'avoir été 
attaqué par le roi de Tch'ou, il envoya son ministre KHu Uou-yong 
M^Jliy exciter à la révolte l'état feudataire de Giou-ldeou §f i^ <*'. 
Aussitôt KHu Kien J^ }^ premier ministre de Tch'ou conduisit une 
armée pour punir cette rébellion. Le général Yang Yeoa-hi ^ Q^ ^, 
se proposait de commander l'avant-garde; mais le premier ministre lui 
dit : " Votre excellence est âgée ; Chou-kieou n'est qu'un embryon d'état, 
rien n'est plus facile que de remporter la victoire ; inutile de vous 
fatiguer pour si peu." Yang Yeou-ki répondit; "Notre roi attaque Chou- 
kieou; bien certainement le roi de Ou viendra au secours ; c'est moi qui 
de tout temps ai conduit nos trouj>es contre les gens de Ou; je connais 
leur manière de combattre ; je désire donc faire cette campagne avec 
vous ; tant mieux si j'y péris! J'ai reçu tant de bienfaits de nos rois que 
je veux absolument les remercier, en me sacrifiant à leur service." 



ï Chou-kieou» ou encore Litch*eng )p JSS^ est actuollenient la Sou9-préfecture de 
Cheu-^ch^cfighien^ MHS (l^pepdaDt de Uti-tchiou fou Jtf j\\ jj^^ dans le Kgan-hoei- 



( 39 ) 

K'iu Kien l'entendant ainsi parler, fut contristù; mais voyant sa 
résolution si déterminée, il lui accorda ce qu'il voulait; il se contenta 
de lui donner pour adjudant le grand-officier Si-Jioan ^, :g. 

Yang Yeou-ki étant parvenu jusqu'à Li4ch^eng Sï M 7 rencontra 
Yu-mei g ^ frère de Yu-tsi avec le ministre lOiu Hou-yong Jg |K J^, 
tous deux amenant l'armée de secours. Si-hoan voulait attendre le 
gros de l'armée pour livrer lataille ; le brave Yang Yeou-ld lui dit : *' Les 
gens de Ou sont lx)ns marins, mais mauvais piétons; ils viennent do 
quitter leurs vaisseaux, et veulent combattre sur la terre ferme, eux 
qui ne savent ni lancer les flèches ni conduire les chars de guerre; 
fondons sur eux avant qu' ils n'aient eu le tem[>s de s'orienter. Aussitôt 
il saisit son arc et ses flèches et entraine ses troupes à sa suite; 
quiconque était visé par lui tQinliait du coup. D'abord les soldats de 
Ou furent un peu ébranlés. Yang Yeou-ki les pressa plas vivement. 
Apercevant K4u Hou-yong sur un char de guerre il l'apostrophe: 
** Traître et fuyard, de quel front oses-tu paraître devant moi sur le 
champ de bataille ? " Il lui décoche en même tem]^ une de ses flèches; 
Hou-yong l'évite et fuit à toute bride, Yang Yeou-ki en est consterné : 
^•Hélas, «'(wîe-t-il, les gens de Ou savent maintenant conduire les chars; 
que n'ai-je lancé ma flèche un peu plus tôt ! " 11 n'avait pas encore 
Hchevé ces paroles, que déjà de toutes parts des chars cuirassi^ l'entou- 
raient et l'enserraient, lui et ses compagnons; tous ces chars étaient 
Diontés i\ar des soldats du Kiang-nan bien exercés; ceux-ci lancent 
des milliers de flèches; Yang Yeou-ki tombe mort, acxîablé par cette 
attaque inattendue. Le roi Kong dl^*^ lui avait donc bien prédit qu'il 
fiérirait victime de son habileté à tirer de l'arc. 

Si-hoan rallia les débris de fou armée, et b'en alla j>orter cette 
mauvaise nouvelle au premier ministre. K4u Kien s'écria : ^* Puisque 
Yang Yeou-ki est mort, moi je suis un homme perdu !" Il mit ses soldats 
en embuscade au pied de la montagne Eul-chan ^ llj) et ordonna au 
général Tae^Hang ^ 9[ d'aller avec ses troupes attirer les gens de Ou. 
Ceux-ci comprirent la tactique et s'en gardèrent. Yu-mei était alors 
sur une hauteur; n'apercevant aucun indice d'embuscade, il s'élança 
sur les soldats de Tse-kiang qui simulaient une débandade. K4u Kien 
aussitôt sort de ea retraite, fond sur Yu-mei et ses gens, les entoure et 
▼a les accabler. Heureusement Hou-yong survient; il délivre 
Yn-mei de ce grand péril, et taille en pièces l'armée ennemie. Les 
gens de Chou-kieou ne gagnèrent cei)endant rien à cette victoire; car 
les soldats de Ou croyant la cjirapagne finie s'étaient retir<^<. L'armée 
de Tch*ou revint à l'improviste et détruisit la ville. 



1 De 590 à 559.. 



( 40 ) 

L'année suivante (544), K^ang J^ le roi do Tch'-ou e88a3ra une 
nouvelle attaque contre le pays de Ou. Il s'adressa au roi de TsHn ^ 
pimr demander une armée de secours. Celui-ci, nommé King JH 
(576-53G), envoya son frère Kongsuen-leien 5^ î^ |^ conduire les 
troupes auxiliaires. Mais Parmée de Ou garda si bien Pentrée du 
Yang-tïv-kiang que les gens de Tch^u ne purent pénétrer dans le 
l>ay.s (Lio-kouo tche, vol. 14, p. 35, etc.); ils durent se contenter 
d'avoir on vain assiégé la ville de Tchou-fang ^ JST-^^^ 

La raison, ou plutôt le prétexte, de cette expédition c^est que le 
roi de Tch'ou voulait punir le prince KHng-fong ^ ^, aocu^ d'avoir 
été plut^ieui-s fois explorer en espion le royaume de Tch'ou, pour le 
a)mpte du roi de Ou. Quel est ce personnage nouveau? Tsouo- 
k4eou-ming nous l'apprend en ces termes : (Cf. ïou-lîng, vol. 32, p. 8) 
C'était auparavant le premier ministre du roi de TsH ^, et un 
homme très-ca{)able ; mais il abandonnait toute l'administration à son 
fils, et s'adonnait uniquement au vin et à la chasse; il en rémlta une 
révolution dans le royaume. Les deux puissantes familles Tcheng ^ 
et Pao ^ excitèrent une guerre acharnée. Au milieu de ces troubles 
le roi Tchoang ^ perdit la vie, et K'ing-fong dut s'enfuir. II 
s'était d'abord réiugié auprès du duc de Lou ; mais il y fut inquiété 
par le nouveau roi de Ts'i ; alors il se retira chez le roi de Ou, qui lui 
donna Tchou-fang ^ ')} comme fief; il y réunit toute sa famille, et 
devint plus riche que dans sa propre patrie. Tse-fou-hoei-pi •? fg^ 
^ fg, officier de Lou, dit alors à Cliou-mer^mou-tse £ ^ ig ^: 
^^ Comment le ciel bénit-il un si mauvais homme? Voilà K4Dg-fong 
do nouveau riche et puissant!" Chou-suen répondit ce mot resté 
célèbre en Chine: "Si un homme droit devient riche, c'est une récom- 
pense du ciel; si un méchant homme devient riche, c'est pour son 
malheur ; le ciel prépare sa ruine. Le ciel a réuni toute la famille de 
K4ng-fong, c'est pour l'exterminer d*un seul coup." De fait, sept ans 
l>lus tard (en 537), Ling roi de Tch^u anéantit toute cette famille. 
(Tou-ling, vol. 35, p. 18, etc.) 

Cei)endant Yu-tsi voulut à son tour punir le roi de Tch*oa de 
cette tentative d'invasion : " K4ng-fong, dit-il, est venu pauvre ici ; je 
lui ai donné Tchou-fang pour montrer que je reçois volontiers les gens 
distingués qui se réfugient près de moi."^*^ Ijà-dessus, il leva une 
jirmée, pénétra dans le royaume de Tch'ou, prit deux villes, et rentra 
vengé. (Tchao I, vol. 1, p, 7.) 

' C'est actueUement Tantou-hien JJ y^ S^i dépendant de Tckeng-kiang-fou f|f 
tL flï» ^ l*«st de Nan-king, sur le Yang-tse-kiang. 

' \a texte n'eftt pas très clair ; le voici * iU iK /{^ tft it 4b 



( 41 ) 

L'année suivante (543) le roi de Tcli'ou recommença la guerre : 
il avait au cœur une haine irrtkîonciliable ; il avan(;a jusqu'à Aan-fei 
]^ j^/*^ L'armée de Ou alla à sa rencontre, et le défit comijlètement. 

Enfin, cette môme année, la 4*"** de son règne, (543) Yu-tsi 
mourut d'une manière tragique. Confucius, dans sa chronique, dit 
brièvement: ^^ En été, le gardien aux pieds coupés tua le roi de 
Ou nommé Yu-tsi." Voici l'explication de ce texte : Dans une 
guerre contre le royaume de Yué, le roi de Ou avait fait un prison- 
nier ; on lui avait coupé l'extrémité des pieds, et on l'avait établi 
portier ; ensuite on lui avait confié la garde d'un vaisse^iu. Yu-tsi 
étant venu faire une visite à bord, ce gardien saisit un glaive et le tua. 
(Tou-ling, vol. 32, p. 12. — T'ong-kien Kang-mou, vol. 16, p. 1.) 

Dans l'édition impériale (vol. 28, p. 13) il y a beaucoup de 
oonsidérations philosophiques sur ce fait; choisissons un ou deux 
passages : Un homme comme il faut n'approche pas d'un mutilé ; 
sinon il b' expose à la mort (Kongyang). D'après les "rites" un homme 
sage n'emploie pas un homme sans vergogne, n'approche pas d'^un 
homme mutilé, ne traite pas familièrement avec un ennemi, ne va pas 
près d'un rancuneux. (Eo-leang) — ^La chronique de Confucius rapporte 
les malheurs qui provinrent de négligence : "Les rois de Ou encourent 
la mort par leur légèreté ; Tchou-fan meurt à Tch^ao ^ ; Yu-tsi est 
tuè par un gardien; Leao est assassiné par Tchoan-tchoti ]$ ^'' 
{Kia-Uuen-wong ^ §i ^). 

Ici viennent de nouveau de longues amplifications sur la vertu 
de Ki-tcha. Lee lettrés se plaisent à orner leur "saint" de toutes les 
vertus; ils finiasent par l'en surcharger. "En mourant^ disent-ils, 
Yu-tsi voulut laisser le gouvernement à Ki-tcha; celui-ci refusa en ces 
termes: "C'est bien décidé, je ne veux pas régner; les rois précédents 
m'en avaient donné l'ordre; j'ai répondu que je veux imiter l'exemple 
de 'Fse-tchong, afin que mon corps reste pur, et que mes actions soient 
irréprochables; je vise haut, et je veux marcher sur le chemin de la 
vertu ;c' est de l'humanité queje veux m'occuper exclusivement ; richesses 
et dignités ne sont pas plus que le souffle du vent d'automne." Ayant 
ainsi parlé, il s'enfuit à Yen-ling; et les gens de Ou établirent Yu-mei 
pour roi. (Tchao I, vol. 1, p. 8.) 

Mais voici bien une autre affaire : On raoonte que Ki-tcha n'était 
pas dans le pays de Ou à la mort de Yu-tsi ; il aurait été envoyé en 
ambassade par Yu-tsi auprès des princes chinois. A la sixième lune, il 
se Ln^uyait à la cour du duc de Lou, pour entendre la vieille musique. 

ï Au Kiidestdo Po-tcfu<m ^ j|fl, préfecture de Ytigtcheau-fcu |^ jHi Jj^i dan» 
le Ngan-hoei. 



.( 4-J ) 

C'est à ce propos que Tsouo-k4eou-mîng a écrit une des plus belles pOxes 
de poésie; elle est tout entière à l'honneur de Kî-tcha qui venait 
chercher et admirer la civilisation chinoise; à l'honneur des lettrés, 
qui savent foi mer par leur doctrine et leur musique des hommes 
saints tels que Ki-tcha. C^est un des morceaux les plus célèbres de 
la haute littémture; tous les étudiants disent le savoir par cœur; elle 
est d'une saveur si pure, si délicieuse, que tout vrai lettré en la récitant 
oublie de respirer, et laisse la salive couler de sa bouche entr'ouverte. 
Nous autres, profanes, nous avons quelque peine à aller jusqu'au bout, 
et nous demandons quand ce chef-d'œuvre va-t-il finir? Il faut 
pourtant la œnnaître, puisqu'elle est entièrement à la gloire du 
royaume de Ou, et qu'elle |>eint ri bien la suffisance des lettrés. Il y 
est dit qu'aux simples paroles de la pix^sie, au son de la musique, Ki- 
tcha reconnaissait de quel pays il b'agissait, si les gouvernants étaient 
vertueux ou non; V!aveuir s'ouvrait devant ses yeux; il faisait de» 
])rophéties qui se sont trouvées vérifiées dans la suite. Confucius dit 
de lui : "le vicomte de Ou envoya Ki-tcha saluer le duc de Lou/' Le 
commentaire remarque que Confucius ne Tappelle pas " prince," parce 
qu'au fond ce n'était qu'un barbare dégrossi, nullement égal à un 
chinois; il l'exalta {X)urtant comme un saint, mais un saint parmi les 
barbares. (T'ong-kien Kang-raou, vol. 16, p. 2.) C'était la première 
ambassade amicale que le duc de Lou recevait du royaume de Ou, qui 
commen<?a»t enfin à se civiliser. Vinci le texte du récit: "A laoourdu 
duc, Ki-tclia fut réjoui de rencontrer Chou-suen-mou-tse ;fec ^ S •? ; 
ce[>endant il lui dit: ^stîigneur, vous ne mourrez pas de votre belle mort; 
vous ètoa pi^rsonnellement bien bon ; mais vous ne savez pas clioisir vof^ 
hommes; j'ai entendu dire qu'un Sîigo s'applique avant tout à bien, 
choisir son monde; vous êtes le premier ministre de Lou, c'est une haute 
dignitc^; si vous ne faites pas sérieusement attention au choix de 
vos subordonnés, comment pourrez-vous éviter des malheurs?" 

Ki-tcha demanda à entendre la musique de Tcheou-kong J^ JV 
(c'était Li même que ceile de la maison impériale); Chou-suen-mou- 
tu«e lui envoya le chef des musiciens qui lui chanta les hymnes de 
Tcheou jg et de Tchao -g. Ki-tcha dit: "C'est bien beau! C'est le 
commencement de la fondation ; ce n'est pas encore la perfection ; le 
peui)le soufire, mais n'a pas de res-Kjntiment." — On lui chanta les 
poésies des i)rincii>autés do Pei :jtjj, Yang ||j5, et IVei $g; il s'écria: 
^' C'est bien l)eau! c'estprofond! les iHîUples sont dans la pauvreté, mais 
ne sont p^us écrasés; j'ai entendu dire que Weik^ang-chou ^ ^^ et 
Ou-kong ^ ^ avaient eu efiet les vertus que l'on exalte ; ces poésies 
ue seraient-elles pas du royaume de Wei ? "—On lui chanta les poésies 



( 43 ) 

de Wang 3E î î^ s'exclama encore : ^'^Ah ! que c'eat beau f Jl (le prince) ît 
ooiLscience de sa position difficile, sans la craindre; ne seraient-ce pas des 
poésies de la maison Tcheou orientale? *' — On lui chanta les poésies de la 
principauté de TbAen//^; il dit: "Que c'est donc beau! L'état est |)etît, 
le peuple est incapable de supporter sa misère; ne serait-ce pas la y)re' 
mière principauté qui doitpérir?" — Onluichan taies poésias dn royaume 
de IVi ^; il dit: "Que c'est beau 1 Ce sont de grands airs, qui trahissent 
la grande mer orientale ; ne seraient-ce pas les poésies de Kiang-t^ai- 
hong le "ic ^ ^ ^^ royaunae est sans limites." — On lui chanta les 
poésies de Ping ^, et il dit : "Que c'est beau l la joie est grande, sans 
être relâchée; ne seraient-ce pas IcîJ poésies du duc Tcheou émigré à 
l'est ?^' — On lui chanta les poésies du royaume de 2Vin ^ ; il dit : " Les 
paroles sont chinoises; si ces peuples parviennent à devenir tont-à-fait 
chinois, ils deviendront grands, très-grands; ne seraient-ce pas les 
poésies des anciens territoires de Tcheou?" — On chanta les poésies de^ 
Wei ^ ; il dit: ''C'est bien beau ! Si la résolution est grande et Siiit 
se borner, alors on fera facilement de grandes choses ; si un homme 
vertueux était venu au secours de ce roi, il serait bientôt devenu uii" 
grand prince/' On chanta les poésies de T^ang JH ; alors il dit : " Les 
idées sont profondes; ne seraient-ce poa des souvenirs de Tancien 
empereur Yao? Si non, comment ces plaintes viennent-elles de 
temps si éloignés? Si ce n'étaient les de^cendants d'hommes de 
grande vertu, comment diraient-ils des choses semblables?" — On lui 
chanta les poésies de Tcheng ^ ; il s'écria : " Un royaume «ins roi peut- 
il durer longtemps?'^ — On lui chanta encore les poésies de Koei g|5 et 
de Ts^ao If ; mais il ne fit point de remarques. On lui chanta 
les [joésies Siao-ya >j* |j|; il dit: "Que c'est donc beau! Le 
peuple jKjnse aux vertus des anciens rois, et ne se révolte pas; 
il déteste le régime actuel, mais n'en dit rien; ne seraient-ce pas 
des pésies de l'enfance du royaume de Tcheou? Il y a encore un 
mélange de mauvais restes de l'ancien régime." — On lui chanta le 
Ta-ya ^^ Kf ; alors il s'exclama: "Ceci est magnifique! la forme 
est un \\^\x tortueuse, mais le iond est droit; ne serait-ce pas la 
manière de faire du roi Wen^wang 3SC 3E?" — On chanta les hymnes 
[Song^] ils'écria: "Voici la perfection! C'est ladroiture, sans aucun 
mélange d'orgueil ; c'est flexible, mais on ne quitte pas le vrai chemin ; 
c'est voisin, mais on ne se heiurte pas mutuellement; c'est éloigné, sans 
être absolument séparé ; on se quitte sans tomber dans le vice; on change 
sans être dégoûté ; on est dans la misère, mais on supporte son sort ; 
on 80 réjouit sans effusion ; ou montre de la vertu sans jamais 
l'épuiser ; on fait des aumônes sans dissiper son bien ; on reyoit sans 
convoitise; on gouverne sans faire à sa tête; le fleuve coule sans jamais 



( 44 ) 

quitter Tes rives tracées ; les cinq sons niusiciiux sont d'accord ; les huit 
mélodies sont à P unisson; les divers instruments sont à leur place 
respective; toute la pièce a de la suite; la vertu des trois royaumes se 
tnmve ici réunie toute entière." — On lui joua les pantomimes avec dra- 
peaux et instruments de musique : ^^C'est beau, dit-il , mais il y a encore 
du ressentiment," — On représenta devant lui les pantomimes du roi 
Ott g ; il dit : "C'est bien ! la {)erfection de Tcheou est donc parvenue . 
jusqu'à ce point." — On représenta les pantomimes de l'em])ereur T^ang^ 
de la dynastie Yng ; il dit : " La vertu dos anciens sain ts est bien étendue ; ■ 
mais il y a encore des hontes dont ils souffrent." — On joua les panto- 
mimes de l'empereur Yu; il dit: "Quelle beauté! Il s'applique (à 
son devoir), sans se vanter ; en dehors de Yu, qui aurait été capable de 
travaux pareils?" — ^A la représentation des pantomimes de l'empereur 
C/toen 9, il s'écria : "C'est ici le comble de la vertu; c'est grand et 
vaste, comme la terre qui porte toutes choses ; même s'il y avait 
encore d'autres vertus (en ce monde), on ne saurait rien ajouter à 
celle-ci. Restons-en là I Même s'il y avait encore d'autres belles 
musiques, je ne désire plus rien entendre !" 

Ki-tcha se rendit auprès des divers princes chinois, pour lemr 
annoncer l'avènement au trône du nouveau roi de Ou;^'^ c'est pourquoi 
du duché de Lou il passa dans le royaume de TsH ^. Il fut enchanté 
d'y faire la connaissance de Yen-fpHngdchong ^^\^> Il Ini dit: 
*î^ Seigneur, rendez bien vite la ville que vous avez en fief, et quittez 
votre dignité de premier ministre; ainsi vous éviterez de grands 
malheurs ; le royaume do Ts^ doit enfin trouver son assiette ; sinon 
il est impossible d'espérer la paix." Sur cet avis, Yen-p*ing-tchong 
^adressa à Tch^eng-hoan-tse ^ ;g ^7 et rendit à son prince sa 
dignité et sa ville ; de cette manière il échappa à l'anéantissement qui 
atteignit deux autres familles Loan ^ et Kao JfJ. 

De là, Ki-tcha se rendit au royaume de Tcheng ^ ; il y rencon- 
tra le sage îie-^cAW ^ jH qu'il traita comme un grand ami ; 
il lui donna une ceinture de soie, tandis que Tse-tch'an lui fit 
présent d'une robe de lin. Ki-tcha lui dit : '^ Votre premier ministre 
Pi-yeou fô ^ ne garde pas de mesure ; aussi le malheur l'attend ; 
l'administration sera remise entre vos mains; quand vous l'aurez 
remplacé, observez exactement les rites ; sinon le royaume de Tdieng 
eera penlu." 



1 Etait-ce une annonce tardive concernant Yn-tsi. dont il aiirnit alors ignoré 
là. m'>rt ? Etait-ce une annonce concernant Yu-mei ? Bans ce dernier cas il faudrait 
«Apposer un ordre survenu de la part de ce roi ; mais alors que devient la prétendue 
lutte d'humilité racontée un peu plus haut? Voilà donc encore un point qui reste 
obscur. 



( 45 ) 



Kl-TOEA OFFRE SOS ÉPKE. 




( 4fi ) 

Ki-tcbii se rendit dana le niyaunie de Wei ^j : il fut grandement 
nVjoui d*y faire la connaifisance de Riu-yiien 5^ ^, Cle-keou ^ Jd|, 
Che-Wteoii ^ b}J, Kong'tse-kivg ^ ^ Jij, Konijchou-fa ^ ^ §[, et 
Kong-tse-tchao &^^. Il leur dit: "Le i*oyaiime de AVei a beaucoup 
d'hommes de mérite; aussi ne subira-t-il |X)int de calamité?." 

Ki-tcha pîussa au royaume de Tstn §, En cliomîn, il voulait 
s'arrêter nue nuit à Ts^i J5|J,(piandil entendit battre unechoche : "C'est 
bien singulier! dit-il; j*ai autrefois ouï dire que quiconque fait le fier, 
sans avoir de vertu, périra de mort violente. Ce seigneur a offensé 
son prince ; réfugié à la campagne, il ne se croit pas encore eu sûreté ; 
quelle joie peut-il goûter? Le cercueil de sou maître est encore 
à la maison ; comment a-t-il le coeur de faire de la musique?" Ayant 
dit ces paroles, Ki-tcha reprit aussitôt sa route. Suen-tve^i-tse 
îfi 3!t •? informé de ce propos ne voulut plus, de toute sa vie, entendre 
les sons du luth. 

Arrivé au royaume de Tsin, Ki-tcha aimait à converser avec Tcliao- 
wen-tse IS ^ -jF Ilansiuen-tse ^ g '^, et Wei-hien-tse ^ JR ■^• 
Il leur dit: "Ce royaume sera facilement partagé entre vos trois grandes 
familles." 11 eut eucore des relations amicales avec le fameux Chou^ 
hiang ^ |^ ; il lui dit: "Seigneur, prenez garde! votre prince déi)affle 
les ]x)rne.s; et ]x>urtaut il a autour de lui plusieurs grandes familles 
(capables de la supj)Ianter) ! Celles-ci attirent à elles toute Tadminis- 
tration ; vous, un homme si droit, vous devez songer à prévenir ce 
malheur!*' 

Différents auteurs prétendent que Ki-tcha apprit la mort de Yu-tsi 
]>endaut <|u'il faisait ces visites d'amitié. Lui qui répandait a foison 
les prophétie^ il wmble avoir ignoré ce qui se {)as8ait dans son propre 
pap, dans sa famille. 

Le recueil Mei-li tche, vol. l,p. 27, relate encore les détails suivants 
concernaut l'ambassade: Pendant que Ki-tcha se dirigeait vers l'ouest, 
]K)ur visiter le roi de Tsin '^, il i)as8a par la capitale du prince de 
Siu ^. Or, en qualité d'aml)a88adeur, il portait une épée extrême- 
ment précieuse. Le roi de Siu l'ayant examinée aurait bien voulu 
l'avoir ; il n'en dit mot, mais son visage avait assez laissé voir sa 
pensée. Ki-tcha s'en était aperçu ; déjà, dans son cœur il la lui avait 
destinée ; mais, pour le moment, il ne pouvait s'en défaire, ayant 
(încoro à visiter quelques princes, avantd'achever sa tournée. Ason retour, 
il apprit (jue le roi de Siu était mort dans le royaume deTch^ou. Ki-tcha 
dc'^tiicha son éjx^e, et l'offrit au successeur du défunt. Les gens de sa 
suittî l'en <lLssuadaient,disint : "Cette épée est un trésor qui appartient 
au royaume de Ou ; il ne faut j^as la donner au roi de Siu." Ki-tcha 



( 47 ) 

lenr répondit: " Ce n'est pas d'aujourd'hui seulement que j'ai résolu de 
faire ce cadeau ; depuis longtemps, dans ma pensée, j'avais destiné 
cette épée au roi défunt ; si maintenant je ne la lui offrais pas, ce 
aérait me tromper moi-même. Tenir encore à cette épée dénoterait 
un cœur faux ; un homme droit ne ferait jamais cela." Aussitôt il 
alla présenter cette épée au nouveau roi. Celui-ci la refusa, disant : 
"Mon prédécesseur ne m'a pas donné d'ordre relatif à cette affaire ; 
ainsi moi, orphelin, je n'ose accepter ce cadeau." Alors Ki-tcha 
suspendit l'épée à un arbre, près du tombeau du roi. Les habitants 
de Siu chantèrent les louanges de Ki-tcha, disant : '' Le seigneur deYen- 
lîng n'oublie pas ses amis, même défunts; il s'est privé d'une épée 
valant mille onces d'or, et l'a suspendue à un arbre du tombeau." ^'^ 

Dans l'édition impériale, vol. 28, p. 13, il y a des voix discordantes, 
parmi ce concert de louanges si universel en l'honneur de Ki-tcha, 
On ose le rendre responsable de tous les malheurs qui se sont abattus 
sur le royaume de Ou. S'il n'avait pas refusé la couronne, de telles 
calamités ne seraient pas arrivées; ainsi la faute retombe sur lui, etc, êtes 

K^ong Yng-ta ^ JB ;)tc remarque avec justesse que Ki-tcha n'a pu 
annoncer l'avènement de Yu-mei, puisque les ambassades ne furent 
envoyées qu'après la fin du deuil. En temps de deuil il n'aurait pu 
entendre la musique, ni assister aux fûtes. Ainsi Ki-tcha semble 
n'avoir eu connaissance des événements qui s'étaient passés dans sa 
patrie qu'au retour de sa fameuse ambassade. 

Désormais il n'est plus guère question de lui dans l'histoire ; on 
ne relate même pas les circonstances de sa mort. Nous ajouterons 
sealement quelques détails concernant son tombeau. (Cf. Kiang- 
yng-hîen tche, vol. 7, p. 22 — Mci-li tche, vol. 2, p. 33)-Ki-tcha, nous 
Tavons vu plus haut, avait reçu le fief et le nom de Yen4ing ^ ^ ; sous 
cette appellation se trouvait compris le territoire du Tchang-tcheou-fou 

1 Dans le lecneil MeMî tche, vol. 1, p. 25, il y a la note suivante : Quand Ou-Ki- 

Icha fat de retour de sa visite chez le roi de IWi ^, son fils atné mourut et fut 

enterré \ Yngpcuo jJI U. Confucius dit alors : " Kitcha est Thonneur du 

royaume de Ou, l'homme le plus versé dans les Rites; voyons un peu 

comment il va enterrer son filsl'' Or, la fosse ne fut pas creu8<?e trop 

•profonde, de peur que l'eau ne vînt à surgir, comme dans un puits; les habits 

du mort étaient ceux de la saison; aprOs rinhumation, un tertre fut élevé 

sur la foese; il était large comme la roue d'uu char; tout juste assez haut pour 

intercepter la vue. Quand ce fut fini, Ki-tc1ia se dénuda le bras et l'épaule gauches ; 

tnsaite^ se dirigeant du o5té droit, il ûl trois fois le tour du tertre en se lamentant et 

•disant: '* Chair et os doivent retourner à la terre; c*cst 1:1 leur sort ! Quant r\ Tâme 

Xlffienk*i ^ ^) elle peut aller n'importe où !" lii-dcssiis, ('onfncius le loua de son 

exactitude, et dit : ** Ki-tcha, le scigucur de Ycu-liug, e^l vraimeul bien au courant 

des rites !" 



( 48 ) 

ncitiel ^ ji\ J^t lato sensu] maifl sa résidence ordinaire était au botu^j 
iictuel de Chen-kiang ^ i^ H ^^ soixante-dix ly Est de Tcbang-tcheou^ 
trente ly Ouest de Kiang-yng; c'est là qtf est son tombeau, sa pagode. 
De son temps il n^y avait pas encore de canal ; ou bien il était beaucoup 
plus petit qu'aujourd'hui; car Phistoire raconte que le cani^ actuel a 
été creusé au troisième siècle avant Jésus-Christ, par le fameux Tch^oen" 
chen-kiun ^ ^ £• 

D'après la tradition, c^est Confucius lui-même qui a écrit 
l'inscription tumulaire en dix caractères pour le tombeau de Ei-tcha, 
lorsqu'il eût appris la mort de ce '^ saint." D'aucuns doutent de la 
véracité do ce récit. Peu importe; l'inscription existe, et est 
certainement antique. Sous la dynastie T-ang J|P, en 748, l'empereur 
fit de nouveau graver cette inscription ef&oée piur le temps. On 
prétend que ni la pluie, ni la foudre, ni le feu, n'ont jamais pu 
détniire cette pierre ; il n*y aurait là rien de bien extraordinaire ; mais les 
païens croient à une protection de Confucius ; c'est bien leur idée 
quand ils font cette remarque. 

Depuis l'année 151], sous la dynastie des Ming, le mandarin de 
Kiang-yng est obligé d'aller dans cette pagode offrir des sacrifioeiu 
Depuis ce temps la dévotion des lettrés s'est accrue ; on a offert force 
tablettes, force iuFcriptions, etc; m^^is l'ornement principal est toujours 
l'inscription de Confucius et de l'empereur. K'ang-Ui m |S> ©^ 
a envoyé une aussi. 

Les rebelles Tchang-mao avaient tout brûlé, tout détruit en 1864; 
l'inscription de Confucius a pourtant échappé à ce désastre; elle est 
encore intacte. En 1874, on a rebâti la pagode; tout le monde y a 
contribué, depuis le vice-roi et le gouverneur, jusqu'au menu peuple. 
Cette construction , pour laquelle on a dépensé beaucoup d'argent, n'a rien 
cependant de grandiose. Ce sont treize chambres, plus ou moins grandes, 
avec quelques chambrettes latérales; le mur d'enclos est vilain ; le jardin 
«ans fleurs et presque sans arbres; l'entretien est négligé. Et pourtant 
on avait recueilli un fond assez considérable: le gouverneur de 
Sou-tcheou, le lameux inspecteur impérial P^ong-kong-pao "S^fS^ 
le commandant général du Tang-tse-kiang, ont réuni un capital de 
cinq cents dollars; on prend encore cinquante mille sapèqnes sur le 
trésor; de plus, on a appliqué à cette pagode toutes les terres qui 
autrefois, dans les trois circonscriptions de Chen-kia/ng ^ f^, Tu-^men 
j^ P^ et Heovrmei ^ |j^, étaient destinées à l'entretien des écoles 
gratuites; soit environ deux-cent-trente Meou. Il y aurait donc 
de quoi entretenir convenablement cet édiflce ; mais, comme de 
coutume, l'argent rest^ entre les mains des administrateurs. Dos bonzes 
desservent cette pagode. 



:*v^'; .1* 



( 43 ) 



A Hia-Kiang S Jg, vieux bourg situé^ 
à l'est, puis à KiaDg-yng môme, il y a encore 
deux pagodins consacrés au culte de Ki-tcha« 

Le 29*°** jour de la 4^* lune est Tannî- 
rersaire de la naifisance de Ei-tcha ; il y a une 
foire très animiée à Chen-kiang, avec procession 
eD ^honneur du patron local ; bref, c'est une 
glande fête populaire et on y vient de loin» 
{pu Tcfaang-'tcheoU'-fou tche, vol. 9, p. 8*) 

Tous les gens de Kiang-yng qui s'appellent 
Ou ^ prétendent être la descendance directe 
de £a-tcha« C'est naturel; chacun aime à 
SB donner des ancêtres illustres ! 

La gravure ci*jointe est une copie réduite 
de l'inscription attribuée à Confucius et qui 
orne encore aujourd'hm la tombe de Ei-tcha. 
Les caractànes sont de forme antique: leurs 
équivalents dans l'écritinre moderne seraient les 

«dvants: i!^ 1? ^ jSIJi SI $ ? ;S: lE^ qui 

se traduiraient ainsi : ^^ Hélas l hélas t Voici le 
tombeau du roi de Ou, Ei-tse, prince de Yen- 
ling!":— Les petits caractères modernes de 
droite font Hen à Confucius l'honneur de la 
oomposition de l'épitaphe; mais ils semblent 
aller contre la tradition populaire, indiquée 
jdoB haut, qui croit que cette pierre est celle-là 
même sur laquelle l'épits^he fut gravée du 
temps du célèbre philosophe. Or, il est dit 
expressément que l'inscription a été gravée par 
l'ordre d'un préfet (^ ^) nommé Mo-yu (^ 
m^ la huitième année de la période Tchong- 
VoDg (sic) de la dynastie Tuen. Je ne trouve 
danâ les tables chronologiques des dynasties 
danoises aucune dénomination de règne dé- 
signée par ces deux caractères. N'indi-- 
queraient-ils pas la période qui précéda 
immédiatement l'avènement au trône de 
Chine du prince mongol Eoublaï-khan, ou 
même les premières années de son règne, avant 
la période Tchong-t^ong (rf« jg() ûe. 1259- 
1260 P.C. ? C'est une question que je ne suis 
pas en état de résoudre et que je livre aux 
ledmches des érudits. 












>\ 





( 51 ) 



CHAPITRE V. 



LE ROI YU--MEI fô \^ (543-526). 



Sources: — ^Tsouo-tch'oan Tou-ling, vol. 33, p. 15 — vol. 39, p. 4, 
Edition impériale, vol. 28, p. 29 — vol. 31, p. 3. 
T'oDg-kien Kang-mon, vol. IG, p. 12. 
Mei-li tche, vol. I, p. 7. 
Lié-kouo tche, vol. 15, p. 28. 

Le roi Yn-mei est aussi appelé I-mei ^ ^. Au début de son 
règne, il s'oœupa sans doute des affaires intérieures de son royaume, 
afin de l'affermir ; car l'histoire n'a rien conservé sur cette éiXKjue. 

En 541, il envoya RHu-hou-yong JS 2B JS saluer le roi de Tdn 
g. H voulait conserver les relations amicales établies avec lui, et ne 
voulait pas qu'on oubliât les chemins de communication entre les deux 
royaumes. Dans le pays de Tsin, le premier ministre Tchao-wen-tse 
jffi 3SC •? demanda: "Ki-tcha, seigneur de Ten-linget de Tcheou-lai 
n'est donc pas encore devenu roi de Ou? Tchou-fan est tombé au 
fflége de Tch^ao; Yu-tsi a été aasafisiné par le gardien mutilé; le ciel 
semblait avoir préparé la succession à Ki-tcha. L'ambassadeur 
répondit : '* Les deux rois défunts out subi le sort que le ciel leur avait 
fixé; s'il y a une providence dans ces événements, c'est en faveur du 
roi actuel. C'est un homme d'une grande vertu, et d'une prudence 
consommée; ayant de la vertu, il ne perdra pas l'affection de sou 
peuple ; avec sa prudence, il connaîtra toujours son devoir ; quand le 
peuple aime son roi, quand il y a de la suite dans les affaires, c'est 
bien le ciel qui accorde ce bienfait. C'est la descendance de mou 
maître qui est appelée à régner déisormais sur le royaume de Ou. Ki- 
tcha demeure l'homme prol)e et vertueux que vous avez connu ; il 
pouvait être roi, il ne l'a jamais voulu." (Tou-ling, vol. 33, p. 15 — 
Edition impériale, vol. 28, p. 29). 

Cette m6me année (541), à la 11^™« lune, Tchan Tu-tchou g ^ 
^ de Kiu S" se révolta contre son père Li-pi ^ ^, vicomte d« cett<i 
principauté.^^ ^ Dans cette rébellion, Li-pi fut tué ; sa femme était la 

1 ActueUement Kiwtcktou ^* 2^^ dans le Chan-tong. 



( ;>2 ) 

«tfur de Yu-mei ; Tchan Ya-tchou s'enfuit chez son oncle. (GflToir- 
linjÇ) vol. 33, p« 14)« H est probable que Yu-mei établit son neveu sur le 
trône de cette petite principauté^ après en avoir chassé h frère aioé^ 
fils d'une autre princesse. (Tou-ling, p. 15^) 

En 536, à la septième lune, le roi de Tch^ou eut une grande 
réunion de princes, à Chen ^. Douze princes y étaient assemblés > 
c'est-à-dire ceux de Ts^ai |5^, de Tcheng ^, de Tcheng f^, de Eiu 
Us de Siu 0, de T^eng ^] de Touen |p, de Hou j^, de Oien ffCt 
de Siao4chou è]\ ^i^ de Song $|c, et le chef des sauvages orientaux 
riverains de la Hoai (f{| |^). C'étaient tous les voisins du loyaume 
de Tch^ou^ exposés par conséquent aux invasions de ce puissant état. 
Le roi de I^in ^ était de droit le chef des princes; et ssul il pouvait les 
réunir ; mais il était devenu trop faible pour les prot^er contre un 
tel rivaL En 545 il avait donc été réglé que les {dus proches voisins 
de Tsin ^ auraient leur assemblée chez lui; les plus proches de Tch^u 
se réuniraient chez ce dernier. (Edition impériale, voL 28, p. 1.) 

Le but de la présente assemblée était de préparer une guerre 
contre le royaume de Ou. 

Le roi de Song ne suivit pas l'armée de Tch^ou; il y envoya à m 
place son frère Hoa Feisoei $ jft ^. Le roi de Tcheng envoya un 
de ses officiers. 

Le roi de Tch^ou ordonna à KHu-chen ^ ^^boïï général, d'aller 
assiéger la ville de Tchou-fang ^ 'ff^^^^ fief que K4ng-fong avait 
reçu du roi de Ou, comme nous l'avons vu plus haut. A la huitième 
lune, la ville fut prise, K4ng-fong fait prisonnier et toute sa famille 
immédiatement massacrée. Le roi do Tch^ou voulait se défieiire de ce 
voisin dangereux, qui lui faisait beaucoup de mal; mais, pour 
l'attaquer, il prétexta les grands principes de loyauté, disant qu'il 
voulait le punir d^avoir trahi son prince le roi de TaH ^. Il le 
réservait pour une mort ignominieuse. Alors Tsiao-hiu Hl J|K lui fit 
cette remontrance: ^^J'ai ouï dire qu'un homme sans reproche peut 
bien en exécuter un autre d'une manière ignominieuse; mais aujour- 
d'hui il s'agit de E4ng-fong, caractère altier et opiniâtre; ira-t-il 
au supplice sans mot dire? S'il vous insulte en présence des princes, 
quel avantage aurez-vous ?" Le roi de Tch^ou ne tint pas compte de 
cet avis; il ordonna que E4ng-fong, portant la hache du bourretiu, 
passerait devant les princes en disant: ^^Que personne ne fasse comme 
moi, K4ng-fong, qui ai assassiné mon roi, maltraité son fils orphelin, 
et fait une conjuration avec les grandes familles ! " Or, au lieu de ces 



1 Voir plus haut la note oonoernant cette ville. 



( 53 ) 

paToîes, K*îng-fong dît lee suivantes, extrêmeraent injurieuses four le 
ïoi de Tch'ou; *^ Que personne ne fasse comme Wei g, le fils d'une 
concubine du roi Kong, qui a assassine Mi JH le fils et P héritier de 
son frère ainé^ a usurpé le trône^ et demandé les hommages des autres 
princes ! " Furieux, le roi de Tch'ou le fit tuer sur-le-champ. 

De là, l'armée se rendit dans la petite principauté de Lai j||/^^ 
Le prince de cette ville vint s'offrir de lui-même les mains liées 
derrière le dos, nn jade à la lK)uche, la partie supérieure du corps 
déshabillée, et suivi de son cercueil; il s'avança ainsi jusqu'au milieu 
du camp. Le roi de Tch^ou demanda ce que cela signifiait. Tsiao- 
kiu dit : " Quand autrefois le roi Tchf'eng jjR (671-625) prit la capitale 
de Hiu f{:, Hi-kong J/H ^, prince de Hiu, sortit aussi dans le même 
attirail; votre ancêtre délia lee cordes de sa propre main ; lui retira le 
jade de la bouche, et brûla le cercueil." Aussitôt le roi de Tch^ou fit 
de même. 

La ville s'étant donc rendue à discrétion, les habitants furent 
transportés à Yen JU, dans le royaume de Tch^ou; à leur place vinrent 
les gens de l'ancienne principauté de Hiu. Le roi de Tch^ou ordonna à 
Teou-wei-koei M d|t fi et au prince Tsi-tsi ^ ^ de construire les 
mmrs de cette ville ; puis il rentra lui-même dans sa capitale. 

Chen-ou^yu ^ {[^ ^ remarqua : '^ Voilà le commencement de nos 
malheurs ; notre roi a convoqué les autres princes pour attaquer la 
ville de Lai; Payant prise^ il s'empare encore d'un autre état, sans 
que personne lui fasse de remontrances; le bon plaisir du roi n'est 
contrarié par personne ; comment le peuple pourrait-il vivre en paix ? 
Si le peuple ne peut vivre en paix chez soi, pourra-t-il supporter les 
fantaisies du roi? S'il récuse ses ordres, alors la révolution est là ! " 
^ou-ling, voL 35, p.p, 12, 17, etc.) 

Pendant l'hiver de l'smnée 537, le roi de Ou prit trois villes dans 

le royaume de Tch^ à savoir: Ki ||[ Li ifjj^ et Ma J(K.<^> U se 

vengeait ainsi de la campagne du roi de Tch'ou contre Tchou-fang. 

CAen-yng-chemi 2t 1^ H? général de Tch^ou accourut à marches forcées 



1 Ton Yu dit que c'est la ville de Ckang-ich^eng f^f j||i dans la préfecture de 
Kmng-ichtcu'fotk JC t\ Jn^ province du Ho-nan. (Kong-yang l'écrit JS Li-) 

* An nord-est de la ville de Taouanrhien ^i ||^, il y a encore un kiosque nommé 
JK fw^^ )t| 3f . u, à vingt ly nord de SirH8*ai'hien ^ ^ IH) préfecture de Jou- 
nit^fim ^ ^ m (Ho-nan) ; 'c'est maintenant le bourg de Yé U-iien ^ ^ jj5 • 
Ma est actuellement le bourg de Ng(iiHf<mg1eh*eng $ |S AS) delà ville de l}caiéf-chanr 
^ fi^ lU 11) préf^ure de Siu-lcKeou:f(m ^ ji\ Jff (Kiang-sou). 



( r,4 ) 

jasqu'à Hta-jocî Sîft^^M^"^ couper la retraite k l'armée de Ou; 
maïs ce fut en vain. I-kieoii 5Ë §^ officier de Tch^ou, s'empressa de 
bâtir les fortifications de Tchong-li ^ $^: Ynen-hi-ldang ^^^ 
bâtit celles de 2'ch^ao ^, Jan4an f^ ^5* ^^^^ ^® Tcheou-lai jtj JJÇ. 
Les eaux étant trop grandes dans la partie orientale du pays, on ne 
put en fortifier les villes; P^ong-chen 3^ ^ fatigua en vain ses soldats 
dans ce travail. (TouJing, vol. 35, p. 19, etc.). 

Dans l'hiver de l'année 536, le roi de Tch'ou, avec les princes de 
Ts'ai ^, Tcheng (fi|, Eiu ff , Toen l||, Chen gfc, Siu ^, et les 
gens de Yué j^^^^ attaquèrent le royaume de Ou. L'historien 
remarque que cette guerre était entreprise pour punir le roi de Ou de 
ce qu'il avait pris les trois villes susdites, Ki, Li et Ma. L'officier 
Yuen-ché ^ ^, conduisant les troupes du pays de Fan-yang f^ ^, 
rejoignit le roi de Tch^ou à Ria-joei g \^ ; Tchang-cheou-kouo ^ 
§ j§ officier de Yué le rejoignit à Souo ^S^^ 

Ayant appris que le roi de Ou était déjà lui-mên e entré en cam- 
jmgne, le général Vuen-ki-kiang ^ j|^ S ^ ^^ ^ ^ poursuite. Dans 
sa hâte, il négligea les précautions nécessaires, et fut complètement 
battu à TsHo-ngan î^ J^.^*^ Le roi de Tch^ou vint en toute hâte 
jusqu'au fleuve Louo-joei ||| ^. Le roi de Ou envoya son frère 
Kiuc^yeou ^ ^ avec des vivres, pour en faire don au roi. Les gens 
de Tch'ou le prirent, et allaient aussitôt le mettre à mort, voulant 
avoir son sang pour en teindre leurs tambours, lorsque le roi envoya 
un officier lui demander: ^^ Avant de venir, avez-vous consulté 
les sorts ? Ont-ils été favorables ?" Le prisonnier répondit : " Oui, 
les sorts étaient favorables, notre petit prince ayant appris 
que votre noble roi conduisait une armée pour attaquer notre petite 



1 C^est Ilan'k'eou ÎJ| P i où le fleuve Han se jette dans le Yang-tse-kîang ; ou 

plutôt, c'est Kiang-hia-hien £C S 81 préfecture de Ou-Uhans^fou ^ ^ M 
(IIouKoang). 

2 Tsouo-k'îeou-ming ajoute à la chronique de Confticîus iine remarqueoù il difl^re 
duteite; ilditquerexp<5dition eut lieu à la 10^"«lune; à la place de "Gens de 
Yué " iliécrit ** les sauvages orientaux ;" de fait, cela revient au môme. 

C'est ici> pour la première fois, que le nom de Yué apparaît dan» Thistoire 
chinoise. 

3 Souo (royaume de Tch'ou) était à Pest de la ville actuelle de HoK^ieou S fB> 

préfecture de Cheou-icheou-fou MJi\i (Ngan-hoei) (Edition impériale, voL 29, p. 27. 

4 Au sud-ouest de Fan-idiang'hien f^^fS^* préfecture de l}aiphvg-f<m sfc^jjï, 
•Ngan-hoei, il y a, au milieu du Kiang, uneîle appelée Tsiotcheou uft W^ ou île de la 
pie ; il y a aussi une montagne nommée Tctc de la pic aâ SB lU •» et trois autres collines 
appelées Qiietit delapU'^ M- (Cf.Edition im|>ériale, ibid). 



i 55 > 

fumvince, se f^ervit de latortwe ix>ur consulter les sorts/^^ Tl dît cV Ttc 
tortue: "J'envoie à la hâte des vivres aux soldats de Tch^ni^. 
pour savoir ai la colère du roi est violente, ou non, et prendre 
mes mesures en conséquence; pourrais-je l'apprendre?" Iai tortue a 
répondu: "Cest bien ! vous pourrez /a})prendre." Si donc votre roi se- 
réjouit et me traite amicalemeat, notre i>etite ville sera négligente à 
faire se^ préparatife de défense ; elle ne croira pîis sa ruine si prœhe ; 
etcelle-ci n'en arrivera que plus vite^ Aujourd'îmi votre noble roi est 
en colère et semble vouloir lancer la foudre sur moi ; vous saisissez uo* 
ambassadeur; vous allez Timmoler; son sang teindra vos tambours^ 
Ainsi le roi de Ou saura quil doit se tenir prêt. Notre petite ville- 
est bien faible; mais si elle prépare à temps ses armes, elle sera 
capable de vous résister. On peut donc dire que le présage aura été* 
heureux ; les sorts ont été jetés pour l'intérêt commun, non pas pour 
Xûoi seul; si mioî, l'envoyé, j'^obtiens de teindre de mon sang voff 
tambours de guerre, tandis que mon petit pays évite par-là de plus- 
glands malheurs, ma récompense est suffisante. Chaque royaume 
ayant sa tortue divinatoire, dans quelle affaire import<int« ne la 
oonsulterait-on pas? Tantôt les prcsiii^es sont favorables,. t«mtôt 
funestes ; qui pourrait garantir la stablilité ? La même chose vous 
est arrivée: votre présage à la bataille de IcJàeng-p^ouo J^ Jg| s'est 
vérifié à la bataille de Pi j^}. Si le message d'aujourd'hui tourne- 
mal pour moi, le présage heureux b'accoraplira plus tard." 

Ayant entendu ce discours,, les gens de TcL'ou ne tuèrent pa£r 
l'ambassadeur. 

Quand les troupes eurent traversé le fleuve Louo-joeî, Chen- 
pig-iche 8t ^ 35^ rejoignit le roi de ïch'ou, et campa au ])ied de la. 
montagne de Lai-ehan ^ llj. Yaen-ehé 3^ ||j, conduisant les soldats 
de Fan-yang, entra le premier dans le pays de Nan-hoai j§ jj; les- 
troupes du roi le suivirent, et atteignirent Jou-tsHng 2^ ^ ; mais on^ 
ne put envahir le territoire de Ou. Le roi de Tch'ou fit alors une 
revue de toute l'armée, au pied de la montagne Ti-ki j^ 3^.^^^ Le^ 
roi de Ou avait si bien préparé cette camimgne que le roi de Tch'ou dut 
iTen retourner sans avoir rien accompli; il garda l'ambassadeur comme 



> Cette tortue était regardée comme le palladium d'un royaume. 

^Nan-hoai et Joate'ing étaient au royaume de Tch'ou; elles devaient ôtre entre 

k HoAi et le Kiang. Ti-ki est Actuellement la montagne de Tchfe4ch'ou {jjl K@| à 37 

lytod de l^i^aohimSk CI) préfecture de Ou-wHtckeou J^ £S jfl (Ngan-hoei]^ 
(Edition impériatob voL 29; p^ 27> 



( r>6' ) 

ôfage; piiîp, craignant nno attriqno dn roi de On, îl envoya le glanerai 
Chcii-yvg-chv 0t ^ ^f à Tcli^no ^, le général Yuen-h-ldavg ^ jgf 
§g à Yii'lenu g ;®, pour attendre de noiiveanx ordres. Ce fut 
prudence de sa part. (Toti-ling, vol. 36, pp. 1, 8, etc.). 

L'édition impériale fait observer que depuis 558 les armées de 
TclVou avaient attaqué le royaume de Ou jusqu'à quatre fois. Seul le 
roi Tchou-fan leur avait rendu la pareille; mais il trouva la mort en 
chemin, avant d'avoir accompli son desFeîn qui était d'anéantir la 
puissance de Tch^ou. Celui-ci vint chaque année harceler le royaume 
de Ou ; le roi de ce pays n'en avait point i>eur ; au contraire, il préparaît 
des armées redoutabte pour akittre à son aise son adversaire. C'est 
pourquoi nous le verrons pi as tard, après Tunique grande bataille do 
Pé'kîu IfS W^f occuper Yng §[S, la capitale de Tch'ou, et mettre cet 
état à deux doigts de sa perte. 

DansPautomne de l'année 535, Ynen-pi ^ ^, premier ministre de 
Tch'ou conduisit une armée attaquer le royaume de Ou. Tsouo-k^eou- 
ming donne les détails suivants: I-tch^ou JH ^, officier de Siu ^ étant 
allé en ambassade saluer le roi de Tch^ou avait été saisi par celui-ci ; 
mais il s'était enfui, et avait pu regagner son pays. Le roi de Tch*ou 
craignant que cette principauté ne se soustraignît à sa suzeraineté, 
envoya Yuen-sié ^% en assiéger la capitale. L'armée de Ou accourut 
au secourp. Yuen-pi (autrement Tse-tang) conduisit donc une armée 
dans le dessein d'envahir le pays même de Ou. H rassembla see 
troupes^*^ à Yu-tcltang ff^ M ^^ vint camper à Kan-kH (g IS?. 
L'armée de Ou le battit à Fang-tchong ^ ^ et fit même prisonnier 
Pofficier KH-tsi fp j^^. Dans sa colère, le premier ministre rejeta la 
faute sur Yuen-sié et le fit mettre à mort. 

L'édition impériale ol)serve que la faute ne devait pas être rejetée 
sur Yuen-sié; mais qu'on le mit à mort tout de même. Confucîus dît 
que Yuen-pi fut cause qu'on attaqua le royaume de Ou; par ces 
paroles il lui impute le désastre. L'armée de Tch'ou, cette fois 
encore, n'ayant pu rien obtenir dans le pays de Ou, se dirigea vers les 
principautés de Tclieng fj et de lissai 3gj; quand, plus tard, elle 
allait encore attaquer le pays de Siu ^, la révolte éclata dans le 
royaume même de Tch'ou. Ce fut donc pour la cinquième fois que le 
roi de Tch*ou s'attaquait au pays de Ou, sans pouvoir s'en rendre maîtie. 



1 Yu-tchang était au snd de la Iloai. Kan-k*i se trouvait près da bourg actuel de 
Tch^eng-fauUouen jw ÛL tJi au sud-est de Po-tchtou ^ jHii préfecture de Fofng-j/cmg 
M. 1^ (Ngan-hoei) [Edition impériale, vol. 29, p. 30]. Fang-tcliong, du royaume de 
Ou, cpt actuellement Mongtcli'enghien ^ |K IR? préfecture de Cheou-ieheou/wt 
§ jNI ^ (Tou-ling, vol. 3G, p. 9, et 13.) 



( 57 ) 

L'année 529, en hiver, le roi de Tch'oii envoya à la fois cinq 
généraux attaquer la petite principauté de Siu. (C'était pour 
effrayer le roi de Ou, pirent du prince de Siu). Lui-même ne ffy 
rendit pas; il avait préféré se livrer à Li chasse, à Tcheou-lai j^ ^, 
MaÎ8, pendant son abeence, son propre frère s'empara de la couronne 
(528). A cette nouvelle, le roi se pendit de désespoir. Ce prince 
s'appelait Ling^^ et avait régné de 540 à 528 ; son armée ayant appris 
cette révolution s'était aussitôt dispersée; les cinq généraux qui se 
retiraient du siège de Hiu furent suri^ris à Yu-tchang,^*^ et furent tous 
faita prisonniers, (Cf. Tou-ling, vol. 38, p. 6, et 13 — Lié-kouo tche, 
vol. 15, p. 28). 

L'année 527, en automne, il est dit que le roi de Tsin § réussit 
à réunir, pour la dernière fois, les divers princes à PHng-hieou ^ J£/^^ 
Se sentant faible et impuissant il avait voulu faire une démonstration 
pour effrayer les petits états, et les empêcher de se soustraire à son 
autorité. Dans le même temps aussi, il avait invité le roi de Ou à 
venir lui faire visite ; et lui avait donné rendez-vous à Leang 5[ ; ^^^ 
mais il fut impossible aux barques de parvenir jusque là ; le roi de 
Ou l'en fit prévenir et retourna chez soi. Comme l'on voit, le roi de 
Tsin recherchait Pamitîé du puissant royaume de Ou, iK)ur relever son 
propre prestige perdu, 

A la fin de cette même année, le roi de On anéantit la petite prin- 
cipauté de Thceou-lai jH| JjS. Tse-lci ^ jj^ premier ministre de Tch'ou 
vonluit aussitôt lever une armée pour venger cette j>erte ; mais le nou- 
veau roi PHng 2p (528-515) ne le permit pas. Nous n'avons pas 
encore, dit-il, relevé notre peuple de sa misère, ni réconcilié les esprits, 
ni achevé les préparatifs néces&iires, ni solidement établi notre rogne. 
Si nous demandons cet effort à notre peuplé, et }>erdons ensuite la 
bataille, nos r^rets viendront trop tard. Tcheou-lai, sous la domina- 
tion de Ou, est comme si elle était sous notre propre domination ; pour 
le moment, attendez encore. 



1 Yu-tchang n'est pas sûrement connu. A Test de JSj^îmloufm ^ ^ J&t il y a 
une montagne appelée Tchcm^chan jt [Ij ; on suppose qne c'est là Tendroit mentionné. 
I« lie-kouo tche, vol. 19, p. 28, dit que le prince Kuang 8uri)rit Tennemi dans un 
défilé, le tailla en pièces, et prit vivants les cinq généraux de Tch'ou, avec un grand 
butin; de là il se dirigea vers Tcheou-lai, dont il s'empara. 

* Actuellement les restes de cette ville sont h 90 ly nord de Tcheng-licauhien BR 
S fib préfecture de JCai-Jon^fcm M H f^ (IIo nun). 

^ Cest maintenant Hia-pei-hieu r 2{^ )|% préfcclurc de Siu (cheoufou ^j^m' 



t 58 ) 

lîoTis avons vu plus haut que le roi do Ou avait autrefois (582) 
^18 cette ville ; puisqu'elle était un point ptratégique ri important, 
il aurait dû la fortifier ; mais ayant omis cette précaution, il n^avait 
pas tardé à la perdre. Cette fois, après cinquante ans, il s'en empara 
Kle nouveau, et l'anéantit. Cetait iTne faute ; aussi il ne garda cette 
j)rincipautc que sept ans ; en 521, le roi de Tch'ou la reprendra et la 
fera enfin fortifier. (Edition impériale, ToL 30, p. 37) [Tchao-Kong, 
19*"*« année], 

Yu-mei fit une grave maladie. Sur le point de mourir, il imita 
^8on j>cre et son frère ; il offrit de nouveau la couronne à Ki-tcha ; maîa 
<îelui-ci refusa absolument. Sur ce, les officiers de Yu-mei lui con- 
seillèrent de nommer roi son propre fils Tcheou-yu ^ -^p. Celui-ci 
accepta la succession, et prit le nom de Teao f@{. "Sachant que le 
prince Koang^^^ % était un homme très expérimenté dans Part de 
la guerre, il lui donna le titre de général. 

En 526, à la premère lune, le roi Yu-mei mounit, (Cf. Lié-kouo 
tche, vol. 15, p. 38). L'édition impériale remarque qu'il aurait dû 
laisser la couronne à Uo4iu ^ ^ (fils aîné de Tcliou-fan). Celui-ci, 
homme énergique, violent même, s'emparera bientôt du trône par le 
meurtre et la révolution. (Edition impériale, vol. 31, p. 3 — Tou- 
ling, vol. 89, p. 4), • 

1 II était fils de Tchou fan, donc cousin *du nouveau roi; il ae rendra «célèbre, sens 
le nom plus connu de Uo-liu, 



( 59 ) 



CHAPITKE Vr. 



LE ROI LEAO ^, (525-513.) 



SouKCES: — Tou LÎDg, vol. 39, p. 13, etc. 

Edition impériale, vol. 31, p. 13. 

Mei-li tche, voL 1, p. 7. 

Tch'ao I (Ou-yué tch^oen-ta^eou) vol. 1, p. 8. 

Ia seconde année de eon rogne, (523) le roi Leao envoya son coiisid, 
le prince Koang, faire la guerre au royaume de Tch^ou ; le prétexte 
•était de venger la prise de Tchou-fang ^ if Qt]& mort de K4ng- 
fong, dont nous avons déjà parlé, sous le roi précèdent. 

Confucius, dans sa chronique, dit seulement ces mots: ^''les 
Brmées de Tch'oii et de Ou se battirent à Tchang-ngan g ^." ^^^ 
C'est probablment le texte tel qu'il l'avait trouvé dans les archives 
du duché de Lou. Le premier ministre de Tch^ou consulta les sorts ; 
ils étaient funestcjS. Tse-yu ^ ^^ ministre de la guerre dit au pre- 
mier ministre Yang-^Mong p^ ^ : *^Nous avons pour nous le courant 
•du Kiang ; comment les sort^j j)euvent-îls être contraires ? De plus, 
d'après les anciennes traditions de notre royaume, c'est au ministre 
de la guerre de commander à la tortue ; permettez-moi de consulter 
les sorts une seconde tob.*^ Il commanda donc et dit : ^^ Si moi, Tf^- 
yu, avec mes soldats, je combats jusqu'à la mort, et que le reste di.* 
Parmée nous suive, pouvons- noua gagner la victoire? " La réponse fut 
favorable. Sur ce, on livra bataille à Tchang-ngan ; Tse-yu et ses 
soldats se dévouèrent pour leur pays; le reste de l'armée les suivit, 
et remporta une éclatante victoire. On prit même Yu-hoang^ 
ft â) le vaisseau royal de Ou ; celui-ci fut alors confié à la 
garde des soldats de Soei S| avec le concours des dernièras recrues 
de Tch^ou ; autour du vaisseau ils creusèrent un fossé si profond qu^ou 
finit par voir l'eau suigir; sur la passerelle de communication avec la 
terre ferme, on entretenait des charbons ardents, pour écarter l'ennemi ; 

^- ■ , — a-,- -, -I ■■-■■■ ■ --- — - — ■- 

1 Tchang-ngan, du rojaome de Tch'ou» était à 30 Ij an sud-ouest de la ville 
actuelle de Tang-toukien '^ ^ jjj^i préfecture de Taip'ing'/ou "k^m (Ngan hoei). 
Il j a un défilé formé par les deux montagnes Jjecmg-chan ^ UJ î on le nouime T^icii" 
M€H-chan ^ ij lu* (Edition impériale} vol. 31, p. 13.) 



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et la compagnie de garde se tenait sur le qui-vive, les soldats serrés les 
uns contre les autres, attendant les ordres du roi. De son côté, le prince 
Koîing s'adressait à son armée en ces ternies : ^* Nous avons perdu le vais- 
seau royal; la faute n'en est pas à moi seul, mais aussi à vous; ainsi, iddé 
de votre concours, je vais aller le reprendre et éviter une mort honteuse." 
Tous ses soldats s'engagent à le suivre. Le prince Koang envoie donc 
trois individus à longue barbe/ ^^ leur ordonne de se faufiler le plus près 
possible du vaissseau captif, et leur dit: ^^quand je crierai Tu-hoang! 
vous me n^pondrez." A la faveur de la nuit, l'armée de Ou sTavanoe 
en silence; arrivé non loin du vaisseau, le prince Koang pousse les trois 
cris convenus ; les espions y répondent fidèlement. Les soldats de TcliH)a 
cherchent les traîtres pour les tuer; il s'ensuit une grande confusion ; 
la garde est assaillie par les gens de Ou; le vaisseau repris; le reste 
de Tarmée de Tch^u rais en déroute. En fin de compte, le prince 
Koang avait regagné la bataille perdue, et pouvait rentrer avec 
honneur dans sa patrie. Ce trait prouve qu'il était en effet un 
homme fort capable. (Ton Ling, vcd, 39, p. 17, etc.) 

Mais son ambition n'était pas moins grande que ses qualités; 
mécontent d'avoir été écarté du trône, il cherchait à s'en emparer par 
le meurtre de Leao. ^^Pour arriver à son but^ il lui fallait des 
complices; il se mit à en chercher; il employa pour cela un moyen 
assez curieux : il mit comme gardien à la porte de la capitale un homme 
réputé grand ph3^onomiste avec ordre de lui trouver parmi les passants 
des gens capables de le seconder dans ses projets." (Tch^ I, Ou-yaé 
tch^oen-ts'ioou). 

Ce passage de notre auteur est à remarquer; c'est une préface 
dont le sens est celui-ci: quiconque veut avoir des hommes capables 
de le seconder, doit les chercher et savoir les trouver. C'est un des 
grands et infaillibles principes des lettrés, ces sages qui se croient 
toujours délaissés. D'après eux, tous les malheurs de la patrie 
viennent de ce qu'on néglige leurs talents cachés. Ho-liu (le prince 
Koang) sut chercher ; il eut la bonne fortune de découvrir le fameux 
Ou Tse-siu j£ ^ ^, qui devait faire la gloire du royaume de Ou ; ce 
grand lettré négligé, le royaume devait nécessairement périr. 

Hou Ngan^kotM i6B $ B ^^^^ l'observation suivante: ^^Le 
royaume de Tch^ou avait une étendue de cinq mille ly; il avait 
plusieurs centaines de mille de soldats, il avait vaincu toutes les autres 
principautés, il avait écrasé la Chine entière, et surpassait de beaucoup 
le royaume de Ou en puissance. Maii son roi ne savait pas écarter la 
• ■ — < 

1 Le commeDtaîre dit que les gens de Tch'ou avaient la barbe fournie t) œiix de 
Ou, au contrairci la barbe rare; il choLsit donc troi^t hommes semblables aup gras de 
Tch'ou. ( 



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CJilomiîîe; îl ne savait \xïb non plus réprimer l'avidité do ses 
ofiRciers, il ne savait pas se servir des gens de talent et de probité ; 
f3eiix-ci b'en allaient chercher fortune dios d'autres pays. C'est 
{xiarquoi le royaume allait b'affaiblispant de jour en jour; ce fut 
josqu'à 08 point qu'à la bataille de Ki-fou, malgré le secours de sept 
principautés auxiliaires, il fut complètement battu i^or le roi de Ou." 
(Edition impériale, vol. 31, p. 13). 

Mais il nous faut maintenant connaître Ou Tse-siu, ce grand 
personnage, ce héros qui va paraître sur la scène de notre histoire.^ ^^ 
II se nommait encore Ou Yuen j2l ^ ; il vint au royaume de Ou, la 
cinquième année du règne du roi Ijeao (c'est-à-dire en 521). La vie 
abonde en traits caractéristiques chinois encore vivants aujourd'hui 
au cœur du peuple ; c'est un héros resté vraiment légendaire. Voici co 
qu'en raconte Tou Ling, vol. 40, p. 5. 

jPe/Ott-lî f[ |!| fi, grand officier deTch'ou, et grand calomniateur, 
dit un jour à son roi: "Votre fils héritier Kien j^, avec son précepteur 
Oif-cAé fl[ ||,^'> va prendre les territoires de Fang4cUeng 'fi JjJ, ou 
des fortereeses septentrionales ; puis il va se déclarer indépendant, comme 
lea principautés de 8ong % et de Tcheng %. Les princes de TH ^ et 
de 3Vtn ^ l'aideront dans ce projet; ensemble ils font cause 
commune, et vont créer bien des malheurs au pays ; on dit que c'est 
une affiure conclue." 

Le roi crut ces calomnies, et interrogea Ou-ché. Ce dernier 
lépondit: ^ Votre majesté a déjà offensé une fois son fils; c'est une fois 
de trop ; pourquoi croire encore ces calomnies ? " ^'^ Le roi, furieux de 
ces paroles, fit enchaîner Ou-ché ; puis il ordonna à Fen-yang ^ Ij^j 
commandant des forteresses, de tuer son fils. Cet officier connaissait 
la calomnie; secrètement il dépèche, avant son arrivée, un messager 
confidentiel au prince héritier; celui-ci, le 3 de la 3^'*" lune, s'enfuit 
ches le roi de Song. Le roi rappelle Fen-yang; celui-ci se fait 
enchaîner par les habitants de Fang-tch^eng, et c'est ainsi qu'il se fait 
oonduira au palais. De loin^ le roi lui crie: ^'Mes paroles n'étaient 



^ Le vieux bouquin Tui-uHué B tK en parle, vol. p. 4— vol. 5, querelles avec son 
xifil ^^HaaiPi A^Si — ^L 15f P' 4» parallèle entre lui et Fan-li — vol* 14, sa mort* 

- La famille de Ok |2l servit le roi de Tch'ou pendant trois gdndrationsi et lui 
donna de fidèles et prudents ministres. (Tch'ao I, vol. 1, p. 9). 

' Et c'est Fei on-ki qui avait conseillé au roi de prendre sa bru pour concubine^ 
CB Ini exaltant la beanté de cette personne. Pour écarter du trône le prince héritier, 
U inventait enonre ces calomnies. Il espérait ainsi échapper à la punition de ses 
foriaits; et rendre sa position solide, en faisant déclarer héritier le tils de cette 
concubing» prinocsK de 2Vin J^* (Tch'ao I| ibid.) 



( 63 ) 

inrtloi de ma bouche qne pour entrer dans tes oreiïïefl ; quel autre qutr 
toi a pu avertir le prince Kîen ? " — ** C'est moi le coupable, en effet, 
répond le commandant; car votre majesté m'avait autrefois ordonné 
de Bonrir ce prinœ comme je vous servirais vous-même; je suis ua 
homme stupide, qui ne sait pas changer de sentiment; ainsi j'ai 
fidèlement exécuté votre premier ordre; le second me parut trop 
sévère; c'est pourquoi j'ai laissé échapper le prioce; plus tard, je m'en 
mis repenti, mais il était trop tard." — ^^ Alors, comment as-tu osé 
lepandtra devant moi?'* lui dit le roi. — ^^ C'est qu'ayant déjà désobéi 
mie fois à votre majesté;, si je n'avais obtempéré à votre appel, j'aurais 
été denz fois traître; alon où m'enfuir?" A cette réponse, le roi Im 
dit: ^^Ya, retourne à ton poste, et garde-le bien." 

Fei Ott-ki, le catomniateur, paria de nouveau au roi en ces termes : 
^Yuen ^, le fils de Ou-ché, est un génie ; s'il s'enfujrait jamais chez le 
ni de Ou, il causerait de grands malheurs à notre pays. Pourquoi ne 
k rappeleas-voQS pas, sous prétexte de pardonner à son père à cette 
conditÎMi? C'est un fils pieux, il va certainement se rendre ici; 
autrement, il nous arrivera malheur." Le roi fit donc mander cet 
crdie à On Tse-au: ^ Venez ici ; alors je pardonnerai à votre père." 

Mais Chemg ^, le fils aîné de Ou-Hshe, dit à son frère : ^^Yous, 
enfuyeK-vons chez le roi de Ou; moi, je me rendrai' à la cour, et je 
caUiai la mort à votre place ; car mes talents sont bien loin d'égaler 
les vôtres. Je puis mourir, sans gmnd préjudice; vous saurez bien 
venger notre mort. Le roi nous rappelle, sous prétexte de pardonner 
à notre père, il fuit absolument que l'un de nous se présente ; d'autre 
part il n'est pas possible de laisser notre père sans vengeur ; rentrer 
poor sauver son pète, c'est de la piété filiale ; s'enfuir pour le venger 
est aussi de l'humanité; choisir un homme capable pour cette 
vengeance, c'est de la prudence; ne pas s'enfuir quand la mort vouff 
menace, c'est du courage. Laisser notre père, sans qu'aucun do nou» 
Ven occupe, ce n'est pas possible; mais laisser éteindre notre nom est 
aussi impossible; allons! du courage l Agir ainsi vaut mieux que de 
fidre tous deux la même chose." Là-dessus, Chang rentra dans sa 
patrie. Quand Ou-ché sut que Tse-siu ne venait pas, il s'écria tout 
léjocd: ^Maintenant le roi et ses officiers n^auront plus le loisir de 
dîner tout à leur aise I " (tellement ils vont être harcelés par lui !) 

Ou-ché et son fils aîné furent, de fait, mis à mort. Quand Ou 
Tse-siu arriva dans le pays de Ou, la capitale Mei-li avait ses mura 
d'enceinte et ses maisons d'une faible élévation, ses rues étroites, son 
pakis ro)-al vulgaire ; maïs il y avait, en revanche, une masse in- 
nombrable de barques et de brouettes. Ou Tse-siu n'était connu de 



Ou TSR-SH; MENDTAKT. 




( 6^"5 ) 

personne ; il commença par simuler la folie, avait Ic^ cheveux upars^ 
les pieds xïxmsk^ la figure sale ; il avait uue flfit^ à la main et mendiait 
poïi riz de porte en porte. (Lié-kouo tche, vol. Itî, p. 8. Le volume 
15, p. 43 et suivantes, puis le volume 16, i)arlent l)eaucinip de Tfie-î«iu; 
le fond est le même; seulement il y a plus de détails.) 

C'est douo dans cet accoutrement que Tse-siu parcourait les rues 
de la capitale ; malgré cela, le fameux physionomiste dont nous avons 
parlé sut découvrir en lui l'homme de gonîe, et le présenta à la cour 
du roi lieao. Là il exposa les avantages qu'il y aurait h ce moment si 
Pon attaquait le royaume de Tch^ou. Mais Ho-liu (le prince Koang) 
opina contre lui, disant : ^^ C'est parce qu'on a anéanti Sîi famille qu'il 
▼eut SB venger; il ne faut pas suivre son conseil. "^'^ Ou Tse-siu devina 
h pensée du prince, et dit: *'Je comprends votre idée; je vous 
cherchemi un homme de valeur ; quant à moi je vais en attendant 
rentrer dans mon obscure occupation. Sur ce, il alla sjiluer Tchoan- 
chi'tcliou sS ^ ^1 8(3 lia d'amitié avec lui ; puis s'occupa d'agricul- 
ture. (Tou Ling, vol, 40, p. 5. — Edition impériale, vol. 31, p. 21.) 

En 518, l'armée de Ou attaqua Tcheou-lai. lie généralissime 
de Tch^ou était alors Yicen-yué ^£3, en l'absence du premier ministre 
IVe-hiai alors malade. Il lux^ourut en grande hâte avec ses troupes 
et celles des autres royaume?/-' Les gens de Ou avaient déjà occupé 
Tclumg4i ^f^'j le premier ministre Tse-Jiiai ^ Ig, quoique malade, 
avait suivi l'armée de Tch^ou ; il ne tarda pas à mourir et ses soldats 
perdirent courage. Le prince Koang remarqua : **' Les divers princes 
qui aident le roi de Tch^ou sont tous faibles; c'est pir {)eur qu'ils 
accompagnent l'armée de Tch^ou ; ils ne peuvent faire autrement. J'ai 
oaï dire aux anciens : quand il b'agit d'afiaires, courage et décision 
valent mieux qu'amitié ; mi^.me un homme plus faible peut ainsi 
l'eniiiorter sur de plus forts. Les princes de IIou jg et de Chen gt 
sont jeunes et légers; Gnic ^, l'officier do Tcheng f^, est dans la force 
<le l'ttgo ; mais il est peu iat<^lligent, et ent«>tt'î ; les trois princiîs de 
Toen IQ, Hiu Hp et Ts^ai fjL détestent le gouvernement de Tch^ou; 
le vrai général de ce royaume vient de mourir, et le dt'couragement 

*'Ho>Iiii voyait bien cette pomibilitc'. et ceH avnntages; mais il 'ne voulait pas 
laiswr le gouvernement de son cousin (le roi JiCao) te fortifier par que]<iiic8 victoires. 

s La ville de IChfm ^ % <^tait à ToiiCHt de Tchong U, et:l Tcrit de Tcheou-lai ; l'ar* 
m^ d« (>u nVtait pas encore arr iv<^ il cette deniiC're ville. A GO ly sud ouest dt; ( 'heou' 
irUiiH 9 W préfecture de Ftat^' ynnf: fou 1^1 PU M (^>"i boei), il y a encore les 
ivfltes d'une ville |>ost^rieiire, A savoir K^anfnnji: -jÉf fi. Jj\ ge trotive. au sud ouest, 
«n Kio*|uo appelé A't^Wr.P^ ^ jJB ^ ^lùlition iui|>érialc, vol. ;>2, p. 0-Mcili' 
uJic, voL 1. p» 8.) 



( 6C ) 

^es<t emparé de Tarmée ; le commandant en chef est saïui autorité ; 
tout se fait par faveur ; les ordres ne seront pas exécutés ; les tronpeB 
<le sept royaumes sont bien rassemblées, mais il n'y a pas d'esMemUe 
dans Paction ; un ^néral sans autorité ne peut mettre une armée en 
rang de bataille, ni faire accepter ses ordres. Ainsi il est clair qne 
nous pourrons battre Parmée de Tch'ou. Si nous divisons nos tmqws 
pour attaquer d'abord celles de Hou, Chen, et Tch'eng, celles-ci œr-* 
tainement vont E^enfiiir; elles une fois battues, celles des aotras 
principautés seront déjà ébranlées ; le désordre se mettra dans tovites 
les recrues auxiliaires ; bient5t l'armée de TchH)u sera vaincue. Ainsi 
je propose que notre avant-garde s'avance d'abord en simulant la négli- 
gence et le désordre ; puis notre corps d'armée siiivra en rangs serrés, 
•et en ordre parfait. Le roi de Ou suivit ce conseil. Le dernier jour de 
la 7^* lune eut lieu la bataille de K4-fou. Le prince Koang plaça aa 
premier rang trois mille malfaiteurs, cbeugés d'engager le combat 
avec les troupes de Hou, Chen, et Tcb^eng. Celles-ci ne se doutant 
pas du piège commencèrent la lutte avec une grande ardeur. L'armée 
de Ou était divisée en trois corps; au centre était le roi ; à gaodie, son 
frère Yen^yu ^ ^. Lee malfaiteurs exécutèrent les ordres reçus; 
les uns combattaient, les autres s'enfuyaient; les trois armées ennemies 
s'étant éparpillées pour les poursuivre, les gens de Ou se précipitàrent 
sur elles et les défirent complètement; les princes de Hou et de Chen, 
puis TofiBcier de Tcb^eng, furent faits priK)nnierB. On rdftcha ks 
simples soldats de Hcù et de Chen, afin qu'ils pcHrta^sent la mauvaifle 
nouvelle chez les autres princes réunis. L'armée de On les smvait de 
près, poussant des clameurs effrayantes. Les autres troupes furent 
facilement défaites; enfin l'armée de TchS)u fut complètement battue. 

Confucius écrit: ^^Koen ^ prince de /fou ffi^ et Tch^eng ^ 
prince de Chen ^ furent anéantis; Hia-gniè J| ^ grand officier de 
TcVeng ^ fut fait prisonnier; c'est-à-dire qu'étant tombé aor le 
champ de bataille, fon cadavre fut saisi; c'est la différence qu'on fiât 
entre les princes et les officiers." ^^^ 



1 Le mot ''anéantir" ( 8K ^i^) s'app^^ue à la pagode des aDofttns H 
dn royaume, laquelle fut détruite quand la fSunille régnante tomba. Oelte pagode 
suivait le sort de la dynastie ; elle restait debout, ou tombait arec elle.— Far estandon 
le mot anéantir est appliqué à chaque prinoe régnant qui tombemir le champde hlltillib 
ou qui est fait pritx)nnier, même si la famille princière n'est pas détruite. 

D*iin officier, on dit qu*il est pris (91 bouo), même si seulement aoo cedsfie v 
anx mains des ennemis. Ainsi parle TEdition impériale» vol. 32| p. lO, cilint 



( 67 ) 

Taouo-k^eou^inîng remarque, avec miâon^ que Confucius ne dit pas 
T|ne Tannée de Tch^ ait combattu (K tchan) ; le motif de cette 
réticence est sans doute paroe que cette armée n'avait pas encore été 
langée en ordre de bataille* 

Le oombat fut livré le dernier jour de la lune; les gens de Tch^ou 
ne ij attpndaient point; car les derniers jours d'une lune, d'une 
division de temps quelconque, sont réputés néfastes. Encore mûn- 
teoant, ce préjugé persiste parmi les païens de ces pays; jamais ils ne 
fisiont soit noce, scût antre chose d'importance, les demieni jours de la 
lune. Le roi de Ou avait donc employé là une bonne ruse de guerre. 
(Edition impériale, vol. 32, p. 9.) 

L'année suivante (516), le roi de Tch^u prépara une flotte pour 
«nvahir le pays de Ou. Chtn Tng-mu % f^ JRfi» grand officier» lui fit 
une remontrance respectueuse: ^^ A cette expédition, lui dit-il, notre 
Toyamne perdra quelque ville ; car avant d'avoir refait votre peuple, 
voa» allez de nouveau le fatiguer par une guerre; sans avoir été 
provoqué par le roi de Ou, vous allez vous-même le harceler; celui-ci 
ymm poomiivia; et comme aux frontières rien n'a été préparé, 
nomment l'empêcherez-vons d'entrer? Certainement quelque ville 
«la perdue!" 

Siu-ffgan ff U^ grand dignitaire de Tué, était venu offrir au 
m de Tchkm des cadeaux en vivres, à l'endroit où le fleuve Tu4ohang 
m 4t^> &it une courbe. T^ang j^, prince héritier de Tué, offiuit 
Qoe barque pour Fusage personnel du roi. Lui-même, ainsi que le 
gânéral CfteoiMnosyr m |j^ amenait une armée auxiliaire. Le roi 
de TchViQ étant parvenu jusqu'à Wei-yang ^ J^ s'en retourna 
Wnaqaement. Le roi de Ou le poursuivit; et comme la frontière 
n'était pas gardée^ il prit les villes de TMao J| et de TehongM 
8 IV ! P^B rentra victorieux dans sa capitale. 

Le recudl Hei-Ii tche, vol. 1, p. 8, raconte qu'en 516, après la 
victoire remportée sur le roi de Tch^u, le prince Eoang alla à la 
nnoontre de la m&re du prince Kien J^, qui demeurait à Eiu-tsao, et 
b conduisit dans le pays de Ou. Evidemment il iSûsait cela pour 
plaire à Ou Ihe-âu devenu son ami intime. Le sort de oelui-d était 
élioitement lié à celui du prince Kien et de sa mère; c'est pour eux 
qu'il était en exiL 

> Au même endroit, ce recueil donne les détails suivants: Une 
jeune personne de Pei-leang Sjl 9I, ville de Tch^ située près de la 
Inmtiôre, avait eu une querelle avec une autre jeune personne du pays 



* Yii4cbBDg est an cours d*eiu du Kiaug-si actuel. 



( 68 ) 

de On, à propos de feuilles de mûnVr. Les deux familles en viurent 
jusqu'à vouloir se détruire mutuellement, et entraînèrent leurs deux 
villes à se livrer un véritable combat. La ville de Ou fut vaincue et 
détruite. Le roi de Ou entra en fureur; aussitôt il attatjua le 
royaume de Tch^ou, et lui prit deux villes. 

Ghen Yngsiu ^^ ^ J^^ l'homme sage, fit de nouveau une 
remontrance : " L'invasion de notre capitale, dit-il, aurasa raison d'être 
dans cette malheureuse expédition. En une seule campagne, notre 
roi a perdu deux commandants et leurs territoires (Tch'ao et Tchong- 
li); comment le roi de Ou ne parviendrait-il pas jusqu'à notre capitale 
Yng? Le li\Te des "vers'^ dit: Quiconque prépare une échelle au 
malheur, en subit les suites (III, 23 Zottoli, III, p. 268); cela n'est- 
il pas vrai de notre roi? 

L'édition impériale (vol. 32, p. 16) fait remai'quer que "plosieura 
de ces villes frontières furent tour à tour priais, yHîrdues, reprises pjir 
les deux états rivaux. En 613, la ville de Tch'ao, capitale d'un 
petit état ind(>{)endant, fut assiégée et prise par le roi de Tch'ou ; dès 
lors elle fut incorporée comme fief à ce royaume. En 546, c'est le roi 
de Ou qui l'assiège et la prend de nouveau, pour la perdre bientôt. 
Yu-mei prend Tcheou-Iai ; Leao reprend Tch'ao, etc. Le gouverne- 
ment de Tch^ou baissait de jour en jour, parce que le roi prêtait 
l'oreille aux calomniateurs, dont l'un des pires était Fei Ou-ki.'* 

A l'année 513, Confucius écrit : "En été, à la 4*°** lune, le 
royaume de Ou massacra son roi Jjeao." Le commentaire ajoute: 
Ce roi vexait son peuple par des guerres continuelles ; il ne respectait 
juOme pas le deuil du royaume de Tch^ou, et osait l'attaquer en un 
pareil moment. C'est pourquoi le prince Koang profita de l'occasion 
lK)Ur fe.'emparer de la couronne. Les différents commentaires font 
observer que Confucius a écrit : "le royaume de Ou," pour indiquer 
que le roi Leao avait eu tort, et avait lui-même donné occasion à cet 
acte de violence. En 514, le roi P'ing 2p de Tch^ou étant mort, Leao 
voulut profiter du deuil national pour entrer en campagne contre ce 
])ays. U envo}'a les deux princes Yen-yu ^ ^ et Tchou-yong jQ J|f, 
ses propres frères, assiéger la ville de TaHen j^/*^ En même temps il 
avait envoyé Kî-tcha, gouverneur de Kiang-yng et Tcheou-lai, fiwre 
des visites amiciiles aux rois chinois du nord ; ce prince avait oonunence 
8a miasion par le pays de Tsîn §. Au fond, c'était un moyen de 
connaître la force ou la faiblesse des divers états. 



1 C'est actuel lement le bourg de IWientch^eng ^ JlJ, au nord-est de HÎHthan-hien 
'S UI SS préfecture de Lintchcon foa J^l iHl ijï (Ngaa-hoei.) (Ëdition impérUlei 
vol. ;i;i, p. 8.) 



( «y ) 

Le recTieîl Lié-kouo-tche (vol. IG, p. i)) mconte ce (|iii suit: 
C'est le prince Koang, lui-incnie, qui avait donné au roi Ix*ao ci^ 
j>erfide conseil d'une guerre contre le loyaume de Tch'ou. Chargé du 
commandement de l'armée, il se laissa tomber de wn char, et prétexta 
une blessure à la cheville du pied pour demander à être déchargé de 
son office, et retourner à la capitale. Les princes Yen-yu et Tchou- 
yong eurent ordre de prendre sa place, à la tête de l'armé^^. K^ing-hi 
^ ^§1, le fils de Leao, avait été envoyé en ambassade auprès 
des rois de Tcheng ^ et de JVei ^, pour les engager à attaquer de 
leur côté le pays de Tch'ou. Ainsi, le vide avait été habilement fait 
autour du roi Leao; celuî-cî, très-orgueilleux, s'était laissé circonvenir 
par les basses flatteries du prince Koang, qui lui garantissait les plus 
grands succès dans cette entreprise ; et il avait éloigné de sa personne 
les plus sûrs appuis de sa famille; cette faute va lui coûter la vie. 

Deux officiers de Tch^ou, Jan f^ et ili |î|, s'étaient mis en 
campagne pour secourir la ville de Ts4en ; le ministre de la guerre, 
Chen Yng-siu èfc ^ jK conduisait lui-môme la garnison de la capitiile 
au secours de la même ville, et avait rejoint les deux officiers auprès 
du fleuve KHong Jg/'^ Le premier ministre Tse-tchang -J ^ avait 
amené une flotte jusqu'à la rivière O/ia-j'œi {p \^ ; ^-^ puis il était 
reparti* Enfin^ KHo-yuen QS ?S et Oieou §, deux grands-officiers, 
conduisaient encore une autre armée de secours. Ainsi, les troupes ile 
Ou furent prises parvedant et par derrière, sans pouvoir reculer. Le 
moment était des plus critiques. 

Le prince Eoang en profita pour exécuter ses projets. Il s'adre^sBa 
au fameux Tchoan-ché-tchou Ë9 nS tK- ^1^^ ^^ Tse-siu avait gagné à 
sa cause. "Les chinois, lui dit-il, ont un proverbe: "qui ne désire 
rien, n'obtient rien;" moi, l'héritier légitime, je veux avoir la place 
qui m'est due; si l'affiiire réussit, quand même Ei-tcha revieiidrait ici, 
ce n'est pas lui qui me renversera du trône ! 

^'^ Tchoan-ché-tchou répondit : " ïuer le roi, je pourrais bien le 
faire; mais ma mère est vieille, et mon fils tout jeune; comment 

1 Ce fleuve «ort de Ho-h^ouhien ^ fl) l||^« A l'est de cette ville il y a nne vall<50 
qui rappelle ce nom; c'est Kùmg-iou S! ^^ préfecture de Fong-yang-fou @l. p^ /|f 
I^Ngan-hoei ] ( dition impériale, vol. 33i p. 8) 

' Cette rivière est un afiluent de la Hoai flSI î elle fe trouvait «l la ' frontière 
orîentaJe de Tcli*ou. Actuellement c'est le territoire de IloniyuenhUn ^ ]£ M) 
au nord est de la ville. (Edition impériale, ibid.) 

' Le nom de cet assassin doit sans doute se prononcer Tchoan ché tcbou ; car on 
Vécrit tantôt SfFi tantôt ^^ or la prononciation de ce dernier caraclOre 
n'eit pas douteoset Do plus, on appelle aussi cet homme Tchwxalchou •$ 2g 
toQt court. 



( 70 ) 
Massacre du tioi Leao et os bes QARnia. 




( 71 ) 

pourraifl-je «ntreprendre un oonp pareil? «Ty perdrai peut-être la vie." 
— ^^Soi8 tranquille, reprend le prince Eoang; je tiendrai ta place 
auprès d'eux." 

Le recual Ou-ti-ki^ page 2, raconte que le roi Leao aimait 
beaucoup les poiasons frits. Le prince Eoang et On Tse-siu recom- 
mandèrent à Tchoan-tchou d'apprendre Part de la friture ; il y réussit 
à merveUle; pour cette raison, il fut introduit dans le palais; si les 
poissons n'étaient pas frits par lui, le roi Leao n'en voulait pas. Ce 
détail paraît plutôt une légende populaire qu'un trait historique. 
Quoiqu'il en soit, il est dit qu'un jour le prince Eoang invita le roi à 
venir dîner chez lui: ^^ «Tai eu la bonne fortune, dit-il, de trouver des 
poissons magnifiques, et un cuisinier émérite qui les prépare mieux 
que personne." Le roi se méfiidt bien du prince Eoang, mais il ne 
crut pas pouvmr refuser cette invitation, par c»rainte d'offenser son 
cousin. Par précaution, il revêtit trois cuirasses, fit placer des gardes 
depuis le palais jusqu'à la porte du prince ; et même, jusque dans la 
maison, dsjiB la salle à manger, paitout il y avait des gardes fidèles et 
dévonésu Tout cela fut inutile. ^'^ Le prince Eoang avait caché des 
ffddats en grand nombre dans les caves de sa maison. Au moment 
convenu, il prétexta son mal à la cheville, pour se retirer quelques 
instants; il alla aussitôt rejoindre ses sicaires dans la cave, et y 
attendit le signal Tchoan-ché^tchon avait caché un poignard dans 
les flancs d'un énorme poisson ; ayant déposé le plat sur la table, il 
retire prestement le poignard, et le plonge dans la poitrine du roi 
.avec une telle violence qu'il traverse les trois cuirasses, et ressort par 
le dos. Au même instant l'assassin tombe lui-même percé par les 
^péee des gardes du roi. Les cris et le tumulte avertissent le |»rince 
Eoang que son stratagème a réussi. Il sort aussitôt ; ses satellites se 
jettent sur les gardes du roi, tuent les uns, mettent les autres en fuite. 
Au-dehors, Ou Tse-siu s'était chargé de faire massacrer le reste des 
.«ddats; il se jette sur eux à l' improviste, et les tue en grand nombre. 
. Ainffl, d'un seul coup, le parti du roi est anéanti. Pour gagner le 
peuple, le prince Eoang fait ouvrir les trésors et les magasins du roi, 
, et distribue largement les vivres et l'argent. Personne n'a le courage 
de protester; on accepte le fait accompli et le nouveau régime, comme 
d rien d'inadite n'avait eu lieu. Le prince Eoang, maître du palais 



. 1 n est encore dit que» poar plos de s^nrité, len servants de table qni apporCmient 
les plats devaient enlever leurs vôtements et en revêtir d*aatres avant d'entrer; ils se 
jf>résentaienl à genoux; à leurs oôt^ se tenaient deux soldats du roi qui les touchaient 
de leur épée sur Pépauloi 



( 72 ) 

raysÀ^ 6* empare de la oouronne, sous le nom de Ho-Iiu ; pour ministre 
il prend h fils de Tchoan-ché-tohou/^^ Le drame était joaé. 

Cependant Ei-tcba ne tardait pas à revenir de sa légation. Ho- 
lia r avait bien juge. Apprenant ce qui s'était passé : ^^ Si mes ancêtres 
les anciens rois, dit-il, ont leurs sacrifices^ A le peuple a un maître 
qui le gouverne; û les esprits tutélaires ont leurs offirandes; si le 
royaume subsiste, cela me suffit; qui en prend soin est mon m; 
tiomment oserais-je le baïr ? S'il meurt, tx)mme le roi Leao» je porte 
son deuil ; s'il vit, <x)mme Ho-liu, je le sers; et j'attends Pordre du 
ciel, qui rendra son trône solide ou le renversem. Ce n'est pas moi 
qui ferai une révolution. Je suis et sers celui que je trouve établi. 
Voilà la doctrine des anciens!" Sur ce, il alla au tombeau de LeaOi 
lui rendre compte de sa misàon, et pleurer sa mort; ensuite il alla 
reprendre sa charge et attendre les ordres du nouveau roi. 

Quant aux deux frères de Leao, Yen-yu jf ^ b'enfmt chez le 
prince de Siu ^ ; Tchou-yong fij J|| chez celui de Tchong-ou jg| S*^*^ 

L'armée de Tch'ou ajant appris cette révolution rentra ausBitôt 
dans son pays. Pendant ce temps, que devenait E^ing4ei S JSb ^ 
fils de Leao? 

Ho-liu avait envoyé des soldats sur le bcrd du Yang-tae-kiattg^ 
pour b' emparer de lui, au retour de sa légation. Il sut éviter oe goet- 
à-poDs, et b' enfuit à Ngai-tch^eng ^^ jy[.^'^ Là il rassembla ce qui 
restait des amis de son père; il appela auprès de lui les mécontents du 
nouveau régime ; il fit alliance avec les rois voisins, et se prépara à 
envaliir le royaume de Ou. Ho-liu avùt grand' peur de ce oompétiteur 
dangereux; il chercha le moyen de sTen débarrasser, sans recourir à 
une guerre. Il sut encore trouver un digne émule de Tchoaa*ché- 
tchou, à savoir Tassassin Yao4i ^ |f|. Il fut convenn que Ho-liu 
tuerait la femme et les enfants de Yao-li; celui-ci se couperait lui- 



1 Tchoanc)»é-tchou est vénéré comme un héros. Il a son tombeau à linténeor de 
]a ville de Soutcheou, près de la pagode appelée Outafou l£ y^ ^) à la porte 
nommée J^an-mm jf fj. (Soo-tckeoa-iba tche^ vol. 43f p.2). 

2 C'est actuellemeDt le boarg de Se-^m4ch^eng ^ ^ j||[, aa nord-oaest de k ville 
de SoutHen-him l3 S H) préfectufe de Pei-kheou^fm IS^^fH* (Ngan-hott) 
Sia est maîntenant Si4cheou JH ^ (Ngan-hoei). aa sad de la rivière HoM. Les 
princes de cet état étaient des marquis. 

^ Maintenant) c*e6t NwgUhiùu ^ tH, préfecture de Nan-HhHa^fàm ffif ^ Jj^^ 
dans le Kiang-si. Ho*)iu avttit grand' peur de cette coalition des princet: **!« 
nourriture n'a plus de goût pour moi, disait-il à Ou Tse-siu ; au lit môrncb lea soucis me 
tourmentent; délivrea moi de ce chagrin 1"—*^ Pour tuer le roi Leao» répondait Ou 
Tseitiu, j'ét»Ud*acoord avec vous; mais tuer encore son fils est peut-être bontraiie 
aux lois du ciel! (Les brigaadj ont parfois des scnipales). 



( 73r ) 

même mie maiD, et s'enfuirait à Ngai-fch'eng; là, il s^offirirait » 
K4ng-kî comme une victime de Ho-Iiu, jurant la mort de ce tyran, et 
promettant fidélité inviolable à son nouveau maître. K4ng-ki se 
méfiait bien de tous oenx qui auparavant n^'avaient pas été les intimes 
amis de son pèro ; mais pouvait-il imaginer une scélératesse poussée 
jiuqu'à ce point?' Yao-li finit par être adnûs dans Hutimité du 
prince; etréusdt à le tuer.^^' (Lié-kouo tche, voL 16, p. 19. — Oo- 
kinn tou-king, vol. 2, p. 3). 

E4ng-ki est resté légendaire dans le pays; il a mie pagode & Sou- 
tcbeoo. On raconte de lui que c^était un hercule ; mille hommes ne 
pouvaient lui tenir tête ^ il était plus rapide qu''un cheval & la course p 
insaisûeable comme un esprit, et d^ne telle adresse que de ses propres- 
mains il pouvait attraper les oiseaux au vol. 

Son infortoné père, le roi Leao, fut enterré à quinze ly au sud- 
ouest de Sou-tcheou, sur la montagne Tso-ngo-chan ^ 131 llj appelée 
encore montagne du lion -? |U *^*^ (Miei -li tohe, vol. 2, p. 35, — 
Son-tcheou-fou tdie, vol. 43, p. 1.) Ho-liu llnhuma avec tous les 
honneuni dûs à un roi. (lié-kouo tche, vol» 16, p. 16, etc.) 

Chez les auteurs chinois, il y a de longues dissertations; pour 
déterminer qui a été la première cauçie dé cette révolution. Les uns 
jettent la faute lur Ei-tcha, qui aurait été trop vertueux en refusant 
jbsqu^à la fin une couronne dont il était si digne.. D^autres accusent 
Tchou-fan de n^avoir pas su prévoir de teHes (^damité?» 

Inutile de suivre nos lettrés philosophes sur une question sem- 
blable. 



^ Pin» tard, oe misérable aventurier, venu des oôtes de la mer, mécontent de Ho-lia 
et de 80Î-ni6me, finit par se suicider. (Ou Yué tch'oen-ts'ieou, yoL 2. p. 1 à 10). 
- Chemise chan. 



( 75 } 



CHAPITRE VII 



LÉ ROI HO^LIV H at (513-494.^^ 



SouBCEs: — ^Ton Ling, vol. 43, p. 6, et suivantes. 
Edition impériale, vol. 33, p. 19, etc. 
Tchao I, histoire de On, voL 2. 
On-ti-ki, passim. 
Lié-kono tche, voL 16, p. 19, etc. 

An débat de son règne, Ho-lin s'appliqua à empicyer des hommes 
sages et capables de remplir leur poste. Il était d'une grande largeur, 
et aimait à aider les pauvres; son humanité et sa bienfaisance furent 
vantées jusque dans les autres royaumes. S'il n'avait pas agi ainsi, il 
aurait eu à craindre quelque révolte de son peuple, et les autres 
princes n'auraient pas eu confiance en lui* 

n donna à Ou Tse-siu l'office important de ministre des relations 
extérieures; c*est lui qui recevait les légations, les mesEBgers, etc., venant 
des autres royaumes, et leur en envoyait pareillement. 

Ho-liu disait à OuTse-siu: ^^Moi, homme de peu, je veux fortifier 
mon royaume; je veux devenir le chef des princes; comment faut-il 
fÎEdre pour atteindre ce but? " OuTse-siu se jette à genoux, se traîne 
devant le roi, en pleurant et en frappant la terre de son front: ^^Moi, 
dit-il, je ne suis qu'un misérable transfuge du royaume de Tch^u; 
mon père et mon frère ont été rejetés, comme d'inutiles objets; leurs 
ossements ne sont pas encore enterrés; leurs esprits n'ont point encore 
reçu leurs sacrifices; moi-même, plein de fautes et couvert de honte, 
j'ai à peine sauvé ma vie auprès de votre sublime Majesté ; j'ai eu la 
bonne fortune d'échapper à la mort; comment oserais-je donner dtss 
conseils sur l'administration de votre royaume?" — ^* Si je n'avais pas 
suivi vos sages avis, reprend Ho-liu, moi-même aunûs-je pu éviter la 
prison ou l'exil ? Donc, je vous en prie, enseignez-moi les moyens de 
bien gouverner mon peuple; arrivé au point où nous en sommes, 
voudriez-vous m'abandonner à mi-chemin? etc., etc." Le lieu 
commun continue des pages entières sur le môme ton ; ce sont des 
amplifications des lettrés; ils y exposent avec suffisance leur haute 

valeur; et indiquent comment il faut traiter des génies comme eux. 

~ - - ■ Il . 

Taono-kHeott-mm^ Se-ma Ts'ieii, le recueil Yaé-ts*iiië écrivent ainsi le nom de cet 
empeteur; Tchao I, le recueil Oati ki, l'écrivent autrement, à savoir: fQ |K|« 



( 76 ) 

VenoDS aux faits: Ho-Iîu avait un ministre intelligent et actif 
dans la personne de Ou Tse-siu ; la 1^** année de son régne (513), il 
bâtit la ville de Sou-tcheou. II lui donna une circonférence de 24 ly, 
avec huit portes pour les piétons, huit entrées pour les canaux; à 
l'intérieur il construisit une forteresse d'au moins huit ly de circon- 
férence, avec trois portes; au côté sud-est il n'y avait pas d'entrée, 
parce que c'était la direction du pays de Tué, l'ennemi héréditaire de 
Ou. Pour empêcher cet ennemi d'envahir, d'approcher, de voir même 
la nouvelle ville, le meilleur moyen, croyait-on, était de ne pas faire 
de porte de ce côté. Le grand mur d^ enceinte ayant cependant deux 
portes à Test, celle qui r^ardait le royaume de Yué fut construite 
avec un soin religieux; on l'appela Ohe-men fj^ P^ ou porte du 
serpent, parce que le serpent est un reptile redoutable, qui se rend 
maître de tous ses ennemis; comme emblème, on avait placé on 
serpent en bois sur le fronton de cette porte/^^ On prêta encore une 
attention spéciale à celle du nord-ouest, tournée vers le royaume de 
Tch^ou; elle se nommait, comme aujourd'hui, Tch^ang^'men PQ f^, 
c'est-à-dire porte par où entre la fortune, porte céleste, porte du 
bonheur; on l'appelait encore P'ouo4cK'Ou-men A ^ P^^ c'est-à- 
dire : porte par laquelle on sort pour abattre le royaume de Tch^ 
Quand le roi partait en guerre contre ce pays, l'armée passait par cette 
porte. Celle du sud-ouest fe' appelait et s'appelle encore maintenant 
Siu-men ^ P^ ou porte de Ou Tse-siu, qui avait là sa maison.^) 

Le palais de Ho-liu était dans la rue nommée Kafy-pHng4% ijQf ^ 
£, selon l'observation du recueil Yué-ts4ué, vol 2, p. 1. Mais je n'ai 
pu trouver la place qui y correspond actuellement; quelqu'un sem 
peut-être plus heureux que moi dans ses recherches/'^ 

L'arsenal et les chantiers de construction pour les vaisseaux 
étaient à Li-kH-tch^eng ^^JA (Yué-ts^ué, vol. 2, p. 5). 



1 Les astrologues et les géomanciens avaient étudié à fond le ciel et la terre pour 
connaître quelle position, quelles dimensions devait avoir la nouveUe capitale. D'après 
enxy elle devait être à jamais invincible ! (Ou- Yué tchH)en-t«eou, voL 3, p. 3). 

s Celui qui voudrait encore d'autres remarques sur les portes de cette ville, peut 
consulter le recueil Ou ti ki, page 3. 

3 Les murs d^enceinte de Sou-tcheou forment une figure qui ressemble «ses an 
caractère ^, Ki; la ville est crientée aux quatre points cardinaux, comme toutes les villes 
chinoises, avec deux portes dans chaque direction; donc huit en tout. Du nord an sod, 
elle a une longueur de douze ly ; de Test à Vt uest, seulement neuf. Elle a trois grandes 
artères de canaux, de l'est à Touest; quatre» du nord au sud. Elle a plus de trois cents 
rues, grandes et petites; soixante d'entre elles sont spacieuses et renommées dans le pays ; 
il y a aussi plus de trois cents ponts. La population a toujours été très-riche aussi» grâce à 
«on industrie et à son commerce. (Ou-ti ki, p. 15). 



( 77 ) 

Ho-Iîu se bâtit aussi des palais de plaisancOf des kiosques^ des 
tours, des étangs, des viviers, etc. Il avait ses parcs à cerfs; il avait 
même ses basses-courB dont on montre encore aujourd'hui l'emplacement 
en d^ors de la porte appelée Leati-men ;g| P^. Il avait, de plus, une 
glacière, en dehors de la porte nommée Ou-men S P9* Enûn, dans 
son ancienne capitale de Mei-Ii, il avait aussi une basse-cour trè^-bien 
fournie ; tous les paysans connaissent l'endroit (au nord de Mei-U) où 
il faisait élever des masses de canards dans des étangs et des bas-fonds. 
(Yué-tsHué, vol. 2, p. 3, — Sou-tcheou-fou tche, vol. 44, p. 17). 

n est à remarquer que dans les anciens livres on ne trouve pas 
trace de pagodes ni de temples, sinon ceux des ancêtres. Les sacrifices 
au ciel s'ofiQraient sur des monticules ronds. C'est encore en plein air 
qu'on sacrifiait aux montagnes et aux fleuves. (7ué-ts4ué, voL 5, p. 
2— vol 6, p. 3— vol. 7, p. 7). 

A cent ly, à l'est de Sou-tcheou, Ho-liu fit établir un dépôt de 
céréales (ts^ang j^); c'est ainsi que s'est formée la ville de Ta-ts^ang 
^ ik' (Sou-cheou-fou tche, vol. 1, p, 2. — ^Mei-li tche, vol. 2, p. 2, 
etc.) 

Après avoir bâti Sou-tcheou, sa nouvelle capitale,^^^ il fit encore 
construire une autre ville, au sud de la ccdline Fang-hoang-chan ]||i, jg^ 
llj ; il l'appela Nat^ourich^eng f^ |S( jdt; ^^ maintenant Song-hiang 
fe îï- (Lîé-kouo tche, vol. 16, p. 16). 

A trente-cinq ly sud-est de Sou-tcheou, Ho-liu bâtit une tour 
dont la construction demanda neuf ans; elle avait une hauteur de 300 
ichang ^ ;^'^ et l'on pouvait voir du sommet à une distance de trois 
cents ly. On y montait par un escalier brisé neuf fois; sans 
cela il eût été trop raide; et l'on n'aurait pu en faire l'ascension. (Ou- 
ti ki, p. 5). 

Ho-liu fit aussi fabriquer des armes; il exerçait ses soldats dans 
toutes les manœuvres de la guerre. II ouvrit môme des mines de fer 
et d'or. Ki-suen $ {((, ambassadeur de Lou, était dans l'admiration 
et disait: ^^ Même les Chinois, avec toute leur habileté, ne sauraient 
fabriquer de plus belles armes!" 

A la sixième lune de cette même année 513, Pi-hi ^ S,^*^ 
grand officier de Tch^ vint se réfugier chez le roi de Ou. Il s'était 

1 La capitale dn royaume de Ou avait été jusque-là Mei-li, 30 ly an sud est de Ou^i 
§1 HK (actuel). Ho-liu la transporta à Sou-tcheou. Depuis lors, cette demidre a gardé 
la prépondérance; nuûntenant encote elle est une des plus céldbres de toute la Chine. 

s Un tchang égale dix pieds chinois, ou 141 *'inches" anglais. Ce qui ferait acup- 
çoooer que cette hauteur est un peu fabuleuse. 
s Se-ma Ts*ien écrit fg S Pép*i. 



( 78 ) 

«nfui, parce que le roi P^ing ^ venait de tuer «m père Toheou4i M 
$• Ce ministre avait été Pami intime du roi, et pour cela avait 
excité la jalousie du fameux calomniateur Fei Oa-ki. Sur les bons 
renseignements fournis par Ou Tse-siu, Ho-liu fit de Pé-hi nn minisfere 
avec lequel il aimait à examiner les aflfisdres du royaume. 

Pour Tannée 510, Confocius dit laconiquement, dans sa chrcmiqaec 
^^ en hiver, à la douzième lune, le roi de Ou anéantit la principauté 
de 8iu Q^. Tchang-yu 4t A s'^foit chez le roi de Tch'oa"— 
Tsouo-k^ieou-ming, dans son commentaire, donne les détails suivants: 
Ho-lro ayant mandé au prince de Siu de saisir (et de lui envoyer) 
Yen-yu jt ^; et au prince de Tchong-^u JS 9 de loi envoyer de 
même Tchou-yong fQ J|f frères du roi Leao, ces deux demîen prirent 
la fuite et se réfugièrent chez le roi de Tch^u. Celui-ci leur aasigoa 
de grands fiefs pour demeure; il envoya un grand-officier, nommé 
Ta-Btn :JSc iCi les recevoir à la frontière et les conduire à la ville de 
Yang H fixée pour leur séjour habituel ; il dépêcha en même temps 
le mandarin Jan f^ et le grand-officier Chen Yng-eiu 0tl ^ jft pour 
élever un mur d'enceinte à cette cité; il prit auaei du territoire dam 
les deux vUles de Tck^eng-fou jlX ^ et de Hou fjj^ pour le rattadier 
à celle de Yang, Tout cela pour vexer le royaume de Ou.^^ 

Uoncle du roi de Toh^u, nommé Tse-si -^ S^ le blâma: ^^ Le prince 
Eoang (Ho-liu), dit il, vient d'obtenir la couronne; il aime son peuple, 
comme son propre fils; les joies et les tristesses leur sont communes; 
sous peu, il pourra faire de lui ce qu41 voudra. Si vous m<mtreas de la 
bienveillance à la frontière de Ou, et si vous êtes conoiiiant, nooi 
aurons encore à redouter quelque invasion. Si vous exaltes ses. ennemis, 
vous allez encore augmenter sa colère ; chose que vous ne devriez pas 
faire. Les rois de Ou sont les descendants de la dynastie Tchatm ||, 
l>ai-pc et Tchong-yong, fils de T^ai-wang, vinrent au bord de Ik- 
mer inférieure; et n'eurent plus de relations avec les autres princes d^ 
la famiJle Ki ^. Maintenant les rois de Ou sont grands et poÛBunti^ 
ils sont les égaux des princes chinois. Koang, homme d'une grande 
culture d'esprit, égalera certainement ses ancêtres. Noua ignoiQDa 
le ciel enverra des calamités à ce royaume; s'd le morcellera, pour le 



Yang est maintenant le bourg de Vimgtch*eHg ^ j||[, à l'est de C^atJ tie em kwi 
% K iKi préfecture de J^ai^fimg/m |B ^ ilï> (Ho nan). On ignoft on était cette 
ville de Hou ]Sl|« La principauté de Siu, située entre la rivière Hoaiet le Yaiig*ise*kiaiig 
avait une grande importance ; c'était le chemin de conununication avec les princes cbîDol^ 
£n 537» le roi de Tch'ou avait déjà occupé cette ville, pour couper la route aa xol de Ou; 
depuis lors les princes de Siu étaient les feudataifes de Tch*ou, (Editioo impériale, ^ 
33, p. 20). 



( 79 ) 

distribuer ii d'iointres fumillas régnantes; on sî, au conlraîro, il le Ix^nîni 
(et le rendra encore plus fort); bientôt nous saurons à quoi nouH en 
tenir. Pourquoi ne pas laisser nos esprits txitêlaires se reposer? Pour- 
quoi ne pas laisser tranquilles les princes de notre maison^ et attendre 
la tournure que prendront les événements? A quoi bon aller nous- 
mêmes aa-dévant dii' malheur? '^^ — Cette longue semonce ne fiit {)oini 
agréée doioi. 

De son côté, Ho-Iiu était fort mécontent» Rn biver donc, à la 
12^™* lune, il fit saisir le vicomte de Tchong-ou ; puis il' attaqua la 
ville d!»^Siu; pour s'en emparer, il fît obstruer ua* torrent et la sub- 
mei^gea» Le jour nommé Ki-mao' ^ ^, elle tomba en son/ pouvoir. 
Le prinee Hhangryu 4^ A w tondit la chevelure^ et vint avec son* 
épouiie à la rencontre du roi de Ou. Ho-liu se montra clément, le 
ooii0ola« et lui laissa la liberté : Il lui avait môme permis d'avoir une 
aiite (dis garde» et de serviteurs en rapport avec son ancienne dignité)» 
Malgré celai le prince détrôné sTenfuit aussitôt chez, le roi de Tch^ou ; 
et sa {MÎncîpauté fut anéantie. 

Chen Yngrsiu, général de Tcb^, était accouru avec une armée, au 
Secours de Siu: mais étant arrivé tiop t^rd^ il se contenta de fortifier 
la ville de /|^ ; puis il y envoya le prince fugitif pour l'habiter et la 
garder. (Toa Ling, vol. 4^)^ p. 6, etc.) 

Après cette expédition, Ho-liu s'adressant à OnTse-sin lui dit: 
^ n y a dix ans, vons conseilliez d^attaquer le royaiune de Teh'ou ; je 
savais bien que c'^était très faisable ; cependant je dissuadai alors 
l'expédition ; je craignais d'^y être envoyé ; et je ne voulais pas que le roi 
Iieao recueillit ime gloire qm m^était due. Maintenant je veux exécuter 
ce projet. Comment faire pour abattre le royaume de-Tch^u ?'^ Oiu 
Tse-âo répondit: ^^ Dans le pays de Tch^ou, nombreux sont ceux qui 
veulent gouverner, et chacun à son idée^ personne ne veut souifrir 
pour sa patrie. Organisez donc trois armées pour harceler ce royaume.. 
Si l'ane des trois va Tattaquer, les gens du pays vont bien vite sortir 
et se mettre en campagne; aussitôt notre armée se retirera; les gens 
da Tch'ou s'en retourneront pareillement» Les nôtres recommenceront 
Pattaque; ainsi les armées de Tch^ouse fatigueront en chemin ;. R^pétc'^es 
plusieurs fois de suite, ces marches continuelles accableront nos ennemip» 
De plus, il faut les attaquer à différents endroits, j)our It'S mieux 
leurrer. Dès qu'ils seront réduits à Textrémité, notre armée entière 
6'avanctfra avec vigueur, les poussera à outrance ; et notre victoire sera 
éclatante. " 

Ho-liu suivit ce plan ; alors commencèrent les malheurs d& 
Tch^ou. (Tou Lin, vol, 43, p. 8.) Ho-liu commença donc la guerre. 



( so ) 

Le «çt'nrral en chef otait iSwen-o?* St ;â^'^' fameux capitaine de ce 
temps-là ; ses aides-ile-camp étaient Ou Tse-siu et Pé-hi, tous deux 
transfu^res de Tch'ou. On prit la ville de Pa-chou ^ ^; on tua les 
deux frères du roi Leao, qui s'y étaient réfugiés. Après ce suooès, on 
voulait se retirer, Rans tenter une entreprise contre la capitale. Dans 
le royaume de Tch^ou, la terreur était grande; chacun aocosait le 
calomniateur Fei Ou-ki d'avoir cau^ ces malheurs; c'est lui qui avait 
contraint deux grands ministres à b' expatrier; maintenant oeox-ci 
prenaient leur revanche! Finalement, ce mauvais homme fut tué 
par ordre du roi et du premier ministre Tse-tcfiang "7 ^; sa famille 
fut exterminée. Cette exécution ne sauvaiit pas cependant le pays de 
ïch'ou. Il avait un bon firénéral, nommé Tse-ki ^ ^. Pour le faire 
(x^rter, Ou Tse-siu avait fait répandre le bruit ([u'il en voulait surtout 
H lui; qu'il le tuerait à la première rencontre; qu'au contraiie il était 
prêt à faire la paix avec Tse-tchang. Le roi se laissa prendre dans ce 
piège, et écarta Tse-ki ; l'incapable Tse-tchang fut battu; Tarmée de 
Ou prit trois villes, à savoir: I ^^ Lou ^, et JiHen }|f. C'était 
en automne, 509, qu'on prit la ville de I. (Ou-yué, voL 2, p. 12 — 
Tou Lin, vol. 43, p. 10.)''^ 

Chen Yng-siu St ^ dci g^^n^^ral de Tch'ou, ayant amené une 
armée pour secourir la ville de Ïs4en, les troupes de Ou se retirèrent. 
Chen Yng-siu transporta les habitants de cette ville à Ifan-kang 
^ ^ et s'en retourna. Aussitôt l'armée de Ou mit le siège devant 



1 Suen-ou est une des célébrités parmi les génies militaires de la Chine* ** Ni diable, 
ni esprit n'aurait jamais devine ses stratagèmes; le ciel et la terre contiennent muins de 
secrets que lui n'avait de ruses et de tours dans son biseac !" Il vivait à l'est de là montagne 
jMto-fem-chan jj^l j^ il] (où?), dans le royaume de Ou. C'était un lettré, un génie 
inconnu (naturellement! comme le sont tous ceux de son espèce, en Chine ?). Vingt livrrs 
pesant d'or e t une paire de tablettes rondes, en pierre précieuse, eurent enfin raison de sa 
modestie. Il consentit à se mettre au service de ilo-lio. Quand il vit ce roi, il lui offrit on 
livre en treize chapitres sur l'art militaire, qu'on a encore maintenant. Cest avec ce Uvre 
que la Chine a pu vaincre tous ses ennemis, et qu'elle est devenue si grande, — Mais ce 
]ivre a fait aussi son malheur; il a été en effet vendu aux étrangers, européens et japonais; 
ainsi la Chine a été vaincue depuis quelque temps, conune les généraux l'exposaient à 
l'empereur Tao-koang (Cf. Callery, guerre des rebelles. — Lié-kouo tche, vcL 16, p. 26) 
11 y a encore un autre auteur militaire d'une renommée égale; c'est Ouk't ^ j^, 
originaire de VV^f f^« Ce.ui-ci s'était mb au ^ervice du roi de Tch'ou. Tombé entre les 
mains des gens de 7si ^, auxquels il faisait la guerre, il fut mis à mort (en 381 avant 
J.C.). Ses écrits existent encore, et sont souvent édités avec ceux de Suen<-ou» 

- C'est actuellement Potcheoti ^ j|t|. (Ngan.hoei)— Zw^^^'^yj^ ^^ jjt et Ts^ien. 
ich^enj^^ Jjjljt ont formé la ville actuelle de Cheou-tcheou ^ *|t|, préfecture de Fm^ 
yan^fou ISH, l^jg /JIJ7 dans la même province. (lùiiliun impériale, voL 33, p. 22). 






( 81 ) 

la ville (le Hien 5i'/^' De wiite, Chen Yng-sîh et 7u |§ revinrent an 
Rxx>nrs de Hien, et parvinrent jueqn'à Yu-tchang ff^ '^/^^ C'est 
ainsi qu'on appliquait le stratagème indiqué par Ou Tse-siu. 

Pendant l'été de Tan 509, l'armée de Ou envahit le royaume de Ytit 
j^^ pour le punir de n'avoir pas voulu prendre part à la précédente 
expédition contre Tch^ou. Yuen4chang % *|^, roi de Yué, s'indigna 
fort contre Ho lin: ^^ C'est un homme, dit-il, qui n'observe pas les 
traités de paix précédemment conclus ; qui maltraite un royaume sans 
raison, puisque nous lui offrons fidèlement le tribut et les cadeaux 
d'usage; qui veut absolument rompre les liens d'ancienne amitio et 
d'affinité qui nous unissaient jusqu'ici." Ho-liu ne fit pas attention à 
ces récriminations. Il y avait bien eu entre les deux états des querelles 
de frontière; mais jamais de guerre en règle, comme celle qu'il 
entreprenait. Il fut vainqueur, et détruirit la ville de Tsoei-li 
\% M-^""^ (0^ Y"« tch^oen-ts^eou, vol. 2, p. 4.) 

L'édition impériale (vol. 33, p. 24) donne encore une autre 
raison de cette guerre ; elle cite Eao-Tcang Jg ^ qui affirme que le roi 
de Yué avait été l'allié de Tch^ou contre le royaume de Ou. Nous 
avons vu que Tsouo-k4eou-ming dit la môme chose; il mentionne à 
plusieurs reprises des secours envoyés par le roi de Yué à celui de 
Tch'ou. L'édition impériale ajoute que désormais c'est le commence- 
ment des guerres continuelles entre ces trois puissances; elles ne finiront 
que par l'extinction mutuelle des trois états. (Tou Lin, vol. 43, p. 

13). 

Faut-il mentionner ici une prophétie à la façon de Virgile? II y 
en a un grand nombre dans les livres chinois ; car les grands lettrés ont 
le privilège de lire dans l'avenir. Donc, Che-mé ^ H disait un jour: 
^^ Avant quarante ans, le roi de Yué s'emparera du royaume de Ou; car 
Yué a la planète de Jupiter pour protectrice. Le roi de Ou entre 
en campagne contre Yué justement l'année où cette planète gouver- 
ne le ciel ; sans aucun doute, il b'en attirera la colère. Jupiter aocomplit 
sa révolution complète en l'espace de douze ans ; elle patientera trois 
fois avant de laisser éclater sa fureur." De fait, trente-huit ans plus tard, 
en 472, le roi de Yué anéantit le royaume de Ou. Les commentaires 
font là-dessus do longues dissertations, qu'il est inutile de rapporter. 

1 On ignore oïl étaient situées ces deux villes de Nan-kang et de Hien. Le 
dictionnaire da P. Couvreur dit de cette dernière: antiquum regnum in Kottan^tcheou 
JÊ iH (îïo-nan). 

2 L'édition impériale dit vaguement (vol. 29, p. 30) que cette ville était entre la Iloai 
et le Kiang. 

î» Au sud de Kia-hinghien ^ A SS (Tché kiang) se trouve le bourg de TsoàM- 



( 85 ) 

" En automne de l'annue 207, Tarmue <lc Tcli*outnrvahît k roy- 
^mie de Ou,"" écrit Confucius. (Toti Lin, vol, 44, p. 5.) 

Les détails noua ront fonrnîs i>ai Tsouo-k^îeou-mînjç : ** TT^ong ^, 
^ne petite principante vassale de Tch*on s'était révoltée contre son 
^uzemin/^^ Le roi de Ou poussa en secret Chou-J^ieou-che f^j^^ R^ 
autre petit vassal de Tch^ou, à tendre nn piè^ à son roi^ en lui 
'Conseillant d'attaquer le rqyainne de Ou« ^^Moi, duait Ho-Iin, je ferai 
semblant de vouloir punir T^ong ie sa révolte; le roi de Tch^onea 
ï^ra flatté, et oubliera de prendre des ])récautions oontre mou** 

En automne dono Nang-ica ^ ^ (autrement dit Tae^chatèg 
^ ^X attaqua l'armée de Ou, pr^s de Yu-tchang. Le général de 
^Ou iit uneilùmonstration navale, oomme s'il eût voulu attaquer la ville 
de T^on<r-, mais en secret il avait une armée en emboscade près de 
îirA'ao ^, A la lO**"^ lune, les troupes de Ou enfermèrent Tannéa 
<le Tch*ou près de Yu-tchang, et la xiéfirent complètement. De saite 
filles assiégèrent et prirent la ville même de Tch'ao, dont ie goaverneur 
Kong-tse-fan S» -? jR fut fait prisonnier et emmené oomme otage, 
Tjos deux chefs de cette brillante expédition étaient Ou Tse-siu et 
iSuen-ou, Ho-liu leur dit : ^^ Je veux profiter de x^e saocôs pour marcher 
ëur la capitale de Tch^ou, et détruire cette fameuse ville de Yng ^; 
si nous n^y entrons pas, vos deux excellences perdront toute leur gloire 
7»a8H3e !^' Mais les deux généraux cconbattirent cette entreprise, 
<X)mnie préinaturée/^^ 

Les éditeurs de F édition impériale font observer (vol. 34, p. 8.} 
que Confucius mentionne ici la première attaque de Tch^a oontre la 
myauiae de Ou. Les guerres Gîtaient continuelles ; cependant Confucius 
n^enregistre que sept campagnes. Le roi de Tchk>u n^avait remporté 
•qu'une seule victoire éclatante, celle de Tchou-fang ^ j^« Grâce 
aux querelles intestines dans la famille royale, où il y avait beanconp 
(le com[)étiteiMrs à lacouronne, le royaume de Tch^oa s'^afiBûVissait de 
jour en jour; si bien qu^ enfin la capitale sera prise, et le royaume à 
deux doigts de sa perte."^^* 

1 Ccst maintenant k boufgde l'^otig-tch^en/;^^ j£^ au ncBrd de b ville de T*oiig- 
4ch'cnghien. près de la limite de Liu-kiang hîm. gjl jX j|9i) préfecture de Njgan^mg 
^ J§^ (Ngan-hoci). (Editioa impériale, vol. 34, p. 8.) 

2 Tch'ao estmaintcmant7îr//«<7/v/f//*«^ Sk M- ^ Pouest, il y a le lac TckHwkm 
^ ïiSi* ^n raconte que Tancicnne ville s'est effondrée donnant naissance à ce lac; pré- 
fecture de Liu-lcheoufou /jf jl+l Jîï (Ngan-hoei) (Edition impériale, vol. 18, p- 15). 
(Tou Lin, vol. 44, p. o.) {Tchao I, vol. % p. 14), 

3 y„^ 5(5 Oiait la capitale de Tch*ou, depuis le roi Ou jfÇ, (746Ô89 avant J.C). 
KDc était située d dix ly au nord de la ville aclucUc de Kùtg'k/t€au JQ j^ [lluu pé] 
(Edition impériale, vol. M, p. 10). 



( 83 ) 

En 504, Ho-lm dit à ses deux généraax Ou Tae-sîu et Suen^u: 
^^ Préccdemiuent vous disiez qu'on ne pouvait attaquer la capitale de 
Tch^ou ; maintenant, est-ce pcesible ?" Ceux-ci de repondre : '^Après une 
glande victoire, il faudrait profiter de l'élan; mais en ce moment, noas 
ne serions pas sûrs de remporter une grande victoire." — "Pourquoi donc? 
Parce que l'armée de TchH)u est la plus forte de toute la Chine. Dans 
nos comhetts contre elle, sur dix soldats qui entrent en campagne, nous 
n'en ramenons qu'un seul survivant. Ainsi il faut une faveur 
spéciale du ciel pour que nous prenions cette capitale; nous n'osons 
rien garantir,'* — " Je veux de nouveau faire la guerre au roi de Toh^ou ; 
comment m'y prendre pour être sûr du succès?'^ — "Le premier ministre 
Tse-tcbang est cupide ; et, par son avarice, il s'est mis à dos tous les 
princes; parmi oeux-ci, deux surtout le détestent, à savoir : T'^ang 
Jg et Ts^ai ^ ; si vous voulez faire la guerre, il faut d'al)ord gagner ces 
deux princes," — "Quelle est la cause de cette haine ?" — "Précédemment, 
Tchao ^, roi de Ts'ai, était allé ofirir ses hommages au roi do 
Tch'ou; il avait deux magnifiques habits en peau, avec deux 
euperbeo ornements de ceinture; de ces deux précieux objets, il en offrit 
un de chaque sorte à son suzerain ; celui-ci les revêtit aussitôt pour 
l'audience solennelle ; le roi de Ts^i portait les autres en cette cérémonie* 
Tse-tchang ayant vu les splendides parures du prince de Ts^, voulut 
les avoir; celui-ci refusa de les lui donner; Tse-tchang le retint 
pendant trois ans, sans lui permettre de retourner dans son pays. 
Tcheng jjft, roi de T^ng, était allé aussi présenter ses hommages à son 
suzerain ; il avait deux chevaux marquetés d'un grand prix ; Tse-tchang 
voulut aussi les avoir; Tcheng les lui refusa pareillement; il fut aussi 
retenu captif pendant trois ans. Les gens de T^ang cherchèrent le 
moyen de le délivrer; ils prièrent la suite du prince d'ofirir secrètement 
ces chevaux à Tse-tchang. On invita donc les serviteurs du prince à 
un grand festin où on les enivra, et l'on envoya les chevaux à Tse- 
tchang. Celui-ci i^eimit alors au prince de s'en retourner chez soi* 
Les officiers racontaient le fait de tous côtés sur leur chemin, disant: 
"Notre roi est r^té prisonnier pendant trois ans, pour un cheval; il faut 
encore qu'il remercie les voleurs!" Depuis ce temps, le roi de T'ang 
cherche à se venger de TchV)u; lui et ses o£Sciers en parlent à bouche 
ouverte. 

Quand les gens de Ttfei apprirent cette nouvelle, ils prièrent leur 
prince d'abandonner à Tse-tchang les vêtements et les ornements 
pn^^ieux qu'il convoitait. Ainsi iut fait, et le prince put enfin rentrer 
dans sa capitale. Il se rendit bientôt chez le roi de Tsin ^, le chef 
des princes, pour lui dénoncer ces faits ; il laissa son fils Yuen % et 
le fils d' un grand officier, comme otages, pour prouver sa fidélité ; et 



( 84 ) 

pria Fc roi de Tsîn de faire la guerre au roi de Tch^otL Voilà le^ 
raîsone pour lesquelles nous disions qu'il fallait gagner ces deux prioceffy 
avant d'entreprendre la guerre." 

Là-despus. Ho*liu envoya des ambassadeurs dire anx dens; 
princes: ^*Ije roi de Tcli^ou ne connaît iras la probité; ce tyran tue se» 
fi^lèles Fervîteurs, opprime ses voisins ; il a fait injure à vos majestés* 
Moi, homme de peu, je veux lever une armé^ pour le punir; je 
voudrais pour cela m'entendre avec vos majestés." 

Le roi de Ts'ai envoya son fils KHen ]^ comme otage chez le 
roi de Ou. Les trois rois prirent en commun la résolution de faire 
la guerre au pays de Tch'ou. 

Le roi de IVai avait encore un autre motif de montrer tant 
d'empreœement à s'allirr avec celui de Ou. Voici comment Tsouo- 
KSeou-ming raconte la chose. (Cf. Tou Lin, vol. 44, p. 13). Le prince 
de Chen fjt n'étant pas venu h la réunion des princes à Tchaa-ling 
S K/'^ ^6 r^î ^^ ^**^ Wi '«^r chef, chargea le prince de Ts'aî de 
l'en punir. En été, ce dernier anéantit la petite principauté de 
Chen. ^-^ Eu automne, une armé^ de Tch'ou vint assiéger la capitale 
de IVaî, pour venger le prince de Chen. Ou Tse-siu était d'avis 
qu'on devait profiter de cette occurrence, pour attaqu»*r le pays de 
Tch'ou. Un autre ministre de Ou, Pè-PH fô Ui était aussi du môme 
avis, ^"^ De plus, depuis l'avcnement de Tchao B3, nouveau roi de 
Tch'ou, il ne se passait pas d'année sans qu'il y eût quelque fait 
d'armes contre le royaume de Ou. Enfin, le roi de Tsin § ayant 
refusé de protéger celui de Ts'ai, qui n'avait pourtant fait que lui 
obéir, celui-ci s'alliait de grand cœur avec le roi de Ou dans 
cette expédition, et ne faisait pas difficulté d'envoyer son fils K^en, 
avec des fils de grands officiers, comme otages, pour mieux affirmer 
sa fidélité. 



1 Tchao-ling (^tait une ville du royaume de Tch'ou. Actuellement, c'est Yen^cifeng 
gU J[J, préfecture de Hiu-tcheoufm Sf 'j+l jj|ï (Ho-nan); cette ville est restée célèbre, 
îl cause du traité qu^ firent les rois de Tch*ou et de TsH ^, eo 654. (Edition impérialef 
Ilikong, 4^«»« année). 

2 A GO ly, au sud-est de la ville de Joti-yang-hieu J^ ^ )||, préfecture étJoU' 
nin^fou ^ ^ /j>f (Ho-nan) il y a encore les restes de Taocieime ville de Chen. 

(Edition impériale, vol. 17i pt 16)» 

^ I/an ol3. le roi de Tch'ou avait fait massacrer K*io-yuen ^ ^* Toute la famille, 
de celui-ci, du nom de Pi fy » s'était enfuie chez le roi de Ou. Le jeune fib de Pt- 
tchfoH-H fè W î^, nommé P^i |8, était même devenu ministre; c'est de lui 
qu'il est question ici, comme nous l'avons déjîl indiqué plus hauU 



( sr, ) 

Donc, en hiver, les rois de Ou et de T'anj^, entn',reat on cam- 
pagne/^^ Les vaisseaux de guerre de Ou, ayant traversé le pays 
de Trt^ai, stationùaient dans Li rivière Hoai fj|. Depuis Yit'tchn.ng 
ffi :^, Parraiie de Ou se trouvait d'itu côte du fleuve Han ^ ;'-^ 
celle de Tch^ou était à l'autre bord ; les troupes b* observaient et se 
suivaient ainsi de chaque coté. Chen Yiig-siu îfc jP" J^, le général 
commandant l'aile gauche^ dit au général en chef Tse-tchaug : 
" Appuyez-vous sur le fleuve Han ; suivez l'ennemi, qu'il remonte ou 
qu'il descende ; empéchez-le de traverser le fleuve. Moi, je vais 
conduire l'armée de Fang-tch^eng 'fj ^^^^ détruire la flotte; ensuite 
je reviendrai occuper les trois défilés Ta-soei ^ |^, Tche-yuen jj|[ fê 
et Ming-ngo ^ 05 > ^^^ ^^^^^ vous passerez le fleuve, et vous attaquerez 
Tennemi par devant ; moi, je le prendrai par derrière ; ainsi nous 
le battrons complètement." Ce plan convenu, Chen Yng-siu partit 
au^itôt. Mais le gouverneur de Ou-tch^eng ^ J[J, nommé Bé S|, 
b'adresant à Tse-tchang:, lui dit à son tour : ^''Les armes de Ou sont 
en bois, les nôtres en cuir ; nous ne pouvons pis tarder trop long- 
temps; le mieux serait de livrer bataille tout de suite." ^"^^ D'autre 
part, Che-hoang ^ ^, un autre grand personnage, disait aussi à 
Tse-tchang : '^ Le peuple vous déteste, tandis qu'il aime Chen Yng-siu. 
Si celui-ci détruit la flotte ennemie, occupe les trois défilés, et prend 
Tennemi par derrière, comme il l'espère, la victoire tout entière lui 
dera attribuée. Hâtez-vous donc de livrer bataille ; sinon vous êtes 
perdu!" 

Emu par ces discours, Tse-tchang passe le fleuve, dispose son 
armée en ordre de bataille, depuis la montagne Siao-pié i]% Sd 



^ l-'arm<Se de 'Pang ^tait dUtribiiée parmi les troupes des deux autres rob; c*e«t 
pourquoi Confncius ne la mentionne pas dans son texte. 

' Ije fleuve Ilan vient de la montagne de Afa ling J^ |^, et se jette dans le Kiang 
près de Ou^chang-fou '^ jqj jff (Hou-pé). 

3 Fang-tch*eng était une forteresse du nord du royaume de Tch'ou. 

^ L'édition impériale (vol. 34, p. 16) dit que ces défilés sont d'une importance 
extrême; par eux on communique avec le Hou-koang et le Ho-nan. I^e 1^'S Tasoeii 
s'appelle maintenant Kieouli-koan ^ J| SSi et se trouve à cent ly au sud de la ville 
de Sinyan^-icheou (â |^ j*li) préfecture A^ Jotê-tting/^ ^ '^ M (Ho-nan). Le 
2^«»e, Tche-yuen, s'appelle maintenant Tasailing jÂc ^ Wi »^ ^ ^X sudtet de la 
même ville- le 3^>e, Ming-ngo, ^s'appelle ^maintenant JImg-Uhép'ouo fX ^ jK) 
à 75 ly au sud de la môme ville 

*' Le commentaire dit que les armes en T)oiK étaient épaisses et peu effîl<:és; les 
armes en cuir, au ccmti-aire» étaient trancliantes et pointues; mais pour cette mOme 
r;iiMon» ces dernières s'endomnutgeaieut facilement; si l'ou devait attendre trop 
longtemps, elles se détérioraient. 



( 8C ) 

jufqn'à la montagne Ta-piè ^ 8^?'*^ î' engage stîCCPaBÎvetnent trois 
œnilwtfl, sans pouvoir entamer Tarmée de Ou. VoyanrI qu'il ne peut 
remporter la victoire^ ïtîe-tcliang se décourage et parle de s'enfuir. 
Che-hoang Itii dit: '^£n temps de paix, vous ambition-mex la première 
dignité du royaume; maintenant, dans Pembarras, vous voulez fuir! 
il faut savoir mourir, et réparer ainsi votre faute/' Â la onzième 
lune, au jour nommé Keng-ou ^ ^^ les deux armées se livrèrent 
une bataille décisive à Pé-hiu i^ ^/^^ Le matin de cette journée, 
Fou-lcai ^ H frère de Ho-liu, dit au roi: "Le premier ministre de 
Tch^ou manque d'humanité; aucun de ses inférieurs ne voudra aifronter 
la mort pour lui ; laissez-moi le premier l'attaquer^ sessoldals e^onftjiront 
certainement ; que le n^roe de notre armée suive, et notre victoire sera 
éclatante." Ho4iu n'approuva pas ce oonœil. Fou-kai dit alors à ses 
amis: "Il y a un proverbe ancien ainsi conçu: que l'inférieur 
examine les circonstances et agisse ensuite, sans attendre l'ordre du 
supérieur. C'est bien notre cas. Que je meure aujourd' ùui ; notre armée 
entrera dans la capitale de Tch^u!" Là-dessus^ il conduit ses cinq 
mille hommes au combat; les soldats de Tse-tchang s'enfuient; 
l'armée de Tch^ou tout entière se débande ; les gens de Ou la 
poursuivent, et remportent une brillante victoire. Tse-tehang 
s'enfuit chez le roi de Tcheng % ; Che-hoang lui-même est tué sur le 
char du premier ministre. Les gens de Ou étant arrivés jusqu'à la 
rivière 2Wng~fa ffi ^ voulaient de nouveau, dans leur ardeur, 
attaquer l'armée de Tch^u.^^^ Mais Fou-kai leur dit : "Une bete fauve 
poussée à bout se retourne contre son agresseur; si l'armée ennemie 
voit qu'il n'y a plus qu'à mourir, elle se battra à outrance, et nous 
vaincra peut-être; si au contraire l'avant-garde peut traverser la 
rivière, l' arrière-garde voudra en faire autant, et n'aura pas envie de 
se battre; attendons que la moitié des troupes ait passé le fleuve; alors 

■ ■ ^ ■ ■■!-■■■ ■ ■— — ^»^>— — mm»> *■■■ ■ — ■»! ■■■■■^■■■^■■B .iii , — iM M^ ■■■■^.11 ■ . -^M— ^— 1^— — ^^1^^.^^^^^— 

1 La montagne Siao-pié est au nord de Han4chem ^ jKI) préfecture IlàH-ytmg, 

/«^ iH 1% Aï) et s'appelle aussi Tseng chan ^ |1]. Ta-pié est au nord est de la 

ville de Ilan-yattg-hUn ^ ^ |j|) et s'appelle aussi Lau^kan ^ li|. (£dîtion 

impériale» vol. 34, p. 16). Le Ckou-king 1^ |£ (édition impériale, vol 5» p. 4) parle 

auasi de œs montagnes; mais l'identifioation en est un peu différente. 

' Pé-kiu indique à la fois le fleuve Kiu et la montagne Pé. A 30 ly nord est de la 
vill de Matck'fttg'hien ift J^ ]({» préfecture de Hoang-tcheoufou î^ ;Hi jft (Hou-pé), 
il y a la montagne Fé-tie-chan ftf "^ (Ij- Au sud est de cette ville ee trouve la 
rivière A7« ckoei ^ '^ (Edition impériale, vol. 34, p 10). 

' Ts'ingfa s'appelle maintenant Ytiett çhoei \f{^ 7^ et coule an nord de la 
montagne Qhe-tntn-cJian JQ f^ (ij) qui se tr uve à 80 Ij à l'ouest de Ngm%4mi-hkn 
$ fê Hi préfecture de Te-nganfou ^ ^ )^ (Hon-pé), (Edition im}iérial^ 
vol, 34, p, 19). 



( 87 ) 

attiiquonfi-les 1 Ce coneeil fut suivi; et de nouveau l'on remporta une 
gnvnde victoire. L^armée de Tch^ou préi)iirait sa nourriture quand 
on donna le signal du combat; les gens de Ou prirent cette nourriture 
toute prête, et continuèrent leur jwursuite jusqu'à Yong-che m ^^^^ 
où ils livrèrent un nouveau combat; c*était la cinquième bataille, et 
la cinquième victoire. Ils arrivèrent ainsi jusque sous les murs de la 
capitale. 

Tjo jour appelé Ki-mao 2, ^P^ 1^ ^^î ^^ Teh^ou, conduisant sa plus 
jeune sœur Ki-mei-pi-vgo ^ ^ :^ ^, s'enfuit et traversa le fleuve 
Tsiu B^.^^^ Le censeur Kou était sur la même barque. 

On rapporte que le roi de Tch^ou, avant de prendre la fuite, avait 
ordonné de mettre des torches allumées sous la queue des éléphants, et 
de les lancer furieux contre Parmée de Ou. Ce moyen extrême ne 
servit sans doute de rien ; car le jour Kcng-tclien ^ ^, les gens de 
Ou entrèrent dans la capitale; et chacun, d'après son rang, s'établit 
dans les palais abandonnés. Tsc-chan -^ jlj, fils de Ho-liu, avait en 
conséquence occupé celui du premier ministre. Fou-kai, frère du roi, 
voulait l'attaquer pour l'en déloger. Tse-chan eut peur, et céda la 
place. (Tou Lin, vol. 44, p. 14). 

Après avoir occupé la capitale, comme on n'avait pas pu 
s'emparer du roi Tchao BH. Ou Tse-siu fit ouvrir le tombeau du roi 
P^ing ^, et fit donner trois cents coups de fouet au cadavre. De son 
pied gauche il lui frappa sur le ventre; de sa main droite il lui 
arracha lex yeux ; et lui dit en riant : ^^ Qui donc t'a conseillé d'écouter 
les cîdomnies, et de tuer mon père et mon frère? N'était-ce pas une 
injustice n'^voltante?" Puis il engagea Ho-liu à déshonorer la femme 
du roi Tchao, tandis que lui et les deux autres généraux déshonoreraient 
les femmes des ministres, pour leur faire injure, et satisfaire ainsi leur 
soif de vengeance. 

Quand précédemment, vers Pan 522, le prince Kien j^, de 
Tch*ou, s'était enfui avec Ou Tse-siu, ils s'étaient tous deux rendus 
chez le roi de Tcheng ^; car la mûre du prince était une princesse 
do Tcheng. Malgré les liens d'une si proche parenté, le roi tua le 



1 La rivière Yong-che est dans le IIou-p^, au sud-ouest de la^ ville de Kîtigckanrhien 
^ lU IS) préfecture de Ngan-ioufou ^ |^ /ff . (Edition impériale, vol. 34, p. 39). 

5^ Tsitt-chc-à XSi 5jC, comme il est appel<S maintenant, est îl un ly au nord de Tang- 
yan^Jiien ^^j|^, préfecture de N^an-lou^foti ^^]{l^ {IIom-^) [txlition impériale, 
vol. .^, p. 19]. — Quelques auteurs croient qu'il s*agit ici de deux soeurs, dont Tune s'appelait 
Kimci, l'autre Pi-ngo. L'ancien auteur Fourkien]!^^^ affirme ce[)eadant que c*cst une 
seule personne, dont le surnom serait Ki-mei. 



( 89 ) 

prince, et mit Oti Tse^siu en prison. Dès ce moment, Ou Tse-sii? 
avait résolu de se venger, mais n'en avait point encore trouve une 
occasion favorable. Maintenant, après des victoires si éclatantes, il 
pensait à exécuter son projet. Le roi de Tcheng % eut si grand' peur 
qu' il publia le rescrit suivant : " Quiconque est capable de détourner de 
nous l'armée du roi de Ou, partagera le trône avec moi." Alors se 
présenta le fils du pêcheur qui avait autrefois sauvé Ou Tse-siu 
pendant sa fuite. Cet homme dit au roi : " C'est moi qui détournerai 
l'armée de Ou; je n'ai besoin ni de soldats, ni de provisions de guerre; 
il me faut seulcTnent une petite barque, sur laquelle en ramant je 
chanterai mon refrain." Quand donc Ou Tse-siu arriva avec l'armée 
de Ou, le pêcheur ramait en frappant la mesure^ et chantait la 
chanson: Lu-^chong-jen J^ 4* A« H continua ce manège jusqu'à 
ce qu'il eût attiré l'attention de Ou Tse-siu. Ce refrain qui 
réveillait ses anciens souvenirs lui caus^inmt une vive émotion; il 
ft'écria: " Qui chante ces paroles ?^ On lui amena le pêcheur. '* Qui es- 
tu?" lui dit-il. — "Je suis le fils du pêcheur qui autrefois vous a sauvé la 
vie; notre roi, craignant l'invasion, a promis la moitié du royaume à 
celui qui détournerait l'armée de Ou,' mon père a autrefois sauvé 
Totre Excellence ; je viens, en retour, vous demander le royaume de 
Tcheng." Ou Tse-siu dit en soupirant: "Hélas! oui,j'ai reçu un grand 
bienfait de ton père ; c'est grâce à lui que je suis devenu ce que je suis 
aujourd'hui; par le ciel bleu! je ne saurais oublier un tel bienfait !'^ 
Sur ce, il ramena Tarmée dans le pays de Tch^ou, et se mit à 
poursuivre activement le roi Tchao. (Ou Yué, vol. 2, p. 17.) 

Pendant tout ce temps, qu'était devenu le fameux Chen Yng- 
BUf qui avait tracé un si bon plan de guerre? Il était parvenu 
jusqu'à fl't ,6., lorsqu'au apprit tous ces désastres; de suite, il s'en 
letourna,^^^ Il battit Tarmée de Ou sur les bords du fleuve Yong-che 
^iS) ^^ ^^^ blessé lui-même. Autrefois cet éminent général 
avait été officier de Ho-Iiu; c'est pourquoi il avait honte de tomber 
entre ses mains. Il avait dit à son entourage: "Qui peut sauver ma 
tête?" Keou^péi "^ J|l, un autre transfuge de Ou, avait répondu : 
^Moî, homme de rien, suis-je agréé?" Chen Yng-siu avait 
répliqué: ''Vraiment je ne te savais pas si brave; c'^est très- bien; 
j'accepte ton oflfrel'* Chen Yng-siu livra trois batailles; trois fois il 
fut blessé; àlafinilb'écria: ''C'estfini, je meurs!" Keou-pei étendit 
à terre son vêtement, lui coupa la tête qu'il emporta dans ses habits; 
quant au cadavre, il le cacha avec soin. 

1 Si aBi) est actuellement Sin-sûht€n S| ^ JrI) préfecture de Jou^tanfou |X 
ia M (Ho-nan). [Q. Tou Un]. 



( 90 ) 

Le roi de Tch'ou, dans sî\ fuite, après avoir traversi* la rîviure 
Tsiii, avait encore p;is&'' le llcîuvo Han, et était pan^enu à Yun-tchong 
g f{*J^^ Un eoir, |KMulaut le sommeil, des brigands vinrent les 
attîU|uer; le roi fut blos^'^ d'un coup de lance; il eut été tué, si le 
prince Yeou-yu ^ ^^ne l'eût couvert <le son corps; celui-ci reçut un 
autre coup de lance derritTe Vépaule. Le roi s'enfuit de nouveau, et 
se réfugia à Yu7i ^)S-^ L'officier Tcliong-lzien ^ ^ jwrtait la prinoesao 
Ki-mei sur ses épaules; le prince Yeou-}ni, qui d'abord s'était évanoui, 
avait repris ses sens, et eut jissez de forces pour suivre aussi le roi. 

Mais un nouve^au danger survint: Iloai «g, frère de Sin ^, était 
gouverneur de Y un J||) ; il réélut do tuer le roi, disant : " Le roi PHng 
^ a tué mon père; moi je vais tuer son fils; n'est-ce pas juste?'* — 
"Non, répondit Sin ; quand le roi punit de mort un de ses oflSciera, qui 
peut se venger du roi ? rjs ordres sont ceux du ciel même ! Le livre 
des Vers dit: (Zottoli, III, ]). 229) "je n'avale pas ce qui est tendre, 
ni ne crache ce qui est dur ; je n'oifease pjis les faibles, ni ne crains les 
forts." Seul un homme de vertu peut agir ainsi. Eviter les forts, et 
se venger des faibles, c'est de la lâcheté ; profiter de l'embarras d'un 
homme ix)ur lui nuire, c'est barbare ; causer la mort de toute notre 
famille, et faire cesser les sacrifices des ancêtres, c'est impie ; commettre 
un tel forfait serait donc une folie ! Si tu veux absolument exécuter 
ce crime, moi-même je vais te tuer ! " 

Sin, avec un autre frère nommé TcJi^ao ^, accompagna le roi 
jusqu'à la principauté de Soei gg. L'armée de Ou le poursuivit 
jasque-là. Les gens de Ou disaient alors à ceux de Soei: "Toutes les 
principautés de notre ancienne maison impériale Tcheou J^, qui 
étaient autour du fleuve Han, ont été anéanties par le roi do IWou. 
Le ciel nous a poussés à punir ce roi ; et votre prince va encore le 
cacher ! Quel crime la famille Tcheou a-t-elle donc commis envers 
vous? Si vous nous aidez à venger l'honneur de notre maison, vos 
bienfaits remonteront jusqu'à notre roi, et accompliront les desseins 
du ciel. Si votre prince nous fait cette amitié, les territoires du Han- 
kiang lui seront donnés en fief.'' 

Le roi de Tcheou se trouvait alors dans la partie» nord du palais ; 
les gens de Ou dans la partie sud. Tae-ki ^ gj, demi-frère aîné du 
roi de Tch'ou (par une concubine du roi P'ing), lui ressemblait beau- 

1 L'édition imp<5riale (vol. 34i p. 19) dit que Yun-tchong signifie les pays bas, 
maT<>cagcux et inhabités, qui se trouvent entre le deuve Han et son afiiuent le YufhÀo 

M M- 

2 Ij& dictionnaire du P. Couvreur dit que maintenant c'est Yun-yangjou !^^ p^ H^ 
(Hou-pé). 



( yi ) 

CllES I'ao-sil-, 




( 92 ) 

coup; il con?eîllaîi au roi de b'^enfuir au plus vite, tandis que Ini-méme 
feindrait d'être le roi, disant: "Livrez-moi aux gens de Ou ; ainsi notre 
prince pourra échapper." On consulta les sorts, pour savoir si ce parti 
était bon. La réponse des sorts fut négative; les gens de Soei 
refusèrent de le suivre. S'adreosant aux gens de Ou, ils dirent : " Notre 
principauté est petite et isolée, mais elle s'appuie sur le royaume de 
Tch^ou. Juoqu' ici ses rois nous ont laissé notre indépendance; depuis 
des générations, noua avons ensemble des traités d'^amitîé qui n'ont 
jamais été violés. Si maintenant nous trahissons le roi de TchHm, 
dans son malheur, quelle confiance pourrait avoir en nous votre 
prince? Puis, votre embarras ne serait pas fini par la capture d'un 
seul homme ; si vraiment vous soumettez à votre domination tout le 
royaume de Tch'ou, notre petit prince ôserait-il vous désobéir? " Sur 
ce, les gens de Ou se retirèrent. 

Le serviteur Lou K{n4ch^ou ^ ^ ^ était aux ordres du prince Tsp- 
ki; c'est lui qui avait inspiré ce stratagène aux gens de Soei. Le roi 
l'appela, pour le récompenser ; celui-ci refusa : "Jamais, dit-il, je n'oserai 
tirer avantage de ce faible service; d'^ailleurs, ma langue seule en a 
tout le mérite." Le roi de Tch'ou fut grandement réjoui de voir tant 
de désintéressement. Il tira un peu de sang de la poitrine de Tse- 
ki, pour signer un traité d'alliance avec le roi de Soei. (Ton Ling, 
vol. 44, p. 15, etc.) 

Autrefois, Ou Tse-siu avait été lié d'amitié avec Ohen Pao^u 
4 'Ëî W* Quand en 522 il partait en exil, il avait dit à son ami: 
**• Bien certainement, je me vengerai du roi de Tch'ou/' Ghen Pao-siu 
lui avait répondu : " Eh bien, efforcez- vous de vous y mettre tout entier ; 
si vous êtes capable de le renverser; nK)i, je suis capable de le relever! " 
Maintenant Chen Pao-siu était retiré dans les montagnes; de là il 
envoya un messager dire à Ou Tse -siu : " Votre vengeance n'est-elle paa 
excessive? vous avez été officier du roi P'ing; vous avez tourné votre 
visage vers lui, et l'avez honoré comme majesté royale; aujourd'hui 
vous insultez son cadavre reposant dans le tombeau; est-ce permi» 
d'aller jusque-là ?" Ou Tse-siu répondit : " De ma part, saluez Ghea 
Pao-siu ; ajoutez aussi les paroles suivantes: ^' Le soleil va se coucher;, 
le chemin est encore long; il faut donc aller vite, môme en se résignant 
à offenser un ancien bienfaiteur." 

Voyant qu'il n'obtiendrait rien de Ou Tee-siu, Ghen Pao-siu 
résolut de s'adresser au roi de TsHn ^. Il voyageait jour et nuit, an 
point que ses pieds étaient enflés et couverts de plaies ; il décUrait alors 
sa robe, enveloppait ses genoux et ses pieds ; puis continuait sa route. 
«Arrivé devant le palais du roi, il demeura prosterné à terre, impbnint 



( 93 ) 

une armée de ?eoonrs: "Le roi de Ou, dîsait-îl, reepemUe à \m çrrce 
ëaDglîer, à un eDonne rerpent qui dévore tous les royaumes, même 
chiuoîs. Sa tyraouie s* exerce d'abord gur notre pays; au point qu« 
notre humWe roi a dû s'enfuir dans les régions inhabitées; il m'a 
envoyé, moi, votre serviteur, pour vous exprimer sa détresee ; l'appétit 
de ces sauvages de Ou, vous dit-il, est insatiable; si par la conquête de 
notre royaume ils deviennent vos voisins, vous aurez bientôt des 
malheurs à votre frontière. Profitez du temps où le roi de Ou n'a 
pas encore établi solidement sa domination, pour prendre une partie 
de notre pays; si le royaume de Tch^ou doit périr, ses terres sont à 
voua : si par votre puissant secours, vous nous faites miséricorde et nous 
relevt»z, de génération en génération nous serons vos fidèles serviteurs." 

Le roi de Ts'in était un buveur; et ne s'occupait guère de son 
royaume; pourtant, il finit par envoyer un officier dire à Chen Pao-biu 
^' Notre humble roi connaît maintenant vos ordres; allez vous reposer à 
l'hôtellerie; je vais prendre conseil et vous envoyer ma réj^nse.^' Clien 
Pao-siu répliqua : ^^ Notre petit roi demeure dans des régions sauvages, et 
n'a pas où b' abriter; comment votre infime serviteur oserait-il prendre 
du ropos?" Là-dessus, il restait appuyé contre le mur de la salle, et 
pleurait à chaudes larmes ; ni jour ni nuit il ne cessait ses lamenta- 
tions; ni nourriture ni boisson n'entrait dans sa bouche; tantôt 
il pleurait, tantôt il chantait sa complainte; cette scène dura sept 
jours. Le roi Ngai ^ en fut très-impressionné. Le royaume de 
Tch'ou, dit-il, a de tels hommes; et malgré cela le roi de Ou a pu s'en 
emparer; notre pays qui n'a pas d'homme pareil jK)urra-t-il lui 
résister ? Ah ! nos jours sont comptés !" Il alla devant Chen Pao-siu 
chanter le chant national de Ts*in, (Zottoli, III, p. 101.) "Pour- 
quoi dire que vous n'avez pas d'habit*? Je vais partager avec vous 
mes robes; le roi va conduire son arméa; je vais prendre ma lance, 
ma hallebarde, et courir avec vous sus à l'ennemi ; je vais me lever 
avec vous; je vais partir avec vous!" Chen Pao-siu frappa neuf fois 
la terre de son front, et consentit enfin à s'asseoir. Bientôt après, 
l'armée de Ts'in entrait en campagne. (Ou Yué, vol. 2, p. 18.) — 
(Tou Lin, voL 44, p. 17). 

En 503, pendant que les troupes auxiliaires de Ts4n se rendaient 
au pays de Tch'ou, Yuen4chang 'jQ ^, roi de Yué, voulant se venger 
de la défaite subie à Taoei-U \% £, leva aussi des soldats, et envahit 
le royaume de Ou, à la manière des brigands. Confucius dit: " Yu 
Yué jK 1& envahit le royaume de Ou." (Tou Lin, vol. 45, p. 1.) 
Les commentaires soulèvent donc la question : pourquoi ce nom est-il 
ainâ écrit par Confucius lui-même? Le lettré Li-lien ^ ||j| cite et 



( 94 ) 

approuve la niponse de Lteou-hiang gij fy, lettré fatnetix de h 
(lynîistie Uan j^, qui dit : les gens de Yué ê' appelèrent eux-mêmee 
dau8 leur langage barl)are Yu-3*ué; tandis que les Chinois le» 
appelaient simplement Yué. Puisque ces gens étaient eux-mêmes 
venus annoncer leur victoire, et qu41s se servaient de leur expreasion 
Yu-yu6, on inscrivit textuellement dans les annales de Lou ce qu'ils 
avaient dit. Cette explication est de fait la plus plausible; elle est de 
plus approuvée par Pédition impériale. (Vol. 34, p* 20). Ce royaume 
do Yué est auesi quelquefois appelé Tong-yué '^ j||, c'est-à-dire Tué 
oriental; parce qu'il avançait dans la mer plus que le reste de la 
cote de Chine. Son roi profitait donc de P absence de Ho-liu et de 
a^s troupes; son coup nemblait devoir réussir à souhait. 

Chou Pao-siu arriva enfin avec l' armé^ de Ts4n ; on était à la 
sixième lune. Les deux généraux, Tsc-p-ou ^ fHJ et Tse-hou ^ ]^, 
amenaient avec eux un renfort de neuf cents chariots de guerre; soit 
environ trente-sept mille cinq cents hommes. Tse-p*ou dit à Chen 
l^u)-aul: ^^Nous ne connaissons pas le système de combat employé par 
les gens de Ou; que vos soldats de ïch^ou se placent à l'avant-garde; 
nous autres, nous les suivrons pour les appuyer et leur porter 
Hccours." De fait, on remporta la victoire à Tsi ^ ;^*^ puis on défit le 
l)rince Fou-kai à I tff/*^ A la Ixitaillc de Pé-kiu, les gens de On 
avrtîont fait prisonnier Yuen-chê ^ ||i, grand officier de ïch^ou; son 
fiJH étant parvenu à rassembler les fuyards suivit Parmée de Tsesi 
^ U ; ensemble ils battirent les gens de Ou à Kiun-^iang !Ç ^f -^'^ 

En automne, à la 7^"'* lune, Tee-ki ^ JJJ, demi-frère du roi, et 
Tse-p'ou, général de IVin, anéantirent la principauté de T^ang J^ 
qui avait fait cause commune avec le roi de Ou dans cette campagne. 

Ou Tse-siu était encore dans le pays de Tch'ou, espérant toujours 
s/ emparer du roi Tchao D^. Le prince Fou-kai ayant été battu, 
comme nous venons de le voir, rentra dans le pays de Ou, à la 9*™ 
lune ; et se déclara roi, à la place de son frère Ho-liu. Mais il fut 
bientôt attaqué et vaincu j^ar celui-ci; il s'enfuit chez le roi de Tch'ou 

qui le rerut bien et lui assigna comme fief la ville de Tang-kH ^J^.'^^ 

— — ___«___— _^ — I . Il , — __- 

1 Cest maintenant Tongpé hien tI3 10 JKi préfecture de Nan-yat^fou £ ^ jj^» 
Ilonan, Citait alors une vÛlc de Tch*ou (Kdition imp<?riale, 34, p. 22). 

- Autre ville de Tch*ou, N.E. de Shig-yan^ Hi j^, tchcou. 

"• Ville de Tch»ou, au sud-ouest de Soei-tcheou ÈË iHi (Hou-pé) (Editioa 

^inix-rialc, ibid). 

■» Actuellement c'est Tang-k'ifcli'cnS' *§; f^ l^-i bourg -i Touest de Soei-p^in^-kien 

SS ^ iEë> préfecture de Jaii-nÎTi^^fou îfc Sff Hf^ Houan. (Edition impériale, vol# 
34i p. 22). 



( 95 > 

I/armée de Ou battit à son tour les troupes de Tch'ou ù Ywtf' 
che ^ |J| ; puis Tarmée de Ts4d vainquit les gens de Ou campés à 
Kiun |j|/^^ Tse-ki voulait incendier le camp et brûlei Pennemi; son 
frère Tse-si lui dit : ^ Les ossements de nos pères et de nos frères gisent 
encore à terre, depuis la dernière bataille; nous n'^avons pas encore eu 
le temps de les inhumer; comment irions-nous les brûler avec 
Vew nemi ? Ce n'est pas permis !' ' Tse-ki lui répliqua : ^ Notre royaume 
est perdu; si les morts ont oonnaisBan«3e encore (d'eux et de nous), 
nous pouvons leur offirir ensuite des sacrifices; pourquoi craindre de 
brûler leurs ossements? " On mit donc le feu au camp ; on livra une 
nouvelle bataille; et Tarmée de Ou y fut vaincue. Elle subit encore 
une défaite au torrent de Kongsiu ^ ^, dans le royaume de Tch^ou» 
Sur ce, Ho-liu rentra dans son pays. Il emmenait prisonnier un 
grand officier, nommé Yn Yu-jd fB^fHfKi', celui-ci dit: ^Je vais 
marcher devant vous ; *' mais bientôt il réussit à s'^echapper, et retourna 
dans le royaume de Tch^ou, sa patrie. 

Heou49^ang Jg* J|)(, frère cadet de Chen Tchou-liang % j^ Kl 
gouverneur de Yé-kong 5|| ^, avait d'abord suivi sa mère emmenée 
captive dans le royaume de Ou; mais ensuite il s'enfuit et rentra 
chez soi, sans attendre que sa mère eût été libérée. Désonnais Chen 
Tchon-leang ne voulut plus le voir.^^^ 

Ou Tse-siu n'ayant pu prendre le roi Tchao pensait enfin à 
rentrer dans le royanme de Ou ; auparavant il tint conseil avec ses 
officiers: ^^ Quoique le roi de Tch^u, dit-il, ait battu le reste de 
notre armée, le mal n'est pas bien grand."— ^^ C'est vrai, répond Suen- 
on; nous avons décapité le cadavre de son père; cela peut bien noua 
suffire." Ou Tse-siu répliqua: ^^ Depuis qu'il y a des chefs de princes, 
jamais rien de semblable n'était arrivé ; jamais un inférieur n'avait 
pris une telle revanche I " 

Là-dessus, il rentrèrent dans le royaume de Ou. Sur la route, 
Ou Tse-siu passa par la ville de Li-yang ^ |^.^^^ Cest alors seule- 
ment que le roi de Tch^ou osa rentrer dans son royaume. 



1 Cest maintenaot le bourg de Kiuntch'ef^ IH jjl, à Test de Po-lioghien, pré- 
lecture de Yo-tekeott^ou i|^ /H m* Hou-nan. (Edition impériale, ibid). 

* Chen Tchon-leang était fils du géoer. 1 Chen Yng-siu. ancien transfuge de Ou ; mais 
]a mère de Heou-ts*aQg n'était pas la mère de Tchou-Ieang; c'était donc une concubine du 
général, d'après le conunentaire. Tchouleang donna t ici une leçon de piété filiale à 
ton demi-frère. S'il ne pouvait ramener sa mère, il devait rester près d'elle, pour la 
consoler et la servir. (Tou Lin, vol. 45» p« 2). 

Préfecture de Tchevs-hiangfcm ^ tL M (Kiangsou). 



( 96 ) 

Ho^Iiu apprenant le retour de ses trois généraux fit préparer nu 
grand festin; on y servit, pour la première fois, des boulettes de 
poisaon/^^ Ce fut à l'occasion de cette rentrée glorieuse que la porte 
Tcliang-men BQ Hi ^ Pou-tcheou, reçut le nom de P^ouo-tch^ou-men 
|j2l^ ^ P^^ ou porte par laquelle on est sorti pour abattre le lojraume de 
Tcli^ou/=> 

En 502, à la 4^" lune, le jour appelé Ki-tcheou £ jQ^, le prince 
héritier de Ou, nommé Tchong-lei |^ jH battit la flotte militaire «fa 
Tch^ou, fit prisonniers F^an Tse-tchen }5J| ^ g, Siao-toeùtse i]« fH ^, 
et sept autres grands officiers. Le royaume de Tch^ou eut grandement 
peur, et trembla de nouveau pour son existence. Le prince ne-ki 
-^ J^, conduisant l'armée de terre, fut aussi battu à Fan yang f(^ ^ 
par les gens de Ou. Tse-ai ^ |f, devenu premier miuLstre, se réjouit 
de ce double désastre et s'écria: ^^ Maintenant c'est bien!'' II avait 
compris, en efiet, que pour rendre ce royaume fort et stable, il fallait y 
opérer plusieurs changements importants. On transféra d'abord la 
capitale à Jo ^}',^^^ on modifia tout le système de gouvernement. 
(Edition impériale, vol. 34— Tou Lin : Ting-kong, 6^' année). 

Quand les troupes de Ou furent bien reposées, Ho-liu réunit ses 
ministres en conseil; il voulait faire la guerre au roi de Ja'i If. 
Celui-ci, nommé King Jj; (547-489), fut terrifié à cette nouvelle; ii 
envoya sa fille Siao-kiang >]> H comme otage au roi Ho-liu, qui la 
donna à son fils le prince héritier F^ouo j^/**^ Mong-tse pbrle de oe 
fait comme d'une indignité; un prince cliinoit donner sa fille à un 
sauvage comme le roi de Ou; c'était inconcevable! (Zottoli II, p. 
4L)7). Cotte fille eut bientôt la nostalgie ; jour et nuit elle ne faisait 
que penser à son pays, et pleurer ; elle finit par en tomber malade. 
Ho-liu fit bâtir pour elle la haute porte nord de iSou-tcheou, qu'il 
appela Wang-isH-men El? SF P^» po^te pour regarder le royaume de 
Tti*-i ; il exhortait Li jeune princesse à y aller souvent pour diusiper son 



1 Ce mets traditionnel est donc venu aux gens de Ou par leur ancien roi Ho^lio. 

2 C'est après cette grande expédition que Holiu se b&tit des palais et des maisons de 
plaisance, des kiosques et des tours. Il avait de l'argent; le butin de guerre avait été 
imme se. Sa résidence d'été éuit à iTott sou-rat ^ f^ fi) à trente ly sud-ouest de la 
ville, en dehQrs de la porte Siu^men W f^* On y respirait l'air pur et frab dn lac 
l}aih(m >(^ jiJjS* ^^ hiver, il habitait sa capitale de boutcheou. (LiéJunio tche, 
vol. 17, p. 25). 

3 C'est maintenant lich'eng ÎË M (Hou-pé). 

4 Le grand seigneur Paom(m JÊ, 4JC accompagna la fille chérie du roi King jusqu'à 
Soutcheou. C'est alors que lui et Ou tse-siu s: lièrent d'une étroite amitié Quand 
plus tard Ou Tse-siu désespéra du salut de Ou, il envoya son fiU à son ami Fao-mun, dans 
le royaume de Ts'i. (Lié-kouo tche, vol 17, p« 22). 



( 97 ) 

chn^rin. Tout fut îuutile; elle ne pouvait ee distraire; sa maladie 
B'a^rava de jour en jour; enfin elle mourut. Elle avait dît: ^^ Peut- 
être les morts ont^ls encore quelque connaissance (de ce qui se passe 
autour d'eux); il faut donc m'enterrer sur la montagne Yu-chan ^ 
lll,^'^ afin que je puisse toujours r^arder de là mon pays de Ts*i." 
Ho-liu avait grand regret de la pi*rdre; il ordonna de faire comme 
elle avait désiré. Le prince héritier, à son tour, tomba malade de 
douleur et mourut/*^ 

L'embarras de Ho-Iiu ne fut pas petit. II avait beau réfiiéchir 
pour décider auquel des autres princes il laif^erait la couronne; il ne 
parvenait pas à fixer son choix. Le fils du prince héritier défunt 
P^ouo î8t se nommait FoU'tch''ai ^ ^. ^*^ Celui-ci obsédait nuit et 
jour Ou Tse-siu: "Le roi, disait-il, veut se choisir un prince 
héritier; si ce n'est pas moi, quel autre peut-il donc avoir en vue? 
En vérité le sort de la couronne est entre les mains de votre Excellence." 
Ou Tse-siu répondit: "Le choix du roi n'est pas encore arrêté; si 
j'entre chez lui, je puis l'aider à prendre une décision." Peu après, 
Ho-liu appela Ou Tse-siu pour lui demander coaseiL Ou Tse-siu parla 
en ces termes: "J'ai ouï dire aux anciens que Tordre cesse d'exister 
dans un royaume dès que la succession est interrompue; mais, qu'il 
fleurit dès qu'il y a une postérité assurée. Malheureusement, le prince 
héritier est mort; il n'a pas eu le bonheur de vous servir. Et maintenant 
votre Majesté veut eu établir un autre; il n'y en a pas de comparable 
à Fou-tch'ai, le fils du prince défunt." ^^^ Ho-liu répliqua : "Fou-tch'ai 
n'a pas beaucoup d'esprit, et manque d'humanité; peut-être sera-t-il 

1 Au Dord de TrÀm^ckou V^ fjj^^ préfecture de Sou-tcheou. Cette montagne fut 
romm^ Tchang.<:hou sous la dynastie Tan^ JH (637 après J.C.) - Kiangt^aiktmg 
J^ >fc 2^, Paocêtre des rois de Ts*i, y avait vécu en solitaire — A trois ly, nor <-ouest de 
la montngne. il y a une pagode en l'honneur de Keim-ts^ien ^ B|^ ^^^ ^^ Yué.— A deux 
ly ouest de la ville, il y en a une autre en l'honneur de Fou.tch*ai dont nous allons bientôt 
raconter l'histoire. (Ou-ti ki, p. 4). 

> Tchong-lei fut enterré dans lefpays de Kiang^ji^ ft l^v à 60 ly ouest de la 
ville, dans la circon.«cription nommée T^'ien^teheou ^ ^* A quelques ly ouest de 
notre église de Li-tat (Lo-dai), on a bâti sur son tombeau une pagode appelée Ki-koom^-miao 
iR 3fc Jft- (Kiang-ynghien tche, vol, 22, p. 7). 

3 Fou tch*ai avait alors 26 ans; il était né de la première femme de P*ouo, 

* Le recneil Ou-ti ki dit que Foii-tch'ai était le frère cadet de Tehang-IH $? K* 
Alors, que faire de P^(mo $C > Il y a des auteurs qui prétendent que Ho-liu eut trois 
filft> Peat^r« encore Pouo et Tchong-lei seraient les deux noms d*un même individu. 
Dans ce pays, chaque homme a plusieurs noms. — Tchao I, vol. 2, p. 23, parle encore 
d*Qn antre fils de Ho-lia, qn*il nomme Ting ^—- Le recneil Liékono tche dit aussi 
que la princene de T9*i fbt mariée an prince P^ono. Il semblerait donc probable que 
Tchong lei et P'ouo désignent le môme personnage. 



( 98 ) 

incapable de gouverner un royaume comme celuî de Ou.'* Ou Tse^n 
répondit: ^^Fou-tch*ai est vraiment un homme qui aime le peuple et 
la vertu; il a de la tenue dans ses actions; il est attaché aux coutumes 
«t à la justice. De plus^ diaprés Pancien droit^ le fils doit succéder 
au père.'^ Ho-liu dit alors : ^^ Moi, homme de peu, je suis le conseil de 
votre Excellence; et je choisis Fou*tch'ai pour mon héritier.^' (Ou 
Yué, vol. 2, p. 22, etc*) 

Nous arrivons à la dernière année du règne de Ho-liu. Confocite 
dit dans sa chronique: "A la 5*°** lune de Tannée 494, Yu Yué 
vainquit le roi de Ou, à la bataille de Tscei-U |JS H; Koang, le roi de 
Ou, mourut." Koang n'est autre que le roi Ho-liu. Oonfudus donne »n 
nom de jeunesse et de priuce^ parce que le royaume de Ou n'avait pas 
encore fait de traité d'amitié avec le duc de Lou. Quand les princes 
sont en relations d'amitié, leurs titres sont censés connus; alors on 
n'indique pas leurs noms de jeunesse. Voilà Pexplication des com- 
mentaires. Le même cas se voit souvent dans l'histoire de Tsouo 
K4eou-ming, 

Se-ma Ts^ien dit: ** Ho-liu ayant appris la mort de Yuen4ch!'(»ng 
yQ ^y roi de Yué, alla attaquer ce royaume. Mais Keoii-tef'ten ^ 
JKi son successeur, fondit 4 l' improviste çur le pays de Ou, et tua 
même d'un coup de flèche le roi Ho-liu." 

Le récit de Tsouo K4eou-ming est un peu différent; le voici: 
(Tou Lin, vol. 46, p. 12.) 

Holiu alla faire la guerre au roi de Yué,^*^ pour le punir de son 
inva^don de l'an 503— Keou-ts^en vint à sa rencontre, et finit 
même par entrer dans le royaume de Ou. C'est à Tsoei-li qu'il mit 
son armée en ordre de bataille. Voyant que les gens de On iBStaient 
résolument serrés les uns contre les autres, sans rompre les rangs, il 
commença à craindre. Deux fois déjà il avait lancé en vain des 
soldats voués à la mort attaquer et harceler Parmée ennemie; ces 
.soldats se faisaient même prendre exprès, par les gens de Ou, dans 
l'espoir de mettre ainsi quelque trouble dans les range; mais ce 
manège n'avait pas réussi. Enfin il envoj'a trois rangs de malfaiteurSi 
<(ni tenaient des sabres posés sur leur nuque, et disaient aux gens de 
Ou: ''Les deux mis avec leur armée s'observent mutuellement; 
nous, vos K^Tvîteurs, nous avons désobéi anx signaux des tamboiurs et 
<l(is drapeaux ; ignorants que nous sommes» nous voici à genoux devant 

^ Les princes de Yué étaient lesdescendnnts da ûIb d'une concabine de Temperenr 
Chaoh'ttft^ èp J^, (2079-20Î7 avant J.C). Ce fils de concubine avait rtça en fief la 
ville de A'^peikf # ^. Cest la ville actuelle de Chao-hms^ou {B jft Jlïi Tdié- 

kling. (Edition impériale, vul% 36, p. 27), 



( 99 ) 

notre r«n; tiotiR ne récusons pas la punition qui nous est due ; la mnrfc 
nous est désirable, comme le retour dans la patrie.'' Sur ce, ils se 
tx)upèrent la gorge. Ce sppctacle avait fixé les regards de^gens de Ou ; 
pendant œ tempR, ils oublièrent de prendre garde; le roi de Yué 
profita de cette dif»traction, les attaqua subitement par le flanc, et 
remporta une grande victoire. Ling-kou-feou |^ ^ j!^ général de 
Yué, blessa de sa lance le roi Ho-liu lui-même» Celui-ci eut un gros 
doigt de pied coupé; et perdit son soulier. Il se retira du champ de 
bataille, et mourut à King fg, à sept \y de Tsoei-li/^^ 

Fou-tch^i, devenu successeur de Ho-lîu, ordonna de placer à sa 
porte un garde avec la consigne suivante: à chaque fois qu'il entrait 
•ou sortait, le soldat devait lui dire; "Fou-toh'ai, avez-vous oublié que 
le poi de Yué a tué votre père?" Alors Fou-tch^ai de répondre: 
^^Oui, je le sais; comment oserais-je l'oublier !" Trois ans plus tard, 
îl alla se venger de Yué. (Lié-kouo tche, vol. 17, p. 28). (Tou Lin, 
vol. 46, p. 12. — Ou Yué tch^uen-tsMeou, voL 2, p. 23). 

Le tombeau de Ho-liu est en dehors de la porte Tchang-men, 
À l'endroit nommé Bou-Jc^teoii-chan ^ £ jll, colline ou butte du tigre. 
Le cadavre fut enfermé dans un triple cercueil de cuivre ^,^^^ comme 
il est dit dans P histoire de Sou-tcheou. Devant ce tombeau on creusa 
une pièce d'eau, profonde de six pieds; dans le cercueil on mit des 
canards et des oies en or, des perles et ses trois épées [)récieusefl. 
Comme on avait placé sur le tombeau un tigre en pierre, on appela 
cette butte la colline du tigre. (Mei-Ii tche, vol. 2, p. 35.) L'endroit 
est au nord-ouest de la sous-préfecture Ou ^, à neuf ly et deux cents 
pas de distance. ^^ Il est dit qu'on employa cent mille hommes, 
Tenus de cinq préfectures, pour creuser l'étang et élever la butte.^^^ 

Depuis lors, des légendes se sont formées; c'est ainsi qu'on 
faoonte les faits suivants: Trois jours après l'enterrement, un tigre 
blanc apparut sur la colline, d'où lui est venu le nom cité plus haut; 
alors, dit-on, l'or et l'argent renfermés dans le cercueil se changèrent 

1 C'ot le bourg actuel du même nom» à 45 ly au sud de la ville de KîorhiMg'hien 
S 9k Xi» Tché-ktang. Ce territoire appartenait au royaume de Ou. 

^ Difiërents auteurs, an lieu du caractère T^ottg |^ (cuiTre)» ont écrit T^on^^ 18 
^kzùcooca vemkifnri arbre très commun dans le pays, et dont le bob est mauyaiar 
C'est évidemment une erreur. 

^ )1 y a lit beaucoup de fleuristes et de marebands d'arbre». 

^ Le recueil Sou-tcheou-fou tche dit qu*on employa aussi des éléphants pour le 
transport de la terre. D'après Lié4)u-hiang §l| fi), de la dyna5tie lion ^, oe tombeau 
aurait déjà été ouvert et déshonoré par les gens de Tué, dans une de leurs invasions. -« 
31aintenant, les maisons do la pagode occupent l'emplacement de l'ancien tombeau. 



( 100 ) 

en tigres; etc^ efc. — Quand le fameux roi TsHn Clte-hoapg m ^ 
passa pur cet endroit, il voulut prendre les trois épées de Ho-liu; mais 
un tigre Fe tenait couché sur le tombeau, pour le protéger ; Che-hoang 
saisit une épée pour le tuer; il manqua son coup, et frappa la pierre; 
la marque est encore visible, parait-il ; le tigre s'enfuit à vingt-cinq 
\y de là, et disparut à un endroit nommé HouAieou )j| f^ qui autre- 
fois s'appelait aussi Hou^Jiou^koan f|4^ S M- ^bUb on rapporte que 
l'emp«^reur K^en-long passant par-là se trompa en lisant le premier 
caractère, qu'il prononça: Hiu (ckou-koan); et depuis lors on dit ainsî^ 
puisque l'empereur ne peut pas se tromper! — Ts'in Che-boang ne 
trouva pas d'épées; il fit en vain creuser un grand trou» qu'on appela 
Kien4ch^€ j^ fji^ fosse de Pépée. Tout à côté il y a une immense 
pierre, sur laquelle mille hommes peuvent s'asseoir, dit-on ; d'où soii 
nom de lYien-jen-che ^ A 5^* ou pierre de mille hommes. 

Sous la dynastie Tstn fp (265-419 après J.C.). les deux frères 
ministres Wang-^un ^ Jêj et Wang-ming ï ^i ^^^^ J* ^^ grand 
parc. En 328, ils donnèrent des terres et des maisons aux bonzes 
gardiens du tombeau et de la pagode. Les constructions actuelles 
datent du commencement de cette dynastie. La tour à sept étages 
est de la dynastie des Soei gg (581-618 après J.C.)* époque ou le 
bouddhisme florissait en Chine. (Ou-ti ki, p. 7 — Ou-kiun tou-king, 
vol. 2, p. 12 — Mei-li tche, vol. 2, p. 35 — Sou-tcheou-fou tche, voL 9, 

p.i). 

En allant de Ou-si à Sou-tcheoU) on peut voir à son aise tous ces 
bâtiments en regardant à gauche de la barque. Plusieurs fois, ces 
constructions ont été dévastées par des incendies; mais la tour avait 
toujours échappé jusq'à la dynastie des Ming f^ (1368-1544). [Sou- 
tcheou-fou tche, vol. 39, p. 18 — Ou-ti ki, p. 7]. 

Le huitième fils de Ho-liu est enterré à San-tœn^'eou iSi^Mt 
un peu au nord de notre église de Tcheou4choang JgQ j£, territoire de 
Kiang-yng tL^* Il y a là un souterrain voûté, long de plus de dix 
tchang ^ (ne. cent pieds); c'est un hypogée, genre de tombeau si 
ambitionné en Chine ! (Kiang-yng-hien tche, vol. 23, p. 1).^^^ 

1 Voir ci-après le jng^metit porté sur Ho-lia par un ennemi; selon lui c'était 
un grand roii et an grand guerrier. 



( loi ) 



CHAPITRE VIII. 



LE ROI FOU^TGH'Al * H, (494-472.) 



Le ooinmeataire donne ^introduction suivante, que je traduis 
arce qu'elle résume asaez bien tout ce règne. (Tou Lin, vol. 47, p. 2), 

^^La 2*"»* année de Ke(m48Hen ^ 0|i ^i de Yué, Fou-tch^i 
Eivahit le royaume de Yué, et assiégea la capitale KoeUki "^ H 
193). Eeou-tsHen envoya les deux grands ministres Wen-tchong % |t 
t; Fan-li J^ H pour faire la paix. Quatorze ans plus tard (479), il 
ivahit à son tour le royaume de Ou; six ans encore plus tard (473), 
assiégea la capitale de Ou. Le siège dura trois aus; en 472, les 
sns de Yué venaient annoncer leur victoire au duc de Lou; en 471, 
â détruisirent le royaume de Ou; ils se promenèrent dans le nord 
isqu'au fleuve Hoai. Leur roi eut une entrevue avec les rois de IVi. 
3 Tsin, et les autres princes, à Siu-tcheou-fou ^ ii[J^. L'empereur 
'uen jQ (475-468) lui envoya, par un messager spécial, de la viande 
ferte daus les sacrifices, et lui ordonna d'être le chef des rois et des 
riDcee. Tous les princes situés à l'est du fleuve Uoai vinrent alors lui 
Icir des cadeaux, et le saluer comme leur chef. 

D'après le vieux bouquin Yué-ts^ué, p. 7, les gens de Ou et 
) Yué avaient le même langage, les mêmes mœurs; c'étaient des 
s barbares de la même race. 

Note. — A cause de l'abondance des matières, nous diviserons ce 
lapitre en plusieurs paragraphes. 



§1. GUERRES ET VICTOIRES DE FOU-TCffAI, 

DANS SA LUTTE CONTRE LES BOIS DE YuÉ ET DE Ts^L 



En 493, Fou-tch*ai battit le roi de Yué à Fou-Uiao ^ |ft,^>> pour 
venger de la défaite subie à T8oei4i jjg £. De suite, il envahit 
pays de Yué. Keou-ts4en choisit cinq mille soldats qui avaient des 

1 Au sud-ouest de la sous-préfecture de ^M^, Soa-tcheon-fou, an milieu du lac 
»*-*<» ^ ilM* On l'appelle aiisii Tiiao chan ^ lij , ou encore /'ck'^i^^i ÊiUli 
vaîsxï ^t'oni-rùtg-chan AMfilU* (Ëditîen impériale Tjl. 6, p. 2). 



( 103 ) 

cuîraases et des boucliers, et se cantonna dans la forteresse de Koei-ki 
'g' H/*^ De là, il envoya son ministre Tchong H ponr traiter de la 
paix; celui-ci avait ordre de s'aboucher avec le grand ministre de Ou, 
nommé Pé-pH (^ S5- ^^ Sur ce dernier, voici ce que dit le commentaire: 
Pé-p4 était un ancien oflScier de Tch^ou, réfugié dans le pays de Ou, 
comme nous l'avons vu plus haut. Devenu ministre, il était très 
agréable à Fou-tch^ai ; c'est poiu"quoi l'ambassadeur devait s'adresser 
à lui, et le gagner par deu cadeaux. Le roi de Ou était sur le point 
d'accorder la paix, lorsque Ou Tse-âu se présenta et lui dit: "Ne 
fait^ pas cela. L'arbre une fois planté, s'il a de la forje, prend un 
accroissement continuel; s'agit-il d'enlever la mauvaife herbe, il faut 
Pextirper radicalement. Autrefois, Yao ^, roi de Kouo îft, tua 
Tchen-koan |^ 29 pour aller attaquer Tchensiun |^ ^;S; puis il 
anéantit Siang Jfy (2146-2119 avant J.C), empereur de la dynastie 
Hia J[/'^ Or, le royaume de Ou est loin d'égaler en force le 



1 Sur la montagne da même nom, au sud de Ckan-yng-hien jlj |^ )|^. Autrefois 
cette montagne s'appelait fangcltan ^ |lj, ou Mao-chan 1^ il], ou encore Tong- 
ckan ^ il]. Dans les vieux livres, on mentionne déjà cette montagne comme fameuse; 
elle se trouve à douze I7 sud-est de Koeûki hien "^ ^ j|^, prélecture de Chaohingfou 
8 % Hii ïché-kiang. (Edition impériale, vol. 36, p. 2). 

* Ta-tsai P'i, Pé-p*i, Pé-hi sont trois noms du môme individu. (Yué-ts*iné, 
vol. 6, p. 2.— vol. 6 p. 3). 

' L'édition impériale, vol. 25, p. 14, raconte les faits pluç en détail, comme il 
suit: L'impératrice Ming ^f qui était justement enceinte, réussit à s'échapper par 
un trou et, rentrée chez son père» roi de Jtm yj-^ elle mit au monde un enfant qui 
devait être plus tard l'empereur CAao-A'ang *j? % (2079-2057), mais qui alors 
était simplement Pasteur en chef de la principauté de Jeu. Ce p&tre détestait le roi 
Yao, et sut éviter ses embûches. Yao avait en effet envoyé un officier, nommé Tst'ao 

Ht) chercher ce rejeton impérial, pour le fiiire péril. Celui-ci s'enfuit chez le prince 
de 1^ ^> et se ût chef cuisinier, pour dérouter de nouvelles recherches. — Se jg, 
prince de Yu, fut content de ce fugitif; il lui donna ses filles Voû ^ pour femmes 
ît la ville de Lum Kg pour fief.— Le territoire de ce fief n'avait que quarante I7 de 
âroonférence; il n'avait que cinq cents soldats. C'est pourtant de là qu'il étendit son 
xmvoir, qu'il sut reconquérir l'ancien empire de I/ia 5i et gouverner de nouveau 
es princes. Il envoya l'officier /ou-ngai jÇ ^, explorer Yao ^, il envoya son 
)iopre frère Ki-chou ^ i^ tromper I fe, frère de Yao. Ainsi il réussit à détruire 
es deux principautés Kouo jâ, et Kmo ^^ enfin il égala en gloire l'ancien empereur 
Ki# Ji« Il sacrifia à ses ancêtres comme fils du ciel. Bien n'était perdu de ses 
anciennes possessions. Quant à la principauté de Yu ^, elle avait pour princes des 
lesbendants du grand empereur Chcen ^— A trois ly de Yu tch'tfig hùn J|( ^ )|^^ 
)réfecture de KotUé-fou S$ fô iJT (Honan). il yaericore l'ancien bourg de Yu;/€A*eftg 
% JjjJ- (Edition impériale, vol. 36, p. 2.)— A35 ly sud-est de la même ville Yu-tch*eng- 
lien, il y a encore l'ancien bourg de Kou lucn-tch'eng "^ fj^ jj^. (Edition impériale, 
bid.) 



( 104 ) 

rojaume de Kouo; et le roi de Yué est bien plus puissant que Chao- 
k^ng. Et ne le deviendra-t-il pas de plus en plus? Ne sera-t-il pas 
un jour la cause de notre ruine? Eeou-ts^ien est un homme qui sait 
aimer son peuple et lui faire du bien. Qui est bienfaisant, ne perd pas 
l'affection de son peuple; qui aime ses sujets, n'oublie pas le moindre 
dévouement. Il est notre proche voisin, et notre ennemi sécolairB. 
Maintenant, l'ayant entre les mains, nous le laisserions subaiater! Oe 
serait aller contre les desseins du ciel ; ce serait fortifier notiB ennemi ; 
ensuite, nous aurions beau nous en repentir, ce serait trop tard; dès km 
les jours de notre famille régnante Ki j|g seraient comptés t Noos 
sommes entourés de tribus sauvages, et nous augmenterions enoore h 
noml^ de nos ennemis ! Vous comptez ainsi devenir chef des priocei; 

mcdtre, impossible d'y penser 1 " 

Le Kouo-yu B ^, vol. 20^ p. 2, donne une version du disooars 
de Ou Ite-siu beaucoup plus simple et plus efficaoe, semble-t-il« Sans 
doute que ce ministre a du plus d'une fois entretenir le roi sor œ 
grave sujet; il a donc pu prononcer ces deux discours différents. Yoici 
ce qu'on lui fait dire: ^^11 n'est pas possible de faire la paix avec 
le roi de Yué; nos deux royaumes sont rivaux, et presque égaux 
sur le champ de bataille. Nous sommes entourés de trois côtés par 
la mer et les fleuves; notre peuple ne peut ni émigrer ni s'étendre; 
il faut aller prendre les territoires de Yué. Ou bien le royaume de 
Ou subsiste, et Yué périt; ou bien Yué demeure, et Ou disparaît; à 
cela il n'y a rien à changer. J'ai toujours entendu dire que les 
cultivateurs restent sur leurs terres, et les pêcheurs sur leurs oaoaixx. 
(Ainsi donc, restons chez nous, sans nous exposer vers le noid). Qap^ 
posé même qu'en attaquant les princes septentrionaux (c'est-à-dirs 
chinois), nous les vainquions, nous ne pourrions jamais demeurer Éot 
leurs terres, ni nous servir de leurs chars. Si nous prenons le paya de 
Yué, nous pourrons l'occuper, et nous servir de ses barques; cet 
avantage ne devrait jamais nous échapper. Si nous détniiaooa Yàé, 
c'e!>t la chose la plus avantageuse qui puisse nous arriver; plus tard, nous 
aurions beau nous repentir de ne l'avoir pas fait, il ne serait pins 
temps!" 

Fou-tch^ai n'écouta pas ces conseils. Ou Tse-siu disait en sortant 
de l'audience: ^^ Pendant dix ans, le roi de Yué .augmentera ses 
sujets; pendant dix ans, ils les instruira dans l'art de la (guerre; 9;pTès 
vingt et quelques années, le pays de Ou ne sera plus qu'une province 
dans le rovaume de Yué !" 



( 105 ) 
Cadeau au MiNittriiK PÉ-r'i. 




( 106 ) 

A la troisième lune, les rois de Ou et de Yué firent la paix.^^ 
Confuciiifl ne niconte pas ctîtte expédition de Fou-tch*ai; c'est qu'il 
ifavait pas aniioocé ofHcielluineut sa victoire ; ni Keou-ts^en sa défaite. 
Le commentaire ajoute une autre raison: ^^Confucius n'aimait pas ces 
Fauva^es^ si différents des Chinois; il les ignorait le plus possible." 
(Ton Lin, vol. 47, p. 3). 

Quand en 504 Ho-liu avait envahi le pays de Tch'ou, il avait; 
envoyé un ambassadeur appeler Hoai-lcong 'U >^, prince de Tchl'tng 
(9^ (505-500). Ce dernier avait aussitôt convoqué tous les grands 
et les notables à la capitale: il leur avait dit: "Que ceux qui pren- 
nent parti pour Tch^ou se mc^ttent à ma droite; ceux qui veulent 
suivre Ou, à ma gauche. Ciux dont les terres étaient voisines de 
Tch'ou se mirent à droite du prince: ceux qui étaient proches de Ou 
se mirent à gauche: ceux qui n'avaient ]»oint de teri'es, suivaient leurj 
prédilection. Alors Fong-hon j^ \^, l'un des convoqués, se mît droit i 
eu fiice du prince, et dit: "J'ai ouï dire que les royaumes floriasants 
sont bénis (du ciel); œux qui sont destinés à périr, subissent des- 
calamité*». Ju«qu'ici, le n^yaume de On n'a pas encore eu de bénédic- 
tions; le royaume de Tch^ou n'a |)as encore eu dé Ciilamités. Il ne faut 
pas nons réparer de Tch'ou pour nous unir à Ou, Du reste, c'est le 

i A ce sujet, on raconte ce qui Miit: Les gens de Yué avaient choisi huit des plus 
belles filles de leur royaume, et les avaient envoyées en cadeau au ministre Pé-p*i, en lui 
disant: *' Si vous nous obtenez U paix, nous vous enverrons d'autres filles encv>re plus belles 
que celles-ci." Là-<le*isus, le premier ministre ^tnit allé voir Fou-tcli'ai, et lui avait parle 
en ces termes : *' J'ai entendu dire que les anciens rois attaquaient les autres royaumes pour 
obtenir leur soumission. Yué se soumet absolimicnt; que voulon-^-nous de plus?*' Alors 
Fou tch'ai avait conclu la paix, et était rentré dans sa capitale. (Kouo yu, vol. 20, p. 2). 
Keou-ts*ien se montra si obséquieux envers Fou-tch'ai, qu'il lui servait quasi de domestique. 
AprOs trois ans d'offices si humbles, Fou-tch'ai croyait Keou-ts*icn converti, et gagné à sa 
cause. Il le renvoya donc dans son royaume ; il lui offrit m/^me des territoires, ï our 
agrandir ses é ats, mais Keou.ts*ien les refusa; de j)lus, il laissa de ses fils et de ses filles à 
la cour de Ou, comjnc gage de fidélité.— -(Lié kouo tche, vol, 18, p. 18). Fou-lch'aî 
avait reçu en cadeau la fameuse Si-che l!ï JÈi ^^ P'^^ \x\\q femme qu'on ait jamais vue 
eu Chine, dii on. Il lui l>âtit un palais ou Koui kodkong gff J^ 'S^ sur la colline 
de Linsynx ® fit UJ« à trente ly ouest de Soulcheou. Autrefois celte colline 
s'apfielait J/oa-rhan /Ê l^J*» (mont'gne fleurie, montagne des fleurs). Ho-iiu s'y était 
dcjà îwti un kiosque, il cau^e de la beauté du coup «l'oeil —Actuellt ment, on y voit des pa- 
gode > qui datent de la dynastie Tsin "jj*- AcVé. il v a un tambour en pierre d'une étendue 
de tf < nte brasses (?). Peuple et lettrés aflirmcnt qu'il l>at la générale de lui-môme quand il y 
a mci.nv;e '!• i:,ii»rro .)ii autre danger quc'conque (Ou li ki, p S) — A la chute du royaume de 
Ou, Si che s« noya, dit on, dans le canal Liho JSi, l^i ^^ ^ud de llong-chan. Quand 
ï'an-li vit l'endroit, il soupira trois fois; d'oïl le nom donné à ce canal: Sm^cm-Vang 
r'. ^ y^* D'autres auteurs disent que Fan-li aurait été séduit par Si-che, D'autres 
encore affirment que la femme légitime du roi la fit noyer, par jalousie. Bref, il y a 
beaucoup de légendes populaires sur elle ; toutes lui reprochent la ruine du royaume, et le 
malheur de ceux qui ont approché d'elle. (Meili tche, vol, 2, p. 22), 



( 107 ) 
La iiki.i.e t?i-riiK. 




( 108 ) 

rc'i de Tsin g qui est le chef des prlnoes ; à lui de répondre & 
Fou-tch^i. Que vous en semble ?*' — ^A ces mots, Hoai-kong répondit : 
^ Lie pays de Tch^ou a été vaincn ; son roi a été chassé de sa capitale ; 
«. cela n'est pas une calamité, qu'est-ce donc ?"— Fong-hoa répliqua : 
^^ Bien des royaumes ont eu semblables événements, qui oserait pré« 
tendre que Tch'ou ne pourra pas aussi bien qu'eux se relever ? De 
petits états l'ont pu; pourquoi un plus grand serait-il impoiasant? 
J'ai toujours entendu dire par les anciens qu'un royaume floriasaiit 
est celui où le roi soigne son peuple comme on soigne un malade ; 
voilà ce qui s'appelle être béni. Qui doit périr, rq;arde son peuple 
comme de la boue et de l'herbe ; voilà ce qui s'appelle une calamité. 
Quoique le roi de Tch^u soit sans vertu, il n'a pas encore traité 
son peuple comme de l'herbe qu'on arrache ; oelui de Ou, par ses 
guerres continuelles, extermine son peuple; les ossements de ses 
soldats restent dispersés de tous côtés privés de sépulture, comme 
de la mauvaise herbe qu'on a déracinée. Personne ne s'est encore 
aperçu de sa vertu 1 Peut-être que le ciel se sert de lui pour exhorter 
et redresser le roi de Tch^on ; mais les malheurs qui vont fondre 
sur lui ne sont pas loin ; nous n'attendrons pas longtemps avant de 
les voir arriver." TiO roi de Tch^eng ^ se rallia à cet avis. 

Quand Fou-tch^i eut vaincu le royaume de Yué, il se «ovint 
de la haine de son père contre le roi de Tch^ng ; en antomne, à la 
huitième lune, il fondit donc sur ce pay?. A cette nouvelle» les officiers 
de Tch^ou eurent grand' peur pour eux-mêmes ; ils disaient : ^Ho-liu 
avait son peuple dans la main, et pouvait s'en servir à volonté ; c'est 
ainsi qu'il a pu nous battre à Pi-kiu ijfy J/t. Maintenant, nous 
avons appris que son successeur est encore plus capable que Im; 
qu'allons-nous donc devenir ?" Tae-si ^ m, frère du roi, leur répondit: 
^^Mes bons amis, soyons toujours unis entre nous ; alors aucun malheur 
ne nous arrivera du royaume de Ou. Autrefois, Ho-liu ne mangeait 
pas deux mets différents dans un repas, il n'avait pas deux nattes 
à son lit, ni des maisons hautes et confortables, ni des meuUes 
ornés et sculptés, ni des palais à étages et vérandahs; ses 
vaisseaux et ses chars n'étaient pas surchargés d'ornements; 
ses vêtements et ustensiles n'étaient pas choisis pour leur 
beauté, mais pour leur solidité. Si dans son royaume il y avait des 
calamités publiques, lui-même allait prendre soin des orphelins et des 
veuves, aider les pauvres et les indigents. Etait-il dans un camp, 
il voulait d'abord voir distribuer la nourriture à ses soldats, ensuite 
seulement il se mettait lui-même à table, content de la même Donrritore 
qu'eux. Il s'appliquait à ménager son peuple; il partageait avec 



( 109 ) 

lui 8B6 peines et ses joies ; c'est ainn que son peuple ne fut jatnscis 
fatigué ni dégoûté de lui ; ses gens savaient qu'après leur mort 
leurs familles ne seraient pas délaissée?» Notre premier ministre 
d^akns était tout juste le contraire de lui ; c'est pourquoi nous avons 
été battus. ^^^ Maintenant on dit de Fou-tch^ai que s'il pasEe deu^i; 
jours en quelque endroit, il s'y bâtit des pavillons, des touiv, creuse dé^ 
viviears ; chaque nuit il lui faut des concubines et des chanteuses ; s'il 
flCNrt, pour une joamée, tout ce que désire son cœur doit b'aocomptir ; 
ses bijoux, ses amusements doivent l'accompagner ; toutes sortes de cu- 
riosités et de raretés sont recherchées et achetées pour lui ; amusements 
et musique, voilà sa plus grande pnkxxsupation. Son peuple est traité 
en ennemi; chaque jour il lui impose une nouvelle corvée; ainsi 
lui-même s'est ruiné tout le premier ; comment pourrait-il venir nous 
faire du mal ? " (Ton Lin, vol. 47, p. 5). 

Pour l'année 492, Oonfucius écrit: A la onzième lune» le 
prince de 2Vaf D^ émigré à Tcheou4ai H\^; il fait massacrer son 
ministre Kang-ise â^e ^ -^ IS« TsouO'k'îeou-ming ajoute les détails 
qui suivent : Sié-yong fSk JÉ> ^^ grand officier de Ou, étant allé 
dans le pays de Ts*ai, avait distribué force cadeaux, et introduit se- 
crètement un bon nombre de soldats. C'est seulement après le fait 
accompli qu'on en eut connaissance* Le prince de IVai ordonna à 
ses offiders de tuer son premier ministre, afin de pouvoir s'excuser 
soi-même devant le roi de Ou, comme si ce meurtre eût été une 
punition. Avant d'émigrer, il alla au tombeau de ses ancêtres 
pleurer, et leur dire adieu. C'était en hiver. 

Pour plus de clarté sur ce fait, il nous faut consulter une note 
fournie par Hoa Ngan-houo |B ^ ■ (Edition impériale, vol. 36, 
p. 9): Tcheou-lai était une principauté que le roi de Ou s'était 
annexée. L'année précédente, le prince de Ts'ai lui-même avait 
demandé à transporter ses pénates dans le royaume de Ou, parce qu'il 
craignait le roi de Tch^; mais bientôt après il en avait eu regret; c'est 
pourquoi l'ambassadeur de Ou était venu lui rappeler sa promesse, 
et avait introduit des soldats pour l'obliger à la tenir. Le prince 
voulut s'excuser, comme si son ministre avait été opposé à ce projet : 
il le fit tuer comme b'il eût été cause de ce manque de foi. C'est 
donc le roi de Ou qui a forcé ce prince à émigrer. Auparavant, le 
roi de Tch'ou avait soumis cette principauté, et se l'était annexée ; 

1 Ce bel éloge de Ho-liu ne cadre guère avec le discours précédent où Fong-hoa, 
de Tch<eDg, déblatérait coatre les rois de Ou 1 Lequel des deux orateurs a raison 7 
Chacun parle d'après la passion du moment. Le ministre dont il s'agit est Titt-tcà^caig 



( 110 ) 

rii.iîs l\irmée de Tch'ou une fois retirée, on avait secoiié le joog^ et 
ion avait demamlo asile et protection au roi de Ou; ausntôt après, 
on s'en était repenti. Ce prinoe avait un caractère bien versatile. 
Placé désormais entre deux rois puissants qu'il avait oifenaéa, il ad 
trouvait dans un grand embarras. Il déchar<2:ea sa colère sur son 
ministre et le fit tuer cemme coupable de félonie. Gela ne donne 
pas une haute idée de ce pauvre prince. 

Pour Pannée 491, Confucius écrit : les gens de TsU ciiassèrent 
le grand officier Kong-stLen Lié ^ {{; Ht ; oelui-ci se retira dans 
le royaume de Ou. — On ne connaît p is de détails. Les oommen- 
tiires disent seulement que cet officier était partisan du ministre 
Kong-tse Se mis à mort« La révolution et le désordre continuaient 
donc, même après l'émigration, et devaient fatalement amener la 
ruine complète de cette principauté, qui n'avait déjà plus qu'une 
indépendance nominale. En 490, le prince lui-même, nommé 
Chen ^, fut tué par son peuple. 

Ou craignait qu'il voulût émigrer encore une fois. La puissante 
famille d^ Kong-suen était à la tète de cette révolution. (Ton Lin, 
vol. 47, p. 11.) 

En 488, le roi de Ou attaqua le prince de Tch'eng J^. Tsouo- 
k4eou-ming en donne la raison : C'était, dit-il, pour assouvir sa 
haine ; car, à sa dernière expédition, il n'avait pu se rendre maître de 
ce pays. Le roi de Tch^ou dit alors à ses ministres : " Mon père a fait 
un traité d'alliance avec le prince de Tch'eng ; je ne puis me dispenser 
d'aller à son secours. Sur ce, il conduisit une armée, et campa à 
Tch^eng-fou ^ ^. 

A la même année, Confucius ajoute : " En été, ChotA-hoan ^ jg, 
officier de Lou, eut une entrevue avec le roi Ou, à Tcha jffl."^*^ 

Les éditeurs (vol, 36, p. 13) citent l'auteur Hiu-han ^ $| qui 
dit : ^' Le roi de Ou se trouvant à Tcha, le duc de IjOu envoya un 
grand officier pour le saluer. Ce duc était le petit-fils d'une prin- 
ceese de Ou." C'était donc chose raisonnable. Pourtant les éditeurs, 
ou plutôt les commentaires, le blâment de cette démarche. D'après 
eux, il aurait dû rester franchement fidèle au roi de Tmi §, chef des 
princes, et chinois pur Sîing ; tandis qun le roi de Ou n'était qu'un 
sauvage dégrossi. (Tou Ling, vol. 47, p. 16.) 

En automne, à la septième lune, le roi de Tch*ou se trouvait 
donc à Tcheng-fou. Il consulta les sorts, pour savoir s'il fallait livrer 

* C'est en 527 que ce traita avait été conclu. 

' C'est maintenant le bourg de Kia-htou }j{I Q , sousprofecture de I-hien j|^ K) 
préfecture de Yentchem* ^ jffl f^^ Chantong. (Edition imiJ^riale, vol. p. 1). 



( 111 ) 

bataille; la réponse fut négative. Il demanda s'il fallait se retirer? 
Il fut répondu : non ! — " Alors, dît le roi, il ne me reste qu^à mourir I 
Plutôt que de voir mon armée battue de nouveau ; plutôt que d'aban- 
donner un aUié et m'enfuir, je préfère la mort sur le champ de 
bataille !" En conséquence, il choisit le prince Tae-^ ^ "gf , son 
premier ministrt*, pour successeur. Celui-ci refusant, il ordonne à 
Tse-ki ^ ^, général de l'armée, de lui succéder. Mais lui aussi 
refusant, il impose la couronne à Tse-liu •? H- Ce dernier refuse 
jusqu'à cinq fois ; puis finit par consentir. Sur le point de livrer ba- 
taille, le roi de Tch^ou fut pris de maladie. Le jour appelé Keng^yng 
^ H il fit attaquer la ville de Ta-mîng ^ ^^ ^^^ e^t mourut à 
Tch'eng-fou. 

Alors Tse-lîu refusa de nouveau la couronne, en disant : "Le défunt 
roi a négligé son propre fils, pour céder le trône à ses ministres ; 
comment oublier un prince si désintéressé ? J'avais accepté, par 
obéissance ; maintenant, à mon tour, j'établis roi son fils ; et c'est 
encore exécuter l'intime désir de son cœur; dans l'un et l'autre cas, 
je ne fais réellement qu'obéir. Après s'être consulté avec Tse-ai et 
Tse-ki, il cacha la mort du roi à l'armée, coupa les communications, 
pour que la chose ne transpirât pas au dehors, fit ap[)eler le prince 
héritier Tchang j|t, fils d'une princesse de Yué qu'il établit roi ; enfin 
rentra avec l'armée dans la capitale. 

Les commentaires (Edition impériale, vol. 36, p. 21) exaltent 
la sagesse du rpi Tchao 83? î^î avait trouvé le vrai moyen de prévenir 
une révolution, et d'assurer à son fils le concours des grands du 
royaume. C'est bien naturel. Confucius l'a déjà loué, comme 
un homme qui avait compris les principes de la vraie sagesse, et 
s'était rendu digne de ne pas perdre la couronne, même au milieu 
de ses infortunes. De même, les grands dignitaires avaient vraiment 
souci des intérêts du royaume ; et pour cela négligeaient leurs avanta- 
ges privés. Ainsi le pays de Tch^ou se relevait de sa chute. Il 
devint même si ferme et si solide qu'il subjugua tous ses voisins, y 
compris ceux de Yué et de Ou (334). Mais en 223, il fut à son tour 
conquis par le fameux TsHn Che^hoang Mtë ^* V^h ^P^ès l'extinc- 
tion du puissant royaume de Tch^ou, était véritablement maître de 
toute la Chine. (Tou Lin, voL 47, p. 17.) 



1 C'était une ville de Tch'cng. Uannée de Ou s*y trouvait donc. MaiateDant, 
c'est la sous préfecture de HiangUh^eng-hien ^ M IS» préfecture de Tch'tng-ichemkfonk 
^ jfH ^7 Ho-nan. (Edition impériale, vol. 36, p. 21). 



( 112 ) 

Oonfucins écrît : *' Eq 487, Ngai ;g duc de Lou eut une entrevue 
à Taeng ^y^^ avec le roi de Ou.'* Teoiio K4eou.mîng donne le» 
détails suivants : Pendant l'entrevue, les gens de Ou vinrent réclamer 
une contribution en vivres^ montant à trois cents têtes de bétail, 
bœufs, cochons, et brebis. Tse^fou-king-pé ^ H :?t fÔi grand 
officier de Lou, leur répondit : ^^ Les anciens rois n'ont jamais déterminé 
un chiffre pareil." L'officier de Ou reprît: "Le roi de Song nous a 
donné cent triples^'^; le pays de Lou ne peut pas ôtre inférieur à celui 
de Song ! De plus, quand votre prince faisait des cadeaux aux granos 
officiers du roi de Tain ^, il offrait toujours plus de dix triples; n'est- 
il pas juste qu'il nous en donne cent?" — King-pé de répondre: 
''^Fan-yang ^1^^ premier ministre de Trdn, est un homme rapaoe 
et avare, qui ne s'occupe pas de ce qui est juste ou non; il s'appuyait 
sur son roi pour efirayer notre petit pays ; c'est pourquoi notre petit 
royaume dut lui offrir onze triples. Si vous exercez la justice et la 
légalité envers les princes, le montant des cadeaux n'est pas arbitraire, 
mais bien déterminé. Si, au contraire, vous aussi vous méconnaissez la 
légalité, alors il n'y a plus de bornes. Les anciens empereurs de la famiUe 
Tcheou ont statué cette loi: "La plus grande offrande ne dépasse 
pas le chiffre de douze, d'après les douze signes du ciel/' Maintenant 
vous mettez de côté les anciens statuts, et vous demandez cent triples: 
c'est de l'arbitraire qui vient des ministres !'' — Cependant| les gens de 
Ou ne cédaient pas. Alors King-pé dit : "Le royaume de Ou va périr : 
car il méprise les lois du ciel, et se moque des bases de toute société. 
Si nous ne lui donnons pas ce qu'il demande, il va jeter sa colèrs sur 
nous." Enfin on accorda les cent triples exigées. 

Pé-p'i, le premier ministre de Ou, appela Kùk^ang48e ^^^ 
le premier ministre de Lou, pour le consulter sur les affaires des deux 
pays. Celui-ci envoya lie-lcong ^ Jt, le disciple de Confncius, et 
s'excusa de ne pas venir en personne. Pé-p^i en fut froissé, et dit: 
"Votre prince court toujours les chemins, tandis que son ministre 
refuse de se déranger! D'après quel ancien rite voit-on cela?" Tse- 
kong répondit: "Ce n'est pas précisément un ancien statut; mais 
nous craignons les grands royaumes; ainsi tout le monde ne peut 
s'éloigner à la fois de la capitale; il faut quelqu'un pour la garder. 
Les grands royaumes ne donnent plus leurs ordres d'après les anciens 
statuts; eux se passent de tout droit; comment les petits états pour- 

1 Dans la principauté de TcKeng @J* L'emplacement est au sad>est de Sian^-i 
IbI ^. Honan. (Edition impériale, vol. 25» p* 2). 

8 En chinois, Lao ^ signifie cadeau, contribution pour nourrir les soldats; elle 
consistait en trois sortes d'animaux boeufs, cochons, et brebis {smvetauriiia). 



( 113 ) 

Taîent-îls deviner ce qu'il faut faire? Notre petit prince est déjà 
venu demander voe ordres; comment son ministre pourrait-il aussi 
8* absenter? Votre ancêtre TSii-pé se couvrait décemment le corps 
et la tête; il gouvernait d'après les lois des anciens empereurs Tcheou. 
Son frère Tchong-yong, qui lui saccéda, se coupa les cheveux et 
se tatoua; aller tout nu lui semblait beau. Etait-ce d'après les lois? 
Il suivait les usages de ces pays-là" (qu'il ne sut ni civiliser, ni instruire 
à la façon des vrais Chinois, ajoute le commentaire). 

Le duc Ngai revenant de Tcheng, estima que ce rojraume serait 
à jamais incapable de grandes choses. Les éditeurs de l'édition 
impériale, vol. 36, p. 24, citent Tchang-Iian 51 \^ qui dit: ^^ Plusieurs 
années de suite, la chronique de Confucius inscrit des entrevues du 
duc de Lou avec le roi de Ou. Cela prouve que le duc a eu tort de 
commencer ces relations; les malheurs postérieurs en étaient la suite 
néoessaire." Ils citent encore Eia-hiun-wong Sic fê j^» <lont voici 
les paroles: ^^Qoand le royaume de Tsin ^ fat tombé, le duc s'adressa 
au roi de TbH ij/f ; puis il s'allia à celui de Ou« Il se donna à celui 
dont il espérait le plus de profit." 

Ei-k^ang-tse, ministre de Lou, voulait faire la guerre à la minus- 
cule principauté de Tchou i^/^^ A cet effet, il réunit toutes les 
notabilités du duché à un grand dîner, pour les consulter. Tse-fou' 
hing-pé ^ fSi -^k iÙ ^^^' ^'Les petits princes, qui veulent servir les 
grands, doivent montrer de la fidélité; les grands, s'ils veulent 
vraiment protéger les petits, doivent montrer de l'humanité. Se 
révolter contre les grands, est déloyal ; attaquer les petits, c'est manquer 
d'humanité. Le peuple des campagnes s'appuie sur la ville; la ville 
s'appuie sur la justice. Ne tenir compte ni de la fidélité, ni de 
Phumanité, c'est s'exposer à bien des calamités. Alors, dans le 
danger, où trouver un appui?" — Mbng-suen ^ ^, prend la parole: 
^^ Messieurs, dit-il, qu'en pensez-vous? Qui donnera des conseils pins 
sages que ceux-là ? Peut-on les négliger ?"— Les notables de répondre : 
^ Quand l'ancien empereur Yu ^ réunit les divers princes au pied de 
la montagne Ibu-chan ^ lll)^^^ ils étaient bien dix mille, tous 
tenant en main des tablettes de jade et des bandelettes de soie, 
emblèmes de leurs dignités. Maintenant il en reste au plus quelques 
dizaines; car les grands royaumes ne montrent aucune affection pour 
les petits; et ceux-ci ne peuvent plus servir les grands. Si nous nous 

1 Maintenant, c*est Teheou-Aien % d, préfecture de Fan-teheou-fou jfSl ^ }f$^ 
Chan-tong. (Edition impériale, vol. 1, p 6). 

2 Au nord^st de Cheou-ldi'ouen ^ ^, qui est la préfecture actuelle de Chcm- 
ichwu /(w 8 jffl Jnf ) Ngan*hoeL 



( 114 ) 

apercevions de danger? quelconques, pourquoi ne le dirions-noris pas?" 
— Mong-suen reprend; '^Le gouvernement de Lou n'est pas plu» 
vertueux que celui de Tchou ^ ; ce serait donc uniquement par la 
force que nous l'opprimerions. Cela est-il permis?** Ayant ainsi 
parlé, il sortit mécontent de la salle du festin. 

En automne cependant l'armée de Lou enhavit la principauté 
de Tchou ^. Quand on attaqua la porte de la capitale, nommée 
Fan-men J§| PI, on pouvait encore entendre les sons de cloche et de 
musique des réjouissances qu'on faisait en ville, sans sf occuper de la 
guerre. Les oflScîers de Tchou preî«aient leur prince d'opposer la 
force à la force; il n'y voulut pas consentir. L'un d'eux, nommé 
ifaO'tcfàeng-tse ^ J^ •? proposait d'aller implorer le secours du roi ' 
de Ou; le prince s'y opposa de même en disant: ^^ Quand dans le 
royaume de Lou on bat les veilles de la nuit, nous l'entendons chez 
nous, tellement nous sommes voisins ! tandis que le prinœ de Ou est 
ù deux mille ly de nous; en moins de trois mois; il ne peut arriver 
ici; comment pourrait-il nous secourir? De plus, notre peuple n' est-il 
pas capable de résister tout seul?" 

Là-dessus, Mao-tch^eng-tse mécontent se révolta dans sa ville de 
Mao contre son prince. ^*^ L'armée de Lou prit la capitale, occupa 
le palais du prince, et se livra au pillage en plein jour. Le prince, 
avec son peuple, s'était retiré sur la montagne 7,^.^*^ Pendant la 
nuit on alla l'attaquer ; il fut pris, et conduit au temple dee ancêtres 
à Po ig, comme prisonnier de guerre ; et en signe que la principauté 
de Mao était conquise. Ensuite on le mit en prison à Fou-hiai ^ iS, 
où se trouvaient déjà plusieurs de ses anciens sujets émigrés. Lee 
commentaires ol)servent qu'on avait ainsi interné ce prince parmi ses 
anciens sujets, pour lui faire plus de honte,^^^ 

 cette épo(][ue, 1<^ duc de Lou n'était plus qu'un mannequin. 
Toute l'autorité était entre les mains des trois grandes familles Mcng 
jti Tchong \if et Ki ^, lesquelles étaient la descendance du duc 

1 II y a encore maintenant un kiosque appelé Mao^iiong-tHing ^ |B| ^ à cet 
endroit, c'est-à-dire îl 40 ly nord-ouest de KmhtaNghien ^ ^ JH> piréfecture de 
Yen teheou'fou ^ jHl /iï Chan-tong. (Edition impériale, vol S6, p. 25). 

2 Elle était au nord de la ville de Tche^uki^ flS JR« ^"ouo Po ||5 îï| dit que 
ce sont des rocs entassés les uns sur les autres» sur une longue étendue. Maintenant, cette 
montagne s'appelle encore I-chan |? Uli mais elle se trouve à 20 ly sud^st de la ville; 
celle-ci a donc été transportée au nord de la montagne. (Edition impériale, ibid.) 

3 C'était une ville de Lou; actuellement, c'est Hiai-kHeja-lch'eng flg £ |lSi à 25 ly 
ouest de Ise-yattg-hien ^ |^ K) préfecture de Ym-tcheotifou j^ jHI ift) Chan4wig. 
(Edition impériale ibid.) 



( 115 ) 

Tchoang ^ (693-661). Depuis ce dernier, les ducs n'étaient plue 
maîtres chez eux. Le duc Tchao (541-509) avait pris pour femme 
une princesse de Ou, pour se délivrer de ses ministres avec le secours 
de ce puissant royaume; mais il n'y avait pas réussi. Le duché de Lou 
s'éteignit ignominieusement en 248, époque où le roi de Tck^ou ^ en 
fit la conquête officielle; car depuis long temps il n'existait plus que 
de nom, (Ton Lin, vol. 48, p. 2). 

Bevenons un peu sur nos pas. Mao I-hong ^ ^ |ij|, officier 
désobéissant de Tchou i^5, prit uij paquet de soieries, monta sur une 
voiture légère, et de son chef s'en alla chez le roi de Ou demander 
secours pour son pays: "Le duc de Lou, dit-il, méprise le faible roi de 
^^^ ^ ; î^ 1^6 ▼ous craint pas non plus, à cause de la distance qui 
vous sépare de lui; et parce qu'il a confiance dans le nombre de ses 
soldats» U ne tient pas compte des traités de paix, se moque de vos 
ministres, et nous foule aux pieds, parce que nous sommes une petite 
principauté. Nous ne tenons pas tant à notre indépendance. Mais 
ce qui nous révolte, c'est qu'il méprise l'autorité de votre Majesté. Si 
votre autorité n'est pas maintenue intacte, les petits états en subiront 
la peine. En été nous avions fait un traité d'alliance à Tseng f 5; 
en automne, il était déjà lettre morte ! Cependant nous avions fait 
tout ce qu'il désirait, sans jamais résister! Si Ton supportait chose 
semblable, comment les petits états pourraient-ils encore servir les 
grands? De plus, le duc de Lou peut fournir huit cents chars de 
guerre ; il n'est donc inférieur qu'à vous ; et il veut être votre rival ! 
Nous ne pouvons équiper que six cents chars ; nous, votre petit fief, 
serons-nous livrés à notre commun ennemi ? Je prie votre Majesté 
de méditer ces choses." 

Le roi de Ou prit ces paroles en considération, et prépara son 
armée pour une expédition. Confucius dit sèchement dans sa 
chronique: *^En 486, le roi de Ou nous fit la guerre." Prenons donc 
les détails dans notre Tsouo-kHeou-ming: ^^Le roi de Ou demanda à 
Chou-8uen Tche ;^ îK flC (^^ fugitif de Lou) ce qu'il pensait de ce 
projet. Celui-ci lui répondit: "La renommée de Lou est grande; 
mais il n'a pas de puissance ; si vous l'attaquez, vous aurez ce que vous 
désirez!" Après l'audience, Chou-suen Tche s*en alla chez un autre 
transfuge du même pajrs. Celui-ci, nommé Kong-chan-pou-nleou ^ 
lll ^ îlt, et le blâma de sa conduite : " Vous avez mal fait, lui dit-il ; 
un homme honnête qui s'enfuit, ne va pas chez l'ennemi héréditaire 
de son pays. Si un transfuge n'a pas encore exercé de charge dans 
l'endroit où il s'est retiré, et i?ï\ voit que ce royaume médite une 
guerre contre sa patrie^ il doit risquer même sa vie pour en prévenir 



( 118 ) 

Ou, ce qui fut acjrée de Fou-ich^ai ; maïs en revanche il demandait 
KoU'U'^ao i§ ^, un des princes de la famille royale de Ou, comme 
otage. Fou tch^ai n'y consentit pas. Il fit simplement un traité de 
paix ; après quoi il rentra dans son royaume. 

Le commentaire dit que Confucîus ne parle pas de ce fait; 
parce qu'il était honteux de voir un prince chinois traiter d'^al à éigA 
avec im barbare comme le roi de Ou. De plus, la paix avait été conclue 
aux portes même de la ville; d'autres principautés, quoique réduites à 
la dernière extrémité, avaient été plus fières, et avaient refusé semblable 
humiliation. Enfin, jamais aucun ennemi n'était encore parvenu 
jusqu'à la capitale du duché.^^^ On conçoit qu'il répugnât à Con- 
fucius d'enregistrer dans ses annales un tel abaissement de son pays. 

Précédemment, en 489, T*ao »|]§, prince héritier de T^i fj^, était 
venu voir le duc de Lou. Le premier ministre Ki K^ang-tse lui avait 
promis sa soeur en mariage. Parvenu au trône, T^aa envoya une 
ambassade chercher sa fiancée; mais dans l'intervalle elle avait été 
violée par Ki-Fang-heou ^ SJ j^, oncle du premier ministre ; celui-ci 
n'osa pas l'envoyer dans cet état. Là-dessus, grande colère du prinœ 
de Ts^. A la ô^** lune, il ordonna à Pao-mou |è 4fc ^^ premier 
ministre d'envahir le duché de Lou; deux villes furent prises^ à savoir 
Hoan |g et Tch'an R^.^*^ De plus, T'ao envoya une ambassade a 
Fou-tch^ai, pour le prier de l'aider à venger l'injure qu'il avait 
reçue. Le duc de Lou rendit la liberté à son piîsonnier, le prince de 
Tchou ^ de crainte que les gens de cette principauté ne fissent cause 
commune avec les rois de Ts^i et de Ou. Rentré chez lui, le prince de 
Tch^ou se conduisit si mal que le roi de Ou ordonna à son nodnistre 
Pé-p4 d'aller le punir. Il fut pris de nouveau, et enfermé dans une 
haute tour environnée d'épines; à sa place on mit sur le trône son 
fils, le prince héritier JEb $ ; et les grands personnages de ce minuscule 
royaume furent contraints de venir saluer leur nouveau mcdtre. 

Le commentaire fait encore observer que Confucius ne mentioime 
pas cette guerre, parce que l'ennemi n'avait pas assiégé la capitale; puis 
la paix avait été vite conclue, le duc ayant cédé les deux villes conquises 
par T^ao. Enfin, c'était une règle générale : ce qui n'était pas honorable 
pour le duc régnant ne pouvait pas être inscrit dans la chronique du 
pays. Kong-yang ^ ^ et Kou-leang ^ ^ prétendent que T*ao fit 



1 Elle se nommait Kiu/eou (^ ^, maintenant dan^ la préfecture de Yen-tcheou/ou 
jt| ;JJ, Chan-tong. 

2 Tch'eng est maintenant Ning-yang-hien ^ ^ )K» Préfecture de YeH4cke<m-fou 
3E aH mi Chan long. (Edition impériale^ vol. 37, p. 3). 



{ 119 ) 

cpfte eTpédîtion pour w venger de la prwe de Tchou ^5- Cette raîaim 
n* empêche pas l'autre; le prince de Tsh* a pu agir pour les deux motifs 
à la fois. (Voir, pour plus de détai^ l'Edition impériale, vol. 37, p. 3). 

Au printemps de 485, ce même roi de Ï84 envoya Kong-mong 
Tcho &ï^ dire à Fou-tch^ai qu'on n'avait plus besoin de son armée, 
puisque la paix était conclue avec le duc de Lou. Fou-tch'ai se 
fâcha: ^^L'an dernier, dit-il, moi, homme de peu, j*ai obéi à vos ordres; 
cette année vous changez d'avis; lequel des deux mandats dois-je 
exécuter? Je vais aller avec mon armée demander vos intructions." 
L'année suivante il attaqua le roi de Ts^ lui-même* En attendant, 
il accomplit de grands travaux dans son royaume. 

En 485, pendant l'automne, il entoura de murs la ville importante 
de Har^keoH ^ jj| ;^^^ puis il creusa un canal pour faire communiquer 
le fleuve Hoai fft avec le Yang-tae-hiang {3 -^ fC* ^^ commentiûre 
dit: ainsi l'on pouvait par eau communiquer au nord jusqu'au lac 
CHki^yang-hou IH 1% SA* ^^ nord-ouest, jusqu'à Song^h^eou ^ H /'^ ce qui 
facilitait le transport des vivres. Cette nouvelle voie devint plus tard 
le canal imiiérial. Cette année-là, Fou-teh^ai ne faisant pas la guerre 
employa ses soldats à creuser ce canal, afin de pouvoir par eau 
communiquer avec les régions du nord (c'est-à-dire les pays à propre- 
ment parler chinois). [Sur ce canal, voyez la note placée en Appendice] 

^^ En hiver (484), vint un messager du roi de Ou, nous disant de 
préparer une armée pour faire la guerre au roi de TaH î^. Le duc 
-fie joignit donc à ce prince, comme il l'ordonnait" Ce sont les 
expfessions très brèves de Confucius/'^ Allons chercher les détails do 
cette expédition dans notre Tsouo K'ieou-mîng. 

Le duc se joignit avec le roi de Ou, ainsi que les princes de Tchon 
jcS et de V'an f$ pour attaquer le royaume de TeH ^ par la frontière 
méridionale. L'armée campa à Si Ê»3, ville de T84.<*> Alors les gens 
-de Ts^i massacrèrent leur propre prince 2^ao*|:^,et en avertirent l'armée 
ennemie. A cette nouvelle, Fou-tch^ai alla pendant trois jours le pleurer 
en dehors du camp. De plus, ayant appris que Siu-tchtiig ^Jfii un de 
ces grands officiers, avait été battu avec sa flotte par les gens de Ts'i, 
fl c?en retourna dans son royaume* 



t Maintenant, c'est Yang-teheotêfou ^ VM^ (Kiang-aou), 

s Cëtaît, comme Tindique le caractdre chinois, le port par excellence du royaume de 
Soog; mais Tendroit n'est pas indiqué; on ne sait pas au juste où il se trouvait. 

* On ¥oit avec que le facilité tous ces rois et roitelets faisaient et rompaient leurs 
traités de paix ou J'alUanoe! Cela soit dit, une ibis pour toutes. 

« Coofocioa ne mentionne pas les troupes de Tchou et de Tan, parce qu'elles étaient 
muées avec les soldats de Lou. (Commentaire). 



( 120 ) 

Confiiciua écrit: '^Le prince de Tâ*i raourul" mns dire qii'ïl fut 
tiiù pur son peiple. Il y a de longues di!*«rtation!i pour concilier les 
deux textes. Les nns pensent que Confuciaf donne purement le texte 
de la »lôi)^clie officielle; il y a pluaieurs ci», en effet, m\ il ne 
mentionne pas la mi^rt violente, quotqn'il en eût coanaisHiace. 
D'autre!! antenra afBrment qne le roi de Tw'i est vraiment mort de 
miliulie; mais que les gêna du pays prétendîn'nt l'avoir toè, comme 
ébint cause de cette inva'^ion ; et cela pour npiiisur le reesentîment de 
Fou-tch'aî. (Edition impériale, vol. 37, p. 6). 

" En automne (même année), il vînt nn meiwiger de On nous dite 
de préparer (de nouveau) nne arroge" (Gonfticiup). lie coromeatsîre 
ajoute que c'était pour envahir derechef le royaune de Ts'i, puisqno 
la précéilente expédition avait été raalheurea'*. Mais avant l'entrée 
en campagne, voici que (survînt une complication inattendue: En 
hiver, ïie-fc» ■^ J^, premier ministre de Tch^ou 3Si attaqua le 
prince de Teh^eiig pi^, pour avoir fait, sans non aveu, nn traité de paix 
avec Fou-lch'aî. Celui-ci aurait envoyé le fameux Ou Kt-tclia ^ ^ 
flj au Fecoura de Tch'entî. Mais il iiaraît que oe vieux "saint" aurait 
mandé à Tee-ki les paroli-s suivantes: "Nos deux mis ne pratiquent 
pas la vertn; c'est de vive force qu'ih veuleut s'imjtoser comme chefs 
dos princes; maïs nos deux ]>euples, quel mal ont-ils fait? Pourquoi 
doivent-ils encourir a» calamités ? Je vous propose de me retirer avec 
mee troupes, pour vous laiser la gloire de la victoire. Aînâ je 
cultiverai la vertu; le peuple n'aura rien à souffrir." Là-denua, il sa 
aemit retiré.'" 

A h\ S""" lune de l'année 483, le duc de Lon se joignit donc an 
roi de Ou, et l'on entra sur le territoire de Ts'i. Comme nous l'avons 
vu souvent pour les autres princes, le roi de Ts'i ne semble pas avoir 
chorclié à arrêter l'ennemi hors de la frontiC^rc; oubliant qn'nn pnj-a 
envahi est déjà à moitié vaincu. Au début de la campagne on prenait 
la ville do Pouo 1Ï5«'" I* jour appelé Jen-chen -^ ^, l'armée 
ennemie parvint ju-^qn'à Yng ^.'" Fou-tch'ai commandwt les troupes 

l D'abord, ccl» ressemble fort \ une Irahism. S'il dfaappmuvail Cette ca-npigne, 
conune injuste, pourquoi ea avait-il accepté le commaDdement? S'il 1> jugcail juite, 
pourquoi trahir aixai son roi î S'il se sentait incapable de conduire noe année au combat, 
pourquoi ne cMait-i1 pas son commandement jt un autre? Mais celle ungulîâre gloniïcation 
du vieux ''Saint" n'est qu'un lien commun desletiréi. C>5l d'ailleun un ■n.ictiraniïnH ; 
Ou Ki-lcha aurait eu alors plus de cent onj I 11 Ëtail fils de t.'heou>inoDg, roort en 5g.> 
Oi nouf sommes en l'annfc 484 ! 

• Au sud est de T-ai-nganJthtBU "fc S W, ptÉfecture de Ti'inan/m H $ ^^i 
il y a encore les ruines de l'ancienne ïîlle. {Edition impéri«le, vol. 37, p. 10). 

> Ville de Ti'i, prÈa de la œonlagne T-aichmi ;fc [Ij. 



( 121 ) 

du centro ; Siu-men TMao ^ P^ ^ était avec celles de droite ; Kou- 
tsao j^ y avec celles de gauche. Tchan-jou J^ jp conduirait l'aile 
droite. Le commentaire dit que ces trois généraux étaient de Ou; de 
quelle aile e^agit-il ici? Peut être de l'armée du duc; car celle-ci prit 
part an combat/^^ De l'autre côté, Kouo Chou B ff^ général en chef 
de Ts^i, commandait le centre de son armée; Kao Ou^p'ei jflf ||| £ 
était avec les troupes de droite; Tsong-leou ^ H avec celles de 
g'iuche. L'officier Tcheng Hi-tse ^ {$ ■? <1^^ ^ ^^ ^^^^^ CIiou 'ff: 
^^Si tu meurs au combat, je réussiraL Tsong-leou convint avec Liu- 
le^ieau^ming SI £ ^ de lutter ensemble jusqu'à la morU Sang Yen- 
siu mu i^ conduisait le char du général en chef. Kongsuen Hia ^ 
^ JH leur di t : ^^ Vous deux, messieurs, vous combattrez jusqu'à la mort' *' 
Sur le point de livrer bataille, Eong-suen Hia ordonna à ses soldats de 
chanter des chants funèbres. Un autre général, Tchfeng Tie-hing ffH 
^ fx, dit aux siens de prendre à la bouche un morceau de jade, 
comme on en met aux cadavres. Un autre général encore^'^ dit 
aux siens de porter chacun une corde longue de huit pieds (pour lier les 
soldats de Ou ; car ceux-ci avaient les cheveux coupés ras). Tong-hoiùo 
Chou ]|[ 15 lH ^^' ^^ Quand un homme va trois fois de suite au combat, 
il doit s'attendre à la mort; aujourd'hui, c^est pour moi la 3^* fois. 
Il envoya un messager saluer son ami Hiuen-touo ^ $ et lui porter 
un luth avec ces paroles: ^^Jene vous verrai plus!" Tch^eng Chou ^'f^ 
dit: ^^ A cette action-ci, je n'entendrai que le tambour (qui annonce 
l'engagement de la bataille); je n'entendrai plus le tam-tam (qui en 
annonce la fin)." Après toute cette longue énumération de personnages^ 
le commentaire ajoute: les soldats de TsH savaient l'armée de Ou 
puissante et terrible ; il &llait donc b^attendre à la mort, sans être sûr 
de la victoire* 

Le jour appelé Kiorsiu Ç J^, on livra la bataille à Ngai4ing ^ 
BK.^> Tchaf^jou H in battit Kao Ou-p'ei ; mais Eouo Chou battit 
Siu-men Tch^ao. Fou-tch^i vint au secours de celui-ci, et vainquit 

t Sur le point de livrer bcUUle, Fon-tch'ai appelaCiMf-xatf» T<Ae ^W iCi 1« transfuge 
de Lob mentionné plus haat. «^ Quel est votre office ?" anrait-il dit — ** Je suis aux ordres du 
ministre de la goene," avait répondu Choo-suen Tcfae. Aussitôt Fon-tch*ai lui avait donné 
une entrasse, un glaive et une lance, en lui disant : ** Distinguez-vous au service de volve 
prince ; soyez humble et obéissant à ses ordres.'' Il le réintégrait donc ainsi dans sa 
patrie. Chon^œn Tche fut si touché qu'il ne put articuler une parole. lySeise fd JKH^ 
un disciple de Confudus, alla à sa place remercier Fou-tch'ai di5ant: Chon-suen Tcbe 
en fid«tfe serviteur de votre Majesté, reçoit ce bienfait avec révérence, et prosterné à terr» 
vous e rae r c i e . 

3 Maintenant, c'est T-ai-ngan-kiat j( $ §|, Chantong. 



( 122 ) 

enfin le gms de l'arnm-ii <Ie Ts'î. On fit prisonnier le générnlis'înM 
KouoC!iou,avec les généraux Sin K'U'Oii-iuintî,Kong-yiien Hia,Tch'en!î 
cliou, et Totig-koiio Clioii. On fit un butin de huit centa chan de 
guerre ea cuîr; troia mille cu>rii»v8 et antant de têtes enneiniea furent 
iifiurtea ail duc de Lon. Le oonimentaire dît qu'il était 4 l'année, 
mais n'avAi t pas prie |iart au combut. Pourquoi P On o'ea donne pas b 
luiaDu; ilent ditsculeuieut qiiele duc s'était joint à Fuu-tch'u dans cette 
expédition, pour se venger de ce que le rui de Ts'î, dans la précédente 
camiHtgnej était venu l'attaquer jusqu'aux faubourgs de aa capitale. 
Quoi qu'il en aoit, après cette brillante victoire, il onvoj-a le grand 
bistoriograpbe ATo» (g porter au roi de Ta^i la tÊte du géDéraliasiine 
KouoChou/** Elle était placée dans un panier netd", euveloppée do 
Boie ncnre, avec cette ina^ription: "Si le ciel n'avait pas connu Ice 
méfaits de cet homme, comment aurait-il envoyé notre petite 
principauté le punir?" 

Depuis longtemps il n'est pins question du fameux Oa .1W«d. 
Que faifuit-il donc pendant ces durnièroH ULiupagnef? Il pam!t avoir 
été alors en défaveur; ce qui suit l'indique uasez. "Quand Fou-teh*ai 
te prépiiraità entrer en campagne contre le payadeTs'i, Ktrou-ts'ien, roi 
de Yué amena sa cour pour lui otTrir ses hommages et ses félicitations. 
Fou-tcb^ai, ses ministres et les grands, ttiut lu monde reçut forcu 
cadeaux; on était enchanté I Ou T-se-siu seul en prit {leur et dit: 
"C'est pour engruisser le puujile de Ou qu'il est venu (non pas p^ir 
afiéction). Il fit à Fou-tchSki la longue reniontntnce suivante: 
'^Tant que le royaume de Yué subsiste, nous sommes malades au CŒur; 
les deux pays sont cgtuix en force; lui nous veut du mal ; et u'il vient et 
dévotement nous ofi'rir ses re.'^pects, c'ust pour mieux atteindre son but. 
Le mieux serait pour nous d'en finir au plutôt;avoc lui. Si noua réusais- 
eons contre Tu^i, nous n'aurons gagné que quetqiiun arpents de terre 
rocailleuse, qui ne nous serviront du rien. Mais si nous ne réduisons 
pas Yué à l'ctsit de déaert, Ou certainement iMJrira. Inviter un 
médecin pour gikirir une maladie et en même t^^mps le prier d'en 
laisser subsister le germe, personne ne fait cela. Fa/t-keng J2 ^, 
dans son ordonnance dit: "K'il y a des goua rebelles, je leur couperai le 
nez, je les anéantirai. Je ne pcrmetlrsii pas que la riniuvaifc berbe soit 
transplantée dans cette ville," (Cf. Zottoli, III, p. 39J). Voilà pourquoi 
la dynastie Chang ^ devint fiorisaantel Maintenant, votre Majesté 
fait juste le contraire. Si vous pensL'z aiusi devenir chef due princes, 

1 Koao Cliou fta.il morl sur le cbainp ic luOulUi: ; nuûs SOD cadirre a*ais 6t.i pris par 
Veaaeaà cl dtopiM. 



( 123 ) 

w aéra l)ifln difficile I Précédemment, le cîel avait romip cnfrn vcn 
luaiDH le ntytiuilie de Yiié; vimi ii'nit avez pw voulu, lAirdre du ciil 
va être changé (t/est-à-dire le vaiuqtieur seni viiiticu à sdh tnm). 
Keou-ta'iea a cliangé lui-même de oindiiîtt^: il orrige Unit en qu'il j 
avait de mauvais dtia.1 son gouvernement; il diiniune l'im|>ôt, donne 
au peuple ce qu'il dériire, lui eulève ce qu'il déteste. Quand à po\- 
mAme, il bb restreint; il est généreux enverï( ses serviteurs et son 
peuple. Son pnysh'eurîcliit et uugmL'nto en pupuktion, et bientôt il 
pourra lever une grande armée. Tant que Ytié subsiste, nous 
sommes comme un homme atteint d'une grave maladie înterae. Le 
roi KeoQ-ts^ien n'oublie pus son projet de nous abattre; il prépflre ses 
soldats pour noua mirprendre à l'improviste. Votre Majesté n'y fait 
mênie pas attention ; ce sont les pitya de Lou et de Ts^i qui vous tien- 
nent ua ccenr.*" Ce n'est pourtant là rien de plus qu'une maladie de 
peau. Comment eux ponrraîent-ils franchir la Hoai et le Kiang, pour 
prendra notre territoire? Tandis que Yné bien certainement 
s'emparera de nos terrée. Pourquoi votre majesté ne se mire-t-e!Ie 
]W8 dons les hommes; au lieu de se mirer dans l'eau? Autrefois Lhg 
2) roi de Tch^ou jg (539-527) ne sut pus se gouverner; les officiera 
qui la stimuUient ou bl&maient ne furent point admis. Il bâtit une 
haute tour sur lee bords du fleure Tchang-hoa $ 0, fit sculpter un 
grand tombeau et l'entoura du fleuve Han qu'il avait endigué; tout 
cela, pour égiiler l'uccieu empereur Choen ft.'" Il fatiguait et 
écrasait bou peuple, pour h't-nipiiier des principautés de Tchen et de 
Ts'ai, tandis qu'il négligeait eee furteresee du nord. Toutes ses 
peoEéee l'emportaient vers les états chinois; il n'aspirait qu'aux pays 
orientaux. Il batailla trois ans Bur lefi borda des fleuves TWu Q, et 
J^e» ^ pour sdumetlre les roy mraes de Ou et de Yné/*' Bon peuple 
ne pouvant mpportiT le^ luL-^èrea de la famine, jointes à de si rudee 
fatigues, se révulta à Kait-lài '(^C ^- ^ *°^ partit seul et quitta 
le camp ; daoB an frayeur il erra trois jours à travers les forêts et les 
montagnes. Bcncontrant son eunuque Cheou m, il l'i^pela et lui 
dit: *' Depuis trois jours je u'<ii rieu mangé 1" Ce serviteur se hâta 
d'accourir, i^asnt à terre ; alore le roi posa sa tête sur les jambes de 



1 QiMnd Foa tdx'ù col accorda U pûi m roi de Yaé, il doona let otdtet Ui plot 
•evttei pour la matûlîution dei tioopei ; en vue de bïre la guêtre au rojaume de Ts-i ; 
Ob Tm-iiu l'en bllma, comme on le voit. 

■ Cboea fut eatcrié lur la mtmt^ne Xùau-i-tAtm Jl^ j|t ^|, Clum-si; un coun 
d'eau attounition tombeau. (Commentaire). 

* Nbui aTouï TU toal cela, tous le toi VuneL 



( 124 ) 

l'uuntique, GO gui'« d'ureiU'T, et b'endorniit. Poiidiot son sommeil, 
Cbeou pluça une motte du terre suus la tête du roi, et ^nufuit. A 
un réveil, ne vojaut plus persuuue, Ling se remit en marche, et ae 
trûrii jurqu'à la ville de Ki f| ; on fei'tofl lea iHirb», suis lai permettre 
dVatrer. Il ae retira doue chez Ghenliai ^ ^, deecendànt de 
l'iiDCieo goiivenieiir de Ya-yng 3f ^."' Eiifiu il fiait [lar se pendre. 
Chen-hai le prit sur pes é|>iniii«| le jwrta chez lui, attacha œa deux 
Elles vivaQles à «on cadj^vro, et IVnterni ainei. C'est là de l'histoire. 
Gomment un prince pourrAÏl-îl l'oublier? Cependant, votre Blajesté 
a changé de Bj'etème, et ne fruit nullement lee exemples donnés par le 
grand empereur Yu ^, qui savait suppléer aux défiiuts de son jKre 
Kouen f^. Voua ti&ti»iez des tours, voua creusez des étangs, voua 
fatiguez Ee [leuple de Sou-tcheou. Le ciut nous refuse la nourriture; 
À la ville et à la cnnii>agDe on souffre do nouveau de la famine. Or, 
votre Maje-'té va encore attaquer UVi malgré cea avertissements du 
ciel. Le peuiile de Ou voun a déjà assez en aversion ; notre rojaume 
estonblesaé. Dans un troupeau da fanves,quand]'uned'elleea reçu une 
flèche, toutes les autres s'enfuient (c'est^-dire : à la moindre défaite, 
vous verrez voa geua fuir comme des cerfH); votre Majesté ue trouvera 
pluslecheminpourrentrer dans sa patrie; le roi de Yné va certainement 
nous envahir. Et aï plus tard vous vous repentez, ce sera inutile!"'" 
Pour que Fou-tch'ai ait écouté jusqu'au bout une pareille semonce, 
il lui fallut de la patience. Il était retlevable de la couronne, eu grande 
partie, à Ou Tse-aiu ; c'est pourquoi il supportait de lui œ qu'il n'aurait 
pneenufTert d'un autre. Mais il ne tint nu! compte decesavia. Ce tait la 
12*°" année deson rcgue (483) qu'il en treprenait cette cam|)agne. Après 
la victoire, il envoya lîi-ae |§ ^ comme ambaœadj-ur, pour rejeter 
l'odieux de cette expédition aur le royaume do Ts'i lui-même : "Notre 
humble roi, dit l'envoyé, conduisait paisiblement lea soldats de son 
chétif paya le long de la rivière Wen ^ ; ni à droite, ni à gauche, il 
n'aurait osé molester qui que ce aoit. Mais voilà que Kouo Chou, votre 
général, aide d'une grande masse d'iiommea, vint vexer et harceler notre 
petite armée. Si le ciel n'avait paa connu vos crimes, comment nous 
aurait-il accordé la victoire ? " 

■ citait an des orScicrs de Ling ; il était fils de Ou yu ^ ^, ancien goavcincu/ 
de Vu.]iiig, A ce moment, le roi langeait la livifre f/ùi ^, et voulait se rendre i la 
-ville de K» ^. Chea-bù se dil : mon giffe a commis deux crimei contre le roi, saoi 
avoir él4 puni ,- c'est le plus grand des bienfaits. Alors il se mit i cheiïhei le roi, ijull 
trouva prSs des portes de Ki. 

» Toutes ce» rtoiminalions ne cadrent guîre avec l'^œe qu'il avait fait de Foo-lch'ii 
pour exhorter llo-lîu A le prendre pour succcsKUr. Celui-ci n'oorait-il pas en raison, 
quand il disait : "Fou-tcb'u o'a pas grand esprit et manque d'hmiuuiiié ! " 



( 125 ) 

Ou Tse-âu, convaincu de la perte prochaîne du royaume de On^ 
ivait en spcret envoyé un homme dans le royaume de Ts'i, pour confier 
Km fils à la puissante famille Pao |g, sous le nom fictif de Wang-suen- 
;he/'^ Quand Fou-toh^ai l'apprit, au retour de la campagne, il l'en blâma 
'ortement: *^ Autrefois, lui dit-il, mon père, homme de vertu et de 
ai nteté, était chéri du ciel; lui et vous étiez comme un couple de 
cultivateurs qui arrachent de tous côtés la mauvaise herbe ; ainsi vous 
^gniez un grand nom dans le pays de King -^ (roi de Tch^u). Ce fut, 
loble Feigneur, le fniit de votre Fagesse. Mais maintenant, devenu 
neux, vous ne savez pas vous tenir en repos, ni vous réjouir de vos 
inciens exploits; à la maison, vous ne faites que ruminer quel mal 
TOUS pourriez nous causer ; hors de chez vous, vous mordez tout le monde ; 
^ous ne faites que renverser et détruire les anciens asages» Le ciel a béni 
e royaume de Ou ; celui de Ts^i s'est soumis. Moi, homme de peu, je 
le m'en vant« pas; tout cela est le merveilleux effet des cloches et des 
;ambours du défunt roi mon père. Puis-je vous avertir de cela? " 

Ou Tëe-sin ôta son épée et dit: ^^ Les rois vos ancêtres ont eu d'âge 
m âge des ministres et des serviteurs, qui les ont aidés à résoudre les 
3rob!ème6 difficiles de leur gouvernement; ainsi ils ont évité de 
ourdes fautes, et n'ont |)as subi de durs malheurs. Maintenant, 
rotre Majesté laisse de côté et éloigne les vieux conseillers; elle s'entoure 
le jeunes gens, qui abondent dans son sens. Vous dites: 'j'ai mes 
)lans ; que personne ne me contredis !' Vous laisser faire serait la pire 
rahison ; ce serait vous aider à bâtir un Cbcalier au malheur. Quand 
e ciel veut rejeter quelqu'un, il lui laisse en pâture un tas de petites 
insolations de rien ; tandis qu4I lui cache les grandes calamités. Si votre 
Majesté n'avait pas réussi à souhait dans la victoire de Ts^ vous 
irr)us seriez réveillé de votre sommeil, et votre royaume aurait de 
'avenir. Si le roi votre prédécesseur a aussi joui de son succès sur 
e pays de Tch^ou, il avait d u moins su le mériter ; s' il l'a de nouveau perdu, 
1 y a eu une raison spéciale qui attira ce malheur/'^ U se servit de 
^ns capables de l'aider dans l'extrémité du danger; et ainsi prévint a 
^mps la ruine qui le menaçait. Votre Majesté n'a encore rien fait 
pour mériter les bénédictions; et pourtant le ciel vous en a accordé à 
plus^ieurs reprises; cela prouve que le sort de Ou sera désormais de courte 
lurée« Je ne puis gagner sur moi de feindre le fou, et de voir de mes 



' Laquelle? Ici notre sage est tin peu tmhartwéi car le prédécessear et !• 
moœasear se valaient. On n'a pas oublié comment Holia a'toit emparé da trône 1 . 



( 126 ) 

propre» yenx comment votre Mnjfleté aer» emmenée prisonnière pur les 
geoB (le Yiié. Permettez-moi da mourir avant que cela n'arrÎTe." *" 

Foii'tcli^ai lui envoya le gliive Tchou-Uu ^ ^, pour qu'il n 
(lonDât la mort. Ou Tse-du se tua. Miiia auparavant il dit: ^Yooa 
Niicpendrez ma têt« à la porte orientale (de Sou-tcheou), pour que je 
voie les gens de Yué venir »Vmparer dn royaume de Ou, Yoi» plan- 
terez sur mon tombeau an Catalpa fg. '" Quand il ewa atBBE grand 
pour Êcrvir à quelque choee, le mjaume de Ou périra. Ces trois année*- 
ci, il ira en (t'a^'aiLIÎR'aDt: Après la pleine lune, suit la décKÔnuce; 
t«IIe est la loi du ciel." 

Foii-tcli'ai méantent de ces paroles e' écria: "Je ferai de telle sorte 
qu'il ne voie rien de tout o-la!" Il envoya dea gens prendre le cadavre; 
on le mit dans un eac de cuir, et on le jela dans le canal appelé 
Oukiang 3l fl» p«r o" s'écoulent lee eaux du lac T-ai-hou :(; tt ^ ^ 
ly oueet de Sou-tcheou. 

Sur la mcintaj^ne qui est tout près de là, Ips ("fins de Sou-tclieou 
bâtirent une jjetite pagode; on appela cet endroit montagne de 
Ou Tae-siu jg f ^ [Ij, (ou ena.re phw simplement Sîu-ckan ® llj). 
Ilo-tiu avait fait creu'ier ou tout nu moins êUrgir cecannl, pour aller au 
grand Iftc T'rti-hou; il y avait t'wit liàtîr une ttiur, où il se plaisait à 
considérer les montagnen, le grand hc et les nombreuses barques qui le 
sillonnaient. On appelle maintenant encore ce lieu: Sitt-t^ai-cJian 
W S lll montngne de la tour de Un Ti^-siu. 

Vraiment triste fut le sort de co grund génie t Devait-il après 
avoir rendu au royaume de Ou de m écLitiints t^rvicca, s'attendre à 
une telle fin! Et son dévouement à son pays d'adi^tion fut 1» 
cause de sa mort. C'est un des )>i;r»inntigi?!^Je!i pins célèbres et les plus 
|x>pnlairee; son nom se trouve partout, mêlé à toutes lus lê^nflee et à 
toii.slesex])Ioits do ceatempséloignés. Il existe encore nn proverbe ainsi 
conçu: la marée du matin est s-nis les ordrps do Ou Tfo-siu; celle du 
Soir obéit à Ta Fou Ichcmg {^-'Mti7-7î'^M:k'k^ t'wo-tcb'ao. On 
Tee-siu; wan-tch'ao, Ta-fou Tchmig.) Ct; qui revient à dire : la marêo 
de Hang-tcheou ert; terrible, à i-Mixo ilu la colère de Ou Tse-âu contre 
le royaume de Yué. 

(Voir: Kouo-yu, vol. 19, p. 4. — Tou Lin, vol. 4S, p. 10 — On-kinn 
tou-bing, vol. 2, p. 14— Et encore: Sou-tcheou-fou tcbe, toL 9, p. 
23. — Yué-th'iué, vol. 5, p. 2, etc.)'" 

' Tou-lin, vol. 48, p. 10, 14-^Koiio-yu, sol. 19, p, 4.— 

■ Le Dotn chinoLg est Kîa ; c'est l'arbre à tbâ amer, nomnrf *ain I^m4df* ^^. . 
^ Ce recueil TacoDM lea toittàia et les flattericB de T'ai taû P*!. le livtll de On 1»^ 
•iu, et Ies querelles qu'ils eurent ensemble. 



( 127 ) 

Pour Paniiée 482, Confacius écrit: "En été, à la 5*™* lune, 
mourait Mong-tae ^ ^p l'épouse du duc Tcliao D8«" Voici mainte- 
nant le commentaire de Tbouo K'ieou-ming: "C'était une priacesse de 
Ou; c*eBt pourquoi on tait le nom de famille, afin de cacher qu'elle se 
nommait Ki |g, comme le duc lui-même. On l'appelle Mong-tse, 
oomme ai elle eût été de la cour de Song ^, A sa mort, on n'envoya 
pas la nouvelle offidelle aux royaumes amis. Pour le môme motif 
on lui refuse le titre de Jbu-jen ^ A (madame). Au retour de 
l'enterrement, le duc ne la pleura pas; et l'on n'écrivit pas "Madame 
la souveraine fut enterrée." 

Conûicius récemment sorti de charge, portait le deuil de la 
duchesse. Etant allé voir le chef de la famille Ki $, premier 
ministre, il remarqua qu^on n'y portait pas le deuil ; lui aussi changea 
son vêtement avant l'entrevue.^^^ Hou Ngan-kouo tJB ^ B com- 
mente ces faits comme il suit: "Le duc Tchao n'a pas observé les 
anciennes loii de Tcheou; il a pris une princesse de Ou, pour se 
délivrer de la tyrannie des trois grandes familles; C'est pourquc» 
celles-ci se montrèrent si peu convenables à la mort de cette princesse. 
De plus, le duo n'avait pas averti officiellement l'empereur, ce qui 
était pourtant ordonné par la loi ; il ne ef était pas non plus rendu à la 
pagode des ancêtres, pour la pleurer comme sa légitime épouFe. Aussi 
lui-même ne mourut pas dans son palais ; ce qui fut r^ardé comme 
une punition du ciel pour avoir négligé l'observation des anciens Sites. 
(Zottolî, II, p. 261, No. 30).— (Edition impériale, vol. 37, p. 13). 

"En été encore, le duc eut une entrevue avec le roi de Ou, à 
Thuo-hao ^ IfiJ*^'^ Tsouo K^ieou-ming -dit à ce sujet: Fou-tch*ai 
envoya son premier ministre Pé-p^i proposer un nouveau traité d'alli- 
ance. Le due refusa, et chargea Tse-kong, disciple de Confucius, de 
porter cette réponse: "Les traités ne sont solides que par la fidélité; le 
consentement mutuel les détermine, les sacrifices les présentent aux 
ancêtres ; les paroles écrites les expriment, les esprits les garantissent. 
Mon humble prince est d'avis qu'un traité une fois conclu ne peut se 
changer; sinon il est inutile d'en faire de nouveau. Que notre 



^ Confaclas manque ici à ses principes, pour complaire au puiivant ministre; c*est 
nne tache à sa répulaUon d'homme intègre par ezoellenoe. 

> Ville de Ou. A 60 Ijr nord-ouest de Teh^oo-hUn SJk fSi'iJpréSKian de Liw 
kkeou-f<m |K T\ m il 7 a encore le bourg de Touo-kao-téiing 9^ Sfi^ (Edition 
impéirialey vol. 37i p- 14}, 



( 128 ) 

Diaitre et Feîgneur veuille bien se eonvenir du proTerT-e qui dit: "S'il 
s besoin d'être réobauffé, on peut austi le lai^fler froid.""* 

Le roi de Wei ^ avait été Eommé par Fou-tchSii d'asnster à I» 
prochaine enrrevue. Or les gens de Wei avaient précédemoient 
afeasiné li'ié-yao Q_ ^ ainl»a»adeur de On ; c'est pourquoi ils avaient 
grand' peur. Ils conaultèrent Tee-yu ^ 3^, ministre des relations 
extérieures, pour savoir comment agir. Celui-ci répondit : "Fou-tcb'w 
n'a ni foi ni loi; sans aucun doute, il insultera notre prince; mieux vaut 
ne pas aller à l'entrevue." Le graod officier Tee-moit ^ ^^ reprit: 
"Il est vrai, Fou-tch'ai n'a ni foi ni loi; or un tel roi est bien capable 
de faire tort aux autres; si nous voulons éviter toute querelle avec 
Fou-tch'ai, il faut que notre prince aille à l'entrevue. Un grand 
arbre qui tombe ne ména^ personne dans sa chute; et un chien 
enragé mord n'importe qui." Id conclusion fut que le prince de Wei 
se rendit en automne k l'entrevue indiquée. Elle eut lieu à Yun 

Là le diic de Lou, le prince de Wei, et I« prince de Song 5fe 
nommé Hoang-yuen ^ 3^ fireut une convention secrète; miûa ils 
refusèrent tous trois ua tntité d'alliance avec Fou-tch'ai. Les gens de 
Ou entourèrent d'une forie palissade la maison habitée par le prince 
de Wei. T.^t-Jhu Kiivj-pi J- JJg j^ f6, nlHcitir do L^>u, dit à Tse- 
kong: "Dans une entrevue de princM, quand toutes Its affairts ont 
été traitées, les hôtes venus à l'aësomblé* offront leurs cadeaux; le 
seigneur du lien offre à sou tour des animaux vivants; c'œt aina 
qu'on ee dit adieu. Maintenant Fou-tch'ai dépasse les bornes du 
permis envers le prince de Woi ; il l'enferme dans si demeure pour le 
vexer. Pourquoi u'iriez-vous pas faire une visite au premier ministre 
Pé-p4?" Tse-kong prend un rouleau de soieries, pour l'oflVir en 
cadeau, et demande une entrevue, qu'on lui acairde. Dans l'entretien, 
Pé-p^i lui dit: "Mon hiuuble souverain aura.it bien l'intention d'être 
le serviteur du prince du Wei; mais celui-ci e^st venu ni tard a la 



> Proverbe cil iiioU dont le stdb pnratt Atre: mieux vnnt Ih>id que n!k:hauflë.— 
Leducrenisedonc mais poliment et avec beaucoup d'il-ptio)ioB; ce qas tous Ica lettre 
calibrent 1 l'en»!. 0" >enl un liomme form^il l'école de t'oufuriuB. ^Wang-p o ï fë 
dit qiie s>i le duc n'nvail |jb3 eii un liouime coutme T«-tMi(^ il n'miRiii pu Éviter ce 
nouveau traité (t'allluni.'ei bleu (ilvis uuéreiLZ que le pr&tileul- (KUition iuii^-rixle 
vol. 37, p. U). 

' A t'e«t de JoaiaoXieit tO 4L Kt pr^rtctore de TVng-fc&eM/ou % ^ ^y 
Eiang-sou; dans In presqu'île de Huimen, prèadela gnuide digue nctaelle; an Ino 
tfpelé Li-/i:.p% Jïl S 1^ (Edition impérUla. vol. 37. p. 14). 



( 129 ) 

réunion que mon humble maître a douté de sa fidélité; c'est pour cela 
qu'il a résolu de l'arrêter." Tse-kong de répoudre: ^' Avant de vBnir, 
le prince de Wei eut une assemblée de ses notables; les uns étaient 
pour, les autres contre son départ ; voilà pourquoi il s'est attardé ; ceux 
de votre parti étaient pour l'entrevue; si vous arrêtez le prince, vous 
détruisez votre parti, et vous servez vos ennemis. De plus, si dans 
une réunion de princes vous agirez ainsi, qui voudra désormais venir 
aux assembléefi? Et comment votre roi pourra- t-il devenir le chef des 
princes ?" Pé-p^se rendit à ces observations, et relâcha le roi de Wei« 
Celui-ci retourné chez lui se mit à apprendre le langage de Ou. 
Kong-men Mi-meou & ^ Si ^i ^^^^ jeune cdors, fit la remarque 
suivante: " Bien sur notre souverain n'échappera pas à son mauvais 
8ort; il finira par mourir chez ces sauvages. Il a été fait prisonnier 
par eux; et il trouve encore plaisir à apprendre leur langue! Cela 
prouve qu'il leor est obstinément attaché"! ^^^ Le commentaire ajoute 
que de fait il mounit dans le royaume de Tué, réputé aussi barbare., 
que le pays de Ou. (Tou Lin, vol, 48, p. 16). 



§ n. CREaSEMENT DU CANAL IMPÉRIAL, DEPUIS 
YANG-ÏOHEOU JUSQU'AU HOANG-HO. 



Entrevue avec les divers Princes, à Hoang-tch^e JlJft (Ho-nan.) 

<*> Après que Foa-tch^ai eût fait mourir Ou Tse-siu, plusieurs 
années de suite furent des années de disette; le peuple était fort 
mécontent ; malgré cela, le roi s'obstinait à vouloir attaquer de nouveau 
le royaume de Ta^i. Il creusa donc un profond canal entre les pays de 
Ohang ^ (Sang ^) et de Lou afin d'accomplir son projet. Dq peur 
qu'on vint lui faire des remontrances, il avait publié un édit ainsi 
con<ju: *^Moi, homme de peu, je vais attaquer le royaume deT84; 
quiconque m'en blâmera sera puni de mort." Le prince héritier 
Teou ;£ sachant que Ou Tse-siu avait été un se^^viteur fidèle, mais 
n'avait pu se faire écouter, tandis que le flatteur Pé-p4 s'était emparé 
du pouvoir, se servit d'une fable pour admonester le roi et le détourner 

1 D'où il sait qnela langne de Ou n'était pas la langue chinoise; qnd étaii doncoe 
Ww ?-Iie recueil Yué.t*8iué vol. 7, p. 1, dit que les gens de Ou étaient des scmiw^f 
^ Viy ennemis de la Chine; et qn'ils avaient même langagei mêmes mœnxB que 
les gens de Yué. — ^Voilà tout ce que ne us en savonsi 

^ Tchao I, vol. 3» p* 15. 



( 130 ) 

de son projet ; il craignait d^ s'attirer Tindignation de son père g^U 
oontradisait onver terrien t. De grand matin donc, portant des balles 
une arbalète, le prince vient du fond du parc, les souliers et les habit^^ 
complètement mouilléî*. Fou-tcl/aî l'aperçoit. ^^Comment, dit-îl, votrr*^ 
personne est-elle en cet état ?"— '^ Tout-à-rheure, répond le prince, j'étais 
à m'amuser au fond du parc; entendant le chant des cigales, je déâra, 
les voir de prè? ; elles sont sur de grands arbres, boivent la rosée du cid 
et se balancent au mouvement du vent; leur cbant est mélaDCoiique et 
plaintif; pourtant elles croient leur sort des plus heureux, elles ne 
savent pas que la mante grimpera sur l^arbre, allongera ses bras, et les 
saisira. La mante n'a qu' un désir, c'est de les dévorer. Tout entière à 
épier le bon moment pour s'élancer sur la proie qu'elle guette, elle oublie 
que la forêt est pleine de chardonnerets. Ceux-ci à leur tour voltigent 
ça et là, s'approchent doucement; puis d'un coup de bec emportent lai 
mante. Ils ne pensent qu'à une choee^ (/est que la mante est bien bonne 
à manger ; et ils ne voient pas le chasseur qui ks guette. Celui-cî 
tend son arbalète, vise l'oiseau ; mais il oublie qu'il est sur le bord 
d'une mare ; son pied glisfe, et le voilà qui roule dans l'eau. Voilà 
juste ce qui vient de m'arriver à l'instant ; je sins encore bien 
heureux d'avoir échappé au péril; car la mare est profonde* 
Maintenant, trempé de la tète aux pieds, je suis encore on objet 
de risée |K>ur votre Majesté." — ''Vraiment, dit Fou-tdi^ai, on ne peut 
être plus stupide que cela ! Ne voir que l'avantage placé bous les 
yeux, sans penser aux malheurs qui menacent par derrière, c'est 
déraisonnable.^' — ^^Dans l'empire, reprend le prince, il y a des gens 
encore b en plus imprévoyants: les ducs de Lou sont les descendants du 
fameux Tcbeou-Kong; ils ont reçu les instructions de Confucios 
et de tout temps ils ont été pleins d'humanité, et appliqués à la 
vertu, sans qu'ils aient eu la convoitise de prendre le bien de leurs 
voisin». Et voilà que le roi de Th4 veut attaquer le duc ; il est tout 
entier à viser son prefit ; sans pitié pour son peuple, il ne s'occupe 
qu'à lever partout des treu{)es afin d'envahir le duché ; il ne fait pas 
attention que les soldats de Ou sont déjà sur son territoire, prennent ses 
provisions, ses trésors, juste récompense de ces guerriers qtli ont supporté 
les ardeurs du soleil sur des chemins d'une longueur de mille ly. A 
son tour, l'armée de Ou ne penre qu'à abattre le reyaume de T<i4 
qui n'a pas voulu se soumettra ; elle ne voit pas le roi de Yué qui 
choisit et exerce ses soldats ; il va pénétrer par le pays des trois fleuves 
pour envahir le royaume de Ou et l'anéantir. En vérité, dans tout 
l'empire, il n'y a pas de danger plus pressant que celui-là." (Lié- 
kouo Iche, vol. 18, p. 18) 



( 131 ) 

Fou-tch'aî ayant entendu cette admonition injrénieuse, n'en 
persista paa moins dana ses préparatifs de campagne. Voici comra<*nt 
n parle le recueil Kouo-yu (vol. 19, p. 7) : Malgré les années de disette 
[ui suivirent la mort de Ou Tse-siu, Fou-1ch*ai leva une armée pour 
lier guerroj'er dans le nord/^^ Il creusa un canal profond entre la 
)rincipauté de Oiang "jf^ (Sonç) et le duché de Lou. Ce canal 
ommuniquait au nord avec la rivière / f^ ; à l'ouest avec le fleuve 
VsH JBf.^^^ Il se servit de cp canal pour se rendre à Hoavg4cli^e Jjf îjfe>^*^ 
•ù il devait avoir une entrevue avec le roi de Tsin §. Il couduisit 
lonc sa flotte militaire de la Hoai à la rivière Se fg, puis à la rivière 
f fjf ; il mit en communication ces deux rivières avec le nouveau canal^ 
tt parvint ainsi à Uoang-tch^e. Là il fit les préparatifs d'une grandd 
issemblée de princes. 

Keou-ts4en, roi de Tué, profita de cette longue absence de Fou- 
ch^ai. Il ordonna à ses deux généraux Fan-li f^fti et Ghè-yong fg-J^ 
le conduire leurs armées le long du rivage de la mer; puis de remonter 
a rivière Hoai, de manière à couper la retraite aux gens de Ou. 
juant à lui-même, il conduisait l'armée du centre le long du Oa- 
ziang ^ Jï, canal qui va de Sou-tcheou à Hang-tcheou; il incendiait 
a fameuse tour Kou-sou-t^ai, détruisait le tombeau de son vainqueur 
Elo-liu, et s'emparait enfin du vaisseau royal. (Kouo-yu, vol. 19, p. 7). 



1 (Test donc en 482-481. 

* Cette rivière I était dans U partie est da daché de Lou. Elle vient de la 
nontagne Ling-lo ehan tt IK llj dans la sons-préfectare de Kai-hU » ^ JK, ei se 
tte dans le fleuve Si A^* Ts*i (on encore J%*i ehoei pf ^)«8t le fleuve janne actuel, 
Hoang-ho yt M)* Longtemps je n'ai pu savoir ce que l'auteur entendait parce non 
>'aprè4 la description, cène pouvait être que le Hoang-ho ; pourtant je n'osaia en fixer 
aoî-même rideatification ; miU enfin je trouvai la preuve que je cherchais; elle est à la 
>ige 42, de Vo'ivr.ige géographique intitulé Ti'iwtouk'ao Ml^H S dont Vauteur est 
e Père Simon Kiong. S J- Ainsi il est donc historiquement avéré que c'est Foutch'al, 
-oi. de Ou, qui a creusé le canal impérial, depuis le Yangtse-kiang jupqu'au Hoaog- 
10. Le recueil Lié-kouotche ledit expressément; il ijoote que ce roi employa des 
ujriades de soldats à ce travail, et K la construction des murs de Yang-tcheon. (Lié- 
tono tche. vol. 18. p. 18). La partie située entre Yang-toheon ei la Hoai fut creusée 
m Tannée 485. comme nous Tavons dit précédemment» la partie comprise entre la 
noai et le Hoang-ho fbt exécutée en 482-481.~C«st ainsi qu'il faut compléter ce 
]ue dit le Père Gandar, S J. sur le canal Impérial» page 8* (Vojes encore l'appendice 
iur la Oanalisition, à la fin de cette histoire). 

« CTot maintenant Fanjsrk'ieou ^ JÇ, préfecture "de K^ai-fûn^:fou 13 il jjït 
lu nord du Hoang-ho» sur la rive gauche, dans la province du Hoiian. Au 
ind-ouest de Fong>k'ieou'hien se trouve encore un kiosque nommé Ain^-f'tniif jt'^ •""* 
^Edition impériale» vol 37, p, 16.— Tou-lin vol 48» p. 19.— Kouo-yn» vol, 19. p. 7.-- 
Tchao I, vol. 3, p, 15-Soatcheoafou tche» vol 48» p. 0.— Hou-tsing hien tcb« 
vol 3, p 2). 



( 132 ) 
KKOU-TS'rEN, Roi DB YuÉ. 




( 133 ) 

Trouo K4eou-mîng donne des détails intéressants sur cf^ttc inva^don 
(vol. 48, p, 1 9). Voici ce qu'il en raconte: A la 6*™* lune de l'année 48 1 , 
la 13^« du duc Ngai ^ (494-467), le jour nommé Fivg-tse ^ ^P, le 
roi de Yué envahit le pays de Ou par deux endroits différents. Cheou 
Ou-yu Rg HiE^ et Ngeou^yang % |^, deux généraux de son armée, 
lânrent directement du sud, et parvinrent les premiers jusqu'aux 
faubourgs de la capitale. A ce moment, Yeou jfC le prince héritier, 
puis Wang^tse 2V jE ■? )ft ^^ autre prince, avec Wang-suen Mi-yong 
X^SiJ} et (7Aeo7^ Yu^ao Hjft^ examinaient du canal Hong jgl les 
opérationsdeseûvahîsseura. Tout-à-ooup Mi-yong apercevant le drapeau 
de Kou-mié jlJjS^^^ s'écria : " Voilà le drapeau de mon père (celui-ci avait 
été fait prisonnier, et son drapeau saisi); il n'est pas possible que je 
voie ainsi mon ennemi sans le tuerl" Le prince héritier lui dit: ^^Si 
nous livrons bataille en ce moment sans remporter la victoire, noua 
risquons la perte du pays tout entier; allons plus doucement 1^' Mi-yong 
n'écoute pas ce conseil; il prend avec hii cinq mille soldats, et part 
aussitôt ; le prince Ti le sidt dans ce coup de main ; le jour I-yeou ^ "g* 
on livre bataille; Mi-yong fait prisonnier le général Cheou Ou-yu ; le 
f rince Ti prend de son côté Ngeou-yang, l'autre général. C'était un 
beau fait d'armt^. Mais voici Keou-ts'ien lui-même qui arrive. IjO 
prince Ti garde la capitale. Le jour nommé Ping-siu p^ ff^ une nouvelle 
batiiille est engagée» ; les gens de Ou sont complètement battus; le prince 
liéritier Yeou, avec Mi-yong et Cheou Yu-yao sont faits prironniers. 
Lh jour nommé Ting-hai f ^ Keou-ts'ien entre dans la capitale. 
Des courriers partent en toute diligence pour avertir Fou>tch^i de ces 
désastres. Mais pour ne pas laisser se propager cette mauvaise nouvelle, 
celui-ci de sa main tue les sept envoyés dans sa tente. (Tou Lin, vol. 48, 
p. 20); et puis il continue les préparatifs de rassemblée. 

A la 7^** lune, au jour nommé Sin-tcheou ^ J, on se réunit 
pour le traité d'alliance. A ce moment s'élève une grande dispute 
de prén^ance entre Fou-tch'ai et le rcn de Tain ^; lequel des 
deux doit le premier se teindre les lèvres du sang des sacrifices ? Fou* 
tchSii dit: ^^Si l'on examine lagém'ialpgie de la maison impériale 
Tcbeou, c'est moi qui vous surpasse; puisque je suis descendant de 
T^ai-pé." Mais le roî «de Tsin réplique : *^ De tous les membres de la 
famille Ki ig, c'eî^t ûioi le chef. Voyant que la querelle b' envenime, 
Tchao-yang |g $^ premier ministre de Tsin, appelle Yng H le 



1 C'est maintenant Lim^-yeoU'hien ff 2lt K^P^^ect^re de iTiu «fteatt/oif 
tH m Tché klnng. (£ditk>Q impérinlè. ToL 37» p* 18). 



{ 134 ) 

Miioisire de la guerre: "Le aoleil va se coocher, lai dit-il, et t*a£^re 
De a'drmD^e pas; la faute en est à nous denz ; vite, faites battre le 
tambour, rangez vœ soldats en ordre de bataille, et oommençoos la 
chai^; ainn le sort des armes décidera qui est le premier, qni le 
fécond I" — " Un moment ! répond ïng, permettez que j'ailte d'abord 
examiner." Deretoar^ilcontïnue en ces termes: "Ceux qni ont ooatnme 
de manger de la viande, n'ont pas la figure noire. Comment donc 
celle de Fou-tch'ai est-elle noîre? Sa capitale serait-dle pria»? le 
prince héritier perait-il mortP Des sauvages comme lai n'mt pas de 
Riiite dans leurs PDtreprises; ils n'ont pas la patience d'attendre; je 
vous prii; de tempori^r un peu." 

Fon-tch^î, avant cette qnerelle, avilit cléîfiré conduire le duc de 
Lou faire ensemble une visite au roi de 7'stn ^. Mais le niinit^re 
He-;/ba Kivg-pê -f W :?t fÔ avait habilement berné l'envoyé de 
Fou-tsb'ai : " Quand l'empereur, avait-il réfwndu, réunît ]»« princes 
en assemblée, son premier ministre lee oonduit toua à lu, cour impériale. 
Si c'est le chef des princes qui a convitqué la réunion, alors c'est le 
marquis lui-même qui conduit les vicomtes et les barons Faluer le chef 
comman. De l'empereur au plus petit îles princes, il y a de la 
différence et de l'inégalité entre les audiences, les visites^ les cadeaux. 
Pour cette raison, notre petit élat doit vous offrir un tribut bien plua 
grand qu'au roi de Tsin ; nom vous l'avons toujours payé bien fidèle- 
ment; et cela, parce que nous reconnaÏR-ons votre roi comme chef des 
princes. Aujourd'hui vous voulez conduire notre duc faire une v'sile 
au roi deTeia; vous reconnaissez donc celui-ci comme votre sapérîeur? 
Ainsi nous devrons fuire un changement diins la manière d'ofirir 
le tribut. Nous avions fourni une coutribution de guerre du 
huit cents chars; aujourd'hui vous nous traitez comme un 
vicomte ou nn baron; nous allons donc voua fournir la moitié 
de ce que donne le prince de Tckou ^ ; et à l'exemple de celui-ci 
nous niions désormais servir le roi de Tsin, Eofin, vous aviw réuni 
les princes en qualité de chef; si muatenant vous n'agissez qu'en 
muquis, quelle utilité en avez-vous?" 

Là-^eesiu, les gens de On renoncèrent à ce dewein, et n'en 
parlaient plai. Plus tard ils se repentirent d'uvoir abandonné ce- 
projet ; b'apercevant qn'ils avaient été leurrés pEir Tse-fon King-pé^ 
ils voulaient le saisir. " Ma mûsoQ est assiu^e pour l'avenir, dit celui — 
ci, puisque j'ai déjà de la postérité; vo'outiera je voua suivrai avecs 
mes deux chars et mes six hommes; soit plus tôt, soit plus tard-, 
comme vous voudrez." Sur ce, ]ei gnm de Ou le prirent et Hem- 



( 135 ) 

menèrent avec eux. Arrivés à Hou-yeou p ^/^^ King-pé dît au 
premier ministre de Ou : Le P' jour {\ t^> d« la 10*""® lune, le duc 
doit offrir des sacrifices au seigneur du ciel ji %^ et aux ancêtres ; 
le dernier jour Kisin ^È ^^ le sacrifice sera terminé ; d'âge en âge, 
ma famille y a rempli une fonction ; depuis le duc Siang ^ (572-541), 
jamais nous n'y avons manqué. 8i je ne m'y trouve pas, le chef du 
temple en accusera votre roi. ^'^ De plus, vous reprochez au duc de 
n^être pas obéissant ; pour le punir, vous saisissez un homme dkpeu« 
comme moi ; par là quel mal faites-vous au duc?'^ Ayant entendu 
ce dipcours^ le premier ministre de Ou dit à Fou-tch'ai : " Cet homme^ 
a raison ; en Je tenant captif, nous n'atteignons pas son maître, et 
nous perdons notre réputation ; le mieux serait de le renvoyer." 
Fou-tchai le relâcha donc aussitôt. ^'^ (Tou Lin, vol. 48^ p. 2Q) 

Mais il est grand temps de revenir à des récits plus sévieujr. Le 
recueil Kouo-Yu (vol. 19, p. 7) dit qu'^après avoir reçu les mauvaises 
nouvelles de sa capitale, Fou-tchai avait réuni en conseil les grands du 
royaume qui suivaient son armée. ^^Le roi de Yué, leur avait-il dit^, 
^omme sans foi ni loi, a violé ses traités d'^alliance, et envahi noti» 
royaume. Or, pour rentrer chez nous, le chemin est long. Yaut-il 
mieux partir de suite^ et abandonner nos projets élaborés avec le roi de 
Tsin ^, ou bien vaut-il mieux conclure un traité avec ce roi, et lui 
laisser la préséance? Que vouî? en semble? — Wangsuen Vong 3E îR 
:^ répondit: ^^Dans une question dangereuse comme celle-ci, nous no 
garderons pas l'ordre des rangs pour parler; permettez- vous que je 
donne le premier mon sentiment? Je dis donc: les deux moyens 
proposés sont désavantageux. Si nous nous hâtons de partir, sans avoir 
fait la convention projetée, l^invasion de notre pays sera publiée partout; 
notre armée sera effinayée,. et se dispersera. Nous sommes loin de chesi; 
nous; et nous n'avons point de forteresse sur là route pour nous y 
réfugier. Alors les princes de TsH ^, de Sovg 5^, de 8iu ^, et les 
sauvages riverains de la Hoai fH se diront : le royaume de Ou, est 
abattu! ib se mettront sur les deux côtés de notre canal,, noua 



^ Cest maintenant le bourg de Tai^g'hoenteh'eng IK ^ JSlL a^i nord-est de 
Lan-yanghieik H i% ff; préfecture de K^iàfoTxgJw, 03 ^ ijï) Hcvnan. (Edition 
impériale, vol. 37, p. 19). 

2 Le commentaire ajoute: c'est-iudire que le chef du temple fera des imprécations 
contre Foutch*ai. £ing pé connaissait les gens de Ou ; il les savait adonnés au service 
des diables et des esprits; il disait donc cela pour les efirajrer. 

3 Ce double incident» si complaisamment raconté, est un lieu commun destiné à 
montrer comment la fine politique des Chinois savait triompher de leurs voisins 
barbares; quoique ceux-ci fussent très puissants. 



( IM ) 

attaqieront à leur nîne et nous serons perdus. B'uutr? P^^ cofuJure 
Ifl tT'ttté, abindonuiint la préHÔ^Dce, nous no le pouvons pas non pim 
Le roi do Tain lient déjfi le pouvoir, commu chef reconnu des prîoces; 
s'il peut noua forcer à noua dcâïster, il pourru as prédentw joytaz 
devant l'empereur, et se v&nter d'avoir remporté stnr doob one belTe 
victoire. Partir sans traité, c'eet proclamer Dai»-m§iDes l'iovasioa 
de Doire paya; noe révolte serait à criûndre dons notre armée. 
Il fiiut donc obtenir la convention et la préséance." — ^"Trés-bient 
répliqua Fou-tcbSii ; mus ciuel moyen ave^-vons poar cela?" 
Wang-suen Yong saluant toits lee dîgait^ns leprit en cei termee: 
"Le danger est pressant; nous n'y pcaivons rien changer; la mort 
est flous nos yeux ; quiconque a on expéiiîeut pour nous Biiuver, 
que celui-là parle le premier." Comme toua ee taïauent, il reprît 
aînâ: "Le chemin du retour nous est ferme ; tes autres princes, m 
contraire, sont proches de chez eux; ils n'auront donc pas lieu de 
pouMser l'afbire à outrance, comme nous; ils ne tiennent pas à engager 
une lutte à mort. Ainsi quiconque aime le service et le salut de notre 
roi dràt prendre une courageuse résolution : ce eoir même, mettons-nous 
en ordre de bataille, et provoquons nos adveraûres au combat. Que 
votre Majesté excite l'ardenr de ses gens, en promettant de belles 
récompenses aux vaillants, et de graves punitions aux lâches; il faut 
fitire en sorte que votre armée méprise la mort. Certainement, les 
autres princes ne voudront pas en venir jusqu'à cette extrémité : îk 
vous laisseront la préFéance. Une fois cela obtenu, malgiû i'aDué« de 
disette^ où nnns n'avons rien récolté, ne domandoos aucim tribut 
aux princes réunis; laifoons-Iee partir contents de notre désiatérease- 
ment. Eux dit^persés, le cœur de votre Majesté sera déchargé et se 
sentira à l'aise pour aviser au retour; alors, qu'un se hâte, ou qu'un 
aille plus tranquillement, peu importe; nou'j pourrons exécuter les 
projets de notre rt>i." 

Fou-tcb^ suivit ce conseil. La niitt venue, il ordonna de pré- 
parer les chevaux et de prendre la nourriture; à minuit chacun 
endossa la cuirasse, saisit ses armes, et prit un tison en guise de 
lanterne. On bâillonna les chevaux, pour les empi'j^her de hennir. 
Les S[Jdats étaient placés de manière à former un carré de cent 
colonnes de cent hommes chacune; dtuque ligne avait son chef 
portant une clochette sous l'uiHselle, et une lance à la main ; chacun 
d'eux devait planter devant soi nn drapeaii long et étroit, porter au brus 
an bouclier en cuir d'unicorne orné de desius. Dix colonnes avaient un 
officier plus élevé; celui-ci plantait devant soi un étendard en plumes: 
it avait à son côté un tambour, à la main une baguette pour le frapper 
et donner les signaux; sous l'aiaiellc il tenait im culiier, pour inscriie 



( 137 ) 

les mérites et les punitions. Dix drapeaux de plume avaient un 
général, qui fixait sur son char un étendard orné du soleil et de la 
lune; il avait de même le tambour, la baguette et le cahier. Tous 
ces drapeaux et étendards étaient blancs; blanches aussi les cuirasses 
et les barbes des flèches. Le roi lui-même tenait en main une hache 
de combat; son char orné d'un étendard blanc était au centre du carré, 
Uaile gauche de l'armée était difpoeée de même; mais dra|)eauX| 
cuirasses, flèches, tout était rouge comme flamme. L'aide droite, 
pareillement rangée, était toute en noir« 

Yoilà donc une armée de trente mille hommes prête au combat; 
an chant du coq tout était en place; et l'on était à un ly du camp de 
Tsin ^. A l'aube du jour, Fou-tch^ai tenant en main ea baguette de 
tambour, se rendit à Bon char; aussitôt branle-bas général des dochettep, 
tambours et tam-tam; courageux et lâches criaient à l'unisson, et 
formaient une clameur formidable; toute l'armée en était électrisée; 
le ciel et la terre tremblaient à ce vacarme. 

L'armée de Tsin épouvantée réparait à la hâte ses remparts de 
terre, regrettant bien d*être ainsi prise au dépourvu. Son roi, crai- 
gnant quelque entreprise de Fou-tch^ai, dépêcha son ministre de la 
guerre Tong-ho jjf ^ lui demander une explication: **No8 deu^ rois, 
dit celui-ci, tenaient leurs armes dans le fourreau; ils traitaient 
amicalement de la convention qui devait se conclure aujourd'hui, à 
midi; or voilà que l'armée de votre auguste Majesté a prévenu l'heure 
convenue, et s'est approchée des retranchements de notre petit camp; 
oserais-je demander la raison de ce changement?" Fou-tch^i répond 
en personne: ^^ L'empereur m'a envoyé un message en ces termes: 
Mon territoire est étroit et insignifiant; personne ne se soucie d'ap- 
porter le tribut obligatoire; en sorte que je n'ai rien à offrir en 
sacrifice au seigneur du ciel, ni aux es{)rits, ni aux mânes. ^^^ Aucun 

^ Le texte chinois dit: Jt $ À 94^* Le commentaire igoate qne cela signifie 
^ iV A ^* Le texte se trouve dans le recueil Kouo-yu, toL 19^ p. 10. On 
le cite comme preuve bien claire, que les anciens Chinois connurent et vénérèrent Dieu 
bous le nom de Ckar^g^ <» Jl W (wigneur suprême). Nous admettons que ce texte 
ne peat guère autrement s'expliquer; il s'aj^it du suprême dieu, Teropereur du ciel 
auquel celui de la terre ofire les sacrifices. Mais on aurait tort d'en conclure que l'E^glise 
n'aurait pas dû introduire et imposer l'autre expression ^ £ fn^Hre du ciel). 
Elle a très sagement employé ces deux caractères, parce qu'ils n'oflrent pas la moindre 
équivoque; chose si importante, surtout dans les questions doctrinales. De plusp 
l'Eglise ne s'occupe pas de philologie; elle ne demande pas ce que les anciens Chinois 
ont cru ou entendu par ces deux caractères. Une chose importait : cliobir un mot 
clair et sans équivoque pour désigner Dieu. Or, maintenant ces deux caractère^ 
Jl ^ ne sont plus clairs, n'ont plus un sens fixe, comme on peut le voir par le 
commentaire. A ces deux caractères Chai^-ti (seigneur supérieur ou suprême) qui ne 



( 138 ) 

prïnce de k famille Kî ^ ne Tient & mon seconis, L'emperenr s 

envoyé courrier ciir courrier pour avertir mon huialile penonne ; 
jlfl ne Riiivaient l'un l'antre san'^ interruplîon, jour et nuit. 
L'empereur eet venu anssî auprès de vous antres princes, avec des 
prières bien hunilileH ; vous ne vons êteâ pas sonciûs si la paix règne 
dans la famille imp^'îriale. Les gens de 7%in ^, confiants dans leur 
nomlire, se rï-posent tmniiuilleni''nt chez eus ; ita ne se pn'occupent 
pas de réprimer les (igÎRseiuente des mnvages Jong ^ et îï ^, ni des 
prîncipantûs de Tch'-oa ^ et do îV'in ^. Vous ne prot(%ez pas vos 
frères cadets, c^mme un aîno doit le faire; au contraire, voua von» 
prévale!; du votre puiBBai»ce pour opprimer les royauraeade vosfryrep. Moi, 
hconme de pcTi, je ne veux qu'une chose, l'ordre. Je conserverai 
Ie« rangs et les dij^nité-s comme les ontôtablinos ancêtres;'" Us snr- 
pnaeer, je ne l'ose ; ci'der leuie droits^ je ne le puis. Quant à la 
eoUTention d'aujourd'hui, le soleil est déjà bien haut; je crains que 
Taffuire no pniase encore se conclure ; et nous serions la risie de tout 
le monde. Les armes vont décider M je puis servir Totro illustre 
roi, on si jo ne lo puis pfw. '-' Les miissagers de l'empereur n'ont 
pas cniint une route si longue ; moi en personne homme, de peu, je 
viens prendre vos ordres, hors de noa retranchements." 

Tong-ho allait partir aiirèa ce long et dérisoire didoonre, dont 
lo sens lui était très clair; quand tout-à-coup Fou-tch'ai appela 
Diotio-ki :§: Bg général de l'nilo gauche, et lui dit : prends Tse ^ 
grolïier du ministre de la guerre, et les cinq centurions qui sont 
condamnés A mort ; amène-les moi. Tous aussitôt s'avancèrent 
rapidbment, et se coupi>rent la gorge, devant le messigor de ï>in ^^ 
en guise de salut. Le commentaire fuit observer que Foo-tchSd imitait 
en cela l'exemple donna ea 4S4 par le roi de Yné. C'était noe 



«emblent ponvoîr n'entendra qne d'an lire personnel, înleTlÎKpnt et ïnd'ïpenflHiit. il siib- 
Blitiie opt mitre tpmie rien (cïd). Tngiie et hnperwniDel. D'siitiesanleursïubrtîtoent 
In Terta. l'hnnijiniti!. etc. Coniaie Jm (■hînoïa ent perdu la rr«ie religion priinïlîve el 
le Dionollifîsnie. po\iT h'adoiiDer i VldoVHne; de niCnie ils ont perdu îa signilîcalitiD 
ia nom même de T>ien ; ils lui donnent toutes wrtes d'^ripticnlionn. e^tœpté la bonne- 
Ce n'est pas anr des éléments b< canl\iii et ni dÎBCDtaUM iiiie l'E^liiie enlholiqiie peut 
fiiire rapoacr «es termes th^logîqiini- Elle use da ma droit en imposaiil dn mot^ 
clair? et expreseîfâ pour la transmission de ta VRiie dortrioe. Ainsi a-(-fIle Jsît nitr 
temps des Ariens et des Nestiiricns; aimi a l «Ile fait an lâ*^*"' ùCde, contre lec 

' En d'autres terme», je veux llie le cbef des princTB; et, en cette qnalilé, »dll« 
au bon onlre entre etii- 

* C'eal-à dire: ou fe 911 Is vaincu ou vnînqnenr; vaincu, je me soumetlr"! i vnlre- 
Toîi vainqueur, je recevrai sta hommages, Itiin do le w rvir. Les Clinoli aîmenl le» 
«upUnisiueti it Iw antiphraaes, surtout duna leur langage do {lolilesac on de polititiii» 



( 139 ) 

sorte àe bravade destinée à montrer qne toiis lès sdd«ts de Oa Ini 
obéiraient de même jaGqu^à la morU 

Tong-ho s^en alla porter la réponse. Sur le chemin il rencontr» 
Tchao-yang ]£ ffc le premier ministre de Tsin, et lui dit : ^^ Moi, 
votre serviteur, j'ai remarqué que la figure de Fou-tch^aî semblait 
cacher un grand chagrin. ^^^ B'il lui est arrivé quelque malbenf 
ordinaire, c'est que sa concubine &vorite est morte^ ou bien lé 
prince héritier lui-même, ou enfin quelque chose de semblable est 
arrivé ; si c'est un grand malheur, c'est que le roi de Tué a envahi 
son royaume. Bref, il est comme une bête fauve poussée à bout ; 
il ne faut plus lui chercher querelle. Que votre Excellence lui 
accorde la préséance qu'il désire ; ne risquons pas les chances d'uni 
combat; mais ne coDcédons pas cela gratuitement!" ^^^ Ibhao-yang 
suivit ce conseil. Le roi de Tsin ^ renvoya de nouveau Tong-ho 
dire à Fou-tch^i : ^^Mon humble prince n'ose pas se mettre lui-même 
à la tête de son armée pour vous donner sa réponse ; il me charge^ 
moi, votre serviteur, de vous la présenter. Tont-à-l'heure, votre 
Majesté se plaignait de ce que le territoire de l'empereur fût A 
amoindri, et que les divers princes manquassent à leurs obligations 
envers le fils du ciel ; je vous en prie, venez coiïSultér la tortue par 
le feu (consulter les sorts) ; elle décidera si c'est à vous de recevoir 
l'autorité sur les descendants des empereurs Wen % et Ou ^^ 
Moi et les autres princes, nous sommes bien proches de l'empereur ; 
et nos fautes ne lui échappent pas ; les avertissements et les blâmes 
nous arrivent chaque jour. Il m'a dit : ^^Antrefois, le roi de Ou, 
mon oncle ^*^, ne manquait aucune des quatre époques où il devait 
amener les princes me saluer, moi, le premier de tout l'empire. 
Maintenant mon oncle a les sauvages sur les bras; depuis des généra-, 
tiens, il a cessé de me rendre ses hommages. En conséquence donc do 
celai l'empereur m'a ordonné, à moi, homme de peu, d'agir envers les 
divers états de la famille impériale à la manière de l'ancien duc 
Tcheou-kong; et de consoler ainsi l'empereur dans son chagrin. 
Maintenant, voire Majesté est maîtresse de toute la côte orientale; 

1 Noui avons va plus haut que T1k>iio K'ieountîng tradaît la môme pensée sotts une' 
autre fonne, et dit : les gens qui mangent de la viande n'oDt pas la fignre noire; c'est à-diie • 
étant si bien nourris, ils n'aundent pas la figure abattue, s'ils n'avaient pas quelque grand 
chagrin qui les attriste. 

2 Quiconque a eu des affaires à traiter avec des Chinois lecoonattra que ce seul 
membre de phrase les dépeint à merveille t accordons d'une main, pour reprendre de 
l'autre! — ^Voyons un peu la curieuse réponse du roi de Tsin an dérisoire discours de 
Fou tch'ai Pour des roîs sous les armes» c*est trop long I cela prouve bien qu'ils n'avaient 
guère envie de se battre; mais c'est le cas de dire : à bon chat bon raL 

s Titre honorifique donné par l'tmpeiear au chef des roitelets {Pé-fcu f^ ^ code.) 



/i 



prince de la famille K fj ne vient à mon 
envoya conrrier «ur oonrrier pour BTHrtir ■ 
%Ia se Buiraient l'un l'antre niu mtr ■ 
L'empcrenr ert vena anm aupriS* do T Z 
priôrta bien hamblee ; vons ne vota J* ^ 
dans la famîHfl impiSriale. I«s HP' ' •' 
nombre, se repcecnt tmnqiiîlleni»' ' • 
pas de n:primpr les a^ivseiaealaf/ff ' ^^ 

TirincipauUw de Tch'ou JfS et ■"//' ,.i«lô^ -^ 

frères cndota, lymina nn idr y > a vos onlie*' 

prévalez du votre piiiamnee* jué?" 

honme de pon, je np, ' .bq contint de Tiasafl <^ 

le« TODgs etieedîplîf _jent de l'impHaa où il M ^"^ 

ptiBser, je n« l'ose; ^^dnitet reaoDçaàKm titrederoJ 1^ 
eonvention d'aiyor 'i^te. Lee tnwpee sa rvtirôrent ** 

fttfraîre ne prna* j ^^^^ je paix ; et dans ke ancrifioea FoO^ 
le monde. I . .' ''' f^ne» du taag des TÏotimei, le nrà de 1^ 
roi, on m je .-■■|,V'""''V 

pascnuat r^*''^ j-invasion de «n royanme n répandant < 
Tiens ]>r ^^^ *^'j^w redonta quelqne mauvais oonp de la {] 
^,1 ÛB Song île. En i»Q«éqaenoe, il oidono 



j* V*^ de Song ^. En goq' 
^l^^^^ion; de conduire, en < 



H Pt Fonsr-Aoïio || 

^^ rfeAiVi "^ oonauire, en qualité d'alliés, toii 

^ 1 twvs'* '^ P'^7'^ ^^ Song. ÂrrivéB devant la c 

ij^***! ^[ les fdubourjçi. Ils aoraîent bien vonlu e 

* jgr Fon-toh^i était furieux contre le roi de Song, pai 

^ j^^ daigné anïater à l'assemblée de Hoang-tch*e ; pc 

ti^^^^^\ vonlait attaquer ce pajs, tuer les hommen, ei 

^*— a oomme esclaves, Pé-p*! lui dit; "Twncre serait 

l^fv^gi o'ftvoria pas le temps d'y demenrer ni de l'occnper." 

""^B^miée continua son chemin. 

pwvenu dans son rujanme, Fou-tch'M fit la paix avec 
. nn de Yné; c'était en hiver, l'an 481. (Tuu Lin, 

«y" 



qni veut dire: l'empcreat ne vous faiiu'l pu senlir soi 
libre. 

tsionl FoU'Ich^ ne lina pis m^mc ane leule bita 
tranquillement une pareille humiliation! Nous vm 
k qoellei condilions fut conclue cette paii. 11 n'est rien dit de cela. 



( 140 ) 

taais T09 titres mnt oparpés; la nonvelle en ert parrenne josqu'anx 
oreîlleB de l'empereur; l'enceinte qu'il avait désignée à votre Majesté 
n'étùt pas bien haute;'" vous eu abu.'>ez; voua sautez par dessus; vota 
aiifd voii' rjîîsspz a^mniB les amvjigea (voa ennemis), et vous niiinijiiea 
d't^rd à la famille impérioK L'insigne de votre dignité portnit inscrit 
votre rang dans la liiérarcliie des princes; c'était vicomte de Ou, et 
nullement roi. C'est pourquoi tout le monde refuse de von^ servir; 
cw DOUB n'avons dans notre famille impériale ni deux rois ni deux 
emperenrfi. Si votre M'ijesté ne môprisc pna le fils du ciol et n'excède 
]»s les justes limites; si elle w content« d'être apiiel-se prince de Ou, 
moi, homme de ppu, osi^rais-je ne pas olxiïr à. vos ordres? refuaertûa-je 
d'être le cadet, tandis que vous serez l'aîué ?" 

F'Mi-tch'ai fut sans douto bien contint do I'i«sne qui lui était 
offerte pour sortir honoralilement de l'îrapa.'»» où il œ trouviiit. II 
accorda ce qu'on lui demandait et renonça à son titre de roi pour porter 
désormais celui de vicomte. Lea troupes se retirèrent dans leurs 
tentes; on fit le traité de paix ; et dans les sacrifices Fou-tch^ai s» 
frotta le premier les lèvres du sang des victimei^ le roi de T»a était 
seulement le second. 

Le brait de l'invasion de son royaume se répandant de plus 
en plus, Fou-tch'aî redouta quelque mauvais coup de la pirt de? 
roïfl de TVi î8f et de S<mg ^. En coni^quence, il ordonni à «a 
denx généraux Wang-euen Yoftg ï îfi jg et Yontj-howi $ 3 de 
partir les premiers ; de conduire, en qualité d'alUéa, toute leur 
infanterie à travers le pays de Song. Arrivés devjint la capitale, 
ils en brûlèrent les faubourgs. Ils auraient bien voulu en faire 
davantage;carFou-tcîi'ai était furieux contre le roi de Song, parce qu'il 
n'avait pus daigné assister à l'assemblée de Hoang-tch'e ; pour l'en 
punir, Fou-tch'ai voulait attaquer ce paya, tuer le.? hommes, emmener 
les femmes comme eselavei. Pé-p'ï lui dit: "Vaincre serait facile; 
m£Ûs nous n'avons pas le temps d'y demeurer ni de l'occuper." Ainsi 
donc l'armée continua son chemin. 

Farvenu dans son royaume, Fou-teh'ai fit la paix avec Keou- 
ts'ien, roi de Yué; c'était en hiver, l'an 431. (Tou Lin, vol. 43, 
p.21).<=> 



> Comparaison qui veal dire: l'eD^xteoT ne vont f:^«aîl pu sentir foa ■ulorité, il 
voua laissnil libre. 

= Singulière ooncTnsonl Foutch'aï ne livra pis même ane seule tulaille! Lai si 
belliqueux acceptait si Iranquiltement une pareille humilialionl Nous vondiioiu iiusi 
4avaii i quelles conditions fut conclue celle pûx. Il n'est rien dit de cela. 



( 141 ) 

Nous venons de voir comment Foa-tch^ai avait forcé le roi <fe 
Tstn § à renoncer à son titre de chef des princes ou roitelets ; comment 
à son tour le roi de Tain fut assez vengé, puisqu'il a forcé Fou-tcb^î 
à renoncer à son titre de roi. Il faut encore ajouter quelques expli- 
cations. Primitivement) la dignité du prince de Ou était celle de 
Pé fjg, ou comte; comme descendant de T^ai-pé, il était le premier 
prince de ce pays/^^ Mais les roitelets chinois ne lui rcoonnuient 
jamais que la dignité de vicomte, ou Tee ^. Goufucius, dans sa 
chronique, ne lui donne jamais un titre plus élevé ; ordinairement 
même, il ne le nomme que ^4^homme de Ou;" car, pour lui, 
ce n'était qu'un sauvage, non un chinois; et par conséquent 
indigne d'un titre quelconque chinois. Nous Pavons vu bien 
des fois, c'est à contre-cceur, et foicés par la peur de ce puisaGmt 
roi de Ou, que les princes chinois eurent avec lui des rela- 
tions, lui donnèrent quelqu'une de leurs filles pour femme; ou 
encore prirent pcKir bru quelque princesse de Ou. Confucius, 
dans sa chronique, manifeste ouvertement les mêmes sentiments; 
^iioiqu'en théorie il ait enseigné à ses disciples qu'il faut garder la 
justice, même envera des sauvages.^^^ Mais enseigner et pratiquer 
9ont deux cho«tes bien différentes. 

Le recueil Kouo-yu B |§, qu'on dit tiré originairement desf 
uchives de On, nomme ce prince purement et simplement roi. 
rsouo E^ieon-ming, qui souvent apporte textuellement ses docaments^ 
l'appelle aussi bien souvent roi« En revanche, il pisse légèrement sur 
}ette fameuse convention de Uoang-tch'e; il dit même que le roi de 
Tstn ^ j avait la première place. Hithhan f|F II (^^^ P^ l'édition 
impériale, vol. 37, p. 16, etc.) dit que Tsouo E4eou-ming a sciemment 
p^oulu cacher la vérité; il avait honte de reconnaître qu'un saavage 
mt imposé cette humiliation aux roitelets chinois. Il remarque avea 
*aison que, depuis l'assemblée des princes tenue à Song, le roi de Tsin 
ivait renoncé à la préséance; et cela en faveur du roi de Tch'ou H; 
X)mment ensuite aurait-il pu résister au vainqueur de TchVNi? Le 
roi de Ou était devenu le plus puissant de toute la Chine ; il en était 
iréritablement l'em()ereur, sans en avoir le nom. S'il avait su modérer 
ïea passions, il aurait fini par obtenir ce titre si envié. Avant d'assister 



1 II y avait cinq degrés de < ignitaires : Acw^ ^ duc, J/eau ^ marqaî% J^é (^ 

romte, 7 se -f" vicomte, NaH ^ baron. Les vicomtes avaient pour insigne un moffoean 
le jade rond sur lequel étaient gravés du blé, du riz, et autres céréales; on l'appelait 

^M*-pi iBi &,^ pour indiauer que leur office -consistait à nourrir le peuple. Ces momaux 
le jade avaient un trou rond dans leur milieu. (Zottoli, vol. % p. 62). 

2 Voir surtout le Luen-yu JB ]^ * 



( M2 ) 

à aa chn^e, vojrons an peu asa iuita et gestes, après U dfflniére et célèbre 
coQvetitiou d« tloaUg-tch^e, 

11 BDvujii iVang-etien Keou ï JS Hîi oomme ambassodenr extiH- 
Ordinaire à la oour îiupérùUt], afio d'y annonoer les haute futa qu'il 
veuait d'accuuiplîr. L'itmbu^uleur parla donc commA il soit: ** Pré- 
cédemment, les gens de Tck^ou |g, n'ayant ni foi ni loi, ne savaient pu 
BBTvir I» famille iai|icriule; ils voulaient mâme nous détourner, aoos 
autres qui aooiineB de cette môme famille, de remplir notre devoir 
envers elb. Itliiii^ Hu-lîii, ruou pore, ne leur pardonna pas une telle 
coaduite; il revêtit lu cuiriuee, saisît l'épée, l'arc et lee âôchee, fondit 
tur leurs troupee dans la grande plaine de Pé-kiu (504); le ciel 
récompensa sa fidélité ; les gens de Tch'ou furent complètement battus; 
le roi s'enfuit hura du sun royaume; noua aoiumes entrés dans la 
capitale Yog; notre roi donna des ordres à tous les dignitaires du 
pays; il offrit les sacrifiera aux esprits tutélaires. Kalheureusement 
la diâcorde s'était iutrixiuite dans notre famille royale. Fou-kai, frère 
du roi, méditant une révolte, était rentré dans le pays de Ou, et 
voulait s'emparer du trône. Mon pira Ho-liu dut revenir pour le 
combattre, et ne put acliever la cooijuâte du royaume da Tcli'ou. 
Kien-kong jg ^, prince de T^H ^, ne sut pas profiter de la lei^ou 
infligée à sou voisin. Lui aussi ne sut poH obéir à la maiasn 
impériale, et tenta de nous détacher de votre dépendance. Fou- 
tch'ai ne supporta pas chose semblable; il endoau la cnirosse, saisit son 
épée, son arc et ses floches; il mivit le fleuve fVea ^, livra bataille à 
Jhnto jj|. Malgré le soleil et les pluies, ^Kirtant nos chapeaux d'été, 
nous rencootrâmes de nouveau les troupes de Ts'i à Ngai-ling. Le ciel 
récompensa encore le cceur droit de notre monarque; les gens de Ts*! 
furent obligés de se retirer dans leur paj-a. Fou-tcb^ai, notre roi, 
n'œe s'arroger ces méritas; nos communs ancêtres, les empereurs 
Wen et Ou, ont récompensé la droiture de son cœur. Quand nous 
sommes revenus dans notre paj-s, nous y avons trouvé la disette. 
Malgré cela, nouH partions de nouveau en cum)iagne ; suivant le Yang- 
tse-kiang, puis remontant la Hoai, noua creusions un proi'ond canal eutre 
la principauté de Oiiang (Song) et le duché de Lou, pour faciliter les-^ 
commun tcatiuns avec les autres rois nos frères. Fuu-tcb'oi était os-ez 
capable pour entreprendre et accomplir de si grands projeta; il a osé 
m'envoyer, moi, Wang-sueu Keou, jwiu- en informer vos Ëxcelleactiâ,, 
ministres de l'empereur." <" 

L'emjwreur Eing ^ (âI9-47^) réftondit: "Ainsi donc, mon 

1 Par respect poat la Mijestd de l'empereur, l'eavayij e^l cetis4 adresser la parole 
■direcwmenl aux ininiatrca pr&enls a l'entrevue. 



[ 143 ) 

vénérable oncle vous a ordonné de me faire visite, pour continuer à me 
rendre ses hommages comme au chef de tout l'empire; j'en r^sens 
une grande joie. Précédemment, la famille impériale Tcheou a reçu 
du ciel de grandes calamités; el!e a dû subir la révolte de son propre 
peuple, Commentmoncœurpourrait-iloublîerceschagrine? Gomment 
ne pas avoir de la sollicitude en voyant ces troubles et ces agitations 
de mon peuple* Maintenant, mon vénéré oncle médit: ^^ Mettons 
en commun nos efforts, et pratiquons la vertu". Puisque mon vénéré 
oncle a été capable d'entreprises si grandes, moi, chef de l'empire, je 
partage votre bonheur. Puisse mon vénéré oncle vivre de longues 
années, et ne mourir que comblé de prospérités. Que mon vénérabfe 
oncle s'attache à la vertu, pour l'accroître de jour en jour." 

Après avoir fait la paix avec le royaume de Yué, Fou-tch^ai 
laissait son peuple en repos; il songeait sans doute à réparer les maux 
occasionnés par ?invaFion« Mais voilà que durant Pété de Pan 479, 
Tse-êi ■? H et Tse-ki -? ^, les deux généraux de Tcheou Jg, vinrent 
attaquer le pays de Ou. Ils pénétrèrent même jii<^u'à T^ong-joei 
|g î^/^^ Le marquis de Tch^eng ^ envoya l'officier Kongsuen 
Tcheng-tèe & ^ A 'p en exprimer ses condoléances à Fou-tch^i* 
Arrivé à la ville de Leang B? &^ P^^T^ ^^ Ou, l'ambassadeur mourut; 
on le mit dans un cercueil ; et Pon se disposait à le conduire ainsi 
jusqu'à la capitale, pour accomplir, même après sa mort. Perdre reçu 
de son souverain.^'^ Fou-tch^ai envoya son ministre Pé-pH fjgj 
gg régaler les gens de Pambassade, les remercier, et leur dire de 
retourner dans leur pays. ^^Nous avons eu des pluies excessives, 
dit Pé-p4, et cela en dehors des temps ordinaires ; il y a vraiment 
danger que dans ces forts courants d'eau la barque perde Péquilibre 
et le cercueil tombe à Peau. Oe serait augmenter encore le chagrin 
de notre humble roi. Cest pourquoi il vous remerciOi et vous prie 
de rentrer ches vous." Le secrétaire de Pambassade, Yu-yng Kai ^ 
^ H répondit: ^ Notre humble prince a appris que le roi de Tcheou, 
homme sans foi ni loi, a envahi votre royaume et massacré votre 
peuple ; c'est pourquoi notre humble prince m'envoie, moi £[ai, pour 



1 Cest-Mire? Couibe da torrent JoeL Ao sad-est de JCoane4€ tcheou H j^ jH|» 

préfecture de Ning-kouo-fm ^ B |^, il y a le torrent Tot^-thoei fQ ijli qui vient de 

la montagne Pi-che^han ^ S^ Ul, et se jette dans le lac Ttm-yangJkm l)} 1% JH) 
sa nord-oaest. (Edition impériale, vol, 38> p 4). 

Cétait la coutume. En pareil cas, le secrétaire prenait la parole à la place du 
défunt, 



■ C 144 ,) 

TOUS exprimer eee oondoléancea, & tous les miDietren."' Malhen- 
rensemeat, l'amboflEsdeur a renoontré 1m grandea calamité vennefl do 
deetiD ; sa vie eet tombée à terre ; 00a fil i^eet rompQ dans la TÎlIe 
de Iieatig<*'. Cela nons a fait perdre beaucoup de temps*, et nous 
s côutâ beauoonp de dépensée ; cbaqne jour nous aTons voyagé pooi 
bâter notre arrivée. Maintenant, votre noble roi nom envoie un 
message nous dire : "Qne le cercoeil n'en trépas par ma portai" Cfert 
donc rejeter l'ordre de notre humble prince comme on rejette dea 
herbes mépriaibles. De pîufl, j'ui toujours entendu dire : " On dràt 
servir les morte comme on sert les vivnnta"'"; ainsi le veulent 
^m "ritee". D'après ces mêmee rite», l'ambasaodeur ou le porteur 
de cadeaux qui meurt en route doit remplir son ofBce dans le œrcneil.'" 
Si ce royaume où il ra est en deuil, il doit rebrouteer chemin ; ai 
noua o'uIloDs pns jufqne chez voua, il noua faudra dire que touh êtes en 
deuil ; est-ce permis ? Même si l'on b'applîque arec diligence à 
suivre les rîte«, on y manque encore quelquefois par inadvertance. 
Maintenant, votre Exorlleoce nou's dit : "L'ambassadeur étant mort, 
rentrez chez vous." C'est donc rejeter les rites; alors comment ponrrez- 
vous jimtiia être le chef des princes ? Les anciens avaient le proverbe 
suivant: "Ke r^ardez pas les coditvros comme impurs"! Mon 
mnître ayant reçu un ordre de notre prince, c'est dans le cercueil 
qu'il doit l'exécuter; pourvu que son mandat parvienne ans oreilles 
de votre noble roi, peu importe que le ci'rcueil tombe à l'eau et s'y 
perde ; ce serait le destin du ciel ; nous ne rejetterons jamais la 
faute ni sur le roi, ni sur les bateliers."'^' 



> L'cxcBxe tnise en avant par ce minlBlre est un nudèle au genre : on le garde bien 
de dire la Traie raison pour laquelle on vent renTuycr l'aiobisBaile, on dira plulûl 
n'imporle ipelle banalité! A vous de comprendre, si vous n'fles pas un sol, os UD sauvage' 

" Noua avons <Mjil vu que l'ambassadeur n'es! pas Cena5 parler an nx. Les eoodoU 
«Dccs lonl oQérlcs aux [lÛDÎslrct parc? que le prince de Tch'eng se croît iodigoe de les 
jnésenteri un grind roi. comme celui de Ou, qui le «urasse iofiniuKoL Oa m pc«l 
«Bric ses saSuls qu'i des égaux. 

s Dans une ambassiide, ou audience solennelle quelconque, on ne peut pas prooxiccr 
le triste mot de ■' mourir", ce serait aa mauvais présage, et une grande impolitesse. 

« 1-e leciâaire (ait un sophismr, s'il veuï prouver que les morts doivent exécuter le* 
mini te^a, cninme s'ils élaiEut encore en vie; nuii peutËlie son intenlioD eslellc 
simplement de dire; je sers mon mallre en ce moment, eomoie je le servirais s'il étiil 
encore envie; je le leoipl ace, comme s'il était ûmplemeul malade, et Oe pouvait lui-même 
prendre la parole. 

* J'ai tenu i traduire cette longue tirade, essealiellement diiaotse, qui prouve que les 
•■rites" ne sont compris que par les cliinoispurjang,et restent lettre close pour des sauvages 
comme les gens de Ou. Ces derniers sont toujours et nécessaïreoMQt dupés pu teuil 
iDUrlocnleuii; ÎU iont trop boucbés pour mou de telles fine»c». 



( 145 ) 

Là-deflRnfl, les gens de Oa admirent l'ambaseade.^'^ (Ton Lin 
vol. 49, p. 6 — Edition impériale, voL 38, p. 4) 



il ii»io»^i**«^ 



§ TH. ANEANTISSEMENT DU ROYAUME DE OU, PAR 
KEOU^TS'IEN ^ n ROI DU PAYS DE YOE j^ 



En 477, à la 3^^ lane, le roi de Yué revenait à la charge contre 
Foa-tch4d. C'était pour la dernière fois. H voulait anéantir le 
royaume de Ou, il y réussit. Nous aibns assister à ce drame qui ae 
termina sous les murs de Sou-tcheou. Les détails nous en seront 
donnés par le recueil Kouo^u 0, voL 19, p. 13. 

Fou-tch^ marcha à la rencontre de Tennemi, et campa h 
Lx-tché ^ fll.^^ Tchong fH, le grand-ministre de Yué, fîît kr 
premier qui conçut et proposa cette attaque, dont les suites devaieat 
être immenses. Voici son discours: ^^Précédeniment, je disais tou- 
jours que le roi de Ou viendrait certainement envahir norre pays. Or 
maintenant il a écrasé Eon peuple sans aucune prévoyance ; il sembla 
nous avoir oubliéa Nous autres, nous ne devons pas nous endormir 
dans la paresse. Depuis longtemps je consulte le ciel; le moment est 
favorable ; le pays de Ou est épidsé par k disette ; sur ses marches on 
ne trouve même pas de riz rouge ; ses magarins et dépôts sont 
vides; son peuple devra se répandre sur les rives de la mer 
orientale pour y chercher des roseaux comestibles, des crabes et 
des escargots. Le mécontentement est manifeste. H ne sera dono 
pas nécessaire de consulter les sorts par la tortue; les présages sont 
visiblement en notre faveur. Si nous levons une armée, nous 
pourrons profiter de Pembanras des gens de Ou ; nous ne leur laisseroM 
pas le tempe de réparer leurs fautes. L'armée que Fou-tch4û a 
conduite aux frontières est trop éloignée et trop épuisée pour venir au 
secours. Le prince héritier aura honte de ne pas nous livrer bâtsiiOe; 
il n'aura pas la patience d'attendre le reste de Parmée; il nous 
opposera seulement la réserve laissée dans la capitale. S'il agit ainsi, 
la fortune nous favorise; et nous serons bientôt maîtres du pays. 
Quand Parmée du nord reviendra, il sera trop tard; elle sera incapabb 
d'une bataille sérieuse ; il suffira de lui opposer la garnison et le peuple 

1 De cette ag^treasioa da pays de Tch'oa contre Foa tch^mi oo ne dit plus rieo. 
Sans donteqiie les généraux se letiîèreiit, après avoir fait quelque butin de guerre ; ce fut 
donc une incursioa en pays ennemi, plutôt quMœ TéritiJile invasion. 

* A 60 ly sud est de Son^dieou. I/endioit de la bntaiUe est non bin dn VûfMm 
JC 31 sw les lx>rds duâ^p>A«w/ ^ fC* 



( 146 ) 

d« ¥u-eiU fH ^.'^ Si Foa-tch'aî Remporte et d&ns m oolèra non 
présente la Ixitaîlle, tant mieux I Car alon sa pins gmode chaooe coa- 
sistem dans la fuite. S'il ne veat pas risqner dd combat, et voua de- 
mande la piùx, votre Majesté ajoatera à ea gloire lareoommée d'ua 
prince géoàeax." Eeoa-tB^en, roideYoé, approavaceplaoetdit: ^K?tet 
paif&it! fwflotu ainsi "I'** H donna aosedtôt l'ordre de lerer des troopee 
pour aller attaquer le royanme de On. Ncn l'aroni tq ensuite faim 
la paix. Pooiqaù maintenant cette nooTelIe et déciâve campagne? 

Chtn Pao^H $ 3 @> gi^Dt* oflicîer de îVA'om jg déjà oonnn 
de noos, m trourait justement dans le puys de Yué, comme ambas- 
sadeuF. Keoa-ts'ien lui demanda conseil en ces termts: ^ Le roi de 
Ou n'a ni foi ni loi; il veut renveiser lea temples de nos ancëtree, 
chaawr nos esprits tutélatrea, fuire table rase de tous nos ai^ficeB. Moî, 
je veux en finir avec lui ; et j'aapère que le ciel bénira la droiture de 
raou cœur.'" Les chiurs de guerre, lu cavalerie, les armes, les troupes, 
tout est pr^t ; mais je ne sais pns encore comment je dois entrer en 
oaroiiague. Pourrais-je vous demander votre avis, pour être sûr de 
réussir?" 

Ohen Poo-siu b'oxcusa d'abord, disant qu'il n'entendait rien aux 
choses de lu guerre, Maisle roi insistant, il réponditenSa: "Ije panade 
Ou est migiiifiquu; il est puisant, et capable d'impœerla loi à tous 
kw princes et d'en exiger le tribut; oeeraîs-je dttmander sur quoi votre 
Majesté s'iippuie pour attaquer nn tel royaume ?" 

Keou-ts^ea dit: ^* Mon eutoaruge a sa part de tontceqœj'ûmoi- 
mâme: ei je n'iù qu'un verre de vîn, un bol de viande, une corbeille 
de ris, je n'en goûte pas avant d'en avoir donné à mes geas; quand 
je maiigo et bois, je ne me livre pas à mon appétit; quand j'entends 
do la mutiîqiie, je ne m'abundoune pas tout entier à ce plaisir. Pour 
me venger du roi de Ou, je m'applique d'abord à me réprimer moi- 
mâme; c'est ainsi que j'espère le vaincre dans la bataille"**'. 

l C'est numlenaol A-M-Sm^/M. M Hi Hf (Tehé kiang); c'était une forteroscde Yué. 

1 Comme l'un vuit, ce texte ptaate que le projeldu premier ministre Tchong svail tlé 
tl4]A propoië en 4SI, et en [allie exécuté, pendant l'enlceTuc de Hoang.t<:!i<e. L'uueiu 
chlnoii le doune ici, & l'année 477. porceque c'est niais que commença le duel à moit cuire 
itt deux pafi; il allribue à Tcliong toute ta gloire d'avoii foumi ce plan de «ictmn 
4)Mnliive. 

* Je veux en Unit avec le royaume de Ou t Voï'it le plus clair dc« motifs de cella 
luerre k aion ; tes autres prétextes étaient pour ■ la face ". 

* Voilà un lieucoDimuD dans le gaQI le p\\ii parfait des lellrés. Des dfm>1ra 
■emblables Kjnt pour eux la Une Bear des médilolioni les plus sulilimcs, dont aucun monc] 
n'est capa'i le en ilehon de la Chlnei et cela, parte que les anciens uÏdii et sage* sont 
ww\ft en Clilnr. et n'ont communiqué leur sagesse qa'i kuis coiapatiioles. Des ilnngen 
Ht pcuVGul lutuu: pas wmprcndre des Ic^oiis si relevées. 



( 147 ) 

Chcn Pao-siu reprend: ^ Oui, tout cela est bien; mais c'est 
insuffisant pour Pemporter dans un combat !" 

Le roi continue: ""^ Si dans mon royaume il y a des malades, je 
m'en informe et je les visite. S'il y a dts morts, je les enterre; 
j'entoure les vieillards de tous les soins possibles; j'assiste les né* 
cessiteux. Pour me venger de Ou, je m'applique à tout cela; c'est 
ainsi que j'espère le vaincre au combat." 

^Oui, c'est très-bien, dit Ghen Pao-siu ; mais c'est encore insuffisant 
pour remporter la victoire sur le champ de bataille i" 

Eeou-ts4en reprend: '^J'ai un cœur de père envere mon peuple; jele 
traite en fils; je le comble de bienfaits, pour le former à la vertu; je 
ne suis pas trop sévère dans les punitions; j'accorde au peuple ce qu'il 
aime ; j'enlève ce qu'il déteste; je loue les bons, j'écarte les méchants. 
Pour me venger de Ou, je m'applique à tout cela; ainâ j'espère le 
vaincre en bataille rangée." 

Ghen Pao-siu de répondre: ^^ G'est très bien ; mais cela ne suffit 
pas encore pour triompher dans un combat." 

Eeon-ts^ien poursuit son propre éloge: ^Je procnre la paix et la 
sécurité aux riches; je faisl'aumône aux pauvres, je seooursles besogneux; 
je retranche le superflu à ceux qui sont dans l'abondanoe; de sorte que 
riches et pauvres ont leur avantage. Pour me venger de Ou, voilà ma 
sollicitude; ainsi j'espère remporter sur lui la victoire." 

^^ G'est très bien, dit encore Ghen Pao-siu; pourtant cela ne suffit 
pas pour gagner la bataille." 

Eeou-ts4en achève alors son pan^yrique: ^Le rojaame de Yué, 
dit-il, a pour voisin au sud le pays de Tch^ou )g, à l'ouest celui de 
Tnn ^, au nord celui de Pêi y^^ A aucune époque je n'omets de 
leur envoyer les cadeaux d'usage : pelleteries, soieries, jades, jeunesgarçons, 
jeunes filles; toujours je me suis montré leur serviteur humVe et 
respectueux. Pour me venger de Ou, voilà ce que je pratique avec soin ; 
ainsi j'espère gagner la bataille." 

^G'est bien, dit Ghen Pao-siu, c'est vraiment parfût; pourtant ce- 
la ne suffit pas pour être s&r de la victoire. Quand on veut livrer 
bataille, le premier point nécessaire est la prudence; le second, 

1 Tout cela est exact à peu près, ii]diredemeat,et médiatement En considérant la carte 
oo Toit que le royaume de TchHMi était au Nord-oueit de Yué, dans la proyince du 
Hou-koang actuel; taudis que Yué était dam le Tché-kiang actuel. De rnèmey le royaume 
de Tfio était dans le Gbanai actuel; le royaume de Tsî dans le Tche-li actuel. On Toit 
donc que les paroles du roi sont bien vagues et presque inexactes. Ne serait-ce pas une 
preuve que ce morceau n'est qu'une amplification de lettré. La géographie le touche peu. 
Encore maintenant un vrai lettré ne connaît pas les dix-huit provinces de l'empire i il 
lui suffit de posséder à fond la sagesse des anciens. 



( l« ) 



\ 



l'hnmiinité ; le tmisiôme, le courngp. Sftnt la pradence, oa ne sUt pBi 
de quels efforts le peuple eut cnpabip ; on ne asit paamesarerleifuroeedi 
l'empire ennemi. Sana l'humanité, on ne nit pas prendre aa ] 
dans lee miBèm iaéritablee d'une armée en campagne. Sang le oi 
on n'a pu réoergie néceastiire poar » décider dîne les doutea ' 
Burrienoent an oonra des opémtiooflj de môme, on ne «ait pM p 
une forte rénlutinn." 

^OQ-ts^n dit: "Vous avez parfaitemeat riiÎBOQ." Sur ce, il n 
en connil em cùpq gmads ministres, à Bavoir ''^ Gfté-yong ^ j _ 
S^ou-tclfeng 1S A-, Tckong ^, Fan-li ^^ et Kao-jon^im: "L" -^b 
roi de On, lenr dit-il, homme sans foi ni loi, vent renverser lee aute^KHs 
de nos esprits totélttirËS. Je veux en finir avoe lui; j'expère que 1-^^Be 
eiel anra égard à la droiture de mon cœur. L'armée est prftte; ma^E^ ia 
jeneBaîaparoàoommeacflrlacampagae. J'ai demandé oonaeil à Checr «n 
Fao-oin; il m*a communiqué sea idées ; je roadrus au«i avoir vos avE^^^ 
ponr Atre sftr do succèB. Que vos Excellences me disent lenr pennit^ '". 
franchement et sans flatterie; car je médite ane grande eatrepria^a^, 
Que ohacnn parle donc à son tour, sans crmnte de me déplaire." Ohi^J»» 
yong ^aTanm et dit: "'Il faut savoir distribuer !<« récompensée; mu» ^"i 
TOnaponrreientrepreDdre la guerre.—" Keoa-ts'ien répond: "C'est n(C=*De 
remarquetrèange."—K^u-ttih'eng ^avance etdit: "II faut savoir inflîL^^- 
ger des ponitîons î al<a4 vous pourrez risquer une bataille." — Keon-ts 
répond: *'0iri,ilfiiutunedÎ8cipiQesévère." — Tcbonge'avanceetdit:'' 
faut dn dÎBcernfmeut, pour juger sainement dea hommes et des c 
ainsi TOw pourrez hasarder une bataille." — Keou-ts,ieu répond: "0»^ iii| 
il fant savoir distinguer entre choses et choses." — Fan-li s'avanoe et dit ^St: 
"Il &at de la vigilance ; alors vous pourrez livrer bat^Ue. — Eeoa>ts'ia_JwoD 
répond: "Oni, vive la prévoyance!"— Kao-jous'avanœetdit: ^nfaw-^it 
savoir donner les commandements par les tambours et lee l 
ponr faire avancer ou reculer l'armée; alors vous pourrez risquer 
combat."— Keou-ts'ie a répond: "Oui, c'est bien nécesaire" '**. 

Anaritôt il ordonoe à tous ees dignitaires de publier le f 
etûvant: "Quiconque est capable de porter lee armes, doit se rend.-^Eire 
à la fotta de notre capitale." Tous les guerriers étant ^éun^-^i^ 
Eeon-tfl'iea publie l'ordre du jour ainsi conçu: "Quiconque parc^K ini 
vous a une commuaication à me faire, qu'il vienne me 

» Soi PaoJi, conHiTlrT le ««m bouquin Yuflriui j^ Jg, *oL 6. p. <, voL 7. ■ — ' 

mintatre Aût tm traasfiiBd de Jch'ou. 

' Tout cela sent le "doclor innbnuieiu*' qui tonte n vie a pU{ dai» m AamlMC ^3*>< 
le* IivT«9;et m croit ippeM k donnée des ooolGiU de baule t>ge»e ui trà «I ans pco^^^ 
de la tcnc, 



< 149 ) 

crainte; niain bSI n'est pas véridique, il doit b' attendre à la morf^ 
non à une récompenso» J'accorde cinq j<»uiB, peiidiint lepquelii 
chacun va réfléchir sur ce qu'il peut avoir à me communiquer; 
après qiioi^ je ne prendrai plus aucune remontrance en considération" ^'^ 
Après cela, Keou-ts^ien se rend dans ses appartement intérieurs, pour 
donner ses ordres à la reine. Celle-ci était derrière le paravent placé 
dans la cour, devant le gynécée. Keou-ts^en tourné vers le nord du 
palais ^'' dit à la reine: ^^Dès aujourd'hui jusqu'à nouvel ordre, aucune 
nouvelle ne doit sortir du gynécée (je ne veux rien savoir de ce qui 
i^y passera); les aflSures publiques n*ont rien à faire chez vous, et ne 
vous seront pas communiquées. S'il y a quelque èhœe qui ne soit pas 
en ordre dans le gynéoéoi oe seia votre faute; si lee aflbires publiques 
tournent à notre honte» oe sera la mienne; je m'entretiens avco vous 
derrière oe paravent pour la dernière fois, jusqu'au retour de la guerre." 
Le roi se retire alors; la raine le reconduit, mais reste derrière le 
paravent, sans le dépasser. On ferme la parte orientale du gynécée ; 
on la barricade au moyen de mottes de terre ; la reine enlève ses 
ornements de tôte, met la natte de côté, afin de n'6tre pas tournée 
vers le sud quaad eOe sirait aasise. Désormais on ne balayera plus 
les chambres. 

Eeoii^t84en se vend ensrate an palais extérieur. Là sur le pas de la 
porte, tourné ven le iodf Uintimesesordreaauxgrandsdignitaires debout 
devant lui : ^^ Si les tenes, leur dit-il, ne tendent pas r^ulièrement 
leurs fruits ; si les cultures ne sont pas bien faites; si les années ne 
combattent paa jusqu'à la mort ; si las afiGsdm aztérienres tournent à 
notre honte, ce saro ma honte. Dès aigonrd*hui» et jusqu'à nouvel or- 
die, vœ affiiireu respectives ne me seront plus remiseei^'^ Je voua 
rois ici pour la dernière fois jusqu'à mon retour de la guerre; 
Au revoir doncl" Sur oe, le roi sort, reconduit par les dignitaires 
mail oeux-ci ne dépassent pas le bcnrd saillant do tpit du palais. 
On ferme la porte orientale; on la barricade avec des mpttea 
de terre; on place les nattes do oôté afin de ne paasTasseoir tourné vers 
le sud en l'absenoe du roi; et désormais on ne balayera plus les 
chambres du palm 



i Ceil «ne tbte fipsvoritt çhes les kttuéib que pkn les eoowUlefs soéI nombfteiik 
flot la sagesse se fera jonrdans les délibérations. Notre Joseph de Maistredit an oootraife 
que ''les ouvrages hmnaîiis sont fragiles en proportion do nombre d'hommes qui s'en 
mêlent et de l'appareil de sdenoe et de raisonnement qa'oo y emploie à priori.'^ (Coo* 
siâérations sur la Frano^ chap. 7« p> '08). 

< La retnç se tfonvalt en face de luit tournée vers k sod» 

* Les aflaifciciléricurci ne vous seront pat oon pluf comgwniqfnécSi 



( 150 ) 

Pendftntce temps, Keou-ts'ien t^ert rendu an tertre*" où Itfofficii-n 
etleatruupeel'attendeDten bel ordre; il inspecte un monieut toute cette 
année ; puis an son des tambours b'un ni dans sa tente ùtuée au centre 
du camp. ImmédiatemeDtonexécutequelqueflooDdamnéBàmort; m 
porte leutBtétesàtraveiflleBrangBd» l'armée, eu disant: ^^Queperaonne 
ne commette de forfaits, comme ou tel et uu tel, qui n sont Itûaeéa 
corrompre par des oadeaus, ont eu des relations avec l'enuenti et ont 
t&cbé d'exciter la révolte pnrmi les trompes. 

Toutes choees étaut aioai bien préparées et bien disposées, le roi 
prend un peu de repos. Kouij allons voir maïntenaut comment Heou- 
ts'îen mettra eu pratique Iceavisqu'il a reçusde sa collection do sages. Il 
ETagît d'amener son armée au point de braver la mort sans sourciller. 

Le lendemain donc on levait le camp ; on Faisait une journée do 
marche; après quoi ou exécutait quelques condamués à mort; on p"rtait 
leurs tétee|& travers^les rangs, en disant: "Quepersonneuef<t»ecomme 
on tel et nQteI,quiontenfreint les ordres du roi." La seconde journée 
de marche se terminait de même par quelques exécutions; les tètes 
étaient ausù portées à travers le camp; et l'on criait: "Qnepermnne ne 
fasse comme unt«letnn tel; ils ont enfreint les réglementa militaires." 

A la troisième halte on avait atteint Yu-eul {{| ^< Là encore on 
exécutait des condamnés à mort; on portait leur tête à travers le camp ; 
et l'on proclamait: "Ne faites pas comme un tel et un tel, qui se sont 
livrés à la débauche et ont négligé leur office, sans vouloir entendre 
laison ni remontrance." 

Alors Keou-ta*ien ordonna aux ofSciers de publier d'nue manière 
solennelle, parmi les troupes, l'avis suivant: "Quiconque a dans sa 
maison un vieux père ou une vieille mère, sans frère Cddtit pour les 
soigner, que celui-lfi vienne me parler," A ceux qui se pré^ntèrent, 
le roi disait de sa propre bouche: "Moi, je projette de grandes 
entreprises. Voua, fils de famille, qui avez de vieux parents sans 
appui, malgré tout vous êtes venu avec moi, voulant verser votre sang 
pour votre roi ; et ainsi vue parents eeraient expoeôs à tomber dans une 
fosse et à y rester sans cercueil ; vous, fils de famille, vous m'avez 
montré vraiment une grande obéisFance. Moi, je vous remercie, et 
vous renvoie dansvotre foyer. Attendons que vos parents Boient morts; 
alors si j'ai une entreprise militaire, revenes et nous prendioos conseil 
ensemble." 

1 sa T'ai! ^lail un terlr* où Ton olFrait des •acrilîcei «ii tatHatt p'ui reculas. Ici, 
ce caiidère d^siene le Icrtrc sur lequel k Icnail 1c général pour inspecter mi ttoupcs. 
li aussi se faisaient les publicarioui pour l'ikrm£ej liL cocoig se prûûl le xnneat de 

fiddilé. (NoU da commcnture.) 



( 151 ) 

Le lendemain, nouvelle publication de la part du roi : "Si parmi 
vous, disaît-il, se trouvent des jeunes gens d'une même famille, au 
nombre de qiiatre ou cinq, sans avoir laissé chez eux quelque frère 
plus jeune, qu'ils viennent me voir. A ceux qui se présentèrent il 
dit: "S'il vous arrivait malheur, votre famille serait éteinte; choisisBez 
donc parmi vous celui qui doit retourner au foyer." Le jour suivant, 
encore une publication de ce genre: "Quiconque, disait le roi, a le 
mal caduc, ou encore a mal aux yeux, que celui-là vienne me voir." 
A ceux qui se présentèrent, il dit : "Quoique je médite de grandes 
choses, j'ai compassion de vous ; rentrez chez vous ; ce sera le mieux. 
Plus tard, si j'ai de nouvelles entreprises, nous prendrons conseil 
ensemble." 

Enfin, le jour suivant, une proclamation plus générale encore, dont 
voici la teneur: "Si les nerfs ou les forces de quelques-uns parmi vous 
ne sont pascapables de porter la cuirasse ou les armes ; s* il y en a d' autres 
qni, malgré leurs efforts, ne peuvent exécuter les ordres militaires ; 
que tous ceux-là s'en retoiu'nent chez eux, sans même venir me 
voir"^^> • 

L'armée ainsi allégée d'un bon nombre d'hommes, on leva 
le camp. Ceux qui étaient restéi sous les drapeaux, après ce triage 
n'avaient qu'un seul cœur. Quelques condamnés à mort furent encore 
exécutés. Peudant que leurs têtes étaient portées à travers l'armée on 
criait : ^ Que personne n'imite tel et tel, qui ne voulaient faire aucun 
effort sérieux." 

L'auteur ajoute qu'après toutes ces proclamations, l'armée fut 

prête à combattre jusqu'à la mort. Malgré cela, Eeou-ts4en jugea 

encore nécessaire de publier solennellement l'admonition suivante parmi 

les troupes : "Je vous avertis tous, qui que vous soyiez ; quand le 

commandement dit : Formez-vous en carré; si quelqu'un ne se masse 

pas, il sera mis à mort ; sa femme et ses enfants seront vendus comme 

esclavep* De même si entendant le commandement : halte ! il ne 

s'arrête pas ; avancez ! il n'avance pas ; reculez ! il ne recule pas ; 

gauche ! il ne va pas à gauche ; droite ! il ne va pas à droite ; 

la même peine sera infligée." 

Eeou-ts4en était ainsi parvenu avec son année à l'endroit où 

l'attendait Fou-tch'ai. Ils n'étaient plus séparés l'un de l'autre que par 

le bras du T'ai-hou nommé Song-kiang. Fou-tch^ai en occupait la 

rive nord, Keou-t84en la rive sud. Celui-ci divisa ses troupes en 

deux corps d'armée; il choisit six raille des meilleurs soldats pour sa 

1 Si tout cela est historique, le lecteur s« sera déjà demandé pourquoi le roi n'avait 
pas opéré ce triage avant de se mettre en route Pourquoi emmener ces gens si loin, pour 
Jeur dire de s'en retourner? 



( 152 ) 

gRide pesonnelle, centre et appni de tout le reste. De pnrt et d'iuttre 
on se préparait à une bataille navale pour le lendemain. Quand 
donc la unit fut venue, Keoa-b^en ordonna à l'aile gauche de a» 
armée do m bâillonner la bouche, puis de remonter te canal envinm 
cinq I7, et de b'arrdter là, L'ule droite en fait antant de 00a côté. 
Vers le milieu de la nuit, il ordonne anx deux ailes d'entrer à gaé dans le 
flenve, de rester au milieu, et de battra lee taroboure 1 Lee gens de On 
entendant ce vacarm*, sont grandement efErayéa : " Les soldats de Yoé, 
i^écrièrent-il8, noue attaquent de deux côtés 1" De smte, & leur toor 
ils forment deui oorpe d'armée> Aussitôt Keou-ts^ien oommonde à m 
garde de se bâillonner la bouche, et de paner le ouial en grand 
Bïlence. Arrivé à l'autre bord, il fond à l'improviste snr les geos de 
Ou, et Itw met en fuite."' Les deux ailes de son armée, pendant ce 
tempe, sortent du canal, se joignent à lui, livrent une seconde bataille 
k Me T^ (endroit inconnu). Entraînés par le enocèe, las gens de Taé 
poursuivent Fou-tch4iï jusqu'aux fanbow^ ds Boô-tcheoo, et \'y 
battent de nouveau ; ils pénètrent dans la TÎlle, et mettent le aiège 
devant le palais royiil"' . 

Le royaume de Ou n'ûtait pas encore ancanti. Keon-ts'ien 
consentit à faire avec Fou-tch'ai une paix nuelcoque. Xous allons 
le voir revenir presque auwitôt donner le conp de grâce. 

Au printemps de 475, Keou-ts'ien fit une campagne contre lo 
royaume de Tc/i'oa 5È î mais c'était une ruse de guerre; il voulait 
par ce moyen endormir Foii-tch'ai, et t'empècher de faire des prépa- 
ratiFfl de Jéfense. (Tou Lin vol. 50, p. 5) 

En 474, à la 1 1"™" lune, l'armée de Yué aa-icgeait de nouveau la 
capitale de Ou". Tckao Mong U ^ premier mioLstre de Tgin §, 
était alor^en deuil de son père; et jiour cela mangeait très pauvrement; 
ayant nppria les malheurs de Fou-tch'ai, il ce noarrifflait encore pli» 
misyniblement. Sun oflBcier Tck'-ow Long glK| lui dit: '-Le deuil de 
trci^ans, pour ses parents, est ta limite extrême; maintenant, seigneur, 
TOUS alle-z encore au-delà ; je penso q ne vous devez avoir quelque grajid 
motif.— Tchao Mong répondit; "A l'untrevue de Hoang-tch'e, mon 
père avait fait un pacte avec le roi de Ou, disant que lea joies et les 

1 Le Qoat p«t lequel le» ^ens de Vue ar-irtrenl i Sou tcheon, s'appdie encore 
aujourd'hui Yu^.lai k'i (c'est a dîie r caïul par où vinrent les gens de Yu^, il est an mà-tM 
de Ijnffbatian ^ Àl Ul (Sou Icheou fou Iche, ïol. 44. p- 7). 

» (Kouo-yu, vol. 19, p. 17).— Tou Lin, toL 50, p. 1.— Ediiioo impfeiale. toI, 38 
p. 8)-Quclle pauvre figure fait ici encore le belliqueux Fou-lch'ai ! 

» romnicDt celle nrmfc se Irouvailelle d^jl sous les murs de Ta capilale? Fon Icli'ai 
n'a lOpas^meine essayé de raleulir l'investisscmeiu ? N'a-lil livrôaucun combatï Cela 
pruurerait un« incuiie impaidooDable , et il aurait alois Uca méiltij son Mil I 



( 133 ) 

peines asraient déaoroiÛB commintefl entra lee deux ro/aumee; toIIû qner 
la roi dit Yué asiège la capitale de Fou-tch'ai; moi qui ai succédé à 
mon père, je devrais aller à Boa aecours; mais le roysame de Tain n'est 
pas capable du luttw avec celui de Yué ; c'tjet pour ce motif que j'ai 
encore diminué m&ration." — Tch'ou Long reprit: *^8î nonseadonnïoiu 
nouvelleàFou-tcb^PQa' en pensez- vous?" — '^E^t-ilpoedble de par venir 
jusqu'à lui?" demande Tchao Mong, — '^ Laiaaez-moi essayer, répond 
l'officier; et bientôt il se met en route, P'ab-ird il se rend au camp de 
Yué et dit: "Le roi de Ou a tellement diviséet vexé les Chinois du nord, 
qu'ayant appris votre nouvelle expédition, tous B''en rejouisent 
grandement; ikhis ne cnaigoong qu'une cliose, 0*^661 que voua ne réuamaâez 
peut-âtre pasL Pennettez-moi d'aller voir un peuleeciiconBtanceB" 
Eeon-te*îen le toi permet. Arrivé devant Foo^tcë'ai, il lut piuIe ainn: 
"Tchao Mong, ministre iaotile de notre bumUe tch, a envoyé votre 
servitenr vous snluer, et vous exprimer goa regret de ne pouvoir rien 
faire pour voos. Â l'entrevue de Hoang-tcb'e, le père de notre premier 
ministre a eu le bonbeor de faire un traité d'^allianca ave: vous, 
affirmant d'un commun accord qne' désormus joies et peines seraient 
commuoee entre les deux royamnea. Yotre Majesté est maintenant 
dans l'embarras; notre i»amier ministre ne refusertùt pas de partager 
vos malhenis ; maie notre roj-aume est incapable d''une telle entreprise ; 
c'est pourquoi il a envoyé votre petit serviteur votis exprimer ses r^rets." 
Fon-tc^luù ie remerrâe en frappant la terre de son front, et dit : " Moi^ 
prinoe inutile, j'ai élé incapable de servir le roi de Yué, et j'ai ainsi 
causé le chagrin que leaseot votre illustre ministre ; grâces infinies 
â lui, puisqu'il adwgaé me saluer t" Sur ce, Fou-tch^i remet à l'en- 
voyé on petit pooier rempli de perlée pour son maître ; et la charge 
de lui dire : "Eeoo-ts'ien me rassasie de cnltimités ; prince inutile, je 
ne puis même pas mourir honorablement," Ensuite s'adrera int de nou- 
veau à l'officier : " Ceux qui se noient, étant sur le point de vtonrîr, 
rient encore, dit-on ; je vus donc vous demander une chow en riant : 
"Fourqocù Ngan Hf, votre grand historingraphe a-t-il la réjHitation 
d'nnsage ?"'" L'envoyé répond : Quand il est en charge, personne ne le 
hait; quand il est sorti de oharge, personne ne l'aocuse."' — "Oui, 
reprend Fou-tch*ai. il mérite bien la réputation d'un sage." (Ton 
Lin, vol. 50 p. 6) 

Pendant oe lempa, comment allaient les opérations du si^ et de 
la défense ? Fon-tc^hai remblut sentir sa fin approcher ; il avait 
grand peur. Il envoya un messager k Eeou-te'ien, proposer encore une 

1 n ftvail dh qn'ftvaal quarante tuu k n^Mtme de Ou lenU tnâantl. 



( 154 ) 

fois la paix. Voici aes paroles : "Pr^'deraent, moi, bomme 3e rîei 
je me snis soumis au roi de Yué'"; votre Majesté m'aysnt aagnr — ^- ^ 
qu'elle Tonlait la paix, et que ses eufante me servimieot d'esclaves ^^^ 
vraimeut, il n'y avait pas mojeu de refiiwr la paix à vos ancëtrea^^^ 
craignaot d'être puni par le ciel, je n'osais interrompre la suite «^Sulg 
leurs Mcrifices, et j'accordai la paii que j'ai observée jusqu'à présen -^^mt. 
Maintenant, moi, homme sans vertu, j'ai offensé votre sublime Mk ^q. 
jeïté ; elle a daigné venir jusqu'à ma petite ville ; je vous prfifie 
OGcraÎB-je vous demander de fûre la paix ; tous mes enfonts, garço — m 
et filles seront voa esclaves." 

Keou-ts'ien répondit: "Autrerota le ciel avait remis le royaume de 
Yué entre vos mains, vons n'en avez jtaa voulu ; mainti'nant, le cs^iel 
me donne le royaume de Ou ; moi, homme de peu, osprais-je dé%l^-^ir 
aux ordres du ciel pour obéir à ceux de votre Majeeté ?" Eu d'aut rjvs 
termeB,il n'accordait pas la paix demandL-e. Ceirendaot il envoya v— ■«ra 
Fou-tcbSii un mesager spécial, arec les puroles suivantes : " C'est le cz=^kî 
qui prend le rojranme de Ou, et le d^ane au roi de Tué ; puis je 00 
jMta l'accepter ? L'homme ne vit p.is longtemps en ce monde ^ il 
n'y est qu'en passant, comme un hôte étriinger ; il ignore combien "de 
temps lut est accordé ; ainsi je prie votre Majesté de ne pas abrê,^:er 
Kfl jours. Moi, homme sans vertu, je vous enverrai à Yong-keou-t*^''g 
g ■&) JE "". Vous aiuBz une suite de trois cents hommes, et auU^ut 
de femmes ; j'espère que votre Majeetti y vivra en paix ; et ne mot»-»i» 
que qoand son temps sera arrivé." 

Fou-tch'aî refusa en disant: "C'est le ciel qui envme «e nc»*J- 
heuTB BU royaume de Ou ; ni par devant, ni par derriëra il n'y s 
d'iaue pour me tirer de ce mauvais pas ; moi seul donc je dois péri'', 
puisque c'est moi qui ai perdu mon royaume et miné le temple ^-^ 
inee ancêtrea. Territoire et peuple, tout est entre les mains do râ (S-'^ 
Yué ; quel front serait le mien, si j'osais encore ouvrir les yeux en ^ 
monde ?" Maïs avant dese donner lamort, Fou-tch'ai envoya un 



1 II ne Tait pas allunoa an traité de paix précédent; maii, par anllphnae, il rappelle 
1^1 Keou-ts'iCD que dans une circonsUnce analogue, au lieu de l'anéantir, il liùav. it accodé 
la psii. 

> Ou MmplemenI s YDog'tong, sans le caiaclËre Keou, qui est pniIitUcoieat une 
particule du patois de ce lemps-lli— Cest Ille actuelle do TiheoMlum ^ |1|, dam le 
golfe de Ifaagtchiou ^ JH|| Tcbé^ktang— Elle dépend de la sons prâfectnre de 
Iftig-hai ^ ^ dont e'.le esl éloignée d'environ 30 ly— Keou-ts'icn voulait avoir sotia les 
yeux son rival tenassé, afin de le surveiller de près, et l'impécher m r«lev«< Sa capitale 
Koei-ki le trouvait i, peu de distance. (Edition impdiiale, vol 3!j, p. 9.). 



( 155 ) 

au tombean de Ou Tne-siu, son ancien ministre, pour lui dire : "Si les 
morts n'ont plus de de connaisBance, alors c'est fini ! Mais s'ils ont de la 
connaissance, quel front aurais-je de paraître jamais devant vos 
yeux?" Après cela, il se pendit/*^ 

C'était en hiver, à la 12*°** lune, le jour nommé Ting-mao "J* 9B 
en l'année 372 ; le siège de la capitale avait donc duré deux ans. 

Après ce triomphe, Keou-ts^ien se dirigea vers le nord, soumit tous 
les royaumes chinois, Song J^, Tcheng ||5, Lou §, Wei |^, Tch^emg ^, 
Ta^ai ^ ; les princes de ces pays vinrent, tenant des jades en main, 
offrir leurs homtnnges à la cour de Yué. 

Toute cette fortune, Keou-ts'ien la devait aux sages conseils de ses 
ministres ; il avait su les demander, et surtout il avait su les mettre 
en pratique. (Tou Lin vol.50, p. 7). 

Fou-tch^ai fut enterré avec tous les honneurs dÛ9 à son rang ; son 
tombeau fut placé sur la montagne Pei-yeou Sf^ }B- C'est une des 
nombreuses collines qui se trouvent à 30 ly environ au nord-ouest et 
à l'ouest de Sou-tcheou. Cette agglomération de petites montagnes 
s'appelle Yang-chan 1% il], ou encore I^Hn-yu-hang-chan D| ^ 
m; Hj ; ou encore Se-fei-chan JS fit Hi' Maintenant on y voit une 
pagode nommée Tch^eng-tchao-che S M $ î Fou-tch^ y reçoit les 
sacrifices aocoutumés.^"^ 

Les tombeaux de ses dix-huit fils adoptifi sont tout près de là, 
c'est-à-dire trois ly à l'est ; là aussi repose sa fille EHong-ki ^ |g. 
(8ou-tchcou-fou tche, vol. 43, p. 27) 

Le tombean du ministre fatal, le traître Pé^^ f^ (ji, est nn peu 
plus à Test, c'est-à-dire à vingt ly seulement de Sou-tcheou, sur la 
colline C%en-yeotf-c/ian #1^ IH |I|. Par ses fiatteries, cet homme vil 
arriva aux plus hautes dignités, capta la confiance de Fou-tch^, fut 
tout puissant auprès de lui, fit mourir son rival Ou Tse-du, enfin 
causa la ruine du royaume de Ou. 

Tchao I raconte qu'après la conquête de Sou-tcheou, Eeou-ts4en 
aurait dit à ce traître : ^^Yous êtes un ministre sans loyauté ; vous avez 
perdu votre roi et voire pays I" Après quoi il l'aurait fait tuer avec 
sa femme et ses enfants. (Tchao I vol 3, p. 23) 



1 Quelle fin misérable, pour le mattre d'un grand royaume I Et nulle trace d'une 
lutte à outrance I Pas même le récit d'un seul combat! 

* Cette montagne était fort célèbre sous la dynastie THuig, par la craie on la chaux 
qu'elle fournissait à la cour (en chinois : /V>ib ^ S ou Pithan ^ fS)* Chaque 
année, il fallait en envoyer uue certaine quantité. (Skm-tcheou-fou tche» toL 44, p. 4.) — 
(Ou ti ki, p. 8 )--(Mei-U tche, vol. 2, p. 35)— (Ou-kiua tou^king, voL % p. 15)— (Tchao 
I, vol. 3, p. 23 )— 



( »6 ) 

Le TsDUcvtcliSBO, vol. 50, p. 9, contredit ce récit; car il parleenoore 
de Pé-p*î et de K>D avarice, en l'aDoée 370. Peut-être a-t-U taal fiai 
pins tard, comme le mérite un tnûb^ ; mais il ne aemble pas avoir 
été tué immédiatement après la triste fin de son maître. Bans l'his- 
toire il eet connu squb le nom de Pai-t»ai P^ i^^ JBb^ gno^i '^ 
fameux ministre P'j. (On-ti Ki, p> 9.) 

Encore nn mot eor Fou-tch'ai. D'après le recueil Sou-tcheoii- 
fon tche (vol. 9, p. 7 — vol. 43^ p. 27), il aurait réuasi à s'enfuir de 
sa capitale aadégée. Après avoir marché nuit et jour, jusqu'à extino- 
tion, il aurait été pris à Tang-chtut |jg ^J. D'aucuns disent q^u'il 
fut mis à mort par Keop-ts'ien. 

Le recueil historique T'oog-kienKiang<moii (voL lS,p. 8 à la fin des 
petits caractères) dit qu'une partie de la famitle de Fou-tcb^ réuseit à 
s'échapper, et alla fonder le royaume du Japon (g* Wo). Les 
Japonais ae servent aussi de ce caractère comme équivalent de Yamato. 
Chez Lee chinois c'est ou terme de ntéprîs qui sïgoiâu : pays de uoins. 
(Williams, p. 1057)— Ainsi les Cumillea royales du Japon seraient la 
descendance de THù-pé, une lurauche de 1^ dynastie Tcheou JS] si po- 
pulaire en Chine, 

Enfin, d'après le recueil Lié-hono tche^ {vol. 18, p. IS), tnns des 
file de Fou-tch'ai auraient été reloués en e^ ia/^ ct^ifii M^tw du 
pa^ qui fbrne ]e KgaB-hoei acttiel. 



( 157 ) 



1er APPENDICE. 

Sur le Ministre Fan-li JÊ ]fi du Royaume de Yué. 

Cet homme était originaire da pays de Tchl-ou ^. En sa jeunes^^ 
il avait quelquefois Pair d'un fou; d'autres fois, il semblait un génid 
extrdordinaire. C'est le fameux Wen Tchong $ ^ qui le découvrit^ 
danè trti de ses voyagea. Tous deux s'en allèrent ensemble cbetcher 
fortune dans le royaume de Ou. Mais là, trouvant Où Tse^u en- si 
grand honneur, ils désespérèrent d'y arriver bien haut; ils b'en allèrent 
donc au pays de Yué. Keou-ts^en les reçut bien ; et eut la sagesse de les 
mettre chacun au poste qui lui convenait le mieux. Wen Tchong 
devint ministre de l'intérieur, Fan-li, ministre des affaires étrangères. 
Wen Tchong conçut et lança de grands projets; Fan-li su les tnener à 
terme. C'est grâje à ces deux hommes, deux lettrés de génie, que le 
royaume de Yué devint l'état le pluâ poissant de toute la Chine. 
(Tchao I, voL 6, p. 4). 

Voici comment la mort de Fan-li est racontée dans le recueil 
Eouo-yn (vol. 21, p. 9): Après l'anèatitissement dû Toyaume de Ou, 
Eeon-ts4en, rentrant dans son pays, était parvenu jusqu'au lac Pai-hou 
^ jlg, lorsque Fan-li lai .dit: ^^Que votre Maj^té s'applique bien à 
l'administration de son royaume; votre serviteur n'y rentrera pas!" — Le 
roi lui dit : " Est-ce que je comprends bien vosparoles ?" — Fan-li reprend : 
^^ J'ai toujours entendu dire par les anciens que si le roi a des chagrins, 
le ministre doit Voppliquer de toutes ses forces à l'en délivrer; maisei 
le roi a subi des affronts, le ministre doit mourir. Or, précédemment, 
à Eoei-ki, votre Majesté a été humiliée ^^^; ai je ne suis pas mort à ce 
moment, c'est que je voulais vous venger, et en arriver au point où 
nous sommes maintenant. Ce qu'un homme pouvait faire a été vraiment 
fait ; je suis content ; permettez-moi de subir maintenant la peine que 
j'ai méritée devant Koei-ki !"^*^ — Eeou-ts^ien protesta, disant: ^^Si jamais 
je parle de cette faute, si à tout jamais je ne proclame tout haut vos 
grands mérites, que je ne meure pas de belle mort dans le royaume de 
Yué ! Si vous ne m' écoutez pas ; si vous vous suicidez, je vais massacrer 
votre femme et vos enfants!" — Fan->li reprend: *^J'ai entendu vos 
ordres; faites ce que la loi exige; moi, J6 vais exécuter ce que la 
conscience me dicte !" 

1 La capitale avait été prise par Foa*^tch<ai. 

2 Vuilà une de ces délicatesses de conscience du lettré cbinoîs à laquelle nn saint 
canonisé de PEglise ne saurait parvenir. Cest ici un exemple de ces grandthpàa verôa 
paganorum dont parle St Augustin. Les paroles ne leur coûtent guère. 



( 158 ) 




( 159 ) 

Sur ce, il se jette dans une légère embarcation, et pousse vers 
Pintérieur du T^ai-hou, Personne ne sait ce qu'il advint de lui. 

Keoa-ts^ien lui fit faire une statue de bon métal, il alla lui-môme 
la vénérer, puis ordonna à toute sa cour d'en faire autant. 

Tout ce récit sent le lettré ronflant de hauts faits dans son cabinet 
de travail. Qu*y a-t-il là d* historique ? 

D'autres livres racontent qu*il quitta le roi de Yné, se mit au 
service du roi de Fm iff, y ramassa une fortune colossale, devint ministre 
tout puissant; puis, en vrai lettré, distribua ses richesses à ses amis, 
résigna sa haute dignité et s* en alla se promener par monts et par vaux. 
Trouvant un site convenable pour un ermite» il e^y établit. En cultivant 
paisiblement la terre, il gagna de nouveau une fortune fabuleuse! 

Bref, tout est imagination dans ces récits. Donc inatile d*/ 
insister davantage. 



*^ 



( 163 ) 



2^ APPENDICE. 

SuB LB Canal Impérial et d'autres Canaux au Sud pu Eiano. 

Le recueil Lié-koao tche (voL 14, p. 36) remarquait déjà de sod 
temps que les gens de Ou étaient des marins (ou plutôt des mariniers.)—^ 
De plus, nous avons vu plusieurs fois, dans le cours de cette histoirei 
que le royaume de Ou avait une flotte militaire dont il se servait pour 
attaquer tantôt le pays de Tchf'ou ^, tantôt le pays de 7Vt ^ Cela 
suppose donc un système de canalisation très oonsi^rablsy moins parfait 
sans doute que maintenant, mais rendant déjà d^'immenses services. 
Quiconque examine la carte de œs contrées est déjà stupéfait du nombre 
incroyable de canaux ou de rivières qu'il y trouve indiqués. Que serait- 
ce b'il parcourait lui-même le pays? Quand il se verrait dans 
l'impossibilité de faire quelques centaineede pas sans rencontrer quelque 
canal petit ou grand, quelque étang on quelque mare ? Tout cela s'est 
creusé peu à* peu ; le travail a été plus facile qu^ailleurs, puisque le pays,^ 
étant anciennement Kemboucbure du Yang-tse-kiang, est un terrain 
d'alluvion^ bas, marécageux, composé uniquement de vase ou de sable. 

Les plus anciens canaux datent historiquement de l>ai-pé, eomme 
nous l'avons vu; car vers 1200 avant Jésus-Christ, ce roi creusa le 
Pai'pé4ùu :Jki6 9L V^^ passait par Mei-li, sa capitale»^^^ Ce canal & 
une longueur de 87 ly, et va de Ou-si à Tc^'hang-chou "ff ^; puis de 
Mei-li à Sou-toheoa, qui commença sans doute à cette époque ; enfin 
communique à l'ouest avec le canal impérial actuel. Dans le recueil 
Mei-li tche (voL 2, p. 12) il est dit que T^ai-pé le fit creuser, pour la 
commodité des voyageurs, et des paysans qui cultivaient le riz. II en 
est de même encore maintenant; le commerce se fait au moyen de 
barques; et les cultivateurs, en bien des endroits, rapportent leur 
moisson sur leur barque. 

Un document rare se trouve dans le recueil Ou-ts^ing-hien-tche (roL 
3, p. 1.) ^ La 3*^ année de Tempereur Tuen-wang jg£ (475-468 avant 
J.O.), c'est-à-dire en 472, Fan4i }£ m, le fameux ministre de Tué 
dont nous venons de parler, creusa le canal 2*«^ao-AattfffSl, c'est-à-dire 
le canal qui vient du lac Li-hou H ^ et^r Li-tou H jH passe à la porte 
sud de Tch^ang-icheoU'/ou 1S ji{J^j pour aller à I-hing % 9t et 

1 Avant ce foi il y eut certainement des travanx de œ genre; mail les documents 
nons font défaut; je léonis dans cet Appendice tout ce que j'ai pu déconvrir dans lea 
auteurs que j'ai dû consulter pour cette histoire. 



( 164 ) 

TA-yang ^ |^^*^; sur une grande partie de sa route, il longe les bonl^ 
du lac KO'hou PU jf^. Son nom lui fut donné parce qu^il devait 
faciliter le transport du riz ou impôt payé en nature {Tsao-mi )Q ^fw)* 

Vers l'an 360 avant Jésus-Christ, le fameux Hoang-^ié )( ^ 
(300-237),. peut-être plro connu bous le nom de TcK-œn^chen'kiun 
\% ^ Si s'occupa aussi beaucoup de canalisation. Cet homme, né de 
]nrents pauvres, s'éleva par son génie jusqu'à la dignité de premier 
ministre du royaume de TMou ^; grand fiivori du roi Kf^ao-lié-wang 
"^ SI ï (262-237), il fut nommé vice-roi de l'ancien royaume de 
Ou, qu'il gouverna de fait en prince indépendant. II résida à Sou« 
tcheou, qu'il embellit et fortifia en l'entourant de murs plua 
&;Iides ; il creusa, ou plutôt agrandit, quatre canaux du nord au sud, et 
cinq autres de l'est à l'ouest, pour le service intérieur de Ta ville. De 
môme, selon le vieux bouquin Yué49^iué j|§ |B (vol. 2, p. 7), il creusa 
le canal de Son-tcheou à Ou-si, sur un parcours de cent- vingt ly ; ainsi 
que le Hoang-pou-totn f| J|^ f|t^'^* Dans les deux recueils Mei-li 
tche (vol. 2, p. 23) et Eiang-yng-hien tche (vol. 3, p. 1 1), il est dit 
qu'il bâtit ou agrandit le bourg de Ohen-kiang ^ j^, creusa le 
Ciual du même nom sur une longueur de trente-huit ly, afin de com- 
muniquer plus facilement avec le fleuve Yang-tse-kiang. Le bouig 
et le canal portent son nom par reoonnaiEBance pour ses bien&itsi 

Comme nous l'avons vu plus haut, c'est là que Bd trouve le tom- 
beau de Ou-ki^tcba. Il fut enterré sur la montagne de Kiun'chan S 
llj, à la porte nord de Kiang-yng ; cette colline a auad reçu son iiom# 
Maintenant encore, ce héros pacifique est très populaire dans le pays. 
Plus tard, l'empereur liHn Ghe-hoang^ tt ^ ^^ crôuaer fe canal de 
ICiu-ho jh |t|, qui allait de Tcheng-kiang à Tan^yang, puis à la porte 
«mest de Tch^ang-tcheou fou ; c'est maintenant le eanal impérial. 
(Ou-t64ng-hien tche, vd. 3, p. 2) (Tch^ang-tcheou-fou tche vol. 7, p. 2). 

Sous la dynastie des Ou ^ (222-264), la huitième année de 
l'empereur Tch^'e-ou ^ ,g, c'est-à-dire Tan 246 après J-C, le mandarin 
Tcheng-hiun ^ 2| reçut ordre de creuser le canal Pouo^hang-iou ff^ 
W S) depuis Khi-yong ^ Jgt jusqu'à Yun-yang 9 W^\ «^^ que 
1 i flotte militaire pût communiquer avec le rebte du pays, sans être 
obligée de passer \)qx Tchcng-kiang, et le Yang-tse. On sait que la 
capitale de cette dynastie fut à Nan-kiug et à Oa-tch^ng-fou (Han- 
k^eou) — Le mandarin employa trente-mille soldats pour ce travail. 

1 Tch'ang tcheou fou tche, vol. 7. p. 2.— I-hing tche, roi 1, p. 41,— 

« Pour l'histoire de cet homme célèbre, voyez le recueil Lié^kouo tdie, vol. 22, p. 3. 

3^ Quelle est cette ville? 



( 165 ) 

La 22*"« année Yuen-kia % K (424-454), c'est-à-dire Tan 446 
après J-0, le prince Siun JJi vice-roi de Yang-tcheou, ordonna de 
crenser le canal édBot^tou }]| ^ ; qni va de Chang-hai à Koen-chan ; 
on l'appelle encore Oasong-kiang ^ JJSt ÎL* 

L'année TaH^ong :A; |^ (535 après J-0), il y eut nne grande inon- 
dation à Sou-tcheou« On fit remarquer à l'empereur qu'il était néces- 
saire de creuser on déversoir, afin que les eaus qui du Tché-^nang Qff 
2C viennent au PaûAou ^ ^, pussent s'écouler sans danger pour les 
environs. L'empereur ordonna doue à Wang-I £ ^ d'employer le 
peuple des trois préfectures àid Souricheot^-fou^ Hou-lcheou'Jbu ^jll\J^ 
et Sîn-i-fou fil A ij¥ pour exécuter ce grand travail. 

L'année 611, l'empereur Yang4i ^ $ (605-617), de la dynas- 
tie Soei H, ordonna de faire communiquer entre eux les canaux aux 
sud du Eiang^^^ ; c'est-à-dire de faire communiquer le canal de 
Tcheng-kiang jusqu'à Hang-tcheou ijjî jH|i soit un parcours d'environ 
huit cents ly. Le canal devait avoir une largeur de dix tchang et 
pluâ^^ . L'empereur Yang-ti voulait aller sur ses -vaisseaux jusqu'à 
Koei-ki l'ancienne capitale du royaume de Yué. Telle est Porigine 
du canal impérial an sud du Eiang. 

L'année 808, sous la dynastie T^tng, le gouverneur de Sou- 
tcheou, nommé Éhn Kao 1$ j^, fit creuser le canal depuis cette ville 
jusqu'à Tchl'ang^hou 1^ iRi sur un parôourâ de 90 ly; il fut appelé 
Yuen-houù^ang^ ]£ ft %y parce qu'il avait été creusé la 2*^ année 
du cycle Yuen-hooo. 

Aux temps troublés des cinq dynasties (907-960), IVien4ieou 
ML Mt (851*932) qui, de simple contrebandier de sel, était devenu 
prince de Ou et de Yué ^ H £) s'occupa auad beaucoup de la 
canalisation du pays, et favorisa l'agriculture et le commeroe. C'était 
un vrai roi ; il avait sa résidence à Hang-tcheou ; mais, en vrai con- 
dottiere, il se prêta à celui des empereurs éphémères qui lui ac- 
cordait le plus d'avantages. 

Depuis l'année 988 surtout, il y avait, presque tous leB ans, 
de grandes inondations dans le Kiang-nan. Le gouverneur JTtdo-toef 
H ||( avait ùÀt détruire, ou laissé se démolir, la plupart des digues et 
des écluses. De plu^ il n'y avait pas de mandarin spécial chargé 
du soin des canaux. Ensuite les gouverneurs de Sou-tcheou étaient, 
presque toujours, des gens venus d'autres provinces ; ild n'entendaient 

1 Le caractère employa pour exprimer ce travail est $ tch'oan, qui siguifie 
pénétrer, faire pénétrer, enfiler; il ne peut donc pas se traduire (à parler strictement) : 
creuser un canal; mais faire communiquer en un réseau divers canaux déjà existants. 

s Ici, on se sert du caractère Siwt j$, qui signifie excaver, rendre plus profond, 
c'est à-dire qu'on élargissait, qu'on creusait davantage des canaux déjà existants. 



( 166 ) 

rien ea fût de caimlîaatioa. Avec la notivalla dyaastîe, cet état de 
ctioses changea de face. L'uu 1056, le mandiria de Koen-chan 
^ lU ât creuser, ou plutôt élargir, sur une longueur de 70 If, le canal 
qui relie cette ville à celle de Snu-tcheou ; ou l'appela Tckt-hûuo-t^ang 
£ ft '$• Voici la raison de ce travtùl: le paya qui séparait cm 
deux villes étut une suite de iuarécagt>B ; et les pîébona ne pouvaient 
paa toujours être eûrs de leur cbemiQ. Plusieurs tbis ou avait eesayé 
de faire des digues et des routes ; on avait échoué ; n'ayant pas 
anez de terre pour former dea remblais aolîdes, ceux-ci disparaiffiaient 
au bout de quelque temps. Enfin, on imagina un nouveau moyen : 
le tracé du caual ayant été bien déterminé, sur chaque bord on plaata 
deux rangées de pieux garnis de groœièrua nattes de roseaux, et 
aéparéee l'uue de l'autre de trois pieds ; on retirait la vase du marais ; 
on la tassait entre la double rangâd de pilotis ; quand cette boue était 
bien deséchée et bien solidi&ée, alors on creusait le lit du canal dans 
l'espace compris entre les deux digues ; celui-ci avait 60 pieds de large ; 
on en prenait trente pour le canal, et l'on eu laissait autant pour le 
chemin d«<8 piétons. Et cela fut accompli jusqu'à la porte de Son- 
tcheou appelée Leou-meu. C'est grâce à ces grands travaux que 
l'on a encore aujourd'hui un beau canal et un bou chemin entre ces 
deux villes. 

Ce fait prouve combien bas était, en général, le terrain du Kiang- 
nan. Autrefois, le paye de On-ei a été aiuei dans le même cas, sans doute ; 
car lorsque nous avons vu T'ai-pé se fixer à Mei-li, le terrain était 
plus élevé; il dut cependant exhau^uerles endroits oii l'on voulait bâtir 
des maisons. Peu & peu, le territoire s'est élevé partout; comme il 
arrive encore matntenaat sur les borda du Kiaug, où les terrains 
émergéH et cultivée sont fort cou^idériLbles. Ce détail historique 
est d'une grande im^iortance. Quand ou ee promèae, en effet, sur 
le chemin du Sou-tchi»u à Eoen-chan ; quand on examine cett« 
magnifique camjiagne ai fertile en riz, qui donc Boupçonoerait que 
vers l'an mille tout cela n'était que marécages P "^ 

I Quand le fameux fFoMi-AS'fla.fAi ï $[ ^ (1021-1088) «t«i( préfel de nA'oJtf 
tcheoufau 1^ iHi ilïi c 105S, il l'occupa du cuiil impérial ; il eolicpril de le creusée 
p]iu prorooilémenl, a<în que les eaui du lac T-ai-hoii ji^ j{{8 pusBCDl l'écouler dans le 
KiaOB. (Ou Is'ing bien tcbe, vol 3- p. 6-) 

Un autre fail prouve qne le terrilo're du Kiang-naa s'iÇliivc toujours, quoique 
injenâblement ; il Cil consigna dans le Yangh-ouhicn icbe vol. 3, p. 17; le voici : Il 7 
avait aulic(bLS,)u9(c i l'cndcoic où les trois sou s-préfectures de Kiing-jog, Yaog-boii, Oa-s le 
loucbCDt, UD Btseï griud lac, puisqu'il avait plu^ de fto ly de circonférence; il ae nommail 
Ou-3i-hou, ou bien encore Faf^onghiiu. ^ ^ jJB. Eo 1432, le Bouvemeu» de Sou- 
tcieou fit faire des digue» et crcusci dej ctnaiu ; il changea ainsi ee lac en une maenifique 



( 167 ) 

L'année 1062, on répara ce canal Tche-hono-t^ng : on l'élargît 
et on le creosa devantage. Depuis, on établit de petits canaux qui, 
divisant les terresde distance en distance^ facilitaient l'irrigation du riz, 
et permettaient aux grandes eaux de s'écouler un peu de tous côtés. On 
fit encore des digues pour prévenir les inondations ; c'est-à-dire qu'on 
entourait de quatre côtés une certaine étendue de terrain ; si la digue 
se rompait quelque part, il n'y avait qu'un carré de ce genre à en 
souffirir ; l'inondation se propageait beaucoup plus difficilement. C'est 
le systftme que l'on emploie encore maintenant sur le bord des fleuves 
et, en général, pour les terres exposées aux inondations. 

Cette même année 1062, on creusa aussi le canal de Song-Tciang 
fg^ 2tf nommé Pé-Ao-Ao0» jg II R 4^ ^^^ nombre de circuits et 
méandres au profit des cultivateurs. 

En 1064, on réparait encore le canal de Son-tcheou à Koen-chan. 

En 1068) l'empereur Chen-tsong ordonna de réparer les digues de 
Wang4^%ng H SQC sur le canal impérial, entre Soo-tcheou et Ou-si. Il y 
établit un grand mandarin spécial avec des subalternes, dont la charge 
était de veiller au ciEmal impérial et aux canaux latéraux, de les 
entretenir, réparer, creuser plus profondément, ou élargir, etc. Cette 
<Nrdonnanoe impériale fixa des règlements pour les canaux, les terres 
labourables adjacentes, les droits des paysans et leuis obligations pour 
l'entretien des canaux; bref, tout ce qui concerne le système de canali- 
sation du pays (C^oei4i ;|C f|)* lies grands canaux devaient avoir 
mie largeur de trente tchang "^ (environ 300 pieds), une profondeur 
de deux à trois tchang (20 à 30 pieds). Les petits canaux devaient 
avoir une largeur de vingt et quelques tchang; une profondeur d'au 
moins un tchang et quelques pieds. De cette manière aussi on gagnait 
de la terre pour faire des digueSi chose absolument indispensable; car 
lorsque les eaux sont grandes, elles dépassent de six à sept pieds le 
niveau des terres labourées; les digues doivent donc surpasser de trois 
à cinq pieds les eaux môme les plus hautes, A l'intérieur du pays, le 
niveau des canaux est plus élevé que celui du Tang-tse-kiang; à son 
tour, celui-ci est plus haut que la mer. C'était la méthode des anciens, 



à riche coltiife. On gagna, dn coup, plus de ving^ mille arpents de terre laboorable, 

Cei>.y>*'ai>pelleindnten»t/!».:)^»^9if- Aio» le nom da boaig K/»M» 

in m (pont de la digne), où nous aToni nne ^^lise, s'explique tout seul ; tandis que si 
l'on ignore ce fait, ce nom est incompréhensible. Bien des fois, en eflet, farais entendu 
missionnaires et gens du pays exprimer leur étonnement sur ce nom (pont de la digne 1) 
Or ^est tont siitaple : an noid^mest de ce bourg se trouvait le lac en questbn ; pour se 
proléger contre lui, on avait élevé une digne. Depuis Ion la digne et le lac ont dispaxu; 
le nom seul est re^ 

D'antres laits semblables sont consignés dans et recueil» 



( 172 ) 

Ce livre est sérieusement fait Faut-il admettre sa version ? Adhuc 
subjudice lis est! Chaque auteur identifie à sa guise ces trois hiang 
si fameux. Il nous sufEt d'en avoir examiné deux des plus sérieux. 



:FX3sr. 



( 174 ) 

Page. 

Chapitre VL— Le roî Zcao (525-513) 59-73 

Koang^ frère du roi, fuit 1a guerre an roi de Tch^ou, — Perle 
et reprise du vaisseau royal. — Le calomniateur Fei Oti-hi. 
— Ou Tie^u, transfuge de Tcli'ou. — Diverses expéditions 
militaires. — Le prince Koang massacre le roi Leao et ses 
gardes. 

Chapîtrb VII.— Le roi Eo4iu (513-494) 75-100 

Son caractère; %s vues politiques; son activité — ^Plan 
suggéré par Ou Tse-siu pour haraasBr les troupes de 
Tch^ou. — Succès.^— Prophétie à la faj^n de Virpli| 
annonçant la destruction prochaine de Ou par Yué.^^ 
Nouveau plan de campagne concerté entre Bo4iu et ses 
ministres. — Succès. — Conduite héroïque de Fou-kai^ frère 
du roi. — Barbare vengeance de On Tse-eiu. — Le pêehenr 
ambitieux. — Un serviteur sauve la vie au roi de Tch^m; 
noble désiùtéreteemetiU — Chen Pcuy-sifi obtient du roi da 
Ta* in des troupes contre Ou, — Désapttes répétée de Otié— 
Le roi de Ts4 doniie sa lille à Ho-liu; elle meurt de 
nosiatgie.-^Querre avec Yué. — Ho-liu bkfisé meurt à 
Ztn^.-^Totnbeau ; légendes. 

Chapître Vin.— Le roi Fou-tch'ai (494-472) ....4.. .i*;i *..*•. 101 
Invasion de F/^^?.*— Victoire de jFb«-<«M»o.— Oti TVs-ei» 
prédit l'anéantissement de Ou. — Cadeau de huit filles an 
ministre Pè-pH] la belle <S/-c7ie.— Succès de Fou-tch^ai."^ 
Mort du roi de Tch^ou.— ^Expédition contre le pays de 
Loit, — Silence de Confucius sur le traité imposé à son 
roi. — ^Lee princes de Ou et de Lcyu attaquent 2W.— 
Bataille de NgaUling. — ^Discours de ou Tse-eiu à Fùu4ch^ai 
pour le détourner de l'amitié de Tuè, — ^Nouvelle prédictioii 
et suicide de Ou Tse-aiu. — ^Entrevue des princes à Hoang-- 
tch^e. — Creusement d'un canal à travers les états du Nord, 
premier tronçon du Canal Impérial actuel. -^Ingéniemt 
apologue du prince héritier. — ^Invasion soudaine de Eeont- 
ts4en et prise de la capitale ; Fou-tch^ai ab9ent.-^Disputo 
d'influence entre Ou et 2kn.^ Ambassade de Wœxg-^uevi 
KeoH à la cour impériale. — Tch^ou attaque le royaume de 
Ou (479.; — Le roi de Tué avance contre Jbw-fcAW.— 
Conseil de guerre tenu par Keou-tsHen. — Ses adieux à là 
reine et aux grands.— -Otf est vaincu. — Paix boiteuse.—- 
L'eiivoyé de Tchao-mong auprès de JPou-feA'at.— Siège 



( 175 ) 



Page. 



de Sou-tcheou. — Yué refuse de traiter. — Mort du dernier 
roi de Ou, — Autres succès de Keou-tsHen au Nord. 

l«r Appendice. — Notice sur Fan-li^ ministre deYué 157 

2® Appendice. — Etude sur le canal impérial et autres canaux 

au Sud du Kiang 161 

3* Appendice. — Le grand lac Tai-hou et les trois Kiang ... 169 

GRAVURES: 

Tombeau et Pagode de Pat pé 14-15 

Tang Yeou'ki^ géuérsl àe TcJàou 30 

Le prince barbare Kiu-tche 32 

Ki-tcha offrant son épée 45 

Inscription du tombeau de Ki-tcha 49 

Le ministre On Tsesiu 62 

Ou Tae-siu meodiant 64 

Massacre du roi Liao et de ses gardes 70 

Le pêcheur ambitieux 88 

Le ministre Ohen Paosiu 91 

Le roi Fou-tcA^ai 102 

Cadeau fait au ministre Pé-pH 105 

La belle SUche dansant 107 

KeoU'taHen roi de Tué 132 

Le ministre Fan4i , 158 

Carte chinoise du Ou-song-kiang 161 

La région des lacs et les canaux du Sud « 169 



f^î&t^^''^ r.-r''T'-.'^^ "' -^^Sj?-^ -'. ^tTpi W g ggO"t^>SS»r' 'FÙii^' -^ ■ ^''^ >-y«--»- ' 



( 171 ) 

3ème APPENDICE. 

A PROPOS DU GRAND LAC TaI-HOU Jc SJ ^T DES 3 KUNG ^ ^t. 

Le l>aî-hou a une étendue de trente-rix mille JcHng ^^^^ ; c'eRt 
le grand réservoir de tous les pays environnants : I-hing, Koang-té 
tcheou, Tcheng-kiang fou, Hang-tcheou, et la plus grande partie du 
Tché-kiang. Comme les régions de Song-kiang et Eia-hîng-fou 
sont les plus basses, elles sont aussi les plus exposées aux débordements 
de oe grand réservoir. 

Les trois grandes artères, par lesquelles s'écoulent les eaux du 
l^ai-hou, sont les trois fameux canaux appelés San-hiang 3 ÎL l 
mais il y a grande confusion sur leur identification. La meilleure 
version me semble celle du recueil Sou-tcheou fou tche (vol. 10, p. 4 et 5). 
Je la traduis ici. 

L'un des trois Eiang sort du T^ai-hou au sud de la ville de Sou- 
tcheou, dans la petite baie nommée Onien-yu-k^eou i& ^ ! P^ 
il va au nord, traverse le canal impérial, coule jusqu'à la porte est de 
Sou-tcheou nommée Leou-men £ f^ ; d'où lui est venu le nom de 
Lecm-kiang £ 2C. 

L'autre va du T'ai-hou à la vUle de Ou-kiang hien ^ 2t Ri 
passe le grand pont à dix-huit arches nommé Tchang-ldao ^ i^^, 
se dirige au nord-est, vers le lac Pang-chan-TioUj JR llj SI) et s'appelle 
Songlhiang Jjg^ Jt. 

Le troisième quitte le précédent à l'endroit nommé Paùyao^ 
fen-tche :ic JÉ ^ £) pas^e le lac Tien-chan-hou X lU fli se dirige 
vers le nord-est, et va à TXaing-p'ou ^ fS ; il se nomme Ou-aong- 
hi€Mg ^ijg^fL on encore Tong-^ciang j^ f£ (le kiang oriental). 

Voici maintenant une autre explication; c'est celle du recueil in- 
titulé lA-tai'kiang'yU'piao MfiVt^U (^<>I* ^yP-^)- 

Le Song-kiang vient du T'ai-hou, passe le Ou-hiang-hien ^2C|f f 
et le pont aux dix-huit arches, va à Kia-ting ^'^ ; puis, à q^uarante 
ly au sud-est traverse le Ousong ^ ^, et se rend à la mer. 

Le Leou-kiang coule à l'est deSou-tcheou, se dirige vers F'ai-tmng^ 
icheou ic^jHI ; à 70 ly au sud il passe à Lieou-kia^ho Veou gS MM Q 
et se jette à la mer (c'est-à-dire dans l'embouchure du Tang-tse-kiang). 

Le Song-kiang coule au sud-est de Ou-kiang ^ft, ju^qu' au Tché- 
kiang dans la sous-préfecture de Hai-yen-hien JHÎItt ; puis, à 35 ly 
nord-est de là, se jette à la mer. 

1 Un k'iiig yaut cent arpents. 



, * 



» r 



VARIETES SINOLOGIQUES N^ 11. 



NOTIONS TECHNIQUES 



SUR 



LA PROPRIÉTÉ 






p:x chine 

AVEC UN CHOIX DACTES 

ET 

DE DOCUMENTS OFFICIELS 



PAU 

LE P. PIERRE HOANG 



»-i4i 



CHANG-HAI. 



IIPRIIERIE DE LA liSSION CATHOLIQUE. 



1897. 



PRÉFACE. 



Vouvrage que nous présentons aujourd'hui awr 
lecteurs des Variétés n'est pas tout-à-fait nouveau. 
Déjà en 1882, pour répondre aux désirs des miss i 0)1- 
nairesde ce Vicariat de Nankin, nous avions recueilli, 
dans divers livres et manuscrits chinois, des modèles 
d'actes de contrat et autres documents, qui pou- 
vaient leur être utiles dans Vadminislration des 
biens de leurs districts, et nous en avions composé 
un livre en chinois, dont nous leur avions fait hom- 
mage (1). Son ioitelligence supposant plusieurs con- 
naissances relatives à la propriété légale, nous pu- 
bliâmes la même année un opuscule en latin : Do 
Lepjali Dominio. Nous disions dans la préface : a Notre 
intention est de ne toucher dans cet opuscule qu'auj* 
dispositions des lois qui se rapportent à notre sujvf 
^sans les citer cependant), et, parmi les coutumvs 
et usages, de ne présenter que ceux qu'on regarde 
comme généraux, omettant les cas particidiers qui 
se produisent parfois à raison de circonstances spé- 
ciales. )) 

Uopuscide tomba entre les mains de quelques 
membres du N. C. Royal Asiatic Society^ qui trou- 
vèrent opportun de publier dans leur Journal, avec 
notre appi^obation, quelques articles (2). Ce succès 
inespéré nous a sti7mdé à augmenter rutHité de cet 



(1) Ce lirre en quatre-vingt-quatorze feuilles, intitulé ^J ^ ^ ^ K*i-k'iu(n- 
wei'Chey et imprimé à TOrphelinat de T*ou-8è-tBè^ continnitôS modèles de divers contrats de 
vente, location, hypothèque, etc., 12 formules ou facsimilés de forme et grandeur natiirellc^, 
•t une disaine de paragraphes, concernant les honoraires des entremttteurs, témoin^, 
■ecrétaires etc., pour les contrats. 

(2) Cf. JournalofVic China Branch of the M. As. Soc. for thc ycarl888 (vol. XXllI, 
pp. 118-148). 



II 

opuscule latin, en y ajoutant des Appendices; et 
de fait, en 1891^ nous en avons publié le premier (l), 
complétant surtout ce qui se rapporte au transfert 
de nom du propriétaire après une vente, et à la 
confirmation officielle des contrats de vente. 

L'édition de ces divers ouvrages étant épuisée, et 
de nouvelles demandes arrivant continuellement, 
nous en avons entrepris une édition française. Nous 
y avons fondu dans le texte ce qui était exposé dans 
r Appendice (2). Par^ni les modèles de documents nous 
en avons laissé de côté quelques^ins qui étaient moins 
importants, et nous avons reproduit par la photo- 
lithographie, un peu diminuées, quelques-unes des 
formules indiquées plus haut. 

La traduction du texte latin a été faite par le 
P. J. Bastard, et celle des textes chinois, par le P. J. 
Tobar. Que ces Pères, qui ont bien voulu pour notre 
avantage sacrifier le peu de loisir que leur laissent 
leurs occupatiom, reçoivent ici le témoignage de notre 
très sincère reconnaissance. 

Zi'korwei, le 29 Juin 1897^ en la fête des Saints 
Apôtres Pierre et Paid (3) . 

(1) Appendix prima ad opusculum De Legali Dominioy Zî-ka-wei^ 1891. 

(2) Pour ne pas changer Tordre des numéros de l'édition latine, on a ajouté de 
petites lettres à côté des numéros 38, 47 et 61, auxquels rApi)endice se rapporte. 

(3) Une seule faute, «luc nous sachions, dans le chinois: p. 3, n. 13: SPi lire* l9* 



PREMIÈRE PARTIE. 



NOTIONS TECHNIQUES. 



ARTICLE I. 



CONFECTIOX DES ACTE8. 



1. Le code chinois ne prescrit aucune formule qui soit de 
rigueur pour la validité des contrats; les variantes qu'ils admet- 
tent suivant les lieux n'offrent pas de grandes difficultés, car les 
expressions techniques qui définissent le contrat sont partout les 
mêmes. Avec une connaissance exacte des formules usitées dans 
une contrée, on s'initiera vite aux coutumes particulières des autres 
régions, et on n'aura nulle peine à s'y conformer au besoin. 

2. Les nombres s'écrivent en chiffres majuscules : 1 i ^, 
2 tnil ^, 3 San ^, 4 se ^, 5 ou fj, 6 lou f^, 7 ts'i fj|. 8 pa JJiJ, 

hipou ^. 10 che ^, et non en minuscules — Il H H jR. 5^^ 4^ 
/\ ^ -j-, trop faciles à altérer. 10 s'écrit «une dizaine», non pas 
simplement «dix»; exemple : 10,000..., 11,000 : i che ts'ien ^j^^' 
«une dizaine de mille»..., i che i Is'ien S t& S ^ «dix fois et 
une fois mille», non pas simplement che ts'ieUj che i ts'ien. 

3. Au bout des expressions numérales non suivies immédia- 
tement d'autres caractères, on écrit tcheng j£ ou ]|| pour clore 
le nombre et rendre impossible toute addition frauduleuse. Ex. 100 
onces : i pé liang tcheng ^ "§" M iE? ^^ arpents : i che meon 
Icheng $ |^ ftH É- 

4. La lettre ling !^, qui d'ordinaire figure comme notre zéro 
h l'intérieur des nombres sera omise. Ex. : 1 020 i ts'ien ling eut 
che — -î- ÎJf m + s'écrira i ts'ien eut che $ -f" ]RC l&î de môme 

1 once 002 : i liang eul H ^ ^ ^ ?^. 

5. Si, en dressant un acte, on a oublié une ou deux lettres, 
on le recommence, quand cela est facile; sinon les lettres irassées 
peuvent être intercalées à leur place entre les lignes. Dans ce 

I 



r 



V iMjr.MiMiu: PAiiTiK. AirriCLF r. 

dernier cas. au l)as de la pièce on ajoute une note dc'îsignant les 
lettres qui onl été insérées de la sorte, et au-dessous de cette note 
l'auteur de l'acte appose sa sii^-nature. 

6. Il est très important de désigner en détail toutes les ma- 
tières du contrat, d'en spécifier toutes les conventions sans aucune 
amphibologie, et d'en exprimer les clauses en termes officiels et 
techniques. 

7. Il n'importe pas moins d'indiquer clairement sur l'acte h»s 
limites du fonds acquis. Si ce fonds est enclavé et n'a d'autre 
issue sur la voie publique qu'un passage appartenant à un autre 
propriétaire, bien que soumis jusqu'alors à une servitude, on 
écrira sur l'acte tch'oti joii yoon moou Ich'on lou ^j A> I^ % j£ SF 
«accès par le passage de tel côté», et on invitera le propriétaire 
en question à signer parmi les témoins, pour lui ôter la possibilité 
d'arrondir dans la suite sa propriété en y (m '^lobant ce passage. S'il 
refuse de signer, c*est au vendeur à ruNM.Jifjuer cette servitude 
existant jusqu'alors en vertu d'un long usa j:e el d'un consentement 
mutuel ; à lui d'exhorter ou de forcer le propriétaire a signer se- 
lon la coutume. Si la propriété contigui*, par ex. à l'est du terrain 
vendu, appartient au même vendeur, on écrit sur l'acte long Iclie 
yuen ijé ^ 5g jj^ H «à lest, attenant à la propriété du vendeur» 
ou bien, ton(i tcho chou tsou ^ M ISt >£ ^^^^ l'est, jusqu'à la distance 
voulue», c.-à-d. que le lot vendu peut s'étendre vers l'est autant 
qu'il est nécessaire pour fournir la quantité vendue, ce côté do 
l'est étant supposé appartenir au vendeur. 

Si le terrain contigu, par ex. à l'ouest du lot vendu, appar- 
tient à l'acheteur, on écrit si tche té yé If ^ ^f^ H «à l'ouest 
jusqu'à la propriété de l'acquéreur». Si la limite est au milieu d'un 
cours d'eau, on inscrit pan ho ^1^ {jif ; si elle se trouve au milieu 
d'une rue, on inscrit pan hiai 4^ ^ ou tch'on hiai Hj ^ «empié- 
tant sur la rue». 

8. Quand la limite est au milieu d'une rue, on plante la borne 
sur le bord de la rue et on écrit dessus tch'on hiai kiai (ij Hf Jfl 
«la ligne séparative (des deux propriétés contigu(*s) est au milieu de 
la rue»; on n'écrit pas sur la pierre la lettre tch'ou (JJ «s*étcndant 
au de'là», quand la borne est plantée sur la limite réelle. On fixe 
la borne de façon ((ue l'inscription regarde la propriété contiguë, 
à moins qu'on n'en soit empêché i)ar le mur du propriétaire voi- 
sin. Si Ton ne peut commodément faire le bornage à l'aide de 
pierre, on y substitue le hiai hoei ^ Jj «marque à la chaux» : 
à cet elTet, on enfonce dans la terre un pieu assez long, puis on le 
retire et on remplit le trou avec de la chaux. Sur les actes, ou du 
moins dans nl'inrentaire» (Cf. n. 13), on note la place des bornes 
en chaux, qui étant enfouies sous terre, ne paraissent pas h 
l'extérieur. La pose des signes de démarcation se fait devant des 
agents publics t'ou-chou @ § ou jmO'tcheng ^ JE, (Cf. n. 17) qui 
ont dû prévenir à l'avance les propriétaires voisins. 



CONFECTION DES ACTES. 3 

9. Si le terrain est sépan'î d'un cours d'eau qui lui sert j)our 
l'irrigation ou pour Técoulement. la noria ou machine hydrauli- 
que choei'tch'é ^ ;^, devra alors être ])lacée sur la propriété 
d'autrui, et les eaux qu'on puisera ou ([u'on déversera, pjisseront 
sur les fonds intermédiaires. Cette servitude d'irriiration et d'écou- 
lement doit être stipulée sur les pièces; on notera remplacement 
de la noria, le propriétaire de cet emplacement, la coutume jus- 
qu'alors en vigueur qui rautoris'.\ les canaux d'alimentation et de 
déversement, le propriétaire du terrain, les propriétaires des ter- 
rains traversés, le parcours que suivra l'eau pour s'y rendre. 
(Souvent le canal où Ton puise Icisu et celui où on la déverse ne 
sont pas les mêmes, vu la dilTérence de niveau des champs.) On 
invitera tous ces ])rop4iétaires voisins à signer parmi les témoins, 
pour parer aux diiticullés à venir. 

10. A Song-kinng ^ jx,^ h 'rrli'un(i^)nin(i »1^ ïl^ et ailleurs, 
on vend avec la permission des autorités locales des formulaires 
imprimés et disposés pour recevoir, avec les noms des contrac- 
tants et des témoins, la désignation de la matière du contrat. Ces 
formulaires peuvent servir : ils contiennent tout ce qui est abso- 
lument requis. Ils ont toutefois l'inconvénient d'être tirés, le plus 
souvent, sur papier trop mince, et de n'offrir que des blancs in- 
sutïisants pour les déclarations, explications et clauses utiles ou 
même nécessaires. Mieux vaut donc tout écrire, sur papier solide, 
selon les formules généralement employées, lesquelles sont aussi 
prudentes et prévoyantes que possible (1). 

11. Les formulaires mis en vente a Iloai-ngan fJCÊ $. à (Ju-ho 
3l }nl/ et ailleurs, sont imprimés sur papier plus solide et en 
forme plus solennelle : mais l'impression en est fort défectueuse, 
parfois illisible en majeure partie. Dans ces endroits l'usage de 
telles formules a prévalu, non pas à ce point pourtant qu'on n'y 
trouve aussi des contrats entièrement manuscrits. 

12. Il est sans doute plus facile de remplir un formulaire 
imprimé: encore faut-il s'y connaître, et on ne conliera pas aux 
instituteurs de village la confection de ces pièces : en remplissant 
les blancs, ils commettent des bévues qu'ils défendent en s'autori- 
sant de la coutume. 

13. Les familles riches (jui ont dr nombreuses propriétés, 
en dressent ordinairement deux invcmtaires (jui s'appellent tchr- 
U'h^an-pouo [g; 2| Jjjf. Sur l'un d'eux on transcrit vn entier tous les 
actes, et l'on signah^ toutes les circonstances notables, qui se 
présentent au moment même du contrat, ou dans la suite. Dans 
l'autre on se contente d'inscrire (|uelques (extraits des actes, en 



(1) Lïi HcuoiiiU* Partit- «lo cet ouvrage «loinicia. aviM: leur tnuluetion. un certain 
Houibre <t<.' ce» furnuilcs jM^tir les différent» genres de contrats. 



• 



• \ 



PREMÏEIŒ PAUTIE. AHTHXK I. 



notant briovenient les circonstances. Ce sommaire se conserve 
avec les pièces authentiques aux archives de la famille; Tinven- 
tairc complet est gardé dans un autre lieu sûr, afin que tous deux 
ne puissent périr en même cas. 



ARTICLE IL 



DIFFKKKNTKS DENOMINATIONS 



li. Le vendeur sur les actes est appelé inai-lcliou ^ ^ 
«propriétaire vendant», ou chf'lvhou ^ ^ «propriétaire perdant», 
ou k'i'tclwii. ^ ^ «propriétaire abandonnant», ou yucn-lchon 
jS i ** premier propriétaire »^ ou uiKm^yè-tchou J^ ^ i « pre- 
mier propriétaire de la chose.» — L'acheteui^ s'appelle mai^tchoti 
S i «propriétaire achetant», ou t(*'U'Ju)u ^f: ^ «propriétaire ac- 
fjuérant», ou yé^tchou fj^ ^ «propriétaire de la chose.» — »Si 
l'acheteur revend k un autre, le premier vendeur par rapport au 
dernier acheteur est dit rhang^choon-yntm-tchou Jl "^ >5^ ï «pro- 
priétaire initial», et le dernier acheteur par rapport au premier 
vendeur est dit hioii-yè-tchou 3^ |È i «propriétaire actuel de la 
chose.» Celui qui livrant une chose par antichrèse (Cf. n. 22), en 
cède le fruit et l'usufruit pour solder un intérêt légal, s'appelle 
tch'oU'tiei}''lchou lii ^ i. «propriétaire livrant en nantissement», 
et comme il garde encore le domaine ad mu on l'appelle aussi 
yê'tchon H ^ «propriétaire de la chose»; mais parce ([u'il a perdu 
le domaine m re on l'appelle yup)i'tcfiou ^^ ^ «l'ancien proprié- 
taire». L'antichrésiste, s'appelle tien-tcliou Jjf^ i «propriétaire 
recevant en nantissement», ou encore ahion-yé-tchony) 3^ ^ ^ 
«propriétaire actuel de la chose». 

15. Celui qui écrit l'acte s'appelle tai-pi fÇ^ «écrivant pour 
un autre». Il signe à la lin avec ce titre de tai-pi fÇ ^. L'usage 
est que ce secrétaire soit désigné par le vendeur; l'acheteur a ce- 
pendant le droit d'exiger qu'on choisisse un homme probe et ver- 
sé dans la matière. 8i le vendeur écrit lui-même l'acte, il signe 
de nouveau à la fin, ajoutant le titre tse-pî g ^ ou tse^choii g 
^ «écrivant de sa propre main»: si c'est son lils qui écrit, il 
signe avec le titre de tso-}fi ^ ^ «fils écrivant». 

IG. Les entremetteurs qui ont amené la conclusion du con- 
trat entre le vendeur et l'acheteur, s'appellent yu(ni-lcho)iij J^ tfi 
«les premiers intermédiaires». Les autres, qui sont invités à signer 
comme témoins, s'appellent san-tcliouf) ^ tfi «intermédiaires di- 
vers». Le principal témoin, qui est ordinairement choisi parmi 
les proches parents du vendeur, par ex. son frère, son oncle, son 
neveu, s'appelle kien-mai ^ |8f «témoin oculaire de la vente». 

17. L'agent public qui veille à Tordre d'un district,. s'appelle 
siaO'hia *J^ ^ ; en certains endroits on l'appelle aussi ti-pao fjl^; 



1 i*." 



t) PIIEMILIΠPARTIE. AUTICLE II. 

jJ est de basse tondition. — L'aircnt qui s'occupe des propriétés 
Jbncièpes et delà perception du Irilut impérial, s'appelle /*^ou-c/iou 
13 ^; ailleurs on l'appelle encore king-tano j^ Jg, et ti-pao ^ ^; il 
est de condition moyenne. A la campagne souvent un seul cumule 
ces deux oflices, on Tappelle pao-tcheng ^ J£. — Le satellite 
d'un sous-préfet ([ui réside dans un district pour presser l'acquit- 
tement de l'impôt, s'appelle t'ou'tch'ai ^ ^ ou liang-tch'ai If^ J|. 
— L'employé du tribunal chîirgé de confectionner les quitliincei^ 
de l'impôt et d'inscrire le nom du propriétaire sur les registres (Cf. 
n. 32) s'appelle tcli'è-chou -flfl- ^, ou plen-chou ^ '^, — L'employé 
chargé de la conlirmalimi des vontru!s (Cf. n. 61) s'appelle choei^ 
Ich'ong ^ ^. — L'agent chargé par le sous-préfet de la perception 
générale de l'impôt, s*api)clle tf^'ao-lsong \i^ |g. ou ti<ong^chon 
Ui §* (1). Celui à qui incombe l'arpentage, s'appelle i'ing-ki ^ ^ 
ou kong-cheon ^ ^. — Le préposé aux plans des champs, des 
routes, des cours d'eaux, s'appelle hoei-t'ini J^ y. 

18. A Iloni'iigmi \{^ ^, (Ju-ho 3E {pf et autres endroits, cer- 
tains individus obtiennent des magistrats locaux le droit d'être 
arbitres dollice dans les contrats. Ils font en quelque sorte métier 
d'intervenir entre le vendeur et l'acheteur de terrains ou de mai- 
sons, et s'appellent en conséquence fang-ti-hang J^ ^ fx «agents 
de vente de maisons et de terrains» on bien koan-ija "^ ^ «agence 
patentée.» Ils apposent sur les actes de vente leur signature ou 
leur petit sceau particulier, et souvent ils s'adjugent entièrement 
les cadeaux faits par l'acheteur aux entremetteurs et aux témoins ; 
il en résulte que les autres entremetteurs et témoins dont on a 
inscrit les noms sur les actes refusent de signer et par suite ne 
sont pas tenus de comparaître en cas de litige (2). 

a^ i-M-^m-T ■ — m-^ -^^-a ■ i i ■ _ i ■ i ^ i !■ b^m ■ ■ n n 1 ^■-Ti— r-—-i^ 

II) Kn l'an 7 i\cVEmxterv'.\\r T'ontj'tchc |^ ^ (18B8), le gouverneur ilu iTirinf/-*»» 
jX. ^^ Tiiif/ Jc-tch'amjl Q E3 envoya une circulttire à ton»* les Bous-préfetg, leur dé- 
f'MuUint ù l'avenir «rèttiblir «Ihm colk'ctvurs ««néiaux «le rinijiot av; c le titre de ts'oo-twutj 
\n IS ou (k* (intHff chon ^ w ou autre Kcnibluble ; parce qu'ils ont coutume de vexer 
le peuple eu recueillant le tiihut. 

(2) S.u la niaitière dont l'aclictcur duit répartir ses ctuleaux entre témoins et inter- 
niétliair.'M diver». et sur la houiuio «pi'il convient d'ollrir, ou ti-ouvera des rcnseigneincuts 
dannla «ecoude r.irtio «le cet ouvrago. 



ARTICLE III. 

DIFFÉRENTES ESPÈCES DE TRANSFERT 

DE LA rropri?:ti:. 



10. Le ti^inp-mai f^ ^ ou tou-tfiiuè ij^ |g «vonto irrévocable» 
est un contrat par lequel le vendeur renonce au droit de racheter. 
Pour qu'une vente soit juridiquement reconnue comme «irrévo- 
cable», la loi prescrit que dans l'acte soient apposées les formules 
t^^iué-mni, yong pou Itooi-chou ^ ^, yiC yf^ M ffi, «vente irrévo- 
cable, on ne rachètera jamais». 

20. Le houo-mni fg g, «vente révocable», ou «vente à réméré», 
est un contrat par lequel le vendeur se réserve le droit de rache- 
ter (1). Fîvidemment le jirix de vente est alors moins élevé. La 
loi prescrit que dans ces sortes de contrats on appose (sur les 
actes) les formules houo-mai, tchotni t'iè-tvhao hooi-chou f^ ^, ?|| 
\\f\ t^ m flfl « vendu révocRble}i}ent, avec droit au supplément du 
prix ou au rachat de la chose». De plus, la loi prescrit de men- 
tionner le terme au bout duquel peut s'exercer la faculté de rachat. 
Si le vendeur ne rachète pas, l'acheteur peut jouir de la chose 
au-delà du temps statué. 

21. Dans le cas de contrais équivoques où Ton aurait omis 
les clauses susdites, de sorte qu'il fût impossible de distinguer le 
genre de vente, rèrocahli» ou irrévocable, dont on était convenu, 
la loi tranche ainsi la difïiculté : si trente ans .se sont déjà écoulés 
depuis Tépoque du contrat, la vente est jugée irrôrocahto, et le 
vendeur ne peut ni exiger le supplément du prix ni racheter; si, 
au contraire, il n'y a pas encore trente ans, la vente est déclarée 
rêrocable, 

22. Le tien-tang jj)^ ^ (vulgairement tien-y^a |^ jlf ou houo- 
tien f^ jj)^) «antichrèse» est un contrat par lequel un propriétaire 
livre un bien immeuble en gage contre une somme d'argent, avec 
faculté pour le créancier d'en percevoir les fruits en guise d'inté- 
rêt, jusqu'à ce que le propriétaire débiteur le rachète en rendant 
l'argent. Ce pacte cfnntichrètie a cela de commun avec une renip 
révocable^ que celui qui a livré la chose en gage se réserve le droit 



il) Li faculté (le réméié 8'fippcllo V'wn-ken pq i^k «f'^trine dn fondtfn : celui qui a 
vendu une terre à réraéié est dit retenir encore la «ntr-ne dn foiuh» et celui qui l'a achetée 
fut (Ut poMéder seulement la « stirfacc du t?rr:iin » tU^n-micn [Q |Q • 



H PnEMIKHK PARTIE. AUTICLE IIl. 

d'exiger le supplément du prix de l'immeuble ou de le racheter 
au temps fixé par le contrat. Mais il en dilTère. en ce que la loi 
défend de stipuler dans l'antichrèxe, pour la faculté de rachat, un 
terme excédant dix ans. Au bout de dix ans, si le rachat n'a pas 
lieu, Vantichrèsa doit être remplacée par un contrat de vente. 

23. Le pacte tini'tung J^ ^ «antichrèsew dilTère du pacte ti^ 
yn |g jff «hypothèque». Dans ianfichri*se le débiteur livre la 
chose et ne paie pas d'intérêt pour Tarirent emprunté: le crétin- 
cier jouit de la chose et en perçoit les fruits en guise d'intérêt. 
Dans l'h\ipothè(iue, le débiteur garantit le paiement intégral de sa 
dette sur le prix de l'immeuble, il ne cède rien, et il paie l'inté- 
rêt; le créancier n'a pas le fruit ni l'usufruit de l'objet: mais si 
l'argent prêté ne lui est pas remboursé, il a droit de se faire 
l)ayer sur le prix des biens immeubles inscrits en caution de sa 
créance. 

'2i. Pour le pacte (\'n)iticlirù><o, d'ordinaire les deux contrac- 
tants se livrent réciproquement un écrit. L'acte signé par le dé- 
biteur, s'appelle tien-tang tcheng h*i Si ^ JE -^ «acte princi- 
pal d'antichrèse»; l'acte signé par le créancier mis en possession 
de Timmeuble. s'appelle tien-tang fou It'i -^ ^ ^\\ ^ «acte acces- 
soire» (1). 

2."). Le hia-tchno Jj! j3c «réception subséquente du complément 
du prix» est un contrat par lequel un propriétaire d'un immeuble 
déjà vendu à rêinévé ou mis en aniichrèse, reçoit de l'acheteur ou 
du créancier le complément de la valeur, sans cependant vendre 
irrévocablement, La demande de ce complément doit se faire h 
l'échéance du temps lixé pour le rachat. Dans ce second acte, hia- 
tchao k'i ijf^ W ^^ signé par celui qui reçoit le complément du 
prix, on inscrit la durée du terme stipulé par le nouveau contrat, 
îi l'échéance duquel le rachat pourra s'opérer, on y inscrit aussi 
la clause i*h\g chou pou tchao ^ IB ^ J^c «faculté de rachat sans 
j)lus exiger le complément du i)rix.» l^ar cette clause le ven- 
deur, tout en se réservant son droit de rachat, s'engage h laisser 
l'objet h l'acquéreur jusqu'au rachat ou à la rente irréifocablr, 
sans exiger un nouveau complément de prix. En outre cette ré- 
ception du complément de prix et le délai du terme convenu sont 
inscrits à la lin du premier acte de vente ou d'antichrèse, 

?G. Si le possesseur actuel de l'immeuble acheté à réméré ou 
tenu en antichrè.<e refuse le complément du prix au premier pro- 
priétaire, celui-ci a le droit de livrer l'immeuble à un tiers pour 
un prix supérieur et de payer au second propriétaire le montant 
de sa dette. Si le second propriétaire a besoin d'argent, il lui est 
permis de vendre rêrocableinent l'objet à un autre ou de le mettre 
en nnticln'è<e au j)rix qu'il a donné lui-même : au même prix, car 



• 1) Lotc/irnf/l,'! J£^ 5^ porto aussi le nomtle </*«»</ Â'/ Jl ^î etle/owi'» SU 3? 
CM'lni t\v II ta kU y ^- 



DIFFÉRENTES ESPÈCES DE TRANSFERT DE LA PROPRIÉTÉ. 9 

s'il exigeait davantage, le premier propriétaire devrait verser pour 
le rachat plus qu'il n'a reçu, ce qui ne serait pas juste. Le second 
propriétaire peut néanmoins céder l'objet à un tiers pour une 
somme moindre, et cela se fait quand personne n'en veut au pre- 
mier prix. Dans ce cas, (Juand ensuite le premier propriétaire 
rachète l'objet, le second reçoit la différence des deux prix, à moins 
qu'il n'ait cédé au dernier acquéreur, par la remise des premiers 
titres, le droit de la recevoir. L'objet une fois ainsi entre les 
mains d'un tiers, celui-ci devra solder le complément du prix, si le 
premier vendeur l'exige. Mais d'après la loi, le premier proprié- 
taire ne peut sans en prévenir d'abord le second propriétaire, 
s'adresser directement au troisième, soit pour exiger le complé- 
ment du prix, soit pour racheter l'objet. 

27. Le rachat d'un objet vendu h réméré ou mis on antichrèse^ 
s'appelle hoei-chou ^. Le premier propriétaire ne peut léga- 
lement, sans le consentement du second, racheter l'objet avant 
l'échéance du terme stipulé. Par contre, le second propriétaire ne 
peut pas davantage, sous prétexte que le rachat n'a pas été opéré 
dans le délai prescrit, se refuser à ce rachat et se considérer 
comme propriétaire irrévocable. Lors du rachat, la chose doit 
être rendue dans l'état où on l'a reçue, par ex. s'il y a eu des 
murs renversés ou des objets brisés, la compensation se prend 
sur le prix de rachat. Quant aux choses ajoutées, elles sont ou 
bien enlevées par leur propriétaire, ou bien évaluées par des 
arbitres et vendues au rachetant. Dans plusieurs contrées, lorsque 
le rachat a lieu dans les trois ans qui suivent le contrat, il est 
d'usage que le rachetant rembourse au second propriétaire les dé- 
penses que lui avait occasionnées ce contrat, par ex. les cadeaux 
faits aux entremetteurs. Lors du rachat, le second propriétaire 
doit rendre au premier tous les titres qu'il a reçus de lui (Cf. n. 97). 
Si ces titres avaient été égarés, il signerait et remettrait au pre- 
mier propriétaire des pièces attestant que les premières ont été 
perdues et que si on vient à les retrouver elles seront sans valeur. 
Ces nouvelles pièces s'appellent i-che k^i-kin JS ^ ^ ^ «attes- 
tation de la perte des titres.» De même le premier propriétaire 
doit rendre au second les pièces accefisoires, fou-k'i glj ^, s'il en 
a reçu; et si ces pièces avaient été égarées, il devrait aussi en 
signer une nouvelle attestant la perte des premières. 

28. Le kia-tsiué Jp |g «vente irrévocable subséquente» est 
un contrat par lequel une chose déjà vendue révocahlement ou 
mise en aiitichrèse, est vendue irrévocablement, avec ou sans paie- 
ment supplémentaire, qu'on ait ou non réclamé auparavant le com- 
plément de prix. 

29. La loi défend d'exiger rien de l'acquéreur, après une 
vente irrévocable; mais il est d'usage qu'un vendeur ruiné demande 
une certaine somme sous forme d'aumône et signe un billet 
qu'on nomme Tan k'i-kiu 1§| ^ JH ou t'an k'i P|| ^ «billet de 

9 



10 PHEMIÈRE PARTIE. ARTICLE III. 

gémissant» ou t^'ing-Mc-kiii ^^f§^ «billet d'emprunt à un prê- 
teur bienveillant.» Bien plus, par un abus assez fréquent, le ven- 
deur et ses descendants réduits à la pauvreté, quand sur\'ient une 
nécessité spéciale, importunent la famille de l'acheteur, pour en 
extorquer une aumône, comme s'ils y avaient droit. La famille de 
l'acheteur a coutume d'accéder à leur demande, dans la crainte 
de plus grandes dépenses qu'entraînerait le recours au juge. 
Du reste, le juge qui reçoit ces sortes de plaintes commence bien 
par objurguer ces injustes exacteurs; peut-être môme les condam- 
nera-t-il aux verges ou à la férule, mais il finit d'ordinaire par 
exhorter le plaignant à leur faire l'aumône. Ceux qui reçoivent 
ce genre d'aumône signent chaque fois un nouveau billet, où ils 
attestent qu'ils ne réclameront plus. Les propriétaires gardent ces 
billets pour rendre à l'avenir ces oxacfeurs moins impudents dans 
. leur réclamations. L'usage et l'abus sus<lils n'ont pas lieu, quand 
l'acheteur appartient à une famille infliicr.ir dans la contrée. 

30. Quand des biens immeubles se vendent irrérocablement 
du premier coup, d'ordinaire à Sou-tcheon ^ ji\ on ne dresse 
qu'un seul acte de vente irrévocable, tou'tsiuô-h^i î^t |B ^'' con- 
formément à redit promulgué la septième année de l'Empereur 
T'ong-lche f^ ^ (18()8) par le trésorier général fan^t'ai ^ ^. 
Cet édit défendait d'écrire plusieurs actes pour une seule vente. 
Mais à Song-kiang ^ iL ^^ ailleurs, il est d'usage, pour une chose 
vendue irrévocablement en une seule fois, d'écrire simultanément 
quatre pièces: le houo-mai-k'i ^ ^^ «acte de vente révocable», 
le ki&Achao-k'i Jp fjj ^ «reçu du complément de prix», le liia- 
tsiuè-k'i ^ IS ^ «acte de vente irrévocable subséquente», et le 
jL'ari'k'Ukiu 1^ ^ ^ «billet de gémissant» ou le (s'ing-tsié-kia 
Vf ^ Wi <*^^^f®^ d'emprunt à un préteur bienveillant», et on répartit 
le prix total sur ces quatre pièces, qui portent chacune une date 
difTérente. Le but du trésorier général en prohibant la confection 
simultanée de plusieurs actes était de couper court à la fraude 
des acheteurs, qui, en demandant l'enregistrement de leurs con- 
trats (Cf. art. VI), dissimulent la deuxième et la dernière des 
quatre pièces, et ne les présentent pas au magistrat, diminuant 
ainsi d'autant la taxe, qui est proportionnelle à la somme inscrite 
sur les pièces. 

31. Le kiuen kiu ^ ^ «certificat de donation d'immeubles» 
pour des bonnes œuvres, est licite et valide ; cependant il semble 
préférable que le donateur signe un «certificat de vente irrévoca- 
ble» et abandonne le prix qu'il devrait toucher; il parera ainsi 
aux diflicultés de plus d'un genre qui pourraient surgir. 



ARTICLE IV. 

TRANSCRIPTION DU NOM DU PROPRIÉTAIRE 

A l'enregistremp:nt. 



32. Le kouO'ho ^ ^J ou Iwtio-hou ^ ^ «substitution du nom 
dunouveciu propriétaire à celui du propriétaire précédent» est Tacte 
par lequel un employé du tribunal, sur la demande du nouveau 
propriétaire, inscrit le nom de ce dernier ou celui de la commu- 
nauté qu'il représente, sur les registres publics, avec Tétendue du 
terrain, la section, le district où il est situé, le numéro du lot 
vendu, et le nom du vendeur. Le nom du nouveau propriétaire 
sera désormais inscrit sur les certificats authentiques ou quittances 
de Timpôt (Cf. n. 57). 

33. Ceux qui ont de nombreuses propriétés, surtout dans le 
mùme district, afin de distinguer plus facilement les quittances 
pour chacune de ces différentes terres, ajoutent d'ordinaire à leur 
nom sur les registres publics un caractère différent pour chaque 
propriété, k la suite duquel on place encore le caractère invaria- 
ble ki m «note»; les quittances, outre le nom du propriétaire, 
portent ainsi un signe spécial. L'usage est de prendre ces caractè- 
res dans le libelle TsUen-tse-xK'en -^f- ? lit où mille lettres diverses 
sont ingénieusement agencées ; on commence par le neuvième (1) ; 
par ex. pour une terre on écrit Wayi-ynen-t'ann jo^hi "JSIJS ^ H lEî 
pour l'autre, Wan-ynon^l'ang yuè-hi "JSI j^ ^ ^ IBî pour la 
troisième, Wan'yuen-l'ang yng-ki 15 M '^ S IB ^ <"* ^^^^si de suite, 
et dans Vinventaire df.s propriétés on indique clairement les signes 
distinctifs attribués à chaque terre. De la sorte on trouve san& 
peine la quittance propre de chaque propriété. 

3'i. Le propriétaire qui omettrait de faire inscrire son nom 
sur les registres publics, serait puni d'après la loi par la confisca- 
tion de toute la propriété et par des coups de verges ou de bâton 
plus ou moins nombreux suivant l'étendue de la propriété. Depuis 
un arpent jusqu'à cinq inclusivement, la peine est de 40 coups 
de verges, et pour chaque augmentation de cinq arpents on ajoute 



(1) Certains propriétaires commencent par la première lettre; mais alors ils changent 
la troisième hiuen £ en Jfuen jC par respect jwur l'Emnereur K*ang ht ^ SS» dont le 
nom était hiucn £, et la huitième hoang Mt en/oug S, parce que le caractère hoang 55 
«stérilités» a un sens néfaste. 



• 



12 



PIIEMIEUE PARTIE. ARTICLE IV. 



dix coups, savoir 50 coups de verges pour 10 arpents, pour 15 
arpents 60 coups de bâton; pour 20 arpents 70 coups de bâton; 
pour 25 arpents 80 coups de l)âton ; pour 30 arpents 90 coups de 
bâton ; pour 35 arpents et au-delà indéfiniment 100 coups de bâton. 
L'époque de cette transcription n'est pas fixée dans le code; mais 
comme elle est prescrite afin que chaque terre ait son contribua- 
ble, et comme en outre les quittance>i doivent porter le nom de 
celui qui paie l'impôt, elle semble être requise avant que le nou- 
veau propriétaire paie le tribut qui est exigé trois fois par an (Cf. 
n. i2, 43). 

35. Cet cnregistremmit est prescrit pour tous ceux qui acquiè- 
rent une propriété à titre d'achat ou d'antichrèse : pratiquement 
seuls les propriétaires irrérocablos accomplissent cette formalité. 
Pourtant, si celui qui acquiert une propriété par une vente à ré- 
méré ou par iintichrèse doute de la bonne foi et de la probité du 
premier i)ropriétaire, d'ordinaire il la fait enregistrer. Ensuite, 
lors du rachat, le rachetant demande un nouvel enregistrement 
pour lui-même. Sans cela, comme selon le catalogue public la 
terre appartient au second propriétaire, les quittances sont aussi 
à son nom. Généralement le rachetant rembourse au second pro- 
priétaire les frais d'enregistrement, si le rachat se fait dans les 
trois ans qui suivent le transfert de la propriété. 

36. La quatrième année du règne de T'ong-tche 13/^(1865), 
le isong-li-ya-men 1^ M ^ f^ «Tribunal suprême des afîaires 
étrangères», ayant passé une convention avec la Légation Fran- 
çaise, envoya k tous les vice-rois et gouverneurs de province une 
circulaire dont voici la teneur : «Au sujet de l'article autorisant 
les Français à acheter des terres pour y bâtir des églises, il a été 
convenu avec Nous et décidé, que désormais quand les Mission- 
naires français achèteront des terres ou des maisons dans Tinté- 
rieur de l'Empire, on écrira sur les actes : Un tel vend cela 

POUR ÊTRE LE FONDS COMMUN DE l'ÉGLISE DE CETTE CONTRÉE. Et il 

ne suffît pas d'y inscrire seulement les noms des Missionnaires et 
des Chrétiens; par la présente lettre Votre Excellence est priée 
d'ordonner à ses sujets de se conformer à ce statut. Grâce à cette 
disposition, l'église demeure le bien commun des Chrétiens, sans 
détriment pour l'Empire Chinois.» Il en résulte que sur les actes 
il faut apposer la formule wei pen tch'on T' ien-tchou-t^ing hong^ 
tch'an ÏStIs; ift 5Ç i^ S'^l- ^'^^^^ cela n'empêche pas, semble-t-il, 
qu'on puisse ajouter le nom patronal de l'église, comme note 
distinctive. Ainsi il semble qu'on est libre d'écrire sur les actes 
par ex. : Meou mai ï/u Jo-chè-t'anq v:ei pon t'chou T'ien^tchou^t'ang 

kongAch'an-^ W'H^^li^^^a^ci^^^*- «^-^ tel 
vend ceci à l'église Saint-Joseph pour être le bien commun de Téglise 
de cette contrée.» Dcins l'inscription du nom du propriétaire sur 
les registres jmldics, on peut n'inscrire que ce nom patronal pour 
distinguer les biens des dilîérentes églises, et aussi pour que les 



TRANSCIilPTION DU NOM DU PHOPlllÉTAIRE A l'eNREGISTREMENT. 13 

agents du tribunal ne refusent pas de transcrire le nom du nou- 
veau propriétaire; dans plusieurs contrées, en effet, ils n'osent 
pas ou ne veulent pas transcrire le nom du T'icn-ichoii-Vang 5Ç 
i S' surtout quand le terrain a été acheté à Tinsu du mandarin 
local (1). 

37. Les employés chargés d'écrire les quittances pour l'im- 
pôt désirent grandement que les propriétaires qui ont dans un 
même district beaucoup de terres, quoique séparées les unes des 
autres, les laissent inscrire sous un seul nom et sur une seule 
quittance. Mais ce n'est pas à faire, et il vaut mieux qu'au moins 
chaque fonds séparé ait sa quittance distincte. De cette façon, en 
cas de conteste pour un fonds, le litige fi'atteint pas les autres. 
En effet sur une quittance qui englobe plusieurs propriétés, on 
n'inscrit que le total de l'impôt à payer et non le détail de la ré- 
partition. (Le nombre d'arpents y est aussi parfois indiqué in 
globo, mais pour cette indication les greffiers emploient une écri- 
ture spéciale, peu connue du public, et que nous exposons plus 
loin. Appendice V.) Si donc plusieurs propriétés ont une quit- 
tance commune, on peut, d'après la somme de Timpôt, connaître 
la superficie de l'ensemble, mais non l'étendue de chacune des 
parties. Et cette quittance ne saurait prouver l'étendue d'un fonds 
contesté sans mettre en question les autres propriétés désignées 
par le billet. 

38. La quantité des présents en espèces qu'on a coutume de 
faire aux employés du tribunal pour l'enregistrement du nom du 
propriétaire, ne saurait être déterminée. Elle dépend de la valeur 
du terrain, du nombre d'arpents et de la condition personnelle du 
propriétaire. Les cadeaux augmentent avec la valeur de la pro- 

I priété, mais diminuent selon le nombre d'arpents qu'on inscrit à 
la fois et l'influence du propriétaire; ainsi pour un arpent qu'on 
déclarerait coûter 500 piastres, on donnerait 3 ou 4 piastres; si 
l'on enregistrait 20 arpents à la fois, il suffirait de donner une 
demi-piastre par arpent; à la campagne, pour un arpent qui coûte 
de 20 à 60 piastres, 200 sapèques suffiraient; s'il y avait 100 
arpents, il suffirait de 100 sapèques par arpent; et si le proprié- 
taire était influent dans le pays, il donnerait encore moins. En 
outre, on exigera généralement un peu plus d'un propriétaire qui 
achète pour la première fois dans un district où son nom n'a pas 
encore été enregistré. A la campagne pour l'enregistrement d'un 
nouveau nom, on ajouterait d'ordinaire 300 sapèques ; tel est 
l'usage dans la juridiction de la préfecture de Song-kiaiig ^ ^. 
Mais cette gratification ne pouvant être exigée d'après la loi, 
les fonctionnaires n'en donnent pas le reçu. 



(Ij On trouvera des formules do ces contrats dausla seconde Paitie. 



14 PREMIÈRE PARTIE. ARTICLE IV. 

38". Cependant, en 1888 (ç.-à-d. postérieurement à la pre- 
mière rédaction du numéro qui précède), est intervenu un édit du 
trésorier général de Sou-tcheou ^ ji\, fixant cette gratification à 
0,25 "/o du prix d'achat. (Sur la teneur et la portée de cet édit 
relatif h d'autres taxes encore, voir plus loin n. 67' et suiv.). 



ARTICLE V. 

TRIBUT IMPÉRIAL 



39. Le ts^aO'liang \^ '^ est le tribut impérial en riz décortiqué 
prélevé sur les terres fertiles; il est proportionnel h la fécondité 
du sol. Dans la province du Kiang-sou ;^ j^ l'impôt annuel pour 
un arpent varie entre 0^1^6^,0009 (9 cho àj) et 0*-'he,ii (i teou =j. 
1 cheng ^). Dans la province du Ngan-lwoi $^, entre 0-J»e^0021 
(2 ko *^ 1 cho ^) et 0'i'e,059 (5 cheng fj-, 9 ko ^). (Cf. n. 
130,132). 

40. De 13G8 à 1863 trois préfectures du Kiang-sou j[Jl |^, savoir : 
SoU'tcheou ^ ^[, Song-kiang ;fô ^ et T'ai-ts'ang ^ ^ étaient 
grevées d'ua impôt de riz beaucoup plus lourd. Les terres les 
plus chargées de ces préfectures devaient donner 0^^^,4256 (4 t'eou 
3|*, 2 cheng ^, 5 feo ^, 6 cho àj) par arpent. En comparant avec 
les époques antérieures, c'était trois fois plus que sous les Yuen 
jQ (1280) et sept fois plus que sous les Song ^ (960); par rapport 
aux préfectures voisines, Tchang-tcheon ^ ji\ et Tchen-kiang J^ 
2[, c'était trois, quatre et même cinq fois plus : et par rapport 
aux autres provinces, dix ou vingt fois plus. Ce tribut exorbitant 
avait été imposé aux trois préfectures susdites par le fondateur de 
la dynastie des Ming BJ^ (1368) en punition de la longue résistcince 
qu'elles lui avaient faite. Sous la dynastie actuelle cette législa- 
tion fut maintenue jusqu'à la deuxième année du règne de T'ong^ 
tche [^ f^ (1863). Alors, sur la requête du vice-roi Ts'cng Kouo-fan 
^ g jîl et du gouverneur de la \^ro\incc' Li Hong-tchang ^ î^liS» 
l'Empereur voulut bien accorder une diminution, qui, suivant que 
les localités étaient plus ou moins pressurées jusque-là, variait des 
deux dixièmes presque jusqu*aux trois quarts. 

41. L'Empereur ne reçoit que la taxe Vixée pour chaque ter- 
rain, mais pour couvrir les dépenses que la perception occa- 
sionne aux sous-préfets, les propriétaires doivent verser en plus 
1 052 sapèques par che ^ de riz donné en tribut. De plus, 
les mandarins préfèrent que les propriétaires paient l'impôt en 
espèces. Mais comme le prix du riz est sujet à des variations 
continuelles (1), chaque année la valeur du riz à verser au tribut 



(1) 1** La valeur du riz s'estime d'après la mesure tê'ao-hou fS m (Cf. n. 132). 
2° Le prix d'un che 5 de liz dans les années fertiles, à Sou-tc.\eou ^ yf], Son/j-kiang 
^ ÎL, Tehang-Wieou ^ JtH, Tchen-kiang ^ ÎL vers, le milieu du règne de K'mig-hi 






16 PREMIÈRE PARTIE. ARTICLE I. 

est rixce d'après le prix courant, par le trésorier général et pro- 
mulguée par les sous-préfets. Ainsi par ex. le prix courant du riz 
étant de 2 300 sapèques le che ^, les propriétaires devront verser 
3 352 sapèques. 

'i2. Cet impôt commence a se percevoir à la 11® lune: et les 
sous-préfets, pour exciter les propriétaires à se libérer au plus vite, 
exigent 500 sapèques en sus de la taxe promulguée, de ceux qui 
dilTèrent le versement jusqu'à la première lune de l'année suivante. 
Certains collecteurs rusés ayant alïairc à des propriétaire simples 
mais suffisamment riches, ne leur demandent pas le tribut avant 
la lin de l'année; ils le refusent même quand il est offert : ils 
aiment mieux emprunter de l'argent, au besoin, et payer eux- 
mêmes à l'avance au sous-préfet; puis quand vient la première 
lune ils touchent pour eux-mêmes les 500 sapèques additionnelles, 
qui dépassent de beaucoup l'intérêt de 3 352 sapèques empruntées 
pour un mois. Mais les propriétaires éclairés paient de bonne 
heure soit aux collecteurs, en dépit de leurs répugnances, soit au 
tribunal même, qui pour pareille affaire est d'un accès extrême- 
ment facile à tous. Le peuple aussi préfère solder ce tribut en 
argent pour éviter les difficultés qu'ont à subir ceux qui le paient 
en nature : car les employés chargés de le recevoir augmentent 
les mesures ou se plaignent de la qualité du riz qu'on apporte. 
Aussi les propriétaires influents que les employés du tribunal 
n'osent pas molester sont-ils seuls à payer en nature. Ce riz de 
l'impôt, à part une partie destinée aux soldats de la contrée, est 
expédié à Pékin pour être distribué aux Tartares, aux Mongols, 
aux Chinois nationalisés Tartares et aux magistrats de la Cour. 
Les sous-préfets qui ont reçu l'impôt en argent, achètent eux- 
mêmes le riz qu'ils envoient à Pékin. 

43. Le ti'ting-yn Jfe "X & ^^* ^^ tribut impérial en argent 
qui n'est plus imposé que sur le sol. Cet impôt était jadis à la fois 
personnel et foncier: tout adulte devait payer environ 0''«»»"^, 
once,taël 019 d'argent (1 fen^, 9 li ^) (Cf. n. 137). Mais TEm- 
perour Yong^tcheng |{ JEi la sixième année de son règne (1728), 
ordonna de reporter cette taxe personnelle sur l'imp H foncier, qui 
fut augmenté d'autant. Ce tribut est proportionné à la fertilité 
du sol. Pour un arpent, au Kiang-sou f£ |j^, on paie de 0'««w^f01 
(1 fen ^) d'argent à 0'*"Wi/. 4 (4 tsi^en 0) ; au Ngan-hoei ^ ^ de 
0'»«''i'.009 (9 li ^) à 0''«»</.13 (1 tsUon fîj, 3 fen ^). Ce tribut 
s'appelle aussi pé-yn ^ ^, ou l'iao-yn f|^ ^, ou mang-yn ft jR. 
Il est prélevé par moitié à partir du milieu de la quatrième lune, 
et à partir du milieu de la septième. La première partie s'appelle 

JS IS (vers 1700) était «le 700 sapèques; en 1710, h° année de KHenlonfj $t^» 
(lo 1 000 sjipcques et au delà ; au commencement du règao de T'ong-tchc (^ fQ (18r»2) à 
cause de la révolution, il montait à 10 000 et plus; de nos jours, (18»S0-1<:^2) il a'h de 
2 000 juRqu*au-delà do 3000 «apcques. 



TRIBUT IMPÉRIAL. 17 



chang^mang-yn Jt tt ffi' ^* ^^ seconde hia^mang-yn f ft 

4i. Le versement au trésor se fait à la livre k'oxL-p'ing ^ ^i 
(Cf. n. 137); mais pour compenser les sous-préfets des frais Ae 
perception, les propriétaires doivent ajouter environ 600 sapèquet 
par once d'argent. Si donc une once d'argent à la livre k'ou-p'ing 
^ ^ vaut 1 600 sapèques, les propriétaires donnent 2 200 sapè- 
ques pour une once. Comme le cours de l'argent varie continuel- 
lement, chaque année à la deuxième lune, le taux de Targent à 
verser en tribut est lixé à raison du cours actuel par le trésorier 
général, exposé à l'Empereur par le gouverneur de la province, 
et promulgué par le trésorier lui-même ou par les sous-préfets. 

45. Les sous-préfets annoncent par un édit le jour où coi|i- 
mence à s'opérer le recouvrement, et pour engager les pro- 
priétaires à payer au plus tôt, ils accordent ordinairement le» 
réductions suivantes : 100 sapèques par once pendant les 10 pre- 
miers jours, 70 du llème au 20«»n«^, et 30 du 21èmeau 30èinejour; 

après quoi, il n'y a plus de réduction (1). 

45». La 8ème lune de l'année 1888, le sous-préfet de Chang-hai 
Jl Ml P'ci Ta-tchong Ue ^ +, supprima cette réduction dans la 
perception de l'impôt hia^mang-yn "f^ 1t ^ (^^- "• ^^)' P^^^ce qu'uB 
employé du tribunal l'avait informé que la plupart du temps elle 
profitait non aux propriétaires mais aux collecteurs, qui dès les 
premiers jours payaient eux-mômes le tribut ainsi réduit pour les 
propriétaires, auxquels ils le réclamaient ensuite en entier. Depuis 
lors cette réduction n'est plus en usage. 

46. Le lou-k'ouo-yn 31 SU ft est un tribut en argent établi sur 
les terres incultes et ne produisant que des roseaux, ou sur des 
terres cultivées qui ne sont pas officiellement reconnues comme 
telles. Les terres de fait non cultivables sont celles formées par des 
alluvions récentes (Cf. art. Vîl) ; il y en a beaucoup au bord dti 
Yang-tse-kiang ^ -^ ft, qui ne produisent que des roseaux. Les 
terres déjà cultivées qui ne sont pas encore reconnues comme 
cultivables se trouvent, par ex. dans la presqu'île de Hai^men 
^ P^, dans l'île de Tch'ong^ming ^ DJ et sur les bords du Hoang* 
p'ou $ f ^ à Chang-hai Jl j^. Ce tribut est généralement divisé 
en deux parts qui se perçoivent comme le mang^yn fc SI ^ deux 
époques de l'année; cela se pratique» par ex. à Tch'ong^ming ^ 
113 et à Hai-men ^ f^ ; mais h Chang-hai Jl ^ on le perçoit en 
une seule fois à la S»^*"»® lune, en même temps que l'impôt /lîa- 
mang-yn f f[l ^] de plus à Tch'ong-ming ^ ^ il y a une re- 
devance très légère établie sur les marais et qui se perçoit aussi 
une fois par an. 

47. Le montant de cet impôt par arpent varie entre O^»»»^'. 009 
(9 H Jg) et O'i^»0.ih\ (1 ts'ien g|, 5 fen ^, 1 H Jg) d'argent. La 
valeur de cet argent ne suit pas le cours fixé par les magistrats 



(1) Quelquefois cette r^uction a lieu seulement durant 1-5 jours. 



■a 



18 PHEMIÈRE PARTIE. ARTICLE V. 

pouf l'impôt tiAing^yn ^ 'X ISt- ^^^ exemple, en 1882 (date de 
notre (!*dition latine), le prix d'une once pour le ti-ting^yn ^ "J* 
^ étant de 2200 sapùqucs, pour une once du tribut lou^U'ouo^yn 
M.ï^Wton exig^eait 3 200 sapèques à Chang-hai Jl f^, 2 600 à 
Tcli^oiig-ming ^ P^ ^^ ^ Hai^men ^ f^. 

'i7«. On voit quelle exaction : pour un taël d*impôt sur les 
terres non labourables on verse 3200 sapèques, tandis que 2200 
sapèques suffisent sur les terres arables. (Cf. n. 45). En 1885 
pourtant, quelques propriétaires moins soumis se plaignirent au 
fan-t'ai ^ H, trésorier général. Celui-ci, dans un rescrit au 
sous-préfet, ordonna de mettre fin h cet abus et défendit d'élever 
le taux des. impôts pour les terres non cultivables. Mais cette pro- 
hibition n'ayant pas été publiée, les propriétaires qui la connaissent 
sont les seuls à en bénéficier. 

47*^. Le genre de terres dont nous venons de parler n'est d'or- 
dinaire soumis qu'à cette redevance et est exempt de Timpôt en riz. 

48. Le yen-h'ouo-'yn 9 ^ ^ est un impôt en argent établi sur 
les terrains jadis oHiciellement affectés à la fabrication du sel, 
puis cultivés sans autorisation par le peuple, et enfin concédés 
par le Gouvernement pour être cultivés. Ces terrains s'appellent 
t^dO't'ien ^ pg terres de fours à sel. Ce tribut pour un arpent varie 
généralement de 0''««î/.01 (1 fen ^) à 0'*«ni'.l (i ts'ien ^) et s'ap- 
pelle mang^yn ft 0; il se perçoit aussi par moitiés. D'ordinaire 
la collecte est faite non par les sous-préfets locaux, mais par les 
petits mandarins préposés à la fabrication du sel. Ces sortes de 
terrains ne sont pas soumis à d'autre impôt; la plupart se trouvent 
dans les contrées voisines de la mer, par ex. Kin-chan ^ llj, 
T'ong-tcheou jg ;|t|, etc. 

49. On appelle l'oen-t'ien |g Q ou kiun't^ien 'jj^ Q des 
terres cultivées sous les précédentes dynasties par des familles 
auxquelles incombait la charge héréditaire de garder la ville, ou 
de conduire h Pékin par le Canal Impérial Yu-n-^liang-'ho jS ^ f^f 
les bateaux chargés du riz impérial. Ces terres étant à présent 
cultivées indistinctement par le peuple, ont à payer une triple 
redevance en argent. La première mi-yn Jfè ^ est communément 
de 0'""'fi''03 (3 feii ^) par arpent; la deuxième ts^ien-liang ^ ^ 
de 0'w«î/. 14 (1 tsUen ^ 4 fm ^) ; la troisième tsin-rié-yn ^ l/f 
^ de 0'^'"(7.23 (2 tsUen ^ 3 fon ^). Ce tribut n'est pas recueilli 
<l'ordinaire par le sous-préfet local, mais par de petits mandarins 
constitués exprès, et il est en partie affecté au transport du riz 
impérial, en partie distribué aux familles jadis chargées de ce 
transport, qu'elles n'exécutent plus maintenant (1). 

50. Ces terres sont disséminées au- milieu des districts; il y 
en a qui ne mesurent que deux arpents ; d'autres ont une étendue 



(1) A Nan-hoei ^ JB »lan8 la chrétienté Tcheou-lcia T'ien-tchoU'i'ang Ji9 S8c 5^ 
^ ^, (les chrétiens noumiéa Wang tx ai>partiennent à une de ces famiUefl. 



TRIBUT IMPERIAL. 



id 



de" plu sieurs milliers : par ex. dans la sous-préfecture de Nan-lwei 
^ P. le 12«n»e district de la 20ême section en contient 2 869 arpents. 
L'église du Saint Cœur de Marie, vulgairement appelée Ts'ien-kist 
T'ien^tchou't'ang ^ 35 5c ZÈ ^ (^)' ^*^^ bâtie dans ce district, 
moitié sur terrain Voen^Vien IQ ^ à l'est, moitié sur terrain 
ordinaire, à Touest. 

51. Aux années qui contiennent un mois intercalaire, les rede- 
vances en argent sont augmentées d'environ un centième, tandis que 
les redevances en riz sont diminuées d'un millième à peu près. 

52. Les terres fertiles paient le tribut en riz et en argent, leâ 
autres sont exemptes de la redevance en riz. 11 y a cependant 
certaines terres fertiles privilégiées qui de temps immémorial sont 
exemptes de la redevance en riz. On ne connaît plus la raison de 
cette exemption. Par ex. dans la sous-préfecture de Chang-hai 
J^ J(| le 6ème district de la 28«>me section (2), et dans la sous- 
préfecture de Hoa-t'ing |p ^ cinq districts, sous la désignation 
commune de Che^tse-tchoang -p ^ J^, sont exempts de l'impôt 
en riz (3). 

53. On peut voir par là combien est variable la taxe annuelle 
prélevée sur les terres par le Gouvernement. Mais en moyenne,' 
pour un arpent chargé des deux impôts, elle ne dépasse pas 500 
à 900 sapèques, et pour un arpent çoumis à un seul impôt, 20 à 
400 sapèques. 

54. Sont légalement exempts de tout impôt, les terrains où 
sont bâtis les tribunaux des magistrats, les douanes, les pagodes 
approuvées par le Gouvernement, les temples et les tombeaux des 
hommes illustres, ainsi que les champs dont les revenus sont 
affectés aux sacrifices offerts à ces hommes illustres. Quant aux 
terrains où sont les cimetières, les orphelinats ou autres établisse- 
ments de bienfaisance, il est permis aux gouverneurs de demander 



(1) Cette église a été b&;ie en 1868 avec Tapprobation officielle du gouvernement 
Chinoiii, et aux frais du peuple, par un chrétien nommé François TtUcn If an Wi fm» ^n 
souvenir de ramiral Augustin Protêt et du H. P. Victor Vuillaume S. J., tous deux morts 
pour la délivrance du P'outong t$ ^ en 1862. 

(2) La résidence des missionnaires à Zi-ka-iccl (Siu-kia-hoei) w ^ f& est située en 
partie dans lo 4r district de la 27« section, et en paitie dans le 6* district de la 28« section ; 
ce dernier possédant le tombeau du Docteur Paid Zi fSiti) Koang-kH ^ :)fe St» ministre 
de l'Empereur sous les Ming ^ f est exempt de V impôt du riz. Par suite la partie où est 
la chapelle domestique du Sac- é Cœur de Jésus n'est soumise qu'à Vimiiôt cTargent, tandis 
que le côté du réfectoire n'étant pa» danR lo môme district, doit payer les deux impôts. 

(3) Ces cinq «listricts, de temps immémotial exempta de P impôt tfv riz. .sont situés à 
l'est de la ville de Song-kiang fô ;&C, à dix H M de la ville, et portent le nom de leur 
village, CAe-^ic-^cAoanflr "T ^ ^ «village de la Croix». Dans ce village il y a une pngode 
appelée Che-têe-miao + ^ Jl^ «pagode de la Croix», où l'on adore Tch'cnp hoanq j^ Bâ 
«esprit protecteur de la ville» sous le titre de Si-yang-tning-wang ® }^ W I «le sage 
roi d'occident)». 



20 PREMIÈRE PARTIE. ARTICLE V. 

pour eux à TEmpercur rexemptlon du tribut. Mais les biens-fonds 
que possèdent les établissements de bienfaisance et dont ils per- 
çoivent les revenus, sont soumis k la loi commune des impôts. 

55. Il y a encore d'autres terres qui de temps immémorial 
ne sont soumises à aucun impôt : telle est une grande partie du ter- 
rain dans la ville de Sou-tclieou ^ ji\. Ainsi l'endroit où est bâtie 
la maison de la Mission, entre la porte nord-est de la ville, Leou- 
men ^ P^, et la rue Pé-kiai 4fc ^i n'est soumis à aucun impôt: 
mais la partie nord de Timmeuble, où sont le jardin et le réser- 
voir, paie les deux impôts. 

56. Les propriétaires paient aux receveurs des impôts une 
gratification de 10 h 100 sapèques par arpent; le chifTre varie 
entre ces doux limites en raison inverse du nombre d'arpents. 

57. Les fonctionnaires, en recouvrant l'impôt, donnent aux 
propriétaires des quittances timbrées qu'on appelle pan^tch'oan 
SK ^ ou tclie-tchao ^ ^. Il est bon de les conserver; elles at- 
testent non seulement qu'on a versé l'impôt, mais qu'on est maître 
du sol; elles pourraient servir surtout à défaut d'autre titre légal, 
ou quand les contrats de vente ne sont pas encore légalement 
confirmés, ni les actes munis du sceau mandarinat. D'après la loi, 
les anciens titres sans les quittances d'impôt des dernières années 
ne suffisent pas à prouver en justice le droit de revendication, 
tandis que les mêmes quittances sans les titres prouvent le droit 
in re. 

58. Dans les années de disette la loi autorise les magistrats 
locaux a faire l'aumône aux frais du trésor, et le paiement de 
l'impôt est renvoyé aux années suivantes : si le déficit est inférieur 
aux cinq dixièmes de la récolte ordinaire, on comblera la dette 
par les impôts supplémentaires l'année suivante; dans les deux 
années suivantes, s'il atteint de cinq à sept dixièmes inclusive- 
ment; et pendant les trois années suivantes, s'il s'élève jusqu'à 
huit ou dix dixièmes. Mais souvent lEmpereur, dans sa condes- 
cendance, remet la dette en tout ou en partie. 

59. L'année du couronnement de 8a Majesté, et aux anniver- 
saires décennaux de sa naissance, ou de la naissance de l'Impé- 
ratrice Mère, parfois aux anniversaires décennaux de l'avènement 
de l'Empereur, de même l'annéo de la sépulture de l'Empereur, 
l'année où une éclipse de soleil coïncide avec le 1®*" jour de la 
1ère lune, ou une éclipse de lune avec le 15' jour du même mois (1\ 
l'Empereur a coutume de remettre en tout ou en partie la dette 
des années précédentes et l'impôt do l'année courante. Quand 
pour la même r;uson tout ['(^nipiro csl exempté d'im])ôt, le i)ays 
est divisé on trois ou cin(j parties, qui sont à tour de rôle dispen- 



(1) En 1705 pendant In i>reniiéte lune eurent lieu une éclipse de soleil et une 
éclipse de lune : à cette occasion 1»' tribut fut vomis non en signe de joie, m.\is par la 
crainte révé.entielle qu'excitait létraTJi^'eié de ces pliénomèneM 



TRIBUT IMPÉRIAL. 21 

sées de l'impôt annuel pendant les trois ou les cinq années qui 
suivent. 

60. Les propriétaires qui ajournent le paiement de l'impôt 
au delà du temps déterminé, c.-à-d. de la 4® lune de l'année sui- 
vante, seront contraints à le payer, et recevront un châtiment pro- 
portionnel à la partie de la taxe ainsi ajournée : pour une dette 
égale au dixième de la redevance totale, 60 coups de bâton; pour 
une dette des deux dixièmes, 70 ; pour trois dixièmes, 80 ; pour 
quatre dixièmes, 90 ; enfin pour cinq dixièmes et au-delà, lOU 
coups de bâton. Mais le châtiment légal est différent pour les pro- 
priétaires nobles. Si la dette ne dépasse pas les quatre dixièmes, 
les tsin-che ^ -j^ «docteurs», les hiu-jen ^ ^ «licenciés» et 
tous ceux qui jouissent d'une dignité réelle ou d'un titre honorifi- 
que, seront dégradés. Les hong-cheng ^ ^, «élèves présentés» (1), 
les cheng-yuen ^ ^ «bacheliers» et les kien^cheng ^ ^ «lau- 
réats du collège impérial» (2), seront dégradés et punis de 60 
coups de bâton. — Si la dette monte entre quatre et sept dixièmes 
exclusivement, les tsin-che jfl i ^* ^®s autres du même rang, 
outre la dégradation, recevront 80 coups de bâton; les kong-cheng 
;^ ^ et ceux du même rang, outre la dégradation, recevront 100 
coups de bâton et porteront la cangue pendant un mois. Pour une 
dette de sept dixièmes et au delà, les tsing-che JÉ i ®* ^^^ 
autres du même rang, subiront la dégradation et 100 coups de 
bâton; les kong-cheng ^ ^ et autres du même rang recevront 
100 coups et porteront deux mois la cangue (3). Tous après le 
paiement de l'impôt seront réintégrés dans leur grade. Mais s'ils 
sont réellement pauvres et que leur dette ne dépasse pas un 
dixième, on leur fait grâce de la dégradation et on renvoie le 
paiement de la dette à l'automne. 



(1) Elèves présentés à la Coxit pour y subir un examen plus solennel. V. P. Etienne 
Zi, 3. J. PraiifiUt des Examens lUtéraireSf p. 84 (N** 5. des Variétés sinohgiqucs), 

(2) Ibid., p. 92. 

(3) Cette loi est rarement appliquée. 



Tl 



ARTICLE VI. 

CONFIRMATION DES CONTRATS DE VENTE 



61. Le choei-kU ^ ^ est un acte par lequel un nouveau pro- 
priétaire, ayant passé un contrat d'achtit révocable ou irrévocable 
pour une maison ou une terre, moyennant une taxe légale payée au 
Gouvernement, obtient que le magistrat local appose son sceau sur 
les pièces, lui remette le diplôme appelé /{'i-uei ^ j^, «et confirme 
le contrat.» Ce diplôme est muni du cachet du trésorier général 
métropolitain fan-t'ai JH ^. Le magistrat local en a chez lui 
plusieurs exemplaires envoyés par le trésorier général, à qui cha- 
que année il doit déclarer le nombre d'exemplaires employés et 
remettre l'impôt reçu en conséquence. Le propriétaire qui achète 
révocablement ou irrévocablement un terrain ou une maison, est 
tenu de demander cette confirmation dans l'espace d'un an. Après 
un an révolu, s'il a omis cette formalité, outre qu'il est tenu de la 
suppléer, il est puni de cinquante coups de verges (quel que soit le 
prix d'achat) et d'une amende équivalant à la moitié de ce prix. 

02. Si le prix d'achat est inférieur à mille onces d'argent, la 
confirmation se fait par le mandarin local immédiat : le tche-^hien 
jMlÈî ou le tche-tcheou ^ji\, ou le fou-ming-V ing HIJ^JH, ou le 
tcheAi't'ing Ê ^ Jg, ou le tche-li-tcheou Ê ^ jHi. S'il dépasse 
mille onces, ce mandarin doit recourir à son supérieur immédiat, 
pour que les pièces soient aussi munies de son cachet. Ainsi le 
tche-hien ^ (^,, le tche-tcheou J5I îW et le fou-ming-t'ing ^ Jg |g| 
envoient une fois par mois les actes munis du diplôme du tréso- 
rier à leurs supérieurs respectifs, c.-a.d. au tche-fou ^J^y ou au 
tche-li-tcheou ^^j^; le tcheM^'ing jlC^lg et le tche-li-tcheou 
fi lif W ^cs envoient au tao-t'ai ^ ^ (1). Ces mandarins supé- 
rieurs doivent renvoyer les pièces avant dix jours ; s'ils les gar- 
daient plus de dix jours, ils seraient privés de la moitié de leur 
traitement annuel; s'ils dépassaient vingt jours, de tout leur traite- 
ment; et s'ils attendaient plus d'un mois, on abaisserait leur di- 
gnité d'un degré. La môme punition est réservée aux mandarins 
locaux qui tarderaient a rendre les pièces aux propriétaires. Quand 
on passe un contrat pour une somme excédant mille onces, les 
propriétaires évitent souvent les difficultés d'un recours au magis- 

(1) Le tchc-n-t'ino Ê ^ JlS et le tche-H-tchcou jS ^ jfH relèvent imméiUate, 
ment du tao-Vai puisqu'ils n*ont pas de idie-fuu /SI JS ^^ dessus d'eux. 



CONFIRMATION DES CONTRATS DE VENTE. 23 

trat supérieur en faisant deux actes entre lesquels ils répartissent 
la matière et le prix du contrat. 

63. Le choei-yn (^ ^ «taxe légale exigée pour la confirma- 
tion» est de 0^^^ii/>03 (3 feu ^) par once d'argent du prix d'achat; 
pour chaque once de la taxe elle-même il faut ajouter 0^t«wi/, 05 
(5 fen ^) k titre de hao-yn ^ ^, compensation pour déperdition 
causée par la fusion, et en outre on paie 500 sapèques pour le 
diplôme. Pour ce paiement le cours de l'argent est le même que 
pour l'impôt ti-ting-yn ;^ "f ^ (Cf. n. 44.) par décision du tré- 
sorier métropolitain Ting "J* qui, la 6èmc année du règne de 
T'ong-tche |^ f^ (1867), dans une circulaire adressée à tous les 
préfets et sous-préfets, leur enjoignait d'appliquer cette règle au 
choei-yn j^ âR- Ainsi pour un contrat où le prix d'achat serait 
de 100 onces d'argent, la taxe légale choei-yn j^ ^ serait 3 
onces et le hao-yn % ^ 0'«*»i'» 15 (1 ts'ien ^ 5 fen ^); au 
cours de 2 200 sapèques l'once, 3'i««fl'. 15 [3^^»y f^ 1 ts'ien gj, 
5 fen ^) feraient 6 930 sapèques; en y ajoutant les 500 sapè- 
ques prix du diplôme, la validation d'un contrat de 100 onces 
reviendrait à 7 430 sapèques. Mais comme la validation se fait 
par l'entremise des employés du tribunal, la plupart du temps 
pour une somme de 100 onces ils exigent 11000 ou 12 000 sapè- 
ques (1). Et même, si sur l'acte le prix d'achat est exprimé en 
sapèques ou en piastres et non en onces d'argent, pour 100 000 
sapèques ou 100 piastres, ils exigent autant que pour 100 taëls ou 
onces d'argent. Aussi les acheteurs préfèrent-ils exprimer le prix 
d'achat en onces d'argent. Il y a quelques années le sous-préfet 
de Nan-hoei ^ ^ promulgua, pour le pays soumis à sa juridic- 
tion, un édit fixant la taxe à 7 800 sapèques par 100 taëls ou onces, 
et à 7 400 sapèques par 100 000 sapèques. Depuis lors on y 
observe cette règle. (Pour Chang-hai J^ j^, Cf. 67» et suiv.) Sur 
le diplôme ft'i-wei ^ ^ sont inscrits les noms de l'acheteur et 
du vendeur, la dimension et le prix du terrain ou de la maison; 
quant à la taxe légale payée pour la validation, on écrit sur le 
diplôme la somme qu'il fallait payer, et non celle, beaucoup plus 
considérable, qui a été payée. 

64. Le contrat d'anhc/irése tien-tang jj)f. g (Cf. n. 22. 23) 
n'a pas besoin d'être validé si ce n'est au bout de dix ans ; alors 
Vanlichrèse doit être changée en vente par un nouveau contrat. 

65. Si les pièces portent seulement le cachet du magistrat 
local et ne sont pas accompagnées du diplône k'i-wei ^ j^, les 
acheteurs sont censés n'avoir pas payé la taxe et sont passibles de 
la peine légale que mérite cette contravention. 

66. Le rachat dune chose n'exige pas de validation parce 
qu'on n'y fait aucun acte nouveau, mais on rend seulement au 



(1) Ces employés pour excuser leur manière d'agir, allèguent qu'ils remplissent une 
tbargc publique pour laquelle ils ne reçoivent pas de salaire. 



■* _ 



24 PREMIÈRE PARTIE. ARTICLE VI. 

rachetant ceux qu'il avait livrés à l'acheteur. De plus, Tacquifii- 
tion d'une propriété par rachat est fondée sur l'ancien achat qui 
est censé avoir été validé. 

67. La loi de la validation pour vente irrévocable s'obsenre 
d'ordinaire exactement dans les cités et les faubourgs; mais, à 
la campagne, seulement en cas d'acquisition considérable, et 
lorsqu'en omettant la validation l'acheteur s'exposerait aux déla- 
tions des envieux, ou craindrait que le vendeur ne manquât 
de parole. Au Kiang^sou f^ ^, ^os sous-préfets de Sou-tcheou 
jlH ^, Song^kiang ;^ ^1^ ^tc. ont coutume de ne pas urger l'ob- 
servation de la loi, pour les contrats peu importants, cas habituel 
à la campagne. 

67a. Nous avons vu (Art. IV, n** 38) combien est variable la 
somme exigée par les employés de tribunaux pour le kouo-hou 
jg ^ «enregistrement du nom du propriétaire» ; j'ai noté aussi 
(Art. VI, n" 63) que ces mêmes fonctionnaires, pour le c/ioei-fe'f 
5^ ^ «confirmation des contrats», exigent 500 sapèques pour 
chaque ft'i-wei ^J^ «certificat de contrat», plus 11 000 ou 12 000 
sapèques par cent taëls d'argent inscrits sur leâ actes. 

67^. Cet usage, ou plutôt cet abus universellement introduit 
par les employés de tribunaux et toléré par le profond silence 
des sous-préfets avait fini par avoir quasi force de loi. En 1888 
(14" année du règne de Koang^siu ^ jj^), le trésorier général de 
Sou-icheou 1^ ^"H âr S tJoang ^, préposé à toute la région 
sud-est du Kiany^sou ^ ^ (1), (;n fut informé; dans Tintérôt 
du peuple, il proscrivit cet abus invétéré et envoya une circulaire 
à tous les sous-préfets soumis à sa juridiction, leur enjoignant 
d'afTicher aux portes de leur ville respective un édit proscrivant 
cet abus, et de le faire connaître au peuple. 

67c. Cette proclamation réglait le montant des gratifications 
que les employés de tribunaux pouvaient recevoir à l'occasion du 
houO'hou ^ ^ pour le certificat k'i-wei ^ jg, ainsi que la 
somme d'argent à payer pour la confirmation du contrat choei^k'i 
5ft ^, comme suit : 

1® « Dans le kouo-hou jg )5 la gratification est fixée à 
Qiiang, 25 par taël ou once d'argent ^ du prix d'achat inscrit sur 
l'acte, et à 250 sapèques pour cent mille sapèques du prix 
d'achat. » Ainsi cette gratification par rapport au prix d'achat est 
de 0,25 o/o. En interprétant l'intention du trésorier, je crois 
qu'on devrait augmenter légèrement la proportion dans le cas où 



(1) Il y n dcnx fan t'ai m X ^^ Kiang-sou ÎL ^. L'un réside à JSou-tcheau 
JP jHi et a 1 fou jjj «préfectures» sous 8R juridiction; iSoM-fcAeott JK /H» Sonfhkimnf 
è ÏLy Tchiinyicheou ^ jWl et Tchen-kiang ^ ÛC, plus un tcfie-li-tcheou ÛËlStM 
T*ai'ts'ang >SC û ; Vautre réside h Nan-king et tst («léposé au nord-ouest de la province. 



CONFIRMATION DES CONTRATS DE VENTE. 25 

le prix d'achat serait peu élevé, par ex. 10 000 où 20 000 
sapèques. 

2" ((Dans le choei^k'i 5^ ^ la somme est fixée à 240 sapè- 
ques par feuille ft'i-wei ^ j^, quel que soit le prix d'achat.» 

3* ((Dans le choeUk'i jR Jg la taxe légale est de 0^'«"î^,0315 
par tael (^) du prix d'achat; l'argent est estimé comme pour 
l'impôt foncier, et le taël vaut 2 200 sapèques, ce qui porte la 
taxe légale à 69«P-.3 par t<iel du prix d'achat.» Pour cent taëls 
d'achat, la taxe en choeUk'i serait donc de 6930 sapèques (1). 

4® ((Ces règlements, avec l'approbation du fou^t'ai ^ 2, 
gouverneur de la province, ont étc» insérés dans les Constitutions 
Provinciales; et nous enjoignons à tous les sous-préfets de veiller 
à leur observation.» * 

67**. Le décret du trésorier réfréna Taudace des employés 
de tribunaux et mit fin à l'abus invétéré. Dans le môme édit, 
le trésorier rappelant les peines dont la loi punit l'omission de 
l'acte choeUh'i 5^ ^ (2), pressait les propriétaires d'observer ce 
point de la loi. 

67^. Mais les sous-préfets sont trop occupés pour rechercher 
activement les propriétaires qui l'enfreignent. Les agents des 
tribunaux, munis d'un mandat du sous-préfet, vont bien de temps 
en temps parcourir les districts et avertir les principaux proprié- 
taires de ne pas ajourner davantage le choèi-k'i ^ $?• Mais ce 
beau zèle n'a d'autre mobile que d'extorquer des présents. Il 
est rare qu'ils urgent sérieusement l'observation de la loi. Aussi, 
non moins qu'auparavant, un grand nombre d'acheteurs, surtout 
à la campagne, diffèrent-ils le choei-k'i 5^ ^, dans les cas d'achat 
peu considérable (3). En février 1865 le Tsong^lUya-men ||[ 3|| 
^ p^ fit un règlement obligeant les propriétaires à prévenir les 
magistrats locaux avant de vendre aux missionnaires catholiques 
un terrain ou une maison ; et malgré les protestations répétées 
de la Légation Française, ce règlement continua d'être appliqué 
dans l'Empire, au point que la liberté d'acheter des terres ou 
des maisons était totalement enlevée aux missionnaires. Enfin 
au mois de mai 1895, sur les instances de la Légation de France, 

(1) n a été dit plus haut (n** 63) : «Si le prix d'achat a été inBcrit sur Facte 
en sapèques ou en piastres, dans le chœikU Wt X* P<>ur 100000 sapèques ou 100 
piastres on exigera la même somme que' pour 100 taëls.» Cet usage semble basé sur une 
interprétation de la loi. Il y a des cas, en effet, où la loi^considèré 1000 sapèques comme 
un taël. 

(2) Voir au n** 61 Ténumération de ces peines. 

(3) V Pour les propriétés situées dans les faubourgs, ou môme à la campagne on cas 
d*achat considérable, les propriétaires ont coutume de ne pas négliger le choeikU ^t 5? • 
C'est que l'attention des fonctionnaires est alors plus en éveil. 2"* Seule la convention 
américaine (Art. 12) porte une clause soumettant les biens acquis par les sujets des Etats- 
Unis à Tarticlo de la loi concernant le choei-kH f^ ^' 

4 



■^♦* 



26 PREMlèRE PARTIE. ARTICLE VU 

cette constitution fut abrog<5e, et une convention passée entre le 
Tiiong^li'ija-nipn i^ ^ ^ f ^ et la Lc^gation de France établissait 
qu'à l'avenir les contrats d'achat des missionnaires ne seraient 
soumis qu'à la loi du chuol-h'i ^$5» comme ceux des indigènes. 

67'. La cause de cette négligence h observer la loi. c'est que 
les propriétaires n'en retirent, comme ils disent, d'autre avantage 
que la réputation d'avoir observé la loi. Le choei-k'i, en elTet, 
s'appelle pompeusement vnlidalion des cojitrats, mais en. réalité 
il signifie acquittement de V impôt établi sur les ventes d'im- 
meubles, et il suppose la validité d'un contrat plutôt qu'il ne 
le confirme. De fait lorsque, l'impôt étant payé, le sous-préfet 
appose son sceau sur les actes, ni lui ni ses subordonnés ne 
s'informent du prix 'd'achat; et ils ne se mettent pas en peine 
de faire comparaître les vendeurs et les témoins. Si bien que, en 
cas de litige, ce paiement ne corrobore en aucune façon les droits 
de l'acheteur; et s'il perd son procès, il jkourra bien en restituant 
l'objet en réclamer le prix, mais il ne recevra pas d'indemnité 
pour l'impôt versé. 

67s. Si l'acheteur gagne sa cause et que l'objet lui soit adjugé, 
à supposer qu'il n'ait pas satisfait a la loi concernant le choei-'k'i 
3^ |g, ordinairement les sous-préfets se contentent de lui faire 
réparer son omission, sans presque jamais lui infliger les peines 
dues à cette contravention. .Te ne connais qu'un cas, arrivé il y a 
une dizaine d'années : c'est celui d'un richard de la sous-préfec- 
ture de Cliang-Jiai J^ M' ^I^^ ^"^ P^'^^ pour avoir voulu tromper 
le sous-préfet. Il lui présenta bien les pièces principales d'un 
contrat pour le faire enregistrer, mais afin de diminuer la taxe, il 
dissimula d'autres pièces : en conséquence il fut condamné à une 
amende au profit des bonnes œuvres de sa commune (1). On voit 
donc que si l'édit du trésorier a mis un frein à l'audace et aux 
extorsions des employés des tribunaux, un grand nombre de pro- 
priétaires n'en continuent pas moins à négliger le règlement du 
choei'kU ^ ^^ 

67*^ Cet édit est daté du 29'n»e jour de la 4^»ne lune de la 
IJànie année de l'Empereur Koang-siu :)Ê i^ (8 juin 1888). Nous 
le reproduisons ici pour plus ample information. 

(1) L:i loi du chi)ei'kH % ^ impose une taxe proportionnelle au prix total de la 
chose. Or le prix (Vacli it OHt souvent réparti sur plusieurs actes. Les dissimuler, o*est 
donc aussi violer la loi. 



CONFIUMATION DES CONTRATS DE VENTE. 27 

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ARTICLE VII 



ALLUVION. 



68. Les terrains nouveaux ou d'alluvion sont de deux sortes : 
le kou~t'oU'fou~cheng jSJj; j: fit 4k «ancienne terre qui renaît», et 
le kiang^i^in't'ou'lchang fX »Ù ^i& «terre qui nait isolée au milieu 
d'un fleuve.» La terre renaissance est une terre jadis immergée, 
qui réapparaît. La terre isolée est une île qui apparaît au milieu 
d'un fleuve ou de la mer. La terre renaissante, d*après la loi, 
est restituée à *son ancien propriétaire, qu'elle soit adhérente à 
la terre qui restait, ou qu'elle en soit séparée, comme il arrive 
quand la terre diminue sur une rive et augmente sur Tautre, de 
sorte que peu à peu un terrain disparaissant sur un point est 
remplacé par un terrain apparaissant dans un autre endroit, ou 
bien encore quand la terre enlevée à la rive d'un fleuve forme 
ensuite non loin du bord une île qui est véritablement la même 
terre. Mais pour rentrer légalement en possession d*une terre 
renaissante, Tancien propriétaire doit prouver lui-même qu^elle 
est dans l'emplacement où se trouvait sa propriété. La preuve 
qui fait foi, outre les signes évidents, s'il y en a, est le rapport 
écrit dans les registres cadastraux, où le propriétaire, au moment 
de la submersion, a pris soin de faire consigner remplacement 
et les limites de son fonds. 

69. Toute terre renaissante réclamée sans preuve suffisante, 
et toute terre née sur le bord d'un fleuve où il n'avait jamais 
existé de terrain, et enfin toute île née isolément au milieu d'un 
fleuve ou de la mer, appartient au Gouvernement: celui-ci, par 
l'entremise des mandarins, la vend au premier qui offre le prix 
déterminé d'après la qualité du sol. 

70. Les fonds riverains de la mer, des fleuves ou des lacs. 
doivent être arpentés ch<ique hiver, et si une partie en est sub- 
mergée, l'impôt n'en est plus exigé (1). 

71. Un terrain neuf est mesuré tous les cinq ans (dans notre 
province du Kiang-sou ^ ^ tous les dix ans, en vertu d'une dis- 
position récente de la loi), et taxé en raison de sa fécondité. Si 
des terres, chargées d'abord d'une taxe légère, deviennent plus 

(1) Cette loi est rarement observée. I^eB pn>i)riétaire8 ne sont pas inimédiatemeot 
(liKitenKés de payer Tiiiipôt ]>our les terres submergées ; seuls lea propriétaires influents pré- 
sentent au mundarin local une supplique pour demander fa être exempts de cet impôt. 



ALLUVION. . 29 

fertiles dans la suite, on leur impose un plus fort tribut. Il n'est 
permis à personne d'habiter et de cultiver une île née au milieu 
de Tocéan a une grande distance du continent. 

72. Quand une terre renaît, ses anciens propriétaires ayant 
émigré au loin, ou pouvant difTicilemeht prouver qu'elle leur ap- 
partient, n'ont pas coutume de \d réclamer. Aussi toute terre qui 
naît attenant à une propriété voisine, est d'ordinaire occupée par 
le maître du terrain contigu, et le Gouvernement la lui vend à 
l'époque de l'arpentage légal. Une île ou une terre qui surgit iso- 
lément dans la nier ou dans un fleuve, est occupée et achetée par 
les richards du pays et louée à des fermiers. 

73. La disposition de la loi touchant les nouvelles terres dans 
rile de Tch^ong^ming ^ HQ est tout k fait spéciale, elle est en 
vigueur depuis cinq siècles (1). On mesure officiellement tous les 
trois ans le nouveau tei^ain déposé sur les côtes de l'île ou né iso- 
lément dans la mer voisine. Tout ce nouveau terrain, quelle qu'en 
soit l'étendue, appartient aux Li-p'ai || ^ «intendants des Sec- 
tions»; ils sont au nombre de onze cents et divisent la nouvelle 
t^re en autant de parts égales qu'ils tirent au sort. Le droit est 
comme un bien de famille qu'on peut vendre en tout ou en partie. 
Mais en vertu d'un long usage, il y a invariablement onze cents 
lots, bien qu'un même lot puisse être possédé partiellement par 
plusieurs personnes, ou qu'un même propriétaire puisse en avoir 
plusieurs à lui seul. Â ce droit est attachée la charge de sup- 
pléer le tribut impérial, quand la terre à plus diminué qu'elle n'a 
augmenté. Car l'île, étant sur un point ou sur l'autre soumise à 
un perpétuel changement de superficie, pour empêcher que l'impôt 
annuellement envoyé à l'Empereur, ne subît chaque année les 
mêmes vicissitudes, vers l'an 1430, sous le règne de Siuen-té 
g -^ de la dynastie Ming B^, il fut réglé qu'on paierait chaque 
année à l'Empereur la somme invariable de 40.000 che ^ de riz 
(jusqu'à présent cette redevance s'est toujours payée en argent). 
En conséquence, lorsque la diminution des impôts causée par 
la déperdition de terrain est supérieure à la somme levée sur les 
nouvelles terres, la somme totale des contributions n'atteignant 
pas la taxe déterminée, les Li-p'ai ^ ^ doivent, au prorata de 
leur domaine, combler le déficit (2). Mais si la terre a plus aug- 
menté que diminué, le tribut des terres submergées est reporté 
sur l'ensemble des terrains nouveaux dont chaque arpent sup- 
porte ainsi moins que la taxe légale. 

(1) La troisième année du rèâ^e de Yony-tcheng ^ JE (1725) elle fut un peu 
modifiée . 

(2) Comme la plupart des propriétaires p3uv^ent difficilement se faire exempter des 
contributions pour les terres submergées, les Li-p*ai £ 5f ont rarement k suppléer. 



ARTICLE VIII. 

FONDS ET SURFACE DU SOL 



74. On distingue dans le sol le t'ien-ti ffl ]^ «fonds de la 
terre» et le t'ion^mien g "gf «surface de la terre». Celui ^uî 
possède le fonch s'appelle liang-hou Ij^ ^ «tributaire», parce que 
c'est h lui de payer Timpôt foncier. Celui qui possède la «surface», 
et auquel n<^anmoins appartient le droit de louer le fonds pour 
la culture, s'appelle t'ien-hon fjj ^ «fermier», comme les simples 
locataires. Le kovo-hou ^ j5 «enregistrement du nom» (Voir 
Art. IV) et le choeUk'i 3^1 |? «validation du contrat» (Voir Art. 
VI) ne concernent que le propriétaire du fonds et non le pro- 
priétaire de la «surface» : celui-ci n'a pas à payer Timpôt. 

75. A Song-kiang ;|^ iH et dans plusieurs autres endroits, 
le t'ien-ti 5| JjJ «fonds» s'appelle liang-tUen ij^ g , c'est-à-dire terre 
payant l'impôt. Le t'ien-mien g "gf «surface» s'appelle tsùu-t'ien 
jgl terre affermée. A Song-kiang |J^ ^, on appelle tsou^liang" 
t'ien )£. ^ Q une i)ropriété dont le fondit et la surface appartien- 
nent au môme propriétaire. Ailleurs le fonds, même uni à la 
surface, s'appelle encore liang^t'ien ^ gg. 

76. Le fonds vaut en général de trois à six fois plus que la 
surface. Si le fonds et la surface appartiennent à deux maîtres 
différents, ni l'un ni l'autre n'a le droit d'y bâtir, ou d'y établir 
un tombeau. Celui qui ne possède que le fonds ne peut le cultiver 
lui-même, mais il doit le louer a celui qui possède la surface et 
qui a droit d'affermer le fonds indéfiniment, et le propriétaire du 
fonds ne peut k son gré congédier le locataire, sauf dans le cas 
où le montant de termes non payés donne une somme égale à la 
valeur de la surface. Quand le propriétaire de la surface a con- 
tracté cette dette, on lui retire la culture du sol, et la surface 
appartient au propriétaire du fonds, qui peut alors vendre la sur- 
face à un autre, ou la louer avec le fonds. 

11, Le tributaire qui vend son fonds à un autre, outre l'acte 
de vente, en signe généralement un second dit hoei~tsou~kiu 
^ ÎB. ^1 que lo ti'pao ^ ^ présente au ferwier pour l'avertir 
d'aller trouver le nouveau propriétaire, afin de signer à nouveau 
l'acte de location. De même, quand le fermier vend sa surface, 
il doit amener le colon au propriétaire foncier, pour qu'il signe 
le nouvel acte xîc location. Si le propriétaire foncier doute de la 
fidélité du nouveau fermier, il peut forcer le premier à se porter 



PONDS ET SURFACE DU SOL. 31 

garant pour l'autre du paiement de la location. Le fermier, 
propriétaire de la surface, peut céder à un autre son droit de 
culture; alors le locataire paie le prix de ferme partie au pro- 
priétaire foncier, partie au propriétaire de la surface. 

78. A Tch'ong-ming ^ 0^ et à Ilai-men f^f^^ le fonds s'ap- 
pelle tch'eng^mai'kia ^ ]^ i§, et la surface kouo-t'eou ^ jj. 
La valeur de la surface égale de six à huit fois celle du fonds. 
Aussi le prix de location est-il minime. Le propriétaire de la 
surface, ayant le domaine presque absolu, peut y bâtir, et y cons- 
truire un tombeau, ce que ne peut faire le propriétaire du fonds. 
Quand quelqu'un achète en môme temps le fonds et la surface, on 
dresse généralement deux actes, Tun pour le fonds et l'autrp pour 
la surface, en vue de diminuer les frais de choei^k'i ^ ^, «va- 
lidation du contrat» (Cf. n. 63); l'achat de la surface ne requiert 
pas de validation, 

79. L'origine de la division du domaine entre fonds et surface 
n'est pas la même à Song-kiang jj^ f£ qu'à Tch'ong-ming ^ IIQ 
et a Hai~men j^f^. Le domaine de la surface h Song-kiang jj^ f£, 
résulte des ting-cheou "^ "^ «arrhes» (Cf. n. 80) : le locataire en 
livrant les arrhes au propriétaire foncier, acquiert un certain droit 
de convenance h n'être pas évincé de la ferme s'il paie fidèlement 
son bail. Apres plusieurs générations, surtout quand par la 
vicissitude des choses le domaine foncier est passé successivement 
à plusieurs propriétaires, la famille du locataire restant la même, 
ce droit de convenance devenu héréditaire, se transforme en droit 
strict. Et si d'autres demandent au locataire de leur céder la 
culture du terrain, celui-ci, sans se mettre en peine des anches li- 
vrées jadis, vend son droit au plus offrant. Et ainsi le domaine de 
la surface devient distinct du domaine foncier. Le domaine de la 
surface à Tch'ong-ming ^DQ et à Hai-men %,f^ doit communément 
son origine à la condition des terres nouvellement nées, qui pour 
devenir cultivables exigent de grandes dépenses, par ex. en con- 
duits de drainage et en jetées contre les marées. Ceux qui sup- 
portent ces frais pour les propriétaires de terrains nouveaux, ac- 
quièrent un domaine absolu sur la surface, tout en laissant aux 
propriétaires le droit au fonds, parce que ces frais dépassent de 
beaucoup la valeur de la terre nouvellement née. 



ARTICLE IX. 

LOCATION DE TERRE ET DE MAISON, 



80. Quand nous parlons de location de terrain, il est unique- 
ment question de terrain destiné à la culture. Nous n'avons pas à 
envisager la locition d'emplacement pour bâtisses, puisque dans 
ce dernier cas, la situation du terrain importe seule : le prix de 
ferme est plus ou moins é\c\6 selon que la position est plus ou 
moins favorable au commerce et à Tindustrie. Du reste, excepté 
sur les Concessions européennes, il est rare qu'on loue une terre 
à dessein d'y bâtir. Celui ^ui ne possède pas la surface de la 
terre, en l'afTermant livre généralement au propriétaire des arrhes 
appelées ting-cheou ]g -^^ dont le montant atteint au minimum 
le fermage de trois ans. Ces arrhes lui sont rendues quand il 
laisse le terrain, à moins qu'elles ne servent a solder Tarriéré 
du fermage. 

81. Le locataire — soît qu'il donne les arrhes, soit que, pos- 
sédant déjà la surface du sol, il en soit dispensé — signe un billet 
qui s'appelle jen-t'ien^kH |g ^, ou Vien-yo fO f^t ou encore 
lan''tchong'p''iao Sï S ^' sur lequel sont énoncées en détail tou- 
tes les conditions du contrat, et le montant des arrhes, si on en a 
donné. A Song-kiang ^ ûli ^^ propriétaire donne quelquefois au 
locataire qui a livré les arrhes, un reçu appelé fou-tou ff ^. 

82. Les baux de fermage sont extrêmement variés quant à 
la matière et quant à l'époque du paiement ; la diversité est en- 
core plus grande par rapport au prix de ferme. C'est qu'il dé- 
pend d'une foule de circonstances : 1** du montant des arrhes 
versées. Le prix de ferme est d'autant moins élevé que les arrhes 
sont plus considérables, parce qu'elles sont censées placées à 
intérêts; 2"^ de la fertilité du terrain et de sa position avanta- 
geuse, s'il est au bord d'un canal qui facilite l'irrigation et le 
drainage ; 3" de la rareté des terres à louer, le nombre et la con- 
currence dos fermiers faisant alors hausser le prix ; 4" des avanta- 
ges procurés par le propriétaire, par ex. s'il fournit au locataire 
la maison d'habitation, les semences, l'engrais, et les principaux 
instruments de labour, tel que le choei-tch'é ^^ «noria»; 5** de 
la dimension réelle des arpents, qui varie avec les contrées (Cf. 
n. 15r), 157). Il n'est pas rare qu'un champ qui a pour 
rimi)ot une contenance nominale et ofTicielle de dix arpents, vaille 
en réalité par rapport au terrain contigu onze arpents ou neuf 



LOCATION DE TERRE ET DE MAISON. 33 

seulement. Cette confusion résulte, dit-on, de la fraude employée 
dans le passé par les propriétaires qui, possédant par exemple un 
terrain de 500 arpents, le vendaient successivement par lots, tou- 
jours un peu inférieurs à la quantité convenue, en sorte que le 
dernier lot vendu excédait sa contenance nominale de toute la 
part soustraite aux premiers. Il est loisible au propriétaire de 
vendre ce dernier lot plus cher, mais non d'inscrire sur Tacte un 
nombre d'arpents supérieur au nombre nominal, ni d'en retran- 
cher Texcès pour le garder. Dans le premier cas, le nombre d'ar- 
pents dépasserait le chiffre inscrit dans le t'ien-tan j|l, «titre 
légal» (Cf. n. 156, 157.) et dans les registres cadastraux du 
tribunal, et la fraude serait découverte dès que l'acheteur de- 
manderait à transcrire son nom et le nombre d'arpents sur les 
registres publics; dans le second cas, le détenteur du reste étant 
supposé avoir tout vendu, aurait une terre non inscrite sur le 
cadastre, sans recevoir sa feuille d'impôt à payer : sa contravention 
serait immédiatement découverte. Quoi qu'il en soit de l'ori- 
gine de l'erreur, c'est un fait qu'il y a des terrains dont la 
superficie réelle ne cadre pas avec les dimensions nominales, 
toutes choses égales d'ailleurs; et le prix de ferme comme le 
prix de vente, varie d'après la superfîcie réelle, indépendante du 
chiffre nominal. 

83. Les contrats de location sont donc très variables, suivant 
la diversité des conditions. Mais pour ne pas ennuyer le lecteur, 
nous nous contenterons de les résumer brièvement. 

1". Le mi''tsou jljf: jg est un fermage estimé en riz seulement 
décortiqué mais non mondé. Dans le territoire de Sou-tcheou jjj^ 
^ et de Song-kiang ^ fx^, la quantité moyenne par arpent est de 
9 t'eou S^. Le paiement se réclame à partir de la fin de la 10" 
lune et souvent se fait en argent, le riz étant estimé au prix 
courant. 

2**. Le kou-tsou ^ jg est un fermage évalué en riz non dé- 
cortiqué. Dans les deux préfectures susdites, le prix moyen est 
de 180 livres par arpent payable à la 9«^»ne lune. 

3®. Le yU'tsou f^ jg est un fermage en argent payable à l'a- 
vance, c.-à.-d. au printemps avant les semailles. Le prix moyen 
est d'environ 2000 sapèques l'arpent. 

4". Le ts'ieou'tsou jglj; jg est un fermage payable en argent, 
à l'automne, après la récolte. Le prix moyen est un peu plus éle- 
vé que dans le fermage payable à l'avance. 

5®. Le fen-tchong ^ ^ est un fermage où le propriétaire 
et le locataire partagent entre eux la récolte. Si le propriétaire n'a 
pas reçu d'arrhes du métayer, ou lui a donné la semence et l'en- 
grais, il prend d'ordinaire six dixièmes et le métayer quatre; dans 
le cas contraire chacun d'eux a la moitié. 

6^. Le Utsou ^ ^ est un mode de location par lequel cha- 
que année, au moment où les récoltes d'automne mûrissent, le 

5 



T^^l 



3t PREMIÊHE PARTIE. ARTICLE U. 

propriétaire, représenté par son procureur, et le locataire, aprëft 
avoir examiné l'état de la moisson dans tous les champs, convieii- 
nent de la quantité de fruits à livrer au propriétaire après la récolte. 
Généralement le propriétaire prend les quatre dixièmes, parce que 
dans cette sorte de contrat il reçoit des arr/ies considérables. 

7**. Le pao-san-tan 'Ê H -Ifl est un mode de location où le 
locataire pour mille pas, c.-à-d. quatre arpents et 40 pas, paie 
en mai 1 che ^ de blé, en août 1 che >S de maïs (1) et en i\q« 
vembre 1 che ^ de fèves. Ce genre de fermage est fréquent iv 
Tch'ong-ming ^^ Ufl, 

84. Le fermage payable en riz, se divise en che-tsou |f ^, 
afermage réel», et en «jyo-fsoa ^jgL, '(fermage nominal», ou tchenç'* 
taou j£ jg., «fermage principal». Lé fermage réel se paie intégra-^ 
lement c.-à-d. qu'il faut livrer la quantité inscrite sur Tacte, 
Pour le fermage nominal ou principal, la somme inscrite comporte 
une réduction d'environ 25 "/<,. Les propri» laires, pour engager les 
fermiers à payer plus tôt, ont coutume de fixer certains jours, en 
deçà desquels ils remettent à ceux qui paient 7,5 ou 3®/,, du prix 
de fermç. 

85. Dans les années où la récolte est au-dessous de Tordinaire, 
les propriétaires accordent une remise proportionnée à la disette. 
Et pour déterminer la proportion à remettre, ils se règlent sur 
les notables, tong-che j| :^, administrateurs des établissements 
de bienfaisance, orphelinats, ou hôpitaux, qui, d'après la stérilité 
de Tannée, décident de la remise à faire à ceux qui alTerment les 
biens de ces établissements. 

86. Dans les années où l'Empereur remet Timpôt impérial 
en raison d'une fête, les propriétaires sont obligés par la loi de 
céder aux locataires le tiers de l'impôt ainsi remis. 

87. Le fermier qui ne paie pas son fermage est condamné par 
la loi à recevoir 80 coups de bâton et contraint de payer sa dette. 

88. Dans les années communes, le rapport d'un ari>ent de 
terre fertile comme sont les terres de Sou-tcheou H jHl ^^ <^^ SonÇ" 
kiang ^ ^, déduction faite de l'impôt et autres dépenses, telles 
que les cadeaux aux collecteurs d'impôts et le salaire des collec- 
teurs de feraiage, est en général de 800 à 1200 sapèques, quand 
les fermiers paient lidèlenient. Mais il y en a toujours qui par 
leur faute ou par pauvreté réelle, omettent de payer tout ou partie 
de leur fermage. Aussi, tout compte fait, on doit s'estimer heureux 
lorsque le revenu atteint les huit dixièmes du prix de ferme. 
On voit ainsi que la rente annuelle de la propriété foncière est 
très modique et ne dépasse guère 3 a 5 "/^ . Les riches préfèrent 



11} Le iiiaÏ8, en «tyle littéraire j/u-mi ^ ]^ , s'appelle vulguirement à Tek*oitÇ'minff 
^ BJ pu-mni ÎÉI If , ^ Sonfj-kianff |S ÎL teh^n-trhoumi J^^^ o\x kit^u-êi^u H 
SL JH, :Hi nonl (le CJianif-hni JL ^fan-mai w ^> <l>^ns les provinoes septentrioQiilef 
pa-tuluii ci 5Ç -^^ 



LOCATION DE TERRE ET DE MAISON. 35 

retirer de leur forjtune Une rente modeste en la plaçant dans 
ties propriétés foncières, plutôt que d'exposer leurs capitaux à 
de plus grands risques, en chorchant par d'autres voies à gagner 
davantage. 

89. Le propriétaire qui loue une maison exige aussi le ting" 
<^heou "^ •^, «arrhes», dont le montant égale au moins le loyer 
de trois moi«, et au plus celui d'un an. Plus les arrhes sont 
considérables et moindre est le loyer, dont on défalque l'intérêt 
des arrhes compté à 10®/o. Le locataire signe une pièce appelée 
jen-fang'Wen^k'i "^ ^ ^ ^' <> où sont inscrits le nombre des 
chambres et des salles et tout ce cjui fait partie de la maison : 
fenêtres, portes etc., ainsi que le montant des arrhes et les con- 
ventions du contrat. S'il sagit d'une maison considérable, on 
énumère soigneusement dans un autre livret tout ce qui en fait 
partie, aiin qu'au départ du locataire, tout soit rendu intégrale- 
ment dans l'état consigné. Le locataire signe en outre un livret 
appelé tsoU'tch'é ^ fg, où Ton inscrit au fur et à mesure les 
paiements des termes qui se font, suivant les clauses du contrat, 
soit tous les mois, soit une fois seulement a la fin de l'année, 
soit trois fois par an : le 5 de la S*^»"© lune, le 15 de la S^^ne et a 
la fin de Tannée. Pour le mois intercalaire, joen-yué |^^ , l'usage 
est de remettre la moitié du loyer. iSi le locataire qui a donné 
des arrhes considérables, demande un reçu, le propriétaire lui 
donne un billet qu'on appelle tchao-p'iao ^ ^. Quand on passe 
un contrat de location pour un terrain ou pour une maison, le 
locataire doit faire des présents aux entremetteurs, aux témoins, 
etc. (1). 

90. A Chang-hai J: j^, la coutume est que les locataires 
ajoutent un pour cent au prix du loyer; ce supplément, dit «iao- 
tsou /J^?H., «petit loyer», est distribué aux collecteurs de loyers et 
aux procureurs du propriétaire, au gré de ce dernier. Cette cou- 
tume n'existe pas h Sou-tcheou ^ *)i\ ; mais partout les locataires 
offrent des cadeaux aux collecteurs de loyers, pour capter leur 
faveur, s'assurer leurs bons offices au cas où la maison aura 
besoin de réparations, et les rendre plus accommodants pour la 
qualité des sapèqucs et des piastres et pour l'exactitude k l'épo- 
que des échéances. 

91. Quand le propriétaire congédie un locataire dont il n*a 
pas à se plaindre, l'usage veut qu'il lui remette le loyer de trois 
mois et qu'il le prévienne trois mois à l'avance. Réciproquement, 
quand le locataire veut quitter une maison, il doit en informer le 
propriétaire trois mois à l'avance. 

92. Les arrhes sont rendues au locataire, quand il quitte la 
maison, à moins qu'il n'ait pas payé tout son loyer, auquel cas 
elles servent à solder l'arriéré. Quand une maison louée est dé- 

(1) Sur la somme à vers r et la manière de la répartir, voir Socomle Partie. 



36 PREMIÈRE PARTIE. ARtIGLE IX. 

truite par un incendie, le propriétaire peut, d'après la loi, retenir 
toutes les arrhes, si Tincendie a commencé par cette maison; mais 
il doit en rendre le tiers au locataire, si le feu a commencé par 
les maisons voisines. Par conséquent, si le locataire veut louer 
de nouveau la maison après qu'elle a été relevée, il doit donner 
d'autres arrhes. 8i la maison se trouve dans un endroit très favo- 
rable au commerce, Tincendie est l'occasion d'une augmentation 
de loyer. 



ARTICLE X. 



DOCUMENTS OFFICIELS DU CADASTRE 



93. L'an 48 du règne de K'ien-long ^ |^ (1783), les rien- 
tdn j|l, documents du cadastre pour tout TEmpire, furent con- 
fectionnés et distribués aux propriétaires par les sous-préfets res- 
pectifs. Dans la suite, chaque fois qu'une terre augmentait par 
alluvion, on donnait aux propriétaires des se^lcliao pi ^^, «diplô- 
mes du trésorier général», ou des hien-tchao^J^^. «diplôme du sous- 
préfet». Mais sous le règne de Hien^fong J^ J^, toutes ces pièces 
ayant été perdues pendant la rébellion, l'Empereur en fit dresser 
de nouvelles, abrogeant les anciennes qui existaient encore. Les 
nouvelles pièces furent distribuées à Chang-hai Jl f§ la 5° année 
du règne de Hien-fong j^ JJ (1855); k Iloa-t'ing ^ ^ en 1863 et à 
Leou-hien ftjR en 1869 (2* et 8« année de T'ong-tche |g ^); ailleurs 
à différentes époques : à Chang-hai pour les terres neuves on dis- 
tribua, la 6* année du règne de lîien-fong J^§ (1856), les diplômes 
se-tchao ^ ^^, et la 8* année du règne de Koang-siu ^ 1^ (1882), les 
diplômes hien-tchao ^ ^^. Mais dans plusieurs sous-préfectures, il 
existe encore bien des terres dont les nouveaux titres, ou n'ont 
pas été dressés ou n'ont pas été distribués; pour ces terres ce sont 
les quittances d'impôt qui attestent la propriété. 

94. Ces titres officiels sont annexés au fonds : ils renferment 
le nom du propriétaire qui le possédait quand fut dressé l'acte, 
rétendue de cette terre, la sous-préfecture, la section, le district, 
le numéro d'ordre, de sorte que chaque terre a son titre propre 
clairement distinct des autres. Juridiquement celui-là est maître 
d'une terre, qui en possède le titre légal, à moins qu'on ne prouve 
qu'il l'a obtenu d'une manière frauduleuse. Car il est facile de 
contrefaire des actes d'achats, mais non le titre officiel. Aux 
archives du tribunal on garde un registre appelé pan-yu KR H ou 
ling-hou-tch'è ^ ^ fl^ ou yu-lin-tch'é JB^ g^ -flf , où ont été dis- 
tinctement inscrites toutes les propriétés au moment où l'on en 
dressait les titres officiels. 

95. Quand on vend une terre, on en livre le titre officiel au 
nouveau propriétaire, et au bas de l'acte de vente on mentionne 
cette cession du litre officiel. Ainsi le môme titre passe de main 
en main, avec le transfert du domaine, (Le propriétaire qui vend 
seulement une petite partie de la terre inscrite sur ce titre, ne le livre 
pas à l'acheteur, mais il signe un billet appelé tai'tanf^^^ «bil- 



38 



PREMIERE PARTIE. ARTICLE X. 



let supplémentaire», ou pUtan ^ H, «billet de partage»; et sur le titre 
officiel, on écrit devant témoins h qui, quand, et quelle partie de 
la terre contenue dans le titre a été vendue. De plus au bas de l'acte 
de vente on écrit pourquoi le vendeur, qui conserve le titre, livre 
seulement un billet supplémentaire. Mais si on vend plus de la 
moitié du fonds, le vendeur doit livrer son titre officiel et l'ache- 
teur signer un billet supplémentaire, et au bas du titre on indique 
quelle portion de la terre en question est retenue et par qui. Le 
billet supplémentaire n'est qu'une précaution surérogatoire; mais 
il est absolument nécessaire d'indiquer sur le titre officiel ce par- 
'tege de terre; autrement il serait considéré comme posséda par un 
seul, et pourrait être hypothéqué dans son intégrité pour un em- 
prunt, et en cas de procès, le propriétaire de la portion vendwe 
«ans qu'il en soit fait mention dans le titre officiel renconlrerart 
de grandes dilïicultés. 

96. Les titres officiels ne sont jamais renouvelés pour des 'parti- 
culiers. Quelqu'un vient-il à les perdre pas suite d'un incendie, 
d'un vol ou d'un autre accident, îl doit adresser une suppli- 
que au magistrat local. Celui-ci, après enquête, fait déposer la 
supplique aux archives du tribunal, afin que si le titrCj trouvé par 
un autre, était présenté par lui comme dûment acquis, la perte en 
pût être prouvée par la supplique gardée aux archives. Quelquefois 
cependant les magistrats donnent aux propriétaires influents un 
yU'tan ^ ^, «billet muni du sceau», dans lequel mentionnant "le 
cas, ils confirment les droits du propriétaire et annulent le titre, 

s'il existe encore. 

97. Quand on vend une terre dont le titre légal est perdu, le 
vendeur doit signer un tai-tanf^^, «billet suppléant», et noter au 
bas de l'acte de vente quand et comment le titre a été perdu, et 
à quelle époque le magistrat local en a été informé : et en même 
temps le vendeur livre au nouveau propriétaire les quittances 
de l'impôt des dernières années. Non seulement dans ce cas, mais 
toujours, l'acheteur demande qu'on lui remette les quittances des 
dernières années, comme preuve que l'impôt a été payé; il se sous- 
trait ainsi aux importunités des collecteurs, au cas ou l'on s'aperce- 
vrait après l'achat que l'impôt n'a pas été payé. De plus, l'acheteur 
se fait remettre tous les titres antérieurs reçus jadis par le vendeur au 
moment où il acquérait la propriété, titres qui, signés par les ven- 
deurs précédents et livrés aux acheteurs, sont successivement pas- 
sés de main en main jusqu'au dernier propriétaire, le vendeur 
actuel (1). De cette façon le vendeur ne garde aucun titre authenti- 
que de la propriété. Au bas du nouvel acte on note le nombre 

(1) L*»» titres signés par le «lernier «les vendeurs précédents s'appellent toei-rhfwt'V i 
S •? ^' ceux des autres vendeurs nntérieiirs s'appellent c/mw.7-cA/V)t«-**i jL H ^ - 
1^8 titres munis du sceau mandarinal sont appelés jrn-Vî p|j ^ ou kong-l^i ifL ^ > 
}c8 actes non cneorc confirmés s'appellent ji>é-^''i B ^* 



DOCUMENTS OFFICIELS DU CADASTRE. 39 

d'actes antérieurs livrés au nouveau propriétaire. Si les actes 
précédents sont perdus, on l'indique et on ajoute cette clause: «S'il 
existe d'anciens titres de la même propriété, ils sont nuls et sans 
valeur.» 

98. Le billet suppléant qui remplace le titre légal se transmet 
également de main en main avec le transfert de la propriété. S'il 
est perdu, on le remplace lui-même par un second billet suppléant. 

99. A Tch'ong-ming ^f^ et h ^f^ Uai~men, l'acte légal de 
la propriété s'appelle yn^koei pjj ^. A Tch'ong-ming ^ Ofl, où 
les propriétés sont soumises à de continuels changements de super- 
ficie, les titres officiels se renouvellent tous les trois ans. A Hai^ 
menf^P^, on les renouvelait jadis tous les cinq ans. Mais dans ces 
dernières années, les vexations excessives exercées à cette occasion 
|>ar les employés de tribunaux déterminèrent quelques proprié- 
taires à adresser un rapport au gouverneur de la province; i|^ 
en appelèrent ensuite à la cour suprême tou-tch'a-yuen 40 jj^ [^ 
il Pé-king. L'En^pereur, informé par ce tribunal, abolit pour toujours 
ce renouvellement de titres. 



ARTICLE XL 

LE TERRITOIRE DE LA CONCESSION EUROPÉENNE 

A CHANG-HAI ± ^. 



100. Quand les Européens font un contrat sur les Concessions, 
vendeur et acheteur doivent se présenter au chancelier du consul 
et signer un acte odiciel, que signe aussi le chancelier, attestant le 
transfert de la propriété. 

101. Dans la Concession anglaise, pour chaque contrat de ce 
genre, quel qu'en soit le montant, l'acheteur paie cinq piastres 
au consul. Dans la Concession française, l'acheteur paie une taxe 
égale à deux centièmes du prix d'achat. 

102. h'acte officiel dit tao-k'i ^5$5î^st écrit en chinois et en 
français ou en anglais; il porte le sceau du /ao-rai ji[ ]( et des 
consuls respectifs. Ces actes officiels furent confectionnés à l'épo- 
que où Ton assigna la Concession. Les propriétaires chinois du- 
rent alors céder leur terre. Sur ces ac^e.s il est dit que le Chinois 
N. a, -ponr tel prix, loué à perpétuité (yong-tsou ^ ffl.), ou, loué 
irré\:ocablement (tsiué-tsou |g ||[), telle étendue de terrain à VEu^ 
ropéen N, (1). Quand un propriétaire européen vend son terrain, 
ordinairement on ajoute sur Vacte légal que le sieur N. a loué 
de nouveau au sieur N,, et le consul, après l'avoir muni 
de son sceau, l'envoie au tao-t'ai ^ ^ qui y appose encore le 
sien. Cet acte se passe de main en main au nouveau propriétaire 
et remplace le t*ien'tan g j^ (Cf. Art. X.), sans avoir la même 
importîinco; car l'insertion dans les registres du consulat a une 
plus grande valeur juridique. 

103. Sur les Concessions européennes nul Chinois ne peut pos- 
séder juridiquement en son nom; aussi quand un Chinois y achète 
un terrain, il invite toujours un Européen à lui prêter son nom. 
Cet Européen se présente au chancelier et signe l'acte pour le 
Chinois. Comme garantie, l'Européen remet au Chinois un billet 
signé, attestant qu'il n'est qu'un prête-nom, et que la propriété 
appartient au Chinois N, 

(l) Au lieu du mot vente on emploie hcation, pour insinuer que rachcteur étranger 
n^esfc pas propriétuire, mais simple locataire. C'est une pure dénomination ; car Tacheteur 
étranger, bien (|u'il soit dit louer la terre d'un Chinois, en a le domaine absolu, et le 
vendeur, qui est dit louer sa terns n*y a plus aucun droit même nominal. 



LE TERHITOIUE DE LA CONCESSION EUROPÉENNE A CHANG-HAI. 4t 

104. Quand un Chinois revend h un nuire Chinois une pro- 
priété achetée sous le nom d'un Européen, et que l'acheteur in- 
vite un autre Européen h lui prêter son nom, celui qui avait prêté 
le sien dans l'achat précédent doit se présenior au chancelier et 
signer l'acte de vente. 

105. Sur la Concession européenne, il est convenu entre les 
consuls et le tao-t'ai ^ ^ que l'impôt impérial annuel est de 
1500 sapùques par arpent, et qu'on le prélève à la 12*"^e June pour 
l'année suivante. 

106. Sur la Concession française, le collecteur de l'impôt est 
ragent chinois ti-pao f^ \^. Le sous-préfet de Ctiang^liai-hien 
J^ J^ H^ lui donne des quittances pan-tcli'oan ftK $ de même 
modèle que pour les terrains en dehors de la Concession et por- 
tant les noms des propriétaires qui possédaient la terre avant sa 
cession aux Européens. Le ti-pao ^ ^ qui garde ces quittances 
a soin, conformément au pacte conclu entre les consuls et le iao- 
t'ai ^ ^, de faire imprimer des billets munis du cachet de la 
banque de Chang-hai J^ jf$ {Kiang-hai-koan hoan-yn-hao ^ ^ 
Iffl 'êr iR SJÎ)î ^^^ ^^s billets qu'il remet au moment de la percep- 
tion de l'impôt, sont écrits les noms des propriétaires actuels, 
l'étendue du terrain, la somme h verser. Outre ces billets, le 
ti-pao ^ fjjj fait aussi imprimer chaque année un registre où 
sont inscrits en chinois, et en français ou en anglais, les noms des 
propriétaires, les dimensions du terrain et le montant de l'impôt. 
Avant de commencer la perception de l'impôt, il présente ce 
registre au consul pour qu'il y appose sa signature et son sceau. 
Le ti'pao ^ (Jjç ayant reçu l'impôt et donné la quittance aux 
propriétaires, leur présente le cahier à signer. Quand la percep- 
tion de Timpôt est terminée, ce cahier est déposé aux archives 
du consulat. 

107. Sur la Concession anglaise, jadis c'était aussi le ti-pao 
Ml fi^ Q^' recueillait Timpôt; mais il y a quelques années des 
particuliers ont obtenu du tao^t'ai Jg ^ d'en être chargés. Ils 
ont fondé une société sous le nom de nien-tsou~kiu ^ J^ j@, 
«agence de la location annuelle» et sur leurs quittances ils mettent 
le sceau de leur société; ils envoient le ti^pao Jft ^ distribuer 
ces quittances et percevoir l'impôt. 

108. Ces collecteurs remettent l'impôt ainsi perçu au sous- 
préfet de Chang-hai-hien Jc i^ f^- Le sous-préfet n'exige pour la 
Concession que les contributions ordinaires de son district; or 
l'impôt impérial, au double titre ts'ao-liang \^*^ et ti-ting-yn JET 
m (Cf. n. 39, 43), ne dépasse jamais 800 sapèques pfir meou (arpent 
chinois) dans le voisinage de la Concession; les collecteurs qui 
recueillent 1500 sapèques par meou^ en donnent environ 800 au 
sous-préfet et gardent le reste pour leur peine et pour les dépenses 
qu'entraînent la perception et les cadeaux habituels. 

109. Mais quand une année a le mois intercalaire, l'impôt en 



42 PREMIÈIŒ PARTIE. ARTICLE XI. 

nrgont est un peu aucrmcMité (Cf. n. 5 1); d'autres fois aussi en raisonde 
la cherté du riz, ou de travaux publics comme curage de canaux, 
construction de pagodes, etc., chaque arpent doit payer quelques 
dizaines de sapèques additionnelles. Les collecteurs donnent alors 
un peu plus de 800 sapèques, et il leur reste un boni moindre, 
les propriétaires de la Concession européenne payant toujours la 
même somme par arpent, sans s'occuper des sapèques addi- 
tionnelles. 

109". La 19''»'e année du règne de Koang-siu ^ Jg (1893) 
le vice-roi de Xan'hiiKj ^ jçC- informé de cet excédent d'impôt 
perçu sur la Concession euroi)éenne, ordonna au sous-préfet de 
(liang-hni Jl f§ de le faire désormais recueillir non plus par le 
ti-pao Jji ^ ou par le nion^Uoii-hin ^ffl-J^» mais par un fonction- 
naire spécial, et de réserver l'excédent pour l'entretien des ma- 
gistrats ou délégués que des .alTaires détiennent à Chang-hai. 



ARTICLE XII. 

DES DIFFÉRENTS TAUX OU VALEURS DE L^\RGENT. 



110. Les sapèques et les piastres mexicaines et espagnoles 
ont cours pour le commerce ; mais pour les transactions plus 
importantes, on emploie les lingots d'argent non monnayé (1). 
L'unité de poids d'argent est l'once liawi ^, dont les subdivi- 
sions décimales sont le ts'ien g| (Oonce j)^ je fen ^ (Oonce^Ol), le 
li ^ (0 once. 001), le hao ^ (0«"cs0001), etc. (Cf. n. 173). 

111. Les lingots, soit lingots ofTiciels ou talents ynen-pao 
7C^ (Cf. n. 115, note), soit lingots de poids et de formes diverses, 
doivent pour avoir cours 6lre préalablement pesés par les hong- 
p'iyig ^^ «peseurs», et estimés par les hong-kou^^ «experts»; 
qui écrivent sur les lingots et sur des billets le poids et l'estima- 
tion de la qualité (Cf. Art. XIX). 

112. Ces «peseurs» et «experts» sont choisis de commun 
accord par les ts'ien-lchoang ^ îjï' «banquiers», de leurs villes 
respectives. Ils sont considérés par tout le monde comme honnêtes 
et habiles connaisseurs en argent. 

113. A SoU'tcheou ^ j^ il y a deux bureaux : l'un pour 
le pesage, l'autre pour l'estimation, A Chang-hai Jl f^ la môme 
maison remplit ce double ofïîce : mais il y a deux bureaux prin- 
cipaux ; l'un au nord pour la Concession européenne, l'autre au 
sud pour la ville chinoise et les faubourgs. Diins les villes qui 

(1) L*ur en lingot n'a pnn coui-s dans le oonimercc. CTest sous cefcto forme que les 
rlclnnls gardent leurs trésor et c'est 1^ son seul usjigo. L'or so garde de deux ma- 
nière : en masso fondue lomçu" d'environ 0'"09, Lirge de 0"''02 et pesant OW**"*; ce genre 
de lingot s'appelle kin-lUao ^ f^ «barre d'or)»; ou bien en feuilles laminées de l'épaisseur 
du papior onliniire, pos.int enviri»n 30 ^r.immcs. et représentant un ciirré de 0"''2 do coté ; ce 
sont les feuilles iVorlin-yé-tuf ^ ^ ^ . L'unité de valeur de l'or 8'ap|»ell(> hofin UJ ; par ex. 
si une once d'or vaut IS onces «r.irgcnt,on dit vhc-i^n-ïin-hoan "x /\ ^ ^. L'or valait 
quatre fois son i»oids d'argent au comm-'ncenj >nt de l.i dynastie Mhnj 91 (1375), sept ou 
huit fois BOUS l'KmpcTcur Wmi-Vt pq J^ de la niômo dyfinstio (1*74), et dix fois à la fin 
do la dyuistio (163.**) ; jdus de dix f jis sous Kanu-hi j^ ,^ de la dynjujtie actuelle 
(IGG2); plus de vinjt fois HouM lo règne de ICicnfong Jj^ ja? ; dix-huit fois au milieu du 
rogne d» Tn'-kntvg 3ltl Tu (1B40;, (piatorzo fois au commsucem-^nb du règne do Ilkn- 
fffnfj jS j^ (î^'^^)r, dix-huit foison n.oyenne dans les années 1S82-18S3. En 1803,1a 
valeur de l'or augmenta considérablement et égala 28 fois celle de l'argent ; en 1S04, 32 
fois ; au commencement de lSi)5, 33 fois ; mais il baissa un peu et à la fin de l'annéo, 
il valait seulement 30 fois plus. 



44 PUEMIÈRE PARTIE. ARTICLE Xil. 

n'ont pas de bureau spécial, d'ordinaire les banquiers remplissent 
eux-mêmes cet olïice. 

114. A Sov^tcheou |^ ^, pour mille onces les «peseurs» re- 
çoivent 140 sapèques et les «experts» 500 sapèques de rétribution. 
A Chang-hai J^ ^, pour la même valeur, le pesage et Vestimation 
tout ensemble coûtent 400 sapèques. (Les peaeurs et experts font 
une réduction de quelques centièmes de ce prix en faveur des ban- 
quiers.) Ces experts assument une grave responsabilité. Car si 
un lingot muni de leur signature et mis en circulation est ensuite 
reconnu contenir du plomb ou quelque autre métal, on peut avoir 
recours contre eux et ils sont tenus de compenser le déficit : le 
cas s'est présenté, bien que rarement. Mais s'il y a erreur d'es- 
timation sur la qualité de l'argent, on n'en tient pas compte, et le 
talent est reçu dans le commerce pour la valeur attribuée. On ne 
saurait prouver péremptoirement cette erreur que par la fusion de 
l'argent, et cela se pratique rarement. Du reste, Terreur n'est pas 
de longue durée; elle est rectifiée par une seconde estimation, 
quand le frottement a effacé l'empreinte de la précédente. 

115. Le tH'aO'p'ing'tsoU'Che'i/n iff ^ J£ Û SI» «argent pur 
au poids ts'aO'p*ing ^f Zji», est celui qui est pris pour base et sup- 
posé simplement pur et de qualité ordinaire; si un, lingot d'ar- 
gent est extraordinairement pur, Vestimation attribuera un poids 
/îc^i/" supérieur a son poids réel; s'il est simplement pur, Vestima- 
tion lui assignera son poids réel; s'il est de qualité inférieure, le 
poids assigné par Vestimation sera au-dessous du poids réel en pro- 
portion de l'alliage. Tout lingot de forme yuen-pao jQ lit ^ont le 
poids atteint 50 onces, est en raison mt^nne de sa forme extérieure, 
estimé Oliang, 1 (1 ts'ien ^) au dessus de son poids réel. (1) Ainsi 
le Kiang'Si-h'oU'j)ao ^ H J$ ïfi «talent officiel du trésor au 
Kiang-si Jt "gf », étant coté argent éminemmtnt pur, les «experts», 
outre la surestimation de Oliang, 1 (1 ts'ien j^) à cause de sa pureté 
exceptionnelle, lui attribuent encore liang, 1 (1 ts'ien gj) au- 
dessus de son poids réel en raiso}i de sa forme. En sorte que ce talent, 
s'il a un poids réel de 52 liang ^, passera dans le commerce pour 
52 liang, 2 (52 liang \3^ , 2 ts'ien). — he pen-se-pao ^ Q ^, «talent 
officiel du Kiang-sou)), est considéré comme argent simplement 
pur et par conséciuent augmenté seulement de liang, 1 (1 tsUen 
f^) en raison de sa forme. — Les talents officiels des autres pro- 
vinces sont considérés comme argent moins pur et estimés liang, 
1 (1 ts'ien ^' au-dessous de leur poids; mais cette perte est com 
pensée par raugmenlation de i) liang, 1 (1 ts'ien ^) , qu ils doivent 



(1) Le lingot d'firjjent (le foruie uwn-jtao'jQ jff i pesimt ^/^ onc^s, fondn par ordre 
«le rEiopercur. avait «U'j'i oui-s la T»*" jinné? «lu r {tne do Tch^e •tf-nfrrn TfC >C de la dynastie 
A"/» ^ (1200). La r.iison pour laquelle ce lingot d'argent eu vertu de sa forme est etiimé 
au-dessus de son ]>oid8, eut, sjnible-t-il, rap])rubation officielle dont il est muni, et qui lui 
vaut plus de crédit «lanH le coninierce. 



DES DIFFÉRENTS TAUX OU VALEURS DE l'aRGENT. 45 

h leur forme. Les tou-yang-pao i^^^^, «talents de fonte privée», 
et autres lingots de toute forme et de tout poids, sont générale- 
ment d'argent plus ou moins impur, et restimation des experts 
sur 50 onces enlève de liang, 2 (2 ts'ien ^) h 3 liang ^ au 
poids réel. Aussi il arrive qu'un lingot de 49 liang |g,k cause de 
son impureté, passe dans le commerce pour moins de 48 liang ^. 
Cette méthode d'apprécier l'argent est invariablement suivie dans 
le commerce à Sou^tclieou ^ ji\ et dans plusieurs autres villes du 
Kiang-sou fï J|. ^ 

116. Les talents yuen-pao -jQ ^ sont de forme et de poids 
différents. Ceux qui sont fondus otriciellement au Kiang-si ^C W 
pèsent 51 liang ^ et sont carrés; ceux du Kiang-sou ^ |^ sont 
de 51 liang d (51 liang ^, 9 ts'ien ^) et de forme ovale; ceux 
du Ngan-hoei ^ ^, d'environ 51 liang ^ et de forme oblongue; 
ceux du Koang-tong JÇ j^, d'environ 55 liang ^ et de forme à peu 
près ovcilc; ceux du Koan-tong g| ^ (Mandchourie), de 53 liang 
PI environ et de forme légèrement oblongue. Les autres lingots 
d'argent dits ting ^ sont ronds et pèsent entre 3 et 30 liang ^. 

117. Le kieoU'paAeon-koei-yn ^ A ^ ^ SIî «argent de 98 
sur 100 employé dans le commerce des fèves», est la base de 
Targent de pureté moyenne; plus les talents dépassent en pureté 
cette base, plus V estimation augmente leur poids réel. Ainsi le 
talent ofïiciel du Kiang-si jji "g qui est d'argent éminemment pur, 
est, en raison de sa qualité, estimé 3 liang ^ au-dessus de son 
poids réel. — Le taleyit olïîciel du Kiang-sou ^ ^ est augmenté 
de 2 liang 9 (2 liang Jg, 9 ts'ien ^). Les autres talents sont 
augmentés plus ou moins suivant qu'ils sont plus ou moins supé- 
rieurs à la base (1). S'ils sont simplement égaux h la base, on ne 
les augmente pas. S'ils sont inférieurs à la base, on les estime 
au-dessous de leur poids réel. Outre cette addition au poids 
réel, faite par les experts, à raison de la qualité supérieure des 
lingots, il y en a une autre, dite d'accroissement intrinsèque, en 
vertu de laquelle on ajoute "i pour cent du poids déjà évalué par 
les experts (2). Ainsi le talent officiel du Kiang-si ^ "gf ayant 52 
liang f^ de poids réel, grâce à cette double augmentation (savoir: 



(1) Le taietU dont ou aiiRitiente le pouls de 2 //««</, 9 (2 ^Vi/j//, ^, 9 fj*Uen^) 

8'îM>]>eîloe«/-.tfcou-^o, » TL M î celui qu'on HUgmentj do 2 lianfjy 8 (2 iiang PB, 8 U^itn 

Wt) 8^♦I•l»elle"fM^/Hl-;wo — /V K ? ce'ui qui ebt auguiantc de 2 lianff, 7 (2 lianÇf 7 tsUen) 
s'appelle euf-is^ijxto ► 'tl jf : et ainsi de suit *. 

(2) L'avguientation intrinsèque est uuî opération par laquelle on o joute : 1** les deux 
centièmes du poids déjà estimé; 2° les deux ci^nticnies de cette augmentation de poids; 
Z° les deux c^ntiômes de cette nuuvelb augmentation et ainsi de suite jusqu'à une augmen- 
tation nnnima au-delà de laquelle il est inutile de .p(uirsuivre. Cette augmentât ion et^t 
appelée intrinsèq^is parce qu'elle ne consiste pas en une simple addition, mais en des addi- 
tions successives procédant i)vlv progression ^to/nc^rtV/KC jusqu'à un nombre minime (Cf. u. 
122. 1-23.) 



T?W 



46 4 PREMIÈRE PARTIE. ARTICLE XII. 

1® augmentation de 3 onces, en raison de la qualité; 2® addition 
de 2 centièmes par aiiqwonlation iiitrinscque), passe dans le com- 
merce pour 5G''>'"i7. 122rt89... (ÔG liang pg 1 Is'ien gj 2 fen ^ 
2 li ]â[ \ hfio ^ 4 S7> ^^ 8 hou ^, 9 \KPi ^) (I). Le fafPîU oiïicicl 
du Kiang-iiou ^ ^, s'il a 52 lianfj fg de poids réel, après la 
double augmentation, est estima r)G''«"". 0204081... (56 liang ^ 2 
fon ^ 4 Juin ^ 8 hou ^^ 1 Kci ^). Le talent ofTiciel des autres 
provinces, s'il a 52 linng ^ de poids réel, après la double aug- 
mentation, est porté par Vestimnlion h 55''"'"', 9 18367... (55 liang 
^ 9 ts'ion $g 1 fini ^ 8 li jîg 3 hao g G se |$ 7 hou ^J. (Cf. 
Art. XIII.) Cotte méthode d'appréciation de l'argent n'est en usage 
de temps immémorial qu'à Chang-hai J^ f^; et Tciddition des deux 
centièmes lui a valu le nom de hteou-pa-yn :fL AlRi^" /<ieou-2)a- 

118. Le talent qui d'après le Isou-chè-yn J£ 'Ê SI «pr^niière 
estimation» (n. 115) est diminué de 0''"w.'/,1 (1 ts'ien ^) qu'on lui res- 
titue d'ailleurs pour raison extrinsèque de sa forme, est d'après le 
koei-yn ^ gj «seconde estimation» (n. 117), augmenté de 2'*'".",8 
(2 liang ^ 8 ts'ieu |^). — L(* talent qui n'est pas augmenté d'après la 
seconde estimation, étant par la j)remière estimation augmenté h l'or- 
dinaire de {y^f'»p[ (1 ts'ien J^, ) pour raison extrinsèque de sa forme, 
subit une diminution de 2''""r8 (2 liang ^ 8 ts'ien ^). — Les 
talents de quantité notablement inférieure h la base de la seconde 
estimation, ne sont pas admis dans le commerce à Chang-hai Jt ^» 
mais ils ont coursa Sou-tcheou |^ jfl; et l'estimation diminue leur 
poids en raison de leur qualité. 



(l) C:^ talent cffiticl «lu Kionfj-xi jX^ iiyant un jjoids réel <lo 52 oncm, fions Tutiité 
koci-yn p^, «R' vu l'addilion de .'5 onc r en r.iison do fh (jualité. ]>nMî pour 55 oncos; mais 
à cause do Vauffmcut'tt'^n iriti'insèffUf, h ces T.^) onces iî faut «jout r leurs denx e«ntîème^, 
soit llian<j.l {lliftnrf M 1 ^*''Vn *x), puis les doux csntièmes do ces «leux centi^-mc^s so«t 
0/iaHf7,022 2f('n yy 2 /' Jillï ); i»nia les deux Centièmes do ces deux nouveaux centièmes, 
so't /mH(7,00044 / 1 hno ^ 4 "K? ^» ) ■" '»»i» encore 1<^8 d:*ux centièmes de c-'S linvti, 00044, 
soit 0//rtMî/00O0OS8 (S hou ;(S* 8 tcei ulX* t^* '''^fi» 1^*8 do"v centi^m-»» de co« deux dcruierR 
centièmes, savoir O/iV/wr; 000 000 17 î (I tni gl 1 xlcn S£ G r/m ijr); et ainsi de suite. 
L'addition du tout donn >ra l.i îo uai? in liuuce plus haut. Exemple : 

52 Poids rcjl du talent. 

3 Adtlitiiu en raison dj sa ({Uiilité. 

M ^ 

(», 022 

0, 0'X)H î- Addition dj doux ccnti.nijs. 

0, •îO;kk)s-î 
0, ockK)(;ui70 j 

5(5, 12244 »J.. Ptùds on unitO kuc'-fn. 



ARTICLE XIII. 

RKDUCTÏON DU POIDS RÉEL DE L'ARGENT 
A L'IJXITP] KOEI-YX ^ ^, 



Premier mode. 

119. Dans l'unitc» hoei-yn ^ ^ le poids de l'argent est en 
partie fictif et comprend trois clémenls: 1" le poids réel: 2** l'aug- 
mentation du ])oids en raison de la qualité, d'après l'estimation 
par les experts; 3* V accroissement dit intrinsî'>que des deux cen- 
tièmes. Ce troisième élément s'obtient par plusieurs multiplicati- 
ons successives, savoir, en muUij)liant par 0,02 d'abord la somme 
des deux premiers éléments, puis le produit ainsi obtenu, puis 
le produit de ce premier produit, puis le nouveau produit et ainsi 
de Fuite jusqu'aux IVaclions trop petites pour entrer en ligne de 
compte. 

120. Exemple. 

1«' é!vmoitt on tian;/ : 52 Poids r6el d'un talont. 

2* élément en fiany : 2.8 Augm. à raison de la qunlité. 

A=54,8 Sommo. 

; A X 0,02=lî= lO.^'î ) 

) Il X 0,0:: =^C- 0,02102 1 Augm^ntîxtion intrin86quc de 
:> é:éai. • «^ X 0.02=D= 0,OK)W^ / . ... 

D X 0.02 = K - 0,00.)0087r».S l ''c'»-^ contum s. 
( E X 0,<>-2=etc / 

.^">,î)lS3fi7^^S 8)înmî des trois éléments, 

poids d'ari^ont selon l'unité 

koci iiny ié;K).ndant à un poids 

réel de 52 onces. 

121. Autre e.\emple. 

J" élé:npnt en /iVtwr/ ; 102,2 Poids ré^d «le deux talents. 

£• éiémcnt ou f'uinti : 5,0 Augm. h rvison de la qualité. 

A= 107,8 Somme. 

!A X 0,02= n^ 2.15r» \ 

1*. X 0,02= 0= Ç)^^^!- ( Augmentition intrinsèque de 

G X 0,02= D= 0,0008624 ) , ., ' 

Dx0,02= E= 0,000017248 deux centièmss. 

E X0,02= etc ) 

100,9009000 1.^ Somme totilo sMon l'unité 
hwi-yn^ répondant au iKiids 
réol de 102, 2 onces. 



48 première partie. article xiii. 

Deuxième mode. 

123. L^unité crargcnl hnei-yn ^ IR, comme on l'a dit (n. 1 19), 
comprend trois éléments : I" le i)oids réel de l'argent; 2** Taug- 
mentation de poids d'après l'estimation des exporlfi en raison de 
la qualité; 3** Vaccroisf^oiuont intrinfièquo des deux centièmes. Cet 
accroisscnnent intrin.^èque consistant à ajouter deux centièmes aux 
deux premiers éléments par une série d'additions qui forment une 
progression géométrique décroissante, la somme totale du poids en 
unité koci^yn ^ ^ peut donc s'obtenir en multipliant Vexpression 
géométrique (qui est invariable) par la somme du premier élément : 
la somme des produits partiels égale la valeur de l'argent dans 
l'unité koei-yn ^ ^, 

123. Exemple. 

1, 

0,0 2 
0,0 4 
0,0 8 
0,0 1 G 



1,0 2 *1 8 1 (» Sonmio géoniétriqno. 
en li'tno. .5 4.8 Somme «le» tleux premiers éléments. 

8 1 fi .3 2 5 2 S ) 
4 8 l(î 3 2 fi 4 Pro«liiita partiels, 
r» 1 2 4 8 



5 .5,9 1 8 3 G 7 1 (> 8 Total : poids selon Punité loci-pn, 

troisième mode. 

12'i. Dans l'unité hoei-yn ^ gj, V augmentât i07i intrinsèque 
de deux centièmes ajoutée aux deux ])remiers éléments, étant dans 
la proportion de 100 à 98, la somme totale hoei^yn ^ ^ peut 
s'obtenir en divisant la somme des deux premiers éléments par 
0,98. Le quotient obtenu sera le montant de la somme danB l'unité 
hoei-yn ^ ^. 

125. Exemple. 



élén 



Doux preniicrs j 5 4 8 i 0,î) 8 



4 9,0 5,0 1 8 3 G Quotient : pdids selon 

"TTI l'unité htei-yiK 

o o u 

4 



900 
8 8 2 



1 SO 
1)8 



8 2(» 

7 84 

3 G 
2 9 4 



(; <; 

5 8 s 



ARTICLE XIV. 

RÉDUCTION DE L'UNITÉ KOEI-YN ^ ^ AU POIDS REEL, 



PREMIERE METHODE. 

126. La somme d'argent dans l'unité hoei-yn ^ gj, on Ta 
vu (n" 122), se compose d'un triple élément : l** du poids réel ; 
2" de l'augmentation du poids estimé par les experts en raison de 
la qualité; 3^* de V augmentation intrinsèque des deux centièmes; 
et elle s'obtient en multipliant Vexpression géométrique par les 
deux premiers éléments. La somme hoei^yn ^ ^ peut donc être 
réduite aux deux premiers éléments par l'opération inverse, c.-à-d. 
en la divisant par V expression géométrique. Le quotient obtenu 
représentera la somme des deux éléments; et si de cette somme 
on enlève le second élément, savoir l'augmentation du poids 
estimé par les experts en raison de la qualité, le reste sera le 
poids réel. 



127. 



Exemple. 



Somme selon Vunité j 5 5,9 i g 3 6 7 1 C 8 

5 l.O 2 d 8 

489795 16 
40816 3 2 4 

816 3 2 6 5 2 8 
8 16 3 2 6 5 2 8 

Deux premiers éléments (en liang) ; 
Augmoit. à raison de I:i qualité : 



1,0 2 4 S 1 6 Sjmme géométrique. 
5 4,8 Quotient. 



") 4,8 Quotient. 

2.8 



5 2. Poids rée^ 



seconde METHODE. 



128. La somme hoei-yn j^ ^ s'obtenant aussi (Cf. n** 124) 
en divisant le total des deux premiers éléments par 0,98, on peut 
en obtenir le poids réel : \^ en la multipliant par 0,98; 2** en 
retranchant du produit ainsi obtenu l'augmentation de poids ajou- 
tée en raison de la qualité. 



50 premiere partie. article xiv. 

129. Exemple. 

Somme selon Tunité )>-oiQ9r7i<*c 
ko€i-ya ( en lUiny ). j > -^.^ 1 8 3 7 1 C S 

0,9 8 

44734 fi!) 37344 
503 2 65304 5 12 



5 4,7 9 9 9 9 !l 8 2 4 C ( Produit. Coroiiter 54,8. 

Deux premier! éléments (en fiang) : 5 4,8 Produit. 

Augment. h raison de h\ qualité : 2,8 Pro<luit. 

Reste 5 2. Poids i^cl. 



ARTICLE XV. 

MESURES DE CAPACITÉ. 



130. L'unitë de mesure de capacilc est le che JJJ, dont les 
subdivisions décimales sont : le teou B\-, le cheng jfjf, le ko ^, 
le cho ^^ le fch'ao |j?, le fso J|, le koei ^, le sou Jg, le kouo 
Igf, ou ^, le H !g[, le chou ^, le tsi ^, le /l'aîii/ ]|$, le pi |H;, le 
81 |j[|, le /lOMO 5|Ci (dont chacune est le dixième de celle qui la pré- 
cède immédiatement). Ces expressions techniques sont usitées 
dans les actes légaux. 

131. Pour mesurer les grains on emploie d'ordinaire une 
triple mesure : 1® le hou f^, qui est la moitié du che Ç; 2® le teou 
5|», dixième du che Ç; 3® le cheng ^, centième partie du che ^. 
Pour exprimer les capacités des mesures on prend le hou fj^ 
comme unité. 

132. Le iche-hou 1^ fj^ ou ts'ao-hou Jf fj^ est le système 
ofliciel employé dans le mesurage du ts^ao-mi Jff ^ «riz de Tim- 
pôt impérial». Dans ce système 1 che ^ égale environ lOS^i^r-.lO. 
Afin que cette mesure soit uniforme dans tout l'Empire, le hou» 
pou p |J5, (t ministère de Timpôt», conserve un hou fj^ en fer et en 
envoie un de même dimension à tous les mandarins préposés 
aux contributions dans les provinces. Les sous-préfets se pro- 
curent des hou fj^ en bois, qu'ils envoient au mandarin liang- 
tao ij^fjtî celui-ci les confronte avec son houfj^ de fer, les marque 
de son sceau, puis les renvoie aux sous-préfets. 

133. La 28» année du règne de K'ien-long (^ |^ (1763), le 
censeur impérial Ou Cheou-tchao ^ |S |Si voyant que la mesure 
de capacité employée par le peuple variait avec les contrées, 
présenta un rescrit à l'Empereur, demandant que pour l'uniformité 
la mesure légale fût imposée partout avec sanction. Le Tribunal 
impérial chargé d'examiner la proposition, après mûre délibéra- 
tion répondit : «Que les mesures et poids divers avaient depuis 
les temps les plus reculés libre cours parmi le peuple, le prix 
des objets étant proportionné à la grandeur de la mesure. Enjoin- 
dre l'uniformité de mesure serait gravement molester le peuple; 
la proposition du censeur devait donc être passée sous silence.» 

134. Bien qu'on soit libre de se fabriquer une mesure à son 
gré, les marchands de chaque contrée, afin de régler le com- 
merce, se sont entendus pour faire adopter dans toutes les bou- 
tiques de la contrée une mesure uniforme. C'est pourquoi à la 



52 VllEMEÈnE PAIlTIE. ARTICLE XV. 

chambre de la communauttî des commerçants on c 
étalon un hou fj^ en bois cerclti de fer, et tontes les boutiques de If 
contrée sont tenues de présenter au bureau de la communauté cha- 
que nouveau hou f^ quelles se procurent, pour être comparé avec 
l'étalon et marqué du poinçon do la société. Et comme, à la longue, 
ces mesures en bois sont susceptibles de s'user et de varier un peu, 
il est établi qu'au moins une fois chaque année, vers l'équinoxc 
d'automne, ou deux fois par an, au printemps et à l'automne, à une 
date lixéc, toutes les mesures seront apportées à cette chambre de 
commerce pour être de nouveau confrontées avec l'étalon et re- 
vfitues du sceau. La comparaison se fait en mesurant des grains 
de poivre rouge. Toute mesure trouvée inexacte est sur-le-champ 
modihée et rcctiliée. l'our chaque mesure ainsi modifiée on donne 
un certificat où sont minutieusement notées les modifications 
faites. Un magasin convaincu d'avoir employé un hou fj^ dé- 
pourvu du sceau ou frauduleutiement modifié, est par conseil 
public condamné à une amende au profil de la communauté des 
commerçants, 

135. Ainsi, bien que variant avec les diverses contrées, les 
mesures approuvées dans un ])ajs par la communauté des com- 
merçants, sont généralement lixes et uniformes. Leur capacité 
respective est connue de presque tout le monde, et elles sont 
désignées dans les contrats di^ vente et prises comme type de 
comparaison pour les mesures inconnues. Elles ont des noms 
particuliers tirés généralement du pays même. En voici quelques 
exemples : 

136. Hai>poiit de diveiis che ^ au litre. 



2^1"]^ i,„„.«,™-*,«.... 



J ï't f^'i ^ Fn„ymrn-liw U)r,.m 

4 S l"J fM T,i-iarnlu,a 105.03 

5 ^1"] m .S-iM->«.».ft™.. - — 10.'-..^ 

C !nl fi ^ rci.;,„!^«r„^ou — „....„ m,^ 

T^i-i\Û^^ »>K-Mroi,M't»9->,ri^« - 104,3 (2) 

S ^Mi^ /^."-,n««4«« 10.i,71 et) 

•J Pff- ¥ M ir.i-ci,.'/-,'i.-« na.ia m 

10 S O M /..r-v-,,-!.», „., „„ _ ..,...- 110.28 [31 

u^tL'SU^ .s;,„W.v<"!^-'-f'"'-*<"' ~ 12UI 

12 ± ÎS ^ f54 '■A„«;;-/.«,-/,«i.*.m -- .^ _.- HB.KS dl 



(t| tV-ttc ii.w»!.. ■■^t 1,. |i1.is c;.i.nuo iio.i ..-MlonK-nt h S..„-M,r»u M W " 
B il'Hutr^'n Tillvs. 

(2) ( '.■«. inc."re <-»t tiLi.loïÈL- ,hi..s 1. » buuti.|p t^o.i voiiJ lo riï «u .lél 

(;)j CJnind. buiirgs aux mviroua .lu Sm,-i,'l,e„a M M' 

W MuHUi-B eniploïû.' ù Clia.'U-kai Jl ^ voir "ie»urur le rii. 



MESURE DE Capacité. 



13 ±^l$\^ Chanr, lu,l.miao-hmi... 
W S ^ inl S=t Trk'm.s 



l'' %' ^}l H iU H Trh:,n!;-fho>,-flé-lrU-a. 

lii M^lUSH O^-i-fanu-h^u 

17 M 1% ES n M Ou-«i-«-wîn^to«._ 

iSm.^l^Wfi^ Ou^i-ù-tch^i-hm -. 

IW ^ ^ i'f A-|o-i.n!,-A««..., 



JH î-?ïl4 .SV-tiBff-Aou. „ 121,13 (2) 

21 # BJ iS S4- refi'<my-»,i»3.^MN-Ao« „. 125.7 

22 j j m W PI R^ î"oirff-(cSïou-»i.i«(ii.Sou „ 123.05 

23 H ;(± if M- «■/anî-O.iutiUBy-AoB _ H&.Ol (3) 

(I) Mcmre QuiiJoyéu il CknnghU ± ?S i>.mr mesurer les fùves. 

IS) Grand bmirg il fost ilc .S»,,;/. (/««;, ^^ fll ■ 

(3) GniBil bourg au N. K. du T'vngtchtua JQ 7t| t oit il 80 fuit UD tiéa gi'aud cooi 



ARTICLE XVI. 



DES POIDS. 



137. Lunilé de poids pour l'argent et les choses précieuses 
est le liang ^ «once» (t). Il a pour sous-multiples décimaux : 
le ts'ien ^, le fen ^, le li J||, le hao ^, le *5e ^, le hou ^, le wei 
^, le sien ^, le cha fj^, le Icli'on jg, le miao ^, le mo ^, le 
ngai ;^, le tsiun ^, le sitin jjg, le siu ^, chacune de ces parties 
étant le dixième de la précédente. Ces expressions techniques s'em- 
ploient dans les actes légaux. 

138. Dans les transactions ordinaires, les fractions de poids 
d'argent se comptent jusqu'aux millièmes d'once (li Jj^) inclusi- 
vement : lianfj, OOOG (G hao ^) passent pour liang , 001 (1 li 
J[g), liang, 004 (4 hao ^) pour rien; liang, 0005 (5 hao ^), 
pour liang, 001 (1 li ^) ou pour rien ad libitum. 

(1) l'^ Une once d'argent au i>oicl8 U^ao-pHng jff ^j au commencement du règne de 
K'Un-lonu ^ B| (17;MÎ) valait 700 sapèMueR; au milieu du même règne (1780) 900; au 
commencement du n'gue de if ûi-^-'t»// ^ ^ (17D0) 1-100; au commencement du règne 
de Hiaifong M S (1853) 2 000. Dans ces dernières années (1881-1883) Tonoe d'iu^ent 
TAlnit communément de 1000 à 1700 Rapèques. La valeur de Targeut ayant bnissi en 1893 
une once du poids t»*ao-p*ing\^ ^ valait 1500 sapèriues, et cette annés (1895) eUe ne 
vaut plus que 1-100 sapènues. 

2° L^unité lianit PH Réemploie aussi pour les siipèqucs. 700 aapèques s*Nppellent 
1 lùing y^ ; par ex. pour 70.OD0 sapèques on dira W i-tché-U* ien-i-péliang ^Cà vf SI ""^ 
S • 800 Kai>èquos s'appellent nii8«i 1 Viang ^» «"n^i po"r 24.000 8ai>èquei, on dira pa- 
tché'tt'ien-sanchC'liang A tff JBt ^ + PH' 

3° Une ligature de 1000 oapèques s'appelle /«**<•»» "^'î (cA'oaw $ ou minlilS' l*0"r 
1.000.000 de sapèques ou dira itt'icii-ldi'oan ^* "T" ^ de préférence à »-/<'»(;ii-t«' «en ^* 

4° A Chang-hai JL TlJ et dans les villes voisines, 000 sai»cques, et à Toucst de la 
l*rovince du Kiaug-iton iL ^, 080, 075 ou mOnie moins, s'appellent î-t*'icn ^^T"» «n mil* 
le. Aussi dans les traiiR-ictions on a soi» do déterminer combien de luipjquea r^'p-ésen- 
teront un mille, (^uand il y en a réellement 1000 dans 1 U*icn — * "| ? cela s'appelle tong- 
t80U't8'ie::\ JU J£ M rapcnues bioii comptées. 

!}" A Tch^ong-ming fîV ^ et à Hui-mai V^ \\y SOO s-ip.'ques s'apjHîlleut i-loa "^ 
i^ et 2400 scin-koa ZL tfe- 

G° Le tido rfj efit une unité mouétnirconi à Kicon-tchoang n^ ^ égale 160 RAi»èque«, 
h Koan-tong B9 îK. !<>! et ii Tuii-tin X T^P' 50O. Dans ces mêmes villes on emploi:; 
aussi l'unité iiao ffj pour compter les snpjquua. Ainsi ICOO, 1010,5000 sapèques constituent 
respectivement che-liao-tn' icn "T fU SS * 



DES POIDS. 55 



139. Un liang ^ d'après la convention franco-chinoise, égale 
37 ^ram. 783125. Et 1 gramme dgale liang, 026457 (2 fen ^, 
6 H Jg, 4 liao ^, 5 .se |$, 7 hou ^. 

110. Un liiing d'après le poids légal k'ou-p'incj j^ 2p, 
employé pour le trésor public, égale 37 grain. 32 ; mais quand on 
envoie l'argent au trésorier métropolitain, 1 liang, égale 37 gram. 
417. 

141. Dans les douanes, 1 liang égale environ 38 grammes. 
Ce poids s'appelle Uoan^p'ing ^ 2ji. 

142. Le liang fg employé vulgairement varie avec les con- 
trées. Un liang de la livre de Soit-^c/ieou jS^ îlt|, appelée ^s'ao-p'ing 
llf ^, égale 36 gram. 612 (1). A Chang-hai Jt f§ on emploie la 
même livre avec une petite différence : le liang ^ y vaut, en 
effet, 36 gram. 63. Le système de poids ts'ao-p'ing ^f Zf, usité à 
Sou'tcheou j^ ^"H a également cours dans les villes voisines, telles 
que Song-kiang Jj^ ^1^ ^^^' 

Valeur respective des différentes unités de poids d'argent. 

l^ Ko ,n'p'iHtiyn BS ^ Si 100 lianfj = kod-ya ^ JK 111 liang 4. 

2°. K'nti'iruujiin iS ^ St 100 liang = kœi-yn M ft 110 liang (2). 

3 . Poîdi fixé par lo traité fr nçais 100 liang = koei-yn ^ JS Ml'Jiang 2. 

4^ ,. „ = U'no-p'ing-yn îf ^ âR 103 /towp 2. 

5^ AVe'.yn ^ jR ,. = U'aoiring-yn\% ^ Si 92 /ianp 4. 

6^ Kmnp'ingpa Bl ^ ^ „ = „ 108 liang 572. 

r. Kmip'ing-yn J$ ^ = „ ^ 102 ^iai^ 2. 

8^ „ „ = SiangpUng-yn fÎB ^ ft 103 liang G3(3). 

143. Les marchands qui vont faire le commerce dans les au- 
tres contrées, emportent ordinairement la balance t'ien^p'ing J^ 
^ de leur pays, ou la petite balance teng^ise |^ •^, ou des cents 
de sapèques préalablement pesées à la balance de leur contrée et 
qu'ils emploient comme terme de comparaison avec les poids 
étrangers. 

144. L*unité de poids pour les choses moins précieuses est le 
hin Jfj (lia livre», qui se subdivise en 16 parties appelées aussi 
liang f^. Cent livres font un tan |||. 

145. Il y a différentes livres désignées par des noms diffé- 
rents. La balance s'appelle tch'eng^. Souvent une même balance 
porte inscrites sur des points différents du fléau, deux ou trois 
espèces de livres. 



(1) Un gramme égale O^a/iî;, 0273 1.1.. (2/c/i ^i 7/»M» 3Aio ^ ) 1 M |3|, 3 Aoti 
%,^wei St;« 

(2) En réalité seulement 109 liang G. 

(3) Cette unité a cours dans la Province du Hou-nan fflS ffif ) au Kiang-êou fJL at 
on remploie surtout pour la solde des soldats qui sont du JETou-nan pjQ ^' 



H il 

»> •• • »> »» 

•» »» 

»♦ '» 

»» »1 

•» »» 



585,79 


(1) 


527,213 


(2) 


022,104 


(3) 


5r>0,lG 


(4) 


724,918 


(5) 


700,6 


(6) 


773,25 


i7) 


604,53 





56 PREMIÈRE PARTIE. ARTICLE XVI. 

116. Poiir (5nonccr la difTt';rence des diverses livres, on les 
ramène h l'unité du système ts^ao-p'ing J§ 2ji. p]lles sont néan- 
moins toujours divisées en seize parties, quel que soit le nombre 
d'onces tH'ao-p'mg \^ Zji qu'elles contiennent. Voici quelques 
spécimens : 

147. Valeur de diverses livres en grammes. 

1 ^ T^ TT T'Un'P^infj-tch'aig Winy 10 

2 # 2ê ^ H'Ki-kitan-tch'cno ,, 14,4 

3 « ^ tï Liii-?/(inff'tch'euff ,, 17 
AM*Mlift ff SoU'tcheou-tché-Uh'eng „ 15,3 
5 JÉ i$ f^ Tcheng-cha-tch'enff ,, liï,8 
|Ç jÈ f'T* Tché-tchoang-ich'cng „ 19,3 

7 Ife f? Tangtch'cng „ 21,12 

8 Convention franco-chinoise 

148. Dans le commerce, quand en emploie une livre dont 
on ignore le nom et le poids, on la ramène à l'unité de poids 
i^'ao-p'ing Jf 2p, et suivant le nombre de \iang ^ ts'ao-p'ing Jff 
zp qu'elle pèse, on l'appellera par ex. livre de 20 liang, eul-cho^ 
liang-tch^eng Zl ^ W ^f*» ^^ che'tsi-liang-saii'tfi'ien'tch'eng -J- ^ 

M H ^ #• 

149. La livre, comme on l'a vu, indépendamment du nombre 
de liang ^ ts'no-p'ing J§ ^ qu'elle contient, se subdivisant tou- 
jours en 16 parties qui s'appellent aussi liang ^, on se sert pour 
simplifier les calculs, d'une table comparative, où toutes ces par- 
ties sexdécimales sont réduites h un quotient obtenu en divisant 
la livre par 16. Voici cette table : 

150. KIN-LIANG-FA )r M îà- 

TABLE DES V^VLEURS DU LIANG 

ET DE SES MULTIPLES, 

EN FRACTIONS DÉCIMALES. 



Lianj; Fractions «les livres 

1 -..„.0,0tî25 

9 1*2*) 

3 0,187.") 

4 0.26 

5 0,3125 

7 ..0,4375 

8...... 0,5 



Liang FinctionR îles livres 
9.-... 0,.5I»25 

11 .....0,6S75 

12 „ ...0,7.1 

13 0.8125 

15 „ 0,0375 

IG 1. 



rcfl 



(1) Cette livTj e8tj)resque univerHollcmont employé? au Kiang-aou ZH ^* Ce liang 
ffl est celui du poi.ls (s'ao-ping îu ^* 

(2j Cette livre a cours à Chang-hai JL ïS' o»^ l'on conserve à la chambre cbinoisj 
de commerce une masse de cuivre appelée Vnng Uiu wJJL? dont le iwids égale 122 liv 
W ï^ TT hoci'koan-tch'eng et qui sert à rectifier les balances de mjme e8p(>ce. 

(3) F.mployé.' i\ Ch'inghai _t oJî qui l'emprunte à Lti-yang ^jS \^' 

(4) Employée à 5(>M-/c/«'0K jVj^ W- 
(.'») Employée à Hai-meu îÇ l J • 
(0) Employée à ^c/<*(;ni^w^wr/ # PfJ- 
(7) Employée en diverses çoji fiées. 



DES POIDS. 



57 



151. Par exemple ; étant donné 2 livres, G Uang ]^ de fruits 
à 78 sapùques la livre, on écrit le nombre de livres tel quel, 2, et 
on remplace les Uang ^ par leur (luolient 0,375 pour G Uang j]^. 
d'après le tableau ci-dessus. En faisant la multiplication, on 
obtient le prix total 185 sap.,25. 

152. Calcul. 

En livres : 2,3 7 5 Deux livres et six lianp Rî • 

7 8 Piix (l'une livre, en sapèques. 

19000 
'1G6 25 



En sapèques : l 8 5,2 5 Prix «le doux livres et six liamj. 



8 



■^ TM^HH^^^HPfi 



ARTICLE XYII. 

MESriiES DE LONGUEl II. 



153. L'unité de loneueur est le tch'o /^ «pied», subdivisé 
par raison décimale en ti<uen -îj-, fen ^. li J[5f, liao ^, se U, hou 
j^^, XK'oi ^, .s'?>;i ^. 10 pieds font 1 tchainj ^. 

loi. Le /c/t'e )^ varie de grandeur et de nom d'après les espè- 
ces mesurées et selon les pays. Nov.s donnerons quelques variétés 
de pieri<i. 

Rappout de dUvers pieds au MèTRE. 

1. ^ îS K Y.r,.U.o-trh^e ^ ^ 0.ÎÎ07ÎÎ4 

2. ÏH^c jt\ TK /^ S4m-trhc(ni-mou-tcJt*c ..- ~ ~..^^ ^ 0,27C 

îî. ^i\ f^ 7N /^ Ch'in'jhni-num-tcJi^" ~ ~ .~ ». ^.„ 0,28 

^' fsl^ /H ^ /^ Son-trhcott-KonH'tch^f ....- ~. — 0.341 

5. V|j ^ fj /^ TchUtnif-vIum-kwin-tch^e « «, „ >»..-. 0,ÎV»l 

fi Jl f/1^ 1^ X <'h(tii(ihni-lo,ni4vh't 0..356 

7. Pied de la coinention fraiico-cliinois.^ „ 0,C-'>8 

ir)5. Les surfaces de terre se mesiirent au hong ^. Subdivi- 
sions décimales : fen ^>, H ^, hao g, se j^, hou f^, wei gj, 

ioG. La mesure légale Uong ^, qui vaut cinq pieds de la 
mesure yng-ti^nO'tch'e *^ ^ fi^ égale li"être^5367 ^^Q i?ic/ie8 and 
a half). Il y a quelques années cette mesure a été prescrite par 
la loi pour Tarpenlage des terrains qui augmentent par alluvion: 
])Our les terres anciennes, on reste libre u'employer la mesure 
traditionnelle en usage dans le pays (1). La mesure traditionnelle 
juridiquement admise dans le territoire de Chang-hai Jlfj^, égale 
1'",G73 (00 mc/ics). Il y a quelques années le tao-t'iii de C/iang- 
''^^ Jl f$ JE ^^ accordée au consul anglais. Mais à la campagne 
on emploie encore deux autres mesures traditionnelles dont Tune 
égale 1'",09 et l'autre 1'",77. 

157. A Tvh'oiig'iniiig ?|^ njj où les alluvions nécessitent de 
fréquents arpentages, la mesure traditionnelle hojig ^ égale l™,??. 

(1) Cette I iHpoMtion îégile nVst p.iB toujouni observée. AinM c tte anuée ( 1R82 ) 
on a incauié la tt;rrc nouvelle sur le bord du Hoang-p*ou jl* fj, et seuls 1 s terraiua 
v.indn8 pliif» ih?r ont été nicHuréi avec la nu-suc légale ( 1™,5C67> Pour Un autre» on »'e«| 
servi de la nicsuro tratlitionnellc ' !•", (>73.. 



I. 



MESURES DE LONGUEUR. 59 

Jadis sous Ics3/nîr/ njj, on érigea dcvanl le tril)unal du sous-préfet 
une ])ierre de cette hauteur, qui devait servir à régler la longueur 
du Itony ^ et à la conserver invariable. Pour l'arpentage des 
terres, on s'y sert plus fréquemment d'une mesure appelée tchany- 
pé ^ ^, faite avec de minces lattes de bambou et ayant 10 koiig 
"^ de longueur, c.-à-d. 17'", 2. 

158. 3G0 liong ^ font un li ||[, grandeur variable comme 
le hong "^. 

159. Le kong ^ carré s'api)elle pou ip «pas», et 2i0 pou 
-^ font 1 meou ^ «arpent». Subdivisions décimales : fen ^ 
(24 pas), li^ (2 pas, 4) liao ^ (Opas,24), .<e |J,. hou ^,, v;ei ^, 
6* l'eu ^. 






■w 



ARTICLE XVIII. 

DE L'ESTIMATION DES BOIS DE CHARPENTE 
EN FONCTION DE LA CIRCONFÉRENCE. 



160. La province du Kiang-sou iL ^ ne produisant pas les 
arbres dits chan-mou >J^ /f;, presque uniquement employés com- 
me bois de construction, on importe les bois du Kiang-si f£ |f , 
du HoU'hoang Jj^ ^ et du Fou-hien jjg j^ ; il s'en fait un grand 
commerce. 

161. On mesure le tour des troncs d'arbres au wei-mî^ g ^, 
mince lamelle de bambou. Unité : icii'e f^ «pied»; subdivisions 
décimales : tsiien tj* et fen ^; sans plus. On néglige les fractions 
de 1 à 3 fen ^; on compte pour 5 fen ^ ou h tsuen îf les fractions 
de 4 à 7 fen ^; et pour 1 tsuen -sf les fractions de 8 ou 9 fen ^. 

162. La circonférence des troncs d'arbres, généralement coni- 
ques, diminuant de la base au sommet, sera prise communément 
à six pieds mou-lch'e /fc j^ de la base. Les bois longs de moins 
de 12 pieds mon-tch'e Tjc /J se mesurent simplement par le milieu. 

163. L'unité de mesure ici encore varie de nom et de grandeur 
avec les pays. Exemples : 

164. Diverses mesures de circonférence 

(rapportées au mètre). 

1. M TK W lE Wk ri» Nan'lcingkongtchenff-Can'tch^e..,^ «..«„.... 0,351 

2. ^ flC W ^ lE 9i R Tchen'kianfjsipangtchenO'Van-tcli^e, ... 0,342 

3. m W VÎ 98 /Si fTœi-t^otip-fang-t'an-tcJi'e - 0,341 

4. iSS /H 5^ JE flU /^ Sou-tch€ou-koii(j'tdiengt*an-t€h*e 0,34 

5. Jt ^ # I^ 8B K Chamj'hai'hotit'ong-Van-lch'e 0,336 

165 La valeur des arbres auermente naturellement avec leur 
épaisseur, en raison du volume lui-même et aussi de. la rareté. 
Mais si Ton voulait soumettre cette augmentation relative de valeur 
à un calcul exactement proportionnel a ce double titre, elle aurait 
des degrés prescjue infinis; pour faciliter ce calcul on a de temps 
immémorial fait une table de supijutation où les dimensions de 
circonférence de 7 tsuen tJ- h 5 tch'e J^ (1) sont ramenées à l'unité 

(l) Les ar'ure» dont la circonférence dépasse 5 tch'c /s s'estiment arbitrKirement 
d^iprès leur volume. 



DE L ESTIMAI 



I.A ClHCONFEnENCE. 



61 



tiang ^ et à ses subdivisions dijcinialcs Wiun 0, fcn ^, Jt ^, 
hao ^; et toutes ces dimensions sont partagées en dix groupes, 
de sorte que l'augmentation de prix pour le double motif susdit 
ne se fait que dun groupe à l'autre, et est la même pour toutes 
les dimensions d'un m^me groupe. 

166. (LAO) LONG-TS'iUEN-MA-KIA [M] U ^ M 1§- 
(Vieille) table de supputation-. 



en, feu, li, hno. 





Siipput 


lion: 




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n 










^ 

..-0 

..,„0. 


6- 




































n 




















0, 



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62 



PIIEMIÈRE PARTIE. ARTICLE XVIII. 



<Urconfér:nc''. 
Tcli'e, tfiuen, fin. 



T'^iiité «le réi'uction. 
Liung, ts'ien, fer. 



2, 

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3 



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3 

3j 






DE L ESTIMATION DE LA CIllCONFERENCE. 



03 



167. La Initie de f^Jipputntion ci-dossns est appelée /onf;-^s*'lup?^ 
f^ M ^" ^^^^^^ (Itine sous-préfeclure du Kiawj-fii ^"Bf^où elle fut 
employée pour la première lois. On lui ajouta plus lard le surnom 
de iao r^ «vieille», j)our la distinguer des autres tables qui furent 
adoptées dans la suite. Cette vieille table, bien que d'un usage 
moins universel qu'autrefois, est cependant encore employée telle 
quelle dans certaines villes, telles que Sou-tcheoii ^ jt|, Tcli^ang^ 
c/îO" 1S ^ T'ai'ts'anu ^i: ^, etc. 

1G8. Au siècle dernier la vieille table fut modifiée pour 
les douze premiers nombres, c.-a-d. depuis tch'e, 7 (7 tsuen -sj*) 
jusqu'à 1 tch'e 25 (1 Ick'e J^, 2 Isiien -sj*, 5 fen ^) inclusivement; 
mais pour les autres nombres la nouvelle table ne difTère pas de 
la première, comme on peut le consUiter ci-dessous (n. 1G9). Cette 
nouvelle table fut, dit-on, employée d'abord dans le grand bourg 
de Tcha-p'ou ^ fîJî (dans la sous-préfecture P'ing^Jwu 2]i jjjg au 
Tché-kiang j^ f£); elle est maintenant adoptée dans beaucoup de 
villes, par ex. a Chang-hai J; f§, etc. 

100. (SIN) LONG-TSaUEN-MA-KI.V [W B M ^ ffl- 

(Nouvelle) t.^ble de supputation. 



Circonfcrencc. 
Tch*o, tsuon,fcn. 



Unité «le nduction. 
L:ang,ts'ien,fen, li, hao. 



0. 
0, 
0, 
0. 
0, 
0, 

1 

l. 

l, 
1, 
1. 
1, 
1, 



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7 
8 
8 




1 
l 

2 



Sappufc;it!ou : 0, 

0, 

0. 



5 



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5. 



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1 

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4 

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O 





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5 



.11 



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5 



5 



o 






Pour le reste, cjn'ormc à la vioillo tible, voir n. 160. 



170. A Nan-hing f(j 7i]«; il existe une autre table qui diiïère 
de la vieille pour les seize premiers nombres, c.-à-d. depuis la 
dimension 0''''*'<^ 7 ^s•^(e?^ -•]* jusqu'à 1 tch'e 45 (1 tch'e j^, 
4 tsuen tJ-, 5 fen ^j*) inclusivement, et qui est la même pour les 
autres chilTres (Cf. n. 171"!. De plus, d'après cette table, les arbres 
dont la circonférence n'atteint pas un tch*e j^, s'appellent pow- 
teng-mou /^ ^ TfC «arbres d'ordre inférieur» et ils ont la même 
unité de réduction. 



64 



PREMIERE PARTIE. ARTICLE XVIII. 



171. NAN-KING-MOLî-MA-KIA ^ m /fC lig tS- 
Table en usage a i^an-king. 



Circonférence 
Tch*e, tsuen, fen. 



Faite de léluction. 
Liung, ti'ien, fen, li. 



0, 
0, 
0. 
0, 
0, 
0, 

1 

1, 
1. 
1. 
1, 
1, 
1, 
1. 
1, 
1. 

1, 



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7 
8 
8 

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1 
1 
2 
2 
3 
3 
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4 
5 



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' Supputation : 0, 2 



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3 


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4 


0, 





4 


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5 


0, 





5 


0, 








0, 





C 


0, 





7 


.0. 





8 


0, 





9 



5 



8 

te 






Pour le reste, conforme à la vieille t:»ble, voir n. IGG. 

172. L'unité de réduction est invariable, comme on Ta vu 
dans les tables qui précèdent. Mais la valeur de cette unité change 
suivant le cours du commerce, la qualité et la longueur des arbres, 
longueur qui ne se mesure pas, mais s'estime approximativement. 
Les bois chan-mou ?f^ /(c venus du Kiang-si ^ "gf sont de meil- 
leure qualité que ceux du Ilou-koang fjjj^ ]g|, qui eux-mêmes rem- 
portent sur ceux du Fou^kien jjg jj|. Les bois de Ou^yuen ^ Jjg 
(sous-préfecture du Ngan-hoei ^^) sont de première qualité; mais 
on ne les importe à Chang-liai J^ ^ que coupés en billots courts. 
Le prix estimé en lingots d'argent s'appelle yn-koan ^ J|^; estimé 
en piastres, on l'appelle yang^koan p^ ^, et tsHen-hoan gj ^ s'il 
est apprécié en sapèques. l'ne once d'argent, une piastre et mille 
sapèques s'appellent respectivement 1 hoan ^. 

173. Par exemple, deux troncs d'arbres ont pour circonférence 
l'un 2 tch'e j^ et l'autre 3 tch^e )^: Vunilé de réduction vaut en 
piastres 12 koan ^; en faisant la multiplication, on obtient un 
prix total de 15 piastres, 72. 

174. 



Circonférence. 
Tronc de 2 tch'e 
Tronc de 3 trh'e 



0,2 8 
1,0 3 

1,3 1 
12 

20 2 
131 

1 5,7 2 



Unité «le ré«luction. 
Unité de réduction. 

Leur somme. 

Piix de l'unité en piastres. 



Prix des deux troncs en piastres. 



ARTICLE XIX. 

APPENDICES. 

INSCRIPTIONS DU TAUX ET DU POIDS DES LINGOTS. 

175. Pour qu'un lingot d'argent soit admis dans le commerce, 
comme nous Tavons dit dans TArticle XII, il doit préalablement 
être estimé et pesé par des experts, qui doivent écrire eux-mêmes 
la valeur et le poids sur les lingots et sur des certificats qu'ils 
délivrent. Les lettres numérales qu'ils emploient dans ces inscrip- 
tions sont de forme spéciale et illisibles pour ceux qui ne sont 
pas initiés. 

Nous donnerons donc ces lettres dans une quadruple série, 
objet de quatre appendices : 

Appendice I. Inscriptions de réduction de valeur employées à 
Sou-tc/ieou jm ^. 

Appendice II. Inscriptions d'augmentation de valeur employées 
sur la Concession européenne à Chang-hai J^ f^. 

Appendice III. Inscriptions d'augmentation employées dans la 
ville chinoise de Chang'hai J^ fif. 

Appendice IV. Inscriptions de poids. 



Voir page 86 un cinquième Appendice, sur les désignations 
de superficie. 



APPENDICE T. 

INSCRllTIONS DE REDUCTION DK VALEUR 
EMPLOYEES A SOUTCHKOlT. 




représente les deux caractères ts^ing choei ^ :^, «purifier» 
ou «réduire». La réduction est exprimée en liang ^, et 
sous-multiples décimaux : ie'ien ^, fen ^, par le reste du 
sigle, comme Tindiquent les chilTres arabes que nous 
ajoutons au-dessous. 




0,02 



0,03 







0,10 



0,12 



0,13 



0,15 



0,17 



" i.-? 




APPENDICE I. 

iW. 



0,as 




0,20 0.22 0,aS 0.2* 



«•7 «.M «.» »•'* "^ 



I 
^ 





O^-W O.ST «,38 "'« "•*' 



68 



PREMIERE PARTIE. 




0,43 





0,45 



0,47 



0.48 



0,50 








0,52 



0.53 



0,55 



0,57 



0.58 




0,60 





0,62 



0,63 




U,65 



0,67 



APPENDICE t 



69 




PREMlàRG PARTIE. 







0.93 olSs 0,97 0.M 



îm 

1,0S ^ 1.03 ^l.OS 1.07 1.08 

^ fi 41' 

* . "^"^ , -m 1 ..!.'> ^ 1 .30 



^^ 



APPENDICE I. 71 





1,40 





l,fiO 



fi 










1,80 



1,90 1.95 2,00 




72 



PREMIÈRE PARTIE. 




Ï^^€ 




8,70 



3,80 



S,90 



8,00 



APPENDICE II. 

INSCRIPTIONS D'AUGMENTATION DE VALEUR 

EMPLOYÉES SUR LES CONCESSIONS EUROPÉENNES 

A CHANQ-HAI. 

Au>de9SU3 de chaque inscription, il faut mettre le caractère 
chen ^ «augmentation». 

L'augmentation est exprimée par ces Bigles en liang f^ et 
sous- multiples décimaux : (s'ieii ^. fen ^, comme l'indiquent les 
chilTres arabes que nous ajoutons au-dessous. 




APPENDICE II 



ii} 




(jL 




2,40 



î?,45 



2,50 



2.5Ô 






2.00 



2,65 



2,70 







2,80 



2,85 



2,90 



3,00 




APPExNDICE IIL 

INSCRIPTIONS d'augmentation DE VALEUR 

EMPLOYÉES DANS LA VILLE CHINOISE 

DE CIIANG-IIAI. 



Ce signe représente la lettre chen ^ «augmenter.» Les 
kong-hou ^ ^ «appréciateurs d'argent» remploient à 
dessein ainsi que d'autres lettres rationnelles transfor- 
mées, ou plutôt déformées, afin que ceux-lk seuls qui ont la pra- 
tique de ces inscriptions puissent apposer une estimation d'argent 
sur les lingots, manière de prévenir les substitutions de fausse 
estimation. Il y a cependant des faussaires, bien que rares, qui 
imitant parfaitement ces inscriptions, inscrivent de fausses esti- 
mations sur les lingots pour leur donner plus de valeur qu'ils 
n'en ont réellement. 

C'est pourquoi les commerçants prudents n'acceptent pas de 
lingots qu'ils n'aient auparavant constaté si leurs inscriptions sont 
avouées par les hong-kou ^ {^ eux-mêmes. Quand on découvre 
de fausses inscriptions, le faussaire est recherché, et puni d'une 
amende, s'il est découvert et convaincu. A Chang-hai J^ f^^ 
comme il a été dit au N® 113, il y a deux bureaux d'estimation, 
Tun au nord de la ville pour la Concession européenne, Tautre 
au sud pour la ville (chinoise) et les fau]>ourgs. UeMimation 
d'un bureau n'est ni reconnue ni reçue dans le territoire de 
Tautre. Les lingots estimés dans une banque, si on les transporte 
en dehors de son territoire, doivent donc être à nouveau estimés 
par l'autre banque et munis de ses inscriptions, après qu*on a 
effacé celles de la première banque. 

La partie inférieure du sigle exprime l'augmentation en Itan^y^f 
et sous-multiples décimaux : ts'ien |^, fen ^, comme l'indiquent 
les chiiTres arabes que nous ajoutons au-dessous. 



AI-PENDICE m. 




-r^ 



PKEMIlillK PAUTIK. 





Il 




I,» 9,» 8^ 2^ 





S.4« S,!» 2,S5 



APPENB 







2.15 

et* 



APPENDICE IV. 



INSCKIFTIONS DE POIDS. 



Lea poids sont énonciis par ces sigics en liang jf} et sous- 
multiples décimaux : te'ien £|, fcn ^, comme l'indiriucnt les 
chiffres arabes iiuc nous ajoutons au-dcsiious. 



VMiâi 



APPENDICB IV 



»4 








48,40 



48,50 



4BM 



48,70 



49,00 





^»11 



49,d4 



48,46 



40,50 



49,51 



11 



PKlMtBHE PARTIS: 






49,99 60,00 50,01 



}^^}p^}^ 



i 



»,02 BO.U »je 00,» »,4T 



APPENDICE rr. 




SO^ M.M Sl.00 61.10 »'.!* 




BI,30 SI,3S Sl,47 31,56 51,81 



PREMIERE PARTIE. 



fiJft|5| 



U,Wt 52,00 S!,Ol 10,14 51,87 



«5|5f|f 



■^ X ^ 

111 



teM f&.ta M.TJ 52,87 ra,9:, 



APPENDICE IV. 








A 



5S,00 



53,01 



58,10 



58,17 



58,26 







53.40 



53,50 



53,54 



53,70 



APPENDICE V. 

SIGNES TECHNIQUES 
INDIQUANT LA SUPERFICIE DES TERRAINS. 

On a observé plus haut (Art. IV, n. 37) que les employés 
des tribunaux, pour marquer les superficies de terrains, usent 
d*une écriture spéciale, chou-che ^ ^ ccsigles de greffe», secret 
professionnel qu'ils ne livrent pas volontiers, et qu*il nous semble 
à propos de publier. 

Ces sigles, et leur traduction en chiffres arabes, indiquent 
des meou |[j( et leurs sous-multiples décimaux fen ^, H jg, hao ^. 

Le meou i[K (n. 159], estimé suivant l'unité de longueur 

^ & K {^- ^^^)y vaut o'^^ose?. 



ll'UUtl 



0,001 0,002 0,003 0,004 0,005 0,006 0,007 0,008 



uvvv 



0,009 0;01Q 0,011 0,020 0,022 0,090 0,088 0,040 



APPENDICE V. 87 



vin^v 



0,044 0,060 0,066 0,060 0,066 0,070 0,077 0,080 





1 3 "î -î 



0,088 0,000 0,090 0,100 0,101 0,102 0,106 0,104 



1^1 



l\ 






0,105 0,200 . 0,206 0,300 0,807 0,400 0,408 0,500 







lii 



0.509 0,600 0,612 0,700 0,728 0,800 0,«34 0,000 



88 



PRBMIBHB PARTIE. 




^ 




% f 1 l Î 

6 6 



0,956 1,000 1,001 2,000 2,002 8,000 8,006 4,000 




t 




% 




i 




% 



4,004 5,000 5.005 6,000 6,006 7»000 7,007 8,000 







â 





% 





8.0C8 9,000 9,009 10,00 10,01 11,00 < ll.OS 12,00 







S 










1S,03 13,00 I3,M 14,00 14,05 15,<)0 . 18,06 10,1» 




^ ^ f 



APPENDICE V. 



80 



? 
â 



I 




16,07 17.00 17,08 18,00 18,09 19,00 19,80 20,00 









a 



20,10 20,20 20,30 20,40 20,50 20,60 20,70 20,80 










5 4 



20,90 21,00 21,10 21,20 21,30 22,00 22,40 23,00 



X 





2t 





^ 4 



\ 



23,50 24,00 24,60 25,00 25,70 26,00 



26,80 27,00 

12 



*^n 



90 



PREMIERE PARTIE. 



A- 




4 

4 



4 













27,90 28,00 28,91 29,00 29,99 30,00 80,001 «1,00 



I -. 




M 









!1,002 32,00 32,003 33,00 33,004 34,00 34,00) 35,00 




6 





i 4 







35,006 86,00 36,007 87,00 87,008 88.00 88.009 89,00 







I 








39,10 40,00 40,01 41,00 41,02 42,00 42.03 43,00 



APPENDICE V. 



91 












I 



43,04 44,00 44,05 45.00 45.06 46,00 40,07 47,00 











47,08 48,00 48,09 49,00 49,10 50,00 50,10 51,00 










51,20 52,00 52,39 53,00 53,40 5-1,00 54,50 55,00 






I 









65,60 56,00 50,70 57,00 57,80 58,00 58,90 59,00 



imt 



92 



PREMIERE PARTIE. 








* ^ 






I 



5y,9J 00,C>0 «1,00 62,00 fi3,C0 C4,00 C5,00 6C.00 




I 
â 









G7.00 08,00 «0,00 70,00 71,00 72,00 73,00 74,00 





I 








^ 

^ 




75,00 7<>,00 77,0(» 78,00 70,00 80,00 81,00 82,00 



3 






î 






88,00 S4,00 85,00 86,00 87,00 88,00 89,00 90,00 



APPENDICE V. 



93 













91,00 92,00 93,00 94,00 95,00 9(î,00 97,00 98,00 




U 



A S ^ 




99,00 100,<K) 100,001 200,00 200,012 -300,00 300,24 400,00 



sb7 



il 



4 



^* 



^ ^ ^ x 





401.30 500,00 5^32, 10 000,00 G05,60 700,00 706,70 800,00 



3 







Ju 

X 

B 



su 




:^ i^ i^ ^ 

ii t 1s 







808,90 900,00 910,00 911,00 912,00 913,00 911,00 915.00 



9't 



PREMIERE PARTIE. 



* 


^ 


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i 


5 


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i 






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^ 








^ 




916 917 918 919 920 930 940 950 



















4: 



-fc 



960 970 980-990 999 1000 1100 2000 






i: 



S 

+ 

u 



2300 10000 20000 ^SlOOO 



SECONDE PARTIE. 



MODELES D'ACTES ET DE DOCUMENTS 



OFFICIELS. 



AVERTISSEMENT* 

Les pièces suivantes n'occupent qu'une feuille dans les con- 
trats originaux; mais le format des Variétés ne nous permettant 
pas de les donner pour la plupart en une seule page^ pour les 
actes qui comprendraient deux pages du présent livre, nous ferons 
commencer le texte chinois par la page de droite, afin que Tacte 
imprimé se rapproche le plus possible de la forme de l'original. 

Dans la traduction annotée qui suit chaque acte ou document, 
nous renvoyons directement, par des chiffres placés entre paren- 
thèses, aux numéros de la première Partie, réservant le bas des 
pages pour quelques explications nouvelles de peu d'étendue. 

Nous faisons précéder ce formulaire d'une pièce otïlciclle 
qui, vu son importance, nous semble mériter la priorité. Elle est 
la dernière expression du droit qu'ont les missions catholiques 
d'acquérir des immeubles en Chine, et c'est à ce titre que nous 
la reproduisons, réservant pour une étude plus complète l'exposi- 
tion des droits des missionnaires. 

Le droit d'achat par les missions catholiques de terrains et 
de maisons à l'intérieur de la Chine repose sur les traités signés 
entre la France et la Chine en 1858 et 18G0, ainsi que sur la 
convention Berthemy, conclue le 20 Février 1864. — Des diffi- 
cultés ayant surgi à l'occasion de cette convention, M. Gérard, 
Ministre actuel de France en Chine, a obtenu par son indompta- 
ble énergie, d'abord, de rétablir, ou plutôt, de maintenir son 
texte, puis d'y ajouter des modifications explicatives, et enfin de 
le faire parvenir par le Tsongm'-ija'men aux autorités provinciales 
avec ordre de le publier partout. Nous donnons ci-joint le texte 
définitif envoyé par le Tsang^li-ya-men aux Provinces, avec la 
traduction faite à la Légation de Pékin. 



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TEXTE DEFINITIF 

DE LA 

CONVENTION 

RELATIVE A L'ACQUISITION DE TERRAINS 

ET DE PRO^RIÉTÉS 

PAR UÉGLISE CATHOLIQUE 

ARRÊTÉE ENTRE LE GOUVERNEMENT IMPÉRIAL CHINOIS 

ET S. EXC. M. GÉRARD, MINISTRE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE A PÉKIN, 

21-26 MAI 1895. 



Nous, Dubail, Consul général de la République Française à 
Chang-hai, transcrivons ci-dessous la convention conclue entre 
M. Gérard, ministre de la République Française en Chine, et les 
grands Ministres, membres du Tsang-li^ija^men : 

«A l'avenir, si des missionnaires français vont acheter des 
terrains et des maisons dans Tintérieur du pays, le vendeur (tel 
ou tel, son nom) devra spécifier, dans la rédaction de Tacte de 
vente, que sa propriété a été vendue pour faire partie des biens 
collectifs de la mission catholique de la localité. Il sera inutile 
d'y inscrire les noms du missionnaire ou des chrétiens. La mission 
catholique, après la conclusion de l'acte, acquittera la taxe d'en- 
registrement fixée par la loi chinoise pour tous les actes de vente, 
et au même taux (î). Le vendeur n'aura ni à aviser les autorités 
locales de son intention de vendre, ni à demander au préalable 
leur autorisation.» 

En Tannée 21ine de liCoang-siu^ 5" lune,... jour, cet acte a été 
délivré. 



(1) De oeci il résulte que la note t.^) n. 2*^, insérée au bas de la page 25, 1 Part., vmie 
à répoque où elle était éorite, doit être aujourd'hui corrigée ; il y est dit que seule la con- 
Tention amérioaine (Part. 12) porto une clause soumettant les Mens acquis par les sujets 
des Ktats-Unis à Tarticlc do lu loi concernant le choei-k'i ^ ^* 

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100 SECONDE PARTIE. I 



I. ACTE DE VENTE DE TERRE REVOCABLE. 

Moi, Tchao Kia, auteur de cet acte de vente révocable (n. 20) 
de terre, dans un besoin d'argent pour un usage honnête, ayant 
invité des entremetteurs (n. 16) à faire l'accord, à présent je 
vends au Temple du Principe de tous les êtres, pour être le fonds 
commun de l'Eglise de cette contrée (n. 36), la pleine propriété 
[ou le fonds] (n. 75) de tant d'arpents de terre (1) soumis à Timpôt 
légal (2), dont je suis devenu propriétaire par moi-même (3), et 
cadastrés sous le n** taiit du quartier qui porte le caractère N. , au 
t'ou.,.^ au A'îu..., au pao... de la sou s- préfecture N (4). — Après 
délibération des trois parties (5)^ nous sommes tombés d'accord 
pour la somme de tant d'onces d'argent pur au poids complet de 
ts'ao-p'imj (n. 142), prix actuel de la propriété. Cette somme m'a 
été payée en une seule fois ce jour même où j'écris cette. pièce, 
en dehors de laquelle je n'ai pas écrit d'autre reçu; il n'y a eu 
non plus aucune retenue du prix à raison de dettes à payer. — 
Ces terres sont ma propriété et personne de la famille, soit supé- 
rieur soit inférieur, ne me la conteste; de plus il n'y a pas eu de 
double vente (6). Si de semblables affaires se présentaient, moi le 
vendeur j'en serais seul responsable, elles ne regarderaient pas 
l'acheteur. — A partir du moment de la vente, l'acheteur, à son 
gré, fera le changement de nom du propriétaire (n. 32), paiera 
le tribut, fera valoir les terres en les cultivant lui-même [ou appel- 
lera des fermiers pour en recevoir le fermage]. — Il a été claire- 
ment stipulé que le terme de cette vente est de tant d'années, que 
ce terme arrivé, en rendant le prix reçu, je rachèterai ces terres 
(n. 20); que si le prix n'en était pas rendu, l'acheteur, à son gré, 
continuerait à en être propriétaire. — Tout ceci est ma volonté 
bien arrélée et je n'ai pas d'autre parole; et vouLant qu'il reste 
un document qui en fasse foi, j'ai dressé cet acte de vente révo- 



(1) Le nombre «rarijcnts est désigné ici taqtdt exactement, tantôt en chiffres ronds, 
qui rcprcsentenb la superficie nominHlo «les terres, v. gr. >a EH ïf I^BliE ;encedemicr 
cas, à la un du contrat, sous le titre ki-k*ai &i ^ on écrit le nombre exact d'arpents. 

^*?) Cvoi oHt dit i>our distinî^uer len terres ainsi vendues de celles nommées lou-k'o- 
t'icn iÊLWk B3 et !,ai.k'oCien Si ^ ffl (n. 4r>et 48). 

(3) Par ces doux oiractères Q xt Uc-tdit on distingue les propriétés acquises par 
le propriétaire lui-même soit en les achetant, soit en les recevant en don d*un tiers, de 
celles que le proprict:ùre a reçues en héritage de ses i>arents et qu^on dit Jjj^ jjt tMU'L 

(4) IxïR divisions et subdivisions territoriales d^uno sous-préfecture ne sont pas i>ar- 
tout le» mêmes; en outre, ces }>nn^ k*iu et Vou^ ne sont p:is toutes des subdivisions les unes 
lies autres : C'f. *& ÏL, }vi 1m^ 1" Kiucn, fol. 14, où l'on explique Torigine de plu- 
sieurs de ces divisions pour la préfecture de fym^-kiang, 

(5) Le vendeur, racheteur et l'entremetteur. 

(6) C'est ù-dirc le terrain n'a pas été vendu auparavant à un autre. 



VENTE DE TERRE RÉVOCABLE. 101 

cable de la pleine propriété [ou du fonds] de terre pour qu'il 
puisse être consulté. 

Enumération de points à spécifier. 

Note des pièces remises à l'acheteur : 1^ iBoni de feuilles 
cadastrales au nom N. (n. 93); 2** inni de pièces timbrées reçues 
du vendeur précédent (n. 61); 3® ^ant de pièces anciennes prove- 
nant des vendeurs antérieurs (n. 97 (1)); 4** (ant de quittances 
d'impôt des dernières annnées (n. 57). 

Quatre limites de la propriété (n. 7) : à TE. jusqu'au terrain 
de l'acheteur; au S. jusqu'à celui du vendeur; à TO. jusqu'à la 
voie publique; et au N. jusqu'au milieu du canal. 

En même temps que j'ai remis à Tacheteur cet acte de vente, 
j*ai reçu de lui la somme de tant d*onces d'argent pur au poids 
complet de ts'ao-p'inf/. 

En l'année ia,ni de Koang^siu, telle lune, tel jour, moi, Tchao 
Kia, j'ai fait cet acte de vente révocable de la pleine propriété 
[ou du fonds] de terre. Après la signature du vendeur, suivent : 
1® celle du témoin oculaire de la vente, oncle du vendeur (n. 16); 
2** celles des entremetteurs; 3^ celles des témoins intermédiaires 
(n. 9) ; 4** celle du chef du district (n. 17) ; 5* celle du chef de 
groupe de familles (n. 17); 6** et enfin celle du secrétaire (n. 15). 

A la dernière ligne le vendeur aflirme que vraiment cette 
pièce est un acte de vente. 



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VENTE DE TERRE RÉVOCABLE. 103 



II. REÇU DU COMPLEMENT DE PRIX DUNE TERRE. 

Moi, Tchao Kia, auteur de ce reçu du complément de prix d'une 
terre (n. 25), autrefois, dans le courant de Tannée taiit, moyennant 
l'entremetteur N, j'ai vendu révocablement au Temple du Principe 
de tous les êtres, pour être le fonds commun de l'Eglise de cette 
contrée, tant d'arpents de terre soumis à l'impôt légal, dont j'étais 
devenu propriétaire par moi-même, et cadastrés sous le n® tant... 
(Cf. l'acte précédent) de Is^ sous-préfecture N.; après l'échange du 
prix et des pièces de vente, l'acheteur fit le changement de nom 
du propriétaire, et comme tel il a administré ces terres; le prix 
alors reçu* étant insuffisant, de nouveau j'ai prié l'entremetteur de 
me faire ajouter un complément de prix montant à tant d'onces 
d'argent pur au poids complet de ts'ao-p'ing. En même temps que 
j'ai fait la remise de cet acte à l'acheteur, j'ai reçu de lui au com- 
plet la susdite somme d'argent; en dehors de ce reçu, je n'en ai 
pas écrit d'autre, et il n'y a eu non plus aucune retenue de prix 
à raison d'intérêts ou de dettes à payer. Il a été stipulé que l'on 
ajouterait tant d'années au terme fixé auparavant pour le rachat, 
qu'après le paiement de ce complément de prix il me serait permis 
de racheter ces terres, mais non pas d'exiger aucun autre com- 
plément; nous, les deux parties sommes tombées d'accord sur ce 
qui vient d'être écrit, aucun de nous n'a d'autre parole; et à 
présent voulant qu'il en reste une preuve, j'ai écrit ce reçu du 
complément du prix de la terre qui sera conservé en témoignage. 

Enumération de points à spécifier. 

Les quatre limites des terres vendues sont toutes détaillées 
dans le premier acte de vente. 

En même temps que j'ai remis à l'acheteur ce reçu, j'ai reçu 
de lui la somme de tant d'onces d'argent pur au poids complet 
de ts'ao^p'ing. 

En l'année tant de Koang*siu, etc. moi, Tchao fCia, j'ai fait ce 
reçu du complément du prix de ma terre. Après la signature du 
vendeur, suivent : l** celle du témoin du paiement en question, 
oncle du vendeur; etc. (Cf. l'acte précédent). 

A la dernière ligne le vendeur affirme que cet acte est vraiment 
un reçu du complément du prix de sa terre. 



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10G SECONDE PARTIE. III. 

III. ACTE DE VENTE IRRÉVOCABLE SUBSÉQUENTE 

DUNE TERRE. 

Moi, Trhao Kia, auteur de cet acte de vente irrévocable subsé- 
quente (n. 28) de Ja pleine propriété [ou du fonds] d'une terre, autre- 
fois, me servant des entremetteurs N. et N., par un acte écrit, j'ai 
vendu au Temple de tous les êtres, pour faire partie des biens col- 
lectifs de la mission catholique de la localité, la pleine propriété 
[ou le fonds] de tant d'arpents de terre soumis à l'impôt légal, 
dont je suis devenu propriétaire par moi-même, et cadastrés sous 
le n* tant du quartier qui porte le caractère N., au l^ou,.,. au 
k'iu,,.^ au pao.,,, de la sous-préfecture N. — Après la vente j'ai 
aussi reçu un complément du prix. A présent, me trouvant pressé 
par le besoin d'argent, de nouveau j'ai invité les susdits entremet- 
teurs à faire Taccord pour la vente irrévocable. Nous, les trois 
parties, d'un commun act-ord, nous avons clairement fixé la somme 
de tant d'onces d'argent pur au poids complet de ts'ao-p'ing, comme 
étant le prix actuel de la vente irrévocable (T; cette somme d'argent 
m'a été payée en une seule fois ce jour même où j'écris cet acte, 
en dehors duquel je n'ai pas écrit d'autre reçu : il n'y a eu non 
plus aucune retenue du prix pour des dettes à payer. Après cette 
vente irrévocable, l'acheteur devenu propriétaire de cette terre 
pour toujours, en disposera comme il voudra; ainsi, à son gré, 
il y bâtira des maisons, élèvera des tombeaux, ouvrira des canaux, 
plantera des arbres, la cultivera lui-même ou appellera des fer- 
miers (2); bref, quoi qu'il y fasse, personne de ma famille Tchao 
n'aura rien à y voir. Si cependant quelqu'un, soit de la même souche 
que moi, soit d'une autre famille, s'adressait à l'acheteur pour lui 
créer des embarras, c'est moi le vendeur qui me chargerais de les 
arranger; l'acheteur en serait tout à fait exempt. — Le prix origi- 
naire de la terre étant déjà payé au complet, et le prix actuel reçu 
étant aussi sunisant(3;, jamais on ne demandera à la racheter et l'on 
n'exigera pas non plus d'autre complément de prix (4). — Les deux 
parties -vendeur et acheteur- nous sommes d'accord sur ce qui vient 



(1) Cette somme, bien entendu, est en dehors de ceUes qui ont été déjà payées. 

^2) Si, par et., le terrnin était situé dans uu endroit qui ne fût pks convenable pour 
l'habitation, ou si l'acheteur n'était pas en état de faire valoir les terres par lui-même, à la 
))Iace des douze caractès 3S"'S fG9> on mettrait ^ fn ^ %, il appellera des fermiers 
<iui la cultiveront, pour en recevoir le fermage. 

(.3) Le prix oi'iginnirt est oehd par le<iuel le ven<leur a acquis jailis cette terre, et le 
prix udueJ ent celui que la terre a à présent parmi le peuple; or le prix pajé par l'acheteur 
surpas.se et le piix originaire et le prix actuel. 

(4) Le droit de propiiétc du vun<Ieur est comparé à un bois sec qui ne donnera plus 
de rejetons. 



VENTE DE TERRE IRRÉVOCABLE. 107 

d'être dit et aucun de nous n'en a de regret; toutefois, dans la 
crainte que dans la suite on manque de preuve qui en fasse foi, 
j'ai fait cet acte de vente irrévocable subséquente de la pleine pro- 
priété [ou du fonds] d'une terre, lequel sera conservé en témoignage. 

Suit rénumération de points à spécifier. 

Les quatre limites du terrain vendu sont clairement dési- 
gnées dans le premier acte de vente. 

En même temps que j'ai remis cet acte à l'acheteur, j'ai reçu 
de lui la somme de tant d'onces d'argent pur au poids complet de 
ts'aO'P'ing, prix de la vente irrévocable de la terre. 

En Tannée tant de Koang-siu &c..., moi, Tchao Kia, j'ai fait cet 
acte de vente irrévocable subséquente de la pleine propriété [ou du 
fonds] d'une terre. Après la signature du vendeur, suivent celles 
du témoin &c., comme dans les actes précédents. 

A la dernière ligne, le vendeur affirme que cette pièce est 
vraiment un acte de vente irrévocable subséquente. 



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BILLET DE GÉMISSEMENT. 109 

IV. BILLET DE GÉMISSEMENT (1). 

Moi, Tchao Kia, auteur de ce billet de gëmissement (n. 29), 
j'ai autrefois, me servant d'entremetteurs, vendu irrévocablement 
au Temple de tous l«s êtres pour toujours lui appartenir, tant 
d'arpents soumis à l'impôt légal, dont je suis devenu propriétaire 
par moi-même, et cadastrés sous le n** tant du quartier qui porte 
le caractère N., au i*ou..., au fe'iu..., au pao..., de la sous-préfecture 
N.; alors j'ai reçu au complet le prix consigné dans l'acte de vente. 
Mais, à présent, me trouvant dans une nécessité très pressante, 
j'ai prié l'entremetteur d'intercéder près de l'acheteur, et, en gé- 
missant, obtenir de lui tant de milliers complets (2) de sapèques 
légales (3). Cette somme de sapèques m'a été payée en une seule 
fois, ce jour même où j'écris cet acte, après quoi je ne molesterai 
plus l'acheteur (4). De crainte qu'on ne manque ensuite de preuve, 
j'ai écrit ce billet de gémissement que j'ai remis à l'acheteur pour 
en faire foi. 

J'ai reçu tant de milliers complets de sapèques légales con- 
signés dans ce billet. 

En Tannée tant,,.\ moi^Tchao Kia^j'ai fait ce billet de gémis- 
sement. Après sa signature, suivent celles du témoin, de l'entre- 
metteur et du secrétaire. 

A la dernière ligne le vendeur affirme que cet acte est digne 
de foi. 



(1) Nous publions oe modèle uniquement pour donner une idée du genre ; car cet 
usage, plus ou moins tjrrannique, n'étant pas accepté quand Tacheteur appartient à une fa- 
mille influente de la contrée, beaucoup moins doit-il Tètre quand c*ost la mission catholique 
qui est Tacheteur ; tout le monde sait que les missionnaires dans leurs achats paient des 
prix plus élevés que les gens du pays. Du reste, jamais, que nous sachions, nos mission- 
naires, quelques demandes qui leur aient été faites, ne se sont soumis à cet abus. 

(2) Dans plusieurs transactions, d'un commun accord, les centaines de sapèqnes ne 
sont pas complètes. 

(3) Parfois dans le petit commerce on passe des sapèques de contrebande, qu*on inter- 
cale parmi les sapèques légales dans des proportions très variées. 

(4) Les branches de rotin sont coupées pour toujours, et le bambou sec ne poussera 
plus de rejetons. 



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112 SECONDE PARTIE. V. 

V. ACTE PRINCIPAL DE VENTE RÉVOCABLE DE LA 

SURFACE DUNE TERRE. 

Moi, Ki Kia, auteur de cet acte principal (1) de vente (2) ré- 
vocable de la surface d'une terre (n. 74), à court d'argent pour 
un usage honnête, me servant d'entremetteurs, je veux vendre à 
Mr. Kouo la surface de tant d'arpents de terre situés dans le 
quartier qui porte le caractère N., au t*ou..., au k'iu,.,, au pao..., 
de la sous-préfecture N., et dont le fermage nominal (n. 84) [ou 
réel] de tant de mesures ^ de riz doit être apporté aux greniers 
de l'Eglise S^ Joseph, le prix de la vente devant être de tant de 
milliers complets de sapèques légales; j'ai reçu cette somme ce 
jour même où j'écris cette pièce. A partir de la vente, l'acheteur 
pourra cultiver ces terres et il en paiera le fermage. II a été en 
outre stipulé que le terme de la vente est de tant d'années, que ce 
temps passé je rachèterai la terre en en rendant le prix reçu; 
que si cependant le prix payé ne lui était pas rendu, l'acheteur 
continuerait à cultiver les terres (3): ce sur quoi des deux côtés 
nous sommes tombés d'accord et aucun de nous n'en a de regret. 
Voulant qu'après il y en ait un document, j'ai écrit cet acte de 
vente révocable de la surface d'une terre, qui en fera foi. 

Enumération de points à spécifier. 

Les quatre limites du terrain sont : à TE. jusqu'aux terres 
de Mr. Tchang et à l'O. jusqu'à celles de Mr. Li; au S. jusqu'au 
chemin de traverse et au N. jusqu'à l'emplacement de la maison 
de Mr. Tchao, 

L'eau d'irrig«ition sera prise au canal de TE., et suivra la 
rigole des terres de Mr. Tchang; l'écoulement des eaux se fera 
par la rigole des champs de Mr. Li et ira se déverser dans le 
canal de l'O. 

L'emplacement de la noria est à l'angle S. des terres de 
Mr. Tchang, sur lesquelles il y a un abri de noria soutenu par 
six supports en pierre. 

La terre en question est mise à la disposition de l'acheteur 



(1) Acte principal h un sens semblable à celui donné dans la V* Part. n. 21. 

(2) iH fi"9 o" m "Q thig-cMoH «airbes», droit qu'elles donnent; d'où céder ce 
droit i»our de Targent ou vendre. Cf. !•* Part. ii. 70. 

{?.) Au lieu de ce» douze camctères M"-%i suivant les circonstances, il faudm 
mettre : ïS |8 SJc AP ^ ÎIS 4t f§î • il me sera loisible 8oit de racheter les terres, soit 
d'exiger le complément; ou lien : jfc JSf ^ AU, U me serait permis de racheter les 
tenes, miiia nou {ah dVxiger do complément. 



VENTE RÉVOCABLE DE LA SURFACE d'uNE TERRE. 113 

pour la culture après la récolte du printemps [ou après celle de 
Tautomne quand elle est en friche]. 

En Tannée tant de Koang-siu..., moi, i^i i^ia^j'ai fait cet acte 
de vente révocable de la surface d*un terrain. Après la signature 
du vendeur, viennent celles de l'entremetteur, du chef de groupe 
de familles et du secrétaire. 

Au dessus des signatures il y a la moitié des deux caractères 
^ 1^ «contrat»; l'autre moitié se trouve sur le pendant de cette 
pièce qui vient après, écrit par l'acheteur. 

A la dernière ligne le vendeur affirme avoir reçu au complet 
le prix de vente consigné dans l'acte, dans l'année, la lune, et 
devant les témoins et le chef de groupe indiqués plus haut. 



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116 SECONDE PARTIE. VI. 

VI. ACTE ACCESSOIRE D'ACHAT RÉVOCABLE DE LA 

SURFACE D'UNE TERRE. 

Moi, Kouo Ij auteur de cet acte accessoire (1) d'achat ré- 
vocable (2) d'une terre, me servant d'entremetteurs, au prix de 
tant de milliers complets de sapèques, j'ai acheté (3) à Mr. Ki la 
surface de tant d'arpents de terre, situés dans le quartier qui porte 
le caractère N., au Cou...^ au k'iu.,., au jyao.,,, de la sous-pré- 
fecture N.. Je serai mis en possession de cette terre pour la cul- 
tiver après la récolte du printemps (4). Je me charge de payer au 
grenier de l'Eglise S* Joseph le fermage nominal [ou réel] de tant 
de mesures (5) de riz. Il a été clairement stipulé que le terme de 
Tachât est de tant d'années; que, ce temps passé, le vendeur, à 
son gré, rachètera la terre en en rendant le prix reçu; que s'il ne 
rendait pas le prix de la terre, je continuerais à la faire valoir (6). 
Ceci est la volonté arrêtée des deux parties, et aucun de nous n'en 
a d'autre parole. Dans la crainte d'en manquer dans la suite de 
preuve, j'ai fait cet acte accessoire d'achat révocable de la sur- 
face de la terre lequel en fera foi. 

Enumération de points à spécifier. 

Les quatre limites du terrain sont clairement marquées dans 
l'acte principal de la vente. 

Il y a un abri de noria élevé dans le champ de Mr. Tchang 
sur six piliers en pierre. 

En l'année tant de Koang-sin, telle lune..., jour, moi,Kowo /^ 
j'ai fait cet acte accessoire d'achat révocable de la surface d'une 



(1) Acte (x^^cMoire a iin seiiM semblable à celui dobné lians Ia P Part. n. 24. 

(2) Achat révocable répond à vente révocable. 

(3) JH tinu ou \^ *El ting-cfieou « arrhes », droit qu'elles donnent ; d'où acquérir 
ce droit avec de l'argent ou acheter. 

(4) .Si le changement de propriétaire devait avoir lieu à Tautomne, quand la terre 
est en friche, au lieu de $ ^ ^, on mettrait Q y^, en friche. 

(5) La valeur de ces mesures de capacité ^ clie et ^^ Uou est indiquée dans la 
I* Partie n. 130. A ce qui y est dit il faut ajouter que quelques grandes familles ont «les 
mesures pour leur usHge particulier d'une grandeur plus ou moins arbitraire ; les fermiers 
le savent et s'y soumettent. 

(H) Au Hou de ces quatorze oarnctères ^.... S, suivant les circonstances, il faudra 
mettre ^ffi^ifP U'^j^lK. qne ce temps passé, il scia laissé au choix des 
deux parties, soit «le racheter la terre, soit d'exigor un complément de prix ; ou bien : Jt 
ffll ^ OT» que ce tem])8 passé, le vendeur i>ouiTii seulement racheter la terre, mais non 
j)as exijcer un complément de son prix. Il nous semble utile de fsiire obser\'er qu'il faut que 
«es clauses soient les mêmes dans les deux actes principal et acct^ssoire du contrat. 



ACTE ACCESSOIRE D'aCHAT RÉVOCABLE DE LA SURFACE d'uNE TERRE. H7 

terre. Après la signature du vendeur viennent celles de Tentre- 
metteur, du chef de groupe de familles et du secrétaire. 

Au dessus des signatures il y a la moitié des deux caractères 
^ (^ «contrat»; Tautre moitié se trouve sur le pendant de cette 
pièce donné plus haut (page 110), écrit par le vendeur. 

A la dernière ligne l'acheteur affirme avoir payé au complet 
le prix de l'achat consigné dans l'acte, dans l'année, la lune et 
devant les témoins et chef de groupe indiqués plus haut. 



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VENTE IRRÉVOCABLE SUBSÉQUENTE DE LA SURFACE d'uNE TERRE. 119 

VII. ACTE DE VENTE IRRÉVOCABLE SUBSÉQUENTE 

DE LA SURFACE D'UNE TERRE. 

Moi, Ki Kia, auteur de cet acte de vente irrévocable subsé- 
quente de la surface d'une terre, dans Tannée tant, me servant de 
l'entremetteur N., j'ai vendu révocablement à Mr. A'ouo la surface 
de tant d'arpents de terre, situés dans le quartier qui porte le 
caractère N., au Tow..., au /i'iu..*, au pao...^ de la sous-préfecture 
N., et dont le fermage nominal [ou réel] de tant de mesures ;jg' de 
riz doit être apporté au grenier de l'Eglise S* Joseph. J'ai reçu alors 
de l'acheteur iani de milliers complets de sapèques, prix courant de 
la surface vendue; mais à présent, me trouvant dans une pressante 
nécessité, je lui en fais la vente irrévocable. Après délibération, il 
a été réglé que le prix do la vente irrévocable subséquente serait 
de tant de milliers complets de sapèques, somme que j'ai reçue 
en une seule fois ce jour même, où j'écris cette pièce, en dehors 
de laquelle je n'ai pas fait d'autre reçu. A partir de la vente irré- 
vocable, il ne me sera permis ni de racheter la surface vendue, ni 
d'en exiger un complément de prix; mais l'acheteur à tout jamais 
la fera valoir et en paiera le fermage. La surface en question est 
bien, sans ombre de conteste, ma propriét|é; si cependant des 
contestations et autres affaires venaient à surgir, je me chargerais 
de les arranger, sans qu'en rien elles concernassent l'acheteur. Sur 
tout cela des deux côtés nous sommes tombés d'accord, et aucun 
de nous n'en a de regret; voulant que par la suite il reste un 
document qui en fasse foi, j'ai écrit cet acte de vente irrévocable 
subséquente de la surface de ma terre en témoignage. 

Enumération de points à spécifier. 

Les quatre limites de la propriété sont cLairement désignées 
dans le premier acte de vente. Avec cet acte je remets à l'ache- 
teur l'acte accessoire d'achat reçu de lui auparavant. 

En l'année ianf, telle lune..., jour, moi, Ki Kia, j'ai fait cet acte 
de vente irrévocable subséquente de la surface d'une terre. Après 
sa signature viennent celles du témoin, de l'entremetteur, du chef 
de groupe de familles et du secrétaire. 

A la dernière ligne le vendeur affirme avoir reçu au complet 
le total de sapèques consigné dans l'acte dans Tannée, la lune, et 
devant les témoins et chef de groupe indiqués plus haut. 




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122 SECONDE PARTIE. VIII. 

VIII. ACTE PRINCIPAL D'ANTICHRÉSE DE TERRAIN 

ET DE MAISON. 

Moi, Ts'ien I, et mon frère cadet, Ping, auteurs de cet acte 
principal d'antichrèse (nn. 22-27) de terrain et maison, nous 
trouvant à court d'argent pour un usage honnête, moyennant les 
entremetteurs N. N. chargés de faire l'accord, après délibération, 
nous avons clairement résolu de donner en antichrèse à l'Eglise 
dite Tch'ong^i, pour être le fonds commun de la mission catholique de 
cette contrée, pour la somme de tant d'onces d'argent pur au poids 
complet de ts*ao^p'ing, prix courant des biens donnés en anti- 
chrèse, la maison et terrain décrits plus bas, qui nous ont été 
légués par nos ancêtres. — 1® La maison comprend : a) un premier 
corps de bâtiment à étage de tant de chambres en haut et en bas ; 

b) un second corps de bâtiment occupé par la grande salle de 
réception et par des salles adjacentes, en tout tant de chambres; 

c) des ailes latérales à étage à l'E. et à l'O., unissant entre elles 
les deux corps de bâtiment, ayant tant de chambres ; d) un petit 
bâtiment de service, de tant de chambres, situé derrière Taile de 
rO.; e) un jardin à fleurs placé derrière le petit bâtiment, dans 
lequel il y a un kiosque à étage et un salon latéral (1), ayant en 
tout tant de chambres; f) et enfin un dernier corps de bâtiment 
sans étacre de tant de chambres. En somme la maison a tant de 
chambres grandes et petites, soit à Tétage, soit au rez-de-chaussée. 
De plus le mur d'enceinte, les portes et fenêtres, les cloisons, 
soit en planches, soit en briques, les rochers artificiels, les escaliers 
en pierre, les arbres à fleurs, la bambouseraie, la cuisine, le 
puits, les latrines, tout enfin y est au complet; de tous ces acces- 
soires de la maison nous faisons une note détaillée en double. 
2** L'emplacement de la maison et du jardin ci-dessus relatés avec 
un reste de terrain attenant à remplacement, comprend tant 
d'arpents et tant de dixièmes, et est situé dans la sous-préfecture N., 
dans la rue et aux lieux marqués plus bas. — L'échange du prix et 
des actes a eu lieu en même temps, sans qu'il y ait eu aucune 
retenue de prix pour dettes à payer. Il a été stipulé qu'il n'y aura 
pas lieu de payer d'intérêts pour cet argent, ni de loyer pour la 
maison; que le terme de ce contrat sera de neuf ans; que pendant 
ce temps le nouveau propriétaire pourra à son tour donner en 
antichrèse à un autre pour le même prix la maison et le terrain 
en question; que, ce terme passé, en rendant l'argent je rachèterai 
mon bien; que si à cette époque je manquais d'argent, je ne pourrai 
pas forcer le nouveau propriétaire à payer le complément de prix 



(U ^ Hm tfbnrque à sec», nom donné à une maison bâtie dans le jardin, et rap- 
pelant pur SA forme celle d^une barque de voya^^e. 



ACTE PRINCIPAL DANTICIIRÈSE DE TERRAIN ET DE MAISOK. 123 

et h acheter irrëvocablement. — Les terrains et la maison susdits sont 
bien notre propriété, et personne de la parente, soit supérieur, 
soit inférieur, ne nous les dispute; de plus il n'y a pas eu de 
vente précédente de la propriété a d'autres; si des contestations 
venaient à surgir, elles seraient arrangées par nous, sans que le 
nouveau propriétaire eût rien à y voir. A partir de ce contrat 
d'antichrèse, le nouveau propriétaire administrera ces biens, soit 
en y habitant lui-même, soit en appelant des locataires pour rece- 
voir d'eux le prix de location. Ceci est la volonté des deux parties, 
et aucun de nous n'a là-dessus d'autres paroles; dans la crainte 
que dans la suite on manque de preuve, nous avons fait cet acte 
principal d'antichrèse de terrain et de maison en témoignage. 

Énumération de points à spécifier. 

La maison regardant le sud est située au nord de la rueN., 
au t^ou..,j au kHu.,., au pao... 

Les quatre limites sont : à TE., jusqu'au milieu de la ruelle; 
au S., jusqu'à la rue; à l'O., jusqu'aux propriétés de N. et auN., 
jusqu'au milieu du canal. 

La confirmation du précédent contrat (n. 61) et le titre ofR- 
ciel (n. 93) du terrain en question, ainsi que les anciens actes 
reçus du précédent possesseur, ont été successivement perdus dans 
des malheurs de famille; à leur défaut le «billet suppléant» (n. 97) 
donné par le sous-préfet à notre demande, ainsi que tant de quit- 
tances timbrées (n. 57) du tribut des dernières années, ont été tous 
remis au nouveau possesseur. 

Il a été convenu entre les deux parties que le nouveau pro- 
priétaire devra faire les réparations de gouttières et autres petites 
réparations; mais que si des bois de charpente pourris venaient à 
se briser, ou si soit les murs, soit les cloisons, venaient à tom- 
ber par terre, le nouveau propriétaire devrait avancer les frais 
des- réparations requises, (|u'on estimerait ensuite à leur juste 
valeur avec l'aide d'arbitres; on les inscrirait clairement sur 
l'acte d'antichrèse, pour qu'en cas de rachat de la propriété, le 
premier propriétaire les remboursât intégralement au second. Il a 
été aussi convenu que le nouveau propriétaire à l'occasion pourrait 
à sa guise ajouter des ornements ou les changer, mais, qu'à 
l'époque du rachat, il rendrait la maison dans son arrangement 
primitif. 

En Tannée tnnt de Koang^tiiu, telle lune,... jour, moi, Talion 
I et mon frère cadet, Ts'ieii Ping^ avons fait cet acte principal 
d'îintichrèse de terrain et de maison. — Apres leurs signatures, 
viennent celles de l'entremetteur, du chef de groupe de familles 
et du secrétaire. 

A la dernière ligne les auteurs de l'acte affirment que cet 
acte est vraiment un contrat. — L'autre moitié des quatre grands 
caractères se trouve dans l'acte accessoire correspondant écrit 
par l'acquéreur. 



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ACTE ACCESSOIRE d'aCQUISITION PAR ANTICHRÈSE. 125 

IX. ACTE ACCESSOIRE D'ACQUISITION PAR ANTICHRÈSE 

DE TERRAIN ET DE MAISON. 

L'Eglise dite Tch'ong-i, pour donner un acte attestant l'ac- 
quisition par antichrùse d'un terrain et d'une maison, fait le do- 
cument suivant : Moi soussigné, économe de cette Eglise, me 
ser\ant des entremetteurs N. et N., par la somme de fanf d'onces 
d'argent pur au poids complet de Ts'ao-p'ing, j'ai acquis par 
antichrèse des nommés Ts'ien, une maison, dont l'emplacement 
est donné ci-dessous, avec l'emplacement môme de la maison, du 
jardin à fleurs et du terrain attenant, le tout mesurant tant d'ar- 
pents, selon qu'il est clairement consigné dans l'acte principal du 
contrat et dans la note en double y ajoutée : l'échange au complet 
de l'argent et des actes a eu lieu en même temps en une seule 
fois. II a été clairement stipulé que pour l'argent il n'y aurait pas 
lieu de payer d'intérêts, ni de location pour la maison; que le 
terme du contrat serait de neuf ans; que ce terme expiré, l'ancien 
propriétaire pourrait à son gré, en offrant le prix reçu, faire 
le rachat de son bien. A partir de cette acquisition par antichrèse, 
entrant aussitôt dans la possession et administration de la maison 
et du terrain en question, il convient que je donne au premier 
propriétaire cet acte secondaire d'acquisition par antichrèse du 
terrain et de la maison pour en faire foi. 

Enumération de points à spécifier. 

La maison regardant le sud est située au nord de la rue N., 
au t'ou..,^ au k'iu,.., au pao.... 

Les quatre limites sont: à l'E.. jusqu'au milieu de la ruelle; 
au S., jusqu'à la rue; à l'O., jusqu'aux propretés de N. et au N., 
jusqu'au milieu du canal. 

J'ai reçu de l'ancien propriétaire un titre ofllciel et tant de 
quittances timbrées du tribut des dernières années. Les petites 
réparations, je me charge de les faire; quant aux grandes (faites 
par moi), elles seront reconnues par l'ancien propriétaire, qui m'en 
remboursera le montant. Si j'avais fait des additions ou des chan- 
gements d'ornementations, au moment du rachat, je remettrais la 
maison dans son premier état pour la rendre au propriétaire. 

Dans l'année tant de Koang-siu, telle lune,... jour, moi, (son 
sceau), j'ai donné cet acte. — Après le sceau, viennent les signa- 
tures de l'entremetteur, du chef de groupe de familles et du 
secrétaire. 

La particularité des quatre grands caractères coupés à la 
dernière ligne a déjà été expliquée. Voir l'acte précédent. 



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REÇU DE COMPLÉMENT DE PRIX. 127 

X. REÇU DU COMPLÉMENT DE PRIX POUR UN 

CONTRAT DWNTICHRÈSE. 

Moi, Ts'ien I, et mon frère cadet, Ts*ien Ping, auteurs de ce 
reçu de complément de prix pour un contrat d'antichrùse, autre- 
fois dans l'année tant du règne de Koang-siu, moyennant des 
entremetteurs, nous avons donné en antichrèse, pour une somme 
d'argent déjà reçue, à TEglise nommée Tch'ong-ij pour être le 
fonds commun de la mission catholique de cette contrée, une mai- 
son, située dans la sous-préfecture N., dans la rue et les lieux 
indiqués plus bas, ayant en tout tant de chambres, soit à l'étage, 
soit au rez-de-chaussée, et de plus l'emplacement de la maison, 
le jardin k fleurs, et un reste de terrain attenant, mesurant en 
tout tant d'arpents de terre, biens qui nous sont venus en 
héritage de nos ancêtres. A présent, nous avons chargé les 
médiateurs de nous obtenir du nouveau propriétaire un complé- 
ment de prix, montant à /a7i( de milliers complets de sapèques 
légales, qui font tant d'onces d'argent pur au poids complet de 
/s'ao-p'ingf. Cette somme nous a été payée au complet en une fois 
en ce jour présent, (où nous faisons cet acte, en dehors duquel) 
nous n'avons pas fait d'autre reçu. 11 a été déterminé d'ajouter un 
nouveau terme de tant d'années, pendant lequel le nouveau pro- 
priétaire, à son gré j)ossédera et administrera les biens en ques- 
tion: si, à la fin du terme fixé, nous avons à notre disposition le 
prix primitif nous ferons le rachat. A partir du paiement de ce 
complément de prix, il nous sera bien permis de racheter notre 
bien, mais il ne nous sera pas permis d'exiger d'autre complé- 
ment de prix. En dehors de tout ce qui a été stipulé précédem- 
ment, ceci est notre détermination bien arrêtée sans arrière-pensée; 
en preuve de quoi nous faisons ce reçu de complément de prix 
pour un contrat d'antichrèse, qui restera en témoignage. 

Enumération de points à spécifier. 

L'emplacement du terrain mis en antichrèse regardant le 
sud est situé au nord de la rue N., au Tow..., au /l'iu..., au pao.... 
Les quatre limites du terrain et choses semblables sont clairement 
consignées dans Tacte principal du contrat. 

Dans l'année tant de Koang^siu, telle lune,... jour, moi, Tfi'ien 
I, et mon frère cadet, Ts'ien Ping, nous avons fait ce reçu de 
complément de prix pour un contrat d'antichrèse. — Après leurs 
signatures, viennent celles de rentremetteur, du chef de groupe 
de familles et du secrétaire. 

La dernière ligne est semblable à celle des actes précédents. 




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130 SECONDE PARTIE. XI. 

XI. ACTE DE VENTE IRRÉVOCABLE SUBSÉQUENTE 

DE MAISON ET DE TERRAIN (MIS EN ANTICHRÉSE). 

Moi, Ts^ien I et mon frère cadet Ts'ien Ping, auteurs de cet 
acte de vente irrévocable subséquente, autrefois, dans le courant 
de l'année tant de Koang-siu, nous servant des entremetteurs N. 
et N., pour une somme déjà reçue de tant d'onces d'argent, nous 
avons donné en antichrèse à l'Église dite Tch'ong^i, pour être le 
fonds commun de la mission catholique de cette contrée, une mai- 
son située dans la sous-prefecture N., dans la rueN., au t'ou, k^iu 
et pao indiqués ci-dessous, comprenant en tout tant de chambres 
soit à Tétage, soit au rez-de-chaussée, et de plus remplacement de 
la maison, du jardin à fleurs avec un reste de terrain attenant à 
l'emplacement, le tout mesurant tant d'arpents de terre — biens 
que nous avons reçus en héritage de nos ancêtres. Postérieu- 
rement, en Tannée tant, nous avons reçu un complément de 
prix de tant d'onces d'argent; dans ces deux circonstances nous 
avons donné au nouveau propriétaire des actes faits par nous. A 
présent, nous trouvant à court d'argent pour un besoin pressant, 
nous avons prié de nouveau les entremetteurs de faire Taccord 
pour la vente irrévocable subséquente de la maison et du terrain 
susdits, que nous sommes résolus de faire, moyennant la somme 
de tant d^onces d'argent pur au poids complet de Ts^ao^p'ing, 
prix actuel de la vente irrévocable subséquente, fixé après déli- 
bération. Le complet échange du prix et des actes a eu lieu en 
même temps en ce jour, où nous faisons cet acte, en dehors 
duquel nous n'avons pas fait d'autre reçu. Nous avons aussi 
trouvé et rendu au nouveau propriétaire l'acte accessoire du con- 
trat primitif et la note détaillée relative à l'ornementation et répa- 
ration de la maison, reçus de lui lors du premier contrat. A -partir 
de cette vente irrévocable de ces biens, il ne nous sera plus per- 
mis ni de les racheter ni d'en exiger un complément de prix, et 
le nouveau propriétaire, à son gré, fera le transfert de nom du 
propriétaire et paiera le tribut; il pourra démolir la maison et la 
rebâtir; bref, il en sera pour toujours le propriétaire. Ce terrain 
et cette maison sont bien notre propriété et aucun de nos parents, 
soit supérieur soit inférieur, ne nous la dispute; il n'y a pas eu 
non plus d'autre contrat d*antichrèse ou de vente fait à d'autres, ni 
aucune retenue du prix de cette vente pour dettes à payer ou sem- 
blables choses. Si des affaires de ce genre venaient à surgir, elles 
seraient arrangées par nous (propriétaires sortant), et ne regarde- 
raient en rien le nouveau propriétaire. Ceci est notre libre détermi- 
nation et nous n'avons pas d'autre parole; voulant qu'il en reste 
une preuve, nous avons fait cet acte de vente irrévocable subsé- 
quente de terrain et de maison pour qu'il reste en témoignage. 



ACTE DE VENTE IRRÉVOCABLE SUBSÉQUENTE. 131 

Enumération de points à spécifier. 

L'emplacement de la maison regardant le sud est situé au 
nord de la rue N., au t'ou.,,j au k^iu.,,, au pao..,. 

Les quatre limites du terrain sont clairement consignées dans 
l'acte principal du contrat. 

Lors de la remise de cet acte au nouveau propriétaire, nous 
avons reçu de lui au complet tant d'onces d'argent, prix de la 
vente irrévocable. 

En l'année tant de Koang^siu, telle lune..., jour, moi, Ts'ien 
I, et mon frère cadet, Ts'ien Ping, nous avons fait cet acte de 
vente irrévocable de terrain et de maison. — Après leurs signa- 
tures, viennent celles de l'entremetteur, du chef du district, du 
chef de groupe de familles et du secrétaire. 

A la dernière ligne les vendeurs affirment que cette pièce est 
un acte de vepte irrévocable. 



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BILLET d'emprunt A UN PRÉTEUR BIENVEILLANT. 133 

XII. BILLET D'EMPRUNT A UN PRÉTEUR 

BIENVEILLANT (1). 

Moi, Ts'ien Ting, auteur de ce billet d'emprunt à un prêteur 
bienveillant (n.29),vu que déjà, dans le courant de Tannée tant de 
Koang^siUj feu mon père et feu mon oncle ayant vendu irrévoca- 
blement à l'Eglise dite Tch'ong-i une maison, ils ont à diverses 
époques successives fait des actes d'antichrèse, de complément de 
prix, et de vente irrévocable, ont reçu du nouveau propriétaire la 
somme de tant d'onces d'argent, suffisante pour la valeur actuelle 
de la maison, je ne devrais pas exiger de Tacheteur de nouveau 
complément de prix; cependant, me trouvant dans une nécessité 
pressante, j'ose, conformément aux usages du peuple prier l'entre- 
metteur de vouloir intercéder en ma faveur près de l'acheteur, 
pour que celui-ci veuille, me prêter par bienveillance la somme 
de tant de milliers de sapèques légales. A partir de cet emprunt 
bienveillant, je suis résolu à ne plus faire de pareilles demandes 
(le tronc mort ne poussera plus de rejetons). Voulant qu'il en 
reste ensuite une preuve, j*ai fait à un prêteur bienveillant ce 
billet qui en fera foi (2). 

En l'année tant de Koang-siu, telle lune,... jour, moi, Ts'ien 
Ting, j'ai fait ce billet d'emprunt à un préteur bienveillant. — 
Après sa signature, viennent celles de l'entremetteur, de l'agent 
public du district et du secrétaire. 

Ce acte est vraiment digne de foi. 



(1) Voir p. 109, not. 1, ce que nom avons dit de cette sorte d*aotes. 

(2) Une des causes d'embarras pour le nouveau propriétaire d*un teirain vient sou- 
vent des tombeaux qui s'y trouvent; voici là-dessus quelques renseignemeuts. 1^ Si dans le 
terrain acheté il y avait des tombeaux, il faudrait l'indiquer sous le titre pf ^ ki-k*ai. 
2° Le terrain occupé par les tombeaux reste au vendeur jusqu'à ce qu'ils aient été changés de 
place. 3^ Si l'on veut avoir le terrain débarrassé des tombeaiuE, il faut faire un nouveau con- 
trat, dans lequel on spécifie la quantité à payer iK>ur frai» de transfert des tombeaux, 
l'époque où il doit être effectué, etc.. 4' La somme à verser pour le transfert des tombeaux 
varie selon les circonstances, telles que, v. gr. le nombre des tombeaux, la qualité et la 
quantité des matériaux dont ils sont faits, le nombre des personnes qui, à raison de paren- 
té avec les défunts enterrés dans les tombeaux, doivent donner leur consentement au chan- 
gement de sépulture. Ce changement étant mal vu par les indigènes, ce n'est qu'à force d'ar- 
gent que Ton obtient le consentement requis. 5** Après l'acquisition d'un terrain par achat 
révocable ou antichrèse, plutôt que de permettre au premier propriétaire d'y ajouter des 
nouvelles tombes, on préfère qu'il fasse le rachat du terrain. 





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ATTESTATION DE LA PERTE D'UN ACTE. 135 

XIII. ATTESTATION DE LA PERTE DE L^AÇTE ACCESSOIRE 

POUR UN CONTRAT D'ANTICHRÈSE. 

Moi, Ts'ien /, auteur de cette attestation (n. 27) de la perte- 
de Tacte accessoire pour un contrat d'antichrèse, précédemment dans 
le courant de Tannée taiit, pour la somme de tant d'onces d'argent 
déjà reçue, j*ai donné en antichrèse à l'Eglise dite Tch'ong-i, tant 
d'arpents de terre sujette au tribut légal, dont je suis proprié- 
taire, situés dans la sous-préfecture N., et cadastrés sous le 
N® tant du quartier qui porte le caractère N., au t'ou,.,, au li'iu..., 

au pao A présent, parce que le terme du contrat étant arrivé, 

et en ayant préparé le prix reçu, je veux les racheter (1), je devrais 
rendre l'acte accessoire du contrat alors reçu; mais en ce moment 
ne le retrouvant plus (2)» il convient que je donne une attestation 
écrite de sa disparition; et partant si Tacte accessoire primitif 
venait un jour à être découvert, il serait considéré comme un papier 
sans valeur. Voulant qu'il en reste une preuve, j'ai écrit cette 
attestation de la perte de Tacte accessoire d'un contrat d'antichrèse 
qui en fera foi. 

Dans l'année tant de Koang-siu, telle lune..., jour, moi,rs'ien 
Ij j'ai fait cette attestation de la perte de l'acte accessoire pour 
un contrat d'antichrèse. — Après sa signature, viennent celles de 
l'entremetteur, du chef de groupe de familles et du secrétaire. 

A la dernière ligne l'auteur aillrme que cet acte est vraiment 
digne de foi. 

(1) Ou bien, "^ H w uS 2ID ^i à présent, parce que je veux vendre irrévo- 
cablement. 

(2, Ou bien, ^ ^ ^ ^ fl ^ U ^ Ik Wt ^. ayant été perdu dan» un 
désastre qui arriva dans ma maison telle tunnôe, telle lune, tel jour. Ou bien, jK "M: ^ 
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ATTESTATION DE LA PERTE DE l'aCTE PRINXIPAL. 137 

XIV. ATTESTATION DE LA PERTE DE L'ACTE PRINCIPAL 

POUR UN CONTRAT D'ANTICÏIRÉSE. 

L'Eglise appelée Tch'ong^i, pour donner une attestation de la 
perte de Tacte principal d'un contrat d'antichrèse (n. 27), fait cet acte. 
Moi soussigné, Econome de cette Eglise, j'ai autrefois, dans le courant 
de l'année tant, pour la somme de tant d'onces d'argent, reçu en 
antichrèse de la famille Ts'ien, tant d'arpents de terre sujette au 
tribut légal, situés dans la sous-préfecture N., et cadastrés sous 
le N® tant, du quartier qui porte le caractère N., au Vou..., au 

k'iu,.., au pao A présent, le terme du contrat étant expiré, 

ayant reçu du premier propriétaire, pour le rachat des terres, 
l'argent que je lui avais payé (1), il est ju€te que je lui rende l'acte 
principal du contrat que j'ai reçu; mais en ce moment je ne le 
retrouve plus (2); si cependant il venait quelque jour à être 
retrouvé, il sera considéré comme un papier sans valeur; c'est 
pourquoi il convient que j'écrive cette attestation, qui sera donnée 
au premier propriétaire en place de l'acte perdu, et qui en fera 
foi. 

Dans l'année tant de Koang^siu, telle lune,... jour, moi, (sceau 
de l'Econome) j*ai donné cette attestation. — Après les signatures, 
viennent celles de l'entremetteur, du chef de groupe de familles 
et du secrétaire. 

A la fin Tâuteur de la pièce aflirme que cet acte est digne 
de foi. 



(1) Au lieu de ces caractères \^ H • • • ^ flf, ou pourra mettre, si le cas Texige, 
ces autres : ^ ES w DR W fc, à présent, parce que je veux vendre irrévocablement. 

(2) V. p. 135, not. (2), des phrases qui, selon les circonstances dans lesqueUes Pacte 
a été perdu, peuvent être intercalées ici, à la place de celle qui y est donnée. 



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1 40 SECONDE PARTIE. XV. 

XV. ACTE DE VENTE IRRÉVOCABLE DE TERRAIN 

ET DE MAISON. 

Moi, Suen Meoii, auteur de cet acte de vente tout-à-fait ir- 
révocable (1) de maison et de terrain, à court d'argent pour un 
usage honnête, ayant prié les entremetteurs N. et N. de faire l'ac- 
cord, je veux vendre à l'Eglise du Soleil-de-Justice, pour être le 
fonds commun de la mission catholique de cette contrée, une maison 
d'habitation, contenant /ant de chambres dans des bâtiments avec ou 
sans étage, avec l'emplacement de la maison et une aire vide, ayant 
des portes de devant et de derrière qui donnent sur la rue et sur 
la ruelle, ce dont je suis propriétaire par héritage reçu de mes 
ancêtres; et de plus un jardin à fleurs, un étang avec des ruis- 
seaux et un jardin potager, que j'^i acquis moi-même; les deux 
possessions mesurant en tout tant d'arpents de terre. Après déli- 
bération il a été résolu que le prix à recevoir, selon la valeur ac- 
tuelle des propriétés, était de tant d'onces d'argent pur au poids 
complet de ts'ao^p'ing ; que les frais à faire pour les entremet- 
teurs (2) y seraient ajoutés; que tous les autres frais, comme 
complément de prix, emprunt à un prêteur bienveillant et autres 
semblables en usage, soit k la ville, soit à la campagne, seraient 
compris dans le prix susdit. Cette somme m'a été payée au 
complet, en une seule fois, ce jour même où j'ai donné à l'ache- 
teur cette pièce, en dehors de laquelle je n'ai écrit aucun 
autre reçu; il n'y a eu non plus aucune retenue du prix à raison 
de dettes à payer. — La maison en question, avec le jardin, l'é- 
tang et le terrain sont bien ma propriété, et aucun parent, soit supé- 
rieur, soit inférieur, ne me la dispute ; de plus il n'y a pas eu d'au- 
tre vente faite précédemment; si des contestations venaient à sur- 
gir, moi, propriétaire sortant, je me charge de les arranger; elles 
ne regarderaient en rien l'acheteur. A partir de cette vente, le 
nouveau propriétaire fera le transfert de nom du propriétaire, et 
paiera le tribut; il pourra, à son gré, démolir la maison existante, 
et en bâtir une autre ; bref, pour toujours il en sera le proprié- 
taire. La valeur, soit originaire, soit actuelle, des biens vendus, 
est suflisamment payée, et il ne sera jamais permis ni de les ra- 
cheter ni d'exiger de complément de prix ; en un mot, je ne ferai 
jamais valoir sur ces biens le moindre droit (le tronc mort ne pro- 
duira jamais la plus petite pousse). Pour me conformer aux lois 



(1) Cf. I. Part. n. 19. Dans co titre les camctèrep t^owtsiué ^ttlc signifient que ]ti vente 
est Iri-évocable ; roxpresnion î|l fljj koteng indique que le vendeur dans cet acte promet, 
une fois le prix entier reçu en une seule fois, de ne i>a8 molestei* l'acheteur par des exigen- 
ces signalées au n. 29 de la !• Partie. 

(2) Cf. l'Appendice plac£» à la fin de celte II' Partie. 



ACTE DE VENTE lUIlÉVOCABLE DE TERRAIN ET DE MAISON. 141 

établies par l\iutorité supérieure (n. 30),j'ai fait ce seul acte de vente 
irrévocable qui en comprend plusieurs autres. Quant aux titres 
officiels (deux feuilles), et aux actes anciens reçus des précédents 
vendeurs (six feuilles), je les ai remis aujourd'hui à l'acheteur tous 
ensemble ; si cependant il restait encore oublié chez moi quel- 
qu'autre document (même une seule feuille de papier ou un seul 
caractère), et qu'il vint à être retrouvé et produit, il sera consi- 
déré comme un papier sans valeur. Cette vente est tout-à-fait vo- 
lontaire, et je n*ai été forcé à vendre par personne; dans la crain- 
te que dans la suite, il en manque de preuve, j'ai fait cet acte 
unique de vente irrévocable à tout jamais de terrain et de maison^ 
lequel sera conservé en témoignage. 

Enumération de points à spécifier* 

1® Le terrain est situé dans le t^ou.,,, k'iu.,.^ pao,,.^ de la 
sous-préfecture N.,eten tout mesure tant d'arpents. A l'E., il s'é- 
tend jusqu'au canal public; au N., jusqu'au petit canal de tra- 
verse; à l'O. jusqu'à la grande rue, et au N, jusqu'au dehors de la 
ruelle de la famille Tcheoii. 

2** La maison comprend : a) le premier corps de bâtiment sans 
étage, ayant sept chambres (1); b) le second corps de bâtiment, ayant 
une salle à thé [pour les subalternes des visiteurs, etc.] et cinq 
chambres sans étage; c) le troisième corps de bâtiment à étage, 
ayant la salle principale, deux chambres latérales et cinq chambres 
à l'étage et en bas (2); d) le quatrième corps de bâtiment à étage, ayant 
cinq chambres en haut et cinq en bas; e) le corps de bâtiment 
sans étage qui entoure la partie postérieure de la maison, ayant 
treize chambres; f) des ailes latérales sans étages, unissant les 
différents corps de bâtiment et ayant huit chambres; g) une mai* 
son latérale à étage, ayant quatre chambres en haut et quatre en 
bas; h) une salle de réception latérale à étage, ayant cinq cham- 
bres en haut et en bas; i) un bâtiment à étage regardant une di- 
rection opposée à celle de la maison et ayant trois chambres en 
haut et en bas; j) un bâtiment sans étage, ayant huit chambres; 
1) dans le jardin à fleurs, un salon ouvert de tous cotés, ayant 
trois chambres; m) deux kiosques; n) deux corridors couverts 
[l'un au-rez-de-chaussée, l'autre à Tétage pour la communication 
de ces bâtisses avec le jardin]. 

3" Dans le jardin, l'étang entouré d'un bord maçonné en pier- 
re, les rochers artificiels, les ponts en bois et en pierre, tout 
cela est compris dans la vente. 



(1) Pnr ]a position quHl occupe, et par le i^ortail qui s y trouve, ce coq)S de bâtiment 
est appelé IS il ts^ianff-mtn. 

(2) Vî teh*oang deux chambren, dont Tune à Tétage, et Tautre en ba«. 



Ii2 SECONDE PARTIE. XV. 

4^ De même sont compris dans la vente les arbres fruitiers, 
les fleurs et la bambouseraie. 

5^ Enfin sont aussi compris dans la vente, le mur d'honneur, 
le quai en pierre de taille sur le canal, le mur d'enceinte, qui 
sont en dehors de la grande porte et la haie en bambou qui en- 
toure le jardin potager. 

En donnant à Tacheteur cette pièce, j'ai reçu de lui au com 
plet la somme de tant d'onces d'argent pur au poids complet, prix 
de la vente irrévocable de la maison et du terrain. 

Dans l'année tant de Koang^siu, telle lune,... jour, moi, Suen 
Meou, j'ai fait cet acte de vente à jamais irrévocable de maison 
et de terrain. — Après sa signature, viennent celles de l'entre- 
metteur, du king^tsao (1) du chef de groupe des familles, et du 
secrétaire. 

A la dernière ligne le vendeur affirme que cette pièce est un 
acte de vente à tout jamais irrévocable, à conserver pour être 
consulté. 



(1) King-tMo tS. jQ. est l'agent chargé des propriétés foncières et de la perception 
du tribut. Cf. I. Part. n. 17. 







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144 SECONDE PARTIE. XVI. 

XVI. ATTESTATION DE CERTIFICAT SUPPLÉANT. 

Moi, Tcheng Koei, auteur de ce certificat suppléant (n. 97), j'ai 
vendu par contrat en due forme à l'Eglise de TEtoile-du-matin, pour 
faire partie des biens collectifs de la mission catholique de cette 
localité, douze arpents de terre soumis au tribut légal, dont j'étais 
propriétaire, et cadastrés sous le N" tant, du quartier qui porte le 
caractère N., au t'ou,,., au h'iu.,,, au pao.,., de la sous-préfecture 
N.. Mais le titre légal à été détruit dans un incendie que j'ai subi 
tel jour, telle lune, telle année, ce dont j'ai alors informé par écrit 
le magistrat local, qui consigna le fait dans les registres ; c'est 
pourquoi il convient que je dresse un certificat suppléant qui soit 
remis à l'acheteur pour en faire foi (1). Ce certificat lui servira à faire 
Tenregistrement de son achat; s'il venait à surgir des contestations, 
moi, propriétaire sortant, je me chargerais de les arranger : que- si 
je refusais de le faire, l'entremetteur, le chargé de l'impôt et l'agent 
du district ensemble s'en chargeraient et elles ne regarderaient pas 
l'acheteur, 'dans la crainte que dans la suite on manque de preuve, 
j'ai écrit cette attestation de certificat suppléant qui en fera foi. 

Dans l'année..., moi, Tchenri Koei, j'ai fait cette attestation de 
certificat suppléant. Après sa signature, etc.. A la fin l'auteur du 
certificat affirme que celte attestation est digne de foi. 

(l) Cette phrase i||c jS^*>> ^ ^, ne^on les circonstunces. doit 6tre remplncé} par 
«ne lie» phrases suivante» \ Wi 1^ ^ ^ -^ M -^ H HC m f& ^'fR M 
% ^ S* SI 'u •'• Le titi-e légal a été penUi lors d'un vol dont j'ai été victime fd 
jour, telle lune, ttlU année, ce dont j*ai alors informé le magistrat local, qui en connerve 
la preuve dans les archivcfi. c'est pourquoi... — 1^ W m W> îiS ^nB«l'5î 
^f^W- 1^ Skfè ^ B i^ W- iS ^ jrh-il'â---LetUreléKidaétéperda 
]>ar le précédent propriétaire, comme il courte p ir les rej^istres ; par suite, lors de mon 
achat, j*ai reçu de lui un certificat suppléant ({ui en fait foi ; en plus de ce certificat que je 
remets aujourd'hui à Tacheteur, il convient que j'en dresse un autre, en mon nom. qui lui 
soit remis pour en faire foi ; ce dernier certificat lui s-rvira,.. — i^ ^ wH 5t fl Q 

H + a-^- ^«ffl + -«i*fiiig^* sk-bj « m mil- 

^W •^P'S 'u • •• Le titre légal comprend trente meon de terre et je n'en vends que 
douse; par suite il n'est ii«ks expédient que je le donne à Tacheteur. CTest pourquoi, sur ce 
titre, en présence de l'acheteur, il a été indiqué clairement que tff jour, Mie lune, Mfe 

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année, je vendais douze mfou à VEglise de rRtoile-du-matin, et, en outre, U convient que 

^P-™ *&••• I^ titre légal comprend trente mcou\ le précéilent propriétaire ne m*en 
ayant vendu que douze, il ne lui étiit pas expédient de se dessaisir de c« titre; c^est |>our- 
quoi, lors de mon achat il indiqua clairement sur ce titre qu'il veulait douze meou â la fa- 
mille Tchmç, et il dressa pour moi un certificat suppléant, que je remets aujourd'hui à la- 
cheteur; de plus il convient que j'en dresse un aatre,en mon nom,qui lui soit aussi nrmis 
l>our en faire foi ; ce dernier certificat lui servira... 



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146 SECONDE PARTIE. XVII. 

XVII. ACTE DE DONATION D'EMPLACEMENT 

POUR UNE ÉGLISE. 

Moi, K'ong I, auteur de cet acte de donation (n. 31) d*un em- 
placement pour église, vu que la chapelle de notre chrétienté 
est déjà trop petite, de concert avec les autres chrétiens, nous 
avons par délibération résolu de réunir des fonds pour la bâtir 
ailleurs, et en même temps nous avons respectueusement choisi 
S* Paul pour être le vocable de la nouvelle église. Possédant par 
héritage de mes ancêtres un terrain élevé et sec de tant d'arpents, 
propre à être remplacement de la nouvelle église, je l'offre volon- 
tiers à Téglise de S^ Paul, pour être à jamais le fonds commun 
de la mission catholique de cette contrée. Ce terrain est bien 
ma propriété dont je jouis paisiblement depuis longues années. 
Il n'est l'objet d'aucune contestation, et ma possession ne pré- 
sente aucun point douteux qui soit l'occasion de la donation (1). 
S'il venait à surgir des difficultés, je devrais me charger de les 
arranger. A partir de cette donation, l'église sera le vrai pro- 
priétaire du terrain; on fera le transfert de la propriété et l'on 
paiera l'impôt en son nom et mes descendants n'auront rien à y 
voir. Cette donation tout-à-fait spontanée est faite parce que je 
veux aider à accomplir une bonne œuvre pour cette chrétienté. 
Voulant que par la suite il en reste une preuve, j'ai fait cet acte 
de donation de l'emplacement pour l'église, qui en fera foi. 

Enumération de points à spécifier. 

L'emplacement est situé dans le /i'iu..., le Toit..., de la sous- 
préfecture N.; il contient tant d'arpents. 

Les quatre limites sont : à TE., jusqu'à tel endroit; au S., 
jusqu'à tel autre; à 10., jusqu'à tel endroit; et au N., jusqu'à tel 
autre. 

J'ai remis à l'église le titre légal (une feuille), et d'anciens 
actes reçus des anciens propriétaires [tant de feuilles). 

Dans l'année tant de Koang-siu, telle lune, ... jour, moi, 
K'ong /> j'ai fait cet acte de donation de l'emplacement pour 
l'église. — Après sa signature, viennent celles du témoin de la 
donation et du secrétaire. 

A la lin le donateur affirme que cette pièce est vraiment un 
acte de donation. 



(l) Cette clause est tuiRc Ici pnrce que la loi ohinoiid défend d*oiTrir aux hommes 
puissants des biens en litige. Ou dont lo titre de propriété n*est pas clair, de crainte que 
ces hommes puissants n'usent de leur autorité pour évincer les faibles de leurs droits. 



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148 SECONDE PARTIE. XVIII. 

XVIII. ATTESTATION POUR LE CHANGEMENT 
DE NOM DU PROPRIÉTAIRE. 

Moi, Wang Kia, auteur de cette attestation pour le change- 
ment de nom du propriétaire (1), ayant vendu par un contrat en 
règle à Téglise de la Foi qui en sera le propriétaire, tant d'ar- 
pents de terre, soumis au tribut légal, dont j'étais propriétaire, 
situés dans la sous-préfecture N. et cadastrés sous le nom de la salle 
des neuf méditations (2) de la famille Wang, dans le n** tant, au 
rou..., au fe'iu..., au pao..., il convient que le nouveau propriétaire 
puisse à son gré, d*après le nombre d'arpents achetés, en faire le 
transfert de nom du propriétaire et qu'à partir de Tannée prochai- 
ne il paie le tribut; quant à celui de cette année, c'est moi qui le 
paierai. Dans la crainte que par la suite on en manque de preu- 
ves, j'ai fait cette attestation pour le changement de nom du pro- 
priétaire, laquelle en fera foi. 

Dans Tannée tant de Koang^siu, telle lune, ... jour,moi, Wang 
Kia, j'ai fait cette attestation pour le changement de nom du pro- 
priétaire. — Après sa signature, vient celle de l'agent du tribut. 

Enfin l'auteur affirme que cet acte est digne de foi. 



(1) Le nouveau propriétaire présente cet acte reçu du vendeur au Imreau du cens 
pour faire inicrire ses nouvelles propriétés sur les registres publics. Cf. I* Pari., d. 82. 

(2) Cf. Zottoli, Curs. litt. Sin. vol. II, p. 341. 



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150 SECONDE PARTIE. XIX. 

XIX. ACTE DE NOTIFICATION AUX FERMIERS. 

Moi, Wang Kia, auteur de cet acte de notification aux fer- 
miers (1), ayant vendu par un contrat en règle à Téglise de la 
Foi qui en sera le propriétaire, tant d'arpents de terre qui étaient 
ma propriété, soumis au tribut légal, situés dans le rou...,le/{'iu..., 
le pao..., de la sous-préfecture N., et qui étaient donnés en fermage 
pour la culture à Tchou I et Ts'ing Ping, il convient que le pro- 
priétaire des terres susdites avertisse les fermiers, pour qu'ils 
écrivent un nouvel acte de fermage, et que le nouveau propriétai- 
re, selon la quantité fixéie, reçoive le fermage qui lui est dû. A 
présent voulant qu'il en existe une preuve, j'ai fait cet acte de 
notification aux fermiers qui en fera foi. 

Dans Tannée tant de Koang-siu, telle lune, ... jour, moi, 
Wang Kia, j'ai fait cet acte de notification aux fermiers. — Après 
sa signature vient celle du chef de groupe de familles. 

A la fin Tauteur affirme que notification doit de fait avoir 
lieu. 



(1) Le nouTeaQ propriétaire envoie cet acte reçu du vendenr «ox fermien pour que 
ceux-ci viennent renouveler leur bafl avec lui. Cf. I* Part., n. 77. 







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15? SECONDE PARTIE. XX. 

XX. ACTE D'AFFERMAGE DE TERRE. 
(Formule imprimée à Song-hiang). 

Moi, YenMeou, auteur de cet acte d'affermage de terre (n. 81), 
n'ayant pas de terres à ensemencer, j'ai prié des entremetteurs 
de louer pour moi tant d'arpents de terre appartenant à la famille 
de la Paix^perpéluelle (1), situés dans le n** tant, du quartier qui 
porte le caractère N., au t'ou..,, au h'iu..,, au pao de la sous- 
préfecture N., moyennant un fermage nominal (ou réel) (n, 84) de 
tant de che...^ de f'eoie...,de cheng,.., et de ko de rïz. Dans ce nombre 
de che il y en aura tant de mesures combles (2), et l'on ajoutera quel- 
ques poignées (3), suivant i'usage. A partir du bail, tous les ans 
après la récolte, je choisirai avec soin de bon riz (sec et plein), que 
je porterai aux greniers du propriétaire sans retard aucun. Si par 
hasard il arrivait de grandes pluies, de la sécheresse, des saute- 
relles, le fermage à payer en ce cas serait conforme aux règles 
fixées pour les lieux voisins (n. 85). Dans la crainte dans la suite 
de manquer de preuves, j'ai fait cet acte d'affermage de terre, qu' 
en fera foi. 

Dans l'année tant de Koang^sin, telle lune, ...jour, moi. Yen 
Meou, j'ai fait cet acte d'affermage de terre. — Après sa signature 
viennent celles du chef de groupe de familles, du témoin du bail, 
du garant du fermier et du secrétaire. 

Cette pièce est vraiment un acte d'affermage de terre. 



(1) Souvent les propriétés des grandes familles sont enregistrées sous le nom de 1a 
grande salle de la famille ; ce nom est écrit en gros caractères sur une planche en bois, 
plus ou moins ornée et suspendue horizontalement h la grande poutre qui unit les deux 
colonnes principales du nord de la salle : cette planche est appelée pUn 

(2j Iff^ :^ Lin-tëien comble, formant une proéminence. 

(3) ^ ^ Cheou-mi poignée de rhc. 



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XXI. REÇU D ARRHES DE BAIL. 

La famille appelée Yong-pHrig-rang a reçu aujourd'hui des 
arrhes du fermier Kin Keng, qui s'engage à cultiver taiit d'arpents 
de terre affermés, appartenant au grenier de la famille, et situés 
au pao..., au t'ou..., de la sous-préfecture N.; le fermage nominal 
[ou réel] à payer chaque année e^t de tant de che de riz. Le 
fermier ayant donné à la famille un acte spécial de bail, il con- 
vient que la famille lui donne un reçu des arrhes du bail (n. 81). 

Dans Tannée tant de Koang-siu, telle lune, ... jour, la famil- 
le (son sceau) a donné ce reçu. 

Les caractères de la dernière ligne signifient que les terres 
affermées sont inscrites sous le N® 63 de la série des reçus qui 
porte le caractère THen (1). 



(1) Les propriétaireB ayant des propriétés nombreuses, ont plusieurs cahiers pour 
inscrire par numéro d'ordre ces reçus d'arrhes <ie bail ; les cahiers sont classés sous diffé- 
rents caractères : l'ordre de ces caractères est celui du petit livre Tt*ien-ise-wen T^3s* 



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ACTE d'affermage DE TERRE. 155 



XXII. ACTE D'AFFERMAGE DE TERRE. 

Moi, Kin Keng, auteur de cet acte d'afTermage de terre (n. 81), 
n'ayant à présent pas de terres à cultiver, et désirant louer, tant 
d'arpents de terre appartenant à la famille appelée Lo-chan-t^ang, 
aujourd'hui j'ai remis au propriétaire tant de milliers de sapèques 
en arrhes. Il a été réglé que je devrai payer un fermage nominal 
[ou réel] de tant de che de riz; qu'aussitôt après la récolte, 
aux différents termes fixés par le propriétaire, je porterai à 
ses greniers de bon riz sec et propre sans me permettre d'y 
mélanger des choses étrangères, comme de la balle de riz, du riz 
de mauvaise qualité, des déchets de la décortication ou du riz non 
décortiqué; que s'il y avait du retard dans le paiement du fer- 
mage, le propriétaire serait libre de retenir les arrhes et d',affermer 
les terres à d'autres fermiers ; que s'il arrivait des malheurs causés 
par l'inondation, la sécheresse, ou les insectes, je prierais le pro- 
priétaire de se rendre sur le terrain pour constater le malheur et 
considérer de quelle somme il pourrait diminuer le fermage (85). 
A partir du bail, selon mes forces je soignerai les terres, et au temps 
voulu, je les fumerai et les arroserai; si par ma négligence les 
champs devenaient stériles, je paierai néanmoins en entier le fer- 
mage convenu. Dans la crainte que dans la suite on en manque de 
preuves, j'ai fait cet acte d'affermage de terre, qui sera conservé 
en témoignage. 

Enumération de points à spécifier. 

Les terres affermées sont situées dans le t'ou.,., le pao..., de 
la sous-préfecture N.. 

Dans l'année tant de Koang^siu, telle lune, ... jour, moi, Kin 
Keng, j'ai fait cet acte d'affermage de terre. — Après sa signature 
viennent celles du témoin et du garant du bail, du chef de groupe 
de familles, et du secrétaire. 

Cette pièce est vraiment un acte d'affermage de terre. 




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ANNONCE DE FERMAGE A PAYER. 157 

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XXIII. ANNONCE DE FERMAGE A PAYER (1). 

Le chef de la famille dont la salle principale est appelée Yong- 
2)'ingf-rang [salle de la paix perpétuelle], expédie cette feuille, 
en vue de donner des termes aux fermiers pour la perception 
du fermage, et ainsi avoir de quoi payer le tribut (n. 84). Mainte- 
nant que la récolte est faite, vous fermiers, vous devez choisir 
de bon riz, sec et plein, et aux termes fixés le transporter à mes 
greniers, afin que j'aie de quoi fournir le riz nécessaire pour le 
paiement du tribut. Que si de propos délibéré, vous regardant 
les uns les autres, vous tardiez à transporter le fermage dû, ou 
si vous vouliez de force faire accepter du riz de mauvaise qualité, 
ou si enfin, après l'expiration du dernier terme, il y avait encore 
une partie du fermage qui ne fût pas encore payée, soyez en avertis, 
je vous dénoncerais au mandarin qui examinerait l'affaire et vous 
punirait (n, 87). Quant aux termes fixés et à la quantité de riz à 
recevoir de vous, tout cela est indiqué ci-dessous. 

Euumération de points à spécifier. 

Le fermierN.de tel t'ou...^ telpao,,,, de la sous -préfecture N., 
doit payer un fermage réel [ou nominal] de tant de c/ie et fractions 
de che. 

Le premier terme commence le 10 de la 10* lune et finit le 
30; pendant ces vingt jours, pour chaque che de riz de fermage, 
sera faite une réduction de tant de t'eou et tant de cheng;\e second 
terme commence au 1"^ et finit au 30 de la 11® lune; pendant ces 
jours la réduction sera de tant de Veou et tant de ckeng; le troi- 
sième terme commence le 1" et finit le 20 de la 12* lune; pen- 
dant ces jours la réduction sera de tant de t'eou et tant de cheng. 

En Tannée tant de Koang-siu, telle lune, tel jour, cette an- 
nonce a été donnée par le chef de la famille dont on appose le 
sceau (2). 



(^) w i/f*^ cBt aussi éciit sur ces feuilles Q yto^t et signifie un résumé d*aii autre 
document ou livre plus détaillé ; son enrploi dans ce sens est assez fréquent ; ainsi dans 
la préfecture de Song-kiang ^ Ql, les sous-préfets donnent avis aux cultivateurs de 
la quotité du tribut à payer par une feuille dite yeou'tan ^ JP.. Le P. Zottoli, Curs. 
litter. sin. vol. IV, p. 461 en indique un autre emploi. 

(2) Dans une autre feuille que j'ai devant moi, après le sceau, on a écrit ces quatre 
caractères : îQ Rk ^ % le terme passé, il ne sera plus fait aucune léduction. 



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ACTE DE FERMAGE DE TERRE A RECOLTE PARTAGÉE. 



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XXIV. ACTE D'AFFERMAGE DE TERRE 



A RECOLTE PARTAGEE. 



Moi, Ts'oei I, auteur de cet acte d'affermage de terre à récol- 
te partagée (nn, 81, 83, 5*^) je prends à ferme tant d'arpents déterre 
à riz appartenant à la famille dite Ngai^jé^t'ang, situés dans tel en- 
droit. Il a été stipulé que chaque année, quand la récolte d'automne 
aura mûri, les deux parties nous nous rendrons aux propriétés pour 
faire le partage du riz sur pied, et que sans distinction de bonne 
année ou de mauvaise, chacune des parties en prendra la moitié; que 
je porterai la part du propriétaire à ses greniers; qu'à la récolte 
du printemps je lui paierai pour chaque arpent deux cents sapè- 
ques au complet. Aujourd'hui j'ai remis au propriétaire des ar- 
rhes montant à tant de milliers complets de sapèques; le proprié- 
taire me permet d'occuper la maison de trois chambres couverte 
en tuiles qui se trouve sur les terres affermées, sans que j'aie à 
lui payer de loyer; je m'engage à faire les réparations du toit et 
autres petites réparations. Il a été dit expressément que ce bail 
est pour (aM^ d'années, que ce terme expiré, on délibérera de nou- 
veau. A partir de ce contrat d'affermage, je ne manquerai pas à 
mon devoir de cultiver les terres et ainsi d'éviter que les champs 
deviennent stériles et que le propriétaire éprouve du dommage; si 
cela arrivait, le propriétaire serait libre d'appeler un autre fermier. 
Voulant que par la suite on en ait une preuve, j'ai fait cet acte 
d'affermage de terre à récolte partagée, qui en fera foi. 

Dans Tannée tant de Koang^aiu, telle lune, ... jour, moi, 
Ts'oei I, j'ai fait cet acte d'affermage de terre à récolte partagée. 
— Après sa signature viennent celles du témoin et du garant du 
bail, du chef de groupe de familles et celle du secrétaire. 

A la dernière ligne le fermier dit que cette pièce est vraiment 
un acte d'affermage de terre digne de foi. 



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ATTESTATION POUR ASSIGNER UN TERME A UN BAIL. 161 

XXV. ATTESTATION POUR ASSIGNER UN TERME A 
UN BAIL D'AFFERMAGE DE TERRES. 

Moi, Ts'oei I, autour de cette attestation de terme à un bail 
d'afFermagc do terres, h présent, pour assigner ce terme, je me pré- 
sente à la famille dite Ngai-je-t'antj, Ayant précédemment alTermé 
ses terres à riz par un contrat d'affermage à récolte partagée, et 
le terme y assigné étant déjà arrivé, j'aurais dû abandonner les 
terres et déménager; mais à ce moment n'ayant pas pu le faire, 
j'ai donné au propriétaire une occasion juste de me demander des 
explications; c'est pourquoi j'ai prié des entremetteurs d'intercéder 
pour moi auprès de lui, pour qu'il veuille bien me proroger le 
terme, et recevoir de moi une attestation spéciale qui le déter- 
mine. Il a donc été résolu qu'en telle lune de telle année je dé- 
ménagerai et céderai les terres; que, contre la parole donnée, 
je ne prolongerai pas l'occupation des terres; que si cependant je 
marchais dans la même voie qu'auparavant, le propriétaire pour- 
rait me déférer à l'autorité publique pour mon châtiment, et 
qu'alors je reconnaîtrais ma faute sans excuse. Le terme ci-dessus 
indiqué est bien fixé, en foi de quoi j'ai fait cette attestation. 

Dans l'année tant de Koang-siu, telle lune, ... jour, moi, 
Ts'oei l, j'ai fait cette attestation de terme ï\xé à un bail de terres. 
— Aj)rès sa signature viennent celles du témoin de l'acte et du 
secrétaire. 

A la iin l'auteur affirme l'exactitude du terme fixé. 



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164 SECONDE PARTIE. XXVII. 

XXVI. ACTE DE LOCATION DE MAISON. 

Mol, TaoKia, auteur de cet acte de location de maison (n. 89), 
manquant de maison pour faire le commerce, à présent, à Taide de 
N. et N. entremetteurs et garants, je prends en location une maison 
de tant de chambres avec ou sans étage, appartenant à la famille 
dite Té'hing-t'ang. Les trois parties nous avons stipulé clairement 
que le prix de location par an serait de ta.7it de sapèques légales ; 
que le prix de location pour le mois intercalaire serait la moitié 
de celui des autres mois; que chaque mois le paiement serait fait 
sur la présentation du livret de location (n. 89); que le petit loyer 
(n. 90) serait en outre payé selon la coutume; que dans le paiement 
il n'y aurait pas le moindre retard; que je donnerais d'avance au 
propriétaire tant, comme arrhes de ce contrat; que j'entrerais en 
possession de la maison louée à partir de tel jour de telle lune de 
la présente année; que les réparations du toit et autres seraient à 
la charge du propriétaire; que si un jour l'une des parties voulait 
résilier ce bail, elle préviendrait l'autre partie trois mois avant 
le terme (n. 91). En outre il a été clairement convenu après 
délibération commune que moi locataire je ne devrai point, dans 
la maison louée, garder de mauvaises gens, ouvrir une fumerie 
d'opium, attirer des joueurs, ni vendre des objets employés au culte 
de Bouddha; que si je faisais un jour de telles choses, le proprié- 
taire serait libre d'appeler d'autres locataires, et je devrais aussitôt 
quitter la maison; que, de plus, si je ne payais pas le prix de 
location, le propriétaire pourrait en retenir l'équivalent sur les 
arrhes données. Tout cela est vraiment un contrat fait après déli 
bération, et il n'y a pas eu d'autres paroles. A présent, voulant 
qu'il en reste une preuve, j'ai fait cet acte de location de maison 
en témoignage. 

Énumération de points à spécifier. 

La maison est située dant telle rue, tel t'ou..,^ telpao,,., de telle 
sous-préfecture, et elle regarde le sud. Les chambres à étage ou 
sans étage en tout sont au nombre de tant: les portes, les fenêtres 
et les murs sont en bon état (1). Les centaines de sapèques seront 
composées de quatre-vingt-dix-neuf au moins. La valeur de la 
piastre sera estimée comme au magasin d'habits, sans addition (2). 

Dans l'année tant de Koang-siu, telle lune, ...jour, moi, Tao 
Kia, j'ai fait cet acte de location de maison. — Après sa signature 
viennent celles du garant, de l'entremetteur etc.. 

Cette pièce est vraiment un acte de location de maison. 



(1) Si la maison a pliiBlcurs coqis «le logis, il faurlm faire une liste en double bien 
détaillée, dont ch;u{ue partie prendra une copie pour faciliter Texanien et la remiie de la 
niaiHon à la fin du bail. 

(2) Dans ces magasins la ])iastre est estimée ù un taux inférieur par rapport h plu- 
si eurs autres miûsona de commerce. 








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XXVII. LIVRET DE LOCATION DE MAISON. 

Moi, Tao Kia, auteur de ce livret de location de maison (n. 89), à 
présent je prends en location tant de chambres à étage et sans étage, 
situées en tel lieu, appartenant à la famille dite Té-hing-t'anrj, à 
qui j'ai donné tant, comme arrhes du contrat. Il a été stipulé que 
le loyer de chaciue année sera de tant de sapcques légales; que 
le loyer sera payé chaque lune; que le loyer de la lune intercalaire 
sera la moitié du loyer des autres lunes; que le loyer commencera 
en tel jour do telle lune de l'année courante. Chacun de ces points 
déterminés après délibération dos parties est clairement consigné 
dans l'acte du contrat, c'est pourquoi on ne les expose pas ici de 
nouveau; mais je fais ce livret de location de maison que je donne 
au propriétaire, qui s'en servira pour réclamer le loyer et qui le 
conservera pour être consulté. 

Dans l'année tant de Konng-siu, telle lune, ... jour, moi, Tao 
Kia, j'ai fait ce livret de location de maison. — Ap^^s sa signature 
viennent celles du garant, de l'entremetlcur, du chef de district, 
du chef de groupe de familles et du secrétaire. 




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XXVIII. REÇU D^MIRHES POUR LA LOCATION 

D'UNE MAISON. 

La famille dite Té-^hing^t'ang fait cette pièce pour donner au 
locataire un reçu d'arrhes de location (n. 89). Le soussigné, chef 
de colle famille, donne en location à Tao Ki& pour y habiter, tant 
de chambres à étage et sans étage, situées en tel endroit. Il a 
été slipulé (lue le loyer par an sera de tant; que le loyer sera perçu 
chacjiKî lune. J'ai reçu du locataire fa7if, comme arrhes du contrat, 
(jue je lui rendrai au complet, quand il changera de maison, à la 
lin du bail ; si cependant le locataire devait alors quelque chose 
du loyer, on reliondrait les arrhes pour le paiement. En foi de 
quoi il convient de délivrer ce reçu au locataire. 

l)ans l'année tant de Konng-siu, telle lune, ... jour, ce reçu 
a été délivré. — Après le sceau du chef de la famille, viennent les 
signatures de l'enlremetteur et du secrétaire. 

Cet acte est digne de loi. 



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FORMULE DE CONFIRMATION d'uN ACTE DE VENTE. 167 

FORMULE DE CONFIRMATION D'UN ACTE DE VENTE 
DÉLIVRÉE PAR LE TRÉSORIER GÉNÉRAL DE NAN-KING (1). 

Acte [de confirmation (2)]. 

Nous, trésorier général de la préfecture de Kiang'Tiing et 
autres dans le Kianq^nan, délivrons ce diplôme pour nous confor- 
mer à un projet du Ministère des Revenus approuvé par TEmpereur. 

Nous avons reçu une communication du vice-roi et du gou- 
verneur de la province contenant la décision suivante du Ministère 
des Revenus : «A Tavcnir, quand les trésoriers auront à délivrer 
aux particuliers des diplômes pour confirmation d'actes de vente 
de terres ou de maisons, ces diplômes porteront un numéro d'or- 
dre, et seront composés de deux parties; sur la i)remière partie du 
diplôme, selon Tusage, on écrira en détail les noms et prénoms 
du vendeur et de l'acheteur, le nombre d'arpents de terre ou de 
chambres, abjet de la vente, la quotité du prix de vente et de la 
taxe légale à payer pour en obtenir la confirmation; et sur la 
seconde, à l'endroit laissé en blanc, le trésorier apposera son 
sceau à l'avance, et lors de la confirmation du contrat, le fonction- 
naire qui en est chargé (n. 62) inscrira en chiiYres majuscules 
(n. 2), sur le sceau, les deux sommes d'argent, à savoir le prix 
de vente et le montant de la taxe légale pour confirmation, de 
manière que les chiffres soient en partie sur chaque moitié du 
diplôme; le môme fonctionnaire coupera l€ diplôme en deux par- 
ties par le milieu du sceau et des chiffres; il donnera celle de 
droite à l'acheteur, et enverra celle de gauche, avec les autres 
cahiers, au trésorier, aux quatre saisons de l'année, pour qu'il en 
prenne connaissance, etc.; de plus, nous [membres du Ministère] 
ayant présenté à l'Empereur un rapjjort de notre délibération, 
nous avons reçu de lui un décret, ordonnant de la mettre en pra- 
tique.» Cette décision transmise par l'intermédiaire du vice-roi 
et du gouverneur ayant été reçue par nous [trésorier], pour nous 
y conformer, il convient que nous préparions des feuilles numé- 
rotées pour la confirmation des contrats de vente, et que nous les 
envoyions d'avance aux sous-préfets (soit hien, soit tcheou) de 
notre juridiction. Ainsi donc, à l'avenir, quand un propriétaire, 
quelle que soit sa condition (3), achètera, soit des terres, soit des 



(1) L*aote de couJirmaHon délivré par le trésorier de Sou-tcJteou jjj^ yt\ est identique 
ù celui que nous donnons ici. 

(2) Sur la partie correspondante à oelle-oi doit se trouver le caractère J|^. Cf. P Part., 
n. 61. 

(3) I^ texte distingue trois olnsses d'acheteurs; les notables (qui a])purtiennent à 
des familles mandarinales ou qui leur sont assimilés sur oc point), les soldats et les gens 
du petit peuple. 



168 SECONDE PARTIE. 

maisons, soit des îlots, soit des marais, il devra présenter au 
sous-préfet les actes de l'achat ; celui-ci collera sur chaque 
acte un diplôme de confirmation, et l'acheteur paiera la taxe 
légale proportionnel le au prix d'achat au sous-préfet, qui nous 
l'enverra intégralement. Que si des sous-préfets indignes, pour 
ohtenir un gain illicite, venaient à s'approprier cette taxe, et à 
ne pas l'inscrire sur le diplôme, TafTaire une fois découverte, selon 
la loi pénale, ils seront dénoncés à l'Empereur et punis. Quant 
aux gens du petit peuple, si pour échapper à la taxe légale, ils 
se contentaient d'actes simplement signés et timbrés, et ne deman- 
daient pas que le diplôme de confirmation fût collé sur leurs actes 
d'achat, une fois dénoncés, ils seront punis, d'après la loi relative 
aux fraudeurs du tribut, par confiscation de la moitié de l'objet 
en question. Que tous obéissent respectueusement à cette ordon- 
nance. — Cette pièce est un diplôme de confirmation d'un acte de 
vente. 

Enumération de points à spécifier. 

Le propriétaire N. a acheté de Mr.N. un terrain de tant d'ar- 
pents et dixièmes d'arpent [ou une maison de tant de kien et de 
p'i (1)], situés en tel tou, tel Vou, tel kià. Le prix du contrat est 
de tant d'onces et fractions d'once d'argent; la taxe légale payée 
est de tant d'onces et de fractions d'once d'argent. 

Ce diplôme, noté sous le caractère jfou au n° fan f, a été délivré 
à la sous-préfecture N.. Sur l'acte il conste que le contrat est une 
vente irrévocable. 

Cette partie droite du diplôme de confirmation a été délivrée 
au propriétaire N.. 

Le diplôme au caractère N. et n® tant a été délivré en Tannée 
tant de T'ong^tche, telle lune, tel jour. 

Les caractères enjambant sur les deux parties de l'acte por- 
tent le prix de l'achat et le montant de la taxe légale pour la 
confirmation en onces et fractions d'once d'argent. 



(1) Daii8 un corps de bâtiment chinois, le nom des chambrcj* ordinaires est (^ kie»; 
on donne celui de ]% p'i : 1° aux chambres d*une maison dont lo toit n*a qu'un versant; 
2^ aux chambres abritées ^Hir un versant secondaire soit latéral soit postérieur. 



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DIPLÔME DU TRÉSORIER GÉNÉRAL. 1G9 

DIPLÔME DU TRÉSORIER GÉNÉRAL (n. 93). 

Nous, trésorier général de la province de Kiang-sou, délivrons 
la présente pièce pour, — après avoir exposé la demande des rèijlea 
à suivre dans la déclaration de nouvelles terres et dfins l'expédi- 
tion de diplômes, et la réponse faite par l'autorité compétente — 
donner un de ces diplômes. Aux jours second et onzième de la 
5* lune de l'année 18" de K'ien-long (1753), furent reçues deux 
dépêches ofTicielles du vice-roi par intérim Ngo et du gouverneur 
Tclioang^ par lesquelles ils communiquaient une décision reçue par 
eux du Ministère des Revenus. Cette décision est une réponse dudit 
Ministère faite par ordre impérial à un mémoire détaillé présenté au 
Trône par le grand juge T'ong de la province de Tclié^kiang, Dans 
celte réponse, nous [membres du Ministère], nous proposons, par 
rapport aux demandes des gens du peuple présentées i>our obtenir 
la culture de terres nouvelles, de donner aux trésoriers généraux 
des provinces l'ordre de faire imprimer des diplômes et d'y ap- 
poser leur sceau, et, quand une demande de culture sera présen- 
tée, de faire examiner la demande et le terrain, de délivrer le diplôme 
au cultivateur et de faire enregistrer les nouvelles terres pour des 
vérifications ultérieures; que si un jour, par la disparition des 
cultivateurs, ou par suite de la mauvaise qualité des terres, 
celles-ci devenaient stériles, il soit permis aux propriétaires d'en 
avertir les autorités et de rendre les diplômes; que si des proprié- 
taires ne demandaient pas le diplôme prescrit, ils soient punià 
de la peine infligée à ceux qui à Tinsu de Tautorité défrichent de 
nouvelles terres (1); enfin que si des mandarins locaux ne faisaient 
pas d'enquêtes sérieuses au sujet des nouvelles terres, ou s'ils 
accordaient sans discernement des diplômes, ils soient sévèremei.t 
recherchés et dénoncés à l'Empereur; cette réponse a été approu- 
vée par l'Empereur, et, pour que l'on s'y conforme, nous l'avons 
communiquée aux autorités provinciales, comme il conste par les 
archives. — A présent, nous [trésorier général], avons reçu du 
propriétaire indiqué plus bas une demande pour obtenir que la 
propriété ci-dessous décrite soit classée parmi les propriétés sujettes 
au tribut légal; les mandarins locaux ont examiné la demande et 
la propriété en question; ils l'ont enregistrée, et nous ont envoyé 
le rapport final sur l'affaire. Après quoi, nous avons présenté au 
gouverneur de la province un rapport: le gouverneur en y répon- 
dant donne la permission de classer la propriété en question et 
de commencer à en percevoir le tribut; en outre, comme il con- 
vient, nous délivrons au cultivateur ce diplôme. — Cette pièce 
est délivrée pour faire foi. [Le trésorier a ajouté au pinceau le 
caractère ^^.] 



(1- Le texte chinois porte quatre classes de propriétés. 

22 



170 SECONDE PARTIE. 

Enumération de points à spécifier. 

Le cultivateur N., de la sous-préfecture N., présente une péti- 
tion pour déclarer qu'il veut faire valoir tant d'arpents et tant de 
fractions d'arpents de terrain (1). Le terrain paiera le tribut légal 
à raison de tant de t'eou,,., de cheng,,, de ko de riz par arpent, 
et il commencera à être payé à partir de telle année. 

Les limites du terrain sont: à TE., jusqu'à tel lieu, et à TO., 
jusqu'à tel autre; au S., jusqu'à tel lieu, et au N., jusqu'à tel autre. 

En l'année tant de Hien-fong, telle lune, tel jour. 

Les caractères écrits à moitié sur la dernière ligne indiquent 
que ce diplôme, inscrit sous le caractère Pan au n® tant, a été 
délivré à la sous-prefecture N. 



(1) Le texte porte quatre classes de terrains dont rune est un marais où l'oa coupe 
des roseaux, etc.. 



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TITRE OFFICIEL DE PIlOPRIÉTÉ. 171 

TITRE OFFICIEL DE PROPRIÉTÉ. 

(Employé dans la sous-prefecture de Chang-hai), 

Moi, sous-préfet de Chang-hai, ]' expédie cette pièce en vue de 
donner un titre otïîciel du cadastre (n. 93), qui servira à percevoir 
le tribut et à constater la propriété d'un terrain. On sail que parmi 
le peuple il y a lontjtemps que le cadastre des terres n'est pas 
clairement rég:lé; h présent, parmi les documents relatifs aux 
alTaires traitées par le bureau dit chan-heou-kiii, il y a un rapport 
présenté aux autorités supérieures de la province, et la réponse 
de celles-ci ordonnant que toutes les terres soient attribuées à des 
propriétaires stables qui soient chargés du paiement du tribut. 
Pour m'y conformer (1), après enquête, j'ai mesuré tous les ter- 
rains, (^uant au propriétaire indiqué plus bas, outre que j'ai fait 
inscrire en détail sur les reg-istres le numéro de son lot et son 
étendue, comme il convient, je lui délivre cette pièce qui lui 
servira pour le paiement du tribut. Cette pitKîe est donnée pour 
servir de titre ofïiciel. 

Enumération de points à spécifier. 

Dans le lot n. tant, au quartier marqué du caractère N., dans 
toi t'ou, tel k'iu, tel pao, le propriétaire N. possède tant d'arpents 
et fractions d'arpent de terre sujets au tribut ordinaire. 

En l'année 5® de llien-fong, telle lune, tel jour, ce titre a été 
expédié par la sous-préfecture N.. 

Les lignes de gauche en petits caractères portent : Si le ter- 
rain venait à être vendu, ce titre servirait au vendeur pour lui 
garantir la propriété du terrain. L'acheteur, l'ayant reçu du ven- 
deur, le présentera avec l'acte du contrat à l'autorité locale, pour 
faire l'enregistrement de la propriété et le transfert de nom du 
propriétaire, et aussi pour que l'autorité puisse lui demander le 
paiement du tribut. 8i quelqu'un conservait en cachette le titre 
officiel délivré en Tannée 48® de K'ien-long, qu'il sache que ce 
titre ne fait plus foi. 



(1) I^ «lifltrict runil UB Von est siilMlîvisé en pi aiours lotA numérotés, comprenant 
chacun nne ou pltiBieiirn portiomi de terniin ; chaque lot ou i>ortion de lot appartient à un 
propriétaire ; les norns de» propriétaires avec l'étemlue des propriétés sont conHigncs dans 
un registre, et à chaque propriétaiie le sous-préfet a délivré un titre officiel. Cf. I* Part., 

U. MM. 



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\'ï2 SECONDE PARTIE. 

TITRE OFFICIEL EXPÉDIÉ PAR ORDRE 

DE L'AUTORITÉ SUPÉRIEURE POUR METTRE EX BON 

ORDRE LE TRIBUT TERRITORIAL ET CONSTATER 

LE DROIT DE PROPRIÉTÉ. 

Moi, Kin, par décret imî)érial décoré de la dignité nominale 
de préfet, en expectative d'une préfecture indépendante de deuxiè- 
me classe, et par intérim sous-préfet de I^eou, dans la préfecture 
de Song-hiang, j'expédie cette pièce en vue de donner un titre 
ofTicicl de propriété qui puisse servir à fixer clairement la quotité 
du tribut, et à faciliter au peuple la constatation des droits de 
propriété. Par les archives de la sous-préfecture de Leou il conste 
que dans dans l'année 2*» de T'ong-che (1863), il fut établi un 
bureau chargé de fixer clairement la quotité du tribut; mais on 
se trouvait alors pressé pour la perception du tribut qu'il fallait 
instamment commencer, et il fut impossible de régler cette affaire 
d'une manière satisfaisante. J'ai maintenant rédigé sur ce 
sujet un règlement détaillé que j'ai présenté par écrit à l'autorité 
supérieure pour être examiné et mis à exécution, et j'ai reçu de 
Mr. Yngj trésorier général par intérim de la province, une réponse, 
dans laquelle il nT'ordonne de réfléchir et de délibérer sur le 
règlement proposé, et d'en mettre à exécution avec discernement 
les divers articles, en sorte que les propriétaires actuels soient 
réellement les propriétaires consignés dans les registres, et que 
toutes 1rs propriétés territoriales soient adjugées h des proprié- 
taires fixes; de plus j'ai reçu de Mr. rnj7, trésorier général par 
intérim (1), et directeur général du bureau chargé de tout le 
tribut de la province de Kiang-aou, une communication où il me 
dit (juc les règles proposées pour rectifier les erreurs existant 
actuellement dans la perception du tribut de cette sous préfecture 
sont bonnes et raisonnables, et par suite qu'il faut conformément 
a ces règles, députer des délégués, qui d'accord avec moi, sous- 
préfet, arrangent cette alTaire. J'ai ensuite reçii de Mr. Tchang, 
gouverneur intérimaire de la province, une communication envoyée 
au bureau chargé de tout le tribut, avec ordre d'examiner soigneu- 
sement les règles proposées, et de lui en faire un rapport détaillé. 



(l) I>es deux caractères ^( et ^ sont em])Ioyés pour désigner un fonctionnaire 
suppléant : mais le premier se dit d'un suppléant tout i\ fait provisoire pour peu de durée, 
V. gr. à la mort du titulaire, en attendant la nomination soit du titulaire, soit d*un sup- 
pléant pour un plus long espace de temps; le second se dit d*un suppléant nommé pour 
tenir la charge en attendant la nomination du^tuliiire, ou même en Tabsence de celui-ci 
pour des commifisionfi plus ou moiuK longues r^^cs de PAutorité supérieure. 



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TITRE OFFICIEL DE PROPRIÉTÉ. 173 

Pour me conformer h cet ordre, de concert avec les délégués de l'au- 
torité supérieure MM. Tchou et Chno, j'ai constitué un bureau chargé 
de Taffaire; puis j'ai présenté au gouverneur Mr. Ting un rapport dé- 
taillé des actes faits d'un commun accord par ledit bureau. Le gou- 
verneur, en réponse, m'a écrit que les règles proposées pour fixer 
clairement le tribut des terres et pour changer les noms des proprié- 
taires pouvaient être considérées comme passablement complètes et 
sûres en pratique. Après réception de cet ordre, attendu que le paie- 
ment du tribut ne peut pas se faire convenablement parce que les 
registres des districts ruraux sont en désordre, pour chaque terre 
on s'enquerra du nom du propriétaire, et ainsi l'on rectifiera la 
base sur laquelle s'appuie la solution du tribut; pour chaque 
propriété on exigera le tribut, coupant court ainsi pour toujours 
aux inconvénients d'avoir k payer le tribut des autres (1). Quant aux 
divers terrains situés dans chaque district rural, conformément 
aux règles établies pour la composition du registre de ce district, 
il faut que pour chaque lot de terre l'on inscrive le nom du pro- 
priétaire; on évitera ainsi la confusion, et l'on supprimera les 
abus invétérés qui en découlent (2). A l'avenir, dans les contrats 
de vente parmi le peuple ce titre officiel de propriété fera foi; 
la terre changera de propriétaire avec le titre qu'on se transmettra, 
et le titre suivra toujours le propriétaire actuel. Après confection 
et distribution des titres officiels, en conformité avec l'ordre donné 
par le gouverneur Mr. Ting, le titre officiel et l'acte de vente 
seront examinés ensemble et serviront à faire le transfert de nom 
du propriétaire. Il ne sera plus permis aux employés des bureaux 
des revenus de la sous-préfecture, ni h ceux qui sont chargés du 
transfert de nom des, propriétaires, de diviser les lots et d'inscrire 
frauduleusement de nouveaux propriétaires, et par ces procédés 
d'anéantir les règles établies pour fixer clairement la base du tribut. 
Tous les anciens titres officiels sont annulés par le présent titre; 
ainsi donc, dans les procès qui pourraient être intentés par la 
suite au sujet de la propriété des terrains, si une des parties ne 
présentait pas ce titre officiel, il n'y aurait pas lieu de s'occuper 
de son procès. Une feuille spécimen de ces titres à été portée à 



(1) Olui qui est eharf^é de percevoir le tribut pour un district rural reçoit à la sous- 
préfectnre les quittances tinibrces (n. 57) pour les propriétés du district; or, par suite de 
la confusion existant dans la partage des lots ut dans le cahier détaillé des noms des pro- 
priétaires, il arrive souvent que des particuliers sont obligés de payer le tribut pour 
des terres appartenant à d'autres. 

(2) Ces abus, Inconiquemont exprimée en cliinois par quatre caractères, sont :d*abord 
celui de faire tomber par ruse sur d'autics propriétaires le paiement du tribut dû pour ses 
propres ten'es ; et ensuite, de faire tomber sur plusieurs une charge qui ne doit être sup- 
)>ortéc <[ne i)ar un seul. — I/abus dont parle le texte peut aussi être celui de faire inscrire 
suus un seul nom des propriétés situées en différents districts ruraux, ce qui occasionnerait 
néce.Hsaironient du la confusion dans le partage des lots (run même district. 



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17 i SECONDE PARTIE. 

la connaissance de chacune des autorités supérieures; elle a été 
aussi gravée sur pierre pour servir à jamais de modèle. De plus 
il convient d'inscrire à la suite le nom du propriétaire, les numéros 
du puo et du t'oxi, le caractère du quartier, le numéro du lot, reten- 
due du terrain, et sa qualité par rapport au tribut auquel il est 
sujet, données qui seront un éternel témoignage pour constater la 
propriété. — Cette pièce servira de titre officiel de propriété. 

^Enumération de points à spécifier. 

La terre en question est située dans le pao..., le t'ou».., au 
quartier ayant le caractère N., au lot numéro tant; elle contient 
tant d'arpents... : elle appartient à Mr. N.. 

En Tannée tant de T'ong^tche, telle lune, tel jour, ce titre a 
été expédié. 









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qt:ittance pour le tribut en riz. 1/.) 

QUITTANCE POUR LE TRIBUT EN RIZ. 
(En usage dans la sous-préfecture de Koen-cfian). 

N. B. On n'exige pas d'argent pour la distribution de cette 
quittance. 

Moi, sous-préfet de Koen-chan, je donne cette pièce en vue 
de percevoir le tribut en riz (nn. 39 et 43). — A présent j'atteste 
que le propriétaire N. des terres situées au i'ou n. 2, du h'iu du 
nord qui porte le caractère fsaî, a payé cinq teou et cinq cheng, 
pour les tributs dits Is'ao-liang et pé-yn des terres fertiles, répondant 
à la 12® année de T'ong-tche, dans laquelle il y a lune interca- 
laire. Après avoir fait la réduction de 0,015 (n. 51), le paiement a 
été annoté sur les registres en témoignage, et de plus, comme il 
convient, je délivre cette quittance qui sera remise au propriétaire 
rural. Elle a été délivrée en l'année 12® à^T'ong^tche,.,^ telle lune, 
tel jour. — Le sous-préfet signe la quittance (1). 



(1) On prérient que si le nom du propriétaire et la quotité de tribut en riz à payer 
consignés dans cette quittance ne répondaient pan au nom du vrai propriétaire et à la quo- 
tité réellement due, le propriétaire pourrait, quand il voudrait, demander la rectificiition. 



QUITTANCE DU TRIBUT DIT CHANG-MASG. 
(En usage dans la sous-préfecture de Koen-c^an). 

Moi, sous-préfet de Koen-c/ian^ je donne cette pièce en vue de 
percevoir le tribut (nn. 43 et 39). A présent j'atteste que le pro- 
priétaire N. des terres situées au 2'' t'ou du h'iu du nord qui porte 
le caractère tsai, a payé 0,once327 (1), pour les tributs dits change 
mang et ti'ts^ao des terres à riz, pour l'année 11® de T'ong^tche dans 
laquelle il n'y a pas de lune intercalaire. L'argent reçu a été mis 
en caisse, et de plus, comme il convient, je délivre au propriétaire 
cette quittance. 

La quittance a été délivrée en l'année 11" de T'ong-tche,,.^ 
telle lune, tel jour. 

Le sous-préfet signe la quittance. Elle porte le n® tant dans 
la catégorie des pièces marquées au caractère hoen (2). 

(1) Les caractères ^ ft sont expliqués au n. 63 de la I« Partie. 

(2) Cette quittance a été détachée d'un livre à souche, et forme aussi la souche de la 
quittance qui sera délivrée après la i)erception du tribut dit hia-mang \ fC ; c'est pour- 
quoi des deux côtés elle porte la moitié des caractères ^ ^ ho- fou ; l'autre moitié se trou- 
ve sur les feuilles correspondantes. 






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178 -SECONDE PAliTIE. 



PROCLAMATION OFFICIELLE ACCORDANT AUX FRANC ALS 

UNE CONCESSION A aiASG^IIAI I . 

Nous. FJug, préposé aux douanes maritimes dans le Kiang- 
ri'in, en m/'Oie t'rmps chargé des afTaires relatives au cuivre. 
intendant militaire de Soif-tchfov, Song-klang et T'ai-tsanfj, promu 
de einq 2'rades et mentionné huit fois pour des actions méritoires. 
nous donnons la proclamation suivante : 

On sait que Cltang-hai est en relations commerciales avec la 
FrsiUf'o: or hier j'ai reçu une communication de M. de Montismv. 
Consul de France, dans laquelle il me dit ce qui suit: En l'année 
24* de Tao-lthiuig, à la 9* lune Octobre 18 i 4 . M. Ki, commissaire 
impi''rial et vicf-roi des deux Koang et autres, se sont réunis avec 
Mr. de Lacrené. Ministre pléni|K>tentiaire de France, en vue de 
délibén'r sur un traité de perpétuelle amitié et de commerce: le 
traité conclu a été pn*senlé des deux côtés à leurs Cours respecti- 
ves, et celles-ci par un décret spécial lont approuvé. Or ce traité 
porte ce qui suit : Tous les Français qui, suivant l'article XXII 2\ 
arriveront dans un df'S cinq 3 ports pour y habiter, quel que soit 
le nombre des personnes, pourront louer des maisons et des magasins 
pour y déposer des marchandises, ou bien ils pourront afTernier 
des terrains pour y bâtir des maisons et des mag'asins. Les Français 
pourront éiralement construire des églises, des hôpitaux, des hos- 
pices, des écoles et établir des cimetières. Les autorités locales, de 
concert avec le Consul, détermineront les quartiers les plus con- 
venables pour la résidence des Français et leurs constructions. Le 
fermage des terrains et le loyer des maisons seront réglés de part 
et d'autre entre les parties intéressées, conformément aux prix 
locaux; les autorités chinoises empêcheront les gens du pays d'exi- 
ger des prix trop élevés, et le Consul Français veillera à ce que 
ses nationaux n'usent point de violence pour forcer les Chinois à 
baisser les prix, ou à se contenter du prix qu'ils offrent. Le 
nombre des maisons et l'étendue des terrains affectés aux Fran- 



(1) I^tii droit» de la (^onceiwion françaiiie de Chanff-hai sont fondés sur TArt. X du 
imité de Canton de Ir^li, et Hur Ih procLimation du tao-Vai de Cftami-h/ii donnée en Avril 
lH4i). Avant de rc})ro«luire la formule de contrat* île location sur la Concession, nous avons 
cru utile d*in^é^er ici le texte chinois de la proclamation ; nous le faisons d'autant plua 
volontiers, i{ue ce tttxte, tiès intéreitsant pour des Français, est devenu, parait-il, assec 
rare». Pour ]dus de détails sur cette question on peut lire la brochure J>4 origine de dtnx 
Et'tUHHHP.iMiit» Frau<;nis <tan» P Extrême.- Orient, Chnmj-hai et Ninfj-jtOj par M. Henry Cordier. 
l'aris ISIIC». L'autfMir y donne un bon nombre de documents inédits, précédés d'nne intro- 
duction et HCcoMi]>>ignéH de notes explicatives. 

(2) <'*<;Ht une erreur de chifi'reN; TArticle auquel il est fait allusion est TArt. VI. 
(.h Canton, Amoif, Fou tr/aoti, ying-juirt l'haiiQ^hai. 



PUOCLAMATION ACCOUDANT LNK CONCESSION. 179 

çais dans les cinq ports, ne seront point rostroints h certaines 
limites, mais bien suivant les convenances et les besoins des 
Français. Si d<'S Chinois violaient ou détruisaient des églises ou 
des cimetières français, les autorités locales devraient arrêter les 
coupables et les punir rigoureusement suivant les lois. [Tel est le 
texte de l'Art, du traité]. Depuis longtemps chacune de» nations 
s'y est conformée comme il conste par les archives, et cependant 
les Français, à présdnt, n'ont pas encore d'emplacement où ils 
puissent alTermer des terrains, et habiter. Il convient donc que 
sans délai nous cherchions de concert un endroit convenable. 
[Telle est la teneur de la lettre de M. le Consul]. Après la récep- 
tion de cette dépêche, nous tao-t'ai, de concert avec M. de Mon- 
tigny Consul de France, avons examiné et arrêté un emplacement 
situé en dehors de la porte nord de la ville de Chang-hai, lequel 
s'étend : au S., jusqu'au canal qui longe les murs de la ville; au N., 
jusqu'au canal dit Yang-king-pang ; à l'O. jusqu'aux localités nom- 
mées Koan-ti-miao (pagode de Koan-ti ou du dieu de la guerre) 
et Tchou-kia-kiao (pont de la famille Tchou), et à TE., jusqu'au 
bord du Hoang-p'ou entre l'édifice dit Koang-tong-tchao-tcheou 
kong-koan (maison de réunion pour les gens de Tchao-tcheou de la 
province de Koang^tong) et l'extrémité du canal dit Yang-king^ 
■pang[\). Ceslimites ont été clairement consignées dans les registres. 
De plus, nous sommes convenus que, si le terrain désigné ci-dessus 
devenait un jour insullisant, alors, après délibération commune, 
on en désignerait un autre; et que la désignation par délibération 
commune aurait aussi lieu toutes les fois qu'il serait nécessaire 
de marquer un nouveau terrain (2). Quant aux terres situées dans 
l'emplacement aujourd'hui arrêté, M. le Consul pourra, quand il le 
voudra, traiter de leur fermage au prix courant parmi le peuple; 
mais il veillera à ce (|ue ses nationaux n'usent pas de violence 
pour contraindre les Chinois à baisser le prix de location ou à 
recevoir le prix oiîert par eux; que si des Chinois, contrairement à 
ce qui a été stipulé par le traité, élevaient leurs prix au dessus 
du prix courant parmi eux, M. le Consul s'adresserait aux auto- 
rités locales, qui leur ordonneraient de se conformer à l'article du 
traité ci-dessus transcrit. Quand aux individus des autres nations 
i\\\\ voudraient louer des terrains à l'intérieur de la Concession, 
ils devraient s'adresser au Consul Français, pour délibérer avec lui 
et arriver à la conclusion de TafTaire. Que ])ersonne n'enfreigne 
cette proclamation. VeXiw pièce est une proclamation spéciale. 

Cette |)roclamation a été faite en l'année 29'' de Tao-Koaiig, 
3« lune, lirjour (6 Avril 18 i9). 



(1) Ces limites ont été reculées plus tard aa S. et ù TO. 

(2) B8 dË B8 ^1 «vei'/cAe «oei-i ; Ceci nVst pas très cinir; la phrase peut aussi 
sigiiifit^r «la délibération i>our désigner lo nouvel eni]>laceinont atira lieu aussitôt que la 
deinun le nous sera purvuuuc». 



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182 SECONDE PARTIE. 

FORMULE DE CONTRAT POUR LOCATION DE TERRAIN 

SUR LA CONCESSION FRANÇAISE A CHAXG'HAI (1). 

Nous, Tchao Kia et Ts'ien I, auteurs de ce contrat de location 
de terrain perpétuel et irrévocable, nous nous sommes présentés 
devant le Consul de France, pour lui faire savoir notre volonté arrê- 
tée de donner en location à perpétuité à l'Eglise catholique notre 
terrain, mesurant tant d'arpents et fractions d'arpent, cadastré sous 
le lot du quartier qui porte le caractère neiig, au 6* t^ou du 25* 
pao. Des deux côtés nous avons (i\6 que le prix courant et régu- 
lier de la location serait de tant d'onces d'argent; aujourd'hui 
même a eu lieu la remise du terrain et le paiement du prix, sans 
que de part et d'autre il y ait eu la moindre difïiculté. A partir 
de cette location irrévocable, le terrain sera tout-à-fait à la 
disposition du nouveau propriétaire, qui en disposera à son gré, 
soit pour son usage, soit pour le louer à d'autres, et cela, soit 
révocablement, soit irrévocablement, sans que nous Tchao et Ts'ien 
ayons rien à y voir. — Seulement le nouveau propriétaire devra 
chaque année payer tant de milliers de sapèques comme prix de 
la location; par conséquent, tous les ans, dans le courant de la 
12* lune, le locataire du terrain paiera le prix de la location pour 
l'année suivante qui servira au paiement du tribut. Tout ceci est 
bien la libre détermination des deux parties, et aucun de nous n'a 
là-dessus d'autres paroles; craignant que dans la suite on en 
manque de prouves, nous avons dressé cet acte de location irrévo- 
cable, qui sera conservé en témoignage. 

Enumération de points à spécifier. 

Les quatre limites sont : à l'E., jusqu'à..., et à l'O., jus- 
qu'à...; au S., jusqu'à..., et au N., jusqu^à... Les deux auteurs du 
contrat et le ti-pao apposent leur signature. 

APPROBATION DU CONSUL FRANÇAIS. 

Nous. Edan, par décret du gouvernement Français Consul géné- 
ral intérimaire de Chang-hai et de Ning-po, avons constaté après 
examen que Tchao Kia et Ts'ien I sont les vrais propriétaires du ter- 
rain ci -dessus décrit, qu'ils sont libres de le louer irrévocablement, 
et que le terrain vaut bien le prix convenu; c'est pourquoi nous 
avons d'une part enjoint auxdits Tchao Kia et Ts'ien I, et de 



(1) Cette forme de contrat était usitée au commencement, quand les gens du pays 
louèrent leurs terrains à des Européens ; à présent les contrats sur la Concession sont cLtns 
le même style qu*cn France ; ils sont faits et enregistrés à la chancellerie du Consulat. 



LOCATION DE TERRAIN SUR LA CONCESSION FRANÇAISE. 183 

l'autre, avons requis le Père missionnaire catholique, de signer 
cet acte; de plus nous avons constaté que le prix stipulé a été 
payé au complet .par celui-ci et reçu par ceux-là; c'est pourquoi, 
après avoir apposé au contrat notre sceau et notre signature, nous 
avons envoyé cet acte à M. Ou, par décret Impérial de la présente 
dynastie décoré de la dignité du 2® degré avec droit au bouton 
correspondant, préposé aux douanes maritimes dans la province 
de Kiang^nan, intendant de Sou-tclieou, Song-kiang etT'ai-ls'ang, 
et par intérim trésorier général de la province de Kiang-soUj le 
priant d'y apposer aussi son sceau en témoignage. 

En l'année 11® de Hien-fong, au 7® jour de la 1® lune cet 
acte a été dressé. 

Le Consul et le tao-t'ai ont apposé leur sceau. 



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180 SECONDE PARTIE. 

FORMULE DE COXTHAT DE LOCATION DE TERRAIN 
SUR LA CONCESSION ANGLAISE A CHANG-HAI. 

Nous, Ou, par nomination impériale de la dynastie Ta^ts^ing 
préposé aux douanes maritimes dans le Kiang-nan, intendant mi- 
litaire de SoU'tcheou, Song-kiang et T'ai'ts'ang, donnons cette 
pièce pour délivrer un acte de location de terrain. 

Nous avons reçu de M. Mai Consul d'Angleterre une dépêche 
otïicielle dans laquelle il nous fait savoir que M. Tchao Kia, négo- 
ciant de sa nationalité, lui a présenté une jiétition écrite, dans le 
but d'obtenir, conformément aux traités, la permission de louer 
h perpétuité un terrain de M. TsUen I ; le terrain contient tant 
d'arpents, et ses limites sont : au N., le terrain de M. Tchang; 
au S., l'extrémité des propriétés de M. Li ; à TE., la grande route; 
et à rO., le petit canal; le prix de location est de tant par arpent, 
soit de tant pour tout le terrain; de plus, le loyer annuel à 
payer d'avance à la banque du gouvernement est de 1500 sapèques 
l)ar arpent. Cette dépêche une fois reçue, nous avons ordonné 
au propriétaire T>i'ien l de louer le susdit terrain au négociant 
susnommé, à condition cependant que Ton se conformât aux règles 
suivantes : 

Attendu que, selon ce qui a été stipulé dans les traités, les 
étrangers ne peuvent pas disposer tout-à-fait à leur gré des terrains 
situés dans les Concessions; que par suite il ne leur est pas 
permis de louer à leur tour ces terrains à des étrangers qui n'ont 
pas encore droit de résidence dans l'Empire chinois; et que, s'ils 
veulent les louer à des étrangers ayant droit de résidence, il faut 
qu'auparavant le tao-t'al et le Consul aient vu si la location de 
terrains ou de maisons qui s'y trouvent, ne présente pas d'obsta- 
cles et aient accordé la permission de louer le terrain et d'habiter 
les maisons; en outre, attendu que^ quoique d'après les règlements 
antérieurs, les étrangers locataires de terrains sur les Concessions 
aient des privilèges assurés, cependant, d'après ces mêmes règle- 
ments, ils ne peuvent pas y louer des terrains et des maisons 
pour les céder ensuite à des Chinois; que si ceux-ci voulaient 
louer des terrains ou des maisons sur les Concessions, ils ne 
pourraient le faire qu'après avoir obtenu un permis écrit et signé 
par le Consul et le tao-t'ai, et ils devraient de plus faire enregistrer 
leur contrat par les deux autorités susdites : 

1" Si le susdit négociant ou ses représentants venaient dans 
la suite à transmettre à d'autres le terrain loué, sans avoir au 
préalable averti par écrit le Consul d'Angleterre et le tao-t'ai, et 
en avoir reçu, après délibération commune, la permission [timbrée 
et scellée]; 2** si, soit sur le terrain en entier, soit sur une de ses 
parties, le locataire du terrain lui-même, ou d'autres, venaient à 



LOCATION DE TERRAIN SUR LA CONCESSION ANGLAISE. 187 

y bâtir des maisons, et à les louer à des Chinois pour en faire 
leur habitation, sans avoir préalablement obtenu la permission 
[écrite et timbrée] des deux autorités anglaise et chinoise: 3** et si 
chaque année le locataire du terrain ne payait pas d'avance à la 
banque du gouvernement le loyer annuel de 1500 sapècjues par 
arpent; — dans chacun de ces trois cas, cette pièce serait de nulle 
valeur, et le terrain loué rentrerait sous la propriété des autorités 
[chinoises]. — Cette pièce est un acte fait pour louer un terrain. 

L'acte a été délivré le l®*" de la 6® lune de l'année 11** de 
Hien-fong. 

N. du lot tsint. 

N. de Tacte tant. 

Sceau du tao-t'ai. 

Sur son second sceau le tao-t'ai note que le terrain, lot N. tant, 
primitivement loué par l'acte N. tant, mesurant tant d'arpents, 
au jour... de la lune... de l'année... de T'ong^tche, a été loué, 
conformément aux règlements, par M. Tchao Kia à M. Suen Ting. 



APPENDICE. 



REGLES A SUIVRE DANS LE PAIEMENT ET LA 
RÉPARTITION DES HONORAIRES DES ENTREMETTEURS. 

Les actes relatifs au domaine légal, comme il a été dit dans 
la première Partie de cet ouvrage, et comme on a pu le voir dans 
les différents modèles donnés ci-dessus, sont signés par des entre- 
metteurs, des agents locaux de l'autorité, et par un secrétaire. 
Toutes ces personnes sont généralement rémunérées en argent 
pour leur concours^ et la somme à distribuer parmi les entremet- 
teurs, soit principaux, soit secondaires, est appelée tchong-kin 
rfi ^. Cette somme est fixée et distribuée conformément à des 
coutumes locales qui varient d'un lieu à l'autre; de plus la coutume 
locale est quelquefois modifiée d'un commun accord par les parties 
contractantes. 

Quoi qu'il en soit de ces divergences, les coutumes sont assez 
semblables dans leurs points les plus importants; ne pouvant pas 
donner ici, on le comprend bien, la coutume, telle qu'elle est suivie 
dans toutes les villes et les campagnes de cette province, et moins 
encore dans toute la Chine, nous voulons au moins donner à la 
suite celle qui est suivie dans les villes de Sou-tcheou^ Song-kia)tg 
et Chang-hai, et dans les Concessions européennes de cette der- 
nière ville; pour cela, nous avons traduit, en l'abrégeant un peu, 
l'Appendice ajouté à l'ouvrage ^ ^ ^ ït dont il est fait mention 
dans la Préface. 

§ I. RÈGLES SUIVIES DANS LA VILLE DE SOU-TCHEOU 

POUR LES VENTES DE TERRES ET DE MAISONS. 

1. Dans la ville, la vente irrévocable et le contrat d'antichrcse 
sont seuls en usage; la vente révocable n'y est pas employée. 

2. Pour les susdits contrats, les honoraires des entremetteurs 
sont en proportion du prix des propriétés; le vendeur doit retran- 
cher 2**/o du prix de vente, et l'acheteur doit en ajouter 3**/„, soit 
en tout 5®/o du prix; de plus, de cette somme on ne prend que les 
8"/o; ce qui fait que la somme à distribuer n'est que 4**/^, du 
prix de vente. Par exemple, le prix de vente étant de 100.000 



RÉPAUTITION DES lIONOU.vmES DES ENTllKMETTELUS. 180 

sapùques, les honoraires dos entremottours sont de iOOO sapeques, 
dont IGOO données par le vendeur, et 2'iOO par l'acheteur; bref, 
le vendeur doit donner 1,6"/^ du i^rix, et l'acheteur, 2,4"/o. 

3. Si les deux parties contractantes ont chacune leurs entremet- 
teurs principaux et secondaires, les honoraires des entremetteurs 
sont divisés en deux parties éurales, chaque contractant en recevant 
une, qu'il se charge de distribuer parmi ceux qu'il a invités. 

i. Les entremetteurs principaux et secondaires de chaque 
partie contractante divisent la somme reçue en dix parts, dont sept 
sont adjugées aux entremetteurs principaux, et trois aux secondaires; 
les uns et les autres, quel que soit leur nombre, se partagent 
également la somme qui leur revient : par exemple, si la somme 
due aux entremetteurs du vendeur est de 2000 sapèques, 1400 
sapèques sont partagées entre les entremetteurs principaux, et 
600 entre les secondaires; s'il n'y avait qu'un seul entremetteur 
principal, il prendrait pour lui seul les 1400 sapèques. 

5. 8i cependant les entremetteurs secondaires étaient trop 
nombreux, et que la somme à distribuer entre eux fût trop faible, 
on pourrait alors engager l'entremetteur principal à céder un peu 
de sa part, ou bien on prierait l'acheteur d'ajouter quelque chose; 
mais cet usage n'est pas toujours suivi. 

6. Il y a des cas dans lesquels chaque contractant se charge 
de payer les entremetteurs qu'il a employés pour le contrat; c'est- 
à-dire que le vendeur distribue entre ses entremetteurs 1,6**/^ 
du prix reçu, et l'acheteur en fait autant avec les siens des 2,4^/0 
du prix convenu; puis les entremetteurs se partagent entre eux la 
somme reçue conformément à ce qui a été dit au n. 4. 

7. Le secrétaire devant être invité par le vendeur, c'est à 
celui-ci de le rémunérer. La somme à lui donner varie en pro- 
portion du prix de vente: cependant il n'y pas là-dessus de règle 
fixe; on lui donne plus ou moins selon que sa renommée et son 
honorabilité sont plus ou moins grandes. Parfois, au lieu d'argent, 
on lui donne des cadeaux; de plus, quand le secrétaire est un 
homme très estimé dans la contrée, l'acheteur de son côté lui 
offre aussi des cadeaux, soit en argent, soit en nature, pour le 
rémunérer. 

8. Il y a encore des cas où Ton stipule que le prix net à 
recevoir pour le vendeur sera de tant, et que les frais d'entremetteurs 
seront tous à la charge de l'acheteur. Dans d'autres cas, au con- 
traire, ce sera l'acheteur qui se chargera de payer les entremet- 
teurs; mais cette manière de faire est moins usitée. 

9. Quand les parties contractantes sont des gens du pays, 
on n'invite pas l'agent public du fisc king-tsao f^ 5^, pour être 
entremetteur et signer le contrat; mais si l'acheteur est inconnu 
dans le pays, il faut l'inviter à être témoin du contrat et en 
signer l'acte. — Après avoir fait en règle l'acte du contrat, il faut 
se servir du même agent public du fisc pour le faire enregistrer 



190 . SECONDE PARTIE. 

par l'autoritë, et pour en obtenir le transfert de nom du proprié 
taire. 

S II. RÈGLES SUIVIES DANS LÀ VILLE DE SOU-TCHEOU 

VOIR TNE LOCATION DE MAISON. 

i 

1. Dans l'intérieur de la ville le petit loyer (n. 90) n'est pas 
en usage. 

?. Les honoraires des entremetteurs se composent de plusieurs 
quantités dites ^ fei, égales aux S^Yo du prix annuel de location; 
ainsi, si le loyer est de 100.000 sapèques par an, le fei sera de 
8.000 sapèques. 

3. Les honoraires des entremetteurs que le locataire doit 
donner ne peuvent pas dépasser cinq fei, c'est-à-dire, 40®/^ du 
loyer annuel. Cette somme est divisée en quatre portions, dont 
la première dite noi-fei ^ ^, est de 1 i**/^, la seconde dite waî-/ei 
^ ^ est aussi de l 'i**/^,; la troisième dite ta-tsing ^ j^ est de 8**/^ 
et la dernière dite siuo-tfiing }]% j^ est de 4**/o. 

4. La portion nei-fei est partagée entre les divers procureurs 
du propriétaire; quelquefois cependant le maître en prend aussi 
sa part. Si d^-ins la maison il n'y a pas de procureur, le maître 
prend pour lui seul toute la somme. 

5. La portion wai-fei est partagée entre les entremetteurs 
principaux et secondaires; dçs dix parties de cette somme, sept 
sont prises par lejj premiers, et trois par les seconds. 

G. La portion ta-tsiiig est prise par le propriétaire, mais a 
la fin de la location, il doit la rendre au locataire sortant. Si 
lors du déménagement il y avait des questions à régler, qui 
demandassent l'intervention des entremetteurs, et qu'il fallût pour 
cela faire quelques dépense», elles seraient prises sur la portion 
tH'tsing: s'il en restait quelque chose, ce serait rendu au locataire 
sortant. 

7. La portion siao-tsiiig est distribuée entre les gens de service 
du propriétaire. 

8. Pour que les honoraires des entremetteurs atteignent 40**/^ 
du prix annuel de location, il faut que la maison soit située dans 
une rue bien fréquentée, comme dans les endroits nommés Tc/i'ang- 
vipn ^ p^, Tchong-che fJi 7}f Koan'ts'ipn ^ if^, etc.; autrement, 
ladite somme est diminuée en proportion du lieu que la maison 
occupe; cependant les portions nei-fei et \vat-/ei doivent monter 
chacune au moins à 8**/^ du loyer annuel. 

9. Si lors de la confection du contrat, le locataire payait les 
portions dites ta-ti^ing et siao-t^ing, il faudrait le noter clairement 
sur l'acte du contrat; s'il ne payait aucune de ces deux portions, 
ou qu'il payât seulement l'une d'elles, il faudrait noter sur l'acte 
que la remise a été faite par bienveillance. 



IIÉPAUTITION DES HONORAinES DES ENTREMETTEURS. 191 

10. Pour louer une maison, il faut quelquefois présenter un 
garant; les honoraires à lui donner, s'il y a lieu, ne sont pas 
compris dans les frais ci-dessus mentionnés; c'est au locataire à 
s'entendre à l'amiable avec lui. 

11. 8i le locataire avait des compatriotes, des parents ou des 
amis, qui fussent connus du propriétaire, et qui voulussent accep> 
ter la charge d'entremetteurs et de garants, alors l'invitation de 
l'agent public du fisc king-tsao j^ j^ ne serait pas nécessaire; 
mais si le propriétaire ne connaissait pas le locataire, ni sa pro- 
venance, etc., alors il faudrait inviter ledit agent pour signer le 
contrat et s'en porter garant. 

12. Quand les locataires sont des mandarins en expectative 
d'une charge, heou-p'ou j^ ||, les frais indiqués ci-dessus n'ont pas 
lieu ; ils paient seulement au propriétaire un mois de loyef dit «argent 
de balayage» ta-sao^ts'ipu ff ^ !g|, et ils en donnent à peu 
près autant aux entremetteurs; en dehors de ces deux sortes de 
dépenses il n'y en pas d'autres k faire. 

§ III. RÈGLES SUIVIES DANS LA VILLE DE SOXG^KIAXfi 

POUR LA VENTE DE TERRES ET DE MAISONS. 

1. Dans l'intérieur de la ville de Song-kiang, quand il s'agit 
d'une vente révocable ou d'un conti-at d'antichrèse, les honoraires 
des entremetteurs sont payés par l'acquéreur en dehors du prix, 
et montent à 3"/^ du prix pour les ventes ou antichrèses de ter- 
rains, et à i°/o pour celles de maisons. Par exemple, si le i)rix 
est de 100.000 sapèques. les honoraires des entremetteurs seront 
de 3000 ou iOOO sapèques respectivement. 

2. Quand il s'agit d'une vente irrévocable, soit de terrains, 
soit de maisons, les honoraires des entremetteurs sont de 10"/„ du 
prix de la vente. Si par exemple, le prix était de 100.000 sapè- 
ques, les honoraires des entremetteurs seraient de 10.000 sapèques. 

3. Alors même qu'en un seul jour on écrirait les trois actes 
dits vente révocable, complément de prix et vente irrévocable 
(n. 30), les honoraires des entremetteurs monteraient à 10**/„ des 
sommes en ([uestion dans les trois actes réunis. 

4. Si cependant le prix d'une vente dépassait 1000 onces 
d'argent, les honoraires des entremetteurs seraient réduits à 8®/„, 
G"/o et même a 5"/o. en raison inverse de l'excès du prix; de plus, 
les honoraires des entremetteurs sont moindres quand l'acquéreur 
est de la classe élevée que s'il est de basse classe. 

5. Les honoraires des entremetteurs sont divisés en cinq parts; 
la première pour les entremetteurs principaux; la seconde pour 
les entremetteurs secondaires; la troisième pour le chef de groupe 
des familles pao-tcheng '^ if; la quatrième, pour l'acquéreur et 
la cinquième, pour le vendeur : ces deux derniers subdivisent 



m? SECONDE PAIîTIE. 

leur part on deux parties ^-gales dont ils donnent l'une aux entre- 
metteurs principaux, et l'autre au secrétaire. 

6. Il va cependant des cas où les honoraires des enlremet- 
leurs sont divisés en trois parts: la première pour les entremetteurs 
prinri)>aux. la seconde pour le chef de irroupe de familles, et la 
troisième parta^'ée éiralement entre le secrétaire et les entremet- 
teurs secondaires. 

S IV. RKGLES SUIVIES DANS LA VILLE DE SaXO-KIASO 

1*01 It LES LOCATIONS DE MAISONS ET DE TERRES. 

1. Dans la ville de >^oiig-kiang,]e petit loyer (n. 90) n'est pas 
en usaûrc: du côté du locataire ce sont des parents ou des amis 
qui remplissent l'oflice de secrétaire, d'entremetteurs et de irarants, 
et il n'y pas de récrie fixe quant à leur rémunération: générale- 
ment on se contente de leur faire des cadeaux en nature, comme 
un jambon, un grand vase de vin, des gâteaux, etc. 

2. La somme d'argent que le locataire doit payer au chef de 
groupe de familles pao-tchenfj ^ J£ dépend du chilTre du loyer. 
Si par exemple, le loyer annuel était df 100.000 sapêques. l'argent 
à lui donner en serait le 100'; s'il était de 10.000 sapêques on 
lui en donnerait 'i®/„; bref, plus le loyer est élevé, plus la propor- 
tion à donner au chef de groupe est faible, 

3. Quand un propriétaire ne possède que le fond d'un terrain, 
dont la surface est possédée par d'autres, ce qu'il faut faire pour 
le loyer est expliqué dans la P Part. n. 70. 

'4. On explique aussi au môme endroit, n. 77, la conduite à 
tenir par le propriétaire de la surface qui la vend à un autre. 

5. Un fermier louant un champ, doit payer les frais de Kacte 
d'aiTermage : quant à la somme à débourser, elle est réglée d'a- 
près la qualité du champ, et aussi d'après la nature du contrat, 
selon qu'il y a ou non des arrhes. 

G. Quand le champ est de première qualité, et qu'il est stipulé 
qu'on donnera des arrhes, les frais du contrat sont de 600 à 700 
sapêques pour chaque che /^ du fermage nominal; si le terrain 
était de ([ualité inférieure, il suffirait de 100 sapêques par che. 

7. Quand le fond et la surface des terres appartiennent au 
même propriétaire, les frais du contrat de fermage sont plus con- 
sidérables. Si par exemple, le terrain était de première qualité, 
pour chaque che du fermage nominal, il faudrait débourser 1.000 
sapêques. La somme déboursée j)ar le fermier est divisée en qua- 
tre parts égales; le chef de groupe de familles, pao-tcheiig ^ ]£, 
en prend une, les procureurs du propriétaire se partagent la se- 
conde; et les domestiques en font autant pour les deux autres. 

8. Les entremetteurs, les garants et le secrétaire d'un con- 
trat de feiiiingc» ne reçoivent pa.s d'honoraires. 



RÉPARTITION DES HONORAIRES DES ENTREMETTEURS. I iK*^ 

§ V. RÈGLES SUIVIES A CHANG-HAI POUR LES VENTES 

DE TERRAINS ET DE MAISONS. 

1. A Chang-hai, les honoraires dés entremetteurs d'une vente, 
soit de terrains, soit de maisons, sont de lO^o ^^ pnx de la ven- 
te, en dehors du prix payé par l'acquéreur. Si cependant le prix 
dépassait 1000 onces d'argent, les honoraires des entremetteurs 
seraient réduits à 1°/^, G**/©? 57oî et même 4'*/o, selon que le prix 
de vente est plus élevé. 

2. Ces frais sont divisés en trois parties égales dites : part des 
entremetteurs, part de l'acquéreur et part du vendeur. La pre- 
mière est donnée aux entremetteurs principaux; la seconde, celle 
de l'acquéreur, est subdivisée en trois portions égales, dont la 
première est donnée au secrétaire, la seconde divisée dans la pro- 
portion de 0,6 et 0,4 entre l'agent public du fisc, Vou-chou |B ^, 
et le petit agent de circuit local, siao-kia )]% Ep ; et la troisième, 
répartie entre les entremetteurs secondaires et les divers procu- 
reurs de la maison. S'il n'y avait pas eu d'entremetteurs secon- 
daires, ou si l'acquéreur n'avait pas de procureur, Tacquéreur 
garderait cette troisième portion de sa part. Enfin la part du ven- 
deur est répartie entre les entremetteurs employés de son côté et 
ceux de ses parents qui, étant présents, auraient signé le contrat. 
S'il n'y avait eu ni entremetteurs secondaires, ni parents qui eussent 
signé le contrat, le vendeur garderait pour lui cette part qui porte 
son nom. 

§ VI. RÈGLES SUIVIES A CHANG-HAI POUR LA 

LOCATION DE MAISONS. 

1. A Chang-hai, quand une maison est louée, il est d'usage, 
qu'en dehors du loyer annuel le locataire paie le petit loyer (n. 90), 
qui est de l^/^ du loyer annuel. 

2. Le petit loyer est réparti pas portions inégales entre les 
divers procureurs du propriétaire, et ses gens de service: quel- 
quefois cependant il est gardé par celui des procureurs qui est 
chargé de l'intérieur de la maison. 

3. Les frais de l'acte de location sont payés par le locataire; 
ils sont de 10°/o du loyer annuel, et sont divisés en trois parts; la 
première est pour les entremetteurs principaux, la seconde pour 
le propriétaire de la maison, et la troisième pour le locataire. 

4. Les entremetteurs principaux partagent leur allocation avec 
ceux qui ont aidé à la conclusion du contrat. 

5. La part du propriétaire est distribuée inégalement par 
celui-ci parmi ses procureurs et ses gens de service. 

25 



1 



19'l SECONDE PARTIE. 

6. La part du locataire est distribuée par celui-ci entre ses 
procureurs et ses gens de service; ou bien, il la garde pour lui 
seul. 

7. En outre des honoraires des entremetteurs, le locataire 
doit encore débourser 10"/„ du loyer annuel, dont 0,4 sont donnés 
à Tagent public du lise, Tow-c/iou |B| ^'. et 0,6 au petit chef du 
circuit local, siao-hia >J% ^. 

8. Le secrétaire reçoit aussi Vj^^ du loyer annuel. 

9. L'argent dit «sapèques pour ouvrir la serrure» est donné 
h un domestique du propriétaire; c'est ordinairement de 100 à 200 
sapèques; pour un loyer très élevé, on ne donnerait pas plus de 
500 à 000 sapèques. 

§ VIL RÈGLES SUIVIES SIR LES CONCESSIONS 

ELUOPÉENNES DE CHASG-IIAI POUR LA 

LOCATION DE MAISONS. 

1 . Il est d'usage de payer tous les ans le petit loyer en sus 
du loyer annuel; il est de l®/o ^^^ celui-ci. 

2. Les honoraires des entremetteurs pour la location sont de 
10®/o du loyer annuel. Cette somme est divisée en deux portions; 
la première est partagée également entre les procureurs du pro- 
priétaire, et la seconde entre le secrétaire et les entremetteurs. 
Le ti-pao yjl fX rie re(;oit rien. 

S VIII. RÈGLES SUIVIES AUX ENVIRONS DE ZI-KA-VEI 

près CHANG-HAI POUR UNE VENTE, SOIT DE 

MAISONS, SOIT DE TERRES. 

1, Les honoraires des entremetteurs, à charge de l'acheteur, 
sont ordinaironiont de 107o du prix de vente; mais si ce prix est 
très élevé, ils peuvent n'en être que de 7"/„, G**/,,, 5''/„ ou môme i*^/^. 

2. Sur la part des entremetteurs on prend d'abord l^o pour 
le secrétaire; le reste est divisé en quatre portions : la première 
pour les entremetteurs principaux; la seconde pour l'agent public 
du fisc, ti'pao J<fcfjft; la troisième pour l'acquéreur et la quatrième 
pour le vendeur (1). Si par exemple, le prix du contrat est de 
100.000 sapèques^ l'argent des entremetteurs est de 10.000: sur 
ce nombre, 1.000 sont pour le secrétaire, et les quatre autres classes 
de personnes ci-dessus indicjuées en prennent chacune 2250. 



(1) Le vendeur et raccinéreur payeront avec oet argent les entremetteurs secondaires, 
pareutH, etc., qui auront signé le contrat. 



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/ 



INDEX 

DES EXPRESSIONS TECHNIQUES 



CONTENUES 



DANS LE CORPS DE L OUVRAGE 



G 



g^Cha, n. 137. 
;i;^ 7[C Chan-mou, n. 11)0. 
fc # ^ Chang-cheou-k'i, n. 97, 

Jl "M* ^ i Chang-cheou-yuen- 

tchou, n. 1 4. 
J- ^ Chang-k4, n. 24, (1). 
p tt Chang-mang-yn, n. 43. 
;jg'Chc, n. 130. 
^ i Che-tchou, n. 14. 
J|jg.Che-tsou, n. 8i. 
^ Ôhen. pp. 73, 76. 
^ Cheng, nn. 130, 131. 
^^ Cheou mi, p. 152, (3). 
>^Cho, n. 130. 
j^^ Choei-kM, n. 61. 
^ ^ Choei-tch'enir, n. 17. 
5^ JRChoei-yn, n.^63. 
;§Chou, p. 172, (1). * 
^. ^ Chou-che, p. 86. 
Chou, n. 130. 



E 



H ^^ Eul-kieou-pao, n. 117, 

(1). 
m A 59f Eul-pa-pao, n. 117, (1). 

^^K Eul-tsM-pao, n. 117,(1). 

F 

H Jft fr Fang-ti-hang, n. 18. 



^Fen, nn. 137, 153, 155, 159, 

161. 
^ jg Fen-tchong, n. 83, 5^ 
f^ J|g Fou-tou, n. 81. 

H 

.^ Jlfr Han-tch*oan, p. 122, (1). 
^ Hao, nn. 137, 153, 155, 159. 
H ^ Hao-vn, n. 63. 
y ^ Hia-k*i, n. 24, (1). 
7^ ^ ^ lïia-mang-yn, n. 43. 
Jl^ Hg llien-tcbao, n. 93. 
3^ ^ ^ Hien-yé-tchou, n. 14. 
>ê^ jfî^ Ho-fou, p. 175, (2). 
:^ Hoan, n. 110, (1). 
g^ Iloei-chou, n. 27. 
^ fè ^? lïoei-koan-tch'eng, n. 

1-47, (2). 
1^ m Hoei-t'ou, n. 17. 
'^ ?g[^ Hoei-tsou-kiu, n. 77. 
In */{< Hong-k^i, n. 97, (1). 
^ llou, n. 131. 

4 Hou, nn. 137, 153, 155, 159. 
^Houo, p. 172, (1). 
5|c Houo, n. 130. 
^-||Houo-mai, n. 20. 



I 



Jg ^ ^ Jl I-che-k*i.kiu, n. 27. 
Ift ^I-tsou, n. 83, 6\ 



J 



SÎMlSt^ Jen-fang-wen-kM,n.89. 
gg fg ^ Jen-l4en-k*i, n. 81. 



^™ïl 



19() 



INDEX 



K. 



SItK'ang, n. 130. 
tfg^Ki.k'ai, p. 100, (i). 

Vi KM-tchou, n. 14. 

jg K'i-wei, n. 61. 
in ^ Kia-tchao, n. 25. 
j5fP :^ ^ Kia-tchao-k^i^nn. 25,30. 
ip |g Kia-tsiué, n. 28. 
Jjl |g ^ Kia-tsiué-k'i, n. 30. 
^ ^ Kiai-hoei, n. 8. 
Ù: fft g| 'g a % Kiang.hai-koan- 

koan-yn-hao, n. 106. 
Ùl 6 Jt % Kian2:si-k*ou-p£to, n. 

115. 
Ûl*6?!^ Kiang-sin-t-ou-tchang, 

n. 68. 
^ Kien, p- 168, (1). 
^ jg Kien-mai, n. 16. 
JLAM^ aKieou-pa-teou-koei- 

yn, n. 117. 
^ A SI Kieou-pa-yn, n. 117. 
;^y\;jjj Kieou-pa-yuen, n. 117. 
Jf Kin, n. l'ti. 
/p ^ ^ Kin-liang-fa, n. 150* 
^ j^Kin-tîao, n. 110, (1). 
.^ ^ :p Kin-yé-tse, n. 110, (1). 
fi jè King-tsao, n. 17. 
^ ^ Kiuen-kiu, n. 31. 
1^ EH Kiun-t'ien, n. 49. 
flj ï^ Ko-teng, p. 140, (1), 
^ Koan, n. 172. 
18 2p Koan-p'ing, n. 141. 
gg 2Jî IgKoan-p'ing-yn, n. 142. 
'^ j^ Koan-tch*e, n. 154. 
'ê' :?P Koan-ya, n. 18. 
llKoei, n. 137, (1). 
^ Koei, n. 130. 
^IRKoei-yn, n. 119. 
^ Kong, n. 155. 
^ ^ Kong-cheou, n. 17. 
5^^Kong-kou, n. 111. 
>& -^ Kong-p'ing, n. 111. 
& î ^ 4 Kou-t'ou-fou-chcng, 

n. 68. 
iS IftKou-tsou, n. 83, 2\ 



j^ 2p K*ou-p4ng, n. 140, 142. 
]^ zji ^ K'ou-p^ing-vn, n. 142. 
^ou^Kouo, n. 130. 
^ ^ Koi\o-hou, n. 32. 
% flj Kouo-ko, n. 32. 
?SÎ8 Kouo-teou, n. 78. 

. L 

iS 8 ^ Lan-tchong-p'iao. n. 81. 
^ SI é ÏS tS Lao-long.ts4uen. 
ma-kia, n. 166. 
i Li, n. 130. 
ou JlaLi, nn. 137, 138, 139, 
I 153, 155, 159. 
I £Li, n. 158. 
. M^iLi-p^ai, n. 73. 
! ^ Liang, n. 137. 
I Û ^ Liang-hou, n. 47. 
3(8 iH Liang-tch'ai, n. 17. 
y H Liang-t'ien, n. 75. 

t^ Lin-tsien, p. 152, (2). 
Ling,'n. 4. 
ffi ^ # Ling.hou-tch*é, n. 94. 
Il ^ Long-tsMuen, n. 167. 
3Ï^ ffl Lou-k*ouo-t'ien, p. 100, 

3È ^ IRLou-k'ouo-yn, n. 46. 

M 

^ ^ Mâi-tchoif, n. 14. 
^ ^ Mài-tchou, n. 14. 
tt 0Mang-yn, n. 43. 
^Meou, n. 159, p. 86. 
^ IftMi-tsou, n. 83, l^ 
*glMi-yn, n. 49. 

Miao, n. 137, (1). 

Min, n. 137, (1). 

Mo, n. 137. 
7(; j^ Mou-tch'e, n. 154. 



N 



^ ]Çï >t^ tS IR Nan-king-mouma- 
kia, n. 71. 



EXPilESSLUNS TIXHMy 



107 



^ N?ai. 137. 
ISffiNgo-tsou. n. 84. 
^jg.;^ Nicn-tsou-^kiu. n. 107. 



^ iil Pan-ho, n. 7. 




^ ^ Pan-kiai, n. 7 




(S ¥ Pan.toh'oan, i, 


. 57. 


|Sij»!P.n.ju, n. 9i 




fi = a Pao-s«n.tan 


83, 7'. 


^ jE Pao-tcheng, n 


17. 


Éi jlPé-ki, n. 97, 


(!)■ 


èaPé-U, n. p. 116, ((), ■ 


È.SPi-Jrn, n. 48. 




* a « Pen-se-pao, 


n. (15, 


a; PI, n. 130. 




g Pi.tan. n. 9.i. 




«P-l, n, lliS, (1). 




S S Pien.chou, n. 


17. 


i^ Pou, n. 1.59. 




;^^ ;ti Pou-teng-mou, n, 170 



^ tft San-tchong. n. IC. 
ftSe, n. 137, 153. 15r>, 153. 
@ SR Se-tchao. n. 93. 
ffiSi. n. 130. 
jj, f Siao-kia, n. 17. 
>ItiS.âiao-tsou, n. 90. 
iSISien, nn. 137,153, 135, 159. 
(ffi)l!ljaflS«{Sm)Long.ts'iuen' 

ma-kia, n. 169. 
^Siu, n. 137. 
•^ Siun, n. 137. 
3|8ou, n. 130. 



fÇ^Tai-pi, n. 15. 

fÇ ^ Tai-tan, n. 95. 

^Tan, n. 144. 

igt ^T'an-k'i, n. 29. 

%Si JJjT'an-k'i-kiu, n. 39. 



■ Jt^Tao-k'i, n. 102. 

■ 5t Tthang. n. 153. 

■ g ^ Tchac-p'iao. n. 89. 
i^Tch'ao, n. 130. 
R,Ti;he, nn. 153, 161. 
^d^Tche-hou, n. 13-2. 

1 S:Éfl!lTche-tch'an-pou, n. 13. 
I ^ B^ Tche-tchao, n. 57. 
i -HJ ^Tch'é-chou. n. 17. 

^ Tch'en. n. 137. 
• JE ou H Tdieng, n. 3. 
. JEffi'IVliriiL--(M>u. n. 84. 
' ÇifTch'ens. nn. 145, 147. 

3fc ïf ffl Tch'eng-mai-kia, n. 78, 
j $ ïch^oan, n. 137, (1). 

JtTcTi'oang. p. 141, (2). 
I ^.^ ^ il M Tchoen-t'ié'tchao' 
hoei-chou, n. 20, 

[Ij^Tch-ou-kiai, n, 7. 

m ffi5|lTch'oU-kiai-kiai, n. 8. 

ffi Ift ± Tch'ou-tien'tchou, n. 14. 

^ ^ Té-tchou, n. 14. 

gg ^ Teng-tse, n. 143, 

=|.Teou, n. 131. 

Ml^Ti-pao, n. 17. 

tt T « Ti-ting-yn, n. 43. 

^«iTi-ya, n. 23. 

ffi l'iao. n. 137, (1). 

j^^T'iao.yn, n, 43. 

J^ S Tien-tang, n. 22. 

îl§S!)îïTk-n-tang.fou-kM, n. 
24. 

A ■& lE S Tien-tang-tcheng-k'i- 
n. 24. 

^ ^ Tien-tchoL, n. 14. 

^pf Tien-ya, n. 22- 

^ ^ T-ien-hou, n. 74. 

H ;^ T'ien-keng. 20, (1). 

EB ^ T'ien-mien, n. 74. 

yi îpT'ien-p'ing, n. 143. 

S ^ T'ien-tan, d 93. 

03 |£T4en-ti, n. 74. 

fa J5 T'ien-yo, n. 81. 

tl^Ting-cheou, n. 80. 

ISM^^ T'ing-chou-pou-tchao, 



;i 



108 



INDFX 



^ ^' T'inff-k'i, n. 17. 

^^ ^ foei-cheou-k-i, n. 97, 

ïg H T^ocn-t-ien. n. i9. 

« 3f Toni?-chfi, n. 85. 

5jJ£^ T-onir-tsou-ts'ien.n. 137, 

('»■• 
:y- $g Tou-tsiu(5. n. 19. 

tfct'T % ''*^^*"'y^"?"P^Oî n. 115. 

1^ j^l t'ou-chou, n. 17. 

@ ^ T'ou-tclrai, n. 17. 

^th ta Tsao-fien, n. i8. 

•ift ^ Ts-ao-hou, n. i:^2. 

îft fii Ts-ao-liang, n. 39. 

îS :?|v Ts*ao-nii, n. 13l\ 

^f Z{i Ts'ao-I)MnL^ n. lit?. 

iS -¥ J£ Ê# SI ts'ao-p*incr-tsou- 
ché-yii, n. 115. 

^S |§ Ts'ao-t.sonLT, n. 17. 
^ ^|Tse-chou, n. 15. 
^ -^Tsc-pi, n. 15. 
^ STse-tche, p. 100, (3). 
i^Tsi, n. 130. 

P^ Ts^iang-mon, p. 141, (1). 
^Ts'icn, n. 137. 

;P; TsMen-koan, n. 17?. 

Il Ts'ien-lianç, n. 49. 
H^TsMcn-U'hoang, n. 112. 
3K;7g.Ts'i(»ou-l.sou, n, 83, 4". 
i^ tJC Ts'ini>-chooi, p. 66. 
ï1î|fi®Ts'intr-lM«^-vn, n. 49. 
t^fft^TsMnlMsié-kiu, n. 29. 

É iî Ti^»"<^*-n^'^^ n. 19. 

i^ffl.Tsiiic4sou, n. 102. 

T^ Tsiun, n. 137. 

JgTso, n. 130. 

tt ^ Tsong-chou, n. 17. 

>£ € a Tsou-ché.yn. n. 118. 



IftJgTsou-i, p. 100, (3:-. 

fi fS EH Tsou-liang-t'ien, n. 75. 

a^ }g Tsou-tché. n. 89. 

fi EH Tsoii-t*ien, n. 75. 

TJ- Ts'uen, nn. 153, 161. 

W 



i ^Wei. nn. 137, 153, 155, 159. 
' ^IJ Wei-mié, n. 161. 



Y 



fÇ^ Yang-koan, n. 172. 
il ^ IR Vé-k'ouo-yn, n. 48. 
SI ^ ffl Yé-k^ouo-t^ien, p. 100, 

(2). 

^ Yé-tchou, n. 14. 
di 1^ Yeou-tan, p. 157, (1). 
EU $3 Yn-k'i, n. 97, (1). 
^-^ Vn-koan, n. 172. 
^ ^ Yn-koei, n. 99. 
^É K Yng-tsao-tch'e, n. 154, 

156. 
^ ^ W Yong-pou-hoei-chou, 

n. 19. 
^fiYong-tsou, n. 102. 
.««f#Yii-lin.tch'é, n. 94. 
Ift ^ Yu-tan, n. 96. 
]|7a.Yu.tsou, n. 83, 3^ 
J^ ^ Yuen-kia, p. 106, (3). 
;j[; '^ Yuen-pao, nn. 111, 116. 
j^ ^ Yuen-tchong. n. 16. 
;^ ;^ Yuen-tchou, n. 14. 

^ Yuen-yé-tchou, n. 14. 



TABLE DES MATIÈRES 



Préface. 



PREMIERE PARTIE 

NOTIONS TECHNIQUES. 



Pag. I 



Article i. Confection des actes. Pag. 1 

II. Différentes dénominations. 5 

III. Différentes espèces de transfert de la propriété. 7 

IV. Transcription du nom du propriétaire à l'ejiregis- 
trement. 1 1 

V. Tribut impérial. 15 

VI. Confirmation des contrats de vent«. 22 

VII. Alluvion. 28 

VIII. Fonds et surface du sol. 30 

IX. Location de terre et de maison, 3:' 

X. Documents officiels du cadastre, 37 
XI. Le territoire de la Concession eu ik) prenne « C/iangf- 

/lai. 40 

XTi. Des différents taux ou valeurs de l'argent. 43 

XIII. Réduction du poids réel de l'argent a l'unité /{oei- 
yn. 47 

XIV. Réduction de Tunité koei-yn au poids réel. 49 
XV. Mesures de capacité. 51 

XVI. Des poids. 54 

XVII. Mesures de longueur. 58 

XVIII. De l'estimation des bois de charpente en fonction 

de la circonférence. GO 

,, XIX. Appendices. De divers sigles, 05 

SECONDE PARTIE. 

MODELES D'ACTES ET DE DOCUMENTS OFFICIELS. 

Avertissement. Pag. 9'"> 

Convention Berthemy-Gérard des 21-26 mai 1895. 97 

I. Acte de vente de terre révocable. 100 

II. lleçu du complément de prix d'une terre. 103 

III. Acte de vente irrévocable subséquente d'une terre. 106 

IV. Billet de gémissement. 109 

V. Acte principal de vente révocable de la surface d'une 

terre. 112 

VI. Acte accessoire d'achat révocable de la surface d'une terre. 1 1 6 



?0() TABLE. 

VII. Acte de vente irrévocable subséquente dé la surface d'une 
terre. Pàg. 119 

VIII. Acte principal d'antichrèse de terrain et de maison. 122 

IX. Acte accessoire d'acquisition par antichrèse de terrain et 

de maison. 125 

X. Reçu du complément de prix pour un contrat 4'ftntlchrèse. 127 

XI. Acte de vente irrévocable subséquente de maison et de 
terniin (mis en antichrèse), 130 

XII. Billet d'emprunt h un préteur bienveillant. 133 

XIII. Attestation de la perte de l'acte accessoire pour un con- 
trat d'antichrèse, 135 

XIV. Attestation de la perte de l'acte principal pour un con- 
trat d'fintichrèse. 137 

XV. Acto de vente irrévocable de terrai